Petit mot de l'auteur : Désolé pour le délai, mais j'ai repris les cours donc j'ai un peu moins de temps à consacrer à ma traduction. Mais vous pourrez constater avec bonheur que ce chapitre est bien plus long que le précédent. Sur ce, bonne lecture !


Le Maître déambula dans les couloirs du TARDIS pendant ce qui lui sembla être des heures. Le Docteur lui avait dit que s'il pensait très fort au mot "chambre", alors il arriverait à la destination souhaitée. Mais pour l'instant, il n'avait pas vu l'ombre d'une pièce contenant un lit : il était tombé sur des salles-de-bain, des cuisines, des buanderies, des bureaux, et toutes sortes de pièces des plus étranges, mais pas la moindre chambre. Finalement, il abandonna ses recherches et décida de retourner auprès du Docteur. Malheureusement, il ne parvint pas à retrouver la salle de contrôle. Il était pourtant revenu sur ces pas, en faisant bien attention à refaire le même chemin en sens inverse, mais il ne reconnaissait rien. Pire, il avait la sensation de s'enfoncer de plus en plus profondément au cœur du vaisseau. Frustré et épuisé, le Maître ne vit plus qu'une seule solution : il cria le nom du Docteur à pleins poumons.

Le Docteur, en entendant l'appel du Maître, pensa qu'il lui était arrivé quelque chose et se précipita à son secours. Cela ne lui prit que quelques secondes pour le rejoindre : il répéta inlassablement dans sa tête "Maître" et les couloirs du TARDIS se déformèrent de telle façon qu'ils le menèrent directement à lui.

- Quoi ? Que se passe-t-il ?

- Comment as-tu fait pour arriver si vite ? demanda le Maître.

- C'est le TARDIS, elle m'a mené à toi.

- C'est impossible ! J'ai fait exactement ce que tu m'as dit, et regarde où j'ai atterri ! dit le Maître, faisant référence à la bibliothèque de style gothique devant laquelle ils se trouvaient.

- Je vois. Je suppose que le TARDIS essaye de se venger de tout ce que tu lui as fait subir. Tu sais, la machine à paradoxe, tout ça ... Elle doit sans doute penser que tu es un traître et que tu n'es là que pour la récupérer. Mais si je lui dis de te laisser tranquille, elle le fera.

- Mais oui, bien sûr.

- Non, vraiment, elle le fera !

- Arrête de parler du TARDIS comme si c'était une personne !

- Peut-être que si je t'emmène avec moi, elle ne te fera rien.

- Très bien, Docteur. Après-toi.

Le Docteur commença à avancer à travers les couloirs et le Maître tenta de le suivre, mais sans succès. Ils furent séparés presque instantanément et le Maître se retrouva encore perdu.

Le Docteur continua d'avancer pendant un moment avant de réaliser que le Maître n'était plus là. Il soupira, puis alla le rejoindre.

- Ton vaisseau me déteste, dit le Maître quand le Docteur apparu au détour d'un couloir.

- Je ne pense pas qu'elle te déteste vraiment, sinon, elle aurait fait pire, crois-moi ! Non, elle prend juste sa revanche sur toi, en te faisant tourner en rond.

- Et comment je suis supposé me trouver une chambre dans ces conditions ? gémit le Maître, agacé mais surtout attristé.

- Prends ma main. Elle m'emmène toujours où bon me semble. Si tu t'accroches à moi, elle ne pourra rien faire. Elle n'oserait pas !

- Très bien. Mais est-ce que ça veut dire que tu devras me tenir la main à chaque fois que je voudrais aller quelque part ? demanda le Maître.

- Oui, mais juste le temps que le TARDIS réalise que tu n'es pas un intrus.

Le Docteur attrapa la main du Maître et l'entraina avec lui. En quelques pas, ils se retrouvèrent devant une grande porte en bois.

- Et voilà ! Cette chambre peut devenir la tienne.

- Merci.

- Mais de rien. Repose-toi. Après, nous irons dans un endroit fantastique !

Le Docteur ouvrit la porte pour le Maître, qui disparut à l'intérieur de ce qui était à présent sa chambre.

