Petit mot de l'auteur : Je tiens tout à d'abord à remercier Duneline pour ces reviews ! C'est réconfortant de voir que cette traduction plaît et qu'elle est suivie par quelques uns. J'espère que vous apprécierez ce court chapitre ! Trêve de blabla, place à la lecture !
- Tu veux vraiment partir ? demanda le Docteur. Est-ce qu'au moins ces pensées que tu me caches en valle la peine ?
- Elles n'ont aucune importance, vraiment aucune, dit le Maître. Je veux juste t'éviter de les voir. Tu n'aimerais pas ce que tu verrais et tu me ferais sans doute partir de toute façon alors pourquoi ne pas partir maintenant ? Et nous éviter toute cette peine inutile ?
En disant cela, le Maître s'était détaché du Docteur, avant de se précipiter hors de la salle de réception. Il parcourut quelques couloirs avant d'atterrir dans la salle de contrôle, le Docteur sur ces talons.
- Evidemment, remarqua le Maître, elle me laisse aller où je veux du moment que c'est pour partir, pas vrai, tas de ferraille ?
Le Docteur frappa la console du plat de la main.
- Oh, la méchante fille ! dit-il au TARDIS. Tu n'as pas honte d'être aussi mesquine ?
- Docteur, je n'ai pas vraiment de temps à perdre avec ta … folie ! Je m'en vais ! Pose le TARDIS n'importe où et laisse-moi descendre. Je m'en fiche d'où, même si c'est sur la Terre, mais je t'en prie, laisse-moi quitter ce vaisseau.
- Pourquoi es-tu tellement sur la défensive ? Il doit s'agir de très mauvaises pensées … Je voulais seulement les voir afin de savoir comment nous protéger tous les deux, dit le Docteur.
- Tu n'auras plus besoin de plans de défense, puisque je m'en vais. Allez ! Appuie sur des boutons, tire des leviers, fait ce qu'il faut mais dépose-moi quelque part ! le supplia frénétiquement le Maître.
- Ecoute, je peux peut-être t'aider. C'est peut-être quelque chose que je peux arranger. Allez, je t'ai fait confiance, la plupart du temps. Même s'il te reste quelques pensées venant des tambours, je ne vais pas te jeter dehors ! Tu peux t'en sortir, dit le Docteur en tentant de paraître confiant.
- Je crois que tu ne comprends pas. Ce ne sont pas à proprement parler de mauvaises penser. Je dirais même qu'elles sont très bonnes, à vrai dire, mais j'ai peur qu'elles puissent te mettre mal à l'aise, ce qui me mettrait mal à l'aise à mon tour. Et la seule façon d'éviter ça, c'est que je m'éloigne de toi.
- Ecoute, si ça concerne … tes sentiments à mon égard … ne t'en fait pas. Ça ne me dérange pas, vraiment. Après tout ce que tu as traversé, après toute la haine et le dédain que tu as pu ressentir, c'est normal et même sain pour toi de ressentir quelque chose comme ça. Détends-toi. Tu n'es pas le premier à être victime de mon irrésistible charme, dit le Docteur d'une voix sexy.
- Tu crois que tout ceci n'est qu'un effet secondaire des tambours ? Tu penses que je ressens tout ça juste parce que … parce que tu étais la seule personne alentour ? Tout ceci n'est pas un accident, Docteur. Ce n'est pas une de mes nombreuses lubies.
Le Maître était à présent tout proche du Docteur.
- Je n'ai pas choisi de t'aimer. Et ça me suffit d'être ton ami, c'est déjà formidable. Mais tu ne me fais pas assez confiance pour me laisser aller et venir seul dans ton vaisseau, et je comprends tout à fait pourquoi, mais j'en souffre quand même, Docteur.
Le Maître semblait assez fâché, à présent. Alors il se retourna, marcha jusqu'à la porte du TARDIS et l'ouvrit.
- Attends ! Mais où tu vas ? Je n'ai même pas eu le temps de faire décoller le TARDIS, on est toujours là où je l'avais garé pendant que nous dormions !
