Ecrit grâce à ma petite sœur Kandai.

Rating : M

Les chevaliers ici présents sont à Kurumada, mais il partage un peu.

Déni de justice 2

(Kanon)

Ha tient c'est déjà l'heure de se lever. La chambre commence à s'éclairer. Je lève le nez de mon oreiller j'ai presque bien dormi. Pourquoi mon bras est coincé. A oui c'est Rhadamanthe qui me tient la main. Étrange enfin, c'est pas grave je vais attendre un peu qu'il se réveille. Mon esprit s'envole vers le blondinet. Il a voulu se tuer pourquoi ? Qu'ai-je fait ? Je sais pas il me semble pas l'avoir mal traité. Il faut que nous discutions. Sauf que c'est quoi ce bruit à ma porte. Je défais les doigts du juge un à un avec douceur, une fois libre je vais à la porte.

C'est Sorrente qu'est qui se passe ? L'accordeur est partit se perdre dans les coraux ? Je lui indique de ne pas faire de bruit et je l'invite dans le bureau. Je n'ai pas le temps de faire quoi que ce soit qu'il me saute dessus. Oui je suis vivant, j'aimerais mieux pas. Non il ne rêve pas c'est dommage, moi j'aimerais. Il finit enfin par me quitter je fonce prendre une douche et m'habiller. Pile à temps c'est Poséidon qui arrive.

« Kanon ce soir c'est gala de charité »

« Bonjour aussi. Elle est où la charité ? Je ne la vois pas bien. »

« C'est pour les bonnes œuvres. »

« Les bonnes œuvres vraiment, c'est pas un peu contradictoire quand on a essayé de noyer la planète ? »

« Pourquoi j'ai pas le droit ? Avoir voulu tuer toute l'humanité c'est incompatible avec la charité ? »

« Personne ne sait que c'est vous »

« C'est parfait : alors y a la nouvelle chanteuse à la mode, la petite bimbo blonde qui sera présente. »

« La charité hein ? »

« Et toi si tu étais charitable tu me prêterais mon juge pour jouer. »

« C'est pas votre juge c'est le miens ! »

« Ha oui ? »

Je réalise l'énormité que je viens de proférer, Rhadamanthe n'est pas une chose, il ne m'appartient pas. Et encore moins au dieu qui fait une tête comme si je venais de l'abandonner tout seul au milieu d'un cimetière par une nuit pluvieuse.

« Vous me fatiguez y a Thétis qui veut sortir, promenez la à votre bras. »

« Thétis, mais Rhadamanthe et tout neuf, j'y ai pas goûté. »

« Soit vous oubliez mon juge soit c'est pas d'écran plat, de dvd, de livres et je fais grève des approvisionnements. »

« T'es méchant mon dragon. »

« Je sais je suis un grand méchant pas beau qui vous tyrannise tellement que vous avez refusé de le laisser mourir tranquille »

Il est parti tant mieux, j'en peux plus de lui. Il est infernal. En parlant d'infernal je vais inspecter les morceaux du surplis, ils n'ont pas l'air de s'être vraiment régénérés mais vu leur état. Je soupire, j'ai du travail qui m'attend et un gala de charité. Le monde est injuste avec les dragons.


(Rhadamanthe)

J'ai senti quelque chose dans mon sommeil puis la chaleur contre moi a disparu. J'ai presque un peu froid à tâtons je cherche ma bouillotte et je rencontre que des draps froids. Je finis par me réveiller complètement à coté il y a la voix du dieu marin. Je me sens déçu d'avoir perdu le bien-être de mon sommeil et satisfait de savoir kanon occupé. C'est complètement contradictoire.

Mais je ne veux pas être seul avec lui, je ne veux pas qu'il me parle de hier soir. Je suis lâche mais je voulais mourir et là maintenant il me reste rien. Je me roule en boule dans le lit. Je voudrais me rendormir.

Si je reste ici je sais ce qui finira par arriver et je ne veux pas, je ne sais même pas comment j'y ai échappé. Je me lève enfin je fais prendre un bain sans trop m'attarder. Quand je reviens le lit est fait et un petit déjeuner m'attend.

