Wouhou ! Incroyable ! Mon dixième chapitre ! Merci à tous pour votre soutien : )
Chapitre X
Rufus se sentait bien seul, dans son petit bureau de Vice-Président. Il avait toujours cet air morose collé sur le visage comme une deuxième peau, et le rapport de Reno ne fit que renforcer davantage cette impression.
- Euh… Patron ? Quelque chose ne va pas ?
Si Rufus avait eut des canons à la place des yeux, Reno serait mort désintégré. Le jeune Turk se demanda pourquoi diable les hauts gradés de la Shinra avaient tous cette drôle d'habitude de donner l'impression de vouloir tuer tout le monde –bien sûr, c'était plus subtile chez certains que d'autres, mais c'était flagrant chez le Vice-Président.
- Vous vous inquiétez pour la tournure que va prendre la guerre ? risqua Reno.
- Ce n'est pas le plus grave. Mais je n'ai pas à parler de ça avec toi. Tu ne comprendrais pas.
- Eh ! Je ne suis pas aussi stupide que vous avez l'air de le croire !
- Dans ce cas, prouve-le ! Tseng est bien trop sentimental pour être un Turk. Reno, tu as la réputation d'être l'un de nos plus cruels agents…
- C'est ce qu'on dit. Et je peux vous garantir que je n'ai jamais laissé filé une proie !
- … et aussi l'un des plus bavards.
- Euh…
Rufus arbora l'un de ses fameux sourires implicites et sadiques sur les bords.
- Je vais te confier un travail de très haute importance… es-tu seulement capable de te taire ?
Reno esquissa un sourire en coin pour répondre à celui de son patron.
- Quand c'est pour le boulot… après tout, je suis un Turk.
- Je n'en attendais pas moins de toi. Tu vas rattraper les erreurs de Tseng.
- Vous m'en croyez capable ? Je suis flatté.
- Au lieu de me ramener le gamin, il l'a conduit à l'Ancienne des Taudis. Elle risque de lui apprendre que la Shinra la cherche, et pourquoi.
- Mais, patron… il a déjà des raisons de se méfier. Vous parlez bien du gosse qui a flingué Fred et Alissa ?
- Exact.
- Bon… je vous le ramènerai. Parce que c'est mon travail en tant que Turk.
Kunsel soupira en trouvant de nouveau Zack occupé à faire des accroupissements, au beau milieu de l'étage du Soldat, à l'endroit même où on était autorisé de souffler. Le jeune Soldat ne l'entendit même pas arriver, concentré sur le nombre de flexions qu'il s'était fixé. Son ami attendit un moment avant de se manifester :
- Hé, Zack ! Toujours en stand by ?
- Tiens ! Salut, Kunsel… 33…34…35…toujours !
- Estime-toi heureux. Il paraît que c'est la folie, au Wutaï. La moitié des gars envoyés là-bas se sont fait massacrer.
Zack ne l'écoutait qu'à moitié. Il avait entendu parler de cette nouvelle, survenue quelques jours auparavant.
- 39… je suis…40… au courant… 41…
- Il paraît que Séphiroth a refusé son affectation.
Kunsel s'assit sur un banc, et suivit les mouvements de Zack du regard. Il arrêta bientôt, car son ami ne semblait pas vouloir s'arrêter et qu'il risquait d'avoir le tournis.
- Ce serait étonnant, répliqua Zack en tournant à demi la tête vers Kunsel.
Il ne parvint pas à rester en équilibre avec le buste presque tourné, et il tomba à la renverse. Il poussa un gémissement plaintif en se relevant :
- Oh… 52 ! Je devais parvenir à 100 ! Si je ne suis pas suffisamment endurant, je ne pourrai jamais passer devenir un héros…
Kunsel ne releva pas. Il regarda son ami s'interroger mentalement sur la conduite qu'il devrait adopter, puis ôta son casque. Aussitôt, Zack cessa tout calcul et le regarda avec des yeux ronds.
- Tu es malade ? s'inquiéta-t-il.
Tout le monde savait, chez les seconde classe, que s'il y en avait bien un qui était suspecté de dormir avec son casque, c'était bien Kunsel. Celui-ci rendit son regard étonné à Zack.
- Pourquoi ? s'enquit-il.
- Euh… pour rien.
- Je suis en perm pour une semaine. Et je passai te dire au revoir.
- Tu t'en va ?
- Je vais voir mes parents, à Kalm.
- T'es de Kalm, toi ?
Kunsel secoua la tête. Comme Zack le dévisageait toujours, il répliqua :
- Quoi ?
- Ça me perturbe…
- Pardon ?
Puis le seconde classe compris et remis son casque d'un air bougon. Enfin, il se leva et salua son ami :
- Je t'enverrai des mails. J'espère que tu n'auras pas à partir au Wutaï tant qu'il n'y aura pas un première classe apte à…
- Comment ça ?
- Zack, je viens de te dire que Séphiroth en personne avait refusé une affectation, et toute la garnison qu'il devait avoir sous ses ordres a été livrée à elle-même face à l'ennemi et a été massacrée.
Zack pencha légèrement la tête sur le côté, à la manière d'un jeune chiot qui essaye de comprendre ce qu'on tente de lui dire. Kunsel ajouta :
- Pour tout te dire, il risque gros. Peut-être qu'Angeal sera nommé chef spirituel du Soldat, après ça.
- C'est vrai ? Ce serait Génial !
- Mais ça voudrait aussi dire qu'il n'aura plus le temps de t'entraîner.
Zack croisa les bras. N'oublions pas qu'il était toujours assis par terre suite à sa chute malencontreuse. Quand il se rendit compte de son imposture, il se redressa aussitôt.
- Et… en gros, Séphiroth va être recalé ? risqua-t-il.
- Plus ou moins. Ne m'en demande pas plus, je n'en ai aucune idée.
- Mais pourquoi il aurait refusé son affectation ?
Kunsel haussa les épaules.
- Va savoir ce qui se passe dans la tête d'un première classe du Soldat…
- Eh, n'oublie pas que je veux en être ! répliqua Zack.
