Chapitre 17 – Une invitée surprise
« Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais.»
Saint Matthieu
Juin mille neuf cent vingt quatre.
Comme chaque année, les Andrew recevaient tout le gratin de la bonne société de Chicago pour un bal de charité qui avait pour but de renflouer les caisses des orphelinats de la ville. Habituellement, la Grand Tante Ellroy en était l'organisatrice, mais comme celle-ci ne se décidait pas à quitter ses neveux (diaboliques) préférés et séjournait toujours en Floride, Albert et Candy s'étaient chargés de prolonger la généreuse coutume.
Le jour venu, à travers un tumulte de serviteurs chargés de petits fours, champagne et autres délices gustatifs, les époux Andrew recevaient leurs invités, à grand renfort de courbettes et de baisemains, dans le vestibule du Manoir.
Une heure après le début d'un défilé digne des plus grandes maisons de coutures parisiennes, kilomètres de soie, satin, taffetas et autres parures de bijoux somptueuses, Candy sentait monter en elle le prétexte de ses quatre mois de grossesse pour se libérer de cette hypocrisie qu'elle détestait tant. Elle s'apprêtait à en faire part à son mari quand elle fut interrompue par une voix qu'elle aurait reconnue entre mille malgré les années écoulées.
- Candy ! Quel plaisir de vous revoir ! Vous êtes sublime ! La sobriété vous va à ravir ! Et la maternité également ! Ca vous en fait combien maintenant, quatre au moins, non ? dit-elle moqueuse en regardant la tenue de Candy qui portait pourtant une sublime robe beige griffée d'un grand couturier parisien.
- Celui-ci sera le troisième, répondit-elle en souriant, refoulant de toutes ses forces l'envie d'étriper son interlocutrice dont le venin illuminait le regard. Isabelle, quelle surprise ! On vous disait sur la Côte Ouest ?
- En effet, et j'y retourne très vite. Dès que j'aurai fini de régler ici une affaire délicate.
Elle se tourna vers Albert, dont le visage avait perdu toutes couleurs. Elle lui caressa le bras d'une main gantée et lui dit, d'une voix sensuelle, assez fort pour que Candy entende :
- William, mon ami, vous nous manquez beaucoup à Los Angeles…
Le cœur de Candy monta dans sa gorge en comprenant le sous-entendu d'Isabelle Livingston. Elle leva les yeux vers son mari dans l'espoir de trouver dans son regard une explication logique aux paroles de cette mangeuse d'hommes. Albert était devenu rouge comme le velours des rideaux du vestibule et commençait à suer à grosses gouttes en foudroyant Isabelle du regard. Satisfaite de son effet, celle-ci alla rejoindre les autres invités avec sur les lèvres un sourire de triomphe, non sans un dernier regard acide vers Candy.
Le monde autour d'elle s'écroulait. Le sol venait de s'ouvrir sous ses pieds et l'aspirait vers les profondeurs abyssales de la Terre. Elle tentait de s'accrocher à ce qu'elle pouvait mais tout lui semblait s'éloigner au fur et à mesure qu'elle s'en approchait. Elle semblait rebondir de part et d'autre de ce trou, noir et infini, qui dévorait son cœur tout en engloutissant son être entier. Loin, très loin du brouillard glacé qui l'entourait, elle distingua faiblement une voix appelant son nom, avant de s'abandonner aux ténèbres.
oooooo
Candy ouvrit les yeux sur le visage de son médecin.
- Et bien ma chère, vous nous avez fait une sacrée peur ! dit-il avec un sourire chaleureux.
- Que s'est-il passé ? demanda-t-elle en se relevant.
Elle découvrit qu'elle se trouvait dans sa chambre, allongée sur son lit et soudain, tout lui revint en mémoire.
- Vous avez perdu connaissance. Je pense que vous êtes restée trop longtemps debout par cette chaleur. Ce genre de chose n'est pas bon pour le bébé. Mais ne vous inquiétez pas, tout va bien pour vous et pour l'enfant, la rassura-t-il. Je vais aller chercher votre mari, il était très inquiet.