J'ai pas vraiment l'impression d'être mal traité, c'est peut être ce qui me trouble le plus. C'est comme une cage invisible et dorée. Je prends mon repas et je m'affale sur la courtepointe.

Que vais-je faire.

Je me décide par aller dans le bureau prendre un autre livre, et je reviens m'occuper.

La nuit revient et pas de général, le visage à moitié enfoui je veille enfin il y a de la lumière à coté. Pourtant il ne vient pas. La curiosité finit par l'emporter je vais à la porte elle est juste poussée. Je le vois devant le caisson de son écaille. Il a le coupe papier à la main.

A-t-il changé d'avis veut il m'achever, je ferme les yeux. Il y a un petit floc comme une goûte d'eau. Je regarde, c'est son sang, pourquoi il n'est pas du genre à se tuer. Le sang coule à l'intérieur du caisson. Je comprends mieux, il régénère son écaille et le cosmos qu'il brûle avec son sang c'est pour la réparer. Je réalise que je n'ai jamais vu son écaille est elle endommagée, est ce pour ça qu'il m'a affronté sans protection.

Enfin il referme la plaie et va se laisser tomber sur son canapé. Je retourne doucement dans le lit. Il ne vient pas. Je compte les minutes puis je vais voir. Il dort assis. La boite de l'armure est restée ouverte et brille contre le mur. Attiré comme un papillon par la lumière je m'approche d'elle, je jette un œil. Ce n'est pas le dragon des mers, je colle ma main à mes lèvres pour étouffer un cri de surprise. C'est mon surplis qui dort bien au chaud dans la boite d'or repue du sang du général.

Je me sens mal, je m'accroche au rebord de métal. Comme un ivrogne je titube jusqu'à la chambre ou je m'effondre. Je ne sais pas quoi penser. Je vais me recoucher en faisant un peu de bruit. Visiblement c'est suffisant pour le réveiller, je l'entends se dévêtir. Je fais semblant de dormir. Quand il s'allonge sa chaleur devient une attraction irrespirable. Je cède, je joue les endormis pour me blottir contre lui. Je pensais être contre son dos mais c'est sur son torse que j'échoue. C'est chaud confortable agréable je veux pas savoir le reste. Et puis c'est pas ma faute je dors, je suis pas responsable de mes actes.

Encore un matin seul, encore un matin ou la chaleur du dragon n'est pas là. Je soupire depuis plus d'une semaine c'est comme ça. Il se lève tôt, se couche tard et offre à mon surplis de quoi se réparer. C'est idiot mais je me sens presque jaloux maintenant. Moi aussi j'ai envi de sa chaleur, de son cosmos.

La journée je m'ennuie aussi je la passe en lisant. Ce matin je vais sortir. Il ne me l'as pas défendu en plus une nouvelle pile de vêtements a apparu prés des siens, comme d'autres produits de toilette. Je n'ai pas à me plaindre. Il est gentil, ne m'a rien fait de déplacé.

Je me trouve de plus en plus stupide d'attendre son retour le soir. Je m'habille et je sorts par la porte fenêtre. Il fait bon je vais au hasard. Je ne savais pas que le domaine marin était si beau. Je m'arrête près d'un récif, dans un petit cours d'eau il y a des poissons. Certains sont rouges, ils sont beaux. Je tend la main pour les attraper mais j'ai raté mon coup je recommence sur un autre. Je le tiens mais ça pique et ça brûle contre mon bras. Une drôle de bête transparente semble s'y être collée. Je lâche ma prise qui s'enfuit et je remue mon bras pour qu'elle se détache. J'ai comme une brûlure c'est bizarre.

Je pense avoir assez fait de bêtises pour ma première sortie et mon bras m'embête. Kanon va certainement se fâcher. Je rentre vite sur la pointe des pieds et je vais rincer ma blessure. Après je retourne sur le lit.

Juste à temps, je ne pensais pas qu'il passerait en journée. Il a l'air de bonne humeur alors je dis rien. Il me propose d'aller en surface. Je n'y suis jamais vraiment allé, c'est une idée. Je voudrais bien savoir à quoi ressemble le monde des hommes.

