A ma Kandai et un grand merci à celles qui m'ont laissée des reviews.
Voici la suite, j'espère qu'elle vous plaira.
Déni de justice 3
(Rhadamanthe)
Je me sens plutôt bien, je dors encore mais je reprends pied dans la réalité. C'est chaud confortable, il y a un léger parfum et quelque chose qui me chatouille la joue. Je frotte ma joue pour écarter ce qui me touche. Encore cinq minutes, il sera toujours temps de me réveiller plus tard. Je fais rouler ma tête sur le coté, il y a un contact sur ma nuque qui me tire définitivement de ma torpeur.
Dans mon esprit hagard les brides de la soirée de hier remonte comme après une cuite phénoménale. Je sens mon visage me brûler. Mon propre comportement me gène mais le pire c'est que je l'ai embrassé avant de dormir. Ce baiser me fait battre le cœur plus fort, je l'ai fait sans savoir pourquoi. Mais ce matin j'ai juste la douce certitude de ressentir ce fameux sentiment pour lui. Il est un prince étincelant, je ne l'ai pas vu sur son cheval blanc mais c'est le prince. Et j'en suis amoureux, c'est merveilleux.
Je passe mes bras autour de sa taille en me laissant glisser un peu. Je lève les yeux sur lui, qu'il est beau. Je réalise juste que je ne suis pas une princesse, plutôt un dragon moche. Je me sens moins bien d'un coup, je vais pour m'écarter mais ses bras me ramènent contre lui. Kanon pose un léger baiser sur mon front, j'ai les joues qui brûlent mais je retourne me blottir contre lui.
Est-ce qu'il veut bien de moi ? Que j'aimerais que ce soit vrai. Il murmure un chut quand je veux dire quelque chose. Alors je profite juste de ce moment de douceur que je lui vole. Je sais bien qu'il y a la fille blonde mais ici j'ai l'impression qu'il est à moi.
Il bouge un peu, moi je voudrais rester encore mais c'est sans doute impossible.
« Je suis désolé mais il est l'heure de se lever »
Me lever, quitter ses bras si chauds. Je bafouille un peu je sais pas quoi dire. Je ne suis pas doué avec les mots, non je ne suis pas doué.
« Rhadamanthe ? »
J'ai pas bougé, je veux pas, c'est un caprice je le sais mais je veux pas. Je croise son regard il est si doux. Comment il fait pour me supporter.
« On va pas rester couché toute la journée. Si ? »
Kanon me sourit, finalement je le lâche et je me redresse sur le lit.
« Je suis navré de t'avoir négligé, mais c'est fini. »
C'est fini ? Qu'est ce qui est fini ? Je ne veux pas qu'il me quitte. Pas qu'il me laisse pour de bon. Je ferais quoi sans lui ? Je ne veux même pas y penser. Si j'y pense et ma vue se trouble. Tout à coup ses doigts caressent mon menton. Mon regard se perd dans ses yeux océans. Non il ne va pas, il ne peut pas. J'en reste tremblant d'émotion et de joie contenue. Ses lèvres épousent les miennes quelques instants qui me semblent trop courts.
« Je te laisserais plus c'est promis. J'ai encore quelques babioles à boucler aujourd'hui et après j'aurais tout le temps que tu voudras. »
Il quitte le lit, et je reste anéanti. J'ai bien compris ? Non c'est impossible. D'ailleurs il part.
« Je vais chercher le petit déjeuner »
Non alors c'est vrai ? Il veut bien de moi, enfin de moi près de lui. Et puis je veux quoi exactement moi. Le pire c'est que j'en sais rien. Je reste à m'interroger et puis comment me voit il lui ? Comme un gamin capricieux ? Je comprends même pas pourquoi il n'a pas voulu de moi. Je comprends rien.
Il revient avec un plateau qu'il pose sur le lit, je fais attention à ne rien renverser en bougeant. Il me tend ma tasse. J'aimerais me noyer dedans mais elle est trop petite. Je me contente de manger la viennoiserie qu'il me donne et de boire mon thé. Je n'ai vraiment pas faim depuis que j'ai quitté ses bras trop de questions se bousculent dans ma tête.