- NON ! S'exclama-t-elle en retenant le bras du médecin. Je souhaite rester seule. Il doit rester avec nos invités. Je vais bien maintenant, ne vous inquiétez pas, je souhaiterais me reposer.
Il la regarda tout d'abord avec étonnement, puis lui sourit.
- C'est d'accord Candy, je vais demander qu'on ne vous dérange pas.
- Merci Docteur, répondit-elle, reconnaissante.
Lorsqu'il fut sorti, elle se précipita vers la porte pour la fermer à clef. Elle savait qu'Albert n'accèderait pas à sa requête et viendrait lui parler. Et elle s'en sentait incapable. Elle ne pouvait supporter de croiser son regard coupable. Car elle savait qu'il le serait. Comment pourrait-il nier ? Il avait quasiment disparu de sa vie pendant presque quatre mois, qu'il avait passé à Los Angeles. Maintenant tout était clair dans son esprit. Quelle idiote elle avait été. Un homme qui fuit le domicile conjugal comme il l'avait fait, allait forcément en rejoindre une autre. Et quelle autre ! Elle refoula un haut le cœur. Isabelle Livingston ! Comment avait-il pu ? Elle représentait tout ce qu'il détestait chez une femme. Et pourtant, il l'avait prise pour maitresse. Elle se souvenait maintenant avoir entendu, dans des salons, certaines femmes parler de son nouvel amant. Un homme marié de la bonne société de la Côte Est. Elles avaient essayé de mettre un nom sur ce mystérieux amant, demandant même l'avis de Candy qui ne s'intéressait pas à ce genre de commérage. Et elle en était le dindon de la farce ! Quelle ironie !
Elle se dirigea vers la porte-fenêtre et l'ouvrit en grand. Elle avait besoin d'air. Albert l'avait trompée pendant plusieurs mois, peut-être encore maintenant. Elle repensa à la façon dont il avait réagit lorsqu'il avait appris son infidélité, la façon dont il l'avait traitée. Ne l'avait-il pas déjà suffisamment punie en lui enlevant son enfant ? Certes elle l'avait trompé, mais pas avec n'importe qui. Avec l'homme qu'elle aimait le plus au monde. Ce n'était pas un simple adultère, c'était juste une revanche sur le cruel destin qui les avait séparés. Mais lui… avec elle…
Elle sentait les larmes lui brûler les yeux quand elle entendit quelqu'un tenter d'ouvrir la porte.
- Candy ouvre !
Elle en était sûre, il ne respectait même pas son besoin d'intimité dans un moment aussi difficile.
- Candy, s'il te plait, ouvre la porte. Je vais t'expliquer.
Sa voix s'était adoucie. Quelle stratégie avait-il choisi ? S'offusquer qu'elle puisse le croire coupable et continuer le mensonge, ou la vérité, l'aveu ?
- Candy… parle-moi…
Sa voix était devenue un murmure. Elle distinguait maintenant des sanglots et quelque chose qui glisse le long de la porte. La vérité donc…
- Candy, je t'en supplie…
Oui, elle en était sûre maintenant, il pleurait. L'heure était aux aveux.
- J'ai voulu t'en parler, plus d'une fois, mais j'avais tellement peur…
Son visage, rouge et mouillé de larmes, se déformait maintenant dans une grimace d'agonie. Deviner est une chose, la vérité en est une autre. Elle marcha lentement vers la porte et s'assit par terre en appuyant sa tête contre le bois, comme il l'était sûrement de l'autre côté.
- Ce n'est pas ce que tu crois, continua-t-il lorsqu'elle fut assise, comme s'il l'avait entendu. Je ne l'ai jamais aimée, au contraire… Ce genre de femme… Elle me dégoûte à vrai dire. J'étais tellement malheureux Candy ! Tu me rejetais tout le temps, tu me regardais comme si j'étais un monstre et j'ai fini pas me convaincre que tu avais raison…
Elle étouffa un gémissement de douleur mais ne pu empêcher ses sanglots. Elle l'entendit bouger, se rapprocher, comme s'il voulait la prendre dans ses bras malgré la porte qui les séparait.
