Titre : Indisclosed Desires ( Dixit Muse )

Pairing : Yamamoto TYL X Gokudera TYL (8059)

Rating : M

Disclaimer : Personnages à Akira Amano, histoire à moi ( avec inspiration d'un Dj intitulé Nella pioggia intensa ainsi que d'autres que je citerai plus tard mais ça, on ne le dira pas. : p )

Note : 00h31 Bonsoir,

Merci beaucoup à La-Mama, HaraNoHana et Pawliine pour leurs reviews concernant le second chapitre. ^_^ J'espère que cette suite vous plaira tout autant ainsi qu'aux autres.

Une petite review, ça fait toujours plaisir 'savez...

Amicalement,

-x-x-

Éteignant le flot de la douche, Gokudera sortit de la cabine et enroula une serviette autour de sa taille. Il essuya rapidement la buée s'étant installée sur le miroir et s'observa d'un air distrait tout en recoiffant quelques mèches argentés de-ci de-là du bout de ses doigts fins. Sans qu'il ne les contrôlent, ses pensées allaient et venaient tel un tourbillon de données indescriptibles lui donnant un mal de tête avenant. Ces émotions contradictoires allait finir par le rendre dingue ; il plaqua violemment ses mains de chaque côté du lavabo en jurant.

Pourquoi devait-il remplir cette mission avec lui, merde ? Et pourquoi réagissait-il au quart de tour à ce simple fait ? Il s'était toujours arrangé pour être le plus loin possible du gardien de la pluie par pur égoïsme d'une part, de peur potentielle que son idiotie chronique ne déteigne sur lui mais surtout car il l'exaspérait d'autre part. Sa présence l'exaspérait. Le son de sa voix l'exaspérait. Cette sensation étrange, proprement malsaine à ses yeux lorsqu'ils étaient à côté l'exaspérait. Cette impression tout sauf fausse que quoi qu'ils fassent, jamais ils ne pourraient s'acclimater car beaucoup trop différents l'exaspérait. Bref, Takeshi Yamamoto, dix ans plus tard continuait de l'exaspérait avec cette même amplitude. Une seule et unique interrogation lui vrillait la tête : Pourquoi ? Qu'on lui explique pourquoi il se mettait à cogiter sur cet imbécile heureux ? Pourquoi lui en particulier ? Parce qu'ils avaient passé leur adolescence ensemble ? Erreur. La « tête de gazon », le crétin de Bovino – Bien qu'il soit nettement moins chiant qu'à ses foutus 5 ans - ou l'autre associable aux tonfas aussi, il l'avait passé avec eux ; enfin plus ou moins. Jamais il ne lui viendrait à l'esprit de réfléchir sur un de ces trois là, non mais qu'est-ce qu'il en avait à foutre ? Hayato releva la tête et regarda son reflet droit devant lui, un air entre sérieux et effroi prenant place sur son visage. L'évidence lui sauta alors à la gorge : Yamamoto Takeshi l'intriguait.

Le jeune homme secoua vivement la tête. Non, non, non, c'était n'importe quoi ! Aucun de ces bons à rien ne l'inspirait, seul Tsuna son boss en valait la peine et comment. Il se sécha en vitesse et se rhabilla tout aussi rapidement afin d'aller prendre l'air et de se vider la tête quelque part. Un bar serait l'idéal. Oui, il irait boire un verre dans un de ces établissements qui restaient ouverts jusqu'à une heure avancée de la nuit. Quoi que... En y regardant bien, le matin pointait à l'horizon. Peu importe, il irait se dégourdir les jambes quelque part, loin de cet hôtel, loin de cette chambre et loin de lui et de son aura … Apaisante ?

