Merci Merci Merci alors la suite sans plus attendre, vous m'avez tellement gâtée avec toutes vos reviews, ça me touche tellement que je ne vous fais pas plus languir.
Merci à Vicky30 pour sa correction !
Chapitre 24
-Edward s'il te plait laisse-moi juste y aller, je dois …
Mes mots moururent dans ma gorge, je dois quoi ? Fuir loin de toi, très loin pour ne plus que tu me fasses mal comme j'ai mal à ce moment ?
Avant que je n'aie le temps de réagir, il posa ses mains sur mes épaules, ne me laissant pas l'occasion de me dégager.
-Bella je t'aime, mal surement mais je ne sais pas faire autrement. Ne me laisse pas je t'en supplie je ne le supporterai pas, tu es toute ma vie.
L'entendre me supplier si au bord du gouffre me fit mal mais jamais je n'arriverai à comprendre si je ne m'éloignais pas de lui.
J'étais confuse de sa proximité, cherchant sans cesse pourquoi je ne me collais pas juste dans ses bras réconfortants pour fermer les yeux et recommencer à respirer.
Oh oui, il avait tenté de tuer Jacob. Il m'avait manipulée.
-J'en ai besoin, le suppliais-je à mon tour.
J'étais vraiment incapable de réfléchir correctement en voyant cette détresse dans ses yeux.
Je n'eus pas le temps de dire ouf, qu'il me retourna dans ses bras, collant mon dos contre son torse et posant sa tête contre mon épaule, il me susurra :
-Dis-moi que tu ne ressens rien quand tu es dans mes bras, dis-moi que tu ne m'aimes plus, dis-moi que tu ne veux pas de cet enfant que tu portes peut-être… ses mots moururent à son tour sur ses lèvres alors qu'il avait posé ses mains sur mon ventre.
-Ça fait 15 jours que je rêve de poser mes mains sur ton ventre, je rêve d'y poser ma tête, écouter ton ventre et la vie qui…
Il ne finit pas sa phrase mais me resserra contre lui.
Je me battais avec mes sentiments, je sentais mes larmes coller de nouveau sur mes joues.
Ce qu'il avait fait était mal, ce n'était pas normal, il fallait que je réagisse mais là, là à ce moment précis, j'aurais juste voulu que cette pièce disparaisse et qu'il n'y ait que nous.
Je l'entendis respirer profondément dans mon cou alors qu'il y déposait ses lèvres.
Je reçus comme un électrochoc, je me dégageais de lui, il fallait que je sois forte et regarder la réalité en face une bonne fois pour toutes et ne pas me complaire dans ses mensonges si sécurisants.
Il me détailla, surpris que je lui échappe.
-Bella…
-Stop !
Je respirais difficilement, il fallait que je me concentre.
-Ça suffit, j'ai besoin de réfléchir seule et ta présence m'intoxique. Je te promets de revenir te donner une explication mais là … là… je ne peux pas soufflais-je.
Je le vis torturé à mes mots.
-Bella c'est au-dessus de mes forces, ne me demande pas ça, supplia-t-il à nouveau.
-Edward, pleurnichais-je.
Il passa ses mains dans ses cheveux prêt à se les arracher.
Il se frotta les yeux, les secondes passaient.
Il se releva alors plus droit et fixa ses yeux dans les miens.
J'y vis de la détermination, ce qui me fit reculer d'un pas.
Il remarqua tout de suite mon mouvement et son regard si déterminé se voila.
-N'aie pas peur de moi, jamais je ne pourrai te faire de mal, je t'aime trop pour ça.
Je ne répondis rien, attendant la suite.
Il soupira.
-Pourrions-nous trouver un compromis, je suis incapable de te laisser partir là sans savoir où tu vas, je deviendrais fou.
Je vis dans ses yeux toute la sincérité possible et l'effroi qu'il pouvait ressentir rien qu'à cette idée.
-Je comprends aussi que tu aies besoin de temps pour intégrer tout ça, mais aussi d'explications.
