Hello à tout le monde ! Nous sommes très contentes de vos reviews qui sont toujours aussi sympathiques et motivantes et surtout de retrouver nos fidèles lectrices et lecteurs. Merci mille fois à vous et surtout continuez à nous dire si ça vous plaît !

Voici le chapitre 2. Bonne lecture. A bientôt.

PS : Le titre exact est : « Moi, lui et... » Bizarrement, les points de suspension n'apparaissent sur le site. Je tenais à vous le préciser car ça veut dire plein de choses. Voili voilou !


Chapitre 2

Comment allait-il prendre ça ?

Ce n'était vraiment pas le bon moment pour lui annoncer, mais je n'avais pas le choix. Il devait savoir. Au cas où…

Puis, me rendant compte tout à coup de ce que ça impliquait, une peur glaciale me figea le sang.

- Mon Dieu… Quelle conséquence tout ça va avoir sur le bébé ?

Par-dessus ma voix, tremblante malgré mon désir d'être stoïque, je perçus soudain des bruits.

- Que… quoi ? bafouilla Booth. Qu'est-ce que… vous venez de dire ?

Il y eut un blanc de quelques secondes, puis il reprit avec une voix plus ferme. Je savais qu'il ne voulait rien laisser paraître.

- Booth, j'ai fait une FIV.

- Quoi ? Une... quoi ?

- Une FIV. Plus exactement une fécondation in vitro. Ne me dites pas que vous ne savez pas ce que c'est !

- Bien sûr que je sais ce que c'est, je ne suis pas idiot. Simplement, permettez-moi d'être surpris.

- L'année dernière, souvenez-vous, je vous avais dit que je voulais un enfant et que je souhaitais que vous soyez le donneur. Vous avez accepté. Très gentiment. Puis avec votre tumeur et votre opération, mon désir était tombé à l'eau. Je pensais plus à vous qu'au futur bébé. J'ai attendu que vous alliez mieux.

Je me tus quelques instants, puis je repris. Booth ne disait toujours rien.

- Il y a deux mois, j'ai pris la décision de me faire inséminer avec votre sperme. Vous alliez mieux, mon désir d'enfant était revenu. Avant, j'y ai bien réfléchi, j'ai bien mûri ma décision. Et voilà. J'ai eu beaucoup de chance. La FIV a pris tout de suite.

- Vous auriez dû m'en parler avant, Bones.

- Mais vous étiez d'accord, n'est-ce pas ? Le jour de votre intervention, vous m'avez dit d'utiliser votre sperme si jamais vous ne sortiez pas vivant de l'opération. Et c'est ce que je fais. Lorsque j'ai été prête.

A nouveau, un blanc. Un ange passa. Je pouvais deviner que mon partenaire n'était pas très content de mon initiative. Sans en lui parler. C'est vrai que j'aurais dû le faire.

- Mais je m'en suis sorti, Bones. Je maintiens que vous auriez dû m'en parler. Bon, maintenant, c'est fait.

Malgré la noirceur qui nous entourait, je crus deviner un sourire sur ses lèvres.

- Enceinte de combien ? me demanda-t il en élevant la voix pour couvrir le bruit grandissant. Je ne me suis aperçu de rien.

Il mourrait d'envie de lui dire qu'il était fou de joie de savoir qu'il allait devenir père, même s'il n'y avait rien entre eux, même s'il n'aura aucun droit sur cet enfant, mais il n'en fit rien. Après son opération où il était resté dans le coma quatre jours, il avait rêvé de lui et de Bones. Ils étaient mariés, heureux, et ils allaient avoir un bébé. Après son réveil, il s'était rendu compte que ce n'était qu'un rêve, mais qu'il était vraiment amoureux de sa partenaire. Un jour, il se promit de lui dire et peut-être que ça fonctionnera, tous les deux. Bien sûr si elle a les mêmes sentiments que lui.

- Un peu plus de cinq semaines, je crois, répondis-je. Je n'en suis sûre que depuis ce week-end. Booth, je ne veux pas perdre le bébé !

- Calmez-vous, Bones… Vous n'allez pas le perdre, ne craignez rien, dit-il. Votre ventre n'a pas l'air d'avoir été touché, vous le sentiriez dans le cas contraire.

- Comment pouvez-vous le savoir ? demandai-je d'une voix agressive. Vous n'êtes pas médecin, si ?

- NON, cria-t-il, car les bruits, tous proches maintenant, faisaient un boucan infernal. Mais rappelez-vous que j'ai un enfant, Bones. J'ai vécu avec Rebecca. Et donc, je sais.

Un nouveau blanc s'installa entre nous.

- Vous m'en voulez, hein ?

- Oui et non. Oui, parce que vous auriez dû m'en parler, j'aurai apprécié car je suis on ne peut plus concerné, et non, car je suis heureux pour vous. C'est une bonne décision, vous devez assurer votre descendance.