Je le voie enfiler une veste et ranger quelque chose dedans. Il me demande si je suis prêt, je le suis. Enfin pas assez puisqu'il sort une veste pour me la faire passer sur ma chemise je dis rien. Il me prend par le bras je frisonne, est ce agréable où non. Je sais pas le sol disparaît et je vois un autre le remplacer. Il est gris foncé. Il me fait signe de venir je viens.


(Kanon)

Je regarde autour de nous et je lui fait signe de venir. Il est encore tôt il n'y a pas encore trop de monde. J'ai quelque course à faire mais je pense qu'il a envi de se distraire. Un cinéma ce serait bien.

« Tu veux aller où ? »

J'interroge du regard le blond.

« Comme tu veux »

Un doute m'envahis le juge a t'il déjà mit les pieds à la surface ou c'est juste qu'il se fiche de la destination à moins que ce ne soit de la politesse. Mais pourquoi les spectres sont livrés sans mode d'emplois ?

Je nous amène devant le cinéma, si mon raisonnement se tient je sais même pas à quand date son dernier contact avec la civilisation. Et ça explique les poèmes de Rimbault que j'ai ramassé. Certains sont un peu crus. Je me demande si j'ai une bonne idée. Les films actuels sont souvent agrémentés de scènes chaudes, si les vers du poète l'ont choqué je dois choisir avec soin. Il y a un Alice au pays des merveilles tout public. Dans mes souvenirs c'est un Disney Alice. Je tiens le film.

J'achète les places et il me suit pour s'asseoir prés de moi. Son regard détaille la salle. Je dois avoir raison. Je m'esquive quelques secondes et je passe à la boutique. Je vais commander des sodas et puis j'opte pour du jus de fruit pour lui. Je choisis du pop corn et des chocolats. Je le retrouve, il n'a pas bougé. Je lui donne le jus de fruit et lui montre la place où le poser dans l'accoudoir.

La lumière s'éteint, puis l'écran lance ses publicités. A coté de moi je le sens qui se fige, son regard coule sur moi et il revient à l'écran.

Le film c'est bien passé, il est plutôt bon et surtout tout public. Je nous dirige vers le centre commercial. Il va y avoir du monde autant faire vite. Je vois d'ici la file pour les caisses de la fnac. Dans la foule j'attrape le bras du juge pour l'emmener sur l'escalator, les gens courent en tous sens comme des bans de poissons qui se croisent. On arrive enfin dans le magasin, j'avais raison, y a un peuple. Je soupire et joue des coudes devant, je jette régulièrement un coup d'œil pour voir si il me suit.

Quelque chose ne va pas, je le vois. Sa main se ferme sur mon bras, elle tremble, il est pâle, son front est moite. Je ne m'attendais pas à ça. Que faire ? Il a pas l'air bien, plus près du malaise qu'autre chose et je peux pas nous téléporter devant touts ces curieux. Je passe un bras autour de sa taille.

« Tu te sens capable de marcher ? »

Il hoche la tête pour me dire oui, je n'en suis pas convaincu. Je l'entraîne lentement à l'écart, je sais qu'il à une sortie pas loin et une ruelle. Les quelques dizaines de mètres je les fais le regard braqué sur lui. Il va pas mieux c'est même pire ou j'avais pas remarqué avant. Arrivé à l'abri je nous ramène dans la chambre. Je le porte sur le lit.

Il a mauvaise mine, il tremble toujours. Je le débarrasse de ses chaussures et j'ouvre les premiers boutons de sa chemise. Mes doigts caressent son front où brillent des perles de sueur. Je l'allonge, il proteste à peine. Je vais chercher un verre d'eau et un linge humide. Je le fais boire et je le rafraîchis un peu.

Je ne pensais pas que le monde réel lui ferait un tel choc. Je me sens coupable, c'est ma faute, j'aurais dû réfléchir. Je remonte ses oreillers pour qu'il soit mieux et je vais m'asseoir prés de lui et je le prend dans mes bras. Pourquoi ? Par ce qu'il a tout d'un petit garçon effrayé. Il ne me repousse pas et s'installe un peu plus confortablement. Je caresse son dos en attendant que ça passe. J'appellerais un médecin après.