Il fit une pause attendant une objection de ma part, oui tout ce que je voulais c'était du temps, les explications viendraient après, mais surtout être seule.
-Et seule rajoutais-je.
Il soupira.
-Et seule, mais peut-être que nous pourrions nous éloigner tous les deux un petit temps, je te promets de te laisser tout l'espace dont tu as besoin.
Je fronçais les yeux, qu'est-ce qu'il ne comprend pas dans seule, putain !
Il interpréta tout de suite mon expression car il ajouta très vite :
-Tu n'auras pas à me parler, ni me voir de la journée, ce que je te propose c'est d'aller dans la maison de campagne de mes parents, elle est à une centaine de kilomètres, il y a un très joli jardin où tu pourras te promener, la maison est grande, je te promets de ne pas m'imposer à toi.
Je le regardais suspicieuse.
-Je préparerai les repas et tu pourras prendre tout le temps que tu veux pour toi, tu n'auras qu'à demander j'exécuterai, je veux juste que tu me donnes une seconde chance Bella, j'ai besoin de toi pour respirer, je ne sais pas faire sans.
Je restai là à le regarder cherchant dans quelle connerie il cherchait à m'embarquer. Je n'interprétais dans son regard que de l'inquiétude, de la sincérité et de l'espoir.
-Je te promets que je ne te ferai jamais de mal, rajouta-t-il devant mon mutisme, tu feras ce que tu veux, si tu veux même appeler Alice qu'elle vienne te retrouver pourquoi pas mais ne t'éloigne pas de moi, s'il te plait.
J'étais un peu perdue, je m'accroupis pour ne plus le regarder, j'avais besoin de réfléchir.
Quelles étaient mes options ?
Fuir ? Il ne m'en laisserait pas le temps et si j'y arrivais, mettrait-il ses menaces à exécution et intenterait-il à sa vie ? Je n'en savais rien mais étais-je prête à prendre le risque ? Assurément non !
M'obstiner à partir et lui faire comprendre que je reviendrais pour nous expliquer ? Oui c'est ce que je tentais de faire depuis plusieurs minutes et je n'avais pas avancé d'un iota, il était encore plus têtu que moi.
Enfin il fallait que j'essaie à nouveau non ?
Et si ça ne marchait pas ?
La seule consolation dans tout cela c'est que j'avais l'assurance qu'il m'aimait, mal certes mais il me voulait juste moi, même s'il m'avait trahie.
Accepter son offre et me retrouver je ne sais où, complétement à sa merci ? C'était insensé, j'étais surement folle d'envisager cette possibilité mais bizarrement c'était la seule qui me paraissait acceptable pour nous car si je partais là, j'irais où ? Dans ma chambre pour étriper une peluche et après ? Mes parents ? Impensables !
Alice était la seule amie auprès de qui je pourrais trouver refuge mais c'était aussi son frère, je ne pouvais décemment pas la mettre dans une position si délicate.
Je me relevais lui faisant face, je pouvais voir tout le doute dans ses yeux.
-Laisse-moi partir et je te promets de revenir pour que tu m'expliques mais là je ne suis pas sûre d'être capable d'en entendre plus, dis-je à mon tour déterminée.
Il grimaça et saisit vivement ma main me faisant rapprocher de lui et il la posa sur son cœur.
Je l'entendais battre très vite.
Ses yeux étaient implorants.
-Bella …
Il y avait tant de souffrance qui émanait de lui à cet instant, j'en fus bouleversée.
Mes larmes débordèrent de mes yeux.
-S'il te plait me supplia-t-il à nouveau, ses yeux devenaient de plus en plus rouge.
J'éclatais en sanglot alors qu'il m'attirait dans ses bras, il me serrait fort contre lui sa tête enfouie dans mes cheveux.
Je ne sais pas combien temps il me fallut pour reprendre mes esprits et arrêter de pleurer.