Le Docteur se dirigea alors vers sa propre chambre, où il s'empressa de grimper sur son immense lit aux couvertures rouges. Il s'allongea et tenta de trouver le sommeil. Mais dés qu'il commença à plonger dans les bras de Morphée, quelque chose le ramena à la réalité. Son corps était épuisé, mais son esprit refusait de s'abandonner au repos. Alors il se leva et décida d'aller se balader dans son cher vaisseau, dans l'espoir de découvrir une pièce oubliée, par exemple. Il passa devant de nombreuses pièces, mais aucune d'elles ne retinrent son attention. Jusqu'à ce qu'il arrive devant la chambre qu'il avait attribué au Maître. Il réalisa alors qu'il avait forcément dû penser au Maître pour se retrouver là, et décida d'aller se recoucher. Il allait tourner les talons quand il entendit une plainte étouffée venant de la chambre.

Le coté chevaleresque du Docteur lui fit se demander si quelque chose ou quelqu'un était à l'intérieur, en train de faire du mal au Maître. Il ouvrit donc la porte, silencieusement, et se faufila à l'intérieur de la chambre, son tournevis à la main. Il entendit alors clairement la voix : ce n'était personne d'autre que le Maître lui-même. Le Docteur se glissa tout près du lit de taille moyenne au milieu duquel son ami était endormi, à moitié recouvert d'une couverture noire épaisse. Il gigotait un peu, sans doute aux prises avec un cauchemar, selon le Docteur. Alors qu'il se rapprochait encore, il put distinguer les mots qu'il prononçait :

- Désolé ! Je suis désolé ! S'il te plait. Ne fais pas ça ! Je ne voulais pas !

Et il put voir des larmes couler le long des joues du Maître, tandis qu'il continuait :

- Docteur. Pardon ! Les tambours … J'ai mal ! Je t'en pris, ne m'abandonne pas. Je suis désolé …

Le Docteur ne put le supporter. Les mots continuaient d'affluer et il souffrait de le voir comme ça. Il s'assit donc au bord du lit et se tourna de telle façon qu'il puisse se pencher légèrement au-dessus du Maître. Il caressa doucement sa joue en chuchotant :

- Maître … Maître, réveille-toi. Allez … C'est juste un mauvais rêve, Maitre.

Alors les cris et les pleurs cessèrent, et les yeux embués du Maître s'ouvrirent et se posèrent sur lui.

- Que se passe-t-il ? demanda le Maître, toujours à moitié endormi.

- Tu faisais un cauchemar. Je t'ai réveillé parce que … Et bien, tu avais l'air plutôt effrayé. Tu pleurais.

- Ah oui, je me souviens, dit-il en reniflant. Je rêvais que tu m'avais renvoyé sur Gallifrey avec les Seigneurs du Temps. Et les tambours étaient toujours là, à me hanter. Ils ne voulaient pas me laisser partir, et tu n'allais pas revenir me chercher, et …

Le Maître recommença à pleurer, mais pas avec autant de force que précédemment.

- Oh, Maître. Ce n'était qu'un rêve ! Je n'aurais jamais fait ça. Regarde, je suis là. Tu vas bien. Il n'y a aucun tambour, et nous sommes les seuls Seigneurs du Temps encore en vie. Ils ne peuvent plus te faire de mal. Et même si c'était le cas, je ne les laisserais pas faire.

- Merci, dit le Maître d'une voix éraillée par la peine, mais aussi le soulagement.

- Tu veux que je reste un peu avec toi ? demanda le Docteur. Je n'ai aucune envie que tu fasses d'autres cauchemars.

- Tu ferais ça ? supplia le Maître. S'il te plaît, juste le temps que je m'endorme. Je me sentirais vraiment plus en sécurité si je sais que tu es là, avec moi.

- Mais bien sûr.

Le Maître attrapa la chemise du Docteur du bout de son index, et l'enroula autour de son doigt. Une fois bien installé, le Docteur remonta la couverture sur eux deux. Dans son mouvement, sa main effleura le jean du maître.

- Maître, tu portes toujours ton jean ? Je t'avais pourtant dit que tu pouvais emprunter des vêtements, pourquoi tu n'as pas pris un pyjama ?

- Je me suis perdu, tu te souviens ? répondit-il d'une voix endormie. Une fois arrivé ici, je n'ai pas eu envie de ressortir.

- Oh, tu aurais du me le dire !

- Mais je ne l'ai pas fait, dit le Maître en enfonçant son visage dans le cou du Docteur.

- Bon, tu devrais dormir un peu. Tu es sans doute encore plus épuisé qu'avant, avec tous ces cauchemars.

- Oui. Mais s'il te plaît, reste, ne part pas avant d'être sûr que je suis endormi.

