Titre : Indisclosed Desires

Pairing : Yamamoto TYL X Gokudera TYL (8059)

Rating : M

Disclaimer : Personnages à Akira Amano-Sensei, histoire à moi ( avec inspiration d'un Dj intitulé Nella pioggia intensa ainsi que d'autres que je citerai plus tard mais ça, on ne le dira pas. )

Warning : Violence et langage fleuri

Note : Bonjour,

Big mea culpa concernant le retard, j'espère que cette suite comblera vos attentes. Je me permet de replacer deux secondes le contexte propre à la fiction au cas où ce serait encore un peu flou pour certain(e)s : Nous sommes dix ans plus tard, les personnages ont donc 24 ans ( jusque là... Tout va bien ) et la menace Byakuran a bien été enrayée par les adolescents lors de leur venue dans le monde dix ans plus tard, du moins au début de la fiction … Il semblerait que cette réalité soit à remettre en cause depuis ce fameux message vidéo intercepté par Shoichi Irie, donc. Le but désormais est de découvrir ce qui se trame. Voilà, pas plus. Vous obtiendrez d'avantage de précisions dans les prochains chapitres et celui-ci notamment.

Je remercie encore vivement les revieweurs et vous dit à bientôt. :) En espérant que vous soyez encore là...

-x-x-

Le ricanement fluet du gardien de la tempête aux cheveux blonds parvint, avec une lenteur infâme, aux oreilles de celui aux cheveux gris et dès lors Yamamoto sut qu'il devrait empêcher ce dernier de lui sauter dessus. L'atmosphère était chaotique. Les deux hommes se regardaient en véritable chien de faïence et la tension palpable allait, dans les minutes à venir, devenir d'un tout autre ordre. Les effusions de virilité allaient pleuvoir dans un instant, c'était une certitude. Plus que la présence malvenue du Varia, c'était bel et bien l'attitude imminente de Gokudera qui obsédait le gardien de la pluie qui était resté quant à lui, immobile et en apparence parfaitement calme. En apparence seulement... En réalité et assurément au même titre que Gokudera, des tas de questions lui emplissaient la tête. A commencer par Tsuna, avait-il des problèmes ? Est-ce que tout se passait bien au Japon ? Et puis eux, que faisaient-ils encore ici à se quereller alors que l'urgence de cet appel nullement anodin faisait office de priorité ? La situation était grotesque; on se serait cru dix ans en arrière.

Yamamoto tenta alors d'intervenir sur le territoire des deux chats sauvages prêts à se bondir dessus mais ce fut sans compter sur l'animosité de l'un qui éclata en premier : Gokudera, semblable au Gokudera qu'il avait connu au collège laissa échapper un juron et se dirigea sur Prince The Ripper qui étira une rangée de dents brillantes alors que plus bas une autre rangée, cette fois-ci de couteaux s'étalait entre ses doigts ; son regard, brillant d'une lueur sauvage dévia sur les prunelles grises déformées par la colère au même titre que son sourire gagnait en intensité. La situation semblait l'enchantait plus qu'il n'en fallait.

« Sale vermine, ça te plait de venir foutre ta merde, hein ? » Cracha l'argenté en sortant une petite boîte carmine d'une des poches de son pantalon.

Visiblement, la confrontation semblait prôner plus que de « simples » excès de virilité. Dirigeant une des bagues ornant ses doigts contre sa boîte-arme, le métis réprima cependant un grognement de colère quand une poigne solide le tira rapidement en arrière. Yamamoto ne put empêcher un léger soupir de soulagement sortir de sa bouche cependant qu'il tenait avec fermeté le corps encore chaud contre le sien.

« Putain, tu vas me lâcher oui ? ! » Vociféra le gardien de la Tempête en tenant de se dégager.

Belphegor regardait la scène, un immense sourire suffisant toujours perché sur ses lèvres. Décidément ces deux imbéciles de gardiens faisaient office d'une distraction somme toute appréciable en ces périodes de troubles. Mieux que ça, ils auraient presque réussi à le faire rigoler ouvertement dans la minute.

