Titre : Indisclosed Desires ( Dixit Muse )

Pairing : Yamamoto TYL X Gokudera TYL (8059)

Rating : M

Disclaimer : Personnages à Akira Amano, histoire à moi ( avec inspiration d'un Dj intitulé Nella pioggia intensa ainsi que d'autres que je citerai plus tard mais ça, on ne le dira pas. : p )

Note : Bonsoir,

La rentrée s'est-elle bien passée chez vous, ami(e)s étudiantes ? Oui ? Non ? Merde ? … Hum, vous avez raison, évitons ces politesses d'usage, pour une fois... BREF ! cependant enchaînons avec celles, nettement plus indispensables : Merci beaucoup pour vos review, alertes et autres signes appréciateurs concernant cette fiction ! La suite ne serait pas aussi rapide sans votre coup de pouce et votre soutien. J'en profite pour m'excuser également de ne pas avoir répondu personnellement à certaines review ( les dernières en l'occurrence … ) mais ce début de mois de septembre est assez prenant... A tel point qu'il me fait écrire entre les coins de portes, sur les quais de gare et de trams ou encore dans les salles d'attente diverses et variées... Dur. Néanmoins, elles sont toutes lues, relues et très appréciées ( même en ce qui concerne les fautes épouvantables ayant subsisté * rires * ). A ce propos, je vois que le couple Tsuna/Hibari ne remporte pas un franc succès, c'est dommage il commençait à me plaire, mais je peux informer à ce jour qu'il ne prendra plus une place aussi grande dans la suite de la fiction. Juste quelques micro-scènes/allusions par-ci par là, rien de bien méchant. Cela permettra peut-être de laisser place à d'autres pairing et puis de rester centré sur le pairing central, à savoir Yamamoto/Gokudera ( TYL toujours, ça ne change pas ça ). D'autre part, je m'excuse pour les fautes restantes concernant le précédent chapitre … o_o Je devais être fatiguée mais de prime abord, rien de tel ne m'avait sauté aux yeux... Pauvres n'oeils fatigués par l'afflux de pixels ; puissiez-vous les pardonnez. Amen.

Dans tous les cas, j'espère que ce chapitre vous plaira. En vous remerciant encore et vous souhaitant bon courage dans vos études et autres chiantises scolaires/étudiantes ou autres. La vie actuelle est hélas galère pour beaucoup de monde, pensons-y... Et continuons d'encourager les auteur(e)s de fanfictions afin de les remercier de nous permettre de nous évader le tant d'une lecture. Merci à eux !

Amicalement,

-x-x-

~ Base Vongola

Une douce odeur de cuisson arpentait les couloirs de la base Vongola de bon matin ; Fragrance délicate et annonciatrice de calme et sans aucun doute d'un copieux repas. Oscillant entre le plan de travail et les plaques de cuisson, deux jeunes femmes semblaient s'affairaient comme jamais, presque comme si leur vie en dépendait. Il était établit depuis longtemps que les deux demoiselles avaient parfaitement assimilé leur rôle de soutien dans la lourde bataille impliquant Tsuna et ses gardiens. Essuyant son front d'un revers de main, la brune dont les habituels cheveux coupés au carré étaient présentement relevés en une simple queue de cheval qui n'était pas sans rappeler dix ans en arrière, esquissa un sourire en jetant un œil aux mets délicatement disposés devant elle.

« Yahou ! Tu crois que ça suffira, Kyoko-chan ?

L'autre jeune femme, ses longs cheveux blonds remontés à la hâte également se tourna vers son amie et lui lança un sourire enjoué.

« Je crois qu'on en a encore fait un peu trop... C'est Lambo-kun qui sera content ! »

La brunette acquiesça, un sourire à l'appui avant de s'adosser contre le plan de travail et d'adopter un air pensif.

« C'est la première fois depuis longtemps que nous sommes à nouveau tous réunis ici... Je suis contente.

- Moi aussi. C'est comme au bon vieux temps... Je suis sûre que Tsu-kun est content aussi.

