Bonjour à tous,
Comme ce chapitre est court, je vous en fait cadeau pour le week-end.
J'espère que vous l'aimerez.
N'hésitez pas à commenter.
Chapitre 10 – En route vers l'Afrique II
« Ce n'est pas la destination mais la route qui compte. »
Proverbe gitan
Le voyage entre Bordeaux et Dakar sur le paquebot « Afrique » dura sept jours. Sept jours pendant lesquels Candy et Albert ne sortirent quasiment pas de leur cabine. C'était en quelque sorte leur lune de miel. Ils savaient qu'arrivés en Afrique, leur vie reprendra son cours, qu'ils travailleront toute la journée, Candy à la clinique, Albert à la réserve. Ces quelques jours de voyage étaient leurs derniers instants de tranquillité et ils comptaient bien en profiter. Ils passèrent la semaine nus l'un contre l'autre à savourer le bonheur de leurs étreintes, à apprendre les désirs et le corps de l'autre. C'était le voyage « initiatique » de Candy. C'était une bonne élève, elle apprenait vite et bien, et ils adoraient cette nouvelle intimité entre eux. Albert était aux anges et sa soif de Candy était insatiable.
Albert retomba lourdement sur l'oreiller, son cœur battant toujours la chamade du frisson qui venait de secouer son corps une nouvelle fois. Candy blottit son corps moite contre le sien et il l'accueillit avec bonheur. Il était heureux. Heureux et comblé comme il ne l'avait jamais été. Il était environ quinze heures et il venait de faire l'amour à sa femme pour la troisième fois depuis qu'ils s'étaient réveillés, tard dans la matinée.
- Il faut qu'on mange quelque chose sinon je n'aurai plus que la peau sur les os lorsque nous arriverons au Nigéria, dit-il en riant et en l'embrassant sur le front.
- Oui moi aussi je meurs de faim. Tu penses qu'on peut encore commander quelque chose à manger ? Il est déjà quinze heures.
- Appelle le room service pendant que je vais prendre une douche. Dis leur que je payerai le prix qu'il faudra mais je veux un vrai repas avec de la viande rouge pour reprendre des forces, dit-il en lui faisant un clin d'œil complice.
Candy alla le rejoindre sous la douche quelques minutes après.
- Nous avons une demi-heure, lui dit-elle en se plaçant sous le jet d'eau chaude.
- C'est plus qu'il m'en faut pour te laver correctement, répondit-il, une étincelle dans les yeux.
Elle s'appuya contre la paroi froide et le laissa parcourir son corps d'eau savonneuse. Les yeux fermés, elle savourait la caresse de ses mains, un sourire aux lèvres. Il la massa, soigneusement, partout, comme il le faisait toujours lorsqu'ils étaient sous la douche. C'était son petit plaisir personnel, la laver. Il la lavait de la sueur de leurs étreintes, des fluides mêlés de leurs corps. Mais il lavait également son corps des jours, mois, années où il ne lui avait pas appartenu, du regard des autres hommes, de leurs envies lubriques à son égard, et de Terry. Son regard s'assombrit à cette pensée. « Elle est à moi, rien qu'à moi » pensa-t-il. Ses mains se firent plus pressantes, ses caresses plus appuyées, il frottait si fort qu'elle remarqua son changement soudain de comportement et ouvrit les yeux pour rencontrer les siens. Une nouvelle lueur les éclairait, une lueur qu'elle n'avait jamais vue et soudain, pour la première fois, elle eut peur de lui, de cette lumière animale dans ses yeux.
Il se releva et la plaqua violemment contre le mur de la douche. Elle étouffa un cri, plus de surprise que de douleur. Il prit sa bouche violemment et la souleva afin qu'elle s'agrippe à lui, les bras autour de son cou et les jambes autour de sa taille, et il entra en elle, violemment. Elle cria et enfonça ses ongles dans ses épaules. Elle cria de douleur et de surprise. Il la plaqua une fois de plus à la paroi et immobilisa son visage pour la regarder dans les yeux pendant qu'il donnait de grands coups de reins.
- Tu es à moi Candy. A moi et à personne d'autre. Ne l'oublie jamais.
Elle le regarda, effrayée, ne comprenant pas ce qui venait de se passer et il prit sa bouche, une fois encore, imposant sa langue comme il lui imposait sa loi à cet instant. Elle avait peur, elle avait mal, mais quelque part, elle devait avouer qu'elle aimait qu'il la possède ainsi, se sentir si fragile entre ses bras puissants, se laisser posséder par la violence de sa passion, presque bestiale. Elle cria quand ils atteignirent l'orgasme ensemble, mais cette fois-ci, pas de douleur.
oooooo
Ils étaient à Dakar depuis trois jours.
