Chapitre 5

Alors qu'il me poussait jusqu'à ma chambre, je l'entendis marmonner, la seule chose que je compris c'est « pute » mon cœur se serra à nous.

Une fois entrée, il se mit à chercher dans mes placards avec une assurance suspecte.

Alors qu'il fouillait il me dit :

-Je t'avais dit de te changer pas de t'habiller encore plus comme une catin. Me cracha-t-il.

Je fulminais.

-Tu n'as rien à me dire, tu n'es pas mon père, tu n'es rien, lui crachais-je à mon tour.

La dernière partie était un véritable mensonge mais il n'avait aucun droit de se comporter de cette façon avec moi. C'était injustifié.

Il ne répondit rien, seule la crispation de ses épaules me fit comprendre qu'il m'avait entendu.

En moins de deux minutes il se dirigea de nouveau vers moi avec des vêtements qu'il me fourra dans les mains avant de me repousser vers l'extérieur en direction de la salle de bain.

Je protestais :

-Arrête je suis capable de choisir mes vêtements seule et comment sais-tu où sont rangés mes vêtements et laquelle était ma chambre ? L'interrogeais-je.

Il haussa les épaules désinvolte.

-Ce n'est pas le problème, change toi.

Il ne me laissa guère le choix et me tirant par le bras il me fit entrer dans la salle de bain, me laissant seule refermant la porte derrière lui.

Je soufflais d'exaspération, comment allais-je sortir de cette merde.

Je verrouillais la porte hors de question qu'il rentre ou je ne sais qui. J'enlevais ma robe et parti sous la douche. J'étais toute visqueuse, le liquide avait coulé sur mes jambes.

Je me savonnais prenant mon temps, j'avais besoin de décrocher un peu de tout cela et je me sentais un peu plus en sécurité là sous ma douche.

J'y serais resté des heures si Alice n'était pas venu frapper à la porte :

-Bella tu vas bien ?

J'arrêtais l'eau.

-Oui oui Alice, je m'habille et j'arrive, lui criais-je.

Il fallait que j'y retourne.

Je me séchais et pris les vêtements que m'avait collé Edward dans les mains. Il m'avait pris un ensemble de coton blanc le plus soft que j'avais, un bas de jogging et un t-shirt large d'un vieux groupe de rock que je mettais pour dormir.

-J'y crois pas, ne pus-je m'empêcher de m'exclamer.

C'est en secouant la tête que j'enfilais les sous-vêtements. Je mis le t-shirt qui m'arrivait à mi-cuisse et je pris en main le bas, hors de question que je m'habille comme un sac, j'allais retourner dans ma chambre mettre quelque chose de plus appropriée.

J'ouvris la porte et je fus surprise de trouver Edward derrière qui m'attendait. Il me toisa de haut en bas m'empêchant de sortir.

-Mais ce n'est pas vrai, pesta-t-il. Tu vas t'habiller oui ?

Il était en colère.

Je paniquais un peu.

-Oui dans ma chambre, répondis-je.

-Tu n'as pas besoin de retourner dans ta chambre tu as tout ce qu'il faut, me reprocha-t-il.

-Hors de question que je m'habille comme ça, dis-je en pointant les vêtements.

-Tu t'habilleras avec ce que je t'ai donné, dit-il froidement tout en s'approchant de moi, prenant de mes mains le bas de jogging.

Je compris qu'il allait être prêt à me l'enfiler de gré ou de force et là sans vraiment savoir ce que je faisais, je me suis mise à crier :

-Aliiiiiiiiiice.

Edward stoppa son mouvement interdit.

Tout son corps se crispa.

-Petite pute, me cracha-t-il avant de tourner les talons et partir.

J'étais une nouvelle fois statufiée

Alice arriva alarmée, Edward était parti.

-Qu'y a-t-il Bella ?

Elle me regarda de haut en bas voyant ma tenue.

-Je crois que je vais aller me coucher, dis-je piteusement.

-Tu veux parler ? M'interrogea-t-elle.

