Titre : Indisclosed Desires ( Dixit Muse )

Pairing : Yamamoto TYL X Gokudera TYL (8059)

Rating : M

Disclaimer : Personnages à Akira Amano, histoire à moi ( avec inspiration d'un Dj intitulé Nella pioggia intensa ainsi que d'autres que je citerai plus tard mais ça, on ne le dira pas. : p )

Note : Bonjour !

A Tsubaki I et niwatori que je ne peux remercier personnellement.

Je suis bluffée par votre engouement concernant le chapitre précédent o_o Je n'ai qu'un mot à dire : MERCI ! Je suis vraiment ravie que ce modeste 8059 TYL puisse vous plaire de la sorte.

[3615MyLife] Avant je me disait que j'écrivais pour moi et rien d'autre mais là depuis quelques temps, je dois avouer que le nombre de gentilles reviews m'a poussé à écrire plus rapidement cette suite qui je l'espère vous plaira tout autant ! En effet, je devais écrire la suite d'une fiction du fandom Bleach ; enfin disons que mon planning était ainsi mais là... C'est bel et bien cette fiction que j'avais envie de vous livrer plus rapidement à vous et à vous seules, c'est uniquement votre faute, beuuh ! * rires *[/3615MyLife]

J'arrête les salamalecs et vous dit encore merci puis à très vite pour la suite.

Bonne lecture !

Amicalement,

-x-x-

Japon, Namimori – bureau du Juudaime

« Je suis rentré à l'extrême, boss ! »

Lal Mirch grimaça et porta une main contre son oreille, elle aurait juré voir les murs trembler en réponse à l'éclat de voix tonitruant de bon matin. Le jeune homme aux cheveux gris hérissés et un collant sur le nez frappa du poing contre sa main en étirant un sourire pleinement satisfait. A bien y regarder, son torse s'était étrangement bombé également...

Tsuna sourit et se leva de son bureau. Il vint s'asseoir dans un des canapés trônant dans la pièce et invita les autres à s'y installer également.

« On dirait que ça s'est bien passé, sourit-il à nouveau en observant le gardien du soleil.

- Pour sûr, l'Australie est un pays surprenant à l'extrême ! Excusez mon retard, boss. Garyuu ne voulait plus rentrer dans sa boîte et c'est à l'issue d'un combat enflammé à l'extrêêêême que... !

- Je n'en doute pas, le coupa Tsuna, un sourire mi-figue mi-raison au coin des lèvres. Mais hum concernant la mission ?

- Ah heu oui la mission ha ha, ria t-il en se frottant l'arrière de la tête. Eh bien... La mafia australienne est sur le pied de guerre, il semblerait que les agissements des Millefiores soit une de leurs priorités également et à ce propos... Ils nous propose une alliance. »

Se faisant, il sortit une enveloppe de l'intérieur de sa veste et la tendit au dixième parrain des Vongola dont les yeux s'illuminèrent aussitôt d'une intense lueur. Ses prunelles chocolat parcoururent avec vivacité la missive en question ainsi que son contenu une fois celle-ci ouverte et bientôt le jeune homme gratifiait le boxeur de vive voix :

« Merci pour tout Onii-san, ta réussite nous est d'une précieuse aide !

- Ryohei Sasagawa pour une réussite de la mission à l'extrême !

- Pas pour un minimum de silence, par contre. La ferme ! » Grommela la jeune femme, à ses côtés.

