Merci à toutes celles qui m'ont laissé des reviews, puisse ce nouveau chapitre vous plaire.
Et merci à ma soeurette Kandai pour m'avoir soufflé les idées.
Déni de justice 4
(Rhadamanthe)
La journée s'achève, finalement c'était une bonne journée. Kanon a passé l'après midi à organiser notre séjour. Je ne sais pas vraiment ce qu'il a fait mais je lui fais confiance. Et puis ça m'a laissé un peu de temps pour réaliser, enfin même maintenant je ne réalise pas vraiment ce qu'il a dit. Il me veut moi ? Un dragon moche ? Un juge des enfers même pas beau ? Pourtant ses mots me tiennent chauds.
J'ai sommeil et un peu mal aux jambes, pour une fois que je fais quelque chose ici. Pas grand-chose mais j'ai accompagné kanon à ce qu'il appelle la salle de sport. J'ai couru sur une drôle de machine. Je ne pensais pas que je manquais autant d'exercice.
Je me retourne dans le lit pour chercher mon saphir. Je le cale dans mes bras, je suis bien là. Mon général vient s'installer pour la nuit. Décidément c'est le bonheur entre mes deux dragons.
Mes yeux se ferment tout seuls, je ne vais pas tarder à m'endormir mais dans mon esprit je me demande ce qu'on fera demain.
En voyage de noce, l'idée me fait rougir. Des jeunes mariés. C'est sensé se passer comment. J'en sais rien, je ne connais pas ce monde mais je me fie à lui. Il est mon prince.
Je baille, c'est l'heure de dormir pour moi, je pose ma tête sur son épaule, sa main se pose sur ma taille et je sombre dans le sommeil.
J'ai l'impression que je viens de fermer les yeux quand kanon se dégage pour se lever. Je marmonne un peu c'est trop tôt. Je viens de m'endormir depuis quoi une heure.
« Rhada ? Mon cœur ? Il est l'heure de se réveiller »
« Il est trop tôt… »
« C'est bon dors encore un peu mais juste une demie heure »
Il s'est levé, il s'active dans la chambre sans bruit. Je me décide à me réveiller assez pour le suivre des yeux. Il range des affaires dans une caisse noire à roulette. Il prend des vêtements, des affaires de toilette. Mon esprit vient me hurler que nous partons ce matin. Je m'assois dans les draps tout à coup très excité.
Il me sourit pose un baisé sur mon front et m'envoie prendre une douche. Je fais ce qu'il me dit comme je mets les vêtements qu'il me donne. C'est étrange d'avoir les jambes nues. Je dévore le petit déjeuné pendant qu'il emporte nos affaires.
« Allé il est déjà dix heure il est temps de partir. »
« Oui ! »
Ça m'a échappé mais j'ai très envi de savoir où nous allons. Et puis ce qu'est un voyage de noce aussi. Même si je pensais qu'il fallait être marié.
Je m'approche de lui, son cosmos si chaud m'envoûte, m'enlace et je me retrouve devant un port. Décidément kanon passe son temps à se téléporter. Je suppose que c'est normal pour lui ça ne l'es pas pour moi qui suis sédentaire.
Mon regard tombe sur les bateaux, ce n'est pas ceux dont j'ai un vague souvenir. Enfin mes souvenirs, les rares que j'ai remontent à perpette. Ils sont beaux ces bateaux blancs, pour la plus pare pas de bois, certain n'ont même pas de mas. Je me demande où nous allons. Kanon me prend par le bras pour me diriger vers un des plus grands.
Ma main dans la sienne je parcours le quai mais c'est très grand, il sert à quoi ce bâtiment ? Du commerce ? Pour transporter des troupes. Il monte sur le navire avec l'agilité d'un chat et me fait l'attendre. Il sort une passerelle c'est vraiment pratique. Le sol bouge un peu, je me raccroche à sa main pour grimper. Il va vers ce qui doit être le poste de commende et m'invite à faire le tour du propriétaire.