- Je m'en fiche. Je veux juste sortir, dit le Maître sans se retourner.
- Mais je ne veux pas que tu partes, dit le Docteur. J'ai confiance en toi. Vraiment, je t'assure. Mais si tu ne veux vraiment pas rester, laisse-moi au moins t'emmener autre part. On est sur une planète parking, donc tu ne trouveras pas grand-chose là-dehors.
- Je tente ma chance. Je trouverais bien quelqu'un pour me déposer autre part.
- Mais on ne sait même pas à quelle époque nous sommes ! Allez, tu n'as pas envie d'être coincé sur un parking le reste de ta vie ! essaya-t-il de le raisonner.
- Je n'ai pas non plus envie de passer ma vie dans la salle de contrôle du TARDIS juste parce que tu ne me fais pas confiance, dit le Maître en lui faisant face.
- Maître, je viens de te dire que je te fais confiance. Je suis vraiment désolé d'avoir douté de toi. Sil te plait, tu es mon ami. Je ne peux pas t'abandonner ici. Il n'y a personne qui vit sur cette planète, il n'y a que des gens qui viennent poser leur vaisseau juste le temps de faire une sieste. Et puis ils se contentent de repartir, sans qu'aucun ne sorte, à moins d'être perdu. Tu ne trouveras personne dans le coin.
- Pourquoi il faut toujours que tu te soucies de tout le monde ? Pourquoi n'es-tu pas capable de me laisser m'en aller ? En plus, comme ça, tu aurais beaucoup moins de choses à gérer. Je sais que tu ne m'aimes pas, et ce n'est pas grave, crois-moi, je comprends. Et je comprends que tu ne puisses pas me faire confiance, d'ailleurs, est-ce que je peux vraiment t'en blâmer ? Mais ne me mens pas, Docteur. Je sais bien que mes sentiments te préoccupent. Donc je veux bien remonter dans le TARDIS, mais si tu ne me déposes pas quelque part, je sauterais hors de ce vaisseau de fou sans jamais revenir, dit le Maître, furieux et blessé.
Le Docteur essaya de parler, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Finalement, il réussit à articuler un faible « ok » et laissa le Maître remonter dans le TARDIS. Quand ils décollèrent, le Docteur lui demanda où il souhaitait aller, mais il n'en avait que faire, ce qui l'obligea à se creuser la tête pendant une bonne minute.
- J'ai trouvé l'endroit rêvé : une planète servant d'aire d'autoroute interstellaire. Il y en a une pas loin d'ici, si je me souviens bien, même si la distance n'est pas vraiment un problème dans notre cas. C'est parfait pour toi : il y a pleins de voyageurs de passages qui s'arrêtent là-bas. Tu resteras peut-être bloqué là-bas pendant un moment, mais dés que tu trouveras quelqu'un pour te prendre en stop, tu pourras aller où tu veux.
- Ça me semble bien.
Les minutes suivantes passèrent dans le silence le plus complet tandis que le TARDIS tournoyait à travers l'espace et le temps jusqu'à l'une des nombreuses planètes servant d'aire de repos non loin de là. Le silence se brisa lorsque le TARDIS se posa dans son bruit strident habituel dû à l'enclenchement du frein à main.
- Nous y sommes, dit le Docteur. Tu es libre d'aller où bon te semble. Derrière cette porte, il y a un monde plein de créatures parcourant l'univers à la recherche d'aventures.
Le Docteur sauta d'un bond jusqu'à la porte et l'ouvrit à la volée.
- Et voila ! Bon vent. Et à propos, on est à peu près cent ans après toute l'histoire Harold Saxon, donc, au cas où tu te retrouverais par hasard sur Terre, personne ne devrait te reconnaître, mais ça ne te ferais pas de mal d'être discret malgré tout. Juste au cas où.
Le Maître resta là sans bouger, à fixer le Docteur. Allait-il vraiment se contenter de le jeter dehors dans un endroit inconnu ? Juste comme ça, sans aucune hésitation ?