Le gardien de la tempête se stoppa net en sortant de la salle d'eau tandis que son regard onyx se perdait sur le dessus du seul et unique lit trônant dans la pièce. Le Gardien de la pluie était allongée paresseusement contre les draps clairs, une main derrière la nuque, l'autre posée contre son torse qui se soulevait au rythme de sa respiration calme, apaisée, tranquille. Il ressemblait à un enfant. Il émanait de lui l'innocence d'un enfant. Cette vision l'acheva mentalement. Pourquoi restait-il là à regarder cet abruti dormir ? Pourquoi l'atmosphère semblait adoucie, proche de l'écoulement doucereux d'une rivière ? Hayato se laissa doucement glisser contre le mur, sans pouvoir décrocher son regard du dormeur. Une sensation d'intense apaisement s'empara de lui et il chercha à tâtons son paquet de cigarette afin d'apprécier un de ces rares moments de plénitude extrême. « Alors c'est ça l'apaisement de la pluie ? Hmpf... ». Il ne se grilla non pas une mais deux clopes qu'il écrasa une fois finies dans un cendrier de cristal disposé à ses côtés, contre le sol dur et froid de la chambrée. « Si tu pouvais pioncer pendant le reste de la mission, ça m'arrangerait » Chantonna t-il presque entre ses dents en écoutant le souffle pacifique s'échappant d'entre ses lèvres.

Appréciant encore quelques instants la placidité de la pièce, le jeune homme ne put s'empêcher de penser de nouveau au bien de la mission qu'on leur avait présentement attribué ; Il se releva lourdement, ne manquant pas de jeter un dernier coup d'œil au brun toujours perdu dans les limbes du sommeil et empoigna sa veste avant de quitter le chambre. Quand il passa devant l'accueil, la jeune hôtesse lui adressa un bref sourire mitigé auquel il ne répondit aucunement, adoptant de nouveau cet éternel air renfrogné avant de quitter l'établissement et de se perdre dans les rues de Rome sous une aube avenante aux couleurs chaudes.

Depuis combien de temps marchait-il ? Il n'était pas en mesure d'y répondre mais toujours est-il que le soleil, désormais haut dans le ciel semblait continuer de brûler sa nuque avec hargne cependant qu'il regagnait l'hôtel en question. L'idée de prendre contact avec un de ses informateurs lui était passée par la tête mais … Et a son grand étonnement, le gardien de la tempête avait jugé bon que l'avancée de la mission se devait d'être faite à deux. Gokudera avait depuis longtemps compris que la coopération était une valeur sûre mais ce n'était pas pour autant qu'il l'appliquait à la lettre ; loin de là même. Très loin. Le jeune homme était resté fidèle à lui même. Fierté mal placée ?

Néanmoins, il se dit à cet instant qu'il aurait vraiment mieux fait de l'entreprendre seul et assurément seul cette foutue mission. Son cœur rata violemment un battement quand il débarqua dans la chambre et rapidement, très rapidement la colère s'empara de chaque recoin de son corps. Il allait le démolir et cette conasse avec !

Un infime sourire perplexe se dessinait sur les lèvres du brun alors qu'il reboutonnait lentement sa chemise et que la jolie hôtesse rencontrée plus tôt remontait avec une peur non dissimulée la couverture sur sa poitrine, son regard oscillant entre visiblement son amant fraîchement acquis et l'argenté dont les yeux envoyaient des nuées d'éclair aussi bien à l'un qu'à l'autre. Le calme avant l'orage. L'éclatement de la tempête dans toute sa splendeur …

« Non mais je rêve ! Tu nous fait quoi là, connard ? » Cracha t-il, toutes dents dehors.

Le dit-connard grimaça à l'entente de la douce appellation et désigna d'un rapide mouvement de menton le plateau déjeuner disposé près de la table.

« Ben... Elle est venu apporter le déjeuner. » Répondit-il avec tout le naturel du monde.

-x-x-

« Abruti Takeshi ! »*

Reborn fulminait à l'entente de la conversation lui parvenant depuis le micro resté allumé du gardien de la tempête. Il se dit qu'à leur retour, il lui flanquerait une correction maison à cet imbécile de sabreur.

« Quelque chose ne pas va pas Reborn-san ? » S'enquit Giannini en pénétrant dans la salle, lançant un regard interrogateur à l'arcobaleno.

Le bébé répondit par la négative et éteignit son casque avant de sauter de son siège et de se diriger vers le couloir, un air courroucé à l'appui.

« Encore plus empaffés qu'avant ces gardiens. Quelle équipe ! »

-x-x-

Gokudera était dangereusement sur le point de craquer. La cocote minute sifflait, ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'il ne saccage la chambre et ses occupants ; surtout un en particulier dont l'animosité à son égard avait atteint un stade critique. Non mais il se foutait complétement de lui ! Pire, de la mission et de Tsuna ! Son sang ne fit qu'un tour quand il adressa un sourire enjoué à sa compagne, laquelle lui répondit en rougissant de nouveau comme une midinette de quinze piges. C'est décidé, il allait la chasser à coups de pieds aux fesses mais avant ça...

