A Manuka merci, et ne pardonne pas la muse gréviste ou elle va récidiver. Elle a gardé les banderoles du syndicat des muses en colère.

Sinon pardon pour avoir repris un classique d'Asrial et du forum Rpg yaoi.

/forum

Et Pardon à Rhadamanthe qui y perd encore des plumes.

Pensée à Kandai soeurette à qui je dois ce chapitre.


Déni de justice 6

Kanon.

Notre retour au sanctuaire sous marin c'est fait dans le calme. Une petite routine s'est installée. Une vie de couple avec ses petits riens qui illuminent une journée. Rhadamanthe semble aller bien. Son absence de cosmos se maintient. Il semble le vivre plutôt bien. Mieux que moi, il y a toujours cette impression que je ne comprends pas.

J'avoue qu'il change. Loin du petit garçon perdu, je redécouvre le juge, enfin l'homme. L'homme ce mot me fait frissonner. Je revois mon étrange rêve. Je ne comprends pas ce que mon double disait, ce que le dragon disait. Mettant les informations bout à bout, je suis arrivé à la conclusion que c'est ce que le dragon a vu. J'en conclus que c'est une sorte de réminiscence. De moi ? De l'écaille ? Du dragon des mers ?

Je range le dossier sur mon bureau. Je vais devoir remonter à la surface. Mon amant doit m'attendre. Je boucle ma serviette.

Je regrette de devoir aller à un rendez vous d'affaire, j'aurais aimé passer la journée avec lui. Je pousse la porte de notre chez nous.

Pendant notre absence j'ai fait refaire la décoration. Les tons chauds du ciel de lit, les bruissements des étoffes soyeuses, les rideaux qui dansent dans un courant d'air, tout ce confort feutré me fait soupirer de bien être. Allongé sur un coude, étendu sur le rouge sombre de la couette, il lit. Je suspends mon souffle pour profiter de la vue. Toute la chambre n'est qu'un écrin pour sa beauté. A cause des cascades de tissus qui encadrent la tête de lit il ne m'a pas vu. La moquette a étouffé le bruit de mes pas.

Je m'avance vers la couche qui dans son luxe soyeux ressemble à un tabernacle dévolu à ce jeune homme.

« Rhada, on y va ? »

Il ferme son livre, il sourit en se levant.

« Je suis prêt »

Je le vois vérifier son téléphone portable, sa carte bancaire. Je ne dis rien. Ces simples précautions me rassurent. Je l'enlace, je pose un petit bisou derrière son oreille. C'est peu et beaucoup à la fois. J'enflamme mon cosmos pour nous téléporter en centre ville d'Athènes. Je l'accompagne jusqu'au grand centre commercial. Je resterais bien, mais les affaires sont les affaires.

Je reprends ma route seul vers un bâtiment de bureau. Il me faut quelques minutes pour y arriver à pied. Je monte dans l'ascenseur, les portes de la boite métallique se referment en un chuchotis.

Je suis en avance aussi je reste devant la fenêtre un moment. Mon regard se pose sur les passants en bas. Sur ces fourmis qui courent en une grande débâcle. J'ai pour eux le mépris de celui qui n'est pas des leur. Pauvre et pathétique humanité chétive qui vit courbée par le poids d'une chimère. Je devrais avoir pitié, mais non. Elle m'indiffère. Je me suis rarement senti aussi détaché qu'aujourd'hui.

Mon rêve m'a laissé un goût doux amer qui a modifié ma vue. Je n'ai jamais eut l'impression d'être aussi différent d'eux.

L'heure de mon rendez-vous, je m'ébroue en sortant de mes pensées.


Rhadamanthe

Seul je parcours la galerie marchande. Je vais au hasard, je n'ai rien de précis à faire. J'ai besoin de rien Kanon pourvoit à tout, tout et même le superflu. J'entre dans un café, je m'assois un peu à l'écart. Je lis sans vraiment le voir le gros titre d'un journal. Ai-je besoin de quelque chose, pour moi ou la chambre. Quand j'ai retrouvé notre chambre il m'a fallu un instant pour la reconnaître. Les vieux ors, les tissus éclatants de chaleur et de lumière, c'est tout un décor des mille et une nuit. Tout a été réaménagé, des livres en plus sont apparus, comme un profond fauteuil pour lire. Une chambre de reine, j'ai un peu de mal à me faire à tout ce luxe. Alors penser qu'il manque quelque chose est impossible.

