NDA Voila un nouveau chapitre encore très en retard, enfin juste d'un mois. Merci à celles qui me motivent à avancer. Plus qu'un chapitre enfin presque.
Bonne année 2011
Déni de justice 8
Le retour dans la chambre me mets les nerfs à vif. Chaque frôlement de sa main me fait trembler de la tête aux pieds. C'est délicieux et atroce, comme la sensation entre mes cuisses. La porte à peine refermée, je lui vole un baisé, dans ma fougue j'ai même pas réalisé que je l'ai plaqué contre le panneau de bois. Je brûle, mes vêtements m'étouffent, mon pantalon me serre. Ma respiration est haletante quand je lâche ses lèvres. Je le veux là, tout de suite. J'en ai les jambes qui flageolent. Je me presse contre lui, je me frotte contre sa hanche. Je soude mes lèvres aux siennes. Qu'il vienne.
Dring !
Quoi dring ? Il me repousse un peu mais reprend notre baisé.
Et dring dring dring dring encore dring.
Saleté de dring. Mon marina me repousse.
« Un instant trésor »
Je hais le téléphone. C'est quoi cette invention tellement infernal qu'on l'a banni du royaume souterrain.
Je m'attends à rester seul un moment sauf qu'il y a un bruit incongru et un fauve marin qui me saute dessus. Je reprends où on en était. Mes reins se cambrent, je me frotte à lui. On marche comme des ivrognes en titubant. Je tombe sur le ventre le nez dans le dessus de lit. Un grognement m'échappe, ses mains retrouvent mon corps. Instinctivement je me relève sur les genoux, à quatre pattes je creuse le dos. Je devrais rougir de me conduire comme une chatte en chaleur. Mes doigts fébriles s'attaquent aux boutons de mon pantalon. Le contact du tissu qui glisse contre mon érection me fait me mordre les lèvres.
« Prends moi. »
Je n'ai pas d'autre mot pour transcrire l'urgence qui me dévore la peau. Sa main qui passe dans la ficelle du string m'arrache une plainte, ses doigts qui viennent me libérer du jouet me font frémir. C'est pire qu'une violente fièvre, je n'ai jamais connu un désir aussi violent. L'objet qui me torturait m'inflige un dernier tourment en quittant mon corps.
Kanon
Qu'il est beau, que je l'aime, le voir se torde de désir me mets dans tout mes états. Ma raison me dit d'attendre mais son mal est contagieux. Mon corps à ses propres lois. Le libérer du plug me torture autant que lui.
« Prends moi. »
Comment je peux résister à des mots si doux, mon reste de raison fout le camp. Je déchire plus que j'ôte mon vêtement. Je ne peux pas attendre. Pas plus que lui. Je m'enfonce dans son corps si chaud si accueillant, si parfait. C'est si bon de le sentir autour de moi. Nos bas instincts ont pris le relais, je le possède avec force, avec amour, avec passion, avec déraison. Ses cris, ses spasmes, son plaisir, mon plaisir c'est à ça que le monde se résume. Dans un dernier mugissement commun nous assouvissons cette faim qui nous tenaille.
Je me laisse tomber à coté de lui, qu'importent nos vêtements froissés et déchirés, son string de travers ou le plug qui a échoué sur le tapis. Il nous faut quelques minutes pour reprendre nos sens et remettre le couvert. Avec douceur nos mains glisses sur la moiteur de nos peaux. Nos bouches se cherche se trouvent, se quittent pour se retrouver. Nos membres à peine plus apaisés se frottent. Je frémis devant son regard brillant de volupté. Son ventre souillé des nos exploits est un appel à la chair irrésistible comme ses cuisses écartées qui me dévoilent ses trésors. Je viens me noyer une fois encore dans ce fourreau chaud et humide. Mes reins entament un long mouvement de vas et vient, c'est différent mais c'est délicieux. Délicieux comme de sentir l'orgasme revenir doucement vers nous. Je le quitte pour le reprendre encore et encore. Je serre les dents, je veux prolonger ce moment qui sera toujours trop court. Le sentir se répandre entre nos ventres, a raison de ma résistance. Je jouis en réponse.