Voila une demie heure qu'il est silencieux contre mon torse. Je sais qu'il ne dort pas, il tremble encore un peu. Je m'extirpe de sous lui pour faire un saut dans mon bureau. Je prends mon portable et je compose le numéro du médecin du sanctuaire, ou le seul assez fou pour venir consulter sous la mer. Il est disponible. Mon œil, il a envoyé paître touts ses patients oui. J'apparais dans son cabinet et je le ramène en bas. Je le conduis jusqu'à mon protégé.

Rhadamanthe lève un œil surpris sur mon accompagnateur.

« C'est un médecin. »

Pourquoi j'ai l'impression d'avoir dit une bêtise. Il s'est crispé d'un coup. Il a peur des médecins aussi. Oups zut les derniers qu'il a dû croiser devaient tenir plus du sauvage antique tortionnaire que du médecin moderne. Je fais le tour du lit et je me réinstalle pour le prendre dans mes bras. Je lui glisse des mots rassurants et je l'enveloppe de mon cosmos. Et voila comment je me retrouve à être un dragon doudou pour réconforter un petit malade. Décidément après je suis forcement un grand méchant dragon marin, en peluche. Ma pauvre réputation.

J'ouvre entièrement la chemise de mon juge et je lui enlève. L'homme de l'art ouvre son sac. Il sort son stéthoscope et mon blondinet se recroqueville un peu contre moi. J'ai la sensation de le tenir pour le présenter au bourreau. Ce n'est pourtant pas si terrible, il fait au mieux pour cacher ses émotions, dommage qu'elles transparaissent dans son aura. Quand le métal froid touche sa peau il a du mal à retenir son geste de recul. Enfin après ça va mieux. Je serais ravi si je n'avais pas vu son bras.

Il a croisé une méduse, pas dans la chambre, je n'ai pas cet animal de compagnie. J'ai un dieu dingo à la place.

La consultation est finie, c'est rien de grave juste une crise d'angoisse. Je laisse mon dragon noir quelques minutes pour discuter avec le docteur, si je le fais attendre je risque de le trouver à quatre patte dans un coin du sanctuaire pour exhumer un reste de je ne sais quoi antique. Si il est le médecin du domaine, il est aussi complètement fou dés qu'on parle d'archéologie sous marine. Alors ici pour lui c'est Elyson, le saint Graal et la pierre de Rosette réunis.

Il me confirme ce qu'il a dit dans la chambre du calme, du repos, pas de stress et des calmants. Là je suis contre. Je lui donne quelques babioles sorties d'épaves et je le ramène chez lui. Il fait la tête d'un gamin à qui on a confisqué ses jouets mais j'ai autre chose à faire que lui courir après en bas. Non un praticien de cinquante ans responsable s'occupe de ses patients et pas de faire joujou dans le sable chez Poséidon.

Je retourne en bas heureusement que c'est pas des escaliers, je regagne la salle de bain et je vais chercher de quoi soigner le bras de la vouivre. Il n'a pas bougé il est sagement sur le lit. Je passe de la crème sur la lésion et pose un léger bandage.

« Je suis désolé »

Il n'a pas à l'être, c'est ma faute, j'aurais dû veiller sur lui et pas le traîner en haut.

« C'est rien »

Je vais nous servir deux verres d'alcool, je m'assois sur le bord du matelas et je lui donne son verre. Il le contemple un moment en silence.


(Rhadamanthe)

Je regarde mon verre, je me sens fatigué et stupide. Mes mains tremblent encore un peu, je ne sais pas pourquoi j'ai réagi ainsi. Et oui je suis désolé, désolé d'être un poids, de ne servir à rien. Je passe mon temps à profiter de sa gentillesse, de sa patience.

Je porte l'alcool à mes lèvres c'est fort, c'est bon je m'enfonce un peu plus dans mes coussins. J'ai l'impression qu'il veuille sur moi comme sur une femme enceinte. Non j'ai jamais vu un époux prendre autant soin de sa femme. Ça dépasse mon entendement. Je pensais savoir ce qu'il voulait, mais je ne comprends pas.