Nous avons fini de déjeuner, il regroupe la vaisselle sur le plateau qu'il remporte à coté. Finalement je reste seul mais j'entends le bruit de l'eau dans la salle de bain. Avant de me laisser il m'a demandé de l'accompagner à la surface. J'ai encore un peu peur d'y retourner il y a tant de monde c'est affolant. Pourtant j'ai dit oui immédiatement.
(Kanon)
Je viens de nous téléporter sur terre, il est encore bonne heure, la galerie commerciale est presque vide. Je m'en voulais un peu de lui avoir laissé si peu de temps mais ce sera plus simple.
Je nous dirige vers les boutiques de vêtements, si je lui en ai achetés quelques uns ce n'est pas suffisant aussi j'ai choisi quelques boutiques de prêt-à-porter chic. Quand on regarde bien la chemise blanche qu'il porte est un peu grande, et le pantalon un centimètre trop long. Je lui glisse à l'oreille de choisir tout ce qui lui plait.
C'est pas sans mal mais j'ai enfin une ébauche de gade robe sous le bras. Il est affreusement raisonnable, je suis obligé de rajouter des articles dans chaque boutique. Mais il se laisse faire, j'ai un peu l'impression de jouer à la poupée mais non c'est juste qu'il ne comprend pas pourquoi autant de choses pour lui. J'ai beau lui répéter qu'il lui faut un minimum de vêtements il se contente de rougir. Enfin j'ai le plus pressé pour le reste on reviendra un autre jour.
Il est presque l'heure du repas. Je nous dirige vers un restaurant. Il est encore tôt pour manger on est seul dans la salle. Le serveur lui donne un menu qu'il regarde un peu surpris. Tout lui semble nouveau, j'ai l'impression de sortir un petit garçon. Il est si adorable. Finalement il me dit qu'il n'a pas faim, je ne sais pas trop, je ne veux pas le forcer. Je négocie pour un plat léger, des salades. Un minimum syndical je ne voudrais pas qu'il tombe dans les pommes.
Nos assiettes finies je regarde ma montre il doit y avoir un monde pas possible, pourtant je dois faire quelques broutilles. Je ne veux pas le traîner avec moi. Alors j'ai une idée. Tout à coup je sens son regard sur mon poignet ma montre. En bas je n'ai pas l'heure dans la chambre.
« C'est comme un cadran solaire portatif et plus pratique. »
J'enlève ma montre pour qu'il puisse l'examiner. Il prend quelques instants pour la tourner dans ses mains. C'est vrai que j'ai encore choisi un modèle compliqué mais le coté bleu et or fait très yachting club. Il me la rend, je pose quelques billets pour payer le repas et je l'invite à me suivre.
Je fais un crochet par une horlogerie mon blondinet sur mes talons. J'attends qu'on nous ouvre la porte. Un vendeur en costume cravate nous invite devant un bureau. Je m'installe dans un des fauteuils crapauds. La boutique est d'un luxe sans extravagance, je demande à voir les montres. Je reste un instant seul avec Rhadamanthe qui m'interroge du regard, je lui souris.
Le vendeur revient avec une sélection de montres dans la marque de la mienne. L'avantage d'en porter une qui affiche le prix d'une voiture, elle se reconnaît à dix mètres. Je pousse légèrement le plateau vers mon blondinet. Je l'invite à choisir. Son regard tombe sur le plateau, moi, je le vois rougir. Il hésite et finit par porter son choix sur la moins chère de toutes pourtant il n'a pas de prix sur ces articles. Je lui demande si celle là lui ne plairait pas plus mais non. Je me range à son choix il n'y a que ça à faire et je sorts ma carte bancaire. Je paye et je décline l'emballage cadeau et l'écrin je la mets au poignet de mon juge.
Je l'aurais vu avec quelque chose de plus luxueux mais puis qu'il n'a pas voulu. Enfin c'est quand même une Rolex. Le retour dans la galerie marchande est un enfer. Les portes vomissent un flot continu de clients et badauds. C'est presque l'asphyxie dans certain passage. Je l'ai pris par le bras pour le sortir de ce guêpier avant qu'il ne se sente mal. Enfin j'arrive à la destination que je m'étais fixé.
