Chapitre XXI

Ce qui était sûr, c'est qu'avec ce simple cri, on l'avait entendu, qui que ce soit. Ciel demeura tendu durant tout le moment où la main de Séphiroth saisit la poignée et la baissa.

- Bordel, s'exclama Angeal quand la porte s'ouvrit, qu'est-ce que tu fous là ?

- J'ai oublié mes clefs, répondit Génésis d'un air distant.

- Mais je ne vois pas le rapport ! Tu es censé être au Wutaï…

- J'ai déserté.

Angeal et Séphiroth échangèrent un regard anxieux.

- C'est pas possible… lâcha le premier.

- Je peux entrer, ou vous préférez me laissez là ? coupa Génésis.

Séphiroth se décala d'un pas, et le laissa entrer. Il vit toutefois ses épaules s'affaisser et perçut un mince soupir. Angeal, quand à lui, était bien remonté.

- Tu as intérêt à nous raconter ce qu'il t'est arrivé ! Impossible de te joindre, et même la Shinra s'en est plainte !

- Ne commence pas à crier ! Je n'ai pas autant de temps libre que vous.

Son regard s'arrêta un instant sur Aerith, endormie sur le canapé, mais il ne dit rien. Il s'assit dans le fauteuil, et Angeal remarqua son air triste. Il se radoucit un peu, et se plaça près de son ami.

- On t'écoute, dit-il.

Génésis jeta un coup d'œil à Séphiroth.

- Si ça ne te dérange pas, Angeal, j'aimerai te parler seul à seul.

Séphiroth fronça les sourcils. Génésis soutint son regard, et le première classe crut y déceler de la haine pendant à peine une seconde. Lorsque cette impression disparut, il tourna les talons et disparu dans sa chambre.

Angeal fut surpris de la requête de Génésis, et plus encore que Séphiroth s'en soit allé sans protester.

- Angeal, toi et moi… nous allons mourir.

L'interpellé haussa les sourcils, pas certain d'avoir compris.

- Plaît-il ?

- Ne fais pas l'idiot ! Je t'ai dit que nous allions crever comme des chiens, et dans peu de temps. Si on ne fait rien, dans dix ans, nous ne serons plus de ce monde.

- J'avoue ne pas comprendre.

- Alors, laisse moi te raconter une chose…

Ciel le laissa raconter ce que lui avait appris Holander, puis rejoint Séphiroth. Ce dernier semblait près à frapper la moindre chose qui passait à porter de sa main. Le garçon jugea donc plus prudent de se tenir hors de sa portée. Séphiroth lui adressa à peine un regard.

- J'ai vu de la haine dans son regard, avoua-t-il.

- Je sais. Lorsque j'ai dit que je sentais une présence inamicale, je ne me suis pas trompé. C'était bien lui. Si j'étais toi, je ne laisserai pas Angeal seul avec lui. J'ai entendu son histoire. Apparemment…

- Je ne veux rien savoir.

- Tu as raison. Ce n'est pas très reluisant. Mais, ce type, Hollander….

Séphiroth se tourna à demi vers Ciel. Celui-ci couva le première classe du regard et poursuivit :

- Il faut l'arrêter. Il est en train de changer Gen en monstre.

- Que veux-tu dire ?

- Je parle pourtant sans ambiguïté. Il tient sa vie entre ses mains et Génésis a une peur abominable de la mort.

Séphiroth ne répondit pas.

- Je suis curieux de savoir comment tu t'y prendrais pour le sauver, révéla le jeune Cétra avec un petit sourire en coin.