Je finis lentement mon verre. Je ne veux pas qu'il reparte.

« Si je désolé d'avoir gâché ta sortie »

« Rhadamanthe c'est pas grave, je n'aurais pas dû t'imposer un lieux aussi surpeuplé. »

Il endosse même la responsabilité de ma faiblesse, je me sens vraiment minable à coté de lui. Je vois à quel point il est meilleur que moi, à quel point il me surpasse en tout. Je baisse le nez sur les draps. C'est quelqu'un de formidable, j'ai de la chance d'être son captif.

« Tu te sens pas bien ? »

Comment peut il à ce point s'inquiéter pour moi.

« Non »

Son regard me scrute, comme si il voulait savoir ce qui me passe par la tête.

« Tu dois t'ennuyer ici. Tu veux la télé ou des dvd ? »

La quoi et des dvd, par Hadès ce que je peux me sentir bête de pas comprendre. Il doit sentir ma gène car il me sourit.

« C'est rien, c'est comme ce matin »

« Comme ce matin ? »

J'ai un peu compris mais comment il va faire pour que des images si grandes tiennent dans la chambre.

« Je reviens »

Je le vois sortir de la pièce, je pose mon verre sur le chevet. J'ai envi de voir et je voudrais retrouver sa chaleur. Je suis irrécupérable, je suis pas un animal à sang froid pour avoir autant besoin d'être au chaud. Et puis ça ne se produira pas avant cette nuit ou comme les autre je ferais semblant de dormir pour me coller à lui. Je suis bien contre lui.

Il revient avec une boite rectangulaire, il touche la console en face du lit et quelque chose en sort. Je le regarde faire il me montre. Des images apparaissent sur le cadre noir de la console. C'est ça qu'il entendait par comme ce matin.

Comme ce matin ça me donne une idée, j'aimerais bien faire un autre malaise pour qu'il reste. C'est agir en gamin capricieux mais je suis toujours seul. Je rougis.

« Est-ce que… »

Non c'est ridicule je peux pas. Il s'est immobilisé au centre de la pièce, ses yeux océans sont posés sur moi. Mes joues me brûlent, comment j'ai pu avoir l'audace de vouloir demander.

Il va repartir il prend le petit boîtier noir qui commande aux images.

Il ne part pas il vient s'asseoir sur le lit, j'en crierais de joie. Comment sait il, il a deviné ?

Kanon s'installe contre les coussins à coté. Je le regarde faire, c'est tellement ce dont j'avais envi. Ce n'est pas ses bras mais c'est parfait.

Les images racontent une histoire triste, c'est une pauvre fille dont le père c'est remarié avant de mourir et qui devient le souffre douleur de sa marâtre. C'est même pas vraiment triste c'est commun et désolant. Je cherche une position un peu plus confortable mais je ne trouve pas comment me caler. Soudain un bras se referme sur ma taille et m'installe. Il m'a installé comme je dors la nuit, sur lui quand il referme son étreinte sur moi. Je retrouve mon cocon douillé c'est bon.

Soit c'est sa chaleur, soit l'histoire devient moins triste. La fille a une marraine, une marraine qui lui fait un cadeau formidable pour quelques heures. Un peu comme les bras du dragon des mers. Dommage que quelque chose d'aussi merveilleux ne dure pas. Finalement c'est encore mieux pour elle le prince l'a retrouvé et il veut l'épouser. C'est bien comme ça elle sera plus la servante de sa belle mère. J'ai l'impression de ne pas avoir tout compris mais ce n'est pas grave.

J'ai bien dormi, ce matin il est pas là, encore, je sort des dvd de la pile hier. J'en ai regardé plusieurs seuls. C'est vraiment bien. Les histoires se ressemblent un peu. Les princes ressentent quelque chose qui fait qu'ils veulent épouser les jeunes filles et elles éprouvent la même chose. Ils se marient tous, sont heureux et ont beaucoup d'enfant. Leur bonheur s'illustre par leurs lèvres qui se touchent.