Je n'ai jamais vu un navire aussi fantastique. Il y a une baignoire à l'arrière en plein air même si ce n'est pas vraiment pratique quand il y a d'autre bateau et puis des coussins, des matelas et une porte. Je la franchis en me tenant au montant ça bouge un peu. C'est un salon en cuir blanc, une salle à manger, il y a même la télé. J'avise le couloir et la porte suivante. J'ouvre c'est une chambre avec un grand lit comme chez Kanon sauf que c'est un peu plus petit, mais les bois précieux côtoient des tissus riche et doux, et ma peluche m'attend sur un coussin. Je jette un œil à la salle de bain, c'est une douche et une console avec des commodités séparées.
Je n'aurais jamais pensé que ce serait si magique, moi qui voyais les bateaux comme inconfortables je suis émerveillé. Je retourne explorer, un coin doit servir à préparer les repas, je trouve des boissons fraîches. Je ressorts toujours en me tenant pour voir ce qu'il fait. Il détache le navire. Un vrombissement sourd suit quand il remonte à son poste. La berge s'éloigne lentement. J'hésite, je le rejoins et je m'assois sur un siège.
On avance vers la sortie du port devant, ça bouge un peu. Ca bouge plus encore après, je regarde la rive et la mer devant immense. Mon général parait si calme, insubmersible. Un léger trouble me prend je lui dis que je descends, je fais attention en marchant à ne pas tomber. Le sol qui tangue ce n'est pas pratique.
(Kanon)
Je suis resté seul au poste de pilotage, je pousse un peu plus les moteurs sans aller trop vite. Je fais de mon mieux mais ce que je vois se lever me plait guère. Je me trompe peut être. Et merde j'avais raison. Le «bon vent » de Poséidon me revient dans les oreilles. Y a pas grand-chose à faire le bâtiment ne craint rien, j'augmente pas trop la vitesse pour l'instant.
Je sais qu'il y a une anse à quelques milles. Je vais faire escale là bas mais c'est trop petit pour rester si la mer se déchaîne. Avec mon tirant d'eau je cours à la catastrophe. Je tiens mon cap le temps d'arriver. Mon spectre est dans la cabine. C'est mieux au moins il ne voit pas les vagues. Je file jeter l'ancre provisoirement à l'abri.
Je commence à m'inquiéter depuis qu'il est descendu j'ai pas de nouvelle. Je me fais certainement du souci pour rien. Comme mes petits marinas il doit regarder la télé dans le salon en sirotant un verre.
Je descends, personne dans la pièce à vivre, je me dirige vers notre chambre. Il me semble entendre quelque chose. La pièce est vide mais la porte de la salle d'eau est ouverte. Un doute me tenaille, je ne m'attendais pas à ça. Je vois mon dragon à genoux devant les toilettes, pris de nausée. Je pensais pas que c'était possible, et ça tombe mal : je maudis Poséidon et son humour con.
Ma main se pose sur sa nuque moite. Il proteste, veux me chasser, comme si c'était honteux d'être malade. Une nouvelle vague de nausée le courbe sur la cuvette. Depuis le temps son estomac doit être vide, le fait qu'il recrache juste un peu de bille me le confirme.
« Rhada ? »
Il détourne les yeux. Je soupire.
Mon bras s'enroule autour de ses épaules pour le soutenir, le guider. Je le porte presque pour l'allonger sur le lit. Je vais farfouiller dans la trousse de secours, je ressorts une boite de cachets contre le mal de mer. Je lui en fait prendre deux, heureusement que je suis prévoyant. Je reste un moment à le surveiller. A chaque vague je sens l'état des flots nous n'allons pas pouvoir rester ici long temps. Je change l'amarrage mais ça ne durera pas, déjà nous redérivons, j'ai gagné une poignée de minutes.
Je reviens prés de mon juge c'est pas encore ça. Je repousse un peu le départ jusqu'à ce qu'une secousse ébranle le navire. J'ai plus le choix.
« Rhada il va falloir partir et la mer est démontée »
A mes mots un frisson le parcourt.
« Tu vas venir avec moi ou sur la plateforme arrière comme tu veux. Mais ici en comparaison ça ne bouge pas. »
Il se mort la lèvre, je veux pas le stresser mais j'ai pas le temps. Je nous dirige par ce que son sens de l'équilibre n'est pas terrible. Je le pose à l'arrière et je cours remonter l'ancre. Un instant après les moteurs ronronnent. J'hésite mais je le prends avec moi. J'espère que debout il sera mieux.