Il attrapa violemment le gardien de la pluie par le col et le plaqua tout aussi férocement contre le mur, la hargne déformant ses traits. Takeshi grogna quand son dos tapa contre la surface dure tandis que la jeune femme émettait un cri d'effroi devant la violence du geste.

« Si j'avais su que Yamamoto Takeshi était devenu un Don Juan à deux balles qui néglige ses ordres, je l'aurai tué direct ! Tu piges, sale enfoiré ? »

« Gokudera... Argh... Calmes-toi, je vais t'expli » Articula t-il en tentant de desserrer l'emprise contre son vêtement.

Ce qui eut pour nul autre effet que d'augmenter la-dite poigne. L'argenté rapprocha son visage du sien, prêt à lui sauter à la gorge tel un animal sauvage.

« M'expliquer quoi ? Que tu t'envoies en l'air avec la première connasse venue qui ne soit pas insensible à ton soi-disant charme ? Tu me donnes envie de gerber ! »

« S-s'il vous plait... Je » La jeune femme tenta de s'interposer verbalement. Grossière erreur.

« Vous, vous allez bien gentiment vous rhabiller et dégager fissa ! » Vociféra t-il à son adresse.

Émettant un petit cri de stupeur, elle s'empressa de rassembler ses vêtements qu'elle enfila à la hâte avant de lancer un ultime regard vers le brun qui continuait de sourire malgré la situation.

« Non mais vous attendez quoi là ? Un pourboire peut-être ? DE-HORS !

- Attend, Gokudera... Lâches-moi s'il te plait.

- Oh mais je vais te lâcher rassures-toi, après qu'elle ait dégagé !

- L-laisses-moi lui dire deux mots, s'il te plait. Après, ça se réglera entre toi et moi. » Assura t-il, plongeant ses yeux bruns dans les siens injectés de sang.

Sans trop comprendre pourquoi, sa poigne se défit légèrement et son bras termina sa course le long de son corps tandis que son regard se perdait à contempler le sol. Yamamoto lui tapota gentiment l'épaule en murmurant un « merci » et se dirigea vers la jeune femme qui attendait toujours bien sagement dans l'entrée comme en attente d'autre chose et cet autre chose le faisait trembler de rage. Hayato serra les poings à s'en faire blanchir les jointures et jeta un regard de pur dégoût vers la porte d'entrée. Il ne sut expliquer son ressenti tel un lancé de fléchettes contre son cœur alors que le brun faisait son possible pour apaiser et réconforter la jeune hôtesse, encore littéralement pétrifiée. Il porta tendrement une main contre sa joue et dut surement lui adresser son sourire le plus charmeur songea avec mépris Gokudera à la vue de sa teinte vermeille. Ainsi donc, Takeshi Yamamoto était ce genre de mec hyper attentionné dans ses relations ? Ce fait ne l'étonna même pas. S'il y avait bien un domaine où ce crétin excellait c'était dans celui de rendre autrui assurément au même stade imbécile que lui et d'autant plus chez la gente féminine s'éprenant de sa pseudo belle gueule d'ex - ou pas - joueur de base-ball. Le tableau lui donnait envie de vomir, littéralement et à bien y réfléchir, sa propre attitude aussi. Pourquoi réagissait-il avec autant de hargne ? Il voulait le démolir purement et simplement !

Lorsque la porte se fut refermée et que la pièce redevint silencieuse, L'argenté n'attendit pas un éventuel feu vert pour asséner un crocher magistral à son homologue qui encaissa aussitôt le coup, sa joue se détournant et prenant une couleur rouge sang. Il porta une main contre sa mâchoire qu'il massa délicatement et rapidement l'autre arrêtait un nouvel assaut de la part de l'argenté. Ce dernier jura et tenta de l'atteindre à nouveau mais il l'évita de justesse et le plaqua lui aussi contre le mur.

« Gokudera s'il te plait, calmes-toi. » Sa voix était froide, ses traits on ne peut plus sérieux.

Pour toute réponse, le gardien de la tempête lui envoya un violent coup de genou dans le ventre, ce qui eut pour effet de le faire fléchir. Il émit un gémissement de douleur et s'affaissa en portant une main contre son abdomen mis à mal. Hayato défroissa son vêtement avec désinvolture puis s'abaissa à sa hauteur, se retrouvant presque entre ses jambes tandis que le brun relevait un œil embué vers lui.

