À la plus grande surprise et incompréhension du médecin, Holmes vécut les jours suivants de la même manière que celui après son étrange expérience. Il passait des heures penché sur son carnet de notes, écrivant sans s'interrompre, sans hésiter sur un mot, sans barrer ses phrases. Il semblait savoir exactement ce qu'il faisait même si cela semblait dénué de tout sens commun. Dès qu'il relevait les yeux et fermait le livre, qu'il cachait ensuite pour que personne ne puisse le lire, Watson n'avait plus une minute à lui. Holmes lui collait aux talons, il lui était impossible de faire un pas sans que son ami en fasse un lui aussi. Parfois, il lui prodiguait une caresse sur la joue en plongeant ses yeux perçants dans les siens, lui offrant ensuite un simple baiser sur ses lèvres. Holmes le suivait aussi les soirs lorsqu'il allait dans son lit, il s'allongeait à ses côtés et s'endormait en même temps. Tout se faisait de soi-même, naturellement comme si cela était le résultat d'une routine de plusieurs années.
Plus les jours passaient, plus Watson ressentait ce sentiment étrange en voyant son ami, ce sentiment qui lui disait que Holmes semblait rester strictement le même tout en étant profondément changé.
Encore une fois ce jour là, Holmes écrivait dans ce carnet des notes qu'il gardait secrètes. Watson avait pris l'habitude de le laisser faire, il ne l'interrompait jamais. Il savait que même s'il essayait, il n'aurait aucune réponse, son ami étant partit ailleurs. Alors qu'il lisait un livre, assis dans le canapé, il releva la tête en entendant la voix du logicien.
« Lorsque je n'ai pas de miroir, je n'ai d'yeux que pour vous. »
Le médecin releva les yeux de son ouvrage pour croiser ceux de son ami, rivés sur lui depuis déjà plusieurs minutes.
« Comme toujours, vous faites preuve d'une modestie et d'une humilité impressionnante. »
Le détective ne put retenir un rire narquois avant de s'asseoir à ses côtés, se collant littéralement à lui. Voyant que Watson retournait à sa lecture au lieu de porter son attention sur lui comme il aurait dû le faire, le détective vola l'ouvrage des mains du médecin, se levant ensuite pour l'en éloigner le plus possible.
« Voyons voir ce que vous lisez. »
Watson se leva à son tour, tentant tant bien que mal de récupérer son bien alors que Holmes esquivait chacune de ses attaques.
« Holmes, je ne vous dérange pas pendant votre écriture, ne me dérangez pas pendant ma lecture!
- Il y a plus intéressant à faire que lire en ce moment même.
- Comme?
- Me vouer le culte que vous me vouez habituellement.
- Je ne vous voue aucun culte... rendez-moi ce livre. »
Le détective esquiva une nouvelle tentative de récupérer l'objet en sa possession.
« Alors pourquoi passez-vous le plus clair de votre temps à écrire des notes sur ma vie, mon travail, encore et toujours ma personne? Si cela n'est pas me vouer un culte, alors les Catholiques sont Athéistes.
- Voilà que vous vous nous comparez à des religions...
- Seigneur Dieu, non!
- Ne blasphémez pas.
- J'ai le droit de blasphémer mon saint nom. »
Le médecin soupira d'ennui à l'égard de son ami, tentant encore une fois de récupérer son livre mais le détective l'esquiva. En désespoir de cause, il sortit ses clefs de sa poche pour les agiter au dessus de la tête de Holmes pour attirer son attention, ce qui fut efficace car, de nature trop curieuse, il releva assez longtemps les yeux vers la source du bruit métallique que produisait l'objet brillant pour laisser le temps à Watson de lui reprendre le volume des mains. Indigné, n'en revenant pas de s'être ainsi fait berné par son ami, le détective tenta de reprendre l'objet.
« Hé !
- Vous êtes beaucoup trop curieux, la prochaine fois, vous y repenserez à deux fois avant de vous laisser distraire par n'importe quoi. De toutes façons, j'avais fini de lire ma page, vous le voulez? »
Holmes regarda longuement son ami dans les yeux alors que celui-ci semblait se moquer de lui.
