Titre : Indisclosed Desires ( Dixit Muse )
Pairing : Yamamoto TYL X Gokudera TYL (8059)
Rating : M
Disclaimer : Personnages à Akira Amano-Sensei, histoire à moi ( avec inspiration d'un Dj intitulé Nella pioggia intensa ainsi que d'autres que je citerai plus tard mais ça, on ne le dira pas. : p )
/!\ Spoiler : Arrivée d'un certain personnage référent du chapitre 289, attention à celles qui ne lisent pas les scans. Pour les autres, c'est du tout cuit.
Note : Bonsoir,
Un grand merci à toutes pour votre soutien et votre gentillesse. Je suis très touchée... J'espère que cette suite vous plaira.
A Tsubaki I : Merci beaucoup beaucoup... J'ai toujours hâte de lire tes commentaires, ils me font rire. ^_^ J'aimerais te dédier ce chapitre si tu veux bien ? En espérant qu'il te plaise tout autant.
Bonne lecture à toutes et à bientôt pour la suite.
Amicalement,
-x-x-
~ Manoir de la Varia – Italie
La nuit battait son plein depuis quelques heures déjà quand les quatre véhicules sombres pénétrèrent enfin le domaine de l'élite de la famille Vongola. Les unes derrière les autres, les Alpha Romeo 159 de type SW terminèrent leur course devant les marches de l'immense manoir dont la majesté prenait véritablement tout son sens, une fois devant le gigantesque édifice de pierres sombres. Chacune des portières avant des luxueuses voitures s'ouvrirent et les chauffeurs respectifs se hâtèrent d'ouvrir la porte arrière de leur véhicule, en des gestes parfaitement rodés. Yamamoto Takeshi sortit du véhicule et inspira à plein poumons la brise fraîche de la soirée qui se répercutait en un écho doucereux dans les arbres avoisinants. Réajustant son katana, il adressa un bref sourire à son chauffeur et lança un regard en direction des autres gardiens : Lambo jetait des coups d'œil endormis vers le château et plus précisément ses nombreuses fenêtres éclairées à travers lesquelles on distinguait un semblant d'animation avant de défroisser son vêtement avec flegme et de fourrer ses mains dans ses poches, le tout en esquissant un bâillement qui semblait à ce stade, plus que nécessaire. Chrome Dokuro, impeccablement vêtu dans un tailleur bleu marine observait les alentours avec intérêt, sans remarquer que son conducteur ne cessait de la dévorer du regard. Takeshi esquissa un sourire en observant le jeune homme dont le rouge maculait allègrement ses joues puis … Son regard se posa alors sur lui. Toujours lui. Encore lui. Gokudera Hayato était comme à l'accoutumée lui aussi d'une élégance folle. Il se dégageait du fumeur à cet instant présent un charisme proprement illusoire et dont l'épéiste ne cessait de se repaître encore et encore jusqu'à ce que le concerné ne le remarque et lui adresse son éternel et irrésistible air renfrogné ou alors ne lui témoigne aucune considération tout court. C'était selon le bon vouloir de l'argenté … Mais ce cas de figure-ci était juste plus pénible à endurer car en définitive, le sabreur se contentait de ses accès de colère, ses éclats de voix en tous genre puis encore – et surtout - ses effusions physiques... Tous preuve de considération et de légèreté dans le cœur du brun. Présentement, c'était comme si la scène était tout droit sortie d'un tableau ; Gokudera représentait une œuvre picturale à lui seul, prostré de la sorte : Appuyé nonchalamment contre la voiture et les mains dans les poches, son visage, pourtant vu de profil, trahissait allègrement sa « joie » d'être en ces lieux ; de même que cette capacité extraordinaire à pomper sur sa cigarette en un temps record. L'humeur acariâtre du jeune homme se ressentait à des kilomètres à la ronde et ce au même tire que le caractère atrabilaire de sa flamme. Ces soubresauts, le gardien de la pluie les ressentaient au plus profond de lui désormais et il ne savait pas vraiment l'expliquer. C'était comme si sa propre flamme réagissait à ces changements d'humeur, comme si elle restait définitivement connectée à celle de la tempête depuis … La fameuse mission s'étant déroulée à Rome. Le sabreur n'était pas en mesure de donner d'explications