Tsunayoshi esquissa un sourire en les observant s'insulter joyeusement et sans qu'il ne les contrôlent, ses pensées bien que devant être accaparées par cette nouvelle d'une haute importance, se perdirent à osciller entre l'image d'un fumeur acariâtre et de son compagnon aux cheveux bruns se trouvant loin d'ici, en Italie ; son sourire s'effaça. Le jeune parrain avait eu vent des écoutes abusives de Reborn les concernant et commençait sérieusement à se demander si les mettre ensemble avait été la meilleure chose à faire : Gokudera était encore et toujours – trop – impliqué dans la mission et la formidable capacité de Yamamoto à cacher le fait que lui aussi été franchement impliqué avait ce don de le rendre dingue. Au fond, il se disait que peut-être, ce duo finirait par causer d'avantage de soucis que d'éléments positifs, autant pour l'un que pour l'autre et surtout pour le bien de la mission. Malgré tout, il croyait dur comme fer à l'aptitude du sabreur à provoquer l'apaisement autour de lui et il espérait juste qu'elle fonctionne un tant soit peu sur le fougueux gardien de la tempête. Ils ne doutaient aucunement d'eux, seulement de leur capacité à cohabiter et c'était déjà difficile en soi de l'avouer : Gokudera et Yamamoto avaient été ses premiers amis, il y a de ça maintenant dix ans lorsqu'ils étudiaient encore au collège de Namimori et déjà, l'entente entre les deux garçons s'était révélé catastrophique et ce tout simplement parce que son autoproclamé bras droit nourrissait une haine sans égard pour le joueur de base-ball qu'il était. C'est simple, absolument tout en Yamamoto semblait l'énerver et dix années plus tard, cette réalité n'avait pour ainsi dire pas évolué. Bien qu'il s'étaient retrouvés par de nombreuses fois à batailler ensemble, l'argenté finissait toujours par ré-adopter son masque de haine et de colère manifeste si tant est qu'il avait daigné l'enlever un tant soit peu durant la bataille. Et a dire vrai, jamais le jeune parrain n'avait pendant tout ce temps, établi de réponse tangible à cette haine viscérale du gardien de la tempête pour celui de la pluie. Hélas...

« Vous allez bien ? » S'enquit alors la jeune femme tandis qu'ils avaient - enfin – cessé leurs éclats de voix. Tout deux s'étant tourné vers le jeune homme qui se sortit alors de ses pensées.

« Oui, je... je réfléchissais à la suite des opérations, mentit-il. Lal si tu es d'accord, j'aimerais que tu accompagnes Chrome et Bianchi dans le sud du pays afin de... De-rencontrer-le-chef-du-clan-de-la-famille-Nagareboshi ! »

- P-pardon ? »

La concernée haussa un sourcil et fusilla son boss du regard en silence. Ce dernier, la respiration légèrement saccadées, les yeux fuyants et un sourire perplexe se dessinant sur son visage se mit à jouer de ses doigts avec son enveloppe fraichement acquise. De son côté, Ryohei qui visiblement ne comprenait pas un broque de la situation, lança de son tact légendaire :

« Dîtes, c'est normal qu'il n'y ai que trois femmes dans ce groupe ?

- Précisément. » Rétorqua Lal Mirch sans se départir de son regard émoussé dirigé vers son boss.

Celui-ci se racla la gorge en signe de mal aise et croisa une jambe devant lui, comme une protection supplémentaire contre la brune allant sans doute bientôt faire entendre son avis sur la question de manière... Somme toute assez violente.

« Le hum... Le boss de cette famille est … Enfin il aime les femmes et il est plus enclin à accepter notre demande si vous y...

- C'est un vieux pervers et j'annonce que vous êtes au même rang que lui si vous approuver cette configuration d'équipe ! »

Finalement et grand bien lui fasse, Fûta s'était porté volontaire pour les accompagner et quelque part, Sawada se demandait si ce n'était pas lui envoyer une proie en plus à ce chef de clan à la vue de l'allure assez androgyne du roi des classements, mais bon... Cette pensée fut vite chassée de son esprit quand une fois la porte refermée, le silence prit de nouveau place dans le bureau vide. Enfin normalement... Le gardien du nuage se tenait près de la porte, une main contre le bois et l'autre dans la poche.

Tsuna releva les yeux vers et frissonna machinalement en sentant le regard d'un noir de jais posé sur lui ; La fois dernière, leur entrevue s'était terminée sans encombres dans le sens où le parrain avait trouvé un... Certain compromis leur allant à tous les deux, ou presque.

Le jeune parrain soupira, mal à l'aise et posa aussitôt ses documents pour se saisir de ses gants et passer en mode dernière volonté. La flamme du ciel puissante et éclatante s'appropria le moindre espace et le brun ferma aussitôt la porte à clé en étira un demi-sourire énigmatique. Ses yeux se teintèrent d'une intense lueur et il avança enfin avec une envie non dissimulée vers la vision décidément beaucoup trop excitante que lui offrait Sawada Tsunayoshi...