-Pas vraiment, lui répondis-je.

Je vis Alice réfléchir un instant.

Elle leva alors les épaules et me prit dans ses bras pour un câlin en me disant :

-Nous ferons le ménage demain, repose toi bien.

Et elle partit, c'est dans des moments comme ça que j'apprécie Alice et que son amitié est plus précieux que tout.

Je me dirigeais vers ma chambre, contente de refermer la porte derrière moi, soufflant un bon coup avant de m'allonger sur mon lit et m'enrouler dans les couvertures.

Lorsque je me réveillais le lendemain matin, c'est avec un sentiment confus que je m'assis dans mon lit. Je vérifiais que j'étais bien seule.

J'avais eu beaucoup de mal à trouver le sommeil et quand il était arrivé mes rêves étaient peuplés d'Edward désagréable me gâchant la vie, puis malgré cette agitation, j'ai rêvé que ses bras m'enveloppaient, me serrant fermement contre lui, me murmurant des mots apaisants tels que « dors ma belle », des baisers sur mes cheveux et dans mon cou, son corps chaud contre le mien, son odeur qui m'envahissait. Je partais alors dans un sommeil serein et réparateur.

J'étais donc complétement abasourdie que je puisse être autant girouette dans mes propres rêves. Comment pouvais-je encore imaginer un Edward gentil qui me protégerait ?

Je soupirais fortement, il fallait que je me vaccine de lui, j'étais beaucoup trop dépendante, beaucoup trop amoureuse, beaucoup trop … pour mon propre bien.

La journée commença doucement, Alice, vu mon état, ne me posa pas de question, il nous fallut tout l'avant midi pour ranger le salon. Une fois celui-ci rangé nous grignotâmes.

Il était que 13 heures quand le téléphone d'Alice se mit à sonner, elle décrocha machinalement quand je vis mon amie se figer complétement et écarquiller grand les yeux.

-Oui, dit-elle timidement.

-Oui

-D'accord !

-Je peux emmener une amie, d'accord.

-A mercredi !

Et elle raccrocha et pivota vers moi son visage était rouge et elle se mit à crier comme une hystérique.

Je souris, je compris qui l'avait appelé.

Elle vient me serrer dans ses bras tout en continuant de sautiller.

-Une tenue dit-elle en se figeant.

Elle me regarda de nouveau, je commençais à secouer la tête pas question d'une autre journée de shopping.

-Tu n'as pas le choix Bella, il t'en faut une aussi, tu viens avec moi.

-Quoi ? Criais-je.

- Il m'a invité à boire un verre avec d'autres amis à lui, dans un bar qui vient d'ouvrir, il m'a dit que je pouvais emmener une amie, si j'avais peur de ne connaitre personne, donc tu viens.

-Mais… tentais-je.

-Il y a pas de mais, tu sais que je le ferais pour toi, donc tu le fais pour moi, fin de la discussion, va mettre tes chaussures, nous avons des robes à trouver.

Elle n'avait pas besoin d'argumenter plus, je savais qu'elle avait raison, je soupirais en partant dans ma chambre.

L'après-midi se passa plutôt bien, voir Alice renaitre me faisait du bien, même si elle gardait continuellement la face, tout la trahissait en cet instant, l'excitation, l'anticipation, le désir. Elle était sur son nuage et je ne pouvais que la soutenir.

Très vite se fut le jour J, Alice ne tenait plus en place. J'avais opté pour une tenue plus stricte que d'habitude avec une jupe crayon et un chemisier noir.

J'avais une peur aux ventres qu'Edward soit présent, l'avantage d'un chemisier c'est que je pouvais soit le rendre strict ou sexy, je ne voulais pas me retrouver encore une fois dégoulinante de sa boisson.

Nous arrivâmes au bar quelques minutes en retard, c'était un leitmotiv chez Alice : toujours se faire désirer, sauf que ses 30 minutes réglementaires c'étaient transformées en 10 tellement elle était impatiente.