mais depuis, la flamme de la pluie semblait être entrée en étroit lien avec celle de la tempête et ce malgré les innombrables rejets de cette dernière. A bien y réfléchir, c'était également au même moment que les sentiments de l'épéiste pour son compagnon d'armes se sont fait de moins en moins flous. Une seule. Une seule et unique étreinte lui avait alors fait prendre conscience que Gokudera l'obnubilait et cela allait au delà d'une simple admiration passagère. En réalité, Gokudera l'avait charmé depuis le tout début. Les débuts semblables à un jeu. L'époque de leurs quinze ans. L'époque du lycée. Le moment où tout avait commencé. N'était-ce là pas triste de constater, pas moins de dix années plus tard que l'on était depuis tout ce temps épris de son camarade de classe, son compagnon d'armes et son pire ennemi à la fois ? La notion d'ennemi était sortie de la bouche de l'argenté peu après leur rencontre et n'avait depuis déserté aucune de leur interactions. C'était cependant une locution unilatérale, ne prenant son sens qu'aux travers des lèvres de l'italien. Cet Italien. Ce même Italien qui ne cessait de le hanter maintenant jours et nuits aux travers de songes et de rêves tous plus invraisemblables les uns que les autres. Merde, pourquoi maintenant ? Pourquoi cette insidieuse sensation de perte de temps s'insinuait t-elle à présent dans le moindre recoin de son cœur ? Décidément, que ce soit maintenant ou il y a dix ans, il n'avait réussi à rien concernant Gokudera. Nada. Que dalle. Un autre de ces zéro pointés ayant maculé bons nombres de ses copies de cours. Comment pouvait-il ne serais-ce que rattraper un infime laps de temps de ces années alors qu'il n'arrivait même pas à amorcer un semblant de relation avec le gardien de la tempête ? Y avait-il réellement quelque chose qui clochait chez lui ? Était-il l'unique coupable de toute cette mascarade ? …
Gokudera inspira une énième bouffée sur son filtre déjà bien entamé avant de l'expulser, sans aucune gêne, d'une pichenette devant la demeure dont la propreté aurait pu éventuellement piquer les yeux de quelconques non-habitués. Il consentit enfin à se décoller de la carrosserie sombre et se tourna vers le château, un air de dédain déformant ses traits. Il n'avait véritablement aucune envie d'être là. Aucune envie de côtoyer ces connards de Varia mais surtout aucune envie de... Eh bien, de batailler pour ne pas dévorer du regard le gardien de la pluie, ici présent. Et il avait déjà perdu, c'était pathétique. Ses yeux avaient pivoté prudemment d'un angle suffisant pour tomber sur la silhouette du brun, postés à quelques pas de là. Putain, la prestance de Yamamoto Takeshi le faisait trembler d'une sensation inconnue. Un enchevêtrements d'émotions absolument infâmes et pourtant si réelles... Pourquoi diable avait-il autant soif de ce corps ? Cet amas de chair absolument insignifiant ? Il n'avait qu'une envie : le coller de nouveau à lui dans une étreinte avide et indécente. Ressentir de nouveau cette chaleur apaisante et passer rapidement au stade supérieur, merde. Goûter de nouveau à cette barrière sécurisante qui portait le nom de Yamamoto. Yamamoto était barrière et il devait le rester. Pour le bien de la famille. Pour son propre bien à lui ainsi qu'au sien. Il était trop tentant de toucher du bout des doigts cette réalité appelée point de non-retour et dans laquelle ils n'avaient déjà que trop baignés. Cependant, la machine était véritablement déjà trop avancée... L'italien passa brièvement sa langue sur ses lèvres en détaillant avec une lueur rare dans le fond des yeux, le corps musclé que l'on distinguait au travers de la chemise couleur d'eau, et terriblement attirant tandis que ce dernier observait l'imposante demeure ; bientôt des éclats de voix se firent entendre en provenance de l'entrée. Il claqua sa langue contre son palais en réponse à l'arrivée des nouveaux-venus, le forçant alors à détourner le regard de son homologue puis surtout de chasser les pensées déplacées ayant commencé à germer dans son esprit.