Dès leur arrivée, Albert s'était rendu au port de commerce pour découvrir si le bateau qu'ils avaient prévus de prendre avant leur départ, était déjà parti. Il découvrit avec surprise qu'il était toujours à quai, en panne.
- Ca fait plus d'un mois que j'attends la pièce pour le réparer. Le mécano dit que ça devrait se résoudre rapidement maintenant. Si tout va bien, on pourra partir avant la fin de semaine, lui dit le capitaine du bateau, Richard Willys, un Britannique qui faisait commerce entre le Nigéria et le Sénégal, connu pour être un homme opportuniste et avide d'argent.
- Vous m'en voyez ravi, Monsieur Willys. Sommes-nous toujours d'accord avec les arrangements pris par mon bras droit depuis Chicago ? Mon épouse et moi devons nous rendre à Lagos où nous sommes attendus et nous avons déjà plus de deux semaines de retard.
- Et bien, à vrai dire Monsieur Andrew, je suis désolé de vous dire ça mais la panne m'a fait perdre beaucoup d'argent et j'ai bien peur que je ne doive augmenter le prix de votre voyage. Voyez-vous, je ne navigue pas sur un bateau de plaisance et les civils sont toujours une source d'ennuis. Surtout avec une femme à bord…
Albert serrait les dents. Il se doutait bien d'un tour de ce genre. Willys savait qu'il n'avait pas d'autre choix que d'accepter son prix, quel qu'il soit, s'ils voulaient se rendre au Nigéria car il était le seul à aller dans cette direction. Albert essaya de garder son calme.
- Combien ?
- Et bien, … disons que la somme que m'a versé votre bras droit représente votre voyage. Pour votre Dame, ça va être un peu plus cher car voyez-vous, une femme, sur un bateau comme le mien…
- Combien ? Répéta Albert, qui sentait sa patience s'évaporer de seconde en seconde.
- Le double.
- Le dou…. ! Willys, espèce de voleur…
- Hey ! Surveillez vos paroles si vous voulez voyager sur mon bateau ! Sinon, vous pouvez toujours aller voir ailleurs, et comptez pas sur moi pour vous rembourser votre acompte.
Albert le regarda un instant silencieusement. Il bouillait intérieurement mais n'avait pas d'autre choix que d'accepter.
- Très bien. Je vous donnerai le solde le jour du départ. J'espère au moins qu'à ce prix là, nous aurons droit à une cabine personnelle ?
- Vous aurez la mienne, répondit Willys avant de cracher son jus de chique, un sourire satisfait dévoilant ses dents noircies par le tabac.
Deux jours plus tard, ils embarquaient à bord du « Seagull ».
La cabine du capitaine était sale, sentait mauvais, et la couche n'était que pour une personne, mais c'était mieux que rien. Le voyage n'allait durer que six jours, ils en avaient vu d'autres.
Ils avaient bien tenté de se promener sur le pont pour passer les longues journées sur le bateau mais les regards des marins sur Candy n'étaient supportables ni pour elle, ni pour Albert. Il ne voulait pas les tenter inutilement. S'ils perdaient la tête, Albert ne ferait pas le poids face à tous ces hommes et sa Candy était trop précieuse pour prendre des risques. Ils restaient donc la quasi-totalité de la journée dans la minuscule cabine et n'en sortaient que pour partager le modeste repas du capitaine. Albert tournait en rond, inquiet. Il avait une boule à l'estomac et savait que les mauvais pressentiments qu'il avait eus auparavant de cette façon s'étaient souvent réalisés. Il était aux aguets, constamment.
Le dernier soir, alors qu'ils allaient rejoindre le capitaine pour le dîner, Albert ralentit son pas en découvrant que la météo s'était dégradée et que de gros nuages noirs pointaient à l'horizon. Il connaissait la mer. Ils devaient atteindre les côtes Nigérianes à l'aube mais si une tempête s'annonçait, sur un si petit bateau, ils ne pourraient peut-être pas atteindre leur destination finale.
Lorsqu'ils arrivèrent dans la cabine où ils prenaient leurs repas tous les soirs, Albert n'eut que le temps de voir le sourire mauvais de Willys avant de recevoir un coup sur la tête qui le laissa inconscient. Candy hurla.