Je fais machine arrière puis avant pour sortir du ban de sable et de la crique. Les premières déferlantes ébranlent le navire qui danse comme un bouchon jeter à l'eau. Cette fois je prends le cap et les vagues de face et je pousse les moteurs progressivement à plein régime. Le vent commence à hurler. J'installe mon juge devant le siége du copilote, je lui pose les mais d'autorité sur la console en lui intimant l'ordre de bien se tenir. Nous prenons de la vitesse, la proue se soulève, le navire s'incline vers l'arrière sous la poussée. J'ai passé un bras sous sa taille pour le maintenir au cas ou. Le premier impact, maintenant le vaisseau va sauter de vagues en vague. J'encaisse, en bon marin la sensation me grise. C'est fort, violent comme un rodéo et infiniment jouissif.
A coté mon juge est pale, se tient et évite de regarder la mer brodée d'argent qui fait des dunes. A cette vitesse il n'y en a pas pour long. Le navire file jusqu'à la bande des 300 mètres. Là je suis contraint de baiser le régime. Le mouvement du pont change. Lui aussi il l'a senti. J'ai presque l'impression qu'il regrette la vitesse. La mer est forte je bataille ferme pour renter dans le port sans dommage enfin le quai. J'accoste, puis j'amarre, Rhadamanthe est sur le quai en même temps que moi. Il reste sur la terre ferme prés du bateau que je ferme. Les embruns salés ont remis un peu de couleur sur ses joues. Je descends pour de bon avec la valise et saphir. Mon portable coincé à l'oreille.
Notre escapade commence bien, j'enclenche un plan B. Gérer le sanctuaire, les affaires du gosse et vouloir écraser Athéna m'a donné de la ressource. Il faudrait plus que les blagues d'un dieu pour me prendre au dépourvu.
Je prends la direction du coin isolé du port où nous sommes arrivés. Un coup d'œil à ma montre m'indique quinze heure. Passe pour le repas mon compagnon n'est pas vraiment près à avaler quoique ce soit. Je l'interroge du regard pour savoir si il est prêt pour une téléportation. Il hoche la tête.
Voila nous arrivons dans la pinède au-dessus d'une plage et d'un petit complexe hôtelier. J'ai vraiment bien fait le jour où j'ai fait signer l'achat de cette île à Poséidon. Nous avançons par un petit chemin entre les buissons secs et les pins. Nous descendons par des roches plates et érodées pour atteindre la plage. Je vais voir le plagiste pour demander des matelas et j'invite mon spectre à m'attendre ici.
Seul je gagne l'hôtel que j'ai prévenu il y a quelque minute à peine. J'ai de la chance que les touristes ne soient pas encore venus envahir le lieu. J'ai pu réserver la meilleure suite de l'hôtel. Le mot est pompeux pour désigner une chambre, un salon, une salle de bain et une terrasse privée. Mais c'est confortable, je le sais pour être passé quelque fois. Je monte moi-même la valise d'où je sorts des serviettes. Le reste attendra.
Je retourne sur la plage, mon juge m'attend sagement sous le parasol. Je pose nos serviettes et je me débarrasse de mon tee-shirt comme de mes chaussures. Il fait bon, le bruit des vagues est une chanson qui ramène des coquillages salés. Pas une once de vent ici, mais l'onde qui lance son appel tentateur pour la créature marine que je suis. Je sonde mon juge qui a suivi mon regard vers l'eau. Je l'invite à se déshabiller. Est-ce qu'il ressent la même chose que moi, est ce que l'odeur du sel et des algues lui est agréable.
Je lui propose d'aller se rafraîchir. Il hésite, finalement l'attirance de la mer est trop forte. Je me glisse dans ses bras frais, je pars faire une bonne longueur vers le large. Dieu que c'est bon. Je fais demie tour vers le rivage, il n'a pas bougé. Je me coule sous la surface, l'eau est claire et brillante comme une aigue marine. Je joue dans les vagues comme un poisson, quand je remonte enfin à la surface mon regard cherche la silhouette de mon compagnon. Je ne le vois pas mon cœur se fige, puis je le trouve.