« Ushishi, t'as pas des choses plus importantes à régler au lieu de chercher à me tuer ? Ricana t-il alors en adressant un sourire mi-blasé mi-enjoué au métis. Comme je ne sais pas, aller entendre ce que ton boss a à te dire ? »

Gokudera serra les dents ; Ses pensées s'emmêlaient à mesure que le temps passait. Merde, pourquoi est-ce qu'il voulait tant l'exploser déjà ? Parce qu'ils les avaient percé au grand jour ? Son boss, le juudaime était peut-être en danger à l'heure qu'il était et lui qu'est-ce qu'il fichait présentement ? Qu'est-ce qu'il avait foutu avec Yamamoto à peine une demi-heure plus tôt ? Le gardien de la tempête fut aussitôt prit d'un intense sentiment de culpabilité. Il se dégoutait. L'attitude de ce sale rat le dégoutait. Celle de Yamamoto aussi. Ce dernier s'évertuait à rester muet, l'entravant fermement afin qu'il ne saute pas sur l'enquiquineur ici présent. Le sang lui montait plus qu'il n'en fallait à la tête et il plissa les yeux sous la douleur lui submergeant bientôt le crâne.

« Et dire que pendant ce temps vous vous envoyiez en l'air, charmant, continua de plus belle le blondinet en étirant un sourire satisfait. Faudra vous-y faire, je suis passé maître dans l'art de crocheter les serrures, au fait » ricana t-il à nouveau en agitant ses couteaux adorés tandis qu'en face, le regard de Gokudera débordait littéralement de haine.

Trop occupé à dévisager avec satisfaction le gardien Vongola de la tempête face à lui, il ne vit pas que derrière, celui de la pluie avait lui aussi amorcé un rapide changement d'expression. Ses yeux marrons clairs s'étaient plissés en corrélation avec son front qui arborait lui aussi une certaine antipathie.

« Ton devoir n'est-il pas de te rendre également aux nouvelles ? S'enquit-il avec froideur à l'adresse du Varia chez qui le sourire s'effaça aussitôt.

- Ushishi, mon devoir était de vous prévenir, je cite « VOI de n'importe quelle manière ! » nuance.

- Je vois. Donc, tu n'accordes aucun crédit au dixième parrain de la famille Vongola – famille dont tu dépends - ? » Continua t-il avec un calme étonnant.

Gokudera avait à demi tourné lui aussi son visage vers le gardien de la pluie et observait le profil concentré qui semblait imperturbable. C'était quoi cette soudaine attitude ? Encore une fois, la prestance de Yamamoto lui sauta aux yeux; Peut-être avait-il bien changé finalement … Et lui ne s'évertuait à ne pas voir l'évidence ? Dans tous les cas, l'attitude de ce dernier, loin de ce qu'il affichait d'habitude, avait tout le loisir de décourager le tout venant ; preuve en est. L'atmosphère semblait, une nouvelle fois et avec une rapidité écrasante, avoir changé du tout au tout.

« Vous commencez à me gonfler les deux comiques, soupira Belphégor en rangeant finalement ses armes et tournant les talons. Je le répéterai pas : Rendez-vous immédiatement en salle vidéo. »

Le silence revint dans la pièce déserte tandis que les deux gardiens Vongola se retrouvaient seuls et dès lors Gokudera s'extirpa des bras du brun puis se mit à le dévisager avec mépris.

« J'ai pas besoin que tu m'empêches de démolir les connards dans son genre, tu piges ?

- C'est pas l'impression que tu donnes, Gokudera. »

La réponse avait été lâchée rapidement, avec ce même ton de voix froid et détaché et dès lors, elle ne fit que grandir l'animosité du gardien de la tempête. Gokudera revint à sa hauteur et se mit à le toiser avec mépris. Les regards aussi féroces l'un que l'autre ne se séparèrent plus, se défiant mutuellement, se jaugeant pourtant prudemment. Pourquoi Yamamoto ne baissait-il pas les yeux ? Cette attitude le déroutait incontestablement et faisait monter en corrélation sa colère.

« C'est quoi ton problème, hein ? Cracha t-il en pointant un doigt contre le torse nu. Tu veux qu'on règle ça ici alors que je Juudaime est peut-être dans la merde ? Putain mais tu me...

- Je ne veux rien de tout ça, coupa t-il. En revanche, mon problème car j'en ai bel et bien un oui, c'est ton attitude. Quand est-ce que tu vas arrêter de réagir comme un... ? »

Gokudera poussa le corps encore dévêtu contre le mur le plus proche et le dévisagea avec haine, la même que plus tôt envers le Varia. Cette haine intense lui étant directement adressée frappa aussitôt le gardien de la pluie.

« Comme un quoi ? ! Vas-y termine ce que t'allais dire, connard ! »

Yamamoto soupira, essayant visiblement de se calmer et de calmer son homologue mais sa franchise du moment fut la plus forte. La parole fut lâchée avec félicité et sans précautions préalables.