Souillés, repus et apaisés quand je le libère enfin je contemple le liquide qui s'échappe de son corps comme celui qui le macule. Je nettoie de ma langue chaque goûte de nos semences sur son corps.
Je me réfrène pour ne pas recommencer encore à faire renaître notre désir. Je m'installe contre lui, je caresse son visage. Aujourd'hui est à nous comme toute la vie.
Rhadamanthe
Je m'étire dans le lit, encore un matin comme les autres. Derrières mes paupières clauses j'imagine kanon, il n'est pas loin. J'ouvre les yeux pour vérifier j'avais raison. Sa main se perd dans ma chevelure. Il m'adresse quelques mots. Des tendres comme touts les jours sauf qu'aujourd'hui c'est différent. Je grimace intérieurement, je sais il faut que je me lève. Je n'ai pas vraiment le choix.
Je me maudis d'avoir encore fait un petit malaise ces derniers jours, pourtant ce n'est pas grand-chose j'ai juste un peu forcé. Ce n'est pas bien grave. Je soupire car lui ne pense pas la même chose.
Je me laisse habiller les yeux encore lourds de sommeil. Je resterais bien là au chaud dans le lit avec lui. Je fais une approche dans ce sens qui nous fait tomber touts deux dans les draps. Mes lèvres partent à la recherche des siennes. Il répond à mon baisé mais y met fin trop vite à mon goût.
« On va être en retard »
« Et alors ? Si on restait là ? »
« Pas question trésor. Je te ferais tout les câlins que tu voudras ce soir. »
Ce soir, comme c'est loin. Loin après une journée de torture. Il me force à me lever et finit de me vêtir. Je ne veux pas y aller. Je vais bien. Pourtant je suis obligé de me laisser faire. J'ai promis.
Le hall de la clinique me fait froncer les sourcils. Je n'aime pas cet endroit, en plus il va me laisser. Dans la salle d'attente je garde sa main dans la mienne comme dans le bureau du médecin. Et c'est reparti pour un questionnaire sans intérêt et une liste interminable d'examen.
Je prends mon mal en patience mais que je déteste ce lieu et touts ces gens. Mon seul désir est de fuir vite chez nous. Les heures se passent trimbaler d'un coin à l'autre sur une chaise roulante comme si j'étais invalide. Je compte même plus le nombre de mains qui me touchent, le nombre d'actes médicaux inutiles. Quand enfin j'ai fait le tour de la liste des desideratas du docteur la journée a passé. Une journée foutue.
Je regagne le petit bureau, journée foutue, non parce qu'il est là a m'attendre. Dans ce réduit il passe un bras autour de mes épaules. Je suis las, je voudrais me blottir dans ses bras. Encore quelques minutes de discussion et enfin ma délivrance.
Mon premier geste en rentrant est de me jeter sur kanon, de me griser de son parfum. J'ai bien l'intention de réclamer tout mon soul de câlin, caresse et mots d'amour.
Kanon
Allongé dans le noir je regarde sans le voir le plafond. Mon dragon s'est endormi comme une masse. J'aimerais en faire autant sauf que je me suis réveillé en sursaut. J'ai cette impression vivace que quelque chose tourne pas rond. Je respire lentement, puisque je ne peux dormir je part à la recherche de ce qui me gène.
Je ne sais pas, je ne peux pas mettre de mots dessus. C'est comme un pressentiment, l'instinct peut être. Il y a une légère odeur dans la chambre, tellement légère que c'est sans doute le fruit de mon imagination. Dans ma tête tournent les mots du médecin, rien d'alarmant mais c'est un cas qu'il n'a jamais vu. Il avoue lui-même qu'il risque de se tromper.