Je pousse la porte c'est un coiffeur pour homme qui fait salon esthétique aussi. La seule chose que j'apprécie chez eux c'est le calme. Une jeune dame vient nous accueillir, je lui demande de s'occuper de mon juge, de rafraîchir sa coupe mais de rien changer et de l'occuper une heure et demie environ. Elle me propose une manucure, c'est une bonne idée et pour ses sourcils ? Quoi ses sourcils ? Mais elle va pas bien celle là, j'irais bien la noyer dans le bac à shampoing mais ce serait d'un effet très moyen. Je me contente de sortir le regard noir du méchant dragon qui fait reculer Poséidon lui-même. Finalement je laisse ma vouivre pour vaquer seul à mes occupations.
(Rhadamanthe)
Kanon m'a déposé dans un magasin, il m'a dit que je serais mieux ici. Il s'est arrangé avec la commerçante mais j'ai bien cru qu'il allait la tuer. Je me demande ce qu'elle lui a dit. Je me laisse diriger vers les sièges du fond une serviette sur les épaules, le contact sous ma nuque est pas vraiment agréable mais je me plains pas. Les premières goûtes d'eau touchent mon crâne. C'est un peu chaud, les doigts de l'employé qui s'occupe de moi son assez doux. C'est étrange de laisser un inconnu passer ses doigts dans mes cheveux. A coté d'autres clients se font coiffer, c'est drôle. Il y a parterre des amas de cheveux blonds, bruns, roux qui sont immédiatement balayés. Après c'est mon tour de me trouver sous le peigne et les ciseaux. Pour me distraire je regarde se qui se passe via le miroir devant moi. Je suis si absorbé que je sursaute quand un courant d'air chaud touche mon cou. C'était quoi, le coiffeur tient un bidule inconnu de moi qui fait de l'air chaud. Personnellement je me serais contenté d'une serviette mais je reste sage pour kanon. Je remarque enfin quand il a fini que c'est un peu mieux. Je n'avais pas vu que ma chevelure avait poussée autant. C'est toujours les mêmes mèches rebelles mais elles ont l'air plus domestiquées.
Et on me fait rechanger de siège. C'est une mode de cette époque ? Cette fois c'est devant une sorte de petite table que je me retrouve. L'homme en face de moi me demande ma main. Je le regarde sans comprendre avant d'obéir. Comme avec les cheveux il lave, masse, coupe. C'est vrai que mes mains sont plus jolies à regarder après le travail de l'employé. Finalement c'est plutôt amusant, avant personne ne faisait pour moi ces petites choses. Mais depuis qu'il y a kanon tout a changé. Parfois j'ai l'impression d'être incapable de m'occuper de moi seul. Je dois reconnaître aussi que j'ai fait pas mal de bêtises depuis que je suis chez lui.
Je vois kanon qui vient me reprendre il a l'air contrarié. Il paye à la dame d'entrée et m'invite à le rejoindre. Il me demande si tout c'est bien passé. Il me semble, je lui répond oui. Il a l'air content. Je le suis mais je doit avouer qu'il y a un monde à dépeupler les enfers c'est incroyable. Par automatisme je me raccroche à son bras. Je ne sais pas où on va. Je vais avec lui sur les escaliers qui montent tous seuls, on en change quelque fois. On doit être au dernier étage, il m'emmène comme à midi vers un lieu rempli de table et de chaise. Il s'assoit et m'invite à faire pareil. Cette fois je suis prêt à manger, j'ai faim. Je me demande comment il a deviné. Je vois arriver des petits livres comme à midi. Je l'ouvre et à ma surprise il y a des images. C'est des verres aux couleurs vives, des coupes surmontées de chapeau blanc comme de la neige, des bouteilles avec des étiquettes ornementées. Tout est très beau mais je prend quoi et je suis sensé choisir quoi.
« Tu veux une glace ? »
Une glace ? C'est ? Je regarde les images mais il y en a trop, pourtant elles me font envie.