- Oui, surtout qu'il semble très occupé ces derniers temps.. »

C'était vrai. Les six gardiens Vongola - ainsi que les nombreux alliés affiliés à la famille - étaient de nouveau tous réunis au sein de la base et ce pour un court laps de temps, sans aucun doute ; Ce simple fait avait un pouvoir certain sur chacun, même si bons nombres d'entre eux ne l'avourèrent que sous une torture des plus atroces. C'était le cas d'un être irascible aux cheveux d'argent notamment... De même qu'un autre aux cheveux noirs. Pour les autres, il était établie de source sûre que la présence de chaque membre de la famille mafieuse était source d'apaisement, de calme certain et de quiétude essentielle au final. Même si là aussi, peu de gardiens le reconnaitraient, ils avaient tous besoin de souffler, et en ce sens l'entrain, la bonne humeur et finalement la présence des deux jeunes femmes représentait un de ces éléments moteurs et indispensables à la famille.

Derrière la cloison, un fin sourire se dessina sur les lèvres d'un certain gardien. L'expression attendrie proprement secrète prenant place sur son visage s'estompa lentement et il rebroussa finalement chemin afin de ne pas déranger les cuisinières attitrées. Cependant... Le tournant de la conversation de ces dernières le firent se stopper net et il tendit d'avantage l'oreille par réflexe.

« Dis Haru-chan, on pourrait inviter Hana-chan ! Qu'est-ce que tu en penses ?

- C'est une bonne idée !

- On ne s'est pas tellement vu dernièrement... Je la soupçonne d'avoir trouvé un petit ami. »

Un toussotement rauque s'échappa des lèvres du jeune homme et bientôt le visage surpris de la blonde apparaissait à ses côtés puis elle le tira par le bras pour l'amener dans la pièce.

« Onii-san ! Dis, tu es d'accord pour inviter Hana-chan, n'est-ce pas ?

- O-Oui...

- On pourrait peut-être inviter son petit ami aussi, non ?

- O-Oui... Pourquoi pas.

- Qu'est-ce qu'il se passe, Onii-san ? Tu es tout rouge... Tu as de la fiè...

- Nooon, tout va bien A L'EXTREEEME ! Je.. J'ai un entraînement enflammé qui m'attend ha ha, à plus ! »

Les deux jeunes femmes l'observèrent se hâter de rejoindre la sortie, son visage ayant soudainement pris une couleur rouge brique et des raclements de gorge feints s'échappant de sa bouche.

« Je crois que ton frère est malade, Kyoko-chan...

« 'Tain, c'est quoi son problème à cette tête de gazon ? » Grogna une voix mécontente.

Gokudera, mine renfrognée coutumière entra dans la cuisine en se massant l'épaule après avoir rencontrer, dans le couloir, un certain gardien du soleil filant à toute allure dans le sens opposé. Il adressa un bref signe de tête à chacune des filles et jeta un coup d'oeil désintéressé à la table généreusement garnies avant de se laisser tomber paresseusement sur une des chaises.

« Gokudera-san ! Yamamoto-san n'est pas avec toi ? » S'enquit la soeur Sasagawa en lui proposant une tasse de café.

Ce dernier s'empara de la tasse sans un merci et la porta immédiatement à ses lèvres, une grimace à l'appui.

« C'est la nouvelle mode de me demander s'il est avec moi ? Je crèche pas avec.

- Encore mal luné ! S'indigna la brunette.

- Toujours aussi chia... » Répondit-il du tac au tac avant de refermer la bouche aussi sec et de faire pivoter rapidement ses iris grisés vers le nouveau venu.

Son cœur s'emballa immédiatement et il reporta aussi sec son attention sur sa tasse de café, jouant et repassant inutilement les contours de ses doigts fins avant d'adopter une mine blasé et feintant l'indifférence. Yamamoto le remarqua également rapidement et comme lui, porta aussitôt ses grands yeux havanes sur les deux demoiselles occupées à lui adresser un agréable sourire en guise de bonjour. Comme toujours, si ce n'est plus, Gokudera l'ignorait royalement, le méprisant à distance avec une hargne aisément distinguable si bien que la tension atmosphérique en devenait légèrement palpable ; il pouvait ressentir toute l'étendue de ses sentiments à son égard. Le sabreur décida alors d'entrer dans son jeu et se força à adopter une attitude complètement différente, loin très loin de ce qu'il pouvait arborer en temps normal.