- Jetez-le par-dessus bord, dit-il à un de ses hommes. Je vais m'occuper de sa mignonne.
Candy se jeta à ses pieds, horrifiée par ce qu'elle venait d'entendre.
- Non, je vous en supplie Monsieur Willys, ne faites pas de mal à mon mari. Je ferai tout ce que vous voudrez mais ne le jetez pas par-dessus bord. Je vous en supplie.
- Pourquoi est-ce que je vous écouterais ? De toute façon, je vous aurez ma mignonne, que vous le vouliez ou non. Venez ici me faire un petit câlin.
- Vous m'aurez, soit, dit-elle avec défi. Mais que voulez-vous dans vos bras Monsieur ? Une femme morte qui attend que la besogne soit terminée ou une femme coopérative, qui participe ? Sauvez mon mari et je vous promets une nuit comme vous n'en avez sûrement jamais connue.
De penser que cet homme immonde puisse poser ses mains sur elle lui donnait la nausée mais si elle devait en passer par là pour sauver Albert, elle accepterait même que tout l'équipage lui passe dessus. Richard Willys réfléchit quelques secondes puis interpela l'homme qui traînait déjà Albert hors de la cabine.
- Attends ! Mets-le dans sa cabine. De toute façon, quand il se réveillera, j'aurai fini de jouer avec sa poupée….
Il rit d'un rire gras, qui fit écho aux rires de ses hommes, avant de cracher du jus de chique sur le sol de la cabine. Candy retint un haut le cœur.
Elle devait gagner du temps. Il fallait qu'elle trouve un moyen d'échapper à cet immonde individu. Elle le vit s'approcher d'elle les yeux remplis de luxure. Elle se déplaça afin que la table soit entre eux. Lorsqu'elle vit que le repas les attendait, elle eut une idée.
- Pourquoi ne pas profiter de ce repas pendant qu'il est chaud ? C'est toujours mieux de faire ça le ventre plein, vous ne trouvez pas ?
- On peut le faire avant ET après, dit-il en faisant le tour de la table pour la rejoindre alors qu'elle la contournait elle aussi pour conserver leur distance.
Il accéléra le pas et elle fit de même. Il lui courut après autour de la table pendant un moment. Voyant qu'il prenait de l'avance, elle commença à paniquer. S'il l'attrappait, s'en était fini. Elle se précipita de l'autre côté de la cabine et se réfugia derrière le canapé. Mauvais calcul, il se précipita sur elle et réussit à l'attraper.
- Viens là ma mignonne. J'adore quand tu fais semblant de vouloir m'échapper, ça m'excite encore plus.
- Lâchez-moi sale brute, dit-elle en tentant de se débattre.
- Oh non je ne vais pas te lâcher, j'ai d'autres projets pour toi garce.
Il la gifla, la traîna par le bras et débarrassa la table d'un geste du bras avant de la coucher dessus. Un homme entra dans la cabine.
- Capitaine, une tempête se prépare. Vous devez venir tout de suite.
- Débrouillez-vous sans moi. Je viendrai quand j'en aurai fini avec elle, dit-il en se retournant vers la porte.
Une fois le marin sortit, il se concentra à nouveau sur Candy. Il arracha son chemisier et sa chemise, et en quelques secondes, elle se retrouva le torse nu. Il commença à lui malaxer les seins tout en l'embrassant dans le cou. Il sentait le tabac et la vinasse. Il tenta de l'embrasser sur la bouche mais elle se débattit en tournant la tête de tous les côtés. Il la plaqua violemment sur la table et la gifla à nouveau.
- Ne bouge pas garce ou ton mari va finir avec les poissons comme je te l'avais promis.
Elle eut à nouveau peur pour Albert et n'osa plus bouger. Elle se laisserait faire si c'était le prix à payer. Il releva sa jupe et arracha son panty. « Le moment est venu. » se dit-elle. Mais contrairement à ce qu'elle pensait, il ne la prit pas tout de suite. Il cracha sa chique et pencha sa tête entre ses jambes. Elle pouvait sentir son souffle sur ses parties intimes et une grimace de dégoût se dessina sur son visage.
- Hum tu sens bon, il doit bien s'amuser avec toi ton mari.