-x-x-

Italie, Rome

Il était tard quand les deux gardiens revinrent enfin à leur hôtel et ce n'était pas plus mal songea le gardien de la tempête. La rencontre avec l'informateur s'était visiblement bien passée et les deux jeunes hommes avaient profité de l'obscurité des rues romaines afin de quitter les bas-fond de la cité et de rentrer plus ou moins sereins. S'il y avait un autre point positif à notifier hormis la réussite de l'entrevue, c'était bel et bien le sérieux et la méthode du sabreur en situation réelle avait pensé l'italien en jetant des regards de biais à son homologue quand ils marchaient dans les rues de la capitale. Peut-être quand la mission prendrait fin, il daignerait approuver ses compétences de négociateur. Peut-être.

En attendant...

« T'as un problème ? »

Le brun observa d'un œil inquisiteur son homologue, installé par terre à même le sol, un seul et unique drap blanc en guise de couverture. Il n'allait quand même pas dormir là ? Cette option lui fit un léger pincement au cœur ; Gokudera était redevenu, en l'espace de quelques heures, l'être acariâtre qu'il était, ses défenses de même que son caractère de merde de nouveau érigés au maximum et par la même, sa haine viscérale envers lui. Le japonais soupira, attristé et attrapa un oreiller avant de se tourner de nouveau vers lui :

« Je dormirais par terre, si tu veux. »

Le gardien de la tempête haussa un sourcil dans sa direction avant de faire claquer sa langue contre son palet en signe d'agacement certain.

« Et pourquoi ça ? Je suis très bien là où je suis, merci.

- Parce que j'ai... Enfin j'ai déjà assez profité du lit, je crois. » Expliqua le sabreur en tournant la tête afin de ne pas rencontrer les orbes grises qui le dévisageait avec mépris.

Gokudera soupira et se mit à fouiller dans ses poches avec fébrilité.

« Ah ça je confirme, enfoiré. C'était bon, au fait ? »

Le gardien de la pluie soupira, désabusé sans réellement savoir si c'était l'attitude de son homologue ou bel et bien la sienne quelques heures plus tôt qui le rendait de la sorte. Il s'assit sur le rebord du lit et fixa le dos de son homologue s'étant accoudé contre la rambarde de pierre, de la fumée blanche s'élevant au dessus de ses mèches argentées et disparaissant à la brise légère. Alors qu'il détaillait le dos caché par la chemise carmine, leur étreinte plus tôt dans la journée lui revint irrémédiablement en tête... Chaude, caressante, invraisemblable si bien que le brun se demandait si ce n'était pas tout simplement une illusion. Non il n'avait pas rêvé ou quoi que ce soit d'autre, Il y a encore quelques heures, il tenait Hayato Gokudera dans ses bras et échangeait même un semblant de baiser avec lui là, tout contre cette fichue rambarde de pierre blanche et sous un soleil éclatant. C'était tout bonnement ahurissant. C'était comme si la flamme de la pluie, sa propre flamme avait également agit sur lui, l'intimant à répondre à la chaude provocation de la tempête contre sa peau. Si la lumière bleue avait pour vocation de calmer le plus sauvage des félins, il restait que l'égalité des forces laissait tout de même une certaine part de liberté à la flamme couleur rubiconde qui lors de ce moment avait semblerait-il prit un malin plaisir à agir à l'insu de l'italien...

« Quoi, tu vas pas me dire que c'était mauvais ? En plus d'être con, t'es mauvais au lit ? » Cracha de nouveau le bel argenté dans un énième subtil élan de provocation.

L'épéiste se sortit de ses pensées en secouant la tête, un léger frisson le parcourant malgré lui.

« Tu... Tu veux vraiment le savoir ?

- Ha ha et puis quoi encore ? J'en ai strictement rien à foutre de ta vie mon pauvre, faudra t'y faire. »

La voix telle un fouet claqua contre ses oreilles et le fit sourire contre toute attente. Bizarrement, même si c'était pour se foutre ouvertement de lui, le japonais aimait quand c'était l'autre qui abordait une ébauche de conversation, aussi désastreuse soit-elle. Il se leva et vint s'adosser contre la baie vitrée, bras croisés contre son torse et les yeux rivés cette fois-ci sur l'astre luminescent trônant haut dans le ciel ; La nuit était chaude, une de ces caressante nuit italienne qui faisait, l'espace d'un instant, tomber les barrières de la raison.

« Tu sais, la flamme de la pluie a un impact direct sur celle de la tempête...