« Non je n'en veux pas... »
Le médecin lui adressa un léger sourire moqueur avant d'aller reposer le livre là où il l'avait trouvé. Lorsqu'il revint dans la salle de vie, il vit que Holmes avait réouvert son carnet de notes pour écrire à l'intérieur. Il s'arrêta un instant, pour la première fois avant de marquer une dernière chose, fermant ensuite le carnet d'un coup sec pour le poser sur la table.
« Vous avez fini?
- Effectivement. »
Holmes s'assit de nouveau sur le canapé où tous deux étaient quelques minutes plus tôt, faisant signe à son ami de venir s'asseoir à son tour. Watson s'exécuta sans rien dire. Cela faisait des jours qu'il se demandait ce qu'il pouvait bien écrire dans ce carnet. Il ne lui avait jamais demandé, il se disait que s'il désirait lui en parler, il le ferait de lui-même.
Le médecin sentit son ami passer un bras autour de ses épaules. Les doigts de Holmes se posèrent sur sa joue pour lui tourner la tête et capturer ses lèvres pour partager avec lui un baiser plus profond que tous ceux qu'ils avaient pu partager ces derniers jours. La main sur sa joue descendit sur son flanc alors que celle autour de ses épaules remonta sur son cou, puis sa joue au cas où le médecin essayerait de fuir le baiser qu'il lui offrait. Les doigts du détective posés sur son flan glissèrent ensuite sur sa cuisse pour la caresser doucement.
Ils se séparèrent un instant pour plonger dans le regard de l'autre avant de se lever pour se rendre dans l'une des chambres de la maison. Une fois la porte passée, le logicien sourit en sentant les mains de son ami déjà s'activer à tenter de défaire les boutons de sa chemise. S'amusant de cette impatience, il s'affaira de son côté à déboutonner tranquillement le gilet de son ami, se permettant une remarque durant sa besogne.
« Cela sera véritablement épuisant pour moi de vous dévêtir si vous continuez à vous parer ainsi d'au moins une centaine de couche de tissus. Je risquerais de me lasser. »
Le médecin rit nerveusement, il ne répondit rien. Il sentait une chaleur lui monter au joues en pensant à ce que tous deux faisaient en ce moment même, imaginant avec appréhension ce qui allait se passer. Les mots restèrent bloqués dans sa gorge par la gêne mais aussi une certaine intimidation de voir son ami aussi confiant, tant qu'il arrivait même à plaisanter.
« Assez audacieux pour rire mais trop prude pour faire une quelconque remarque. Ne me dites pas que la médiocrité s'étends au-delà de vos dons de médecine et d'écriture? »
Watson se stoppa un instant, soupirant autant de gêne que de dépit. Il sentit le logicien poser un nouveau baiser sur ses lèvres. À ce moment-là, le médecin plaqua ses mains sur le torse de son compagnon, les remontant ensuite sur ses épaules pour ensuite faire glisser la chemise le long de ses bras, ce qui la fit tomber à terre au moment où Holmes lâcha ses lèvres.
« Je vous taquine, vous le savez. Je ne vous tiendrai pas rigueur de rester muet, après tout le désir s'exprime par la caresse comme la pensée par le langage. Vous m'excuserez, ce n'est pas le plus beaux des corps que je vous offre.
- Mais c'est certainement le plus vivant qui soit. »
Le logicien finit de déboutonner le gilet du médecin avant de s'attaquer à sa chemise, adoptant un rythme lent et constant, autant pour s'amuser que rassurer le médecin. Une fois le vêtement ouvert, Holmes passa ses mains sur la peau de Watson pour ensuite les faire migrer dans son dos, attirant son corps chaud au sien. Le détective ne put retenir un puissant frisson de délectation. La peau chaude de son ami collée à la sienne, surtout celle de ses cicatrices, lui donnait l'impression que son corps était devenue une machine à sensations. La peau qu'il n'avait jamais touchée, directement en contact avec ses balafres lui semblait encore plus chaude et douce que sur ses parcelles de peau intacte.