« Comme un con. »

Bam. Le poing de l'italien termina sa course contre la mâchoire de son homologue dont le visage se tourna aussitôt avec brusquerie tandis qu'un hématome se formait déjà contre la peau mise à mal. Yamamoto plissa les yeux et ne bougea pas, continuant sagement de fixer l'autre côté de la pièce.

« Tu me fais chier, depuis le début tu me fais chier, depuis que je t'ai rencontré tu me fais chier ! Cracha Hayato en abattant son poing une nouvelle fois mais sur le mur à côté. J'vois pas ce que je fous avec un type comme toi ! Je rentre au Japon et quand ce merdier sera réglé, je demanderais au Juudaime pourquoi il m'a casé avec un type comme toi ! Tu sais quoi ? C'est bien parce que c'est lui qui me le demande, parce que personne d'autre pourra m'obliger à faire équipe avec toi. Tu fais CHIER , sale con ! »

Gokudera s'était éloigné et continuait de le fixer férocement. Yamamoto tourna le visage vers lui mais pas vers son visage, plutôt vers son poing qui saignait abondamment, répandant les larges gouttes rougeâtres sur le sol. Il jura intérieurement ; Gokudera devait au moins s'être cassé une ou deux phalanges dans son accès de colère... Toute cette situation était grotesque. Absolument inutile. Gokudera était semblable à un bidon de nitroglycérine en attente du jugement final ; il pouvait de nouveau exploser à tout moment. Cependant, il n'en fit rien : il secoua la tête avec dégoût et laissa échapper un juron avant de ramasser ses quelques affaires puis de tourner les talons afin de rejoindre le couloir duquel il disparut rapidement.

Yamamoto pencha la tête d'un côté puis de l'autre afin de faire craquer ses cervicales puis cracha un mince filet de sang qui alla rejoindre celui de l'italien. Il porta une main contre sa joue meurtrie puis grimaça ; Gokudera n'y avait pas été de main morte, il allait avoir mal pendant un moment.

Pendant un long moment...

Le moment qu'il suffirait à ce qu'il lui pardonne lui aussi. Mais surtout qu'il en ai l'envie parce qu'envers et contre tout, ce n'était pas un ennemi de la famille qui lui avait fait le plus de mal en dix années mais bel et bien un membre de la famille et pas plus tard que maintenant. Il le savait, quelque chose venait de se briser en l'espace de ces quelques minutes et cette chose aurait probablement un mal fou à ressouder l'équilibre déjà très précaire qu'il y avait entre eux. Il se sentait blessé et sa seule envie présentement était de renter lui aussi au Japon et d'être assigné à la protection de la base … Ils étaient restés trop longtemps côte à côte. Oui, il était temps que le Rain guardian et le Tempest guardian s'éloigne un moment ; pour leur propre bien mais surtout le bien des autres, c'était nécessaire. Finalement, lui aussi se demandait ce qui était passé par la tête de Tsuna quand il les avaient assignés tous les deux à ces deux missions consécutives... Il semblerait que cette fois-ci, le bon sens légendaire de Tsunayoshi Sawada, dixième parrain des Vongola lui avait fait défaut.

Takeshi porta une main contre ses cheveux et ferma un instants les yeux tandis que sa tête basculait doucement vers l'arrière.

« J'arrête... C'est ce que tu voulais, hein. Tu as gagné, Gokudera. C'est terminé... »

-x-x-

Manoir de la Varia, salle vidéo

« VOII, c'est évident que c'est un piège ! »

Tous les membres de la Varia ainsi que ceux Vongola qui avaient été assigné au manoir étaient présent autour du moniteur vidéo ou plutôt audio. L'appel de Tsuna ne faisait que repasser en boucle et chacun était perdu dans ses pensées concernant la fiabilité d'un tel appel. La Varia également avait été victime de tentative d'intrusions informatiques, de piratages incessants depuis quelques mois et cela remettait en cause la crédibilité de cet appel. On y entendait la voix du dixième parrain. Elle grésillait et on pouvait y ressentir l'urgence qu'il y avait a ce que les gardiens rentrent au plus vite au Japon mais surtout... Et c'était impensable, l'existence du chef des Millefiore. Ainsi Byakuran était toujours en vie ? La situation semblait chaotique...

« Ça sert à quoi de le repasser en boucle, putain ? On y va et on voit sur place ! Le Juudaime est peut-être en danger ! Vociféra Gokudera en agitant les bras sous le coup de la colère.