Rhadamanthe est torse nu au bord, il regarde intensément les petits cailloux et les brisures de nacre que le ressac roule sur la grève. J'abandonne ma natation pour le rejoindre. Il est si absorbé qu'il ne voit pas. Enfin ses yeux d'or croisent les miens, je tends la main pour l'inviter dans mon monde aquatique. Ses doigts touchent ma paume, il fait un pas, l'eau vient caresser ses orteils. Doucement je l'invite à avancer. Il frémit quand elle lui arrive aux cuisses, il frisonne quand elle vient lécher son ventre. Elle doit lui sembler froide. Il avance doucement, je fais attention de ne pas le presser. Soudain je le vois s'immobiliser il a de l'eau presque jusqu'aux épaules. Je souris pour l'encourager à me rejoindre.
« Kanon ? »
« Oui ? »
Je me demande ce qu'il se passe. Une vague un peu plus forte me soulève, il se raidit. Soudain je comprends, mon blondinet ne sait pas nager. Je me rapproche de lui tranquillement. Je me force à rester debout malgré mon désir de me laisser porter. Forcement qu'il ne sait pas nager, où aurait il appris, pas dans le Styx ou un autre fleuve infernal. C'est pas par ce que moi je devais savoir nager avant de marcher qu'il est comme moi. C'est pas grave il a la vie pour apprendre, la vie pour la découvrir.
(Rhadamanthe)
Ce soir on a mangé au restaurant de l'hôtel, l'air et tiède je resterais bien un moment ici à regarder les étoiles. C'est agréable, très agréable. Je me demande si elles brillent plus fort quand les chevaliers et les spectres sont vivants. Je cherche dans le ciel mais mes observations sont inutiles. Elles brillent toutes de la même intensité ou presque. Le bruit de l'eau est doux, pourtant elle est si noire qu'elle me rappelle les enfers. Je chasse cette idée sombre.
La journée c'est bien finie, je suis épuisé. Je ne pensais pas que nager soit si fatigant, pourtant tout à l'heure je ne m'en suis pas aperçu. J'entends kanon à coté de moi qui m'a suivi. Il est tard et j'ai sur moi encore le parfum de la mer.
Je remonte à sa suite dans la chambre. La valise m'attend avec ma peluche. Je vais me glisser sous l'eau de la douche. C'est tiède pour mes muscles malmenés. Je pousse un soupir de bien être. J'aurais dû commencer par là au lieu d'aller promener le long de la plage. Je prends une serviette et j'enfile mon pyjama. Enfin je vais le rejoindre. Je le pensais ici mais il n'y est pas. Je cherche sa présence, j'ouvre une porte vitrée. La brise du soir me saute au visage. Il est bien ici, il me tourne le dos. Je vois ses vêtements tomber un à un sur un fauteuil de plage. Je dégluti difficilement. Il entre dans le petit bassin de la terrasse. Kanon viens de me repérer, je rougis sous son regard. Je m'approche.
« Viens »
Venir, mon cerveau reste sans réaction mais mes jambes obéissent toutes seules. Venir… Venir prés de lui… Le rejoindre dans l'eau où il est nu. Mon dieu, sans m'en apercevoir je suis devant lui. Ses mains humides déboutonnent ma veste qui tombe à terre puis elles se glissent dans l'élastique du pantalon. Mon cœur s'emballe, le vent sur ma peau. Je rougis encore plus et je prie pour que la semi obscurité me cache. J'enjambe gauchement le rebord pour rentrer. C'est chaud, et quelque chose chatouille mon épiderme. Je m'assois dans l'eau qui me dissimule un peu. Il me faut quelques minutes pour m'habituer. Je finis par regarder kanon, qui bouge un peu. Une lumière douce gagne la terrasse, je vois un peu mieux. Il me sert un verre de boisson pétillante et s'installe contre moi. Tout à coup fasciné par mon verre je bois pour reprendre un peu d'assurance. Et maintenant ?
Je fini ma boisson et je pose le verre. J'ai un peu chaud. De l'alcool je n'y avais pas songé avant mais je suis bien. Je choisis d'aller m'appuyer contre mon général. C'est encore mieux ainsi, je regarde les étoiles la nuque contre son épaule. La fatigue, l'alcool, la chaleur je dormirais bien ici. Je soupire de contentement, je ne vois pas comment le moment pourrait être plus agréable. J'avais oublié un détail. Il m'embrasse, ses lèvres, sa langue, c'est parfait.