« Oui »
« Tu as choisi ? »
Non j'ai rien choisi je sais pas, mon doigt tombe sur une photo au hasard. Il me regard sourit et me propose une autre. Je ne sais pas la différence mais je me range à son avis. Jusqu'à maintenant ça m'a bien réussi. Il consulte le livret une femme vient nous demander ce que nous avons choisi. Il passe commende et j'attends.
C'est pour nous ? Non c'est pour moi ?
(Kanon )
Je vois ses yeux qui se mettent à briller comme ceux d'un enfant devant les cadeaux de noël. Il est si innocent, il n'a pas conscience de sa beauté à cet instant. Moi si, je suppose que c'est sa première glace. Je le regarde goûter la chantilly, pour lui j'ai choisi une glace trois chocolat meringue coulis parsemé de pignon. Elle a l'air de lui plaire, mais il n'est pas difficile. C'est un amour.
Il a que six ans de moins que moi, mais vivre loin de la civilisation l'a préservé. Il est plus candide qu'une princesse de Disney.
« Ho c'est froid »
Ces quelques mots me font fondre. Je lui sers un peu d'eau et je bois un peu de ma boisson. Je regrette juste de pas avoir eu le temps de boucler mes courses. Mais c'est peut être une bonne chose. Je lui laisse le temps de profiter de sa coupe. J'entends des rires de femmes c'est vrai que ça fait rendez vous. Je croise les jambes et me cale dans mon siège. Un homme s'approche de nous jeune, la vingtaine, pas trop mal de sa personne mais imbuvable au premier regard. Je rêve ! Mais c'est qu'il vient draguer ce con. Je lui réponds que non il n'y a pas de place disponible à notre table. Mais c'est qu'il insiste c'est quoi cette main sur l'épaule de mon blondinet. Je respire calmement.
« Il est pas intéressé on est ensemble. »
Ça m'a échappé mais je suis sincère. Le crétin a dégagé mais j'entends un peu plus le rire gêné des femmes un peu plus loin. Je paye, nous avons fini. Je lui tends la main. Il l'accepte et nous repartons.
Ma dernière étape le magasin de jouets, heureusement qu'on est en fin de printemps, il ne doit pas y avoir foule. Nous rentrons et je constate qu'il est désertique. C'est super. La main de Rhadamanthe toujours dans la mienne je fille aux jeux vidéo et je sorts ma liste. J'avise la console en démo.
« Tu veux essayer ? »
Il me regarde un peu surpris.
« C'est très facile »
Je l'amène à la borne de jeu, un jeu de voiture tout simple. Puis un Mario c'est un basique. Il fait des efforts, il s'adapte vite. Pour lui c'est une découverte pendant ce temps je reste près de lui sans le coller. La partie est finie, il a perdu.
« Alors ?»
« Je sais pas ça remue beaucoup »
Pour une première fois il s'en est pas mal sorti mais je n'ai pas l'impression qu'il se soit vraiment amusé. Je prends la console qui vient de sortir pour Julian ou Posy je sais pas. La liste des jeux qui va avec, il me manque une hotte et des fringues rouges pour être le père Noël.
Je nous dirige vers les caisses quand tout en marchant je vois Rhadamanthe regarder quelque chose. Des peluches ? Je reste un instant en suspend, peut être en veut il une ? Mais non il reporte son attention sur moi. Ça lui plait, ça lui plait pas ? Avec lui il faut tout décrypter et il ne demande jamais rien. Il me semble pourtant que ses yeux avaient brillés. Tant pis nous allons à la caisse je suis déjà chargé comme un chameau qui revient du souk. Je l'invite à l'écart et j'ouvre un passage vers la chambre. Il doit être un peu fatigué. Je débarrasse le lit de touts les achats que j'y ai envoyé durant notre shopping, je rangerais après.