Je regarde mon blondinet dormir, il est beau comme un ange. Je fais le tri dans mes observations. Il sort moins, a quitté la salle de sport, évite la surface. Est-ce que c'est en rapport avec les résultats des testes ?
Je quitte le lit sans bruit pour aller me passer un peu d'eau sur le visage. Y a-t-il vraiment un rapport entre le comportement de Rhadamanthe et les résultats. Je dois devenir parano et pourtant. Pourtant ce n'est rien qui semble insoluble, une fatigue passagère ou un petit microbe. Alors pourquoi cette sensation.
On verra le mois prochain c'est sans doute la faute à mon réveil brutal.
Les semaines passent avec le calme du domaine, ce soir je rentre avec mon spectre de notre promenade médicale. Je n'ai pas eu de compte rendu. On verra demain. Notre quotidien bien rangé reprend sa place comme touts les soirs. Sauf qu'il est fatigué et demande plus de tendresse. Non pas vraiment plus, il en demande toujours. Il finit par sombrer dans le sommeil dans mes bras. Son souffle hypnotique me berce.
Combien de temps j'ai dormi ? J'ai fait un rêve bizarre qui s'efface. J'ai juste un mauvais pressentiment. Instinctivement je me tourne vers mon juge. Caché sous les couvertures il est immobile. Fébrile ma main se pose sur sa nuque, sous mes doigts je sens sa peau tiède mais plus encore je sens la pulsation du sang. Je pousse un soupir de soulagement, mais pourtant… L'odeur de la chambre, je la connais, je la devine, je frissonne. Mais non, mais si. Je me lève, le réveil affiche sept heure. Je me jette sous la douche, si l'eau pouvait emporter les vestiges de ce rêve qui reste hors de mon souvenir. Le bruit de l'eau… Je dois devenir fou… J'ai l'impression de me souvenir mais rien. Je fuis, j'arrache un peignoir au porte manteau et je m'enferme dans mon bureau.
Cette odeur !
Je dois me calmer, respirer, ce n'est qu'un cauchemar. C'est idiot, en plus je ne m'en souviens pas.
Je me calme, tout va bien. Je vais en avoir confirmation. Je prends mon portable et je compose le numéro du médecin. A la troisième sonnerie j'entends sa voix, elle est lasse. Alors il n'y a rien de vraiment nouveaux ou d'alarmant. C'est juste incompréhensible même pour lui. Je devine derrière ses mots les heures de recherches, les discutions avec ses confrères. L'organisme de mon spectre semble ralentir sans cause apparente. C'est rien qui semble grave. Je raccroche.
Je reste debout devant la baie vitrée, la main à plat sur la vitre froide. Une larme coule sur ma joue. Je vais le perdre. Rhadamanthe va mourir. C'est tous sauf logique pourtant j'en ai la certitude. Le médecin a beau être rassurent, je le sais. Je sais qu'un jour prochain je serais ici à le pleurer. Seul le froid du verre m'ancre dans la réalité. Je reprends pied, je sèche mes larmes. A quoi rime de pleurer un vivant. J'appuie mon front contre la parois translucide. Je suis démuni mais il me reste une chose à faire. Je me jure que nous profiterons du temps qu'il nous reste. Je sors les derniers dossiers importants et je les range dans une pochette je note l'adresse du siège de l'empire Solo. Le temps qu'il nous reste est à nous et qu'à nous, au diable le monde.
Je m'habille avec ce qui traîne et me téléporte à la sauvage dans un bureau de direction. Quoi je leur ai fait peur et alors ? Je largue tout en vrac et je vais pour renter mais je me ravise, je vais faire l'ouverture de la bijouterie du bas. Je sais ce que je veux. Je bouscule un peu le personnel pour faire mon achat. Je ressors aussi sec et je rentre. J'ai juste le temps de préparer le petit déjeuner pour mon juge. Je fais le plateau au pas de charge, je rajoute mon café et je cours dans la chambre.