Ma consommation terminée je choisis d'aller au cinéma. Le film n'est pas vraiment bon mais il me fait passer le temps. Au générique de fin je m'étire. Le flot de la foule m'abandonne vers un restaurant, c'est un peu triste de manger seul. Je regarde les gens passer. Et après ? Un coup d'œil à mon portable il doit encore travailler.

Je reprends la galerie, je passe par les boutiques. Je choisi au hasard une chemise crème que la vendeuse met dans un sac. Je continu par un autre rayon, lingerie pourquoi pas. Je passe entre les présentoirs. Il y a des boxers comme kanon m'a choisi, des shorts larges. Je suis l'allée, je tombe devant quelque chose d'incongru. Je prends l'article dans mes mains pour l'examiner. C'est un sous-vêtement ce… ce quoi d'ailleurs. Entre le montage de ficelles et le tout petit triangle de tissus je reste dubitatif.

Mon regard accroche un mannequin tronqué qui présente le même article. C'est vraiment très minimaliste. Je regarde l'étiquette, je compare avec un boxer que je prends sur l'étagère. Ça s'appelle un string. Je repose le produit, c'est un peu trop petit pour moi.

L'esprit un peu étonné de ma découverte je passe à une autre boutique. Puis encore une autre. Mon grec m'a proposé d'aller me faire chouchouter au salon de beauté. Je pousse la porte, un jeune homme m'invite à m'installer. Je prends la carte des prestations. J'ai beaucoup de temps à tuer alors je réfléchis. Je me ferais bien refaire les ongles mais c'est trop rapide. J'opte pour un massage je compte rapidement que je vais rester deux heures alors c'est parfait.

En entrant dans la pièce de soins, je me dis que je fais peut être une bêtise. La personne devant moi m'invite à me déshabiller. Mon sourire se crispe. J'enlève mes chaussures, ma chemise, je ralentis un peu pour le pantalon. Finalement c'est en boxer que je me tourne vers mon masseur. Je ne peux pas faire plus. Il m'indique une sorte de lit ou de table c'est entre les deux, je m'installe sur le ventre. Le première contact avec sa main me gène. Je m'efforce de penser à autre chose. Ce n'est pas désagréable, mais c'est étrange. Je me détends peu à peu. Finalement je me sens bien. Je m'endormirais presque, je ne vois pas le temps passer. Le massage fini j'ai l'impression d'être sur un petit nuage, je me rhabille pour rejoindre l'autre pièce. J'abandonne mes mains à l'homme en face de moi, dans un état second, je rêvasse. Un bip me ramène sur terre, l'alarme de me portable, je suis en retard.

Dés la porte du salon franchie, je cours dans les allés. Je me faufile entre les gens, j'escalade les escaliers mécaniques. J'esquive des promeneurs. Enfin j'arrive, et bien sûr il m'attend. Je suis obligé de prendre quelques instants pour retrouver mon souffle. Kanon me décharge de mon sac, je fais de mon mieux pour apaiser ma respiration trop rapide.

« Tu es en retard Darling »

Oui ça j'avais remarqué, sinon j'aurais pas couru. Son ton est un peu amusé, moqueur.

« J'ai presque envi de sévir »

Ces mots ont du mal à arriver jusqu'à mon cerveau. Mes joues me brûlent. J'ai peur d'avoir mal compris. Heureusement il n'a pas l'air sérieux, même si il me met mal à l'aise. Il prend mon bras pour me guider après quelque pas il me demande si je veux passer la soirée à la surface. J'aurais bien aimé mais tout à coup je me sens vidé. Le petit mal de tête de ce matin me vrille les tympans. Il vaut mieux rentrer.