« C'est quoi ce festin ? » S'enquit-il joyeusement en s'approchant de la table et inévitablement du gardien de la tempête qu'il ignora superbement.

« Pour faire parler les gros débiles... » Grommela ce dernier dans sa moustache avant de disparaître à nouveau le nez dans sa tasse.

« C'est pour ce midi ! On a décidé de faire une petite fête pour célébrer le fait d'être enfin tous à nouveau réunis...

- C'est chouette comme idée !

- Tsuna-kun a même parlé d'inviter ces types louches de la Varia... »

« Invasion de gros débiles... Songea de plus belle l'italien pour lui même alors qu'il levait les yeux au ciel. Mais puisque c'est vous, Juudaime... »

« Squalo se sentira moins seul, ha ha » Poursuivit l'épéiste, un sourire mi-figue mi-raison se dessinant sur ses lèvres.

« Quoi, ta fabuleuse présence lui suffit pas ? Je suis sûr qu'une soit disant belle gueule à entraîner doit lui plaire, hein... Tssiit, pauvres cons. »

Le fumeur se mit à plisser les yeux sous l'effet de ses pensées et les remonta contre sa volonté vers le profil de l'épéiste se dessinant à quelques pas de là. Cette putain de couleur bleue semblable à une étendue doucereuse commençait à le gonfler, il ne pouvait plus la voir en peinture. La voir lui donnait envie de la déchirer, la lacérer et la mettre en lambeaux afin d'y chasser ce sentiment complètement débile de pseudo apaisement. Puis cette peau hâlée absolument parfaite ; si parfaite qu'elle en était douloureuse aux yeux et proprement écœurante à l'esprit ; il avait envie de la marquer à vie, l'égratigner et lui enlever de sa superbe... Et ces cheveux noirs comme le charbon... Semblables à un gouffre ; crevasse béante dont seules les ténèbres imposeraient leur insidieuse présence. Ils lui donnaient envie de les tirer, les arracher pour en révéler leurs propriété purement matérielle... Tout dans Yamamoto Takeshi n'était que matériel. Du paraître. Un empilement de chair humaine absolument creux et sans intérêt. Le gardien de la pluie était sans intérêt aucun, oui c'était ça.

Le fumeur était comme pris dans une sphère de silence dont seule sa propre voix intérieure en déchirait la placidité; à l'extérieur, la conversation entre l'épéiste et les deux jeunes femmes poursuivait son cours alors que lui n'écoutait ni n'entendait plus rien. Son regard défilait comme l'on déroule un ruban sur chaque partie du corps de son homologue occupé cette fois-ci à rire de bon cœur... « Je ne t'aime pas Je ne t'aime pas Je ne... » Étrangement, ce rire lui parvint aux oreilles. Un éclat de voix antipathique et déroutant. Il avait juste envie de le lui ôter à cet instant présent et de le plaquer contre le mur le plus proche…

« 'sent... Di »

Violemment et puis...

« 'dera... 'entends »

… Lui enlever ce sourire imbécile, héritage de ses quinze ans pour les troquer contre une expression dure et froide. Le ramener à la putain de réalité ; à sa putain de réalité de gardien qu'il semblait omettre à chaque instant. Bordel ce qu'il était énervant. Sa prestance était énervante. Ce physique avantageux l'était... Le fumeur se reprit et entreprit de détacher ses yeux de ce corps. Non avant ça, il commencerait par cette salope d'hôtesse l'attendant bien sagement en Italie. Peut-être même qu'ils avaient gardés contact, lui donnant un motif supplémentaire pour se rendre là-bas en plus des nombreuses missions s'y déroulant ? Ça la mettrait en joie, cette conasse. L'italien serra les dents ; il revoyait l'expression hautement intéressée de la jeune femme alors qu'elle rougissait comme une midinette de quinze ans en le dévorant du regard. C'était pathétique et à dire vrai, il se trouvait lui aussi du même acabit à cet instant présent. Pourquoi recommençait-il ses analyses à rallonges ?