- Je n'irais nulle part, même quand tu te seras endormi. Je veux être là pour m'assurer que tu vas passer une bonne nuit.

- C'est gentil. Merci, Docteur.

- De rien … répondit ce dernier, un peu gêné.

Puis il entendit la lente et calme respiration du Maître, signe qu'il s'était endormi. Il sentait sa poitrine se soulever et s'abaisser tout contre lui. Avant même de réaliser ce qu'il faisait, il entoura ses bras autour du Maître, le serra contre lui et s'endormit dans cette bulle de confort. Aucun d'eux n'avait dormi depuis longtemps, donc ils ne savaient pas trop à quoi s'attendre. Mais tous deux allaient mieux rien qu'en sentant que l'autre était là à ses côtés.

Les heures passèrent, de nombreuses heures, tandis que nos Seigneurs du Temps, épuisés par tous les récents évènements, dormaient. Et quand finalement le Maître se réveilla, il ne savait pas trop ce qui se passait au premier abord. Il était là, dans un lit, enlacé par un autre corps chaud, et il était un peu effrayé. Puis tout lui revint. Le TARDIS, le rêve, tout … Et ses cœurs battirent à tout rompre quand il se rappela qui était allongé là, avec lui, jambes et bras entrelacés aux siens dans ce qui lui semblait être le plus magnifique des puzzles. Il admira le Docteur en train de dormir et fût surpris de réaliser que tout ceci n'était pas un rêve.

Le Maître se dégagea lentement et délicatement de l'étreinte du Docteur, en essayant désespérément de ne pas le réveiller. Car même s'il aimait plutôt l'idée qu'ils aient passé la nuit dans les bras l'un de l'autre, il savait que le Docteur pourrait se sentir un peu gêné, donc il préférait quitter le lit avant son réveil. Il parcouru la pièce qui l'entourait du regard à la recherche de quelque chose à faire, car il voulait éviter à tout prix de devoir sortir et donc se perdre à nouveau dans les couloirs. La chambre était meublée dans un style assez épuré : une bibliothèque du même bois que celui de la porte, un fauteuil de cuir noir assez grand pour accueillir un couple enlacé à coté duquel se trouvait une petite table noire surplombée d'une lampe, et enfin une commode dans un coin.

Le Maître voulait jeter un coup d'œil aux livres de la bibliothèque, mais quelque chose attira son attention sur la commode et, par curiosité, il en ouvrit l'un des tiroirs. Il ne trouva à l'intérieur que quelques couvertures, donc il le referma et ouvrit le tiroir suivant. Celui ne contenait qu'une seule et unique chose : une clé. Le Maître la prit entre ses doigts et l'examina de plus près. A quoi pouvait bien servir cette clé ? Et surtout, pourquoi le Docteur la conservait-elle dans la commode d'une de ses chambres d'ami ? Si c'était pour la cacher, ce n'était pas très réussi puisqu'il n'y avait rien d'autre dans le tiroir pour la masquer.

La clé intriguait fortement le Maître, ce qui le poussa à la mettre dans sa poche, espérant que le Docteur ne remarquerait pas son absence. Malheureusement, puisque son jean était originaire de la Terre, les poches n'étaient hélas pas plus grandes à l'intérieur qu'à l'extérieur et l'on pouvait donc apercevoir le contour de la clé, mais cela n'était pas suffisant pour que le Maître la remette à sa place.

N'ayant aucune envie de continuer à farfouiller dans le contenu de la commode, il referma les tiroirs et se dirigea vers la bibliothèque. Sur ces étagères se trouvaient des tas de livres venant de la Terre, notamment tous ceux d'Agatha Christie. Il y avait également des livres venant d'autres mondes, certains dont même le Maître n'avait jamais entendu parler. Il allait en prendre un dont la tranche ne portait pas de nom quand il entendit le froissement des draps, et il se retourna pour voir le Docteur rouler sur le dos.

Le Docteur s'assit, regardant autour de lui. Il sembla confus pendant un moment, puis il secoua la tête quand il se souvint. Il croisa alors le regard du Maître, qui lui souriait, et lui sourit en retour tandis que le Maître se faufilait sur la pointe des pieds pour venir s'assoir à ses cotés.

- Bonjour, dit le Maître.

- Salut, répondit le Docteur.