- Celle de faire royalement chier son détenteur, assurément, répondit t-il du tac au tac en expulsant la fumée.

- L'inverse est aussi valable. »

Hayato grogna des paroles inaudibles et expulsa son mégot d'une pichenette puis se retourna férocement vers l'autre et le saisit par la cravate en mettant un point d'honneur a atteindre le zéro absolu en délicatesse.

« Quoi, je te fais chier ? Si t'es pas content, tu peux tout aussi bien retourner au Japon, personne te retient !

- Non, ce n'est pas ce que je voulais dire …

- Ben moi ce que je veux dire c'est que ça fait une putain de journée que je me coltine ta tronche et j'en ai déjà plus que marre ! C'est ça le fameux pouvoir de la flamme de la pluie ? »

Le sabreur le regardait sans ciller des yeux. Pourquoi diable en revenait-il toujours aux mains avec lui ? A bien y réfléchir, si les effusions verbales était bien entendu toujours de mise, c'était bien les effusions physiques que l'italien prônait contre lui ; enfin plus qu'avec quiconque s'entend... Ou alors il se faisait des idées tout simplement. Cependant, comment le fumeur avait-il pu oublier le moment de pure tendresse s'étant déroulé un moment plus tôt alors que lui était encore pleinement conscient ? Certes, la flamme de la pluie n'avait pas à agir de la sorte sur son détenteur mais à l'évidence, la flamme de la tempête n'était-elle pas dans la même optique ? Pourquoi Gokudera s'était retrouvé ainsi et lui non ? Ces interrogations, toujours elle ! Le summum de l'incompréhension revenait quand même à cette folle et insidieuse envie de serrer ce corps contre le sien presque jalousement, s'enivrer de son odeur mélange de musc, d'eau de Cologne et de cigarette mais aussi de s'emparer de ses lèvres taquines se pressant aux abords de sa mâchoire... Merde, il se sentait complètement perdu ! Et là, pourquoi alors que l'autre était à quelques centimètres de lui, le dévisageant avec dégoût, l'infâme envie de quérir ses lèvres se manifestait à nouveau ? Sans qu'il ne les contrôlent, les prunelles havanes s'inclinèrent légèrement en direction des lèvres offertes. Gokudera fronça aussitôt les sourcils et baissa quant à lui les yeux contre sa main enserrant avec véhémence la cravate noire qu'on distinguait désormais froissée. Sa main se mit à trembler légèrement contre le tissu et il la retira vivement avant de jurer puis de repartir à l'intérieur, sans accorder un regard de plus au brun toujours prostré contre la baie vitrée.

«... Semblable à la stagnation doucereuse d'une flaque d'eau » songea t-il en revenant lui aussi quelques instants plus tard dans la chambre silencieuse, prenant soin de refermer la baie et d'étirer les rideaux.

Il s'empara de nouveau de l'oreiller et le tendit en direction de l'autre qui était à nouveau allongé ventre contre terre, une unique couverture recouvrant son corps et le menton posé sur ses avant-bras, une mine plus renfrognée que jamais à l'appui.

« Gokudera... Tu as besoin de dormir, prend le lit. Prend-le même jusqu'à la fin de la mission si tu en as envie, ça m'est égal. » Chuchota t-il.

Le concerné grogna quelques chose dans sa barbe en remuant légèrement la tête avant d'aplatir l'oreiller contre l'arrière de son crâne. Takeshi esquissa un sourire et s'étira paresseusement puis porta une main contre sa nuque en inclinant la tête en signe de fatigue. Il desserra sa cravate qu'il posa contre le dossier d'une des luxueuse chaises et se dirigea vers la salle de bain. Alors qu'il pénétrait le couloir menant à la salle d'eau, la voix étonnement basse de l'italien se fit entendre :

« Pourquoi tu fais ça ? »

Il revint dans la pièce, appuya son épaule contre le mur en croisant les bras et lui lança un regard interrogateur.

« Faire quoi ? Tu n'as pratiquement pas dormi depuis notre arrivée ici alors je te laisse le lit ni plus ni moins. »

L'argenté souffla contre son bras avant de secouer vivement la tête, évitant soigneusement de se retourner dans sa direction.

« Je... Je te parle pas de ça! Y'a pas que ça... Je... Enfin merde, tu devrais me détester ! T'es vraiment trop bizarre comme type ! » Ragea t-il, étouffant presque sa voix.