« Ma ma ! Vous voilà enfin, mes agneaux ! » S'exclama une voix bien connue.
Le gardien du soleil de la Varia, un immense sourie enjoué étiré jusqu'aux oreilles se précipita aux abords de la bâtisse. Derrière lui, un certain blond portant une couronne marchait avec flegme aux côtés de son cadet aux cheveux bleus encore et toujours affublé de son étrange chapeau en forme de grenouille.
« Ushishi, on va bien s'amuser, lança distraitement Prince The Ripper en remarquant la présence de son homologue de la tempête avant de s'apercevoir que son kouhai en faisait de même avec la jeune femme illusionniste. Hey Fran, je vais te tuer. »
Quelques couteaux plantés dans le chapeau plus tard, un bruit sourd fendit l'air et le gardien de la pluie des Vongola eut juste le temps de dégainer son katana qu'un immense requin entouré d'un halo cyan tentait de le dévorer avant de retourner aussi rapidement d'où il vint et que son instigateur ne prenne la relève en fonçant vers lui avec une violence rare. Épée contre épée, le brun esquissa un sourire en rencontrant celui de son sempai qui enchaîna de plus belle dans un nouvel assaut.
« VOI ! Content de voir que t'es pas devenu une lavette !
- Ha ha, content que tu le remarques »
Gokudera émit un soupir blasé puis chercha de nouveau à s'allumer une cigarette en réponse à la scène mais surtout au sourire du brun directement adressé à son mentor. Ces sourires... En avait-il seulement déjà eu un de cet acabit ? Alors qu'il s'apprêtait à allumer le cylindre de tabac, le squale rangea son arme puis tourna les talons vers l'intérieur en leur intimant de le suivre d'un rapide geste de la main.
« Amenez-vous, Vongola »
-x-x-
Après un rapide repas, chacun des quatre gardiens fut réparti dans une des ailes du château. Évidemment le chef de la Varia ne s'était aucunement montré, indiquant simplement qu'il n'en avait « rien à foutre » et était resté bien sagement cloué dans son bureau ; plus précisément dans son Voltaire à siroter son grand cru douze ans d'âge comme il avait l'habitude de le faire. Il avait grincé des dents à l'entente des véhicules s'étant arrêtés devant la bâtisse en réponse là aussi à une « joie » évidente à l'idée que quelques Vongola ne se pavanent chez lui pendant... Tiens pendant combien de temps ces déchets resteraient-ils ? Assez longtemps pour qu'il en explose un ?
« VOII ! C'est quoi ce boss de merde ? ! Jamais tu daignes accueillir tes invités ? »
Les yeux injectés de sang du-dit boss pivotèrent rapidement vers le nouveau venu et se mirent à le dévisager avec force. Voyant que son subalterne n'était pas disposé à baisser les yeux, Xanxus haussa un sourcil en signe de défi et esquissa un sourire scabreux, teinté d'un certain triomphe quand l'argenté se décida enfin à observer quelque chose d'autre ; un tableau quelconque trônant dans le fond de la pièce, en l'occurrence. Le brun laissa échapper un grognement agacé. Là, présentement, cette situation merdique commençait doucement à le faire chier. Superbi Squalo et sa capacité manifeste à ne pas prendre les devants avait fini de le faire royalement chier.
« T'es vraiment le roi des déchets » Ricana t-il d'une voix monocorde en croisant une jambe devant lui tandis que sa joue tombait dans la paume de sa main.
Le regard d'argent de son homologue se posa de nouveau sur lui et il pointa un doigt accusateur dans sa direction, en signe de protestation :
« Que... QUOI ? ! Non mais ça t'écorcherai vraiment de … C'est pas moi le déchet ici ! VOI, tu m'écoutes ? »
Xanxus écoutait la tirade d'une oreille... Non, en réalité il n'écoutait même pas. Ayant fermé les yeux, le maître des lieux somnola quelques instants avant de se décider de nouveau à bouger. Décidément, il fallait TOUT faire dans cette baraque. Terminant son verre qu'il envoya se briser contre le mur le plus proche, il se repositionna tranquillement au milieu de son fauteuil et décroisa ses jambes de manière suggestive.