Holmes resta ainsi un moment avant de réagir de nouveau, faisant reculer son ami jusqu'à l'allonger sur le lit. Watson garda ses yeux plantés dans ceux de l'homme au dessus de lui. Il passa ses doigts tremblants sur chaque petite marque qui recouvraient son corps. Au fur et à mesure, ses mains prirent en assurance alors qu'il entendait son amant ne pouvoir retenir quelques soupirs et gémissements à ses caresses si douces sur ses ancienne blessures.
Il glissa ses doigts dans la chevelure noire, laissant une de ses mains caresser la nuque, pour ensuite caresser la longue et profonde cicatrice naissant du sommet de celle-ci jusqu'à la fin de sa colonne vertébrale. Le détective ne put retenir un long frisson de plaisir à ce doux et habile contact.
Échangeant un nouveau baiser, Holmes s'affaira à finir de dévêtir son ami, l'abandonnant ainsi en tenue d'Adam. Le médecin sentit une chaire de poule de plaisir se former sur sa peau au contact de la main chaude et douce sur son flan et sa cuisse nue. Watson, les mains à présent sur le dos de son compagnon, les glissa sur ses reins puis sa ceinture. Il laissa ses doigts suivre la bande de cuir jusqu'à la boucle pour l'ouvrir, s'affairant ensuite à faire glisser le vêtement sur les jambes du détective toujours allongé sur lui.
Watson sentit le sang affluer dans son visage et son bas ventre en s'allongeant sur le ventre pour tenter d'offrir autant une aide qu'une preuve d'intérêt à son ami. Sa réaction ne se fit pas attendre.
« Non. »
Gêné, passablement embarrassé, le médecin regardait Holmes sans comprendre.
« Je veux vous voir. »
Watson le sentit prendre d'une main son épaule pour le retourner avec délicatesse dans sa position initiale. Le détective sourit, complétant ensuite d'embarrasser un peu plus son ami.
« Par contre si ce n'est pas réciproque je le comprendrais, la vue de mon corps n'est pas la plus plaisante. »
L'expression du médecin s'assombrit un instant devant la plaisanterie stupide du logicien.
« Si vous me repoussiez ou me dégoûtiez, nous ne serions certainement pas dans la situation actuelle.
- Ça, je le sais. Il est si facile de vous embarrasser, de vous taquiner, je vous manipule comme une poupée. Je devine aisément que malgré ces marques je vous attire, si ce n'était pas le cas, vous ne seriez pas... "ému" à ce point. »
Tentant de garder la même expression face à celle amusée de son ami pour lui prouver qu'il avait tort, Watson sentait néanmoins ses pommettes le brûler un peu plus.
« Qu'est-ce que je vous disais? »
Pour le faire taire, le médecin captura les lèvres du logicien qui colla un peu plus son corps au sien, s'allongeant plus confortablement entre ses jambes. Watson déglutit avec difficulté en sentant l'une des mains curieuses et habiles commencer à jouer avec la source de son désir. Lui laissa ses mains vagabonder sur la peau irrégulière mais douce et chaude du détective. Il découvrait comme pour la première fois ce corps qu'il n'aurait jamais pensé avoir un jour, surtout quand il avait cru le perdre. Il se sentait soulagé sous différents points d'examiner de ses mains sa morphologie. Il avait repris en vie, il semblait ressuscité, ses muscles s'étaient regonflés et durcis à force d'entrainement, il avait retrouvé un poids normal depuis qu'il était sorti de sa prison. Il se sentait rassuré de voir son ami ainsi revivre, mais il était aussi rassuré de sentir qu'il pouvait se permettre de se perdre, s'abandonner dans ses bras sans craindre un autre événement aussi violent qu'imprévu.
Le médecin sentit que le détective brisait leur baiser pour humidifier ses doigts, les glissant ensuite entre les cuisses de son amant en reprenant ses lèvres un instant avant de se séparer de lui pour se redresser légèrement. Holmes attendit quelques instants un signe de crainte ou une demande d'arrêt de la part de Watson qui ne vint pas. Avec précaution, il immisça un de ses doigts humide en lui. À ce moment là, le médecin laissa échapper un léger gémissement plus d'inconfort que de douleur. Durant plusieurs secondes, Holmes se concentra sur la préparation de son ami pour être sûr de ne pas le blesser malencontreusement. Il guettait chaque signe, expression sur son visage. Il enregistrait chacune de ses réactions. Il apprit vite lorsqu'un mouvement était douloureux ou inconfortable pour le médecin et ne le reproduisait jamais. Il réussissait aussi à détecter les micro expressions et les expressions de plaisir qu'il arrivait à créer chez son amant. Lorsqu'il fut capable de garder cette expression quasiment constante, il se retira, insérant ensuite deux doigts en lui. Cette fois, ce fut un gémissement de légère douleur que Watson ne put retenir. Il fallut peu de temps au détective pour arriver à le calmer, reprenant rapidement les mouvements qui lui procuraient un certain plaisir.