Takeshi le regardait désormais avec des yeux surpris. Le silence prit peu à peu place, sans qu'aucun des deux ne sachent quoi ajouter de plus. Hayato était en pleine flagellation mentale et priait dur comme fer que l'épéiste ne s'approche pas d'avantage au risque de découvrir la couleur totalement inhabituelle qu'avait pris ses joues. Il se sentait idiot, un parfait imbécile à ranger au même emplacement que le gardien de la pluie songea t-il en tentant de reprendre contenance. Qu'est-ce qu'il était en train de fiche ? Qu'on lui explique !

Finalement, le silence fut brisé par un rire se confondant avec la placidité de la pièce. Yamamoto porta une main contre sa nuque et se mit à la frotter vivement.

« Je te laisse le monopole de l'adversité : tu me déteste et c'est déjà bien assez, ha ha. Pas besoin de plus, n'est-ce pas ? » Déclara t-il en reprenant bien sagement le chemin de la salle d'eau.

« Non mais quel crétin... ».

Le bruit de l'eau se fit alors rapidement entendre et l'argenté se dit qu'une douche lui ferait aussi le plus grand bien quand il se redressa et étira ses muscles endoloris. Sa fierté d'Italien s'amenuisait lentement à mesure qu'il lançait des regards appréciateurs au lit moelleux et appétissant. Il soupira et s'inclina également. Enlevant sa chemise pour passer un simple t-shirt blanc sans manches en réponse à la certaine chaleur des nuits d'été Italienne, il consentit finalement à s'étendre dans le lit. Bien qu'il ne puisse rien y faire, l'odeur du Rain guardian trônant toujours contre les draps fins emplit rapidement ses narines tel une fragrance entêtante. Il serra les dents à la même intensité que sa main serrait un pan du drap immaculé : comment cette conasse d'hôtesse avait-elle pu finir là, à sa place, s'adonnant au plaisir charnel avec lui ? Pourquoi cette vision lui était-elle proprement inconcevable ? Son cœur s'était remis à battre furieusement, se corrélant à l'intensité de sa colère qui remontait en flèche à mesure que des images ainsi que des pensées incongrues les mettant en scène tous les deux s'autorisèrent une escapade absurde dans sa tête. Pourquoi n'arrivait-il décidément pas à s'avouer ainsi qu'à accepter le fait que cette vision lui faisait mal ; une douleur énigmatique dans la cage thoracique l'obligeant réellement l'espace d'un instant et malgré tout à revoir son jugement... Qu'est-ce qui lui arrivait, bon sang ?

Finalement, ses cogitations à outrance eurent raison de lui et il s'endormit en quelques minutes d'un sommeil réparateur.

Plus tard, Yamamoto revint dans la chambre en terminant de se sécher les cheveux d'où perlaient encore des gouttes translucides de-ci de-là. Son regard se posa sur la masse prenant place sur le grand lit « La fatigue aura eut raison de lui » sourit-il intérieurement en s'approchant un peu plus. Le visage du dormeur était tourné dans la direction opposée, à son grand regret. Il passa cependant un bras par dessus le profil endormi et tressaillit quand sa peau entra malencontreusement en contact avec les mèches argentés afin d'éteindre la petite lumière tamisée trônant aux abords de celui-ci. Gokudera ne bougea pas d'un millimètre, perdu dans les limbes du sommeil. Le japonais prit également le temps de considérer l'éventualité selon laquelle il pourrait dormir lui aussi dans le grand lit sans que ça ne gêne personne au final : le lit était bien assez large pour deux. Finalement, par soucis d'entente et de respect de la volonté de l'autre, il s'installa par terre, à la place précédemment occupé par l'argenté et porta son avant-bras contre son front en sachant pertinemment que dans cette position, le sommeil aurait du mal à le gagner mais qu'importe au final... Si cela lui permettait de préserver le semblant d'entente entre lui et Gokudera, il s'y plierait dans sourciller. Oui Takeshi Yamamoto prônait encore une gentillesse à toute épreuve dix ans plus tard ; il y avait bel et bien des choses qui ne changeaient pas …

Les jours qui suivirent étaient les mêmes que les premiers hélas mais étrangement, l'argenté avait insisté pour qu'ils dorment dans le lit à tour de rôle ; par soucis pour la mission songea Takeshi en s'installant à son tour entre les draps fins cette nuit là ; en effet, ils avaient plutôt intérêt à être en forme aux vues des rares moments de répit que leur incombait les journées.

