Petit mot de l'auteur : Désolé pour l'attente ! Pour me faire pardonner, je vous épargne mon petit blabla d'introduction ;) Bonne lecture !
Le Docteur et le Maître restèrent assis là en silence pendant quelques seconds. Les vagues étaient les seules à briser le silence avec leur doux sifflement, tandis qu'elles venaient s'écraser sur la plage avant de repartir pour mieux revenir et repartir encore.
Le Maître n'était pas très sûr de ce qu'il devait dire en réponse aux mots du Docteur. Il avait besoin de réfléchir. C'était un sujet assez délicat : le Maître était très heureux que le Docteur ai enfin surpassé la perte de Rose, mais il était sûr que le Docteur était encore très fragile. Mais le silence commençait à se changer en une tension insoutenable, et le Maître dut donc se résoudre à dire quelque chose :
- Pourquoi moi ? N'y a-t-il aucune autre personne qui te viendrait à l'esprit ?
- Pas une seule, dit le Docteur en tournant la tête pour regarder le Maître. Bien sûr, il y a pleins de personnes qui sont spéciales à mes yeux. Mais aucune d'entre elles ne sait réellement ce que j'ai traversé. Toi, tu sais tout, ou du moins, tu peux comprendre.
- Ouais.
- Je suis heureux que tu m'aies convaincu de te laisser m'aider. Et pas seulement concernant Rose …
Le Docteur se mit à nouveau à admirer l'océan.
- Ouais, était la seule réponse que réussissait à formuler le Maître.
- Hé, Maître, dit le Docteur en se rallongeant, appuyé sur ses coudes.
- Oui, Docteur ?
- Je peux te demander quelque chose ?
- N'importe quoi, répondit le Maître.
- Est-ce que tu … Enfin, je veux dire, comment … Qu'est-ce que tu ressens pour moi, exactement ?
Le Docteur s'étendit complètement sur sa serviette et croisa ses bras derrière sa tête.
- C'est une bonne question, dit le Maître. Je pense que, quand je t'ai embrassé tout à l'heure, j'étais tellement secoué par tout ce qui était arrivé que je n'ai pas pu m'en empêcher. Comme je te l'ai déjà dit, personne ne pouvait entendre les tambours, et puis tu as réussi, et tu as refusé de m'abandonner à mon sort. Mais je pense que c'est plus profond que ça.
Le Docteur ne put s'empêcher de hausser un sourcil, d'étonnement. Le Maître continua :
- Je veux dire, nous étions amis, sur Gallifrey, avant que les tambours ne détruisent ma vie. Et même après ça, c'était comme si nous étions resté amis. Je veux dire, nous étions ennemis et tu me courrais tout le temps après en essayant de m'arrêter, mais nous étions toujours amis. Notre amitié n'a jamais vraiment disparu. C'était comme si tu voulais protéger tout le monde de moi, y compris moi-même. Et ça, c'est être un véritable ami.
- Tu as raison. Je n'ai jamais cessé de te considérer comme un ami. A ce moment là, je ne savais pas ce qu'étaient les tambours, mais … On a juste continué à courir l'un après l'autre, dit le Docteur. Mais, tout ça ne répond pas vraiment à ma question. Si tu n'as pas envie de répondre, c'est pas grave, mais dit-le …
- Je n'avais pas encore fini, répondit le Maître. Quand je pense à tout ce que nous avons traversé, ensemble et séparément … Et tu as toujours été la seule personne qui semblait s'intéresser à ce qu'il pouvait m'arriver, tu sais. Donc je pense que … ce que je ressens en ce moment … n'est qu'une version plus intense de ce que j'éprouvais alors. Un sentiment différent, mais similaire, dans le fond.
- Et quel est ce sentiment ? demanda le Docteur.
- Docteur … Je t'aime. Et j'en suis désolé.
- Pourquoi es-tu désolé ? Je suis content que tu sois franc à ce sujet, dit le Docteur.
- Je sais que tu as dit que tu en avais fini avec Rose, mais je ne veux pas que tu prennes tout cela à la légère. Tu ne devrais pas précipiter les choses. Et je ne veux pas te mettre mal à l'aise.
- Ne t'inquiète pas pour ça. Tu as raison. Rose est partie, et elle ne voudrait pas que je sois malheureux. Je l'aime toujours, mais plus comme avant. Maintenant, c'est plus comme une profonde et sincère affection pour tout ce qu'elle était, pour tout ce qu'elle a fait pour moi. Ce n'ai pas aussi douloureux que ce que je pensais, dit le Docteur en fermant les yeux.
