Genre/rating : amitié Santana-Kurt et Brittany-Blaine. Pré-romance Klaine.
Spoiler : cette fic' se situe après l'épisode 2x15, Sexy (toujours pas Prom Queen … je dois être en cure de désintox).
AN1 : le titre est tiré d'une chanson interprétée par Globus que vous pouvez écouter sur YouTube.
Warning : le langage de Santana est plutôt fleuri, vous êtes prévenus !
Disclaimer : Not mine !
"And you seem to break like time
So fragile on the inside, you climb these grapevines"
Santana soupira. Cela faisait bientôt plus d'une heure qu'elle faisait le tour de ce quartier de petits blancs bien propres sur eux sans trouver ce qu'elle cherchait. Toutes les maisons se ressemblaient : immaculées et jardins impeccables de petits bourgeois. Elle avait mal aux pieds. Les talons aiguilles n'étaient pas la paire de chaussures idéales pour une virée en ville. Et les nuages menaçant qui s'amoncelaient juste au-dessus d'elle ne présageaient rien de bon. D'un autre côté, l'eau qui allait très certainement réduire sa superbe petite robe en jersey rouge en serpillière dégoulinante, allait peut-être aussi la dessaouler. Dommage … elle aimait cet état de semi conscience dans lequel l'alcool la plongeait. Son esprit était à la fois super éveillé et comme engourdi. Cool.
Elle trébucha sur un trottoir (dangereux ces trucs. Il faudrait qu'ils les interdisent. Et d'ailleurs, qui avait besoin de trottoir ? Tout le monde avait une voiture de nos jours. On était au 21ème siècle bon sang !) et se rattrapa à une voiture et … Ooooooooooh, c'était elle ! Enfin.
La Lincoln de Kurt était parquée juste devant le portail d'une maison … immaculée et au jardin impeccable. Peuh, et dire que Santana pensait que Kurt Hummel était un rebelle ! Elle s'agrippa à la voiture pour remonter le trottoir (saleté de saleté de trottoir !). Hum, la bagnole était impeccable elle aussi. Santana était certaine qu'on aurait pu manger sur le capot. Hummel était un obsédé de la propreté. En fait, il était obsédé par la « netteté ». Ca devait être pour ça que pas un seul de ses cheveux ne dépassait de son petit casque parfaitement laqué.
Une fois remontée sur le trottoir, Santana passa devant la Lincoln et en profita pour examiner son allure. Elle sourit à son reflet. Elle était parfaite. Sublime. Sexy en diable. Cette petite robe avait été une excellente affaire. Elle grimaça. Peut-être qu'elle était juste un chouïa trop longue (on voyait la moitié de ses cuisses). Elle rejeta sa masse de cheveux noirs en arrière en un geste théâtral, prit une large inspiration et ouvrit la porte du jardin des Hummel-Hudson. Elle était magnifique mais il fallait qu'elle reste concentrée sur ce qu'elle était venue faire ici.
Obtenir des renseignements.
Santana était MataHari en territoire ennemi : celui du garçon le plus gay de tout l'Ohio (et certainement aussi de tous les Etats-Unis).
Parce que Santana, elle, était une femme. Une vraie femme. Elle n'était pas gay. Nope. Pas demain la veille qu'elle allait se couper les cheveux et commencer à s'habiller comme un conducteur de poids lourd. Seulement …
… Seulement, il y avait Brittany.
Brittany et ses petits sourires naïfs, Brittany et sa peau plus douce que celle d'une pêche, Brittany et son odeur de petite souris mouillée (Santana avait eu un hamster une fois. Elle aimait le tenir dans ses mains et plonger le nez dans sa fourrure. C'était chaud et doux et rassurant. Comme Brittany). Brittany qui la faisait rire, Brittany qui la faisait pleurer.
Santana soupira. Elle devait savoir. Et son père lui avait toujours dit que pour obtenir des réponses fiables, il fallait s'adresser à un spécialiste. Et à Lima, Ohio, en matière d'experts en gayneté, elle avait le choix entre Kurt Hummel et les pères de Rachel Berry. Tant qu'à faire, elle préférait l'option qui avait un tant soit peu un sens du fashion parce que franchement, pour laisser leur fille sortir habillée avec ces horribles pulls à tête d'animaux et ses jupes ridicules, il fallait que les Berry soient complètement out en matière de mode. Pas question que Santana Lopez s'inflige ça !