« Je reviens, tu dois être fatigué. »
« Fatigué ? Un peu… »
« Alors reposes toi Rhadamanthe, je file voir Poséidon. »
J'emporte tout le barda que je vais déposer chez le gamin des mers, pardon le dieu des mers. Puis je reprends les couloirs pour rentrer mais un brin de curiosité me titille. Finalement je retourne au magasin de jouets pour voir ce qui a attiré l'attention de mon juge. Je me remets au même endroit et je cherche vers où il a regardé. Et là dans un cassier de fils de fer je vois un peu caché un truc bleu. Je reste pantois mais je sors la peluche. C'est… C'est un dragon bleu. Je retourne le jouet dans mes mains il fait bien quarante centimètres avec un ruban bleu autour de cou, il porte une médaille en forme de cœur ou il est écrit Saphir. J'ai l'impression d'avoir raté un épisode mais elle est mignonne la bestiole. C'est une gamine qui me montre du doigt en parlant à sa mère qui me décide à quitter le rayon mon dragon sous le bras. Je vais vite payer et je retourne chez moi. Enfin dans le bureau.
C'est sur la pointe des pieds que je rentre dans la chambre. Il est allongé sur le lit les yeux clos, je me débarrasse de mes chaussures et je vais m'installer à ses cotés. Je dépose mon offrande sur son ventre et je caresse son front. Il ouvre les yeux, m'interroge du regard quand il voit la peluche
« C'est pour toi, elle te plait ?»
Je le vois rougir en prenant le dragon bleu, il sourit. Il est si beau quand il est heureux, c'est dommage qu'il le soit si rarement. Mon cœur s'emballe je pose doucement ma bouche sur la sienne. Il frissonne, ses bras se nouent autour de mon cou, ma langue glisses sur ses lèvres puis entre. J'approfondis mon baisé, je pensais pas qu'un simple baisé puisse me troubler à ce point. Mais c'est lui. Je trouve assez de raison pour mettre fin à mon étreinte je le garde juste dans mes bras. Comme nous le faisons le soir.
Finalement j'ai bien fait ce soir il s'est endormi avec Saphir dans les bras comme un tout petit.
(Rhadamanthe)
Kanon m'embrasse, mais pas comme d'habitude, c'est troublant, c'est la première fois qu'il fait ça. Mais je m'y ferais vite, c'est grisant. Je regrette qu'il arrête mais j'espère qu'il recommencera vite. Je reste dans ses bras.
On a mangé puis on est allé dormir. J'ai retrouvé ma place avec mon dragon en plus. Je suis bien, la fatigue de la journée se fait sentir. Mes yeux se ferment et la seule chose à laquelle je pense c'est ses lèvres, la façon dont il m'a embrassé. Je m'endors et j'en rêve encore.
Je me retrouve en enfer il a y quelques mois ou années. Je me promène dans les couloirs, je les connais par cœur, j'y fais même plus attention. Je passe par mon bureau puis mes appartements, je reste un moment dans un fauteuil un verre à la main. Je le bois lentement. Je suis seul on est au milieux de la nuit enfin si on peut parler de nuit ici. Je finis ma boisson et je pars balader dans les prisons, de toute façon c'est désert. J'arrive vers la deuxième prison après avoir évité le cocyte. Ici il y a des fleurs, un océan de fleurs, c'est beau, leur odeur est agréable je reste un moment à en profiter puis je reprends ma route solitaire pour rentrer chez moi. Au détour d'un couloir je surprends de la lumière. Je pensais être le seul à veiller. Je m'approche, une raie lumineuse passe sous la porte de sylphide.
C'est inhabituel, j'ouvre la porte sans frapper, un bruit étrange me fait suspendre mon geste. Le panneau de bois reste entrouvert. Je sais ce qu'il y a derrière, ce n'est pas un rêve mais un souvenir. Cette scène m'a assez gêné pour que je m'en souvienne. Finalement je regarde comme par le passé. Ma bouche est sèche, j'ai la gorge serrée. Devant moi ce n'est pas Sylphide qui est assis nu sur les genoux de Valentine. Je déglutis difficilement. Sur le lit c'est kanon et je suis nu assis sur lui. Il me mordille le cou, je suis alangui le dos contre son torse, installé à califourchon sur ses jambes. Mon souffle s'accélère et mes yeux ne perdent rien de la scène. Sa bouche sur ma gorge, ses mains sur mon torse, mes propres soupirs résonnent dans mes oreilles. Le bras de kanon qui passe sous mes genoux pour les relever. Le gémissement roque qui m'échappe quand il me prend. C'est obscène, je me mords la lèvre. Dans cette position je vois tout, son membre qui me possède, mes reins qui s'offrent à lui, sa main qui me masturbe. J'ai les jambes en coton, je voudrais fuir mais ce spectacle me fascine. Mon corps me trahit, l'expression de plaisir de mon double m'électrise. Instinctivement mon corps se tend vers lui. C'est bon c'est chaud, je me colle encore plus. Que ça finisse ou non justement que ça ne finisse jamais, quelque chose change dans mes sensations. Non je veux pas perdre ce que je ressens, je me cramponne à mon rêve je veux pas en sortir.