- Ma ma, Squa-chan a peut-être raison, il s'agit sans doute d'un piège visant à vous surprendre lors de votre retour, fit remarquer Lussuria en oscillant entre le gardien de la pluie et celui de la tempête.

- Allons bon... soupira Lambo en se frottant la tête. Et pourquoi s'agit-il uniquement de vous deux ?

- Tu demandes pourquoi ? Ricana Gokudera, amer. Parce que des gamins comme toi sont pas fait pour aller sur un champ de bataille et entre nous, la différence de force est évidente !

- Je veux venir également afin de m'assurer que le boss va bien, intervint Chrome.

- Bel-sempai, je sais que c'est vous qui me lançait des couteaux … La situation est urgente pouvez-vous arrêter, s'il vous plait ?

- Ce n'est pas possible, il ne peut pas être en vie... Nos « nous » adolescents, enfin plutôt Tsuna adolescent lui a réglé son compte, non ? s'enquit Yamamoto avec incertitude.

- VOI, est-ce qu'on est vraiment sûr qu'il n'y avait qu'un seul lui par dimension ? Ce mec est un taré ! »

Le brouhaha gagna en nette intensité dans la petite pièce et bientôt un rugissement rauque fendit l'air, redonnant à la pièce une placidité sépulcrale. Le lion grogna encore un instant puis se repositionna docilement aux côtés de son maître qui toujours assis confortablement, poussa un profond soupir ennuyé.

« Vous êtes vraiment qu'une bande de déchets, tous autant que vous êtes » Grommela t-il en se levant, ses yeux injectés de sang dévisageant chacun des membres à tour de rôle.

Il désigna le gardien de la foudre du neuvième qui était resté silencieux, adossé dans le fond de la pièce, les bras croisés, l'air pensif.

« Toi, tu pars avec eux, c'est un ordre du vieux et bien que l'envie de pas faire ce qu'il veut est puissante, le fait qu'un taré comme ce gars puisse encore se balader dans la nature l'est encore plus. Il a trop mis le bordel, ce connard, vociféra Xanxus en jetant un regard à chacun de ses gardiens.

- Mais boss-chan, c'est surement un piège ! Intervint le punk.

- C'est surement un putain de piège mais le fait de pas intervenir craint encore plus. Y'a pas de place pour les minables ! Si vous doutez de votre force alors vous avez rien à foutre dans ce milieu, bande de déchets ! Maintenant, vous arrêtez de faire vos tapettes et vous vous bougez le cul, c'est clair ?

- VOIII et toi qu'est-ce que tu fous pendant ce temps ? Tu vas rester te la couler douce ici ? »

Xanxus adressa un sourire en coin à son amant qui grogna en continuant de le dévisager avec mépris.

« Exactement. Mon rôle est de rester ici …

- Putain, c'est quoi ce boss de merde ! La famille à laquelle t'es affiliée est dans la merde et toi tu restes sagement ici ?

- Ta gueule, déchet. Mon rôle est de rester ici... Répéta t-il en lorgnant sur chacun des hommes – et femme – ici présents. Et d'intervenir enfin quand chacun de vous se sera fait écraser comme une vulgaire punaise. »

Le silence chaotique, oppressant se fit plus acerbe, de même que l'atmosphère dangereusement palpable et le sourire s'étalant sur les lèvres du chef de la Varia prit alors une toute autre ampleur...

-x-x-

Les voitures noires d'une célèbre marque italienne étaient postées devant l'entrée du manoir. Il faisait désormais nuit noire et la destination prochaine des membres était un quelconque aéroport privé se tenant non loin de là. L'objectif étant d'attirer le moins possible l'attention et c'était de fait, la raison pour laquelle l'usage d'un avion privé était privilégié ; hors de question de débarquer à l'aéroport bondé le proche – Rome en l'occurrence sous peine d'aggraver la situation.

« Gokudera, tu dois te calmer. »

Le gardien de la foudre du neuvième adossé contre la façade de l'immense manoir observait celui de la tempête faisant les cents pas en pompant furieusement sur sa cigarette.

« Je suis parfaitement calme, commence pas à venir me gonfler, rétorqua t-il, acerbe. Merde, mais qu'est-ce qu'ont fout encore là ? On devrait déjà être dans ce putain d'avion !

- C'est un retour qui n'est pas à prendre à la légère, expliqua t-il avec calme. Il se peut que ce soit un pièg...