Ok, elle était arrivée, clopin-clopant, devant la porte d'entrée (les cailloux étaient comme les trottoirs : des inventions destinées à faire tomber les honnêtes gens !). Il suffisait qu'elle frappe. Ou … ou qu'elle rentre chez elle dare-dare. C'était débile, qu'est-ce qu'elle faisait là à – elle regarda sa montre Dolce Gabana – à 8 heures du soir ? Comment Hummel pourrait-il l'aider ? Ce pauvre gaminou avait été incapable de se sauver lui-même et avait du fuir McKinley la queue entre les jambes … encore que Santana ne soit pas si sûre qu'Hummel en ait une. De queue. Comment pouvait-on chanter comme ça sans être castré ?
Elle en était là de ses réflexions, lorsque la porte s'ouvrit brusquement.
Un couple se tenait dans l'embrasure de la porte.
Un couple abasourdi.
Santana aimait l'effet qu'elle produisait chez les gens. C'était troooooooooooooop cool.
- Bonsoir ! Claironna t-elle, tout sourire. Est-ce que Kurt est là, je voudrais lui dire deux mots ?
C'est le père de Kurt qui retrouva le premier ses esprits (Mme Hummel continuait de la fixer comme si elle ne savait pas ce qui se trouvait devant elle, un petit O de surprise sur les lèvres. Ca lui donnait vraiment l'air con. Les mères sont toutes débiles de toute manière. Et celle d'Hudson devait pas s'amuser tous les jours avec Finn. Ce type devait comptabiliser un total de deux neurones et les connexions ne se faisaient pas franchement tous les jours. Pauvre femme : un fils sans cerveau et un beau-fils sans queue. Non. C'était pire que ça, deux fils sans queue. Du moins, vu la manière dont Finn se servait de la sienne, autant dire qu'il n'en n'avait pas. Elle le savait pourtant, dépuceler un mec, c'était vraiment, vraiment pas fun).
- KURT ! Cria Hummel père. Kurt, je crois qu'il y a une de tes euh, amies, qui est là. Une des filles de New Directions.
Santana pouvait entendre les pas d'Hummel. Elle savait que c'était les siens. On avait l'impression qu'il bondissait. Ouais, c'était ça, il ne marchait pas, il faisait des petits sauts, comme un danseur. Ou un faon. Ouais, il était bambi. Même sa façon de marcher était gay. Pas comme Santana, rien chez elle n'était gay. Elle n'avait rien de commun avec Kurt Hummel. Rien de rien.
- … mais qu'est-ce que vous faites encore là, vous allez rater le début du spectacle et - Santana ?
- B'soir Kurt, minauda Santana.
Kurt arborait le même air que la mère d'Hudson mais contrairement à cette dernière, il se remit rapidement de sa surprise et prit le bras de Santana d'une main, poussa son père dehors de l'autre, le tout en exhalant un soupir bruyant. Ce type était vraiment une fille, la preuve par A + B : il était multitâche.
- Papa, Carole, vous devriez y allez, amusez vous bien.
Il ferma la porte sur un Burt Hummel amusé et une Carole Hummel médusée (hey, elle était peut-être saoule mais Santana pouvait encore faire des rimes !) et entraîna Santana vers le salon. Il la poussa sans grand ménagement sur le sofa et, bras croisés sur la poitrine, se planta devant elle. Il fit une petite grimace de dégoût.
- Santana, tu es saoule.
Santana se laissa tomber sur les coussins. Quelqu'un devait avoir été assis là, car la place était encore tiède. Comme un chat voulant profiter de la chaleur, elle prit possession du sofa. Elle adressa un large sourire à Kurt. C'était celui du chat qui a aperçu un canari.
- Yep, complètement bourrée.
Kurt la foudroya du regard.
- Tu viens chez moi un samedi soir, saoule et pratiquement … nue.
Santana écarta les jambes offrant à Kurt un aperçu du paradis auquel il ne goûterait jamais (il détourna bien évidemment les yeux et rougit jusqu'à la racine de ses cheveux parfaitement laqués).