- J'ai cumulé les voyages parce que je ne supportais plus tes regards, ta froideur. Je me sentais si seul, rejeté.
La déchirure dans son cœur s'élargie. Le poignard qu'il y avait planté s'enfonçait un peu plus à chacune de ses paroles. Elle était fautive ! Il s'était jeté dans le lit d'une autre à cause d'elle ! Était-ce ce qu'il était en train de lui dire ?
- Je la rencontrais souvent… par hasard. Je comprends maintenant que le hasard n'avait rien à voir là dedans mais à l'époque, rien n'avait d'importance. La seule femme que j'ai jamais aimée me détestait. Je n'étais qu'une coquille vide. Je l'ai repoussée plusieurs fois jusqu'à ce que je n'en aie plus la force. J'avais besoin de me sentir aimé à nouveau, j'avais besoin de toi mais à chaque fois que je rentrais après plusieurs semaines d'absence, tu m'accueillais toujours avec la même froideur. Alors j'ai craqué.
Son visage n'était que larmes mais désormais, seuls quelques sanglots venaient la secouer de temps à autres. Elle n'avait plus de force, elle était vide.
- Mais ça n'a jamais été quelque chose de romantique, ni même de passionné. Je n'ai pas envie de te parler de ça mais … j'ai l'impression de n'avoir jamais été présent à ces moments. Mon corps était là, mais mon esprit était dans le brouillard épais dans lequel je me réfugiais pour oublier ce que j'étais en train de faire.
Elle cacha son visage derrière ses mains pour masquer une nouvelle grimace de douleur. L'image d'Albert faisant l'amour à « cette femme » lui était insupportable.
- Je ne l'ai pas vue souvent, je la fuyais le plus possible. Mais cette femme est diabolique et moi, j'étais faible… Je sais que ce n'est pas une excuse.
Il avait dit cette dernière phrase entrecoupée de gros sanglots. Il agonisait autant qu'elle.
- Elle s'est vengée aujourd'hui parce que je ne veux plus d'elle. Candy mon amour, c'est fini depuis longtemps maintenant. Il n'y a que toi, il n'y a jamais eu que toi…
Il pleurait toujours, bruyamment, comme un enfant, mais elle en avait entendu assez. Elle se leva et se dirigea vers la salle de bain dont elle claqua la porte suffisamment fort pour qu'il comprenne que la conversation était finie.
Il resta là, à sangloter, assis par terre contre la porte de leur chambre qui avait été le témoin de tant de moments heureux. Puis, après de longues minutes d'agonie, il se releva. Il prit l'escalier de service qui menait aux cuisines et se faufila jusqu'à son bureau, non sans croiser quelques employés qui le regardaient avec inquiétude. La fête battait son plein mais il n'en avait cure. Il s'était assuré qu'Archi et Annie les remplacent dans leur rôle d'hôtes, prétextant, si on leur demandait, qu'Albert préférait rester au chevet de son épouse. Il ne souhaitait qu'une chose maintenant, noyer son chagrin dans l'alcool.