« Ecoute un peu ce que je vais te dire. Tu peux t'envoyer qui tu veux, ça m'est strictement égal mais là où ça commence à me foutre en rogne c'est quand tu prends ton bon temps durant une putain de mission, tu saisis ? »

Takeshi fronça les sourcils et se mit à le dévisager, le visage trahissant à présent lui aussi une certaine animosité.

« Et puis je parie que dans ta foulée merveilleuse, t'as oublié d'éteindre ton micro, hein ? »

« Bien sûr que non ! Tu crois vraiment que j'ai voulu mettre à mal la mission ? Mais merde, quand est-ce que tu vas arrêter de me prendre encore pour le collégien ignorant ? J'ai changé contrairement à toi, Gokudera !»

Gokudera éclata alors de rire, ouvertement et nerveusement aussi. Si quelqu'un d'autre avait tenu ce genre de propos le concernant, il aurait probablement su resté sérieux mais là... C'était la palme du dérisoire. Que ce type lui dise de telles choses avec autant de sérieux et de profondeur dans la voix, il se sentait pousser des ailes vers Comique Land, la contrée des imbéciles heureux faiseurs de morales à deux balles et il en profiterait pour tous les écraser. En d'autres termes, c'était l'hôpital qui se foutait de la charité aux yeux de l'italien.

« Takeshi Yamamoto qui fait dans le social... Désolé de casser tes rêves d'adulte mais t'as pas changé d'un foutu millimètre et en ce qui me concerne, j'ai pas besoin de changer quoi que ce soit si la situation actuelle convient au Juudaime, de même que j'ai AUCUN compte à te rendre. »

Ne récoltant qu'un silence sépulcral en guise de réponse, il ricana, amer et se releva avec pour idée de planter gentiment l'autre là. Cependant qu'il se dirigeait vers la baie vitrée afin de s'allumer une cigarette salvatrice, la voix rauque et franche de son homologue lui parvint de nouveau aux oreilles :

« Il y a quand même une chose que j'aimerais savoir hormis le fait que tu ne peux pas me voir en peinture, pourquoi tu réagis toujours avec au quart de tour avec moi ? Si tu pouvais m'expliquer, ça m'arrangerait.

- Précisément car je peux pas te voir en peinture. » Fit la voix lointaine, derrière la baie vitrée.

Takeshi bascula la tête en arrière, contre le mur et se mit à rire, une tonalité à la fois feinte et résignée. Gokudera quant à lui avait répondu avec spontanéité et l'horreur de cette réponse lui atterrit en pleine figure quand il se demanda si elle était réellement franche. Il n'était même pas en mesure de l'indiquer d'une quelconque manière que ce soit.

« J'ai cru comprendre que tu n'aimais pas Hibari, est-ce que c'est pour ça que tu lui bondis dessus à chaque occasion ? »

Non. Bien sûr que non. Si certes, le manieur de tonfas le faisait royalement chier, c'était d'avantage l'indifférence qui primait et lui intimait à se foutre royalement de chacun de ses agissements hormis si ceux-ci faisaient barrière aux agissements de leur boss. Pourquoi diable n'arrivait-il pas rester également de marbre avec ceux de Yamamoto Takeshi ? A sa seule présence ?

Le jeune homme inspira une nouvelle bouffée et prôna en une de ces rares fois durant sa vie, le silence.

« En fait, je crois qu'il y a autre chose qui fait que ma simple présence te rend d'aussi bonne humeur à chaque fois mais je n'arrive pas à déterminer quoi. C'est drôle, n'est-ce pas ?

- Ta gueule.

- Tu n'es pas de mon avis ? » La voix était proche, beaucoup trop proche.

Le gardien de la tempête tenta de faire volte-face, en vain. Le brun s'était rapproché silencieusement, plaquant son torse contre son dos tandis qu'il était prisonnier de la rambarde, ses bras solidement retenu contre la pierre. Son coeur s'emballa telle une machine folle face à cette proximité écrasante. Les courtes mèches noires lui chatouillaient la tempe alors que le gardien de la pluie avait rapprochée son visage du sien, le mettant à la même hauteur.