« Et toi ça t'écorcherai de venir t'occuper de ça ? Grouille, sale déchet. » Ordonna t-il en désignant sans gêne aucune son entre-jambe.
Squalo avait viré au rouge pivoine ; laquelle teinte jurait parfaitement avec ses longs cheveux argentés encadrant soigneusement son visage aux traits parfaitement surpris. Il avait bien entendu ou bien … ?
« P-pardon ? » Questionna t-il bêtement en fronçant les sourcils avec prudence cependant que son regard resté braqué sur l'endroit en question.
Xanxus soupira et lui jeta un regard qui signifiait quelque chose comme « Ramènes-toi ou je te réduis en poussières ici et maintenant, putain de déchet de merde ». Oui, ça devait être ça à peu de choses près, songea Squalo en comblant malgré lui le premier pas les séparant. Son corps semblait réagir et à juste titre agir de lui même face à l'aura sexuelle et bestiale qui entourait le chef de la Varia à cet instant présent. De toute évidence, s'il refusait, le traitement serait mille fois pire et Superbi n'était pas fou, non. Il tenait quand même un minimum à sa vie et puis c'était là l'occasion d'assouvir son manque cruel de plaisir charnel le faisant depuis tout ce temps se soulager en solitaire tandis que ses pensées les plus perverses vagabondaient vers un certain détenteur de la flamme de la colère. Oui Squalo fantasmait en secret depuis des lustres sur son chef et oui son chef était parfaitement au courant et n'avait jusqu'alors pas daigné bouger le petit doigt, tout cela dans l'unique but de le frustrer un peu plus chaque jour. Xanxus aimait la violence gratuite et paresseuse, c'était son dada.
« Sors là. » Ordonna t-il à nouveau alors que l'autre arrivait enfin à sa hauteur.
Le squale ne bougea pas, l'observant un moment avant de prendre de nouveau la parole ; l'obligeance déformant sa voix :
« Voi ! Pour... Pourquoi maintenant ? »
Xanxus émit un juron puis avec une violence et une rapidité déconcertante, attrapa l'autre par le col de son vêtement et rapprocha son visage du sien ; Les souffles se mélangeaient. L'argenté pouvait sentir le souffle caressant des cépages pierreux contre sa bouche ainsi que les deux pupilles semblables à des faisceaux laser lui piquer les moindres pores de la peau cependant qu'il s'essayait à leur tenir tête. Dure épreuve... Ayant plissé les yeux, le gardien de la pluie fixait à présent avec une envie non dissimulées les lèvres de son supérieur ; Merde, les bouches étaient proches, beaucoup trop proches pour qu'elles ne se rencontrent pas. A quoi jouait Xanxus s'il ne désirait que de lui qu'il le soulage ?
« Pu-Putain, qu'est-ce que tu fais ? Bégaya le squale, ne pouvant décoller son regard de ces lèvres si attirantes.
- Je te montre à quel point tu es pathétique, déchet. »
Le boss de la Varia avait émit un ricanement affligé tandis qu'il s'évertuait à ne pas combler la distance pourtant infime les séparant. Finalement, ce petit jeu semblait d'avantage l'amuser désormais et il prenait un plaisir malsain à ne pas offrir à l'autre ce qu'il désirait le plus ; Et puis quoi encore ? Xanxus s'assujettir au seul plaisir de l'autre ? Plutôt crever.
-x-x-
Gokudera jeta son sac dans un coin de la pièce et consentit enfin à jeter un regard à la chambrée ; Ce n'était pas la première fois qu'il venait au manoir de la Varia et ce n'était également pas la première fois qu'il se surprenait à penser que la baraque, que ce soit niveau agencement ou décoration, avait quand même une sacrée gueule. Comment un décérébré psychotique comme Xanxus pouvait-il avoir le luxe de se payer une demeure comme celle-là ? Finalement, la réponse lui vint aussi rapidement que l'interrogation : Le Nono était pété de thunes jusqu'à l'os et l'idée d'un Xanxus, fils à papa, n'était à ce titre pas si compliquée à imaginer dans le – grand – fond... A cette pensée, le jeune homme ne put s'empêcher de songer à lui. Il s'alluma aussitôt une cigarette salvatrice tandis que ses pensées allaient et venait vers un certain homme … Tout cela lui sembla lointain; en réalité, cette histoire ne datait pas d'hier … Et elle n'aurait jamais du être.