(Kanon)
Je suis réveillé depuis quelques minutes, mon blondinet dort franchement sur moi. Je reste sans bouger à regarder le plafond. Il a pas mal bougé cette nuit. Même maintenant il gigote un peu. J'entends quelques soupirs souffreteux. Je m'inquiète, il est peut être malade, je me libère suffisamment pour poser ma main sur son front. Non tout à l'air normal pas de fièvre. Il bouge encore pour se coller plus étroitement contre moi. Je le laisse faire et je passe mes bras autour de sa taille. C'est sans doute un cauchemar. Quelques instants plus tard il s'agite à nouveau, cette fois je sais, ce que je sens contre ma cuisse ne peut pas me tromper. Un rêve érotique, je devrais arrêter de le voir comme le petit garçon qu'il est, c'est aussi un homme. Je souris avec tendresse quand il se frotte d'avantage contre moi. Je pose ma main au creux de son dos et je le masse doucement. Je sens la chaleur de sa peau à travers le pyjama.
Ses paupières papillonnent, je croise deux ambres embués de sommeil, il presse toujours son ventre contre moi. Enfin je le vois réagir, il rougit, je l'embrasse sur le front.
« Bien dormis trésor ? »
« Heu oui »
Je le garde dans mes bras comme souvent, je pose un petit bisou sur ses lèvres. Il frisonne et tend le cou dans l'attente de plus. Cette fois je le couche sur le lit et je l'embrasse vraiment. Son corps sous le mien se cambre à ma rencontre, c'est qu'il me donnerait des idées ce petit garçon.
« C'est pas une bonne idée de jouer mon cœur »
Sous moi il écarte un peu les jambes, je le sens s'offrir. Ses reins se cambrent.
« Si il te plait »
J'ai mille raisons pour dire non pour défaire les mains qu'il a nouées sur ma nuque mais face à son regard d'or je suis perdu. Je sais qu'il n'est pas dans son état normal, que je profite d'un instant de faiblesse mais il est si désirable. Pourtant j'ai peur qu'il regrette, je n'oublie pas la façon dont il s'est offert à moi il y a peu. C'est de la folie, mais ma folie a un nom, le sien.
Je reprends possession de ses lèvres, mes mains caressent ses épaules, son cou. Ma bouche vient lentement les remplacer. Mes doigts déboutonnent sa veste, j'explore son torse. Sa peau est douce comme de la soie, je descends le long de la jugulaire en laissant une trace humide. Du bout de la langue j'effleure un téton. J'entends son souffle irrégulier, son corps qui se tend vers moi. Je morille la petite perle rose, il frémit. Lentement aux grès de mes caresses j'arrive à la ceinture du pantalon. Je fais jouer ma langue le long de l'élastique. J'hésite à aller plus loin. Comme si le tissu marquait une frontière à ne pas dépasser, je reviens sur le nombril. Ses plaintes me torturent.
Je devrais arrêter mais je libère ses hanches, je fais glisser son vêtement de nuit et son sous vêtement le long de ses cuisses. Mon cœur s'affole, le désir m'embrasse. Je pose un baiser au creux de sa cuisse et je viens reprendre ses lèvres au goût d'interdit. Ses jambes se sont écartées sous les miennes, nos corps s'épousent. Son membre dur contre mon aine me crie qu'il n'est plus un enfant, que c'est un homme que je tiens dans mes bras. J'enfouis mon visage dans son cou, je me noie dans son odeur. Je découvre sous mes paumes et ma bouche à quel point il me fait envi, à quel point je brûle pour lui. A chaque attouchement il se contorsionne dévoré par le même feu.