« Qu'est-ce que tu fous ? Dégages de là !

- Tu me déteste vraiment autant que ça, Gokudera ? » La voix se perdit en un murmure caressant tout contre son oreille.

Le bel italien réprima un profond frisson lui parcourant la colonne vertébrale. Son costume lui semblait coller à sa peau ; peau d'où émanait une intense chaleur qui commençait à lui faire peu à peu perdre la tête. Encore cette sensation ! Quelle était-elle ? Pourquoi son corps réagissait de la sorte à la proximité plus qu'étouffante du Rain Guardian ? Un brouillard proprement effroyable lui emplissait le cerveau, rendant ses jambes tel du coton.

« Éloignes-toi ou je te jure que... » Articula t-il entre ses dents.

Yamamoto resserra doucement sa prise et sa main se mit à caresser délicatement le dos de celle de l'argenté qui tressaillit violemment à ce contact.

« Du calme... Tu es tendu, je veux juste t'apaiser avec ma flamme. Tu te sentiras mieux après ça... C'est d'accord ? » Chuchota t-il d'une voix rassurante.

Les minces caresses proférées contre sa peau semblaient couler en lui comme une feuille descend le cours d'une rivière ; Hayato avait fermé les yeux, contre toute attente. Le contact se répercutait en un mince frisson lui traversant d'abord la main puis le bras, l'épaule, ensuite le cou... et inévitablement une autre partie de son anatomie pour le moins inconcevable. Il rouvrit brusquement les yeux et tenta aussitôt de se dégager une nouvelle fois tandis qu'avec horreur son cerveau finissait d'assimiler le fait qu'il avait là, présentement, une érection. Douloureuse tension compressée contre la rambarde de pierre.

« ça suffit, lâches-moi enfoiré !

- Gokudera, du calme. Écoutes-moi...

- Non, putain ! Je vais t'exploser si tu me lâches pas immédiatement !

- Ma flamme, juste un essai. De quoi as-tu peur ? »

Le fumeur serra les dents ainsi que les poings, essayant de se rappeler si de toute sa vie, il n'avait pas subit pareille torture aussi bien mentale qu'à présent physique. Son corps le trahissait de la plus basse façon qui soit, il se dégoutait profondément. Comment pouvait-il avoir ce genre de réaction face – ou plutôt de dos – à un homme ? Comment pouvait-il avoir ce genre de réaction face à Takeshi Yamamoto ? Pour la première fois de sa vie, il était perdu. On ne peut plus perdu dans un enchevêtrement inconcevable et contradictoire de ressentis.

« C'est d'accord ? Un essai.

- Nh... Grouilles-toi, ducon où je te tue » Soupira t-il, choqué par ses propres paroles.

Le brun esquissa un sourire caressant et pressa un peu plus son corps contre le sien en fermant les yeux. La flamme de sa bague s'illumina alors d'une intense lueur, entourant leurs deux corps d'une fine couche cyan, tels des divinités. Gokudera avait lui aussi fermé les yeux sous la douleur plutôt que l'apaisement que lui infligeait cette mascarade. Non mais qu'est-ce qu'ils étaient en train de faire ? Pourquoi est-ce qu'il était toujours là, scotché de manière incongrue à cet abruti ? Et pourquoi... Se dit-il l'espace d'une micro seconde qu'il était bien, collé tout contre lui de la sorte ? Il jura, bataillant férocement contre la sensation d'intense plénitude coulant lentement en lui... Non, il ne pouvait pas y prendre plaisir, merde !

« Cesse de faire barrière... Laisse l'énergie bleue t'envahir » Susurra le brun contre les mèches argentée.

Gokudera n'en menait pas large mais bientôt le flot d'énergie apaisante s'écoulant en ces membres commença à avoir raison de lui. Doucement. Étrangement, la flamme de la pluie répandait en lui une intense chaleur, mélange de douceur et de bien-être s'appropriant les moindres parcelles de son corps. C'était agréable, il devait se l'avouer... Il fallait qu'il l'avoue. Ainsi sans qu'il ne contrôle plus vraiment quoi que ce soit, sa nuque bascula lentement en arrière, venant se nicher contre l'épaule de l'épéiste qui rouvrit quant à lui brusquement les yeux. Ses iris havanes pivotèrent prudemment vers sa droite et la vision qu'il vit le marqua indéniablement : Gokudera Hayato, garde baissée, yeux assurément clos, lèvres entre-ouvertes, nuque reposant contre son épaule mais pas que... Le visage pivota doucement et bientôt le nez entrait en contact avec son cou, sa mâchoire et même sa joue encore douloureuse, caressant, effleurant avec une tendresse rare la peau hâlée, parsemées de pigments que la chair de poule avenante lui conférait.