« Ushishi, alors comme ça toi aussi ? »
Le fumeur fit aussitôt volte-face pour tomber sur la vermine blonde, adossée contre le chambranle, bras croisés et un sourire psychotique maculant ses lèvres.
« Qu'est-ce que tu me veux ? » S'enquit-il froidement en reportant aussitôt son attention sur son cylindre de tabac.
Belphégor émit un petit rire sournois avant de se mettre à jouer du pied sur le bas de la porte, répandant un bruit sourd et proprement énervant dans la pièce.
« Oh, rien de particulier. Je me demandais juste ce qu'il pouvait bien te trouver … En fait, on dirait que c'est son plat préféré les gardiens de la tempête, ushishi. »
Ni une ni deux, Hayato se retourna et tenta de frapper son vis-à-vis au visage mais ce dernier l'évita de justesse et fit un pas en arrière, quelques couteaux argentés se trouvant déjà entre ses doigts. Un immense sourire déformait à présent ses traits et il ricana de plus belle.
« On dirait que j'ai touché un point sensible !
- Je te conseille de dégager ou j'te jure que...
- Gokudera ? Qu'est-ce qu'il se passe ? »
Tout sauf lui... Gokudera grinça des dents en entendant la voix caractéristique. Takeshi avança prudemment vers les deux hommes dont l'animosité ambiante était allègrement palpable et jeta aussitôt des regards interrogateurs à l'italien ; ce dernier haussa un sourcil et émit un juron, indiquant clairement qu'il était aucunement destiné à expliquer quoi que ce soit. Et encore moins à lui...
« Ushishi, il est dans le salon. Tu parles d'une coïncidence, ricana de plus belle le prince en guettant avec délice les moindres réactions de l'autre. Bye-bye, l'amoureux transit ! Conclut-il finalement en tournant les talons.
L'arrivée du gardien de la pluie avait vraisemblablement tout gâché ; lui qui se faisait une joie de titiller plus amplement cette teigne de Vongola. Une autre fois surement, chantonna t-il pour lui même en se dirigeant vers les quartiers d'une certaine grenouille. A défaut d'avoir pu faire la fête à l'autre, il la ferait à son amant. C'était un bon compromis, oh que oui.
Yamamoto observait le profil agacé de son homologue avant que celui-ci ne se décide à reprendre une occupation quelconque, celle de fumer à nouveau, en l'occurrence. Le brun entra à son tour dans la chambre, sans cesser de fixer l'autre, un regard incertain à l'appui.
« Qu'est-ce que tu fais là ? Questionna à nouveau l'italien d'une voix blasée.
- Rien. Je passais par là simplement. Mentit le sabreur, enfouissant au plus profond de lui le simple fait qu'il voulait plus que tout le voir et s'abreuver de sa présence. Ça va ? Tu sembles un peu ...
- Voyez-vous ça... » Le coupa t-il en soupirant.
Gokudera serra le poing afin d'y évacuer les tremblements avenants. Il se sentait complètement désarçonné. Est-ce que les dires de l'autre timbré étaient justes ? Il se devait d'aller vérifier … Et ce contre sa volonté ici présente de se jeter ouvertement sur le brun. Lequel brun se trouvait de nouveau dans sa chambre... A croire que le destin s'acharnait à les foutre coûte que coûte ensembles ? Ou alors peut-être … Non, impossible. Yamamoto venir le voir de son propre chef ? Et puis quoi encore ? Cet abruti se trouvait encore désespérément là au mauvais endroit, au mauvais moment. Finalement, l'argenté consentit enfin à se retourner vers lui et lui désigna ni plus ni moins que la porte :
« Tu vas retrouver le chemin tout seul, ça ira ? Ironisa t-il, amer.
- Je vois que tu n'es toujours pas disposé à me parler... Conclut l'épéiste.