« Gokudera, tu m'entends ? »

La voix du dixième parrain lui parvint brusquement aux oreilles et il battit des paupières après s'être sorti de ses rêveries. Tout le monde avaient les yeux rivés sur lui sauf le gardien de la pluie qui sirotait sagement son café en continuant d'observer la table généreusement garnie. Il jura pour lui même en lançant un regard dégouté à ce dernier qui ne le vit aucunement.

« Dé... Désolé Juudaime, je réfléchissais..

- Tu seras présent ce midi, n'est-ce pas ? » Sourit-il.

L'argenté lui rendit son sourire et alla poser sa tasse dans l'évier avant de fourrer ses mains dans ses poches puis de prendre la direction de la sortie.

« Bien sûr... » sourit-il à l'adresse de Tsuna avant de reprendre sa mine blasée en passant aux côtés du japonais.

Sawada observait par alternance ses deux gardiens et son sourire s'envola aussitôt pour faire place à un soupir intérieur. Ces deux là s'étaient encore disputés ; L'objectif de la mission en Italie hormis de récolter des informations était en tout et pour tout un véritable échec. Tandis que les jeunes femmes s'occupaient de leur côté, il se posta près de son gardien de sorte à ce que eux seuls puissent entendre la conversation :

« Un souci avec Gokudera ? » Chuchota t-il.

L'épéiste termina lui aussi son breuvage et arbora comme à son habitude également son air enjoué, signe éternellement trompeur que tout allait bien ; du moins c'est ce qu'un individu lambda penserait.

« Pas plus que d'habitude. La routine ha ha »

Le parrain l'observa du coin de l'œil et fronça les sourcils avec amertume.

« Vous êtes tous les deux différents de d'habitude.

- C-comment ça ?

- Et bien, en ce qui concerne Gokudera je le sens nettement plus à cran et susceptible de prôner les effusions de sang... D'ailleurs s'il croise Hibari, c'est l'apocalypse avant l'heure, se lamenta t-il en esquissant un frisson. Et toi, tu... Enfin tu sembles un peu confus.

- Ah bon ? … Quand même, l'hyper-intuition c'est quelque chose ! … Je vais penser à reprendre l'entraînement sinon Squalo et le gamin vont me tomber dessus et les deux en même temps, je ne suis pas sûr d'y arriver » Rit-il en empruntant lui aussi le chemin de la sortie, saluant ceux restants.

« Yamamoto, l'appela t-il de nouveau.

- hum ?

- Je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas mais je crois que vous souffrez tous les deux... Pensez-y.

Un sourire en guise de réponse, le sabreur sortit de la pièce. Une masse tomba alors du plafond pour venir s'écraser dans les cheveux du jeune parrain qui esquissa un cri de surprise.

« Tu m'impressionnes de jours en jours, Tsunaze » Fit la petite voix fluette, restée perchée bien sagement dans les cheveux dorés, désormais semblables à un nid de corbeau.

« R-Reborn, descend de là !

- Je viens te rappeler que tu as encore un gardien à convaincre d'assister à cette petite fête et ce ne sera pas de tout repos. Allez au boulot !

- Bonne chance, Tsu-kun ! Nous nous occupons de Chrome-chan ! »

Tsuna pleurait intérieurement – mais avec la classe d'un parrain de la mafia, tout de même – en songeant à comment est-ce qu'il pourrait convaincre Hibari d'assister au repas. Autant dire que ça sentait le plan outrageusement foireux, encore...

-x-x-

~ Manoir de la Varia – quelques temps plus tôt

« Ma ma, nous avons du courrier, boss ! Il y a les armoiries Vongola ! » S'écria joyeusement le boxeur de la Varia en pénétrant sans ménagements dans le bureau de l'être le plus irascible de l'élite.

Xanxus ouvrit un œil injecté de sang et batailla férocement contre lui même pour ne pas faire exploser toute la fureur de sa boîte arme, de détruire entièrement ce château et pour finir d'éradiquer ses occupants dans le cas où certains d'entre eux seraient encore en vie, les bougres. Rien que ça...

« Qu'est-ce que ça peut me foutre ?

- Mais... vous n'êtes même pas curieux ?