(Kanon)
La journée a dû être éprouvante pour mon blondinet, je le garde encore quelques minutes contre moi. Les étoiles sont belles ce soir, par reflex je cherche celles des gémeaux qui brillent d'une lumière terne. Mon jumeau n'est plus, le chevalier des gémeaux est mort et sa constellation s'est endormie. Je sonde le ciel, les étoiles maléfiques et celle de mon juge. Je suis surpris de la voir si terne elle aussi. Est-ce la faute d'Hadès ? Je repousse l'angoisse que me procure la pâleur de l'astre. Le Wyvern est bien vivant, son souffle est chaud sur ma gorge. Mon spectre s'endort. Il est sublime.
Je le soulève doucement et je le porte dans la chambre, mon cosmos nous sèche avant que je le couche dans le lit. Je m'installe à ses cotés ou plutôt je l'allonge sur moi. Ses paupières papillonnent un peu et il dort comme un bébé.
Dans les ténèbres de la chambre mon regard fixe un point invisible. Le sommeil me fuit. J'aimerais pouvoir dire que c'est son corps nu contre le mien qui m'empêche de trouver le repos mais c'est autre chose. L'éclat de l'étoile m'étreint d'une sourde angoisse, c'est idiot elle reflète que la défaite d'Hadès puisque un dieu ne peut mourir.
Finalement j'ai dû m'endormir, d'un repos lourd et sans songe. Je m'étire un peu et je me faufile hors de la couche il est encore tôt. J'attrape un peignoir et je passe à coté pour commander le petit déjeuné. J'ai à peine fini que le bruit du froissement des draps m'apprend que ma vouivre est réveillée.
Je reviens dans la chambre je me coule contre lui.
« Bonjour Honey »
« Bonjour… »
Il rougis toujours aux mots tendres, il frotte ses yeux du dos de la main. Tout en lui est si adorable, mais je ne peux pas oublier à quel point il est fort aussi. C'est un guerrier magnifique, un dragon étincelant, celui que j'ai vu en enfer. Celui que j'ai voulu avec moi.
« Le petit déjeuné arrive dans un moment »
Pour l'heure c'est plus les câlins qui sont d'actualités. J'ai retrouvé mon blondinet à demi affalé sur moi sa peluche me chatouille les narines. Je rêve de plein de matins comme celui là, demain, après demain, toujours.
La main enfouie dans le déluge de ses cheveux d'or, mon cœur déborde de tendresse.
« L'astre du jour jaloux brille,
Les vagues se jouent puériles.
La mélodie du vent chante
Au prince qui les enchante.
Réveil nacré, sable d'or
Toiles d'araignées de cristal
Écrin de cet homme qui dort
Toute sa beauté étale.
Ho sublime créature,
Mon cœur tu as fait pâture
Mais je ferai ta capture
Je veux ton âme embraser,
Tes lèvres tendres embrasser
L'or de tes yeux apprivoiser »
« C'est pas aux filles qu'on dit ces mots la ? »
« Je les dit à celui que j'aime, le reste est sans importance »
Oui je l'aime, avec son sourire timide, son regard d'or pur, le léger incarnat de ses joues. Je vole ses lèvres dans un baisé tendre il est si tentant. Ma bouche va se perdre dans le ceux de son épaule. Il soupire.
« Bien dormis ? »
« Oui merci »
On toque à la porte je vais réceptionner notre plateau. Je me décharge sur la table de nuit et je mets son thé à infuser. Je lui passe une assiette puis je remplis nos tasses. Un petit déjeuner tranquille comme en bas, les gêneurs en moins. Je savoure mon café. Mon regard s'est évadé par la fenêtre. Le ciel est terne, un peu menaçant mais il ne pleut pas, pas encore. Mon instinct de marin me dit que pour cet après midi il y aura de l'eau. Sans doute un des dernières orages avant l'été.
(Rhadamanthe)
Je finis mon thé avant qu'il ne soit froid, à coté kanon est allé sur la terrasse. Je pose ma vaisselle sur le plateau. Il rentre et me propose un footing. J'aurais préféré aller nager. C'est idiot mais hier j'ai aimé. Passé les premiers essais c'est agréable de se laisser porter par l'eau. Je m'aperçois qu'il fait un peu sombre aujourd'hui, il doit mieux savoir que moi. Je dis oui.