Je me détachais doucement de lui, une fois que toutes les larmes étaient sorties, je n'étais pas prête à affronter son regard, j'avais peur de ce que je pouvais y trouver.
Il me tenait à bout de bras, nous restâmes un instant sans bouger.
Il dégagea alors une de ses mains et vint attraper une des miennes.
Je regardais toujours le sol.
Il avança dans la pièce m'attirant à sa suite.
Il lâcha ma main et s'accroupit près du bureau et débrancha la prise de l'ordinateur d'un geste sec, il chercha dans sa poche et y déposa un tout petit téléphone que je n'avais jamais vu.
Il fouilla dans un tiroir et se saisit de quelque chose que je n'arrivais pas à identifier.
Il revint vers moi, je n'osais toujours pas croiser ses yeux, je regardais ses mains.
Je le vis jouer alors avec une boite d'allumettes.
-Là tout de suite je foutrais bien le feu à tout ça, mais je suppose que ça serait jouer avec la vie des voisins, mais sache que je n'hésiterai pas une seconde si ça me permettait de te garder auprès de moi.
Je sentis plus que je ne vis qu'il cherchait à croiser mes yeux.
Il soupira, lâcha la boite d'allumettes au sol et me reprit la main.
Il me guida en dehors de l'appartement qu'il referma à clé.
Une fois chez lui, il ne me lâchait toujours pas la main.
Il m'emmena dans sa chambre et sortit de sa penderie un grand sac de sport.
Il y jeta alors des sous-vêtements et quelques rechanges, il en fit de même avec les miens présents dans le tiroir, il me reprit la main pour aller à la salle de bain prenant nos brosses à dents et quelques affaires.
J'étais incapable de protester ou dire quoi que ce soit, j'avais juste envie de dormir et d'oublier.
Il me reprit la main et nous dirigea au salon.
Il prit mon sac à main et se saisit de mon portefeuille.
Je fronçais les yeux, j'allais protester quand il en extirpa une toute petite puce qu'il posa sur la table.
Je le regardais furtivement alors qu'il avait ses yeux planter sur moi, il fit une petite grimace comme d'excuse.
Il prit ensuite mon téléphone et le désossa avant d'y enlever une seconde puce.
J'étais complétement bouche bée, j'avais bien compris en naviguant sur son ordinateur mais voir les puces me donna la nausée.
Je courus aux toilettes et vidais le peu que j'avais dans l'estomac.
Edward fut derrière moi, retenant mes cheveux et en murmurant des « désolé ».
Quand je me relevais, il me guida jusqu'à la salle de bain.
-Ça va, m'interrogea-t-il le regard vraiment inquiet, tu veux que j'appelle mon père ?
J'acquiesçai à sa première question mais refusais qu'il appelle son père.
-Je vais te laisser seule quelques instants.
Il referma la porte, je me rinçais la bouche.
Je m'appuyais ensuite sur le lavabo.
Mon dieu pourquoi ma vie était-elle si compliquée ? Pourquoi après avoir touché le bonheur auprès de lui, avoir réussi à instaurer une relation que je croyais saine, tout s'écroule.
Je me remis à sangloter.
Le temps passa et je sentis les mains d'Edward sur mes bras qui tentait de me redresser, j'étais toujours voutée au-dessus du lavabo.
-Viens, tu pourras te reposer dans la voiture, il faut environ 1h30 pour s'y rendre.
Je me laissais guider jusqu'à sa voiture, trop faible pour protester ou faire quoi que ce soit.
Je sentais régulièrement le regard d'Edward sur moi alors que j'avais la tête posée sur la vitre, je me doutais qu'il avait retenu plusieurs fois sa main pour ne pas me toucher.
Une larme coula sur ma joue alors que je fermais fortement les yeux.
Aurais-je voulu sentir sa paume réconfortante sur moi alors qu'il était responsable de ce massacre ?
.
Je me réveillais dans un lit inconnu, seule.
Je mis un temps à m'habituer à la lumière qui remplissait la chambre.