Son autre main restée immobile pour pouvoir rester totalement concentré sur la préparation de son amant reprit son mouvement, l'ajustant pour créer un sentiment de profonde frustration chez le médecin. Au fil des minutes, Holmes nota avec un léger sourire et une certaine fierté que c'était Watson lui-même qui mouvait son bassin de plus en plus pour venir à la rencontre des caresses qu'il lui offrait. Son sourire s'élargit en sentant son ami se crisper de plaisir lorsqu'il trouva enfin sa partie la plus sensible. Il s'amusa de longue secondes à la stimuler. Le médecin, lui, croyait devenir fou. Il sentait d'agréables vagues de chaleur faire des aller retour entre sa tête et son bas ventre, la tension en lui devenant à chaque seconde un peu plus insoutenable. Il lui était impossible de se soulager, Holmes lui imposant un rythme de torture, assez appuyé et rapide pour stimuler ses sens au maximum mais trop léger et lent pour qu'il puisse se libérer. Il subissait, impuissant, les jeux frustrants de son amant. Il se disait qu'il pourrait les accepter durant des heures si la tension de son bas ventre ne le faisait pas souffrir, lui rappelant son besoin de se libérer.
Jamais il n'avait ressenti un tel plaisir, ni de cette manière. Ce genre de choses avant lui étaient totalement inconnues mais les mains expertes et avides de savoir de son amant lui procuraient un réel plaisir qui le troublait profondément. Il ne put retenir un soupir en sentant Holmes retirer ses doigts. Watson se redressa légèrement pour capturer ses lèvres alors qu'il laissait encore une fois ses mains vagabonder sur son corps, tentant de lui rendre un peu du plaisir qu'il lui avait offert. Le logicien accepta quelques instant cette attention plaisante et inattendue avant de le stopper avec douceur, lui faisant comprendre qu'il avait d'autres projets prévus. Avant de laisser faire son amant, le médecin lui quémanda un baiser après quoi Holmes passa une de ses mains abimées dans son cou. Watson l'attrapa pour poser un léger baiser dans sa paume stigmatisée. Ses lèvres entrèrent en contact avec la toute nouvelle cicatrice que Holmes s'était faite lui-même et dont il possédait la jumelle, ainsi que les quelques cicatrices grossières des morceaux de verres de la bouteille qu'il avait brisé le soir où il l'avait menacé. Il portait des marques jusqu'au bout de ses doigts abîmés mais Watson n'en avait que faire. Il ne pensait qu'à la peau douce et chaude en contact avec sa joue et ses lèvres, pas aux cicatrices qui la recouvraient. Il laissa ses doigts caresser son poignet à la large balafre vermillon. La peau était si fine que ses veines paraissaient noires en dessous, il sentait et voyait clairement le sang vigoureux de Holmes pulser dans ses veines saillantes comme des cordes, sous ses doigts pâles avec lesquelles il les caressaient.
Sans doute par lien, par amitié, par amour, il n'arrivait pas à le trouver repoussant. Il n'arrivait pas à voir ses cicatrices, aussi horribles et nombreuses soit-elles, monstrueuses. Il aimait leur contact contre sa peau, elles lui paraissaient encore plus douces que l'épiderme intact de son ami, encore plus chaudes aussi. Il aimait sentir cette irrégularité sous ces doigts et ses lèvres, il voulait apprendre par cœur leurs emplacements avec le temps, apprendre à les connaitre, savoir lesquelles étaient les plus sensibles. Le découvrir comme on pouvait découvrir la carte des étoiles du ciel, tout parait si sombre d'abord mais après un certain temps, elles apparaissent et se dissocient les unes des autres pour créer un spectacle magnifique. Tout se manifeste d'abord comme une masse floue et incompréhensible, mais en prenant chaque astre l'un après l'autre, en apprenant à le connaître, connaître sa signification, son nom, comme une personne, un être vivant, sûrement un compagnon pour les Astrologues, on en vient à pleurer sa disparition, leur mort étant connue pour être tristement magnifique.