Très vite elle repéra Jasper qui l'accueillit avec un sourire et une bise sur la joue qui la fit virer au rouge.

Il était assis avec 3 autres personnes, il nous présenta à Jane et Alec des amis de longues dates et Mike que nous avions déjà pu croiser à cette fameuse soirée. J'étais soulagée qu'il ne soit pas là même si j'aurais préféré qu'il n'y ai personne de leur équipe. Mike se révéla être très amical et causant.

La soirée se passait bien, les garçons nous proposèrent de nous déposer et c'est sans surprise qu'Alice les invita pour un dernier verre.

A peine arrivée à l'appartement, Jasper et Alice se jetèrent l'un sur l'autre et se dirigèrent vers la chambre de cette dernière.

Mike et moi les regardions avec des yeux ronds.

Il se retourna vers moi, sa main droite se grattant la tête.

Merde je faisais quoi maintenant avec lui, c'est Jasper qui conduisait.

-Je… euh… bafouillais-je, tu veux boire quelque chose ?

-Avec plaisir.

Je me dirigeais vers la cuisine, Mike sur mes talons.

Heureusement il restait quelques bières, je lui en tendis une et lui proposais un sandwich.

Il hocha vivement la tête.

Je confectionnais quelques sandwichs que je déposais sur un plateau avec des boissons et des gâteaux apéros.

Je lui proposais d'aller au salon, je me voyais mal manger les yeux dans les yeux avec lui.

Nous nous installâmes dans le canapé, nous étions un peu tendu, je sentais continuellement son regard sur moi alors je tentais de faire diversion en proposant de se regarder un film.

Il accepta et heureusement car au même moment, nous entendîmes un « Oh oui Jasper plus fort » sortir de la chambre d'Alice.

Je virais tomate et mis un peu plus fort le son de la télévision.

Nous mangeâmes tranquillement sans parler j'avais les yeux scotchés sur l'écran.

Une fois finie, je m'enfonçais dans le canapé relevant les genoux contre moi.

Je sentais qu'il me regardait mais je fis comme si de rien était.

Pour mon plus grand malheur il se décida à parler.

Il se rapprocha de moi, pour faire diversion, je regonflais le coussin pour le mettre dans mon dos.

-Tu sais tu peux venir contre moi, je suis sûr d'être plus confortable que ton coussin.

Il était très proche de moi, il avait le bras sur le dossier, et alors que je me retournais, il avait saisi une mèche de mes cheveux et jouait avec.

J'étais interdite, je ne savais pas trop comment réagir. C'était assurément un gentil garçon, mais il ne m'attirait pas.

Après quelques secondes, il glissa la mèche de cheveux derrière mon oreille, sa main se posant sur ma joue.

-Bella, commença-t-il.

Je paniquais, comment pouvais je le remballer gentiment, la situation était vraiment cocasse, nos deux amis étaient en train de s'envoyer en l'air à quelques pas de nous, la tension dans l'air était à son comble.

-Je…

Je n'eus pas le temps de finir ma phrase que la sonnette retentit.

Tel un ressort, je bondis sur mes pieds pour aller ouvrir la porte, trop contente de m'échapper à cette situation gênante, je ne réalisais pas qu'il était bien trop tard pour une visite.

J'ouvris la porte trop impatiente d'être loin de Mike quand je me figeais sur Edward.

Il me jeta à peine un regard rentrant sans que je l'invite dans l'appartement me dépassant et entra dans le salon.

Je refermais la porte avant de courir au salon, je pensais alors à Alice s'envoyant en l'air et son frère dans le salon.

Lorsque j'arrivais dans le salon les deux hommes se fixaient.

C'est Mike qui mit fin au silence en premier :

-Que fais-tu là ? demanda-t-il à Edward.

-Et toi ? Rétorqua-t-il.

-Je t'ai posé la question en premier, fit remarquer Mike.

Oh mon dieu non, j'allais avoir le droit à un combat de coq ou de gamins, je ne savais pas encore.

-Je suis venu voir ma sœur, finit par répondre tranquillement Edward.