J'étais désorientée, il me fallut un moment pour savoir où j'étais quand tout me revient comme un boomerang me compressant le cœur d'une manière si douloureuse.
Je sentis tout le poids du monde s'effondrer sur moi.
Ce n'était pas un cauchemar, je ne pouvais pas balayer tout comme la première fois que j'avais touché du doigt la folie d'Edward.
Il fallait que je regarde la vérité en face, il était fou.
Je me relevais et je vis un papier plié avec écrit Bella sur la table de nuit.
Je m'en saisis.
Il y a du café chaud dans la cuisine au rez-de-chaussée, je suis allé chercher des produits frais, j'ai sorti des boites de gâteaux en attendant si tu as faim.
Tu as une salle de bain la porte en face de ton lit, le couloir se trouve derrière la porte à gauche, tu es dans la chambre d'Alice, je pense qu'elle ne t'en voudra pas si tu lui empruntes des vêtements. Ma chambre est celle du fond.
Ton téléphone est sur le bureau.
Si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite pas à m'appeler.
Je t'aime
Edward.
Je restais un moment à contempler autour de moi et je réalisais que j'étais déjà venue ici avec Alice passer un week-end. Je me sentis instantanément rassurée d'être dans un endroit pas complétement inconnu, je devrais réussir à m'orienter facilement.
Je partis sous la douche, ça me fit du bien.
Après m'être habillée, mon ventre cria famine et alors que j'allais me diriger en bas, j'entendis du bruit.
Merde il était déjà rentré.
Je refermais doucement la porte et me réfugiais sur le lit.
Je n'étais pas prête à le voir.
Le temps passa sans que je me décide à descendre malgré mes crampes d'estomac.
Je me fustigeais seule de ne pas arriver à affronter la situation en face, je voulais que nous nous en sortions tous les deux mais comment, c'était impossible.
Je fus sortie de mes pensées par un coup porté à ma porte et plus rien.
Les minutes passèrent et rien.
Je me décidais à me lever et j'entrouvris la porte, personne !
J'allais refermer quand je vis un plateau au sol.
J'ouvris la porte surprise et je m'en saisis.
Je refermais derrière moi et je m'installais sur le lit.
Il y avait tout un repas avec une rose rouge dans un petit solitaire.
Je cherchais un mot, mais rien.
Juste de la nourriture et la fleur.
Je mangeais de bon appétit mais ma gorge bien vite me serra.
Je ne réussis à prendre que quelques bouchées de plus.
Je repoussais le plateau, les larmes remontant inexorablement.
J'étais perdue.
Je pleurais sur mon sort, je n'arrivais même pas à être en colère contre lui.
Il ne savait pas m'aimer.
Je dus me rendormir car c'est la sonnerie de mon téléphone qui me fit sursauter.
Je m'en saisis pour voir qu'il s'agissait d'Alice.
Je soupirais, je m'éclaircis la voix avant de décrocher :
-Allo
-Putain Bella vous êtes où ? Je suis passée chez vous et vous n'avez pas répondu ? Vous faites quoi ? Vous fêtez votre emménagement ?
Je serrai les dents.
-Non, nous sommes dans la maison de campagne de tes parents.
Blanc
-Alice t'es toujours là ?
-Ouais, mais qu'est-ce que vous foutez là-bas ?
-Euh, nous prenons du repos, répondis-je plus comme une question.
Je pouvais non sans mal imaginer Alice froncer les sourcils.
-Est-ce que ça va ?
-Ouais ouais.
Je décidais de changer de sujet avant que ses doutes grandissent trop.
-Ça te dérange pas que je t'emprunte quelques vêtements ?
-Non non bien sûr que non. Vous restez combien de temps ?
-Je ne sais pas.
-Oh, s'exclama-t-elle, nous pourrions vous rejoindre en fin de semaine avec Jasper, ça pourrait être super de passer du temps tous les quatre.