Les rayons lunaires parvenaient à s'insinuer entre les rideaux sombres pour terminer leur course contre le mur opposé, offrant un agréable spectacle d'ombres chinoises. La nuit était bien amorcée quand le brun distingua l'ombre de son homologue se déplaçant sans bruits dans la pièce. Silencieux tel un félin, Hayato s'était posté devant le fin interstice de la baie vitrée et observait immobile le dehors. Le sabreur se retourna dans sa direction et leva un œil embrumé vers lui ; La vision de son dos nu le fit aussitôt frissonner de manière étrange.

« Tu n'arrives pas à dormir ? » Chuchota t-il doucement.

« Nh » fut la seule réponse qu'il obtint et bientôt le silence transcendait à nouveau la pièce de manière spectrale.

« Viens ici » Fit-il en tapotant l'espace libre à ses côtés.

L'autre fronça les sourcils puis tourna son profil vers lui, un rictus malsain aux lèvres.

« C'est ça ouais, dans tes rêves.

- Mais... Tu crois quoi, que je vais t'étouffer dans ton sommeil ou bien ? »

L'épéiste le regardait, l'incrédulité déformant ses traits. Hayato frissonna et son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine. Inconsciemment, il se dirigea vers la table centrale et fouilla dans ses poches duquel il en sortit le minuscule micro qu'il éteignit. Cette opération annonçait d'ores et déjà que son choix était fait mais Gokudera restait Gokudera, Il avait sa fierté à entretenir coûte que coûte.

« Tsss, je crois rien du tout. J'ai juste aucune envie de pioncer à côté d'un type comme toi. Si t'as besoin de compagnie, y'a l'autre en bas qui sera plus que ravie. Maintenant, arrête de me faire chier et dors, rétorqua t-il, la voix tremblante.

- J'ai besoin d'aucune compagnie, merde ! Le lit est bien assez grand pour deux et on a tous les deux besoin de recharger nos batteries, d'autant plus pour toi vu l'énergie colossale que tu déploies pour être constamment sur la défensive, même en pleine nuit. Non vraiment, j'admire. »

Le ton était résigné, proche de l'exaspération et c'était assez inhabituel de la part du sabreur si bien que l'argenté en fut de nouveau piqué à vif.

« Mais je t'emmerde ! et ton énergie constante dépensée à me faire chier, elle compte aussi ? » Cracha t-il en haussant le ton.

Takeshi soupira pour de bon et tapota pour la énième fois le matelas. Il n'avait aucune envie de se disputer avec lui, surtout à cette heure...

« Viens »

Le l'autre coté de la pièce, l'italien se passa rapidement une main dans ses cheveux puis après avoir laissé une injure passer la barrière de ses lèvres consentit enfin à se retourner vers lui entièrement. La pénombre de la pièce l'empêchait de bien distinguer l'intégralité de son visage mais le sabreur aurait juré apercevoir une expression crispée, proche de la gêne et accompagnée d'une teinte rosie prenant place sur ses joues. Non, quand même pas ? Hayato était bien trop fier pour s'abaisser à ce genre de réaction futile. N'est-ce pas … ?

Le-dit fier s'avança rapidement vers lui et s'allongea tout aussi vite à ses côtés, se tournant aussitôt vers le côté opposé. Le japonais ne put empêcher un regard bienveillant de prendre place sur son visage tandis qu'il replaçait ses bras initialement derrière sa nuque. Ses yeux s'attardèrent un moment sur la nuque parfaitement dessinée ainsi que l'épaule nu du gardien de la tempête. Voilà que les pensées saugrenues germaient de nouveau dans sa tête ! la situation était quand même relativement insolite.

« C'est mieux comme ça, non ?

- Mh...

- Bonne nuit, Gokudera.