- Je vois que tu es toujours aussi perspicace. Sors d'ici. »
Voyant que le sabreur n'était pas disposé à sortir car restant éternellement fixé sur lui, le fumeur jura et entreprit de quitter la pièce. L'atmosphère y était trop suffocante. La présence du brun était trop suffocante pour lui. Dès qu'ils se retrouvaient seuls à seuls, une étrange sensation s'emparait de son corps, précisément la même que lors de leur départ à Rome, dans cette foutue voiture. Qu'est-ce qui clochait chez lui ? Finalement, un mince sourire s'étira sur son visage quand la main de l'épéiste retint son bras ; ce geste, peut-être qu'il l'attendait bel et bien et c'était juste pathétique.
« Attend, s'il te plait »
Il plissa les yeux et ne chercha même pas à se retourner pour rencontrer les iris havanes cherchant désespérément à capter les siennes.
« Putain, j'ai rien à te dire ! comment je dois m'exprimer pour que tu comprennes ? ! Gronda t-il, le stress commença peu à peu à le gagner.
- Mais moi, j'ai quelque chose à te demander...
- Lâches-moi.
- De qui est-ce qu'il parlait ? Dis-le moi. » S'enquit-il, une note de désespoir flottant dans la voix.
Hayato tressaillit. « Non, non, non … M'oblige pas à le dire. Va t-en espèce d'abruti ! »
« Yamamoto, lâches-moi pour la deuxième fois. » Implora t-il presque en se mordant la lèvre inférieure.
Il était prêt à craquer. Les moindres parcelles de sa peau encore en contact avec celles du sabreur semblaient irradier au même titre que son visage. Les battements de son coeur quant à eux témoignaient de sa stupide entreprise; celle de lutter inutilement. Son petit jeu était juste odieusement discernable et c'est exactement ce que l'épéiste en conclut. Il s'approcha doucement et fit simplement se frôler leurs deux corps, sans pour autant délaisser ce bras. Son visage était tout aussi proche des cheveux argentés et il ne put s'empêcher de fermer les yeux cependant que l'odeur entêtante de l'italien emplissait ses narines. Cette odeur, ces cheveux, cette peau, cette façon d'être... Absolument tout dans ce corps mettaient ses sens en éveil. C'était irréel et tellement agréable ; jamais il n'avait ressenti pareille sensation.
« Je n'exerce plus aucune pression sur ton bras et pourtant il est toujours entre mes doigts... » Souffla le sabreur entre les mèches argentés.
Cette fois-ci, un courant électrique traversa le corps éprouvé de l'italien et il tenta aussitôt de se libérer mais en vain. Fronçant les sourcils, il tourna sa tête vers l'homme derrière lui. Yamamoto se mit à rire. Toujours ce rire franc et désarçonnant. Ce même rire qui faisait onduler le serpent tapis au plus profond de son ventre.
« A quoi tu joues, espèce de … !
- Dis, Hayato … »
Un séisme émotionnel. L'image semblait tout à fait correspondre à l'état de l'italien ici-même. L'autre venait de l'appeler par son prénom... Une voix tellement chaude et sensuelle. Il se sentait perdre pieds. Ses pensées tourbillonnaient dans sa tête telles une nuées de feuilles, si bien qu'il en oublia aussitôt la tonalité de cette voix caressante. C'était trop, encore trop, beaucoup trop. A quoi jouait-il ?
« Tu crois que c'est possible ce qui m'arrive ? J'ai encore beaucoup trop de mal à y croire...
- Arrête, putain...
- Tu n'as pas envie que ça se reproduise ?
- C'était un accident connard, et tu le sais !
- ... Je vois. Eh bien je ne savais pas que les accidents pouvaient être aussi agréables. » Conclut-il simplement.