Elle s'arrêta brusquement de parler avant de reprendre sur le ton de la confidence.
-Il est toujours en colère contre nous ?
Je soufflais, que c'était loin ce mariage, que tout ceci me semblait insouciant et dire que s'ils ne nous avaient pas interrompus, à l'heure qu'il est je serais peut-être mariée avec lui.
Je secouais la tête, ce n'était pas le moment d'y penser.
-Alice, je ne pense pas mais il faut que je te laisse. Bisous.
Je raccrochais sans lui laisser le temps de répondre et je fondis en larmes de nouveau.
.
Je cherchais l'heure, je n'avais plus la notion de rien.
Il était 2h30 de l'après-midi.
Je soupirais.
J'en faisais quoi maintenant de savoir l'heure ? Est-ce que ça me permettait de résoudre ma vie ?
Non !
Je tapais sur l'oreiller.
Je me relevais, il fallait que je rationnalise tout ça.
Edward m'aime mais il m'a menti, trahie cherchant à contrôler toute ma vie.
Pouvais-je lui pardonner ?
Aucune idée.
Pouvais-je vivre sans lui ?
Mon cœur se serra dans ma poitrine.
Je n'en étais pas sûre.
Merde ça serait si simple de ne pas l'aimer.
Agrr je pestais contre moi-même.
Je me rendis à la salle de bain pour me passer de l'eau sur le visage.
J'étais persuadée d'avoir un gout de sel, mes joues me tiraillaient de trop pleurer.
J'ouvris le placard de la salle de bain, cherchant une crème de jour pour hydrater ma peau quand je tombais sur un test de grossesse.
Je me figeais.
Merde !
Comment avait-il pu faire ça dans mon dos ? Moi qui pensais qu'il m'en voudrait si je tombais enceinte. J'eus un rire sans joie, c'était tout l'inverse.
Je n'avais toujours pas mes règles, si avant l'implant je prenais la pilule c'était justement pour les régulariser, je ne devais donc pas faire de conclusion hâtive.
Je soupirais.
Je pris le test et décidais de le faire, autant avoir tous les paramètres en main pour prendre des décisions.
Je fis le test.
Je regardais le test se colorer et tournai la tête, je compris que j'étais incapable de regarder le résultat.
Je le pris en main et sortit de ma chambre en vitesse.
Je descendis l'escalier en trombe.
Je n'eus pas à le chercher.
Au bruit de mes pas, il se précipita dans le couloir.
-Bella ça va ? Sa voix était rauque et inquiète.
Je m'arrêtais net en le voyant, ce n'était plus que le reflet de lui-même, ses yeux étaient cernés rouges, il n'était pas rasé.
Je fis un pas en arrière sous le choc.
-Bella, murmura-t-il de nouveau en tendant sa main et en se dégageant pour me laisser le soin de choisir entre sa main ou rentrer seule dans le salon.
Je passai devant lui et je posais sur la table le test avant d'aller m'assoir sur le canapé.
Je ramenai mes genoux contre moi, les entourant de mes bras.
-Je suis incapable de regarder le résultat lui dis-je en lui désignant la table.
Je le vis en périphérie s'approcher de la table, il se figea quand il comprit de quoi il s'agissait.
Il soupira comme prenant du courage et se positionna devant puis s'en saisit.
Il était dos à moi, j'avais relevé les yeux.
Il ne bougeait pas.
Son corps se tendit imperceptiblement mais il ne disait rien.
-Alors, tentais-je.
Il posa le test sur la table et se retourna sur moi.
Son expression était indéchiffrable, j'avais l'impression qu'il se concentrait pour rester impassible, c'est comme si une guerre se jouait en lui.
Il me sonda.
Cherchait-il à avoir des réponses dans mes yeux.
-Alors repris-je.
-C'est … son regard se fit inquiet, c'est positif.
Un ange passa.
Nous nous regardions toujours, je voyais qu'il cherchait toute trace d'émotions dans mon visage.