- Je sais tout ça ! Je suis paré à l'éventualité d'un piège, c'est bon !

- Alors sois patient, tu comprends que nous devons...

- Ha ha mais cette attente sert à rien : un piège, si on veut le foutre en l'air, faut aller se claquer dedans. »

Ganauche ne répondit pas, plissant les yeux et continuant de fixer l'autre qui avait tourné son regard dans sa direction. Il semblait impossible de tenter de raisonner le gardien de la tempête maintenant. Il connaissait bien Gokudera pour affirmer que l'événement semblait le marquer plus que nécessaire. Pas que la situation n'était pas préoccupante mais il savait que le jeune homme n'était pas homme à laisser transparaître ses émotions dans ce genre de cas, or c'était exactement l'inverse qui se produisait ; Gokudera semblait affligé, comme si une myriade d'évènements comme celui-ci s'étaient greffés à lui et lui intimait à courber l'échine. Hayato Gokudera n'était pas homme à courber l'échine et cette dualité offrait, présentement, sa vue pour le moins déroutante. Que s'était-il réellement passé ?

« Gokudera, je te demanderais juste de ne pas agir seul, s'il te plait. Tu as des compagnons qui...

- Des compagnons ? Ce connard d'épéiste ? Ce gamin stupide ? Le moulin à paroles ? Et ils sont où là, hein ? Cracha t-il. J'ai pas besoin de leur aide !

- La famille ne représente donc rien à tes yeux ? »

Gokudera jura et se rapprocha brusquement de l'autre qu'il se mit à toiser avec haine.

« La famille est la chose la plus importante à mes yeux, t'entends ?

- Alors pourquoi te comportes-tu encore comme un gamin ? ! »

Le fumeur serra les dents.

« Mais attends, c'est bien joli de me faire la morale mais tes petits potes à toi, ils sont où ? !

- VOI, ça suffit ! C'est quoi ce bordel ? »

Gokudera s'éloigna en jurant et s'alluma une autre cigarette dans la foulée tandis que Squalo, Yamamoto, Chrome et Lambo parvenaient devant le manoir.

« Et pourquoi ils viennent, eux ?

- Parce que ce sont tes compagnons, des membres de la famille Vongola au même titre que nous. » répliqua Takeshi d'une voix froide.

Les regards marrons et grisâtres se soutinrent alors un moment ; le temps que l'antipathie de chacun coule à travers l'autre. Gokudera sentit son pouls s'accélérait face au regard plissé, teinté d'une certaine colère, que lui adressait Yamamoto. A bien y réfléchir, ce n'était pas de la colère... Plutôt de la déception. C'était la première fois ou peut-être la seconde après la fameuse altercation ayant eut lieu plus tôt, que Yamamoto l'observait de la sorte. Cette expression semblait lui envoyer une nuée d'épines dans le corps. Yamamoto Takeshi adressait ce regard à nul autre que ses ennemis, des opposants à la famille ; il était devenu ainsi son ennemi. Un rival potentiel … Ce sentiment qu'il avait toujours cru unilatéral venait de prendre alors tout son sens. Il le sentait, c'était réciproque; C'était douloureux, envers et contre tout.

« Je m'casse, Cracha t-il alors en foulant les marches en pierres s'étalant devant la bâtisse.

- Voi, ça t'écorcherait d'attendre ce que j'ai à vous dire ? ! »

Mais le gardien de la tempête avait déjà pris le volant d'une des voiture et démarrait en trombe, un crissement de pneus plus tard, pour disparaître dans l'allée sombre, serties de grands arbres qui ondulaient à la brise légère. Yamamoto observa la voiture, son visage ne trahissant aucune émotions … Pourquoi Gokudera se devait-il d'agir de la sorte ? D'empirer délibérément la situation ?

Ganauche se décolla alors du mur et se rapprocha du groupe ; il observa un moment le profil concentré du gardien de la pluie et posa alors sa main contre son épaule, faisant légèrement tressaillir ce dernier qui tourna aussitôt la tête dans sa direction.

« T'inquiète pas ; même s'il n'en fait toujours qu'à sa tête, il sait ce qu'il fait. Suivons-le.

Yamamoto étira un mince sourire qui s'effaça aussitôt son regard posté à nouveau vers l'allée devenue silencieuse tandis que les membres prenaient la direction des voitures restantes.

« C'est bien parce qu'il sait ce qu'il fait que ça m'inquiète... »

A suivre ...