- Rien à battre. Au feu avec les autres. Maintenant, dégage.

- Voyons... Mais hé Bel-chan rends-moi ça ! »

Le gardien de la tempête, qui avait outrageusement pénétré lui aussi dans le bureau de son boss, lequel boss avaient les jointures blanches tant il luttait, s'empara de la lettre et étira aussitôt un sourire de quinze pieds de long.

« Bel-Sempai, arrêtez de sourire comme un psychopathe, c'est très malsain...

- Ushishi, pas aussi malsain que ce que je compte te faire, Fran.

- Les menaces n'ont aucun effet sur moi, Sempai

- Fermez vos gueules et barrez-vous, déchets.

- Que se passe t-il ?

- Ah Levi-chan, tu tombes à pic ! Nous avons reçu une lettre des Vongola ! Alors, qu'est-ce que ça dit ?

- Ushishi, lis-la toi-même, ricana le blondinet en lui rendant la lettre et jetant des regards carrément explicites à son cadet aux cheveux bleus.

- Oooh, ils organisent un repas et nous y convient. Comme c'est charmant ! Boss, qu'est-ce que vous en pensez ?

- Si vous ne vous barrez pas dans la minute, je vous anéantis sales déchets.

- C'est une bonne occasion pour ré-affronter dans les normes ce gamin avec les cornes, fit le gardien de la foudre avec sérieux.

- Ma ma, le gardien du soleil est devenu bel homme... Bava t-il, allons-y boss !

- Ushishi, si tu traînes avec le gardien de la brume, je te tue, Fran.

- Seriez-vous jaloux, Bel-sempai ?

- Ma et Squa-chan doit se sentir seul aussi ! Boss... Qu'est-ce que … ? »

Un bruit sourd déchira la nuit et une horde d'oiseaux s'envolèrent des arbres alentours suite à la formidable explosion ayant partiellement détruit le manoir de la Varia.

« Ce... Ce n'est pas une réponse, boss ! » S'indigna le boxeur en soulevant une lourde dalle de pierre de sur son corps.

Le ténébreux boss s'enfonça un peu plus dans son fauteuil avant de croiser une jambe devant lui avec désinvolture et de porter un autre verre rempli d'un liquide carmin à ses lèvres, le lion zébré trônant avec majesté à ses côtés et ne manquant pas de rappeler qui était le patron.

« Allez crever. »

-x-x-

Gokudera ouvrit un œil embrumé et releva doucement la tête de son bras endolori. Il enleva ses lunettes aux montures rouge ayant partiellement glissé de son visage et bailla à s'en décrocher la mâchoire. La vision de la bibliothèque apparu de plus en plus nettement et il soupira en observant le capharnaüm prenant toujours place devant lui. A bien y regarder, Uri n'était plus là non plus. Le gardien de la tempête se frotta le visage et jeta brusquement un œil à sa montre; celle-ci lui indiquant qu'il était nettement en retard au repas. Il s'alluma une cigarette qu'il entama allègrement et se décida enfin à prendre la direction de la cuisine d'où s'élevait déjà des éclats de voix tonitruants. Il pouvait reconnaître la voix criarde de l'autre empaffé de boxeur de la Varia et dès lors, sans compter la présence probable d'autres boulets, la volonté de rebrousser chemin se fit nettement ressentir mais c'était sans compter le sourire de Tsuna lui étant directement adressé alors qu'il pénétrait dans la pièce bondée. Tout le monde était là ; même l'ancienne élève modèle aux longs cheveux bruns. Elle discutait de bon cœur avec la tête de gazon, lequel semblait tendu comme jamais. Sa sœur quant à elle en faisait de même avec la brune chiante et Chrome Dokuro. Le cheval ailé essayait tant bien que mal de cacher la vue du jeune Bovino à Bianchi ainsi qu'à Lévi, Le blond complètement cinglé de la Varia s'amusait à piquer des cure-dents dans l'étrange chapeau de son subalterne aux cheveux bleus qui ne manquait pas de lancer des regards en biais à la jeune Dokuro dans l'espoir probable de voir débarquer son maître d'un instant à l'autre. Quant aux autres : Reborn discutait avec le squale et Basile, Hibari était là à son grand damne, prostré seul dans un coin et jetant des regards énigmatiques en direction du Juudaime, le soit disant ancien Millefiore aux cheveux roux faisait de même avec Fûta et l'autre mécanicien aux crâne dégarni et enfin... L'espèce de punk, mi-drag queen mi-sangsue riait joyeusement avec le gardien de la pluie sur lequel dormait paisiblement le petit chaton. On distinguait aisément l'attirance et du boxeur et du petit chat pour le japonais et cette vision lui fit tourner aussitôt le sang ; il jura et alla se poster le plus loin possible de cette vision cauchemardesque. Au moins l'autre taré de Xanxus n'étaient pas là, c'était un bon point à prendre en considération.