Candy était allongée sur son lit. La nuit était tombée et le vent chaud qui soufflait à travers la fenêtre ouverte ne parvenait pas à sécher ses larmes. Elle repassait indéfiniment dans sa tête la confession d'Albert. Huit ans de mariage, de tromperies, de mensonges. Comment en étaient-ils arrivés là ? Était-elle coupable ? Elle avait été celle qui, par sa faiblesse, avait rompu les liens si forts qui les unissaient. Elle regarda son alliance et caressa son ventre. Qu'allait-il advenir de cet enfant qui grandissait dans son ventre, et des deux autres, déjà fragilisés par les longs mois où leur père avait été absent, si elle décidait de le quitter ? Avait-elle le droit de lui en vouloir et de le punir quand il lui avait pardonné sa nuit d'amour avec Terry ? Oui mais sa situation était différente. Albert avait lui-même reconnu qu'il savait qu'ils finiraient par se retrouver indubitablement. Ils s'aimaient et auraient dû être ensemble. Mais cette femme, il ne l'aimait pas, c'était juste une aventure. Il avait tout risqué pour une simple aventure…
Elle réfléchit longuement à leur situation, à ce qui s'était passé durant l'année passée, aux options qui s'offraient à elle. Elle se demandait si elle serait capable de lui pardonner, si elle supporterait à nouveau ses caresses en sachant que son corps avait appartenu à une autre. Mais à chaque nouvelle question, une petite voix dans sa tête lui prouvait toujours que l'amour pouvait tout pardonner.
« Ne t'a-t-il pas pardonnée ? N'a-t-il pas réussi à surmonter le fait qu'un autre t'avais possédée ? Lui, si jaloux, si possessif ? Ne t'a-t-il pas donnée une seconde chance ? N'a-t-il pas droit à l'erreur comme chaque être humain ? Qui es-tu pour le juger ? »
Une dernière question lui ôta tous les doutes qui lui restaient encore.
« Si Albert mourrait demain, pourrais-tu continuer à vivre en sachant que tu ne lui avais pas pardonné ? »
Ca lui fit l'effet d'un choc. Il l'aimait et elle aussi. Il était faible, comme elle l'avait été. Ils ne pouvaient pas vivre l'un sans l'autre, ils le savaient tous les deux. Ils étaient une famille et les enfants ne devaient pas payer à cause de leurs erreurs. Oui elle lui pardonnerait comme il lui avait pardonné.
Elle se précipita devant son miroir pour vérifier son reflet. Elle était affreuse. Même une tonne de maquillage ne parviendrait pas à masquer ses yeux rouges et son visage boursoufflé. Elle ne pouvait retourner à la réception à la recherche d'Albert dans cet état. Elle sonna Dorothée, en espérant qu'elle l'entende dans le brouhaha du rez-de-chaussée.
Quelques minutes plus tard, la jeune femme se présenta. Son visage trahit son étonnement devant le visage ravagé de Candy mais elle n'en fit pas la remarque.
- Madame m'a demandé ?
- Oui Dorothée, j'aimerai voir mon mari. Pouvez-vous me l'envoyer ?
- C'est que… commença-t-elle gênée.
- Oui ?
- Monsieur s'est enfermé dans son bureau il y a plusieurs heures et j'ai bien peur qu'on ne puisse le déranger.
Candy comprit le sous-entendu. Albert s'était enfermé pour boire. A l'heure qu'il est, il ne devait pas être beau à voir. Elle réfléchit quelques instants.
- Accompagnez-moi. Je vais descendre par l'escalier de service. Débrouillez-vous pour que personne ne passe devant le bureau d'Albert avant que je n'y sois entrée. Je ne veux pas qu'on me voit.
- Bien Madame. Je vais aller fermer la porte qui donne sur le vestibule.
- Merci Dorothée, lui dit-elle en lui serrant la main.
La jeune femme lui répondit par un sourire. Après de longues années de bonheur, ses employeurs traversaient une période difficile, tous les gens de la maison le savaient, et elle les appréciait trop pour ne pas les aider à sa manière.
Candy arriva enfin devant le bureau d'Albert après que Dorothée l'ait assurée qu'elle ne rencontrerait personne. Elle tenta d'entrer mais la porte était fermée à clef. Elle sourit intérieurement. Une fois encore, les rôles s'inversaient. Le jeu du chat et de la souris…
- Albert, ouvre-moi s'il-te-plait, dit-elle en frappant à la porte.