Le Maître se mit à rire et le Docteur lui demanda ce qui était si drôle, ce à quoi le Maître répondit :

- C'est assez rare de voir un Seigneur du Temps au réveil, avec en plus une douce haleine matinale.

Le Maître se remit à rire. Le Docteur souleva un sourcil, réfléchit une seconde puis regarda ailleurs et s'excusa avant de se lever.

- Ca fait longtemps que tu es réveillé ?

- Non, quelques minutes. Je ne voulais pas te réveiller au cas où tu souhaitais encore dormir.

- Merci, mais je suis réveillé maintenant. Tu veux te changer ? Je peux t'emmener au dressing, si tu as besoin.

- Oh oui ! Ces vêtements ne sont vraiment plus confortables après avoir été porté plusieurs jours.

Le Maître se mit à rire de plus belle.

- Allons-y, alors ! dit le Docteur en se dirigeant vers la porte.

Il attendit que le Maître le rejoigne pour lui demander :

- Tu me donnes la main, ou tu veux essayer de t'y rendre par toi-même ? Je ne suis pas très sûr que le TARDIS …

- Mieux vaut ne pas prendre de risque, l'interrompit le Maitre, glissant immédiatement sa main dans celle du Docteur. Je n'ai aucune envie de me perdre … encore !

- D'accord, alors on y va !

Main dans la main, les deux Gallifréens parcoururent quelques couloirs, et ils arrivèrent rapidement devant une pièce dont la porte était déjà ouverte. Il y avait des vêtements partout, des tonnes de vêtements. Le Docteur s'éclipsa, après avoir promis au Maître que le TARDIS ne pouvait pas modifier l'intérieur des pièces, afin de le laisser libre de se choisir ses nouveaux vêtements. Le Maître farfouilla dans la pièce pendant un moment, découvrant des vêtements de toutes sortes. Il arrêta finalement son choix sur un costume noir, similaire à celui qu'il portait durant sa période « Harold Saxon », et chercha un endroit où se changer. En voyant qu'il n'y avait pas de cabines d'essayage (d'ailleurs, pourquoi y en aurait-il eu ?), il chercha juste un endroit un peu à l'écart qui pourrait le camoufler. Une fois son nouveau costume sur le dos, il prit ses anciennes affaires et alla appeler le Docteur à la porte du dressing.

Quand ce dernier apparu, il portait évidemment son costume marron à fines rayures. Il était aussi beau qu'à son habitude, même si ses cheveux étaient tout ébouriffés, ce qui n'était pas un mal, bien au contraire.

- Mets tes vêtements n'importe où, mais souviens-toi juste où tu les as mis, au cas où tu voudrais les remettre. Désolé, mais je ne sais même plus si le TARDIS possède une buanderie. Ca fait tellement longtemps que je n'ai rien lavé ! Si jamais j'ai besoin de nouveaux vêtements, je viens ici me changer. Je devrais peut-être y réfléchir …

- Je vais juste les mettre près de la porte, comme ça je les verrais dés que je viendrais ici la prochaine fois. Merci pour les vêtements.

- Aucun problème. Et maintenant, que veux-tu faire ?

- Et bien, nous devrions peut-être aller nous brosser les dents !

- Bonne idée, acquiesça le Docteur. Vers la salle de bain alors. Si elle existe encore ! J'ai l'impression que ça fait une éternité que je n'y ai pas mis les pieds …Enfin, on verra bien ! Allons-y.

Cette fois-ci, le Docteur ne demanda pas la permission du Maître avant de lui prendre la min et de l'entrainer à travers les couloirs. Ils arrivèrent devant une pièce sans porte, toute équipée avec lavabo, douche et toilettes.

- Ok, donc visiblement, elle est toujours là. Maintenant, il faut encore que je me souvienne où sont les brosses à dents ! Euh … Bon, je cherche dans le placard et tu regardes dans les tiroirs.

Ils réussirent finalement à mettre la main sur des brosses à dents, du dentifrice et tout un tas d'autres ustensiles de toilette. Le Docteur et le Maître se brossèrent les dents simultanément, et ils se retrouvèrent donc à se battre pour le lavabo, comme deux enfants.

- Voila, dit finalement le Docteur, nous sommes frais et dispos. Et maintenant, que faisons-nous ? Il y a un bowling quelque part, ainsi que d'autres jeux des différentes planètes que j'ai visités. Mais la grande majorité vient de la Terre, désolé.