-x

x-

-x

x-

Le repas semblait s'éterniser aux yeux désormais plus qu'embrumés de l'italien. Les bras contre les genoux et s'essayant au mieux de ne pas regarder l'autre côté de la pièce, il fixait le sol avec une immobilité somme toute assez grandiose aux vues de l'alcool qu'il avait ingurgité. Il se sentait plus léger et d'autant plus apte à prôner les excès de virilité d'où il fallait qu'il quitte cette pièce au plus vite avant de mettre son boss dans une fâcheuse posture. Plus que tout, il ne voulait pas mettre le Juudaime dans l'embarra en étant finalement simplement lui-même ; cette facette de lui le dégoutait au plus haut point et avait semblerait-il avec l'âge, pris de l'ampleur. Cependant, alors qu'il relevait les yeux face à lui afin de tracer le chemin vers la sortie, les iris gris rencontrèrent deux yeux havanes qu'on distinguait légèrement embrumés eux aussi à l'opposé de la pièce ; Dès lors les regards plissés s'accrochèrent brusquement comme si deux chats sauvages entraient en duel. L'italien grogna en dévisageant avec d'autant plus de hargne son homologue, lequel affichait une expression neutre, proche du sérieux. Un sérieux somme toute déroutant et provoqué, il le savait, par l'abus d'alcool l'ayant lui aussi affligé.

« Putain... Arrête de me regarder comme ça, connard »

Yamamoto contrôlait encore parfaitement ses moindres faits et gestes mais il ne savait expliquer ce qui présentement, le pousser à soutenir malgré lui le regard teinté d'animosité de l'argenté. Il était clair que ce dernier semblait avoir atteint son compte alcooliquement parlant et à dire vrai lui aussi et c'était surement la raison pour laquelle il trouvait cette vision aussi plaisante. Il en aurait presque sourit si l'expression strictement fermée de son homologue ne le contraignait pas à garder un semblant de sérieux malgré la situation. Les secondes passaient, dangereuses et se teintant bientôt d'une étrange atmosphère les affiliant tous les deux. Hayato réprima un frisson lui parcourant la colonne vertébrale alors que le brun n'était toujours pas destiné à couper le contact visuel ; l'entretenant à toute épreuve. Le changeant presque en quelque chose de hautement suggestif … Il fallait que l'un des deux cesse.

Finalement, Hayato soupira d'agacement et se dirigea prestement vers la sortie, d'un pas faussement assuré. Quand il fut enfin dans le couloir sombre, il soupira d'un soulagement certain mais aussi pour évacuer la chaleur insidieuse prenant place dans chaque recoins de son corps. La pensée du regard marron clair porté sur lui le fit frissonner à nouveau et son souffle erratique l'intimèrent à se laisser glisser contre le mur et à finir sa course à même le sol. Le cerveau semblable à une véritable purée de pois et plus désabusé que jamais, le jeune homme tenta de se relever avec l'idée de rejoindre au plus vite sa chambre ou une douche froide au choix, mais tituba dangereusement. Quand finalement, il crut être de nouveau prostré par terre, un bras passa autour de sa taille tandis que l'on prenait le sien pour le placer autour d'une chair chaude...

« On dirait que tu as ton compte, Gokudera »

Cette voix... L'italien émit un juron et tenta de se détacher de l'emprise de son homologue. Ce dernier, visiblement moins altéré par l'alcool l'emprisonna alors entre le mur et ses propres bras, postés de part et d'autre du fumeur.