Je me coule entre ses jambes, je caresse ses cuisses, l'arrière des genoux, son ventre. Je parsème de baisés cette peau enfiévrée qui attise ma passion. Mes yeux ont du mal à se détacher de son désir, le bout de ma langue effleure son gland, un cri rauque répond à mon audace et me fait perdre le reste de ma retenue. Je le lèche, je goûte chaque millimètre, je lustre son triangle d'or, j'explore toujours plus, jusqu'à ce petit orifice timide. Sous mes assauts il s'abandonne toujours plus. Le visage entre ses jambes, je m'enfonce en lui, ses reins se cambrent.
(Rhadamanthe)
Kanon est sur moi, ses mains, son corps me rendent fou. Les restes de mon rêve s'évaporent à son contact. Mon bas ventre en est douloureux. Ses caresses me donne des frisons. Un cri de surprise, de plaisir, m'échappe quant sa langue touche mon sexe, je ponctue son parcours de cris. Je m'offre totalement à lui, je suis soumis à l'incendie qui me dévaste. Quand il s'enfonce en moi je voudrais avoir la force de lui dire pas ça, pas ici, mais seul un gémissement franchit mes lèvres. Mes hanches se soulèvent à sa rencontre. Il quitte enfin mon entre jambe, mon regard croise le sien assombri par le désir, je n'ai même pas honte de ce qu'il vient de me faire. Ma raison a abdiqué et ma pudeur aussi. Sa main revient me caresser, le contact et humide et doux. Je pousse une plainte de surprise, de plaisir, de protestation quand un doigt s'enfonce en moi, pourtant mon corps me trahit et se tend vers lui pour le supplier. Encore je sens ses doigts en moi qui me caressent de l'intérieur, c'est atrocement indécent, comme sa bouche qui vient se refermer sur mon érection.
Je sombre mes mains cherchent une prise sur le matelas, mon souffle se perd, seules comptent les sensations qui me submergent. Des spasmes transpercent mon être c'est bon à en mourir, mon corps se soulève dans une onde de plaisir plus forte. Je me laisse aller soudain apaisé. Il me libère et dépose un baisé sur mon front moite.
Je suis brisé mais délicieusement bien, je me blottis contre lui.
Il me faut un long moment pour émerger un peu, je rougis. Mais je ne regrette pas. Ses yeux sont si bleus, je me presse contre lui. Tout à coups je réalise que je suis le seul à avoir profité de notre étreinte. Tout le temps il s'est occupé de mon plaisir et jamais du sien. J'ai honte.
Comme si il avait suivi mes pensées il pose un baisé sur ma joue. Il soupir me serre encore une fois dans ses bras et se lève. Il a du travail comme toujours.
Je reste dans le lit pendant qu'il va prendre une douche et s'habiller. Même en retard il prend le temps de m'apporter mon petit déjeuner au lit. Je regrette juste de rester seul. Le mot tendre qu'il m'a glissé à l'oreille me tient chaud. Je bois mon thé et mange mes croissants avant de me réinstaller dans les oreillers. Je prends Saphir contre moi et je rêve, il n'y a pas d'autre mot.
Il ne doit pas être loin de midi quand je me secoue pour sortir de ma torpeur langoureuse. Je laisse ma peluche pour prendre un bain. Je ressors propre et un peu fripé d'avoir traîné dans l'eau. Je me sèche me brosse les dents et les cheveux. Je me demande à quoi occuper ma journée. Je me regarde dans le miroir décidément je fais vraiment rien ici à part dormir comme un gros chat. Je passe un boxer propre et un peignoir pour retourner dans la chambre.
Mon dragon trône sur le lit déjà refait et propre. Je vais chercher des vêtements dans l'armoire quand je réalise qu'il y a du bruit à coté. Kanon est là ? J'ai le cœur qui bat, je vais vite ouvrir la porte. Je rentre en trombe dans le bureau, je me fige au milieu de la pièce. C'est pas lui, mais Poséidon qui me regarde. Je resserre le peignoir autour de moi, tout à coups je réalise ma tenue.