Mike le regarda les yeux exorbités.

-Bella ?

Il haussa les épaules en levant les yeux au ciel.

-Alice !

-Oh, fit Mike en regardant l'endroit où elle s'était éclipsé avec Jasper en se pinçant les lèvres.

Lui aussi avait surement peur de la réaction d'Edward.

-Elle est occupée, contrais-je. Je lui dirais que tu es passé.

Il me toisa et fit dévier son regard sur la pièce.

-Vous regardiez un film ? Je peux me joindre à vous, dit-il désinvolte.

Je n'en revenais pas, ce n'est pas lui qui voulait que je me tienne loin de lui, il me faisait quoi là à s'incruster.

Mike fit une grimace avant de se rasseoir sur le canapé.

Edward n'attendit pas ma réponse et alla s'asseoir à l'opposé.

J'étais complétement interdite, devais-je réellement aller m'assoir entre eux deux ?

Je m'assis donc par terre, proche de la table basse et fit mine de manger d'où mon choix de place.

Je n'avais plus faim, j'arrêtais mon manège, aussi sec Mike m'interpella :

-Viens t'assoir sur le canapé Bella, tu seras mieux, viens on ne va pas te manger.

Refuser aurait été impoli et ferait juste ressortir un peu plus mon malaise.

Je soupirais un peu, me relevais et je m'assis au milieu des deux hommes.

Mike me sourit, je n'osais pas regarder Edward.

Je posais mes mains sur mes genoux, ne sachant vraiment pas quoi en faire. Je me faisais la plus petite possible.

Mike prenant ses aises à côté de moi, se réinstallant, se rapprochant un peu de moi, il passa son bras sur le dossier du canapé mais ne me toucha pas.

Je pouvais sentir sur moi, le regard d'Edward, j'étais complétement figé regardant sans les voir les images défilées devant moi.

Le film était bientôt terminé, je n'avais pas bougé d'un poil, Mike avait tenté de faire une ou deux fois la conversation mais sans succès.

Je fus sorti de mon cauchemar par des bruits venant des chambres.

Nous aperçûmes alors un Jasper, une chemise encore défaite plaquant Alice en robe de chambre contre le mur pour lui voler un baiser. Celle-ci répondit ardemment sous ses assauts.

Edward c'était levé d'un bond.

Il se racla la gorge, faisant sursauter nos tourtereaux.

Je mis ma main devant mes yeux, craignant pour ce qui allait suivre. Je relevais la tête quand Alice dévisageait son frère, tout le monde était complétement figé. Elle me regarda, je formais avec mes lèvres un « désolé ».

Alors sous la surprise générale, Jasper se dégagea d'Alice et alla vers Edward en lui tendant la main :

-Salut Mec, qu'est-ce que tu fais ici ? L'interrogea-t-il.

Il le toisait méchamment sans lui serrer la main :

-C'est ma sœur, dit-il avec un signe de tête vers Alice.

Jasper écarquilla les yeux face à cette révélation et se reprit rapidement, il vient taper son épaule en lui disant :

-Tu veux qu'on s'appelle beauf ?

La réponse ne se fit pas attendre alors qu'Alice sortit un gémissement, Edward avait plaqué Jasper contre le mur, lui serrant la gorge, le poing levé.

Alice sortit de sa torpeur pour se jeter sur son frère.

-Arrêtes Edward, cria-t-elle en essayant de le reculer.

-Ne te mêle pas de ça Alice, lui cracha-t-il.

J'étais toujours figée dans mon canapé ne sachant pas quoi faire.

Mike se leva et vient entre les deux hommes.

-Lâche-le Edward.

Edward les dévisagea et lâcha Jasper.

Je m'étais levé pour prendre Alice dans mes bras et la réconforter.

-Je crois que nous devrions y aller, dit Mike à Jasper.

Ce dernier n'eut pas le temps de répondre qu'Edward intervient d'une voix sans appel :

-Non ! nous avons des choses à nous dire.