Kanon

Je passe par mon bureau pour y jeter un dossier. La surface me déplaît de plus en plus. Enfin je dirais que c'est mes activités chez les humains qui me lassent. Je me sers un verre, la porte sur la chambre est ouverte. Pas un bruit ne filtre, pas plus que de la lumière. Planté devant la porte fenêtre j'embrasse le domaine des yeux. Je savoure l'alcool sur ma langue. J'ai bien mérité un peu de répit. Enfin demain je reste sous l'eau.

Je pensais que Rhadamanthe viendrait me rejoindre, mais il avait l'air fatigué. Je repose mon verre vide. Je vais sur la pointe des pieds dans notre chambre. Il fait sombre, je cherche où il est.

« Rhada ? »

Un murmure me répond mais si bas que je l'entends à peine. Surpris je m'approche de la forme dans le lit.

« Tout va bien ? »

« Oui j'ai juste mal au crâne »

C'est pas grave en soit. Je passe par la salle de bain, je prends un cachet dans une boite. Je fais couler un verre d'eau. Mon regard tombe sur mon reflet, j'ai comme un vertige, mes mains se posent sur le lavabo. Mon malaise ne dure pas, mais j'ai l'impression d'oublier quelque chose d'important.

Est-ce que comme Saga je fais un dédoublement de personnalité. Mes cheveux sont bleus, mon regard est normal. Sauf qu'une fraction de seconde dans le miroir j'ai cru voir un inconnu. Je me passe un peu d'eau sur le visage. Saga est mon jumeau, souffrir de la même tare n'aurait rien d'anormal. Enfin c'est peut être ma journée qui me fait dérailler, je dois être fatigué c'est tout.

Je regagne la chambre mon verre à la main. Je le donne à mon juge qui le boit pendant que je me débarrasse de mes vêtements. Je me glisse sous les draps de mon coté du lit, je m'installe près de lui redressé sur un coude. A travers l'obscurité je devine les traits de son visage, je pose ma main sur sa joue. Elle remonte sur son front, mon cosmos éclaire un peu la pièce. Je fais de mon mieux pour apaiser la douleur. Un soupir me répond, je continue à lui prodiguer mon énergie jusqu'à ce qu'il s'endorme.

Je finis par somnoler un peu moi aussi, mais l'incident du miroir est trop présent pour vraiment m'endormir.


Rhadamanthe

Les jours s'écoulent tranquillement, j'apprécie de plus en plus le confort de notre chambre. Je sais que kanon fait de son mieux pour que je sois bien installé. J'aime beaucoup ce sanctuaire, tout est si calme. Calme si j'occulte le travail du dragon.

Ce matin je m'ennuie un peu, je range un livre et je vais me changer. La salle de sport n'est pas loin et j'ai besoin de faire un peu d'exercice. Je n'aurais jamais pensé qu'être oisif était si difficile. Les enfers sont d'une continuelle effervescence, je n'ai jamais connu une tranquillité pareille.

Ici je suis un peu comme une femme au foyer qui attend le retour de son homme. Enfin je dois être honnête, je suis incapable de faire une tache ménagère, je n'imagine même pas de pouvoir faire un repas.

Tout à mes pensées, j'ouvre la porte de salle de sport. Il y a déjà quelqu'un. J'hésite à rentrer, c'est un marina. Sorrente qui court sur une machine. Je vais vers un vélo silencieusement, je m'installe et je commence à pédaler. Pas trop vite, je suis ici pour tuer le temps, pas pour vraiment m'entraîner. Je me demande si sans mon cosmos ça change vraiment. J'augmente la vitesse, normalement je dois pouvoir tenir sans m'essouffler. J'insiste, je force un peu, sans doute trop. Au bout du compte j'ai un point de coté et le souffle coupé. Je n'aurais pas dû forcer. Je quitte le vélo les jambes chancelantes. Je vais m'asseoir sur un siège. Je regarde le marina continuer sa course avec envie.

Je prends une bouteille d'eau dans le mini bar, j'ai besoin de me désaltérer. Même si l'eau ne fera pas passer le goût amer que j'ai dans la bouche. Il y a peu j'étais aussi fort que lui et même bien plus j'étais à force presque égale avec Kanon et aujourd'hui je suis incapable de rivaliser avec un simple général.