Holmes laissa son index et son majeur caresser la tempe de son amant jusqu'à son menton pour poser un léger baiser sur ses lèvres. Avec toute la douceur et la précaution du monde, il s'immisça en lui. Une expression de douleur apparut automatiquement sur le visage du médecin qui le pria d'arrêter. Le logicien s'exécuta, calmant son ami quelques instant avant que celui-ci ne lui fasse signe de réessayer. Cette fois la douleur fut moins intense mais non négligeable pour autant. Restant immobile un moment pour l'habituer à sa présence, le détective commença ensuite de longs et lents vas et viens en lui pour encore une fois l'accoutumer à cette intrusion alors qu'une de ses mains persistaient à jouer avec la source de son désir. Au fil des minutes, Watson sentit la douleur et l'inconfort s'estomper jusqu'à disparaitre, faisant place à une naissance de plaisir au fur et à mesure des mouvements de Holmes. Une fois que le logicien sentit son ami complètement à l'aise, il bascula sur le dos sans prévenir, entrainant avec lui le médecin.
Holmes sourit quant à sa vue imprenable sur le corps tout entier et attisé de son amant qui, lui, ressentait un léger malaise quoi que plaisir à cette position. Il se pencha pour poser un baiser sur les lèvres du détective, gardant ses mains plaquées sur son ventre aux muscles fermes pour se tenir. Il sentit la main sur son membre s'activer de nouveau alors que l'autre glissait de ses reins à sous sa cuisse pour le guider dans ses mouvements. Même dans cette position, il savait que Holmes ne lui laisserait jamais le contrôle. Il en eut la confirmation en le sentant bouger son bassin pour venir à sa rencontre. Au fil des minutes, il savourait toujours un peu plus cette caresse à l'intérieur de lui, quand soudain il ressentit une vague de plaisir violente qui l'oppressa, enserra son torse et bloqua sa gorge durant une seconde alors qu'il sentait son corps le brûler et la tension dans son bas ventre s'intensifier. Il se redressa légèrement pour fuir ce plaisir inconnu qui l'avait tant surpris mais à peine eut-il fait cela qu'il sentit les doigts de Holmes se crisper sur sa cuise pour l'empêcher de bouger plus. Plus les secondes passaient, plus il sentait son amant heurter ce point sensible en lui. Durant cet impact et un temps de plus en plus long après cela, il se sentait pétrifié, il lui était impossible de bouger, de parler, de respirer. Il avait l'impression que tout était coincé dans son torse, que même son cœur se stoppait de battre un instant, que l'air refusait d'entrer ou de sortir. Son cerveau semblait ne se concentrer que sur ce plaisir intense qui lui donnait l'impression que son corps se faisait lécher par les flammes de l'enfer. Durant ses moments de répits de plus en plus court, sa respiration était bruyante et saccadée, il avait l'impression que son cœur était douloureux, qu'il reprenait un souffle vital à chaque fois.
Il ne put que s'abandonner à cette extase aussi intense qu'éprouvante, il semblait qu'elle était si forte que son corps était trop faible pour pouvoir la ressentir. Il avait l'impression que du plaisir et de l'adrénaline purs coulaient dans ses veines. Plus les secondes passaient, plus son dos se cambrait malgré lui, plus sa tête se penchait en arrière pour offrir sa gorge en grand. Ses mâchoires semblaient se souder l'une à l'autre avant de se décrisper alors que tous ses muscles se contractaient, pour lui laisser pousser un long gémissement, presque un hurlement de plaisir pur en atteignant un orgasme extatique qu'il n'avait jamais ressenti auparavant. Epuisé, troublé, il s'écroula littéralement sur son amant. Il voyait flou, il avait l'impression de trembler comme une feuille. Durant quelques secondes, peut-être quelques minutes, il lui sembla qu'il avait oublié comment parler, même qu'il savait le faire. Il entendit néanmoins les soupirs de plaisir que Holmes ne pouvait retenir alors qu'il atteignait le même point en se libérant en lui. Watson entendit ensuite le coeur de son amant marteler contre ses côtes comme s'il voulait en sortir alors que son torse se soulevait et s'affaissait rapidement, sa respiration étant saccadée. Le logicien noua ses bras autour du corps du médecin assommé par le plaisir. Il le fit basculer à côté de lui après s'être retiré avec pré rien arriver à dire, Watson passa sa main sur la joue de son ami avant d'enfouir son visage dans son cou pour s'assoupir ainsi quelques secondes plus tard.