Esquissant un sourire perplexe, la main emprisonnant le bras de son homologue alla bien vite se loger sur sa nuque qu'il se mit à frotter vivement avec cette habitude lui étant propre. Même à quinze piges ainsi que plus tard, il avait répété ce geste maintes et maintes fois. C'était déroutant de retrouver ainsi ces quelques traits de personnalité alors que présentement, ce Yamamoto ci semblait désormais loin du parfait abruti décérébré qu'il était. Enfin, tout est relatif … pensa Gokudera en se massant longuement le bras comme pour faire attendre plus amplement ce qu'il s'apprêtait à faire : la tentation était trop forte et il capitula honteusement. Ce même bras, cette même main attrapa aussitôt l'autre par l'extrémité de sa cravate et avant même que Takeshi ne puisse dire quoi que ce soit, sa bouche était ravie avec sauvagerie. Le baiser qui en découla était tout aussi impétueux ; Comme pour répondre à un besoin impérieux, l'italien posa et apposa encore ses lèvres sur celle de l'épéiste, lequel vint rapidement y greffer son propre rythme tandis que ses mains avaient pris la direction du visage lui faisant face et s'attelait à y caresser les joues rosies. Il se força à ne pas penser à ce qu'y découlerai de cette embrassade car une chose était sûre, l'échange était fougueux et pressant d'une urgence évocatrice. L'ardeur que mettait le métis définissait pleinement qu'il était assurément au même point critique et rapidement, ce n'était plus les bouches qui se collaient avec frénésie mais les langues qui amorçaient un ballet voluptueux. Elles s'attaquaient, s'écharpaient et parfois se frôlaient simplement, faisant naître un puissant désir de frustration chez chacun des deux jeunes hommes. Yamamoto avait depuis longtemps capitulé devant la fièvre de l'autre qui s'acharnait à mettre un point d'honneur à diriger l'échange. A cet instant, il pouvait clairement ressentir l'ardent désir que Gokudera s'évertuait à nier voir même à cacher et cette sensation nouvelle s'écoula alors en lui en un intense sentiment de plénitude. Ce n'était plus un secret : Il était dingue de Gokudera. D'avantage quand il se comportait de la sorte. D'avantage quand il prenait les devants ; des devants que lui-même n'arrivait même pas à amorcer. Finalement, l'argenté représentait ni plus ni moins que sa faiblesse. Sa meilleure des faiblesses.
Ce fut finalement le fumeur qui cassa l'échange par manque de souffle. La cravate noire de son homologue toujours en main, il tenta désespérément de calmer sa respiration tout en évitant religieusement le regard marron clair qu'il savait posé sur lui ; « Pose pas de questions, pose pas de questions, pose pas de questions... » . Cette locution claquait comme un fouet dans les moindres recoins de sa tête, au même rythme du sang battant furieusement à ses tempes.
« C-ça aussi, c'était un... Accident ? » Questionna le sabreur, l'espoir trahissant sa voix malgré sa respiration saccadée.
L'italien ne répondit pas et fit aussitôt volte-face, sortant de la chambre à grands pas. N'ayant plus aucune pensées cohérentes dans la tête, il bouscula la personne arrivant en face et laissa échapper un juron.
« Bonsoir, Hayato »
Ses yeux s'écarquillèrent et un frisson lui parcourut l'échine cependant que l'immobilité le gagnait. Il savait. S'en persuader via un quelconque regard n'était même pas utile à ce stade et pourtant il ne put empêcher ses yeux d'argent de remonter vers ce visage qu'il ne connaissait que trop bien … Yamamoto avait entreprit de le rattraper et s'arrêta lui aussi quelques pas derrière tandis que son regard perdait de sa superbe face au tableau se déroulant sous ses yeux.
« Ça faisait longtemps, sourit le nouveau venu en passant une main contre la joue du métis.
Cette homme, il ne se souvenait pas l'avoir vu ou bien alors, son existence lui sautait présentement bel et bien à la gorge. Qui était-il ? Plus important, quel était leur lien ?
« Ga...Ganauche ? »
-x-x-
Vous y avez cru au BelGoku, non ? :p
Eh bien non, le blondinet restera désespérément fidèle à sa grenouille, j'en ai peur. Un autre pairing a été dévoilé et ce n'est pas vraiment une surprise; A ce titre pardonnez ma conception d'un Xanxus en « couple » * rires * Pauvre Squalo...
Merci pour votre lecture et à bientôt pour un nouveau chapitre où comment laisser le temps à Yamamoto d'avaler la pilule.