Rhadamanthe
Je comate encore, le cerveau embrumé de sommeil j'entends le bruit de pas, la porte qui s'ouvre. J'ouvre un œil puis deux. Le parfum du thé et du café, il pense vraiment à tout. Je le laisse s'installer sur le lit près de moi. Il me tend ma tasse. C'est agréable ce petit cérémonial du matin. Je mords dans un croissant pendant qu'il savoure sa boisson. J'aimerais que cet instant dure à jamais. Pourtant j'ai beau traîner comme toujours le repas se termine. Je sais qu'il va débarrasser et retourner travailler. Je n'y peut rien il est l'homme de confiance de Poséidon comme j'ai été celui d'Hadès. Il est même plus que moi, lui il a une liberté que je n'aurais pas osé imaginer possible.
Que vais-je faire ce matin, Il y a plusieurs livres qui ont garni un peu plus ma bibliothèque. Un bon livre au chaud sous les draps, voila un bon programme. Je vais faire comme ça pour occuper mon temps.
Kanon ne semble pas pressé comme les autres jours. C'est un peu inattendu mais je ne lui reprocherai pas. Il débarrasse notre plateau sur la commode, ce n'est pas dans ses habitudes. Pas plus que de se rallonger à mes cotés. Je viens me nicher contre lui.
Que ce passe t'il ? Je crains trop de briser la magie de l'instant pour lui poser la question. Alors je reste juste contre lui à jouir de sa chaleur et de la main qui caresse mes cheveux.
« Si nous partions ? »
Partir, mais où, pourquoi, que veut il dire.
« Si nous allions en haut pour quelques jours ? A moins que tu n'en aies pas envie ? »
Partir c'est l'avoir tout pour moi pendant quelque temps, j'étouffe de joie. Je vais pouvoir ne plus le partager. Pas que je sois jaloux de son dieu, mais en fait si.
« Non, enfin oui. »
Je perds mes mots, il faudrait pourtant que j'arrive à faire une réponse qui ressemble à quelque chose. Je reprends, pour être clair.
« Oui avec joie, c'est juste que tu m'as surpris. »
« Et bien dans ce cas je vais faire notre valise, tu veux quelque chose de particulier ? »
« Non mais je vais la faire. »
Kanon à moi, et qu'à moi, sans le sanctuaire, j'en bondis presque de joie en sortant du lit.
« Si tu veux, on retourne en bord de mer ? »
Le bord de mer pourquoi pas, la dernière fois on est pas resté longtemps mais c'était agréable.
« Oui, la mer. »
La mer, le mot me laisse un peu rêveur. La mer c'est mon marina, c'est son parfum de liberté, sa force, son élément. C'est aussi notre première fois. C'est l'image du bonheur avec lui, le soleil et le sable brûlant.
« Je vais réserver, je reviens. »
La porte à peine refermée je me sens plongé dans un axé d'activité. Je sors la valise, j'ouvre la penderie. Rapidement une pile de vêtements vient la garnir, des tee-shirts, des shorts des pantalons, des sous vêtements, je pense à rajouter quelques un plus affriolants. Je vais pour refermer quand je réalise que deux costumes ne serait pas de trop. J'en saisi un de kanon qui est sur un cintre et un à moi dans sa housse. Je rajoute nos produits de toilette, du lubrifiant et du produit solaire. C'est un peu trop pour la pauvre valise qui veut plus fermer. Je peste un peu, puis en désespoir de cause je m'assois dessus. Gagné elle ferme, je la fais rouler jusqu'à la porte et je vais prendre une douche rapide, je me peigne et j'enfile un pantalon de lin beige avec un haut caramel. Mes chaussures au pied je suis prêt. Je toque à la porte restée ouverte du bureau.