- Et bien, j'aimerais essayer quelque chose, mais je ne sais pas vraiment ce que je cherche, dit le Maître en pensant à la clé qu'il avait soigneusement transféré de son jean à la poche intérieur de son costume.

- Décris-moi juste l'endroit et j'essayerai de faire en sorte que le TARDIS le trouve pour toi.

- En fait, je n'ai aucune idée de ce que je cherche, donc tu devrais peut-être juste penser « là où le Maître souhaite aller » pendant que nous marcherons et nous verrons bien, dit le Maître plein d'espoir.

- On dirait que tu as fouiné … Mais puisque je suis moi-même un fouineur, et que je te fais confiance, attrape ! dit-il en lui offrant sa main.

Le Maître sourit brièvement, puis pris la main de Docteur avant de se remettre à courir avec lui à travers les couloirs. A croire que ce Seigneur du Temps ne savait pas comment se déplacer en marchant … Le Docteur pensa comme promis « là où le Maître souhaite aller », encore et encore, pendant que le Maître ressassait « la porte que cette clé ouvre ». Et ils déambulèrent comme ça pendant un bon moment, si l'on considère le fait que cela ne prenait habituellement que quelques secondes au Docteur pour traverser le TARDIS.

Ils arrivèrent finalement devant une porte si immense qu'elle aurait pu laissé entrer 4 personnes de front. Le Maître sut alors qu'ils étaient arrivés devant la bonne pièce, quelle qu'elle soit.

- Je ne connais pas cette pièce, dit le Docteur tandis qu'il essayait d'ouvrir la porte. De toute façon, c'est fermé, on ne peut pas entrer. Qu'est-ce que tu cherchais, exactement ?

- Et bien, visiblement, commença le Maître, à la recherche d'un bon mensonge, ce n'est pas ce que je cherchais. Est-ce que ta chère TARDIS serait en train de perdre de son talent ?

- Alors là, tu es injuste ! Ca serait tellement plus simple si tu me disais où tu veux aller. Je pourrais trouver cette pièce pour toi. Je suis d'ailleurs un peu inquiet quant à ce que tu cherches … admit le Docteur.

- Quoi ? s'étonna le Maître. Tu crois que je prépare quelque chose, que je veux encore te prendre ton TARDIS ?

Son visage était empreint de tristesse, mais le Docteur ne remarqua rien car il le masquait derrière un de ces sourires narquois dont il avait le secret.

- Et bien, honnêtement, oui. Je veux dire, tout est arrivé si vite. Tu n'es libéré de l'emprise des tambours que depuis hier ! Et puis, tu m'as dit toutes ces choses que je ne voulais pas entendre, du tout. Et tu as fait ces cauchemars. Et maintenant, tu veux roder dans le TARDIS sans me dire où tu veux aller. Tout ceci est un peu déconcertant parce que je n'ai aucune idée de ce qu'il se passe dans ta tête !

- Mais je n'ai rien en tête, justement ! protesta le Maître. Je te le jure.

- Oui, peut-être, mais tout ceci est en train de me rendre fou ! Pas étonnant que le TARDIS ne te laisse pas te balader seul ! Même elle n'arrive pas à te comprendre, alors qu'elle se connecte directement à ton esprit ! s'écria le Docteur.

Trouvant là une opportunité, le Maître rebondit :

- Non, je pense qu'elle cherchait juste à me mettre en garde. Peut-être que maintenant, elle me laissera aller où bon me semble. J'ai envie d'essayer. Je t'appellerai si j'ai besoin de ton aide.

- Je ne crois pas, non. Tu vas revenir à la salle de contrôle avec moi pour que je puisse garder un œil sur toi.

- Mais Docteur ! Tu m'as dit que tu avais confiance en moi, alors prouve-le ! Je veux juste me promener dans le TARDIS, promis. J'en ai assez de devoir être pris par la main à chaque fois que je veux aller quelque part. Peut-être qu'elle a juste besoin que je lui prouve que je me comporterai bien, et toi aussi. S'il te plait ?

- Je te laisse cinq minutes. Si d'ici là, tu n'es pas revenu dans la sale de contrôle ou si tu ne m'as pas appelé, je te retrouverais et tu n'iras plus jamais nul part tout seul. C'est bien compris ?

- Oui chef ! répondit le Maître en souriant.

Le Docteur jeta un dernier regard au Maître, septique, puis retourna aux commandes.