- Allez, Kurt, susurra t-elle sensuellement, c'est pas comme si tes parents avaient quoique ce soit à craindre pour ma vertu, hein ? Ou bien est-ce pour la tienne que tu as peur mon lapin ?
Kurt grinça des dents.
- Santana, qu'est-ce que tu fais ici ? Je n'ai pas franchement le temps pour les insinuations déplacées, j'ai un repas important à préparer.
Ah, oui, Santana n'avait pas remarqué que Kurt portait un tablier. C'était sans doute parce qu'il n'était pas rose et plein de broderies. C'était un tablier non gayien. Ca avait de quoi perturber …
- Tu cuisines pour ton hobbit ? Demanda Santana. Il vient ce soir, hein ? Pendant que papa et maman son loinnnnnnnnnnnnn. Vous avez enfin décidé d'arrêter de vous tourner autour ? L'était temps qu'il décroche ta fleur celui là, depuis le temps qu'il la reniflait.
Kurt porta la main à ses yeux et soupira.
- Santana, premièrement, Blaine n'est pas un hobbit –
- Ouais, mais c'est pas franchement Aragorn non plus. Un nain si tu préfères ? L'interrompit Santana sur un ton malicieux.
- … deuxièmement, continua Kurt qui l'ignora, Blaine est mon ami et pas mon petit ami (cette « révélation » lui valu un petit rire sarcastique de la part de Santana) et troisièmement, je cuisine pour mes parents qui fêtent leur cinquième mois d'anniversaire de mariage. Je leur ai offert une soirée à Colombus et –
Il fut interrompu par l'exclamation de joie de Santana.
- JE LE SAVAIS ! Je savais que j'avais eu raison de te choisir toi et non pas les Berry ! Y'a que toi pour faire des trucs comme ça.
- J'ai peur de demander ce que les pères de Rachel ont à voir avec ta présence ici …
- Mais ça, tout ça ! Répondit Santana, qui joignit le geste à la parole en désignant de la main Kurt et son tablier. Fêter des « mois » de mariage, c'est le truc le plus gay dont j'ai jamais entendu parler. Quel hétéro penserait à ça ? Je savais que tu serais mon expert.
- Ton expert ?
- Huhu, fit Santana en hochant la tête (oula, mauvaise idée ça, elle voyait désormais deux Kurt et franchement, un était laaaaaaaaaaaaaaaargement suffisant).
- Un expert en quoi Santana ? Demanda Kurt sur un ton qui disait clairement que sa patience était à bout (mais qu'il était néanmoins curieux de savoir de quoi il retournait).
- J'ai besoin de me dégayniser, c'est pas que je sois vraiment gay bien sûr mais il y a Brittany et cet idiot d'Artie qu'elle aime plus que moi et j'aime les robes moulantes et le maquillage voyant et pas question que ça change et je préfère ne pas porter de soutien-gorge à l'école mais Brittany aime me l'enlever donc j'en porte pour elle et je crois que c'est peut-être parce que je l'aime et nous avons chanté un duo avec cette blonde stupide d'Holly Holliday aujourd'hui et franchement à quoi pensaient ses parents en l'appelant comme ça parce que cette femme a du coucher avec plus de mecs que moi (1) et -
- Santana …
- Huhu ?
- Respire.
Ah, oui, c'était peut-être pas une mauvaise idée parce que non seulement il y avait deux Kurt devant elle, mais en plus la pièce tournait un peu. Elle prit une large inspiration.
- Reste là, je vais te chercher un verre d'eau.
De toute manière pas question qu'elle s'en aille. Elle avait son expert et elle avait des questions à lui poser. Un verre apparut dans son champ de vision. Elle le prit, le porta à ses lèvres et le vida d'une traite. Ouais, elle avait soif. C'était ça qui était génial avec les gays. Ils étaient gentils, prévenants. Encore une autre preuve que Santana Lopez n'était pas gay.
Santana se laissa retomber sur le sofa et ferma les yeux. Ils la picotaient. Elle porta sa main à son visage. Merde. Merde, merde et remerde. Elle pleurait.
