Chapitre XX

Aerith parut déconcertée devant Séphiroth, lequel ne comprenait pas pourquoi. Mis à part le fait qu'il passait souvent à la télé, dans les journaux, ou sur tous les supports de télécommunication, il n'y avait vraiment pas de quoi faire cette tête en croisant son regard.

Elle n'eut pas à faire grand chose pour Ciel, car sa simple présence parvenait à éclipser celle de la Calamité. Mais, pour tuer les cellules infiltrées dans le bras du jeune garçon, Aerith dû déployer tout son talent de guérison. Angeal et Séphiroth surprirent une lueur blanche illuminer brièvement ses cheveux. Zack s'était endormi depuis longtemps, et Angeal avait eut de la peine à le glisser dans un lit.

- Je crois qu'il a quand même fait quelques progrès, avait-il glissé à Séphiroth.

- Comment ça ? en s'endormant n'importe où ?

- Non, mais au moins il a pris un peu de muscles. Tu aurais vu l'état de ses bras lorsque j'ai commencé à l'entraîner ! de vraies allumettes.

Aerith, satisfaite mais épuisée, tira Angeal de ses pensées.

- Voilà ! dit-elle avec un grand sourire.

Si le bras de Ciel était devenu d'une maigreur effrayante, il avait retrouvé une couleur normale, et seule la cicatrice faite par l'aiguille de la seringue était encore visible. Le garçon était très pâle, tout en sueur, mais visiblement soulagé, si bien qu'il s'endormit presque aussitôt, et sa bienfaitrice ne tarda pas à l'imiter.

Séphiroth poussa un soupir de soulagement, d'autant qu'il se sentait encore coupable de ce qui était arrivé. Il ne laisserait plus leur protégé toucher à une épée, dorénavant. Angeal lui donna une tape amicale sur l'épaule, et dit :

- Bon ! Maintenant que le petit est hors de danger, on va pouvoir s'occuper d'un autre problème !

- Comment ? Il y en a encore ?

- Oui. Un problème répondant au nom de Génésis Rhapsodos.

- Qu'est-ce qu'il a encore fait ?

- C'est ce que je me demande ! Tseng m'a appris (il jeta un coup d'œil à l'horloge : une heure et quart) hier qu'il ne donnait plus signe de vie. J'ai essayé de l'appeler, rien. Et toi ?

- Moi aussi. Il n'a pas répondu.

- Qu'est-ce qu'il fabrique ?

- Peut-être ont-ils étaient pris dans une embuscade et fait prisonniers ?

- On serait au courant, crois-moi !

- Hum… Et si…

Angeal l'interrogea du regard lorsqu'il s'interrompit.

- Et s'il avait déserté ?

- Avec toute une compagnie ?

- Avec lui, tout est possible. Et va savoir ce qu'il s'est passé avec son père, à Banora ?

- Quand même…

Séphiroth haussa les épaules.

- On réfléchira mieux quand on sera reposer, déclara-t-il. Bonne nuit.

Angeal lui rendit la politesse mais il n'était pas près d'aller se coucher. Pourtant, il eut beau se triturer les méninges, il sombra dans le sommeil peu de temps après.

Il fut tiré de son sommeil par des coups précipités frappés à la porte. Encore tout engourdi de sommeil, il ne réagit pas tout de suite, mais fut devancé par Ciel, qui le secoua par le bras :

- Angeal, quoi qu'il arrive, n'ouvre pas !

- Quoi ? maugréa le première classe.

- Ne vas pas ouvrir !

- Pourquoi ça ?

- Ce n'est pas amical… pas amical du tout.

Angeal fut aussitôt réveillé. Il se leva en entendant de nouveau des coups à la porte. Séphiroth les rejoignit dans le salon, tâchant de ne réveiller ni Zack ne Aerith.

Angeal lui fit signe de rester immobile. Il tâcha de s'approcher de la porte pour jeter un œil par le judas, mais Ciel le retint :

- Attend.

Pendant un instant, les deux Soldats retinrent leur souffle, hésitants. Angeal sentait son cœur battre dans sa cage thoracique, et l'une de ses mains se referma sur son épée broyeuse. Séphiroth l'observait du coin de l'œil, se demandant ce qui n'était « pas amical » et qui pouvait venir leur rendre une petite visite nocturne. Finalement, ce fut lui qui, le premier, se dirigea vers la porte et jeta un coup d'œil par le judas. Là, Angeal le vit blêmir et se reculer, près à poser la main sur la poignée de la porte. Mais son ami le stoppa d'un geste, et, à pas prudent, l'imita. Il échappa un juron.