Elle mit ses mains sur ses yeux et commença à pleurer. Elle l'entendit bouger et reconnu un bruit de ceinturon. Elle eut un haut le cœur mais n'ôta pas ses mains de ses yeux. Elle ne voulait pas le voir, il fallait qu'elle se concentre sur autre chose, que son esprit quitte son corps jusqu'à ce qu'il en ait fini avec elle. Le bruit du pantalon tombant sur ses chevilles lui fit penser que le pire allait maintenant arriver. Soudain, elle entendit un bruit sec et sentit un corps s'effondrer sur le sien.
- Viens Candy, il ne faut pas rester là, dit la voix d'Albert.
Elle ouvrit les yeux et vit qu'il se tenait devant elle. Il tenait un révolver à la main et s'était servi de la crosse pour assommer Willys.
- Oh Albert, j'ai eu si peur, dit-elle en se jetant dans ses bras.
- Je suis arrivé à temps on dirait. Allez viens il faut se mettre à l'abri, il y a une tempête dehors.
Ils rejoignirent leur cabine difficilement. Le bateau tanguait énormément par la force des vagues. Une fois dans leur cabine, Albert ressortit quelques instants et revint avec des gilets de sauvetage et deux bouées.
- Change-toi. Mets un pantalon et habille-toi chaudement. L'océan est très froid, surtout dans la tempête. Ensuite, enfile le gilet de sauvetage.
- L'océan est froid ? Qu'est-ce que tu veux dire Albert ? Tu penses qu'on va couler ?
Au moment où elle finit sa phrase le navire chavira soudainement et ils se retrouvèrent tous deux de l'autre côté de la cabine.
- J'en suis sûr. Dépêche-toi de faire ce que je t'ai dit. N'oublie pas de prendre tout ce que tu as de précieux, mets les dans ton sac en bandoulière et enfile le sous tes vêtements.
Pendant que Candy faisait tout ce qu'Albert lui avait ordonné, elle le regardait attacher les deux bouées ensemble avec une corde. Lorsqu'elle fut prête, elle alla se réfugier près de lui. Il la prit dans ses bras et l'embrassa sur le front.
- N'aies pas peur mon amour, je ferai tout pour qu'il ne t'arrive rien.
- Que fais-tu avec ces bouées ?
- Lorsque le bateau sera sur le point de couler, nous les enfilerons et sauterons à la mer. En les attachant, j'espère que nous aurons moins de risques d'être séparés.
- Oh Albert, te perdre deux fois dans la même soirée, je ne pourrais pas le supporter.
Il la regarda, étonné.
- Il voulait te jeter par-dessus bord. Je lui ai promis de le laisser faire tout ce qu'il voudrait de moi s'il te sauvait. Si tu n'étais pas arrivé…
- Chut, n'en parlons plus, dit-il en resserrant son étreinte. Ce chien paiera en coulant avec son bateau.
Ils restèrent silencieux un instant. Albert regardait régulièrement par le hublot pour voir l'évolution de la tempête mais la nuit ne rendait pas les choses faciles. Lorsqu'il vit l'eau inonder progressivement le sol de la cabine, Albert comprit que le bateau ne résisterait pas longtemps avant d'être complètement emporté par une vague.
- C'est le moment, dit-il en attirant Candy. Il faut y aller. Juste avant de sortir, il faudra que nous enfilions les bouées, au cas où nous serions emportés par une vague. Dès que nous serons dans l'eau, il faudra nager le plus vite possible pour ne pas être aspiré par le bateau. Tu es prête ?
- Prête ! Dit-elle avec de grands yeux inquiets.
Ils enfilèrent les bouées et Albert ouvrit la porte de la cabine. Le navire chavira à cet instant et ils furent emportés par une vague comme il l'avait prévu. Ils se serrèrent la main et se laissèrent emmener par l'océan. Le contact avec l'eau fut plus que brutal. L'eau était glacée et son corps se paralysa par le froid. Elle sentit Albert la tirer par le gilet et comprit que malgré le froid, elle devait nager pour survivre.
Ils nagèrent de toutes leurs forces contre les vagues. Chaque mètre gagné à nager était perdu à l'arrivée d'une nouvelle vague. Elle avait l'impression qu'ils faisaient du sur-place. Elle ne sut pas combien de temps s'écoula avant qu'elle ne cesse de nager, épuisée. Albert criait de continuer mais elle ne pouvait plus, toutes ses forces l'avaient abandonnées. Elle entendit la voix d'Albert une dernière fois avant de renoncer, avant de sombrer.
- Non Candy bats-toi, ne renonce pas….
