22 février

PVD Edward

Je me réveillai vers 7h20. Je commençais à 8h00 et j'avais mon carnet presque plein. La journée s'annonçait longue. Je vivais ici depuis trois ans et je n'avais jamais un jour pour moi. J'étais le seul médecin de cette ville. Il y avait bien l'hôpital mais on devait faire 45 minutes de route pour y aller. Ce n'était pas évident. Après mes études de médecine, mon père m'avait proposé de vivre à Forks. Quand on vit dans une ville telle que New York, on n'a pas spécialement envie de se fourrer dans un bled comme celui-ci et pourtant, je m'y plaisais bien, c'était calme, tout le monde se connaissait et m'acceptait, j'avais toujours du boulot et j'aidais pas mal de monde. Mes parents vivaient à 15 minutes d'ici et ma sœur et mon frère habitaient ici. Ma mère était contente d'avoir ses trois enfants à proximité.

Je vivais seul et ma vie était réglée comme une horloge. Je me levais, je mangeais un peu, je travaillais, je faisais une pause le midi et je reprenais à 13h30, je finissais dans les alentours de 18h00 et un jour sur deux, je faisais des consultations à domicile pour ceux qui ne pouvaient se déplacer. Je ne travaillais pas le dimanche sauf en cas d'urgence et j'essayais d'avoir mon lundi. Ma sœur essayait tant bien que mal de me caser avec une fille, mais ça ne durait jamais bien longtemps, mon boulot me prenait du temps. Enfin, c'était surtout la bonne excuse comme dirait Emmett. Je n'avais juste pas trouvé la bonne.

– Bonjour madame Liam.

_ Bonjour docteur Cullen

Elle entra et s'assit. Il était 8h10 et la journée commençait à peine. Une fois que la pause de midi arriva, je pris mon temps pour aller chercher un sandwich et penser un peu à ma vie. Faire un bilan de ce que j'avais et ce que je n'avais pas. À part le boulot et ma famille, je n'avais rien d'autre. Je n'avais pas de hobby, pas d'animaux, pas de copine, pas vraiment d'amis à part Jasper et mon frère. J'avais de l'argent mais je ne savais même pas quoi en faire, faire quelque chose c'est bien, le faire seul c'est moins bien.

– Bonjour docteur Cullen

_ Bonjour Carole.

C'était toujours comme ça. Elles avaient entre 20 et 48 ans. Depuis trois ans, j'étais épié de partout, j'avais l'impression que je ne pouvais pas faire un geste sans que tout le monde soit au courant. J'attendais pour mon sandwich quand Rose Stanis apparut dans mon champ de vision. Elle avait 38 ans, mariée et infidèle, elle avait deux enfants et me faisait du rentre dedans à chaque fois qu'elle le pouvait. C'était aussi la plus grande commère de cette ville.

– Oh! Bonjour docteur Cullen.

_ Bonjour Rose. Bonne journée?

_ Oui, très bonne maintenant que je vous vois.

Qu'est-ce que je disais ?

– Alors, vous avez fait la connaissance de la fille du shérif.

_ La fille du shérif?

_ Oui, Isabella Swan. Elle vient d'arriver.

Oh! Bella. Oui j'avais fait sa connaissance. Elle m'avait chamboulé, c'est le moins que l'on puisse dire. J'avais pensé à elle toute la semaine et avais espéré la voir au coin d'une rue ou encore à la boulangerie d'en face mais rien.

– Heu ... oui, je l'ai croisée.

_ Oui au supermarché.

_ C'est ça.

Je commandai mon sandwich et attendis.

– elle a l'air très gentil. Très calme aussi, d'après son père, elle est très timide avec les gens, elle ne sort pas beaucoup.

_ Elle a l'air gentil en effet.