Quelques instants plus tard, la clef tourna dans la serrure mais la porte ne s'ouvrit pas. Après un froncement de sourcils, elle saisit la poignée et entra dans le bureau. Elle le trouva assis dans un fauteuil devant la cheminée, lui tournant le dos. Il avait à la main une bouteille d'alcool ambré qu'il buvait à même le goulot en l'observant à travers le reflet que lui renvoyait la fenêtre. Il avait le visage aussi rouge et boursoufflé que le sien. Elle sourit à nouveau intérieurement. « Quel couple harmonieux nous faisons… ».
- Tu es venue m'annoncer que tu demandes le divorce ? Demanda-t-il d'une voix pâteuse entre deux gorgées d'alcool.
Elle avança, contourna le fauteuil et se dressa devant lui. Son regard était sombre mais ses yeux pleuraient toujours.
- Tu as raison, tu mérites mieux que moi, dit-il sans la regarder, observant toujours son reflet dans la fenêtre. J'avais tout ce que je désirais et j'ai tout gâché pour quelque chose dont je n'ai tiré aucune satisfaction. Toi au moins tu m'as t…
Elle posa ses doigts sur sa bouche pour le faire taire. Il releva la tête pour croiser son regard. La détresse et l'agonie qu'elle y lu étaient sans commune mesure avec la dernière fois qu'elle l'avait vu pleurer, lorsqu'elle avait fait sa fausse-couche. Elle le regarda tendrement et fit « non » de la tête. Elle s'agenouilla devant lui et posa sa tête sur ses genoux.
Il n'osait pas bouger, n'osait pas poser sa main sur ses cheveux. Il avait peur de rompre le charme, peur de se réveiller s'il était en train de rêver.
- Ne parlons plus de ça. Ne parlons plus de ces horribles choses que nous nous sommes faites et qui nous ont fait tellement souffrir. Nous sommes une famille et rien ne doit changer cela. Nous nous sommes mariés pour le meilleur et pour le pire, et nous avons vécu les deux. Je ne veux pas savoir ce qui s'est passé, je ne veux rien entendre. Je veux oublier et continuer à vivre, avec toi et avec nos enfants. Non je ne demanderai pas le divorce pour les mêmes raisons que toi, en octobre dernier parce que je t'aime et que je ne peux vivre sans toi. Il n'y a plus rien à dire, nous sommes à égalité. Nous avons prouvé que nous étions aussi faibles l'un que l'autre. Personne n'est parfais et nous avons voulu nous persuader que l'autre l'était. Et bien non. Nous ne sommes que des êtres humains imparfaits et il faudra apprendre à vivre avec cela. Comment veux-tu que je te montre du doigt quand tu m'as pardonnée ?
- Oui mais…
- Chut ! Ne me cherche pas des excuses pour t'en vouloir. Je comprends aujourd'hui ce que tu as ressenti l'an dernier. Ce n'est que le juste retour des choses, de comprendre ce que l'on a fait à l'autre. Laissons tout cela derrière nous veux-tu, je suis lasse des mélodrames. Je suis lasse, tout simplement.
Elle le sentit bouger et releva la tête. Il vint s'agenouiller auprès d'elle et elle vit son menton bouger, essayant de contenir de nouveaux sanglots. Elle lui ouvrit les bras et il enfuit la tête dans son cou, libérant enfin ses larmes.
- Oh Candy, j'ai eu si peur. Je pensais que tu allais me quitter, que tu me détestais. Je ne mérite pas ton pardon. Ma merveilleuse petite femme. Je t'aime tellement. J'en mourrais si tu me quittais. Je te promets que je ferai tout pour te rendre heureuse.
Elle eut un sourire triste.
- Pas de promesses…
Il releva la tête et la regarda dans les yeux.
- Tu ne me crois pas ?
- Tu m'as dit la même chose en octobre dernier.
Il replongea la tête dans son cou et pleura de plus belle.
- Tu as raison. Je ne fais que des promesses que je ne sais pas tenir. Comment peux-tu rester avec quelqu'un comme moi ?
- Chuuutt ! Ca suffit maintenant, calme-toi, lui dit-elle tendrement en le berçant.