Mon Marinas me sourit, il est sublime quand il me sourit, mon cœur s'accélère. Comment ai-je pu un jour me battre contre lui. Je devais être aveugle ce n'est pas possible autrement. Non dans les mêmes circonstances aujourd'hui à par lui sauter dans les bras et avoir le cœur qui bat la chamade, je en serais incapable.
Il vient à ma rencontre ses lèvres se posent sur ma bouche, c'est tout ce qui compte à cet instant. Ses lèvres et le temps où il sera qu'avec moi.
« Si tu es prêt nous y allons »
Kanon
L'île ne change pas, ce matin avec mon joli dragon nous avons profité de la mer pour nager un peu. Je viens de le laisser endormi dans la chambre d'hôtel. Je suis bizarre aujourd'hui. Mes pas me portent vers un pan rocailleux, je grimpe par automatisme. Au sommet je domine la plage et la petite crique presque inaccessible. La roche fait une esplanade un peu en pente avant de tomber à pic dans l'eau. Les vagues du large qui se fracassent en bas font un doux tintamarre. C'est sauvage comme lieu, c'est grandiose, presque féroce. Je m'assois au bord du vide. Je suis vraiment bizarre en ce moment, et pourtant j'ai rarement eu l'impression d'être autant moi-même. Je m'allonge pour regarder le ciel.
Je m'endors, je rêve. La mer, elle encore, toujours et un dragon. Il me parle, me dit des choses étranges, je vois un autre dragon qui attend un peu en retrait. Ils ne se ressemblent pas mais semble être proches.
Je me réveille avec l'impression qu'il m'a dit quelque chose d'important, mais je ne m'en souviens pas. Enfin ce n'était qu'un rêve. Je ne me suis pas assoupi plus de quelques minutes. Mon regard est attiré par la crique en bas. C'est un endroit parfait pour des amoureux. C'est parfait pour nous deux.
Je sais ce que je vais faire pour ce soir. Je rentre, il va me falloir passer à la réception avant d'aller rejoindre ma vouivre.
Quand je rentre il dort comme un bébé sur le ventre, j'étouffe une bouffée de tendresse. Je m'installe sur le dessus de lit en prenant soin de ne pas troubler son repos. Autant qu'il se repose. Je reste un moment puis je me décide à m'occuper des préparatifs de notre soirée.
Je choisis des serviettes, et je vais voir à l'accueil. La réceptionniste sourit et me fait les yeux doux en soupirant comme une damnée. Elle m'accompagne dans un réduit où je choisis le nécessaire voire plus. Dans mon dos il y a son regard des moins discret, comme ses soupirs. A si elle savait, elle que c'est pour un homme mon juge.
Les bras chargés de mon attirail je vais derrière la battisse pour me volatiliser vers la crique. Un petit coup de cosmos pour lisser le sol et je pose ma table. Je fais au plus vite mais j'ai vu un peu grand, je dresse le couvert, je pose le chandelier. Il me reste bientôt plus que les flambeaux à planter pour nous faire de la lumière. Enfin je contemple mon travail. C'est presque parfait, j'arrange un bouquet de roses rouges et je suis fier de moi.
Je rentre enfin me changer, je passe le costume d'été que m'a emporté ma tendre moitié. Il pense vraiment à tout. Il est d'ailleurs temps de réveiller mon prince. Je pose un baisé sur son front, il grogne un peu. Il est vraiment adorable. Il ouvre un œil, j'ébouriffe sa chevelure. Il râle pour la forme.
« Il est tard honey, tu veux bien t'habiller pour le repas. »
Une dernière caresse et je lui laisse un petit quart heure. Le temps pour moi d'allumer toutes les bougies et flambeaux.