De tout ce que j'ai vu mon préféré c'est la petite sirène. Quand elle se coiffe avec une fourchette j'ai l'impression que ce pourrait être moi.

Est-ce que ce que je ressens pour Kanon c'est pareil ? Mais c'est toujours des filles. Si y a une fée pour donner une robe à la fille spoliée. Une sorcière donne des jambes à la petite sirène. Mais moi je pourrais mettre une robe que ça changerait pas ce que je suis. Un spectre, un serviteur du monde des morts et un homme. Si j'avais une gentille fée comme marraine je lui demanderais de faire de moi un dragon comme Kanon.

Je divague, et puis ça changerait quoi. Et lui qu'est ce qu'il veut vraiment ? Si dans cette époque le seul acte charnel ? Si c'est de poser nos lèvres l'une contre l'autre qu'il veut ? C'est étrange mais moi aussi j'en ai le désir. Peut être que c'est comme dans les films et qu'après c'est juste le grand bonheur.

Je me lève pour changer de disque. Il m'a dit de me reposer, je fais que ça depuis que je suis ici. Enfin mon ça a un peu changé. Y a la télé, les dvd et le lit aussi, les draps sont plus doux et les coussin plus confortable.

A rêvasser j'ai touché quelque chose qu'il ne faut pas sur la télécommande. Il y a d'autres images, avec des gens réel je tripatouille les boutons. Un bruit pas normal sort de l'écran. Dessus il y a des adultes qui… un homme et une femme, ma gorge se sèche. Je touche le boîtier cette fois c'est des hommes, c'est moche, le gros plan sur les parties intimes me donne la nausée. Je finis par arriver à éteindre cette horreur. Je me précipite dans la salle de bain j'ai vraiment envi de vomir.

Mon estomac est encore tout chaviré, je me brosse les dents et je me passe de l'eau sur le visage. Finalement je vais m'étendre. A quoi avais je bien pu penser. Comme si le monde pouvait changer. Je reste à contempler le plafond. Je suis stupide. Au fil des jours mon confort c'est amélioré. Je pends l'oreiller du dragon et j'y cache ma figure. Il sent son odeur. C'est comme un baume qui me fait oublier ma désillusion.

Pressant toujours le coussin contre moi je regarde la chambre. Il m'a déjà tellement donné que j'ai l'impression tout à coup d'être une courtisane qui se refuse pour faire monter son prix. L'image me fait frémir pourtant c'est comme ça que je me comporte. J'aurais pu plus mal tomber, j'ai de la chance. Kanon est beau, kanon est gentil, patient.

Je suppose qu'un autre m'aurait simplement sauté dessus sans tenir compte de mes états d'âme. Ou pire même peut être m'aurait il jeter en pâture à ses troupes. Je suis vraiment bête de ne pas apprécier ma chance.

En plus j'aime être près de lui, mon corps réagit aussi involontairement. Trois semaines que je n'ai pas épanché mes besoins, ils me chatouillent parfois les reins. Je suis idiot de me refuser.

Mais comment dois je m'y prendre pour lui faire comprendre que je suis prêt à lui céder.


(Kanon)

Je rentre dans la chambre il est tard comme à mon habitude, mais il n'est pas encore couché.

Il est dans la salle de bain. Je prends la télécommande et j'allume la télé. Je reste figé. Une chaîne hard ? Comment ça se fait. Une fausse manip ? Je suppose, j'ai soigneusement censuré tous ce que j'ai pu. Je change de chaîne et je mets un animé blue seed inconnu au bataillon mais tout public.

J'attends mon juge qui revient s'installer dans le lit. Il est vraiment adorable avec les cheveux humides dans son pyjama blanc. Je fille prendre ma douche pour revenir occuper ma place dans le lit. Je me calme dans les coussins et je tends les bras. On a presque des habitude de vieux couple. De toute façon avant il venait dormir contre moi. Alors ça change rien. Il frissonne je nous entoure de cosmos pour le réchauffer.

L'animé est pas trop nulle. Enfin la jeune vierge sacrifiée je connais.