Je ferme les yeux, j'appuie ma tête contre le mur. La vie est injuste, mais je serais de mauvaise foi en me plaignant. Entre mourir encore et vivre ici, le choix est vite fait. J'ai même de la chance.

Le bruit du tapis de course se tait, à travers mes paupières mi closes je surveille Sorrente. Il est jeune, il fait partie de ces marinas arrivés enfants au domaine. Un de ceux sur qui Kanon a veillé. Un de ceux qui doivent le connaître. Assez en tout cas pour renter dans son bureau sans frapper. Je fais taire ma jalousie. Ce n'est pas sa faute si c'est un des protégés de mon général.

Il vient s'asseoir à son tour, le silence s'installe.

« Tu vas bien ? »

C'est moi qu'il tutoie, le domaine à un manque de hiérarchie et de protocole étrange. Mais c'est son mode de fonctionnement. Le jour où j'ai interrogé Kanon sur la familiarité entre marinas, il m'a répondu qu'en vivant à sept généraux il avaient pas besoin de hiérarchie ou de tralala. Je sais pas pourquoi ils sont si peu sept, contre quatre-vingt huit chez Athéna et cent huit chez moi.

« Oui merci. »

« Kanon n'est pas avec toi. »

« Non il travaille »

« Et alors ? Je ne vois pas le problème, il suffisait de le sortir de son bureau. »

Quelque chose m'échappe vraiment dans le fonctionnement du sanctuaire sous marin.

« Pardon ? »

« Pourquoi tu l'as pas sorti de sa paperasse ? Quand on était petit on venait tous le déranger. »

Mon cœur se serre, il connaît kanon mieux que moi. Ça fait mal, mais c'est normal. J'ai envie d'en savoir plus. Savoir comment il était plus jeune.

« Je voulais pas le fâcher »

« Fâcher Kanon ! »

Mon interlocuteur rit, je me demande en quoi c'est drôle.

« Kanon se fâche presque jamais, Et pourtant on lui en a fait voir des vertes et des pas mures. Mais c'était si drôle de mettre des algues dans ses papiers, ou de l'eau dans ses tiroirs. Il nous grondait un peu, et puis quand on faisait des vrais bêtises il était toujours là pour nous expliquer pourquoi il fallait pas recommencer. C'était le grand frère idéal. Il a une patience d'ange. »

J'ai du mal à croire ce que j'entends, même si je dois admettre que kanon a été plutôt patient avec moi.

« Vraiment ? »

« Je crois qu'il y a que Isaak qui l'ait mis vraiment en colère. Mais kanon aime la mer et il avait raison d'être furieux. Et puis Isaak n'écoutait rien. C'est le dernier arrivé chez nous. »

« Il avait fait quoi ? »

« C'est le kraken, comme dans le mythe il coulait tout les bateaux sur les quels il sentait un cœur pas pur. Et en cette époque ça fait beaucoup, il a fini sa série de naufrage avec un pétrolier et un sous marin nucléaire. »

« Je comprends pas bien. »

« Fallait voir la tête de kanon, il avait pollué son océan et pas de deux débris de bois. Je dois dire qu'il avait raison. C'est la seule fois ou je l'ai vu en colère. Et puis Isaak à treize ans quand il est arrivé était infect et imbu de lui-même. »

« Il l'a pas démoli. »

Il lui semblait pas que son général ait tué un de ses hommes, mais ses informations étaient peut être fausses. En plus il n'avait pas vraiment fait espionner le domaine sous marin.

« Non, mais il a réussi à le faire sortir de ses gonds, il peut se venter d'être le seul à avoir reçu une fessée de kanon. »

Si visiblement ça amuse Sorrente, je sens mes joues rougir. Je fais de mon mieux pour penser à autre chose. Je me focalise sur ce que je lis entre les lignes. Je sens l'affection de la sirène pour son grand frère idéal, et même une sorte de béguin. Je serais bien jaloux, mais il n'y a pas de raison.