Je sentis comme une marée, non un bulldozer monter en moi, j'allais craquer.
Je me levais rapidement du canapé pour me réfugier dans la chambre.
Il tenta de m'intercepter.
-Bella, dit-il désespéré.
-Non le stoppais-je en tendant ma main et je m'enfuis m'enfermer.
Je me jetais sur le lit pleurant encore à chaudes larmes.
.
Une fois la crise passée, je devais essayer de rationnaliser.
J'avais seulement deux options à ce niveau-là.
Avorter ou le garder.
Le garder connaissant la situation avec Edward me semblait compliqué, il y avait tellement de problèmes.
Alors avorter et là cette seule pensée me fit fondre en larmes, non non non comment pouvais-je enlever la vie de mon propre corps.
Je posais mes mains sur mon ventre.
Merde !
J'avais un petit être au fond de moi qui grandissait, je n'étais plus seule, je devais maintenant penser à lui.
Je respirais profondément.
Pourquoi ce matin l'idée d'être enceinte me semblait une calamité alors que maintenant savoir que j'étais enceinte faisait naitre en moi des sentiments nouveaux.
Jamais je n'avais expérimenté cette sensation. J'étais le seul rempart pour protéger ce petit être du monde extérieur, je devais prendre soin de lui. Il était moi, il était ma vie.
Que voulais-je pour mon enfant, c'est comme ça à présent que je devais penser, si l'idée de le perdre m'était insupportable, je n'avais plus le choix. Je devais le rendre heureux.
Étais-je prête à le priver d'un père ?
Non plus, mais Edward n'était pas apte pour ce rôle, pas comme ça.
Alors comme une révélation, il fallait qu'il se fasse aider, se reconstruise avec de l'aide, nous pourrions peut-être nous en sortir.
Ça ne résolvait pas le problème de Jacob mais il fallait commencer par un bout.
Je me levais résignée et descendis doucement les escaliers.
Il était là sur le canapé la tête dans ses mains, le test de grossesse face à lui sur la table basse.
-Edward l'interpelais-je.
Il se releva d'un coup, pour la première fois je pus voir des larmes sur ses joues.
J'en perdis mes moyens.
-Euh…
Il s'essuya le visage rapidement et se releva vers moi.
-Oui, tu as besoin de quelque chose ? m'interrogea-t-il tout en reprenant son contrôle habituel.
-Euh… j'en perdais mes mots.
Je secouais la tête et vint m'asseoir sur le canapé, il en fit de même.
-Je pense que nous devrions nous faire aider…
Je me tordis les mains, je ne savais pas comment aborder vraiment le sujet.
-Tu sais, quelqu'un qui pourrait expliquer ton attitude tentais-je.
-Tu veux que je vois un psy ?
Je hochais la tête dans l'affirmative.
-Me dit celle qui m'a fait prendre des somnifères, prends du poppers et va dans des orgies ! Cracha-t-il soudainement.
Je hoquetais de stupeur face aux accusations.
Je me raidis de tout mon corps, il dut voir mon visage horrifié.
-Pardon, je… c'est juste que toi et moi nous ne sommes pas si différents !
-Tu te fous de moi là ?
Il sembla perdu pour le coup.
-Pardon, mais depuis le début je te préviens que je ne sais pas comment bien t'aimer, je…
Il soupira :
-D'accord !
Il se leva à ma surprise, prit sa veste et en sortit son téléphone.
C'est seulement maintenant que je recrachais l'air de mes poumons, sa première réaction m'avait tellement prise de court.
Je me reconcentrais sur lui alors qu'il composait un numéro.
-Allo papa c'est Edward.
-…
-Bien merci, en fait je t'appelle parce que j'aurais aimé que tu me conseilles un psychiatre compétent mais idéalement que tu ne connaisses pas personnellement.
-…
-C'est compliqué.
-…
-S'il te plait.
-….
-Ok attends je prends un crayon.
-….
-Merci papa.
-…
-Embrasse maman et encore merci, bye.