Et le Maître, qui avait agrippé la poignée de la porte afin que le TARDIS ne réarrange pas les couloirs autour de lui, sortit la clé de sa poche et l'utilisa pour déverrouiller la porte. Il passa la tête dans l'encadrement, et découvrit une immense pièce plongée dans la plus grande obscurité. Mais dés qu'il mit un pied dans la pièce, les lumières s'allumèrent. Puis une voix s'éleva derrière lui.

- Ah, c'était donc ça que tu me cachais …

Le Docteur entra dans la pièce et se posta aux cotés du Maître.

- Je croyais que tu me faisais confiance ! s'écria le Maître, se rendant compte que le Docteur l'avait espionné.

- Mais tu croyais vraiment que j'allais te laisser dans mon TARDIS sans surveillance ? Après tout ce que tu as fait ! Je ne crois pas, non. Oui, je te fais confiance, mais pas avec mon TARDIS, pas après ce qui c'est passé la dernière fois, répondit le Docteur.

- Mais tu as dit que tu allais …

- J'ai menti, tout comme toi. Je devais voir ce que tu allais faire. Pourquoi tu tenais tant à entrer dans cette pièce, au point de chercher à te débarrasser de moi ? Je n'ai plus utilisé cet endroit depuis des lustres, soit au moins plusieurs régénérations, dit le Docteur en regardant autour de lui. Je ne me souvenais même plus de son existence … D'ailleurs, où as-tu trouvé cette clé ? demanda-t-il en faisant face au Maître.

Ce dernier était complètement abasourdi. Il balbutia :

- Et bien … Je … Je l'ai juste … en quelque sorte …

- Donne-la-moi, dit le Docteur en tendant la main.

Le Maître ne réfléchissait même plus, comme s'il venait de prendre un coup de massue sur la tête, et donna machinalement la clé au Docteur.

- Je suis désolé. Je voulais juste savoir ce que tu voulais tant garder sous clef. J'étais juste curieux.

- La curiosité est un vilain défaut …

- Comment ça ? demanda le Maître, confus.

- C'est juste une expression terrienne. Ce que je veux dire, c'est que tu ne dois pas mettre ton nez dans les affaires des autres, expliqua le Docteur. Enfin, je suppose que cette fois, tu ne pensais pas à mal. Mais s'il-te-plaît, arrête de ramasser toutes les babioles qui trainent …

- D'accord, mais dis-moi juste une chose : quand est-ce que tu as déjà utilisé cette pièce ? Je veux dire, nous sommes dans une salle de réception, en plein milieu d'une piste de danse ! Et d'ailleurs, pourquoi est-ce que c'était fermé à clé ?

- Je t'avoue que je ne m'en souviens plus. Comme je te l'ai dit, j'avais complètement oublié jusqu'à l'existence de cet endroit. Mais il m'arrive de danser. D'ailleurs, tu as du me voir danser dans mes souvenirs, tu sais, avec Rose, lors de ma dernière régénération. Mais même à cette époque, je n'ai pas utilisé cette pièce, donc je ne sais plus depuis combien de temps exactement elle est restée là à prendre la poussière.

- Toi ? Tu danses ? Tellement que tu as même besoin de ta propre salle de réception dans ton TARDIS ? Tu as organisé des soirées ici ou ce genre de choses ?

- Non, cet endroit me sert juste à danser. Parfois seul, mais aussi avec des invités, quelques fois, des compagnons pour la plupart.

- Est-ce qu'il y a de la musique ?

- Evidemment ! répondit le Docteur, moqueur.

- Tu veux danser ? demanda le Maître, désignant d'un signe de tête le parquet sur lequel ils se trouvaient.

- Non merci. Je ne danse pas très bien. C'est pour ça d'ailleurs que je n'ai jamais organisé de fête ici.

- C'est un peu triste, se moqua le Maître.

- C'est vrai, mais bon … Allons-nous-en.

- J'ai envie de danser avec toi.

- Et bien c'est dommage, parce que je viens juste de me lever et tu m'as déjà épuisé ! Donc il n'en est pas question. Mais allons quelque part, dehors, n'importe où …

- Je n'irai nulle part avec d'avoir danser.

- D'accord. On se voit plus tard alors ! dit le Docteur en s'éloignant.

Avant que le TARDIS n'ait l'occasion de les séparer, le Maître attrapa le Docteur par la manche.

- S'il-te-plaît, Maître, je n'ai aucune envie de danser maintenant. Et puis, d'ailleurs, pourquoi as-tu soudain une telle envie de danser ?