Kanon

Cette nuit encore je me réveille en sursaut il y a ce quelque chose que je ne définis pas en moi. Quelque chose qui m'alerte, mais de quoi. Je me retourne dans le lit, je regarde mon blondinet qui dort du sommeil du juste. Je passe doucement mes doigts dans ses cheveux. Il est épuisé mon mignon, c'est normal puis qu'il est allé faire du sport.

Il bouge un peu et vient contre moi, il marmonne quelques mots que je ne comprends pas. Je souris. Le sommeil vient me cherche pendant que je caresse ses mèches blondes.

Je me réveille un peu plus tard que d'habitude, Mes premiers mouvements font émerger mon juge. Il me rend un regard embué de sommeil. Je l'embrasse par réflexe. C'est bon la vie de couple, je reste à jouir de sa chaleur encore quelques minutes. Quelques minutes pour oublier que je vais monter à la surface. Heureusement c'est pour des formalités qui me prendront juste quelques heures.

Je me lève, vais chercher le petit déjeuné dans la cuisine. Le temps de tout préparer et de revenir le lit est vide. Je pose le plateau et je prends mon café allongé sur les draps défait. Au bout de quelques instants je vois sa tête blonde réapparaître, il est déjà habillé. Il prends sa tasse se bourrine dans mes bras. Mais il faut que moi aussi j'aille me faire présentable. Je repose ma tasse et je vais prendre la salle de bain où flotte encore son odeur. Une douche, un démêlage de crinière et je suis d'attaque. Peut être le fait qu'il remonte avec moi me donne un peu plus d'allant. Je prépare mes affaires en sifflotant, je colle un baisé sur ses lèvres. Je nous ferais bien retomber sur la couche de soie pour l'aimer mais ce n'est pas le moment.

Puisque nous sommes prêt je nous amène à la zone commerciale. Je sais que Rhadamanthe s'occupera jusqu'à mon retour. Je pose un bisous sur sa joue et je file vaquer à mes obligations. Plus vite j'en aurais fini, plus vite je le retrouverais.


Rhadamanthe

Retour chez les humains, je me demande ce que je vais faire aujourd'hui. Je n'ai pas vraiment besoin de faire les boutiques. J'opte pour mon salon de beauté. Je vais me faire chouchouter. Je ne sais pas ce que je vais demander mais je verrais bien sur place.

Il y a du monde ce matin, je vais m'asseoir dans le coté d'attente. Je prend un magasine que je feuillette. Je passe sur les articles sans intérêt et je prends un deuxième livret, aux premières pages je tombe sur le spécial lingerie masculine. Il y a un peu de tout mais je reste en arrêt devant le micro triangle de tissus. J'ai déjà vu des strings, je me demandais comment tout pouvait tenir sous si peu. Sur les mannequins c'est possible. Puis ce qui me choque c'est le coté imberbe. Ils sont très beau c'est homme objet mais définitivement lisse.

Je saisi mieux le regard de mon masseur. A coté je ressemble à un ours jaune. Ils font comment, j'ai entendu le mot épilation. C'est peut être une idée. Le jeune homme qui s'occupe toujours de moi vient me saluer. Je pose le bouquin. Je me décide, kanon devrait aimer.

« Je voudrais… une épilation. »

Devant moi il sourit et me guide vers une des petites salles. J'enlève mes vêtements, je regarde mon reflet dans la glace. Moi j'ai des poils partout. Il me demande si je veux une complète, vu le chantier, j'ai plus qu'à dire oui. Je m'installe en caleçon sur la table. Il sourit et me regarde.

« Je pense cependant qu'il faut pas toucher au visage, votre ami y semble opposé. »

Comment il sait ça je l'ignore, il me fait croiser les bras derrière la tête, il a une sorte de spatule dans la main. Il la passe sur mon aisselle, c'est un peu chaud. Il recommence de l'autre coté, puis il vient toucher la substance qui est devenue solide. Aie, ça fait mal, ça brûle, sa main est froide sur ma peau, elle me soulage un peu. Il recommence avec l'autre dessous de bras. Ce n'est pas une partie de plaisir. Il change d'endroit il passe sur mon torse, le procédé est différant. C'est toujours douloureux mais je serre les dents. Je me mets sur le ventre pour qu'il s'occupe du dos.