En sortant de l'hôtel je constate que le ciel est blanc avec un peu de gris sur l'horizon. Je marche au coté de mon dragon, c'est étrange comme chaussure mais ce n'est pas inconfortable. Il me guide vers un chemin de terre. Il doit bien connaître l'endroit.
« On y va ? »
Je hoche la tête oui, je suis prêt. Il commence assez doucement je le suis. Le temps me semble plus frais alors que l'air est moite. Progressivement je suis obligé d'allonger ma foulée pour suivre sa cadence. Je regarde autour de nous c'est beau. Il y a des arbres tout autour de nous, quelque buisson et des rochers, un peu d'herbe et des fleurs aussi.
Je cours depuis un moment avec lui, il m'indique un autre chemin.
« Tu te sens de grimper un peu ? »
Je vais pour râler que je ne suis pas une petite chose fragile mais je retiens mes mots. Il n'a pas voulu m'offenser et puis je dois bien reconnaître que je fais petite chose à ménager. Il ne reste pas beaucoup du grand juge d'Hadès. Entre dormir avec une peluche, passer mon temps dans son giron et me trouver mal il a toutes les raisons de me considérer comme une demoiselle en détresse.
Je continue sur le sentier qui tourne, et là je comprends mieux. Devant moi la roche terreuse et éboulée fait comme un escalier sauvage et inégal, couvert d'aspérité. Kanon s'élance devant avec aisance rapide, comme un cabri. Je suis moins véloce, ça grippe, à un endroit j'ai besoin de poser une main sur la pierre pour m'aider. En plus les cailloux bougent. Je fais comme je peux. Après l'escalade le chemin reste chaotique mais presque plat je force un peu l'allure mais il s'arrête. Je reste près de lui le paysage est à couper le souffle. La mer plus bas se fracasse sur les rochets coupants qui séparent deux criques. Elles font deux anses dont une coupée du monde. Les arbres penchés font les équilibristes sur la roche et encadre le paysage. C'est grandiose.
Il m'invite à reprendre notre route sauf que après monter faut redescendre de l'autre coté. Il saute d'une pierre à l'autre comme un chamois. Je suis un peu moins agile, enfin je me débrouille pas si mal pour le dernier raidillon je vais aussi vite que lui sauf que pour m'arrêter je finis dans ses bras. C'est grisant je reste quelque instant avant de repartir par la pinède. C'est plus facile plus stable on arrive au dessus de notre hébergement. Heureusement je commence à fatiguer je sais pas pourquoi. Enfin je m'assois sur un pin couché pour récupérer. J'ai des étoile devant les yeux il vient me rejoindre. Ca dure pas long temps et je peux profiter de mon gémeau, je pose la tête contre son épaule, il me presse contre lui. Je relève la tête vers son visage, pas un mot mais il m'a compris. Il prend mes lèvre c'est bon, c'est tendre je resterais bien éternellement ici.
Un grondement sourd se fait entendre, quelque chose d'humide touche ma main, je la regarde. Il pleut ? Le tonnerre éclate et l'orage tombe sur nous, l'eau est assez tiède. Je regarde le ciel, j'aime bien le contact sur mon visage. Kanon s'est levé, il me tend la main, je la prends et nous repartons au pas de course à l'hôtel. Il rit, mon cœur en rate un battement.
« J'aime la pluie »
Alors je fais une folie, je tire d'un coup sec son bras pour l'attirer à moi je l'embrasse. L'eau dans ses cheveux sur sa peau rendent notre échange magique. Lorsque je lâche ses lèvres il sourit et me garde contre son cœur. Il pleut assez fort, nous sommes déjà trempés quand il m'entraîne vers le bâtiment.
Les premiers pas dans le hall laissent des petites flaques sur notre passage. Nous retournons dans la chambre en laissant les traces de notre passage dans tout le couloir.