« Avant que tu ne dises quoi que ce soit, sache que c'est Tsuna qui a insisté pour que je te raccompagne et que je ne fais qu'obéir aux ordres, ni plus ni moins.

- J'ai pas besoin de ton aide, dégage, cracha t-il en posant ses mains sur le torse de son vis-à-vis et tentant de le repousser.

- J'ai ordre de te ramener à ta chambre. »

Un rire fugace s'échappa des lèvres du fumeur et il se saisit brusquement de la cravate du japonais, la serrant avec force depuis la base du cou et amenant le visage déformé par la surprise à quelques infimes centimètres du sien.

« ...Je ne t'aime pas, tu saisis ?

- Je crois avoir compris... » Rétorqua t-il en plongeant dans les yeux gris décidément beaucoup trop proches.

Les prunelles anthracites le dévisagèrent encore un instant puis descendirent soudainement jusqu'au bas de son visage avec une lenteur dérangeante. Un sourire énigmatique déformait les traits de l'italien cependant qu'il tenait avec encore plus de poigne le visage près du sien.

« Gokudera, arrête...

- Arrêter quoi ? Chantonna t-il presque.

- ... D-De me regarder comme ça, tu es ivre »

Les éclats de voix provenant de la cuisine leur parvenaient encore vaguement aux oreilles et à dire vrai, quiconque arriverait dans le couloir plongé dans les ténèbres que seules déchiraient des veilleuses accrochées au plafond, serait en proie de laisser libre cours à son imagination ; En l'occurrence, que les deux gardiens étaient en pleine réunion pour le moins intime. Le corps de l'épéiste toujours collé de façon licencieuse au sien, l'argenté rapprocha le visage du sien et fit glisser sensuellement ses lèvres contre son oreille.

« Ça te dérangeait pas de me fixer tout à l'heure, hein... Tu cherches quoi ? Je suis pas comme ta petite salope... C'était quoi son nom déjà ?

- Arrête. »

Pour toute réponse, l'argenté soupira et émit un rire malsain avant de le libérer et de le repousser brusquement, manifestement dégouté.

« Je t'ai dis de plus m'approcher, dégage!

- ... Je vais partir mais avant ça, je veux m'assurer que tu regagnes ta chambre » Fit-il en défroissant sa chemise.

Finalement, le fumeur parvint à regagner sa chambre sans encombre et lorsqu'il eut ouvert la porte, se tourna de manière carrément aguicheuse vers le brun qui lui avait emboité le pas.

« C'est bon ou tu veux venir me border ? » Ricana t-il.

Takeshi déglutit difficilement quand son regard se posa sur l'ébauche du torse de l'italien que la chemise ne cachait plus. Il pouvait voir les gouttes de sueur qui perlaient sur la peau diaphane du jeune homme dont les traits indiquaient clairement qu'il était encore sous l'emprise de l'alcool. Le japonais repensa alors à leur mission en Italie... Cette garde baissée, cette attitude entreprenante et désirable ; Hayato Gokudera était désir. Un amoncellement voluptueux qui le poussait un peu plus chaque jour à vouloir se perdre dans ce bord ci du bateau lui étant totalement inconnu... Gokudera à lui seul parviendrait à le faire changer de bord, ce n'était plus qu'une question de temps et le japonais intégra alors avec horreur la véracité de cette information dansant désormais dans sa tête comme une idée préconçue, une idée qui ne demandait qu'à germer, grandir et se concrétiser pour pouvoir exister pleinement. Seulement voilà, l'italien était ivre. Probablement aucunement maitre de ses actes et diable... D'autant plus attirant. La situation se profilant à l'horizon amorça son caractère plus que tout dangereux... Mais également, interdit.

« T'as envie de moi ? »

A cet instant présent, le japonais bénissait l'excès d'alcool qu'il avait encore dans les veines pour lui permettre d'encaisser l'intégralité des dires sans risquer l'anévrisme. Ce type le rendrait dingue dans tous les sens du termes, c'était officiel...