- Si tu es sûr que ça va …
- Oui, j'en suis sûr, insista le Docteur.
- Alors, vas-tu me dire ce que toi tu ressens pour moi ?
Le Docteur ne dit pas un mot. Le cœur du Maître lui faisait de plus en plus mal à chaque seconde qui passait.
- Enfin, Docteur, moi j'ai répondu à ta question ! Dis-le, tout simplement. Si tu n'éprouves pas la même chose, je peux le comprendre. Je te promets de ne pas rendre la situation trop difficile. Et si tu veux que je m'en aille, je le ferai.
- Tu vois, c'est ça qui rend tout si compliqué. Je n'ai pas envie de te voir partir, et je ne te forcerais jamais à le faire. Surtout maintenant, parce que j'ai besoin de toi. Mais je ne sais pas si … C'est juste que je ne sais pas. Tu peux faire des choses que personne d'autre ne peut faire. Comme rendre quelque chose compliqué pour moi, par exemple. Ou bien m'aider à dépasser mon histoire avec Rose. Je n'avais encore jamais laissé personne entrer dans ma tête. Je n'y avais même jamais pensé. Mais toi, je t'ai laissé entré, sans restriction, et je t'ai montré mes souvenirs. Je ne laisserais personne d'autre faire ça. Mais je savais juste que tu ne me ferais pas de mal, que je pouvais te faire confiance.
- Je ne te ferais jamais de mal. Jamais volontairement, du moins, dit-le Maître, une pointe de douleur dans la voix.
- Je le sais bien. Et je sais que je … ressens quelque chose pour toi. Mais je ne peux pas te dire quoi, parce que je n'en ai aucune idée, admit le Docteur.
- Tu ne peux pas me le dire parce que tu ne sais pas ce que c'est ? Ou parce que tu ne veux pas le reconnaitre ? demanda le Maître.
Il s'empressa de se rapprocher du Docteur. Peu lui importait s'il n'était plus sur sa serviette et qu'il avait du sable partout sur lui. Il voulait juste se sentir plus proche de Docteur, en cet instant. Et il était si près de lui que le Docteur pouvait sentir son odeur, mais il ne le remarqua pas.
- Je ne sais pas, dit le Docteur.
- Si, tu le sais, chuchota le Maître.
Le Docteur tressaillit, n'ayant pas vu que le Maître s'était autant rapprocher de lui. Le Maître posa une main sur la poitrine du Docteur, juste au-dessus de ses cœurs.
- Admets-le, tu ne peux toujours pas le dire. Rose a dû se retrouver bloquée dans une autre dimension uniquement pour entendre ton clone le dire. Je veux t'entendre le dire. S'il te plait.
- Je ne peux pas. Je ne veux pas …
Le Docteur ne trouvait pas les mots. Devait-il vraiment exprimer ses sentiments ?
- Tu ne veux pas quoi ? Écoute, Docteur, je ne veux pas te forcer, je sais que c'est dur. Mais s'il te plait, fait un effort ! De quoi as-tu peur ? dit le Maître d'une voix apaisante.
- Peur ? demanda le Docteur. Je n'ai peur de rien !
- Oh que si ! Tu avais peur de mettre Rose en danger, argumenta le Maître. Et bien, je vais sans doute me mettre plus en danger que tu ne pourrais jamais le faire, donc tu n'as pas besoin de t'inquiéter pour ça. Et tu étais triste que vous ne puissiez pas vieillir ensemble. Et bien, peu importe car nous allons tout deux vivre encore très, très longtemps. Je ne vois donc rien qui puisse t'en empêcher, à part peut-être le fait qu'en vérité tu me détestes, et que je ne fais que me ridiculiser en pensant que tu pourrais ressentir autre chose pour moi.
- Je ne te déteste pas, Maître, et tu le sais. Mais tu as raison à propos de tout le reste. Je ne sais vraiment pas quoi te dire. Je ne sais pas ce que je ressens. Je veux dire, tu n'es plus sous l'emprise des tambours que depuis très peu de temps. Je pense que pour le moment, on s'en sort bien comme amis, mais si quelque chose de plus apparaît, et bien on suivra le mouvement et on verra bien où ça nous mènera. Mais pour l'instant, je ne suis pas prêt à t'offrir autre chose que mon amitié.
- D'accord, répondit le Maître. Si c'est ce que tu veux. Tant que je peux voyager avec toi, ça me suffit amplement. Pour le moment.