(Kanon)
La pluie nous a bien eu, nous sommes trempés. La première chose qui me passe par la tête en rentrant chez nous c'est lavage et séchage. Tenant mon juge par la main je vais jusqu'à la salle de bain. Je lui enlève son haut et je l'assois pour lui défaire ses chaussures. Je laisse nos vêtements dégoulinants dans la vasque et je vais ouvrir l'eau dans la cabine douche. Un bras passé autour de mon compagnon je bidouille pour trouver le bon réglage. Enfin la chaleur bienfaisante de la douche tombe sur nous. Je prends le savon par automatisme et je commence à savonner mon blondinet. Sa peau glisse sous mes doigts, malgré la taille de la cabine nos corps se frôlent. Au fils de mon savonnage mes mains descendent le long de son corps. Je repousse toutes idées érotiques, ce n'est pas le moment. Propre et rincé touts deux je coupe l'eau et me saisis des serviettes. J'en passe une autour de lui et l'autre je la roule sur mes hanches le temps de frictionner ses cheveux blonds. J'essore grossièrement ma crinière un petit coups de cosmos pour finir de nous sécher.
En ressortant de la salle de bain je regarde l'heure, je m'en doutais nous sommes un peu, même bien en retard pour le repas. J'enfile vite fait des vêtements et je lui donne de quoi se vêtir. Je me demande pourquoi il est à la traîne, pourquoi il rougit.
Enfin présentable nous redescendons au restaurant, la serveuse n'a pas l'air ravie. Elle prend nos commendes tandis que je regarde par les portes fenêtres. J'avais raison ce matin il est bien parti pour pleuvoir toute l'après midi. Je vois d'ici un bout de mer sombre brodée d'écume, temps pourri.
Nous sommes enfin servis, je suis un peu mort de faim et mon juge aussi. L'air de rien ce matin nous avons bien crapahuté. Nous dévorons le repas de concert. La cuisine ici est bonne sans être typiquement grecque, mais leur menu international est honorable. Café ou pas telle est la question, comme le programme de cet après midi. Je renonce à mon café puisque Rhadamanthe n'aime pas ça.
De retour dans la chambre je lui propose de faire une sieste. Nous nous glissons touts les deux pieds nus sur le lit, il reprend sa place dans mes bras, ma main caresse ses cheveux. C'est agréable ces moments tendres, juste câlins.
Nous restons un moment à juste nous reposer, puis il pose ses lèvres sur les miennes. Nous nous accordons sur un étrange ballet de baisés qui s'entrelacent. Je glisse dans son cou, le col de sa chemise me gène dans mes jeux. Les boutons se dégrafent un à un, ma langue goûte la peau de la jugulaire à l'épaule, puis son torse. Il est beau alangui, sa chemise ouverte lui fait un écrin immaculé. Ma bouche vient de trouver une des perles roses, elle durcit sous mon assaut alors que son corps se tend vers moi. Je me laisse aller à explorer sa peau d'albâtre. Elle si douce pour être celle d'un guerrier. J'aime le sentir frissonner sous mes mains. Ma propre chemise vient d'atterrir tel un chiffon sur le sol. Le contact de nos peaux augmente encore le désir que j'ai de lui. Comme si c'était possible de le désirer toujours plus.
Je défais son pantalon, je finis de le dévêtir. Ma bouche parcourt son ventre, ma langue vient jouer dans son nombril. Je pose une pluie de petits bisous en me dirigeant vers le triangle d'or niché entre ses cuisses. Il se cambre, je lisse de la main la délicate toison, j'en dessine les contours. Un gémissement lui échappe. Plaisir, désir, frustration les trois s'expriment en lui. Ses jambes s'écartent comme une prière, mon regard se noie dans la lumière de son regard. Je vais le contenter, ma langue viens jouer dans le plis de la cuise et remonte lentement. J'effleure le bout de son sexe, ses reins viennent se coller à mon visage. Mais je ne veux pas céder si vite, Je maintiens ses hanches, je le goûte délicatement. J'entends une plainte qu'il étouffe. Je me décide à aller m'occuper de la petite fleur rose. Il gémit et se cambre, j'accorde mon attention au pourtour. Enfin je viens l'explorer, son corps s'offre entièrement à moi. Ses mains se crispent sur mes épaules. Il est tellement réceptif, ses gémissements me font perdre la tête.