_ Oui ... enfin, elle a quand même un sacré caractère. La dernière fois, Juliette l'a vue sortir de la pharmacie, elle lui a demandé si elle allait bien et elle lui répondu sur un ton froid « vous n'avez rien d'autre à faire que vous mêler de la vie des gens? » Elle lui a dit qu'elle avait des hémorroïdes et une MST mais qu'elle ne devait surtout pas en parler, alors ... ne lui dites pas que je vous l'ai dit.

Elle me fit un petit clin d'œil et j'eus du mal à ne pas rire. Je pris mon sandwich, payai.

– je ne lui dirai rien madame Stanis

_ Merci. Bonne journée docteur Cullen.

_ Bonne journée.

Une fois à mon cabinet, je ris franchement en repensant à ce que cette folle m'avait dit. Elle ne manque pas de caractère en effet. Je sens que je vais bien l'aimer. Le problème, c'est que je pensais un peu trop à elle, j'étais bien plus vieux qu'elle, elle n'était qu'au lycée et même si elle avait déjà 18 ans, je ne pouvais pas m'attacher à quelqu'un d'aussi jeune.

La journée fut, comme prévue, très longue. Je n'arrêtais pas une minute. Une fois chez moi, je mis un plat surgelé dans le micro-onde, mangeai puis pris une douche. Je revoyais son sourire et ses yeux dès que je fermais les miens.

J'avais un peu peur de la revoir : la dernière fois, il n'en avait pas fallu beaucoup pour que je me jette sur ses lèvres. Quand je l'avais vue avec son petit boxer en dentelle, j'ai cru halluciner. Elle avait de belles jambes fines, un ventre plat, des seins ni trop petits ni trop gros, parfaits. Elle sentait bon et elle avait ce sourire qui me faisait sourire. Elle rougissait dès que je la touchais et je n'avais pas pu m'empêcher de sourire quand j'avais entendu son cœur battre plus vite quand j'avais passé mes doigts sur sa peau.

Sans vraiment y penser, ma main était descendue le long de mon corps, c'était la quatrième fois cette semaine et à chaque fois, je pensais à elle. Je me réveillais avec la gaule, quand je prenais ma douche, j'avais une érection incroyable et même en journée, je ne pouvais pas penser trop à elle sinon ... mon corps réagissait.

PVD Bella

– huuummm

J'essayais de rependre ma respiration et tendis l'oreille, j'espérais que mon père n'avais rien entendu. C'était la troisième fois que je devais me soulager. Edward hantait mes pensées depuis le début de la semaine et je n'avais qu'une hâte, le revoir dans une heure. Je sortis du lit, je retirai les draps puis sautai dans la douche, ça me fit du bien, j'étais complètement détendue à présent. Je ne mangeai pas car je devais faire une prise de sang et vers 9h00, je pris la route. J'avais seulement dix minutes mais je ne voulais pas être en retard et j'avais vraiment hâte de le revoir.

Une fois arrivée, je continuai de lire le magasine que j'avais pris la dernière fois. J'entendis sa voix derrière la porte, il disait au revoir et accompagna la personne jusqu'à la porte. Il vint voir s'il n'y avait pas quelqu'un d'autre, j'avais 10 minutes d'avance. Quand il me vit, un magnifique sourire apparu sur son visage.

– en avance.

_ Oui, je pensais mettre plus de temps que ça.

_ Et bien entre.

Je me levai et reposai le livre que j'avais pris.

– il t'intéresse ce livre.

_ Oui, y a des conseils plutôt pas mal.

_ Tu peux le prendre si tu veux.

_ C'est vrai?

_ Ouais.

_ Je vous le rendrai.

_ Tu peux me tutoyer.

_ Ok. Je te le rendrai

Je pris le livre et le fis entrer, je ne sais pas comment dans mon sac puis entrai. Je mis mon sac et mon manteau sur la chaise et je le vis souffler.

– dure matinée?

_ Quoi? Heu ... non ... non ça va pour l'instant.