Il se fait tard, l'écran est éteint depuis un moment. Je dormirais bien si il remuait moins. Quelque chose ne va pas. Quoi ? Je sais pas il bouge encore. Je me mets sur le coté en chien de fusil mon torse contre son dos. Pendant un moment ça à l'air d'aller.

Hein ? C'est quoi ça ? Qu'est ce qui se passe ? Je prends une respiration calme, j'ai dû rêver ou c'était accidentel. Non pas comme ça. Il fait quoi le petit spectre tout mignon ? Pourquoi il frotte son postérieur contre mes cuisses. Pourquoi c'est des avances mais pourquoi des avances ? Le film hard a réveillé sa libido ?

Je rallume la lumière

« Rhadamanthe ? »

« Prends moi, je suis prêt. »

Mais il se passe quoi là ? C'est la pleine lune ? La marée d'équinoxe ? La période de reproduction des reptiles ? La mauvaise semaine du mois ?

Je mets un peu d'ordre dans mes idées, comment ça prends moi ? Je ne comprends pas ce désir soudain. Et puis c'est quoi cette légère crispation. Il a pas l'air si consentant que ça.

« Tu préfères une autre position »

Je quoi, pas d'odeur suspecte c'est pas un nuage de fumée louche de Poséidon. Je n'ai pas de cachet pouvant donner ce résultat. Il est donc sérieux et conscient de ce qu'il fait. Ça dépasse mon entendement.

« Je préfère rien du tout, je peux savoir ce qui te prend ? »

« C'est ce que tu veux non… »

« Ce que je veux ? »

Je me lève, je marche dans la chambre, ma logique a un bug. Ce que je veux ? Je tourne la tête vers le lit. J'ai la gorge sèche, le spectacle que j'y vois me fige. Il est diablement attirant à quatre pattes sur les draps. La cambrure de ses reins m'hypnotise. Le tissu soyeux du pyjama tendu sur ses fesses en souligne la courbe. Je déglutis péniblement. Je ferme les yeux, il est trop désirable dans son attente soumise. Soumis c'est ça qui me choque, c'est ce qui va pas dans ce tableau. Il est tard j'ai du mal à tout assimiler. Je fais un effort sur moi-même et je m'assois sur le lit. Je passe un bras sous son ventre pour le renverser assis sur mes genoux.

Voila je vois ses deux grands yeux ambres accrocher les miens avant de se détourner.

« Ce que je veux c'est pas ça, et tu n'en as pas le désir non plu »

Je capture son menton pour le forcer à me regarder, il résiste un peu. Il a les joues rosissantes et les yeux rouges. J'ai peur de comprendre, ses lèvres tremblent un peu. Sans m'en rendre compte je me suis mis à le bercer.

Il a enfoui son visage contre mon épaule, je le laisse faire jusqu'à ce que je sente quelque chose d'humide. Il pleure par tous les dieux, au secours. Que dois je faire, je continue à le bercer mes doigts sont venus caresser sa nuque comme si c'était normal. Qu'est ce que je ressens pour lui ? De l'amitié ? De la tendresse comme pour mes petit Marinas ? C'est plus compliqué, il faut croire que je l'aime, je l'aime vraiment.

Alors la façon dont il s'est offert à moi me donne la nausée. C'est pas ce que je veux, je veux pas le prendre contre son grès. Pas le soumettre à mes désirs. Je le veux près de moi, heureux, bien, amoureux ?

Il commence à aller mieux, je le cajole toujours, je fais de mon mieux pour le rassurer. Je nous installe contre la tête du lit, lui toujours dans mon giron. Il ne pleure plus. Finalement il baille la tête posée dans mon cou. Il dort à moitié, c'est bête mais ça me fait sourire.

Il se relève un peu en s'écartant je le laisse faire. Je ne veux pas le contrarier. Il a encore les yeux rouges et les joues un peu humides, il est adorable. Une bouffée de tendresse envahit mon cœur de dragon. Son visage s'approche du mien, je me noie dans son regard pur. Ses lèvres se posent comme un papillon sur les miennes. C'était si rapide j'en suis tout troublé. Mon juge a repris sa place le nez contre mon cou, je le vois s'endormir et je reste seul à veiller sur son sommeil l'esprit en feu.