Rhadamanthe
M'habiller ? On sort ce soir ? Je m'étire la nuit tombe, j'ai donc tant dormi. Je me lève et je vais me rafraîchir. Heureusement que j'ai pris les costumes. J'ouvre le placard kanon avait déjà le sien sur le dos, je pose la housse du mien sur le lit. Je dézippe la fermeture et ? Non je n'ai pas fait ça ? Je me suis trompé. J'en suis horrifié j'ai pris la robe de mariée offerte par Poséidon. J'ai besoin de m'asseoir un moment. Que vais-je faire je ne peux pas décemment y aller en short, ni dire non puisque Kanon est parti. Y aller en robe encore moins, je n'ai plus qu'à faire au mieux. J'espère qu'il ne m'amène pas dans un lieu trop chic. J'arrête mon choix sur un pantalon de toile clair et une chemise de lin couleur de terre, un tee-shirt blanc cassé. Ce n'est pas trop mal. De toute façon je n'ai pas de cravate alors la chemise restera ouverte. Je me brosse les cheveux et je descends.
Kanon m'attend dans le hall, ma tenue ne semble pas le choquer, je soupire de soulagement. Il me tend la main et me guide hors de l'établissement. Je ne sais pas où il m'emmène, je m'accroche à lui pendant la téléportation.
J'ouvre des yeux écarquillés sous la surprise. C'est une crique avec un décor de rêve, il me guide vers une banquette. Cette crique, c'est ma crique, celle où j'ai passé un après midi, celle où j'ai failli me noyer. Mes joues me brûlent, en pensant aux conséquences qui en ont découlé et notre première fois.
Il me tend un verre dans lequel je trempe les lèvres pour noyer ma gêne. Je détaille un peu l'installation, c'est joli. Nous sommes que deux. Une multitude d'idée pour finir la soirée me traversent l'esprit, je reprends une gorgée pour penser à autre chose.
Ce n'est pas notre premier repas en tête à tête mais c'est la première fois que c'est si romantique. Je finis mon assiette tout est vraiment parfait. Je suies des yeux Kanon qui débarrasse et revient avec le dessert. Je n'ai plus vraiment faim mais bon. Je hausse un sourcil quand il contourne la table pour mettre un genou en terre à coté de moi. Qu'est ce que cela veut dire. Il sort quelque chose de sa poche.
« Rhadamanthe veux tu m'épouser ? »*
Mon souffle se bloque mon cœur rate un battement. Qu'a-t-il dit ? M'épouser ? Moi ? Je n'arrive pas à articuler un mot.
« Je sais que pour le reste du monde ça n'a aucune valeur. Mais pour moi c'est important. Pour moi c'est te jurer que je t'aimerai jusqu'à la fin des temps, que je te chérirai et prendrai soins de toi. »
C'est trop, je vais pleurer si il continue. La gorge nouée j'arrive enfin à articuler quelque chose qui ressemble à un oui. Le regard de kanon comme j'aimerais pouvoir le décrypter en cet instant, il y a de l'amour, de la joie et quelque chose que je n'identifie pas. Comme il y a quelque minute, il y a quelque chose de différant en lui enfin je crois. Ses lèvres se posent sur les miennes, je ne sais plus. Je gémis lorsque qu'il met fin au baisé, mais j'avise un écrin dont il sort une alliance qu'il me passe au doigt. L'anneau brille à ma main, je suis plus qu'ému. Mes mains tremblent quand je passe l'autre à son annulaire.
« L'anneau se met à l'annulaire
Après le baiser des aveux
Ce que nos lèvres murmurèrent
Est dans l'anneau des annulaires
Mets des roses dans tes cheveux »
( Guillaume Apollinaire , "L'Amour ")
J'aime sa voix, j'aime ses mots, je l'aime tout court. Je sens ses doigts glisser une fleur du bouquet derrière mon oreille. Il m'assoit sur ses genoux pour me faire manger le dessert. C'est aussi troublant qu'agréable. Notre position me fait penser à la suite, j'ai encore faim mais pas de cette sucrerie. Je me demande si dans l'eau, elle doit être encore chaude.