« Ça va ? »

Je réponds oui, il peut continuer. Le dos m'arrache des larmes, si il n'y avait pas la pose massage avec de l'huile j'abandonnerais. C'est le tour des jambes dessus, dessous, sur les cotés. Être beau ça se mérite, mais quelle torture. Il doit le savoir puisqu'il fait une pose de quelques minutes où je reste seul. Il me demande retirer mon sous vêtement. Je suis irrémédiablement stupide, je n'avais pas songé à ce détail. Je rougis mais j'obéis. La il me pose la question dont j'ai pas la réponse je veux quoi. Juste le minimum, un ticket de métro, je ne sais même pas ce dont il parle. Ou tout. Je pense au mini triangle du string tout, me semble plus approprié.

La séance reprend c'est encore plus douloureux, pourtant il y va par petites touches. Je me sens affreusement mal nu devant ce demi inconnu qui me touche. J'évite son regard, entre la gêne et la douleur je ne sais pas ce qui est le pire. J'écarte docilement les cuisses, mes doigts agrippent le rebord de la table et le serre à chaque arrachage. Qu'est ce que j'ai fait.

Quand mon supplice prend fin je suis épuisé, ma pudeur est un vieux souvenir comme ma pilosité. Je reste seul le temps de me revêtir. Je risque un coup d'œil au miroir. Je suis totalement lisse et tout rouge. Je repasse mes vêtements. Mon praticien m'attend pour ma manucure comme à chaque visite. Il est gentil, si il veut me faire oublier qu'il m'a vu dans une position qui choque ma pudeur, il fait bien.

Je ne sais pas combien de temps j'ai passé dans le salon mais quand j'en sors je suis un peu déboussolé. Je reprends pied dans la réalité devant le magasin de lingerie. Puisque y a plus rien qui dépasse autant essayer leur sous vêtement minimaliste. Je retrouve le rayon sans encombre. Je regarde les modèles je prends un noir classique mais un peu transparent. Je vais me diriger vers la caisse quand un autre modèle me saute aux yeux. Je regarde les ficelles sans vraiment comprendre, c'est aussi un string ce truc ? Je ne veux pas savoir, je prends et je verrais à la maison. J'arrive pour payer le regard de la caissière me fait rougir, elle sourit, tente quelques mots, je bafouille.

Kanon m'a donné rendez-vous à l'autre bout de la zone commerciale, il est plus que temps d'y aller. Je sorts de la galerie et je me dirige au jugé entre les grandes enseignes. Je ne les connais pas mais j'aurais le temps de visiter plus tard. J'arrive à un bloc de commerce, le dernier. Je passe par la boutique de décoration puisque finalement je suis en avance. Il n' y a rien qui m'attire à coté c'est des boutiques de chaussures et de literie. Finalement je vois une autre enseigne Planète X, je me souviens qu'il m'a mentionné un planète quelque chose qui fait des dvd. Puisque j'ai le temps je grimpe l'escalier devant.


Kanon

J'ai fini plus vite que prévu, ou plutôt j'ai bouclé mes affaires au pas de course. Je me dirige vers le lieux de rendez vous. Il est à mi chemin entre le centre commercial et la zone de bureaux. Je vois au loin mon blondinet qui ne m'a pas vu. Il entre dans un passage. Je le suis, mais je ne pourrais pas le rejoindre avant qu'il entre. Et puis je dois avouer que je me demande ce qu'il va faire dans un sex-shop.

Je monte les marches à mon tour, je cherche mon juge des yeux. Je le trouve dubitatif devant une vitrine. Un sourire monte à mes lèvres.