« Ha mais voila le petit dragon. »
Mon regard cherche une issue.
« Viens là je vais pas te manger »
Je ne bouge pas, je suis pétrifié il me veut quoi ?
Il s'est rapproché, sa main c'est posée sur ma taille, je fais un pas pour m'esquiver.
« Allons soit sage »
Un ange passe, je cherche à fuir, il m'attrape ses deux mains autour de mes hanches, je me débats. Il me tient bien, mon peignoir a glissé dans la bataille. Sa main sur ma peau me gène. Je gigote pour m'échapper.
« Et mais c'est que c'est une anguille ? »
Sa main a atterri sur mes fesses, instinctivement je vais pour crier, il me bâillonne. Pour me libérer j'enfonce mes dents dans sa paume. Il grogne.
« Petit cannibale ! »
Je me suis sauvé dans un coin de la pièce, je le quitte pas des yeux prêt à m'enfuir. Je réalise enfin mon acte j'ai…, j'ai mordu un dieu. J'ai peur, pour moi, pour kanon…
Kanon qui vient d'ouvrir la porte un dossier entre les mains. Son regard se fait dur je tremble c'est ma faute. Il est en colère.
« Qu'est ce que vous fichez ici ! »
Il a rugi, je m'attends même à le voir cracher des flammes. Je me tasse un peu plus dans le coin de la pièce. J'ai mordu son dieu, il doit être furieux contre moi.
« Et avec mon amour ! »
« Mais j'ai rien fait moi, je venais pour un essayage, c'est pas ma faute si t'as des goût bizarre »
« Je me passe de vos commentaires, que faites vous ici ! Chez moi ! »
« Prendre ses mesures »
« Comment ? »
Il est venu vers moi m'a relevé et rattache mon peignoir. Le dieu marin a un sourire en gâteau qui me fait froid dans le dos.
« Vu que t'as choisi un truc bizarre comme compagne je t'amène la robe qui va avec la princesse plate. »
Kanon se pince l'arête du nez, regarde Poséidon comme un poisson volant en enfer.
« Une quoi ?»
Le dieu fait apparaître quelque chose sur le dossier du fauteuil, je vois juste que c'est blanc.
« Enfin il est pas prêt de remplir le décolleté »
Il quitte la pièce dans un grand éclat de rire, je vais regarder ce qu'il a posé, le tissus est doux je relève le cintre pour voir le vêtement. C'est une grande robe blanche comme celle de cendrillon. Je reste dubitatif. Kanon rugit à faire froid dans le dos.
« Poséidon ! »
Il n'a pas l'air content, moi je suis hébété pourquoi une robe pour moi ? Princesse plate. Est-ce pour me dire que je ne suis pas une fille. C'est vrai que je ne serai jamais plus qu'un prisonnier ou un passe temps. Je ne serai jamais une fille, ni son épouse. Je ne pourrai jamais lui donner des enfants, ni un foyer. Je me sens triste mais je n'ai pas le droit, ni le pouvoir de lui interdire de vivre. Je resterai forcément seul, mais ça fait mal.
Kanon me prend dans ses bras, il est gentil. Il m'embrasse sur la tempe. Tout à l'heure il m'a appelé son amour. J'ai envi d'y croire, même si c'est un rêve impossible.
« Tout vas bien Honey ? »
« Oui c'est rien »
« Il ne t'as rien fait, pourquoi t'es triste »
« Pour rien… »
Ses lèvres se posent doucement sur les miennes, c'est doux. Est qu'il a compris ?
« Je ne veux pas d'une princesse, c'est toi que j'ai choisi et j'ai pas besoin que tu portes une robe pour te dire que je ne te laisserai jamais partir. Tu es à moi et je te protègerai toujours mon aimé »
Pourquoi ce qu'il me dit me donne le vertige, c'est merveilleux et j'ai comme l'impression de souffrir. Des larmes embuent mon regard. J'ai comme un étourdissement. Kanon me porte dans ses bras. Je n'ai pas la force de répondre.
« Demain nous partons au calme, en voyage de noce comme dit le vieux »
A suivre