- Ne me regarde pas comme ça, Maître. Tu m'as dit que peu t'importais où je te déposais et cet endroit est le meilleur auquel j'ai pu penser. Je te connais, et rester sur la même planète toute ta vie ne te rendrait pas heureux. D'ici, tu pourras trouver quelqu'un avec qui voyager et te changer les idées.
- Bien sur, dit le Maître en passant la porte.
- Tu n'es pas obligé de partir, tu sais ? murmura le Docteur. Ça ne me dérangerais pas que tu restes. Ou si un jour, tu changes d'avis et tu veux revenir, il te suffit de m'appeler et je ferais tout pour te rejoindre.
- Non, je dois partir. Mais peut-être qu'un jour, je reviendrais.
Malgré tout, il semblait hésitant, regardant dehors comme s'il essayait d'imaginer ce qui l'attendait là-bas.
- Non, je dois vraiment partir.
- Oui, sans doute. Mais rien ne t'y oblige. Tu vas devoir te décider rapidement parce que je repartirai dés que j'aurai avalé un morceau. Je meurs de faim. Je pense que j'en aurais pour une petite demi-heure. Si tu veux rester avec moi, il te suffira de revenir au TARDIS. Sinon, si tu trouves quelqu'un avec qui tu as envie de voyager, ne reviens pas et je comprendrais, je m'en irais sans faire d'histoire. C'est aussi simple que ça.
Et le Docteur se dirigea vers ce qui ressemblait étrangement à un restoroute terrien. En entrant, il vit une créature à la peau violette de sexe indéterminée derrière le comptoir, et il commanda des toasts avec de la confiture. Il se dit que le temps de manger tout ça et de boire le thé qu'il allait commander ensuite, le Maître aurait le temps de prendre sa décision.
Pendant ce temps, dans le TARDIS, le Maître essayait tant bien que mal de déterminer ce qu'il devait faire. Il n'avait vraiment aucune envie de partir. C'est vrai, il voyageait avec le Docteur ! Mais, dans le même temps, il sentait que le Docteur avait besoin d'espace. Et être enfermé dans une boite, certes immense, avec quelqu'un qui est amoureux de vous, ça ne collait définitivement pas à la définition de « l'espace ». Il savait que ce serait plus facile s'il pouvait connaitre de façon certaine les sentiments du Docteur à son égard. S'il ne l'aimait pas, et qu'il n'y avait aucune chance pour qu'il l'aime un jour, il serait capable de rester là, avec lui. Parce qu'alors, il connaitrait les limites, des limites qu'il n'oserait jamais franchir. Mais voir le doute planer ainsi était une torture pour le Maître. Le Docteur ne lui fournissait jamais une réponse précise. Est-ce que cela voulait dire qu'il y réfléchissait ? Qu'il considérait l'éventualité d'avoir un jour quelques sentiments pour lui ? Si seulement il pouvait en avoir la certitude …
Il savait que partir n'était pas dans son intérêt, que ça ne lui ferait aucun bien. Et il voyait bien que le Docteur arrivait à gérer tout ça. Il savait qu'il en était capable. Mais pas lui-même, et c'était bien ça le problème. Parfois, il voyait passer sur le visage du Docteur des expressions qui l'amenaient à la conclusion qu'il ressentait quelque chose pour lui. Mais le Docteur n'avait-il pas dit que c'était simplement de l'amitié ? Pouvait-il vraiment supporter de voyager avec lui dans ce cas ? Serait-il capable de passer ses journées avec l'objet de son affection en sachant que ses sentiments ne seraient jamais partagés ?
Après mûres réflexions, le Maître décida que cela valait le coup, malgré tout. Et s'il devait souffrir, cela ne serait qu'une preuve de plus qu'il était encore vivant, grâce à cet incroyable Seigneur du Temps. Il ne pouvait ni rester seul, ni le laisser seul. Alors il resterait à ses côtés, même s'il devait s'arracher les deux cœurs pour y parvenir.
Il était un peu embarrassé de vouloir rester après avoir fait des pieds et des mains pour que le Docteur le laisse partir, mais peu lui importait. Il voulait juste être avec le Docteur, pour toujours. Et pour ça, il voulait faire des efforts et lui éviter d'avoir encore à subir ses avances, dont il savait qu'il allait devoir apprendre à les contrôler, même s'il avait du mal à s'y résigner.