« Coucou Honey ? »

Il sursaute, ma présence serait-elle pas la bienvenue. Ma vouivre aurait voulu s'encanailler. Au fond c'est un peu ma faute, non c'est ma faute. Je le néglige. Quand je reste avec lui on partage de la tendresse, de l'amour, mais je ne l'ai pas touché réellement depuis nos vacances. C'est vrai aussi que pour moi le sexe n'est pas primordial, pas avec lui. Je pensais qu'éviter ce genre de rapport lui permettrait de se reconstruire. Je croyais avoir raison, il a repris du poil de la bête, il est plus indépendant, plus libre. Peut être que le sex-shop fait partie de son rétablissement.

« Je suis en retard ? »

« Non, non, je suis en avance. Tu fais quoi ici ?»

« Je t'attendais, mais comme j'avais du temps je suis entré. »

Son regard repart sur différents objets. Pas une rougeur, décidément si je ne m'attendais à ça.

« C'est quoi ? »

Je suis ses yeux pour voir ce qui a attiré son attention. Non je ne m'étais pas tant trompé. Enfin j'ai la sensation qu'il ne sait pas vraiment où il a posé le pied.

« C'est un stimulateur, un jouer pour adulte. »

« Et c'est pour stimuler quoi ? »

Je retiens un fou rire. Mon juge est parfois trop innocent, même si il connaît ses bases l'érotisme n'est pas sa tasse à thé. D'un autre coté l'appareil tarabiscoté qui ressemble de très loin à un escargot peut prêter à confusion.

« Mon chéri c'est un sex-shop, donc c'est pour stimuler le plaisir. »

Je vois son visage passer à l'écarlate. Il est vraiment trop mignon. Et il me donne des idées.

« Puisque nous sommes ici autant faire des emplettes. »

Je ne pensais pas qu'il puisse rougir d'avantage mais il concurrence les poissons rouges de Poséidon. Il ne dit rien et détourne pudiquement les yeux. Je parcours les présentoirs du regard. Je me demande quoi choisir. Mon choix se porte sur un petit vibromasseur, après tout mon spectre est presque vierge. Je vadrouille un peu et attrape une petite boulle de geisha, plus loin il y a des canards. L'idée est amusante mais il manquerait plus que mon divin gosse me le pique en le prenant pour un jouet de bain. Ce serait tout à fait son genre. Je reporte mon attention sur mon compagnon qui est resté vers une vitrine qu'il doit penser plus sage. L'étalage de gode translucide en verre ou plastique me fait sourire.

« C'est quoi ? On dirait un bouton de manchette en plus gros. »

Décidément faut que je sois maso pour retenir mon fou rire. Pourtant je le cache au mieux mais je rajoute l'objet à mes achats. Pour le mode d'emplois je lui donnerais en privé. Je passe à la caisse et je ressors avec mon juge.

Ce petit intermède crapuleux vient de réveiller ma libido, je rentrerais bien mais je ne veux pas lui donner l'impression de le forcer à rentrer pour lui sauter dessus.

« Tu as prévu d'aller ailleurs ? »

Il me répond non, mais qu'il aimerait renter. C'est le jour de chance des dragons ? Je ne vais pas critiquer. Je lui tends la main il n'y a personne dans l'escalier de sortie et pas de caméra.

« Votre dragon taxi est avancé. »

Il pose ses doigts dans ma paume et je nous ramène dans le bureau. Je l'attire à moi, je soude nos lèvres pour un long baisé. C'est si parfait. Ma langue va jouer dans sa bouche, elle caresse la sienne.

Au Secoursss !

Je trésaille et merde c'est quoi encore. Je relâche ma vouivre.

« Désolé je vais voir. »

Je m'élance vers l'appel, c'est la voix du casse pied des sept mers. Je parcours la moitié du palais pour le rejoindre. J'arrive enfin et je reste scotché sur place. Il y a un assemblage de tubes métalliques qui monte dans le ciel. Cette sorte de charpente mouvante semble danser sous une main invisible. Je regarde mon dieu.

« Mais aide moi ! »

L'aider à faire quoi ? Je suis sensé tenir ce truc comment ? J'attrape un bout et fait de mon mieux pour stabiliser la chose.