Yamamoto Takeshi n'en croyait pas ses yeux. Le tableau était d'une rareté infinie, d'une beauté licencieuse également... Jamais il n'avait vu de ses yeux vu l'argenté de la sorte ; c'était irréel, presque onirique tant la possibilité d'un tel spectacle était nulle, du moins en temps normal. S'il avait su que l'apaisement de sa simple flamme avait de telles vertus, il l'aurait depuis longtemps mis à profit afin d'éviter bien des situations cauchemardesques avec lui. La flamme de la tempête était en totale soumission face à la sienne et semblait ronronner tel un chat ou alors peut-être étais-ce tout simplement Uri qui ronronnait de la sorte avec flegme depuis sa boîte ?

Le sabreur n'aurait su le dire mais la magie, l'alchimie du moment avait sans aucun doute son lot d'effets saugrenus sur son corps également. Jamais il n'avait connu telle sensation. Celle de tenir contre lui le fougueux gardien de la tempête et de laisser libre cours à sa flamme salvatrice puis de se laisser emporter par le courant et la mélodie harmonieuse de la pluie au plus profond de son coeur. Il se sentait bien et c'est avec des gestes parfaitement rodés qu'il libéra les bras de son homologue et enserra sa taille avant de nicher lui aussi son visage dans le cou et de s'y laisser bercer. « Qu'est-ce qu'on fait là, Gokudera ? »

Un instant plus tard, les lèvres de l'argenté caressait elle aussi la joue hâlée et sans qu'il ne sache vraiment pourquoi, son détenteur tourna la tête d'un angle suffisant pour que les bouches se rencontrent, avec une certaine maladresse mais telle une caresse doucereuse. Les souffles se mélangeaient, erratique pour l'un, totalement statique pour l'autre. Yamamoto ressentait à ce moment, un intense sentiment de culpabilité lorsque ses yeux se posèrent de nouveau vers les paupières closes de l'italien ; il profitait du moment et c'était proprement inconcevable. Il ne s'était jamais senti attiré par la gente masculine avant cela alors pourquoi là, présentement son seul et unique souhait était d'embrasser fiévreusement ces lèvres ? Merde, qu'est-ce qui lui arrivait ?

Le japonais songea alors à la finalité de tout ceci et il en sourit malgré tout. L'apaisement de sa flamme n'était que provisoire et Gokudera redeviendrait le même dans peu de temps et voudrait sans aucun doute le tuer en découvrant/se remémorant le pot aux roses. L'évidence était là.

Résigné et à contre-cœur, le gardien de la pluie cessa aussitôt l'émission de sa flamme et se décolla délicatement du corps face à lui, sans pour autant se défaire de cette nuque reposant toujours avec paresse contre son épaule. L'argenté ouvrit alors doucement les yeux pour découvrir le visage du Rain Guardian bien trop prêt du sien, il plissa d'autant plus les paupières quand celui-ci lui adressa un chaud sourire. Quand l'odeur musqué de l'autre – preuve qu'ils étaient décidément trop proches - combla ses narines, il se décala brusquement et se racla bruyamment la gorge, nerveusement.

« Si je te déteste ? T'as pas idée à quel point, crétin ! » Bégaya t-il en essayant de se rappeler le pourquoi du comment de sa tête reposant contre cet abruti et accessoirement de reprendre contenance avant de disparaître dans la chambre.

La seule réponse qui vint se coller à ces propos fut un sourire teinté d'évidence de la part du sabreur qui s'accouda contre la rambarde, une main contre les lèvres et les yeux dérivant sur les passants défilant sur la rue pavée de la capitale Italienne.

Et après ça, qu'est-ce que réservait la suite ? …

A suivre...

* "Abruti Takeshi " : il me semble et si mes souvenirs sont bons, que l'on entend cette locution de la part de Reborn dans je ne sais plus quel épisode. Si ça vous reviens, faîtes-moi signe. * rires *

A bientôt !