- 'nuit »

Un mince sourire enjoué aux lèvres, Takeshi s'endormit peu de temps après. Cependant, alors qu'il faisait encore nuit noire dehors, le cadran lumineux indiquant pas moins de 4h, de violents mouvements le secouèrent et il rouvrit les yeux brusquement pour tomber sur son voisin visiblement en plein cauchemar ; Son corps était agité de spasmes et des éclats de voix sortait de sa bouche telle une longue plainte déchirante « Non, nooon! Pas... 'as »

Le brun se redressa et attira aussitôt l'argenté contre lui afin de le calmer alors qu'il s'adossait lourdement contre la tête du lit. Gokudera, toujours happé dans l'inconscience se débattait violemment tel un poisson hors de l'eau et le sabreur n'eut pas d'autre alternative que de faire couler en lui sa propre flamme comme s'il lui inoculait un calmant. L'énergie bleue recouvrit bientôt leurs deux corps et l'instant d'après, celui du gardien de la tempête se calmait étrangement, reposant avec plus de lourdeur contre le sien. Takeshi passa une main dans l'océan argenté dans un mouvement lent et tendre. « On dirait que tu souffres également dans ton monde intérieur...Gokudera. Je voudrais t'aider, tu sais... » chuchota t-il contre son oreille. L'autre bougea soudainement, plaquant son torse contre le sien et nichant un peu plus son visage dans l'espace entre son cou et son épaule comme s'il se raccrochait à quelque chose de vital. Le brun resserra sa poigne autour de ses épaules, tout en caressant du bout de ses doigts les fines mèches de la base de la nuque.

« Gokudera, est-ce que ça va ? » Tenta t-il dans un murmure.

Le souffle se perdant contre sa peau devint alors plus rapide tandis que les mains empoignait férocement un pan de la chemise bleue restée entre-ouverte.

« 'as 'ui... N-non... »

La grande main halée se pressa un peu plus contre la nuque dans une attitude protectrice.

« Calmes-toi... Tout va bien... Là, doucement »

Quelques minutes supplémentaires défilèrent où seule l'énergie de la flamme bleue se faisait entendre tel le bruit sourd d'une cascade au loin dans le silence ambiant de la chambre. Le souffle erratique du gardien de la tempête fit place à un souffle calme et apaisé presque sensuel songea le japonais en sentant la chaleur s'écraser sur une parcelle de sa peau devenue humide. Les mèches argentées lui chatouillaient la tempe et rapidement ce fut son souffle à lui qui devint étrangement saccadé et pour cause, voilà qu'il se retrouvait de nouveau dans une position incongrue avec l'italien... C'était vraiment irréel.

Dans un mouvement lent et suggestif, ce dernier les yeux toujours assurément clos, remonta vers sa mâchoire alors que ses mains grimpaient elles aussi vers ses épaules dans une longue caresse qui le fit frissonner. La chemise bleue glissa lentement de ses épaules pour être remplacée par les mains aventureuses du fumeur.

C'était exactement comme la dernière fois ! Le japonais tenta d'appeler doucement, dans une ultime tentative, celui qui était encore niché dans un demi-sommeil :

« Goku... Gokudera, reprends-toi... »

Le concerné était comme happé par son exploration et à mesure que les peaux respectives de leur visage n'avaient de cesse d'entrer simplement en contact, il émit un soupir lascif tout contre son oreille, ce qui le fit se tendre irrémédiablement. A bien y réfléchir, ce n'était pas comme la dernière fois... C'était bel et bien pire !

Hayato continuait de proférer sa respiration lascive tout contre sa joue et sans qu'il ne puisse tenter autre chose, les lèvres se rencontraient de nouveau de façon décousue, comme un simple baiser d'enfant, lèvres contre lèvres. « Merde … » Takeshi jura intérieurement quand la chair charnue et délicieuse se posa encore et encore sur la sienne. Ses mains descendirent le long du corps collé sensuellement contre le sien et n'en pouvant plus, il pressa lui aussi ses lèvres contre leurs consœurs en resserrant sa prise autour des hanches de l'italien qui en profita pour passer ses bras autour de son cou tandis que dans le même temps, au plus grand étonnement du japonais, sa langue quémandait l'autorisation d'entrer afin d'approfondir l'échange. Yamamoto plissa dangereusement les yeux quand la langue adverse rencontra la sienne, la caressant et la taquinant doucement en premier lieu pour ensuite passer à un ballet d'étreintes sensuelles et plus du tout chaste. Merde, il se sentait complètement perdre pied ! Le peu de raison qui lui restait allait bientôt prendre la poudre d'escampette pour atteindre le seuil critique, encore appelé couramment « ils allaient bel et bien faire la plus grosse connerie de leur vie, c'était une certitude ». La flamme de la pluie bien qu'ayant parfaitement remplie son rôle se retrouvait cette fois submergée par sa consœur rougeoyante et pour il ne savait quelle raison. Étais-ce sa volonté dérisoire à se défaire de cette étreinte qui avait poussé l'autre à prendre l'avantage ? Il fallait qu'il se ressaisisse rapidement à moins d'atteindre le point de non-retour. Check-list de l'impossibilité d'aller plus loin : Gokudera ne pouvait pas le voir en peinture, ils étaient tout deux des hommes et bien qu'il ne sache pas vraiment de quel côté penchait la balance de son homologue sexuellement parlant, la sienne penchait du côté féminin... N'est-ce pas ? … N'est-ce pas ? A ce stade, il n'en était plus vraiment sûr car envers et contre tout il était là, Gokudera installé sur lui, en train de lui rouler le patin du siècle et il aimait ça malgré lui. Malgré tout. L'échange avait quelques chose de follement excitant ou alors étais-ce tout simplement la garde on ne peut plus baissé du gardien de la tempête qui l'était... Dans tous les cas, pourquoi n'avait-il pas encore stoppé cette mascarade ? Il devait arrêter tout ça, immédiatement !