« Mais c'est quoi ? »

« Le progrès dragon, le sanctuaire rentre dans l'ère du développement durable. J'ai nommé la géothermie. »

La géothermie ? C'est des tubes ou tuyaux dans le sol pour récupérer la chaleur de la terre non ? Alors pourquoi j'ai des tuyaux qui montent vers la surface de l'eau ? C'est pas sensé être le contraire.

« Je comprends pas bien là ? »

« J'ai perfectionné le système et je l'ai modifié pour chez nous. Les tubes passent à la surface de l'eau pour récupérer la chaleur de l'eau chauffée par le soleil. »

Quoi, comment ? Des tubes jusqu'à la surface ?

« Ça fonctionnerait très bien si toute cette bande d'idiots rétrogrades évitait mes installations. »

« Vous avez tiré des tuyaux jusqu'à la surface ? »

« C'est ce que j'ai dit mon dragon, la vie de couple te rend dur de la feuille. »

« Laissez ma vie de couple où elle est. »

« Mais pourquoi les poissons regardent pas devant eux ? »

Je suis abasourdi, c'est vraiment les mêmes gènes qu'Athéna. A moins qu'il fasse exprès pour me faire enrager. Une secousse plus forte disloque le dispositif, je saute de coté pour éviter un bout de métal.

« Saleté de navigateur à la manque, je vais vous apprendre moi à démolir mon œuvre ! »

Je vais perdre mon calme, je ne dois pas, non c'est impossible.

« Vous avez pas réfléchi un instant qu'il a des gens et des animaux qui passent au dessus ? »

Le reste du montage s'écroule dans un bruit de casseroles et de marbre brisé. Des bouts de fer tombent un peu partout.

« Mon œuvre !»

« Votre œuvre hein ? »

J'en peux plus, je craque, j'attrape le premier tuyau qui passe à ma porté.

« Vous allez pouvoir en profiter, et même en faire partie intégrante »

Oui je vois rouge et alors. Mon cosmos flambe, je vais la lui donner sa ferraille. Après mon coup de colère je laisse un dieu œuvre d'art ferrique, emmailloté dans un nid de tube d'acier. Je regagne mon bureau d'un pas rageur. La voix de Poséidon m'accompagne.

« Kanon t'es sûr que c'est mieux ainsi ? »

Je hurle ma réponse.

« Oui c'est de l'art graphique, ne bougeait plus vous allez défaire ma création. »

La porte se referme sur moi, je respire. Par tous les dieux je meurs d'envie de le refoutre dans son urne. Enfin pour l'instant il est dans ma sculpture.


Rhadamanthe

Kanon met fin à notre baisé, il faudrait que je sois sourd pour ne pas entendre le cri de son dieu. Je reste seul un instant dans son bureau puis je rentre dans notre chambre. Je ne sais pas pour combien de temps il en a. Je m'étire, l'océan de coussins me fait de l'œil pourtant j'ai besoin d'aller me laver. Mes pas me portent vers la salle d'eau, je remplis la baignoire. Un nouveau cadeau de kanon, une très grande baignoire qui fait des bulles, masse le dos et s'éclaire de plusieurs couleurs. Le robinet a changé aussi. C'est une sorte de mini cascade qui la remplit.

Je fais couler l'eau pendant que je me déshabille. Je sors de ma poche les deux minis triangles de tissus.

Enfin dans mon bain je ferme les yeux, j'aime le contact bouillonnant qui me chatouille. Je fais vite ma toilette pour me débarrasser des résidus d'épilation. Puis je profite du massage sur mon dos. Quand je me sens assez détendu je sors.

Je me sèche, je regarde le résultat de ma torture sur mon corps. C'est troublant, je prend le plus couvrant de mes deux achats c'est pas mal. Je me sens un peu nu avec si peu de tissus. Finalement je vais chercher un de mes shorts noirs, je range les strings dans le placard et j'enfile un pyjama.

Cette fois le lit me tend les bras. Je m'affale dessus, je me noie dans mes coussins. Depuis que je suis ici j'ai l'impression de développer des gènes de chat. Je fais mon trou dans la couche, je prends un livre sur ma table de nuit. Je ronronnerais presque.