Lorsqu'il rouvrit les yeux, il était seul dans le lit. La tête contre l'oreiller, il remarqua que les couvertures avaient littéralement été enroulées autour de lui. Il se leva, s'habillant par la suite pour savoir où Holmes était. Il le vit dans le salon, ne portant que son pantalon aux bretelles pendantes, exposant ses plus imposantes cicatrices à la vue de ceux qui entreraient. Il était accroupi devant le feu de la cheminée. Le médecin nota que les cheveux du logicien ne tombaient plus entre ses omoplates, il les avait coupé de la même manière qu'il les avait avant de disparaitre.
« Vous étiez lassé de ressembler à un barbare? »
Holmes se tourna vers lui pour lui adresser un léger sourire.
« Tiens, réveillé Watson?
- Comme vous pouvez le voir.
- Comment vous sentez-vous? »
Le médecin sourit un instant avant de s'approcher de son ami.
« Quand je pense que vous n'aviez pas besoin de me le demander quand vous aviez vos bandages sur les yeux.
- Il faut croire que c'est aveugle que l'ont voit le plus de choses... »
Watson resta silencieux un instant devant le ton étrange de Holmes. Il s'approcha de lui pour passer sa main dans ses cheveux nouvellement coupés. Le médecin remarqua qu'il tenait en mains le carnet de notes dans lequel il avait passé des jours à écrire.
« Watson?
- Oui?
- Dites-moi... pour quand est prévue l'exécution de Monsieur Quin? »
Watson resta silencieux. Il avait presque oublié cet homme, même si les traces de son oeuvre étaient et seraient toujours visibles sur son ami. Il sentit son sang bouillir dans ses veines en donnant sa réponse.
« Les juges n'ont pas encore décidé d'une date exacte... il semblerait qu'il fasse partie d'une famille très influente...
- Bien. »
Le médecin regarda son compagnon un instant sans comprendre avant que celui-ci ne se remette à parler.
« Nous rentrerons à Londres demain, je pense que mon frère souhaiterait récupérer sa maison.
- Bien... »
Le détective garda son attention focalisée sur le feu crépitant dans la cheminée en reprenant la parole.
« Je souhaiterais aller lui rendre visite. Vous n'êtes pas obligé de venir avec moi, je comprendrais que vous n'y teniez pas. »
Watson garda le silence. Il était perdu, troublé.
« Un problème Watson?
- Je... je me demandais juste... pourquoi voulez-vous revoir cet homme qui a fait de vous ce que vous êtes devenu?...
- Oh ce que j'étais, ce que je suis... nous ne sommes qu'une seule et même personne. »
Le logicien se redressa pour porter son attention un instant sur son ami, le temps de poser un baiser sur ses lèvres.
« Quand à la raison pour laquelle je tiens à le revoir... »
Holmes se stoppa. Il avait l'air de penser à une multitude de choses qui semblaient l'amuser. Il reporta son attention sur le feu. À la plus grande surprise et incompréhension du médecin, il jeta le carnet de notes dans les flammes.
« C'est comme qui dirait quelque chose entre lui et moi... »
"Ne rien savoir est dangereux. En savoir trop aussi"
Albert Einstein
Voilà pour le chapitre 11 :D!
C'est le tout dernier avant l'épilogue qui sera bientôt en ligne et conclura cette fic :).
J'espère que ce chapitre vous à plut ^^!
J'ai la flemme de corriger, désolé si y'a des fautes qui donneraient envie de me pendre -_-