Ses yeux s'écarquillèrent vivement quand toujours collé à sa bouche tel un siamois, l'argenté bougea son bassin contre le sien, lui révélant par la même l'étendue de son désir. Alors il en était là ? Le japonais était complètement interloqué : Il parvenait là, présentement, à arracher une érection à Hayato Gokudera. Une petite minute... Son bas-ventre le brûlait également étrangement. C'était déjà allé trop loin, il fallait qu'ils arrêtent, ne serais-ce que pour conserver le semblant d'entente qu'ils avaient parce que si l'italien se souvenait de ça, c'était bel et bien la mort qui l'attendait voir pire, songea le sabreur à contre-cœur mais avec néanmoins un semblant de réalisme dérangeant.

Un gémissement étouffé plus tard, il stoppa le nouvel assaut contre sa bouche et tenta de repousser délicatement son homologue. Ce dernier captura une nouvelle fois ses lèvres dans un baiser se voulant chaste et nicha une nouvelle fois son visage dans le creux de son cou comme pour se cacher d'éventuels regards tel un enfant. Le gardien de la pluie réprima un hoquet de surprise et son cœur allait être sur le point de se faire la malle quand il entendit un juron contre son oreille ; il fallait qu'il voit une bonne fois pour toute le visage de l'argenté, si celui-ci était de nouveau conscient ou non... A dire vrai, une certaine peur commençait à l'envahir : Et si c'était le cas ?

Il se saisit des bras entourant encore son cou et les écarta doucement avant de rencontrer une force allant dans le sens opposé, les resserrant tout contre lui dans une attitude possessive.

« A-attend... Juste.. Souffla une voix basse. Attend... »

La voix tel un chuchotement était calme, trop calme... Presque implorante. Le gardien de la pluie sentit ses entrailles se liquéfier à vue d'œil et sa propre voix se perdit dans un tremblement incertain alors que l'évidence lui sautait dès lors à la gorge :

« Gokudera, tu... Tu es éveillé ? »

-x-x-

« Les micros des gardiens respectifs de la pluie et de la tempête sont tout deux éteints ! Ils ont peut-être un problème ! » S'écria Giannini avec effroi en se levant de son siège.

« Je ne pense pas, d'après le signal GPS leur position est toujours précisément la même, fit remarquer le rouquin à lunettes. Est-ce qu'il y a lieu de s'inquiéter, Reborn-san ? »

Le bébé au chapeau scruta avec application les deux points lumineux étrangement proches représentant les deux jeunes hommes, sur le planisphère électronique et esquissa un sourire énigmatique.

« RAS, hé hé hé ! En revanche, si vous pouviez vérifier que Lal, Bianchi, Chrome Dokuro et Fûta sont toujours en vie... Ce serait pas du luxe. »

A suivre …

Le rôle de voyeur lui va décidément bien à notre Reborn * rires *

Eh bien, je ne sais pas ce qu'il se passe je ne suis pas fan plus que ça du 1827 ( ou 2718, remarquez ) mais le fait étant qu'ils s'incrustent outrageusement dans la fiction là...

Ils sont forts quand même ces mafieux ! T.T