- C'est juste que tu as une immense pièce destinée uniquement à la danse, donc maintenant que je l'ai vu, je veux danser sur ce magnifique parquet. Il n'attend que ça !

- Tu es pire qu'un gosse ! D'accord, mais juste une danse. Tu as compris, juste une ! Et ensuite, s'il-te-plait, tu viendras avec moi dans la salle de contrôle comme un gentil petit garçon, et je te laisserais faire du coloriage dans un coin.

Le Maître lui lança un regard qui voulait dire « ce n'était pas drôle et je t'aurais pour ça » avant de lui sourire et d'avancer jusqu'au milieu de la piste. Le Docteur le suivit en grommelant, puis sortit son tournevis sonique de sa poche.

- Qu'est-ce que tu veux faire avec ça ? demanda le Maître.

- Mettre de la musique ! Tu croyais vraiment que j'allais me déplacer jusque là-bas quand il me suffit de faire ça ?

Il appuya sur le bouton de son tournevis qui fit son bruit habituel et la pièce fut bercée par une douce musique.

- J'imagine que non … Tu n'es vraiment pas quelqu'un du matin, dis-moi.

- C'est juste que j'ai beaucoup de choses en tête et que j'aimerais être aux commandes. Ça m'aide à réfléchir.

- Ah, d'accord. Je suis désolé. Mais nous sommes là, maintenant, alors tentons d'en profiter. Danse avec moi, et ensuite, je te jure que je te laisse tranquille.

- Merci, dit le Docteur. Désolé si j'ai été désagréable tout à l'heure. Mais tu dois comprendre que même si tu m'as sauvé la vie et que tu m'as dit que … Bref, ce n'est pas parce que tu semble différent que tu l'es vraiment. J'ai beau être gentil, je ne suis pas idiot.

- Tu as tout à fait raison. Je te promets qu'après ça, je te prouverais combien je me suis amélioré. Je sais que c'est un changement radical, mais je n'ai plus aucune pensée malveillante. Tout cela venait des tambours, et ils ne sont plus là donc ce n'est plus que le Maître à présent à l'intérieur de ma tête. Certes, la dernière fois que j'ai été seul là-dedans, j'avais 8 ans, donc je ne sais pas vraiment ce qu'être le Maître veut dire. Mais donne-moi une chance, Docteur. Tu peux même y jeter un coup d'œil, si tu veux. Je ne te cacherais rien.

- Très bien. Mais maintenant, finissons-en avec cette histoire de danse.

Le Maître lui offrit un large et franc sourire, prenant sa main dans la sienne et enveloppant sa taille de l'autre. Le Docteur posa sa main libre sur l'épaule du Maître après avoir à nouveau appuyé sur le bouton de son tournevis, lançant ce qui semblait être un slow. Ils ne dansèrent pas vraiment, ils se contentaient de tourner lentement dans les bras l'un de l'autre. Quand il sentit que la situation s'y prêtait, le Docteur demanda à son compagnon :

- Tu es toujours d'accord pour que je jette un œil dans ton esprit ?

- Bien sûr, si c'est la seule solution pour que tu me fasses confiance.

Alors ils dansèrent encore un peu, avant que le Docteur n'avance doucement son visage vers celui le Maître qui fit de même, laissant ainsi leurs têtes reposer l'une contre l'autre, front contre front. Et le Docteur parcourut l'esprit du Maître tout en continuant de danser, lentement.

Le Docteur farfouilla un peu partout dans la tête du maître. Il regarda seulement ses pensées, et non ses souvenirs car cela serait comme franchir une limite, mais il ne trouva aucune « mauvaise » pensée. Par contre, il sentit quelque chose d'anormal. Le Maître tentait de lui dissimuler quelques unes de ses pensées.

- Maître, dit-il à haute voix, me cacher des choses ne fait que te rendre plus suspect.

- Mais tu ne veux pas voir ça, répondit le Maître. Enfin, si tu en a vraiment envie, il te suffit de regarder plus profondément. Ce n'est pas que je veuille te tenir à l'écart, mais tu ne veux avoir à ressentir ça, crois-moi.

- Maître, j'ai ressenti toutes les souffrances possibles, et j'ai vraiment besoin de voir toutes tes pensées si tu veux pouvoir rester ici avec moi.

- Très bien, dit tristement le Maître, alors peut-être que je devrais partir …


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