Il raccrocha aussi sec et refit un numéro.
-Bonjour, je suis Edward Cullen, le fils de Carlisle Cullen, le directeur….
-…
-Oui aussi, répondit-il dans un petit rire.
-…
-Merci, en fait je vous appelle pour une demande un peu spéciale, j'ai besoin de consulter, pourriez-vous venir jusqu'à moi demain, c'est une urgence.
-…
-Je sais et je m'en doute, mais j'ai vraiment besoin d'aide et rapidement s'il vous plait.
-…
-Je préfère vous en parler de vive voix.
-….
-Si ça vous rassure, vous pouvez venir accompagné mais je préférerai m'entretenir avec vous seul.
-…
-S'il vous plait. Votre prix sera le mien.
-…
-Je dois bien avoir quelques maillots en stock que je pourrais dédicacer à vos enfants, plaisanta-t-il.
-….
-Merci, je vous donne l'adresse ?
-…
-Ok je vous l'envoie par texto.
-…
-Demain 10 heures ?
-…
-Merci à demain.
Il raccrocha et vint s'asseoir vers moi.
-Tu resteras vers moi ? m'interrogea-t-il après un long moment.
Je fus désarçonnée par la question avant d'acquiescer.
-Que veux-tu diner ?
-Je n'ai pas faim répondis-je du tac au tac.
-Bella, dit-il douloureusement. Il faut que tu manges, il faut…
Il ne finit pas sa phrase mais il posa ses yeux sur mon ventre.
Je soupirais.
-Ce que tu veux mais quelque chose de léger !
-Ok
Il se leva et revint quelques minutes après avec un plateau avec des fruits, du pain, du fromage.
Il alluma le téléviseur et nous mangeâmes en silence.
Je retournais dans ma chambre après lui avoir dit bonne nuit.
Le lendemain je me levais, appréhendant beaucoup cette rencontre.
Edward avait repris visage humain par rapport à la veille.
Très vite nous nous retrouvâmes au bureau de son père alors que l'interne qui avait accompagné le psychiatre resta au salon.
Edward rentra tout de suite dans le sujet, passant sur certains détails, comme les circonstances de notre rencontre mais il fut très explicite sur les doutes qu'il avait entretenus sur moi, il parla de son besoin de connaitre ou plutôt de contrôler ce qui me concernait.
Il expliqua longuement comment il se sentait quand un autre homme m'approchait, comment sa jalousie l'engloutissait occultant les notions de bien et de mal. Il ne parla pas de Jacob mais le psychiatre avait bien compris l'agressivité dont il était capable.
Entendre Edward raconter notre histoire à sa manière me chamboula. Il m'aimait mais si mal.
Il se tut.
Le psychiatre prit de profondes respirations.
-D'emblée, je serais tenté de dire aux vues des premiers éléments que vous m'apportez, que vous souffrez d'un amour que nous qualifions d'obsessionnel. Le problème dans cette névrose, c'est que le mot principal n'est pas amour mais obsession. Si on enlève l'amour de l'équation que reste-t-il ?
Je me figeais aux mots du docteur, que sous entendait-il ? Que ce à quoi je m'étais raccrochée depuis ma découverte était juste une obsession. Edward ne m'aimait pas ! Il était juste névrosé par moi ? S'il soignait sa névrose alors que resterait-il ?
Un bébé dans mon ventre.
Je me levai c'était beaucoup trop, tout s'effondrait autour de moi, l'espoir, la vie, tout.
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Alors euh oui ce n'est pas le dernier chapitre, j'ai été très inspirée arrivée à la 15ème page je me suis dit qu'il fallait que je m'arrête là pour aujourd'hui ! Tout est encore possible entre happy et bad end, surement encore deux chapitres tout compte fait et c'est seulement au dernier que vous aurez la fin heureuse que vous espérez au pas !
Encore merci pour vos encouragements c'est le moteur de ma motivation et j'adore vous lire à mon tour.