Le Docteur venait juste de finir son toast quand son thé lui fut servi et qu'il entendit la porte du restoroute s'ouvrir au son de la petite clochette. Il sentit que quelqu'un s'asseyait sur le siège à coté de lui au comptoir, et sans même avoir vérifier de qui il s'agissait, il demanda avant de boire une gorgée de thé :
- Alors Maître, tu as déjà trouvé quelqu'un ?
- Je n'ai même pas cherché.
- Je n'y crois pas. Mais à quoi pensais-tu ? As-tu au moins décidé si tu voulais partir ? Tu n'as pas besoin de me le dire, il te suffit de partir si c'est ce que tu souhaites. Tu n'es pas mon prisonnier.
- Encore heureux que je ne suis pas ton prisonnier ! Mais je reste quand même, parce que j'en ai envie. Je suis désolé de t'avoir fait faire tout ce chemin pour finalement changer d'avis, s'excusa le Maître en semblant lui-même surpris par sa décision.
- Ne t'en fais pas pour ça, dit le Docteur en vidant d'un trait sa tasse avant de sauter de son tabouret. J'avais envie de venir ici de toute façon. J'adore leurs toasts ! Bien sûr, un toast reste un toast où qu'on aille, mais j'aime venir les manger ici. On est à l'autre bout de la galaxie et pourtant ce restoroute est une réplique de ceux que l'on trouve sur Terre. C'est réconfortant. C'est l'endroit idéal pour faire une pause, de temps en temps. Si tu veux commander quelque chose, n'hésite pas, ils le mettront sur ma note.
- Je n'ai pas très faim, dit le Maître.
- Alors prend ton manteau, nous partons ! On a des choses à faire et des endroits à voir ! s'écria-t-il tout excité, en se dirigeant vers la porte.
- Où allons-nous ? lui demanda le Maître, à sa suite.
- Aucune idée. Et toi ?
- N'importe où, sauf sur Terre.
- Mais pourquoi ? J'adore la Terre !
- J'avais remarqué … Ecoute, ce n'est pas que j'ai une dent contre les humains, ou je ne sais quoi, mais ils sont ennuyeux à force. Je me doute bien qu'on finira un jour par atterrir là-bas, et même plus d'une fois tel que je te connais, mais pas maintenant. Pourquoi ne pas faire quelque chose d'amusant ? proposa le Maître en entrant avec le Docteur dans le TARDIS.
- Comme quoi ?
- Je ne sais pas … Et si on allait … assister à un match de quelque sport intergalactique ?
- Du sport ? Ce n'est pas vraiment mon truc … Je pensais plutôt à quelque chose comme du shopping.
- Du shopping ? Le grand et méchant Docteur, la créature la plus crainte de tout l'univers veut aller faire du shopping ?
Le Maître se retint de rire.
- Je ne parle pas de déambuler pendant des heures dans un immense centre commercial, mais plutôt faire le tour des magasins de technologie pour y dénicher quelques gadgets, répondit le Docteur. Et puis, je t'avais promis un livre de coloriage, non ?
- Ha ha ha, très drôle, répondit sarcastiquement le Maître. Mais sinon, ça me semble parfait ! Je suppose donc que notre prochain arrêt est le marché intergalactique ?
- On est parti alors ? demanda le Docteur dans un sourire.
- Je suppose, oui. Deux des plus grands esprits qui vont faire du shopping, qui l'aurait cru ?
- Je suis content que tu ais décidé de rester, Maître.
Les cœurs du Maître bondirent dans sa poitrine quand il entendit les paroles du Docteur. Ajouter à cela son sourire ravageur, le Maître dû résister à l'envie d'agir sous l'impulsion du moment et se contenter de lui sourire en retour et de répondre :
- Moi aussi, Docteur.
Petit mot de l'auteur : Allez, faites-moi plaisir et dites moi ce que vous en avez pensé ! N'hésitez plus, cliquez !