La soirée est vraiment merveilleuse et ce n'est pas le petit orage qui me vaut d'être seul quelques minutes qui va me la gâcher. Je ramasse la robe qui traîne sur le lit et je me dirige vers la douche. J'enlève mes vêtements pleins de sable pour me glisser sous le jet. J'ai adoré nos jeux dans l'eau et au bord même si je suppose que ce n'était pas prévu au programme. Je regarde mon alliance et je souris. Je suis comblé ou peu s'en faut, mais je ne verrais plus une portion de beurre sans rougir. Pourtant je suis troublé, pas ce qu'on a fait mais… Je ne sais pas c'était qu'un instant, c'est sans doute le plaisir qui m'a embrouillé les sens. Mais il m'a paru différant, infiniment beau, mais il est toujours beau. Je ne sais pas plus sauvage, inaccessible, animal. Je m'embrouille, je n'ai pas les idées claires. C'est sans doute le désir qui brûle dans mes reins. Kanon est Kanon, et il est à moi. Pour toujours… Toujours un sentiment de tristesse m'envahit, toujours pour un être humain. Je suis un juge, alors toujours se résume jusqu'à notre mort au mieux. Après ni lui, ni moi, nous ne nous en souviendrons. C'est injuste.
Je me sèche et je vais l'attendre dans le lit, j'ai besoin d'un câlin. J'ai besoin d'entendre encore ses mots même si ils sont vides de sens. Je voudrais juste oublier mon ancienne vie.
Kanon
En regardant la chambre je suis surpris par le tableau qui m'attend. J'en reste un moment indécis, juste quelque secondes à me demander si je ne rêve. Mon juge est assis sur le lit Saphir dans les bras et une robe de mariée sur les genoux, il porte toujours sa rose dans les cheveux. Pourtant il me semble triste. La robe, je reconnais enfin celle offert par mon dieu. Une petite voix en moi me dit drôle de femelle. Femelle ? Mon Rhada n'est pas une femme, je suis bien placé pour le savoir, j'ai assez l'occasion de goûter ses attributs pour en être certain. Et le fait qu'il écarte les jambes ne change rien, c'est juste qu'il préfère dans ce sens. La petite voix en moi se moque « Et après on se demande pourquoi les dragons se sont éteints. » Non mais c'est quoi ces idées à la con. Je secoue la tête.
« Tu veux jouer les jeunes mariées mon cœur ? »
Zut ça m'a échappé, je suis stupide, comme si une robe pouvait mettre sa beauté en valeur. J'enlève la robe du lit pour y prendre place. Je l'embrasse dans le cou.
« Où en étions nous ? »
J'ai besoin de lui, j'ai besoin de me prouver que ma vouivre est mon amour, que c'est juste mon époux, que c'est un homme.
Rhadamanthe
La nuit a été courte, mais comme doivent l'être je suppose toute les nuits de noce. Allongé sur le dos je porte ma main à hauteur de mes yeux, je fixe l'alliance. Kanon dort encore à coté, c'est rare que je sois réveillé avant lui. A l'autre bout de la chambre comme un tas de tissus la robe se froisse.
Ai-je bien fait ? J'ai mon kanon pour moi, mais pour combien de temps. Si seule la mort nous séparera. Ma gorge se serre, je le prive d'avoir des enfants. Le maudit chiffon semble rire de moi. Je ne suis pas une femme, je n'ai pas ce qu'il faut pour lui donner une progéniture. Je devrais lui rendre sa liberté. Mais je suis qu'un égoïste.