Je retirai mon gilet pour n'être qu'en t-shirt. Je m'assis comme la dernière fois sur sa table, enfin je ne sais pas trop comment on appelle ça.

– je n'aime pas trop les piqûres.

_ Je ferais doucement

_ Merci

Je portai mon attention sur lui, sur ses cheveux, sur sa petite barbe qui repoussait déjà, sur ses lèvres, sur sa langue qui passait doucement sur sa lèvre inférieure.

– voilà. Merci

_ Déjà?

_ Et oui.

Il me mit juste un pansement, il resta plus longtemps que nécessaire à toucher mon bras mais ça me plaisait bien.

– voilà, j'aurais les résultats dans quelques jours, je te les enverrai, j'ai ton adresse.

_ Merci

Je ne bougeais toujours pas et lui non plus, il fronça les sourcils, il devait sûrement réfléchir à quelque chose. Je passais mes doigts dessus, il se détendit.

– à quoi tu penses? Demandais-je

_ À rien en particulier.

Il parlait tout bas, j'avais l'impression qu'il avait peur de parler. En quelques secondes, la tension avait doublée. Mon bas ventre me criait de faire quelque chose, mon cœur était du même avis et ma tête aussi pour une fois. Je savais qu'on ne pouvait pas mais mon corps entier le voulait et j'étais sûre que lui aussi, il me regardait avec envie, il ne pouvait pas le nier. Mais je ne pouvais pas faire ça, il était bien plus vieux que moi.

– bon, je vais ... je vais y aller.

_ Oui.

C'était comme la dernière fois, je me levais et il ne bougeait pas. Il restait là, en face de moi et j'aurais juré que sa respiration s'était accélérée. Sa main vint se poser sur ma hanche ... là, plus moyen de dire au revoir. Je regardais un instant sa main puis à nouveau son visage, il avait à nouveau froncé les sourcils. Je lui souris et passai à nouveau mes doigts sur la petite ride.

– désolé, dit-il

Il ne retira pas sa main pour autant, il me regardait puis je le vis se pencher. Ah! Enfin. J'avançais un peu et il posa ses lèvres sur les miennes dans une infinie tendresse. Cette tendresse se transforma rapidement en quelque chose de plus ... urgent. Je m'accrochais à son cou et dans un mouvement souple, il me porta sur lui et me posa sur sa table. J'enroulais mes jambes autour de sa taille et le collais à moi le plus possible, je fourrageais ses cheveux tandis que lui, il me caressait les cuisses, les fesses, le dos puis les cheveux avec envie. Notre baiser s'était approfondi depuis longtemps mais au bout de quelques minutes, il me donna un long baiser, un de ces baisers où lorsqu'on arrête, on ne sait plus où on est et on oublie presque de respirer.

Il laissa pendant quelques secondes ses lèvres sur les miennes mais ne fit aucun mouvement.

On entendait uniquement nos respirations rapides dans la pièce. Il me donna encore un puis deux baisers avant de poser son front sur mon épaule. Je lui caressais le cou, les épaules et le dos doucement.

– tu devrais ... on n'aurait pas dû

Il recula et se passa la main dans les cheveux puis sur sa bouche, il se frotta le visage.

– je devrais dire que je suis désolée mais ce n'est pas le cas, lui dis-je

_ Je ne lui suis pas non plus mais ... tu n'as que 18 ans Bella.

_ Et alors. Tu n'as pas l'âge d'être mon père non plus.

_ J'ai 28 ans. On a dix ans de différence, tu es encore au lycée et je suis ... on ne devrait même pas avoir cette conversation.

_ Dix ans, ce n'est pas la mort. Ma cousine est bien mariée avec un mec de 15 ans de plus qu'elle. Bon c'est uniquement pour son argent mais bon, ils sont quand même ensemble.

Il eut un peu rire nerveux puis s'avança, il me caressa le visage et me fit un petit sourire désolé.

– c'est une petite ville Bella.

_ Ouais ben ça je m'en étais aperçue. Tout le monde sait tout ici.