(Rhadamanthe)
Pourquoi il me fait attendre, c'est une torture. Je m'agrippe à ses épaules, je crochète ses cheveux. Mon dieu quand il se décide j'en ai un éblouissement. Je ne tiendrais pas si il continue. Il se relève sur un coude, je croise ses yeux si bleu un instant. Je sens quelque chose d'humide contre mon orifice, c'est doux, comme le doigt qu'il vient de glisser en moi. Je gémis, je me cambre un peu pour réclamer plus. Un élancement de plaisir remonte ma colonne vertébrale quand il rajoute deux autres doigts. Sa langue vient toucher le bout de mon sexe. Je n'en peux plus. Pitié je vais mourir de plaisir.
Il abandonne la torture qu'il m'inflige. Je me remets un peu mais le sentir entre mes cuisses m'électrise. Il me remonte un peu les jambes j'attends la suite. Le contact du bout de sa virilité me fait pousser un cri d'extase. Je veux la suite.
Il s'enfonce en moi, lentement, la sensation est étrange de le sentir me remplir. Ce n'est pas désagréable. Pourtant je me sens presque déçu, je pensais avoir un peu mal. Enfin comme une fille la première fois. Juste pour lui apprendre qu'il est le premier. Il bouge en moi, c'est bon je gémis, c'est à perdre la tête chaque mouvement est meilleur que le précédant. Je noue mes jambes à sa taille, je me tends à sa rencontre. La seule chose à laquelle je pense c'est encore.
Nous restons au lit pour récupérer. Mon cœur se calme un peu, j'enfouis mon visage dans son cou. C'était délicieux et pourtant je ne suis pas totalement satisfait. Je me laisse aller contre lui un moment. J'ai un peu soif et je demande à mon dragon. Il sourit et se lève. Il est vraiment beau, il y a quelque chose de sauvage dans sa façon de bouger. Il me subjugue.
Il revient avec un verre d'eau, je m'assois et je viens m'agenouiller au pied du lit devant lui. Je trempe les lèvres dans le verre c'est frais, je le vide. Il est debout à coté, je déglutis, il me donne des idées. Je lui rends le verre qu'il va reposer sur le bar. Il me tourne le dos.
J'ai encore envi de lui. Je me mords un peu la lèvre c'est osé, mais le désir qui s'est rallumé dans mon ventre est impérieux. Je me retourne à quatre pattes. Je creuse un peu mon dos. J'ai assez vu cette position pour savoir que je ne lui cache rien. Le bruit étouffé de ses pas sur la moquette, il se rapproche. Ses doigts effleurent le creux de mes reins je frisonne. Son regard il est chaud. Je me cambre plus, je m'offre d'avantage à sa vue sans aucune pudeur.
(kanon)
Je viens de reposer le récipient, je me retourne, je déglutis difficilement. Je devrais réagir normalement mais mon regard reste obnubilé par lui, par sa position. Je touche sa peau enfiévrée. A mon contact il modifie un peu sa posture. Comment peut il être aussi érotique.
« Prends moi fort »
J'ai bien entendu ? J'avale ma salive, mon regard remonte le long du dos de sa cuisse, sur ses fesses rebondies, sur son intimité qu'elles dévoilent, humide et rose. Entre ses jambes je vois son érection, il est la tentation même. Je me poste derrière lui, je le prends mais je fais attention de ne pas le blesser.
« Fais moi mal. »
C'est à peine plus qu'un murmure mais il m'inquiète. Mal ? J'hésite un peu mais je choisis de le satisfaire. Je referme mes mains sur ses hanches, je le possède en mouvements amples avec force. Pourtant je reste à l'écoute de la moindre plainte. Il gémit, se cambre, vient à ma rencontre. Les gémissements se changent en cris, je suis à la limite brutal. Je vais plus tenir longtemps, son corps se resserre sur moi à chaque vague de plaisir. Je le relève à genoux, mes doigts se referment sur son sexe, mes coups de reins le soulèvent presque. Il jouit dans un cri plus fort, l'orgasme me fauche à la suite.
Il me faut un moment pour reprendre mes sens, je le garde plaqué contre mes cuisses, J'ai le souffle court. Nos corps reste unis dans les dernières brides du plaisir qui nous a foudroyé. Enfin je le libère, je me laisse tomber sur le lit. Il vient se blottir dans mes bras, je pose un baisé sur front luisant de transpiration.