- Merci, dit le Docteur.
- Une dernière chose.
- Oui, Maître ?
Le Maître attrapa l'un des bras du Docteur posée sous sa tête et prit sa main dans la sienne.
- Désolé, mais on n'est pas mieux comme ça ?
- Si, c'est vrai.
- Ça te gène si on reste comme ça pendant quelques instants ? demanda le Maître.
- Non, bien sûr que non, répondit le Docteur en sentant la main du Maître serrer doucement la sienne.
Et ils restèrent là, allongés sur le sable, main dans la main. Même si le Docteur n'était pas sûr de ses sentiments, il n'avait aucune envie de bouger. Et il savait que le Maître n'en avait pas envie non plus. Donc ils restèrent juste allongés là, à penser : le Docteur réfléchissait à ce qu'il devait faire quant aux sentiments du Maître pour lui, et le Maître à où ils allaient voyager ensuite.
Ils avaient l'impression de n'être sur cette plage que depuis quelques minutes quand le soleil commença à se coucher.
- Depuis combien de temps on est là ? demanda le Maître.
- Je n'en ai aucune idée. Peut-être une heure ou deux, répondit le Docteur. Je croyais que tu avais une montre ?
- Non.
- Ah bon ? dit le Docteur. On devrait peut-être retourner au TARDIS, tu ne crois pas ?
- Si, sans doute.
Mais aucun d'eux ne bougea pendant plusieurs minutes. Puis le Docteur lâcha la main du Maître, et tous les deux s'assirent.
- Maître ?
- Quoi ?
- Est-ce que ça va aller ? De voyager avec moi ? Tu sais que je ne peux rien te promettre.
Le ton du Docteur se voulait sérieux, mais une pointe de tristesse transparaissait malgré tout.
- Je le sais. Et ça me va très bien, car nous deux voyageant à bord du TARDIS, ça va être génial.
- Parfait ! Alors viens, lèves-toi, dit le Docteur en se levant puis en tendant la main au Maître.
Il l'aida à se relever, et ils restèrent là à se regarder pendant quelques secondes. Puis ils marchèrent côte à côte en direction du TARDIS. Une fois à l'intérieur, le Docteur resta devant les commandes, indécis.
- Que dirais-tu que l'on mette le TARDIS quelque part où on pourrait la cacher, et que l'on se repose un peu ? Je sais que nous n'avons pas vraiment besoin de dormir, mais je pense que ça pourrait nous faire du bien, de laisser nos cerveaux au calme, après tout ce que nous avons traversé.
- Je trouve que c'est une idée merveilleuse, Docteur ! répondit le Maître, en réalisant qu'il était effectivement très fatigué.
Le Docteur sourit au Maître par-dessus les commandes, et le cœur du Maître rata presque un battement. Il s'avança jusqu'au Docteur, mit un bras autour de sa taille et emprisonna le visage du Docteur de son autre main.
- Je suis désolé, mais est-ce que je … juste une dernière fois ? S'il-te-plaît, après je te promets que je te laisserai tranquille avec ça, chuchota le Maître avec une pointe de désespoir dans la voix.
- Hein ? Ah … J'imagine que ça ne peut pas vraiment faire de mal. Vas-y.
- Tu es sûr ? Je ne veux pas que…
- Maître, fais-le.
Le Docteur avait à peine fini sa phrase que les douces lèvres du Maître étaient déjà sur les siennes. Ce baiser était presque le même que le précédent, mais en plus doux. Le Maître profita au maximum de cet instant, puis il se recula quand il sut qu'il était temps d'y mettre fin.
- Merci.
- De rien. Bon, il faudrait que tu te trouve une chambre, si tu veux pouvoir te reposer. Ça ne devrait pas poser de problème, vu qu'il y a plusieurs chambres d'amis dans le TARDIS. Il te suffira de penser au mot « chambre » quand tu te baladeras dans les couloirs, et elle te conduira à l'une d'elles.
- D'accord. Donc on se revoit tout à l'heure, quand je me réveillerai, dit le Maître tandis qu'il avançait dans les couloirs du TARDIS.
- Oh, et si tu veux te changer, il te suffit de penser à « dressing ».
- Pas de soucis !
Petit mot de l'auteur : Alors, ça vous a plu ? N'hésitez pas à le dire, ou même à la crier ! Et pour cela, rien de mieux qu'une petite review, non ?
Au fait, la place de béta est toujours vacante, si quelqu'un est soudain intéressé ;)