- Tiens, dit Kurt.
Il lui tendait un paquet de kleenex. Elle en prit un et se moucha bruyamment.
- Donc … dit juste Kurt.
- Donc, quoi ? Grogna santana.
- Tu aimes Brittany.
- NON ! Cria Santana. Je l'aime bien, c'est … c'est différent.
- Je vois, répondit Kurt sur un ton triste.
Santana se mit à rire.
- Tu vois ? Tu vois quoi mon pauvre petit Kurtichounet ? Tu vois que dalle, parce que y'a rien à voir, hop hop, circulez.
Kurt ne répondit rien. Il se contentait de la fixer avec son petit air de … de … A cet instant précis, jamais Santana n'avait autant haï quelqu'un de toute sa vie que Kurt Fucking Hummel. Pour qui se prenait-il ce petit homo pathétique pour la plaindre ? Pour avoir pitié d'elle ? Elle était Santana Lopez, la femme la plus femme de tout McKinley. Elle était …
… c'était elle qui était pathétique.
- Comment est-ce que tu fais ? Sanglota t-elle. Comment est-ce que tu peux être si … si courageux ? Je … je l'aime putain. JE L'AIME ! Mais … mais j'ai peur … je ne peux pas … je sais ce que tu as traversé et je ne peux pas vivre ça. Je sais que je ne peux pas !
Kurt s'installa près d'elle sur le sofa et la prit dans ses bras. Santana enfouit son visage dans son cou. Il sentait bon. Il n'était pas comme les autres garçons. Ils sentaient tous la sueur et ils devaient penser à changer de chaussettes, genre, à chaque fête nationale, et encore. Sa peau était douce et il était chaud et douillet et … et c'était comme avec Brittany. Elle se sentait en sécurité dans ses bras.
Santana pleura un long moment. Toutes ces larmes qu'elle refoulait depuis des jours, depuis des mois. Peut-être même depuis des années. Elle n'aurait jamais du accepter la demande de coach Sylvester d'infiltrer Glee Club (c'était l'année dernière mais ça lui paraissait une éternité). Où était-elle maintenant hein ? Elle avait quitté les Cheerios, elle avait perdu Brittany et elle était dans un club de loosers. Elle ne savait plus qui elle était. Oh, et n'oublions pas le nec plus ultra : elle passait son samedi soir en banlieue dans les bras du mec le plus homo de la planète.
Kurt ne disait rien. Il se contentait de la bercer doucement en lui caressant les cheveux. Jamais aucun homme ne lui avait donné ça, même pas son père.
Santana connaissait l'aversion de Kurt pour les contacts physiques. Elle se rappelait de son geste lorsque Finn, à l'annonce de la crise cardiaque du père de Kurt, avait essayé de le réconforter. Ca devait être parce que sa mère était morte lorsqu'il était petit (Santana avait du mal à imaginer Burt Hummel en train de bercer Kurt. D'ailleurs, elle avait encore du mal à appréhender le fait qu'il était vraiment son père. Il était l'archétype du mec qui ne pouvait pas avoir un fils gay).
Et pourtant, Kurt était là, la tenant dans ses bras, alors qu'il la connaissait à peine. Ils n'étaient même pas amis. En fait, en dehors de Glee, ils ne se parlaient jamais.
Ce type était vraiment quelqu'un d'extraordinaire. Dès qu'elle serait sobre et à nouveau elle-même, il faudrait que Santana ait une sérieuse discussion avec Blaine fils de Balïn (pas question qu'il continue à faire du mal à Kurt avec sa petite danse « je flirte-je flirte pas »). Mais pour le moment, elle voulait juste profiter de ce qui lui était offert. Un petit moment de paix, un moment de répit où elle pouvait se laisser aller. Demain … demain il lui faudrait affronter la réalité, affronter son image dans le miroir : elle avait raison, elle n'était pas comme Kurt Hummel.
Oh, oui, elle était gay mais elle, elle n'était pas brave.
Tou bi continuède with Britanny and Blaine.
(1) Holy (avec un seul « l ») veut dire sainte ou sacrée en english et franchement, si y'en a une qu'est pas une sainte, c'est bien notre charmante professeur remplaçante, hein ?