D'après sa voix, je le sentais mal à l'aise, étrangement réticent. Je le vis s'éloigner de quelques pas. Enfin, sa silhouette. Mon aveu devait résonner dans son esprit comme dans le mien.

- Nos amis doivent être dans tous leurs états, repris-je pour changer de conversation.

- Je m'en fais plus pour Parker. C'est l'institutrice qui va être inquiète quand elle verra que je ne viens pas le chercher. Je devais le récupérer à l'école ce soir. Nous avions prévu d'aller au cinéma voir un film d'animation.

- Pourvu que…

- Écoutez ! Cette fois, ils sont là.

- Comment sauront-ils que nous sommes vivants ?

- Dès qu'ils auront arrêté les moteurs, je vais crier.

- Je peux crier, moi aussi.

- Nous nous rendrions mutuellement sourds. Il y a un terrible écho, ici. Laissez-moi faire.

Mais il eut beau appeler de toutes ses forces pendant plusieurs minutes, rien n'indiquait qu'on l'avait entendu.

- Il doit y avoir une grosse épaisseur de gravats, ils ne m'entendent pas, finit-il par dire.

Nous entendîmes alors le bruit d'un rocher qui tombait non loin de nous.

- Ce n'est pas bon signe, dit Booth. Si jamais les ondes de ma voix étaient suffisantes pour ébranler tout ça… Nous ne savons pas si ces parois et ce plafond peuvent tenir bon.

Nous écoutâmes de nouveau, et entendîmes le bruit d'un engin qu'on mettait en marche. Que nous puissions entendre les bruits sans qu'on nous entendît accentua mon angoisse.

- Il se peut qu'on reste là un moment, dit Booth comme s'il avait eu le même pressentiment. Peut-être toute la nuit. Et même…

Je réfléchissais. Nous allions perdre une bonne partie de notre énergie. Ma blessure au bras recommençait à saigner, malgré le garrot. Combien de sang une femme enceinte pouvait-elle se permettre de perdre ? Pas beaucoup, d'après ce que je savais. Le bébé avait besoin de sang. Et d'après ce qu'avait dit Booth, j'en avais déjà perdu beaucoup. Et que se passerait-il si toutes les fonctions de mon organisme chutaient de façon dramatique ?

- Toute la nuit ? repris-je. Non, ce n'est pas possible !

- Calmez-vous, Bones, calmez-vous... Je suis là, dit-il de sa voix rassurante.

Malgré le manque d'oxygène, j'avais besoin de parler. J'avais besoin de « lui » parler.

Ainsi, je lui racontais tout, sans me soucier de l'image que je donnerais de moi. Je confessais des choses que je n'avais jamais dites à personne, pas même à Angela.

D'ailleurs, pourquoi ne m'étais-je pas confiée à Angela ? me demandai-je rapidement.

Mais qui savait si je survivrais assez longtemps pour reparler à un autre être humain ? Booth était un homme solide, à la voix profonde, qui se trouvait là, et c'était tout ce qui comptait. Je déversais pêle-mêle les vérités pleines d'amertume, les regrets extravagants, les peurs les plus secrètes qui s'entrechoquaient dans mon cœur comme dans mon esprit.

Seigneur ! se désola Booth. Comment l'arrêter ? Elle va se haïr de m'avoir raconté tout ça ! Et elle va me haïr pour l'avoir écoutée !

Comment en étaient-ils arrivés à partager des émotions aussi intimes ? se demanda-t-il.

Pourtant, il la connaissait bien. Ils étaient partenaires depuis presque 4 ans et demi.

Booth serra les mâchoires de dépit. Il aurait souhaité ne pas connaître la moitié de ce qu'elle venait de lui confier. Ce qu'elle lui avait révélé était trop personnel et douloureux, et jamais il n'aurait pu imaginer qu'une femme comme elle cachât une telle vulnérabilité. Il n'aurait pas pensé non plus qu'elle pût en parler de cette façon.

L'honnêteté brutale de cette confession la rendait si bouleversante que, par compassion, il voulut l'interrompre.

- Bones, arrêtez, dit-il. Arrêtez…

Mais elle poursuivit :

- En fait, tout ce qui compte pour moi, c'est de ne pas perdre ce bébé. Russ ne le sait pas et mon père non plus. Et il y a si longtemps qu'il rêve d'être grand-père…

- Arrêtez, je vous en prie. Ne parlons plus de ça.

Mais elle continua. Elle se mit à parler de ses doutes sur sa carrière et se posait mille questions sur le comment conjuguer travail et maternité. Il poussa un soupir. Elle allait trop loin.

Et soudain, Booth sut comment la faire taire.

Oui, il n'y avait qu'un moyen pour la contraindre au silence, se dit-il avant de se pencher sur elle pour la bâillonner d'un baiser.


A suivre...