_ Oui et ... notre différence d'âge est importante ... heu ... on ne peut pas.

_ Je suis majeure.

_ Mais tu es au lycée, je vais me faire passer pour quoi? Pour un mec qui drague les jeunes filles de 18 ans.

_ Ben ... dit comme ça c'est vrai que ça fait un peu pervers mais ... je ne suis pas si jeune que ça.

_ Dis-toi que lorsque tu avais 8 ans, j'en avais 18.

_ Et quand tu en auras 35 j'en aurais 25. Je fais quoi? J'attends encore 6 ans?

_ Je ne veux pas que tu attendes. La différence d'âge est trop importante.

Je le poussai un peu et me levai. Je remis mon gilet et mon manteau.

– je suis désolé.

Je déposai l'argent sur son bureau et je pris mon sac. Au moment d'ouvrir la porte, il la referma avec force.

– tu le sais autant que moi qu'on ne peut pas.

_ Je dois vraiment être gamine alors car non, je ne sais pas. Tu penses que tu es le seul à te poser plein de questions? Je pense à toi depuis une semaine, je ne sais même pas pourquoi car on ne se connait même pas et pourtant, tu es toujours là, je n'arrive même plus à prendre une douche sans penser à toi, je dois vraiment être atteinte non? C'est pas une question d'âge, je suis peut être trop jeune pour toi mais n'oublie pas que tu es plus vieux que moi, ça me fait quelque chose aussi figure-toi mais t'inquiète pas, peut être que quand j'aurai 25 ans, on pourra réessayer.

Je n'avais pratiquement pas pris ma respiration et j'avais du mal à la reprendre.

– tu penses que je ne ressens pas la même chose?

_ Ben ça ne se voit pas en tout cas.

Il se pencha vers moi et posa une nouvelle fois ses lèvres sur les miennes. C'était doux, c'était le baiser le plus doux que j'avais eu de toute ma vie. Sa main vint se poser sur ma joue et l'autre dans mes cheveux. J'encerclai sa taille et passai juste ma langue sur sa lèvre. Il gémit doucement et sa langue vint rencontrer la mienne. Il y avait un peu plus de fougue mais le baiser était encore très tendre. Il recula après quelques secondes ou minutes puis souffla.

– on peut ... peut être se voir, enfin, apprendre à se connaître et passer du temps ensemble, lui dis-je

_ Bella

_ On n'est pas obligés de s'afficher. Je ne le veux pas non plus, c'est une petite ville et je ne veux pas que mon père soit au courant mais ... enfin je ne veux pas qu'on s'éloigne tout ça pour une histoire ... d'âge.

_ J'habite juste au dessus.

_ Je pourrais dire à mon père que je passe du temps avec des amis. Je ne lui mens pas vraiment.

_ Je ne sais pas où ça va nous mener.

_ Moi non plus, lui dis-je

_ Je ne suis pas très marrant tu sais.

_ Ben moi non plus en fait.

Il me fit son petit sourire en coin et m'embrassa à nouveau.

– je te donne mon numéro, dit-il

Il me tendit sa carte.

– Docteur Edward Cullen. Waw, ça le fait ça. Lui dis-je avec un sourire.

_ Appelle-moi.

_ Compte là dessus. Tu termines tard le soir?

_ Heu ... vers 18h00 souvent.

_ D'accord.

Je sortis et le regardai une dernière fois, il me sourit. Une fois dans la voiture, je soufflai un grand coup. Je ne savais pas dans quoi je m'étais lancé mais je savais que je le voulais.


Voilà un nouveau chapitre ... j'espère que vous avez aimé ... je ne sais pas trop dans quoi je me lance mais ça me plait bien de faire sur la différence d'âge ... ma soeur a aussi 10 ans de différence avec son mari et c'était dur aussi au début mais voilà ... a bientot.

ps: le chapitre n'est pas corrigé.