« Arrête d-de me regarder comme ça, tu es ivre, continua l'italien en imitant sa voix. T'es vraiment pathétique comme gars... »

Rassemblant tout son courage, le brun fit un pas un avant de sorte à n'être plus qu'à quelques centimètres de son homologue et le dévisagea avec incertitude.

« Qu'est-ce que tu cherches à obtenir, Gokudera ? »

Le fumeur le dévisagea un instant puis plissa les yeux avant de porter une main contre son front en soupirant. N'ajoutant rien de plus, il tourna les talons et se laissa tomber sur son lit.

« Expliques-moi » Poursuivit le Rain Guardian en entrant à son tour.

L'autre avait amené un bras contre son front, cachant ainsi partiellement son visage.

« Sors d'ici.

- Je crois que je commence à comprendre... Tu veux obtenir de moi que je te déteste, c'est ça ?

- Toujours aussi perspicace, soupira t-il blasé

- Tu veux que je te dise ? C'est en bonne voie finalement...

- Super … Alors qu'est-ce que tu fous encore là ?

- Ce que je fous encore là ? J'attends ou plutôt j'espère simplement que tu me dises que ce n'est pas le cas. Qu'au fond de toi tu...

- Ta gueule.

- Qu'au fond de toi, tu t'avoues enfin que...

- Ta gueule, putain ! » Tempêta t-il toutes dents dehors en plaquant l'autre contre le mur.

Takeshi fixait son assaillant sans ciller des yeux. Encore et toujours ces effusions physiques... Il n'y était que trop habitué désormais. La main tremblante se pressant contre son épaule et le regard empli d'une étrange lueur de son homologue terminèrent de le faire cogiter quant à la suite des réjouissances. Les habitudes existent pour être brisées, voilà ce que s'était dit le brun avant d'approcher ses lèvres de celles du fumeur qui recula alors instinctivement, se retrouvant à son tour acculé contre le mur en face tandis que deux mains puissantes s'abattaient de part et d'autre de son visage. Sans demander une quelconque invitation supplémentaire, le sabreur écrasa sa bouche contre la sienne avec une envie non dissimulée. Les yeux toujours grands ouverts, les deux jeunes hommes s'observaient avec à la fois de la surprise et de la confusion dans le regard. L'argenté tenta de se débattre quelques instants afin de se donner contenance ; Contenance inutile. Finalement l'un comme l'autre laissèrent tomber les paupières et se laissèrent aller contre le corps leur faisant face. Yamamoto qui entretenait un échange se voulant chaste écarquilla soudainement les yeux quand l'autre quémanda le droit d'entrer et d'approfondir le baiser. Il commençait doucement à perdre pieds ; Pour la première fois depuis une décennie, leur flamme respectives semblaient en parfaite harmonie. Corrélation singulière et pacifique. De son côté, Gokudera luttait pour ne pas laisser échapper un gémissement plaintif, réponse au bien-être manifeste prenant place dans chaque recoins de son corps. Il n'avait pas pu résister d'avantage et l'alcool avait à cet instant présent, parfaitement tenu son rôle de désinhibition. Doucement, de manière nettement plus suggestive, les langues n'avaient de cesse de se caresser, s'entortiller voir même à s'écharper à mesure que le moment s'éternisait. En réalité, aucun des deux ne souhaitait que celui-ci prenne fin de peur de devoir s'expliquer quant à cet élan de sauvagerie les ayant tous deux envahis. A ce stade, le langage du corps était la meilleure parole qui soit. Le brun était à présent sûr que l'italien était au même stade que lui : Ils avaient envie de l'autre. Envie de goûter à la nouveauté désireuse que représentait l'autre. Lentement, il passa ses mains sous la chemise du gardien de la tempête et eut le plaisir immédiat d'apprécier le grain de peau velouté sous la pulpe de ses doigts aventureux. Cependant alors qu'il remontait toujours un peu plus sur le torse de son vis-à-vis, ce dernier cassa le baiser et le repoussa vivement en s'essuyant la bouche d'un revers de main.

« T'as raison, je.. Je suis ivre... Sors d'ici, s'il te plait. »

-x-x-

Désolée si des fautes ont subsisté. Merci pour votre lecture et à bientôt pour la suite.