Sur la plage il a dit toujours, je t'aimerai toujours. Même si c'est vain je me demande si c'est possible d'aimer par delà la mort. Est il vraiment permis à deux âmes de se retrouver de réincarnation en réincarnation. J'aimerais que ce soit vrai, mais mon âme de juge me hurle le contraire. Mais pourquoi pas, j'ai le droit de rêver non. Pourquoi la vouivre d'Hadès et le dragon des mers de Poséidon n'auraient ils pas le droit de se retrouver. Même nos protections sont faites pour aller ensemble, il suffit de les voir enlacées dans le bureau de kanon. Un dragon mâle et une femelle. Je n'avais jamais vraiment pensé que mon surplis est une femelle. Une question perturbante vient cogner à mes neurones et si dans le cycle sans fin des réincarnations je devenais une femme. Une femme qui pourrait donner des enfants à kanon. C'est totalement chimérique mais je veux pouvoir rêver. Juste un peu que je peux gommer ce qui rend notre couple imparfait, effacer les sacrifices que j'impose à celui que j'aime.
Je me retourne, Kanon se réveille, il s'étire se cambre comme un grand fauve. Jusque dans son regard je le trouve animal, je déglutis, J'ai envi de lui là maintenant tout de suite. Et pas comme hier soir je le veux en moi.
Je regarde les valises à mes pieds, je n'ai pas le courage de tout ranger. Dans notre périple la valise de départ a fait des petits. Plus de quatre mois à parcourir le monde, j'ai pourtant l'impression que c'est hier que je suis parti. C'est formidable de voir le monde avec lui. Je m'assois sur mon fauteuil prés de la fenêtre. Je ne sais pas mais je me sens de plus en plus fatigué au fure et à mesure du temps qui passe.
Je ne dis rien mais j'ai l'impression qu'il le devine. Il m'enveloppe souvent dans son cosmos. Il a changé, pas qu'il est moins attentionné. Non justement c'est tout le contraire. Je n'ai pas à m'en plaindre, il est prévenant tendre et doux. Il n'y a pas à dire, je suis comblé. Mais il y a quelque chose d'autre qui affleure, je le sens plus libre, plus féroce, plus beau que jamais. Dans ses bras je me sens vivant.
J'aime ce kanon qui est l'homme parfait. J'envie un peu les marinas. Je reconnais que son statu de grand frère me laisse un peu jaloux. Les marinas ont grandi dans son affection, celle que je n'ai pas connue. L'autorité de kanon n'a rien à voir avec celle de Pandore. Ils ont eu de la chance, une chance que j'aurais aimé avoir, même si j'ai mieux.
Mais pourquoi suis je si fatigué ?
Kanon
Les valises jonchent le sol de la chambre, je ne suis pas vraiment surpris. Pas plus que de le voir endormi dans le fauteuil. Je me penche pour le prendre dans mes bras, je vais le coucher. J'ai besoin d'air, d'espace. J'ouvre une dimension pour remonter à la surface sur un vieux promontoire rocheux. Les larmes mouillent mes joues, un cri de rage sort de ma gorge. C'est injuste. Je n'en peux plus de le voir lentement décliner. Je suis impuissant, je l'aime et je ne peux rien faire, rien faire à part souffrir en silence.
Chaque jour qui passe, chaque seconde je le vois s'enfoncer un peu plus. Je vois la mort se profiler. Je vois le jour où dans mes bras il ne se réveillera pas.
Je prend le temps de me calmer je me suis fait une promesse, j'adoucirai ses jours autant que je pourrai. Il est donc impensable que je rentre sans avoir remonté un masque qui cacher mon désespoir.
Je rentre enfin, il dort toujours, je range sans bruit nos affaires puis je vais m'asseoir dans son fauteuil pour le regarder dormir. N'y a t'il donc que dans les conte de fée que l'amour triomphe de tout. Non même pas, il y a quelque part au dessus une petite sirène devenue écume de mer par amour et un Cyrano qui meurt devant celle qui l'aimait sans le savoir et qui ne peut plus que prendre encore le deuil.
(a suivre)
*Non pas de « veux tu devenir ma femme » C'est marrant qu'une fois
et Rhada a bien deux sourcils
HS Qui veut un happy end ? levez les mains, plus haut je vois pas. Une main c'est tout ?
