Bien le bonjour à toutes et à tous ! Nous sommes très heureuses du succès que rencontre cette nouvelle fic et nous vous en remercions beaucoup. Vos reviews sont toujours les bienvenues, on les adore !
Voici le chapitre 3, plus long que le précédent, pour vous faire plaisir. Bonne lecture et à bientôt.
Chapitre 3
Je sentis la bouche de Booth se poser brusquement sur mes lèvres. Je laissai d'abord échapper un gémissement de protestation et tentai de le repousser de mes deux mains appuyées sur son torse. Puis, soudain, tout changea.
Je me mis à ressentir comme un bienfait physique qui m'était inconnu. Quelque chose de viril émanait du contact de ces lèvres impérieuses.
Dans ce tunnel qui tenait encore comme par miracle, ce baiser était un signe de vie. Il ne s'agissait pas d'un appel au sexe ni de désir. Mais seulement quelque chose d'amical. Quelque chose qui m'empêchait de parler. Voilà. Il m'empêchait de continuer à parler.
Lentement, les lèvres de Booth s'éloignèrent des miennes. J'aurais alors pu parler, me défendre, protester contre son geste, mais je n'en fis rien.
Au contraire, et à ma grande stupeur, j'attendis, jusqu'au moment où la bouche de Booth s'empara de nouveau de la mienne. Nos langues s'explorèrent mutuellement, avec une avidité renforcée par la proximité de nos corps. En réponse au désir maintenant réel de Booth, je sentis la pointe de mes seins, rendus plus sensibles par ma grossesse, se durcir, tandis qu'une vague chaude se formait au creux de mes reins.
Cela dura peut-être des minutes, des heures… J'avais totalement perdu la notion du temps. Soudain, le bruit des machines devint plus fort, et nous entendîmes, tout près de nous, un nouvel éboulis.
Booth quitta mes lèvres pour tourner la tête vers le bruit.
- Écoutez, dit-il...
Une sirène retentit, et il ajouta :
- Ils arrivent.
Figés, silencieux, nous écoutâmes pendant plusieurs minutes. La chaleur générée par notre étreinte commença à se dissiper, laissant une pellicule de sueur glacée sur ma peau.
Je devais me ressaisir, ne plus penser à ce baiser. Je m'éloignai un peu de lui. Je ne voulais pas qu'il s'imagine quoi que ce soit.
- Écoutez, reprit-il d'une voix incertaine en se tournant à nouveau vers moi, je… C'était inattendu. Je… je n'avais rien prémédité.
- Je le sais.
- J'ai l'impression qu'on en avait besoin tous les deux. Besoin de se sentir vivants, ou... quelque chose comme ça.
- Oui, c'est exactement ce que j'ai ressenti, à ce moment-là.
- Alors, vous ne me hurlez pas dessus ? Vous n'êtes pas en colère ?
- Non. Je pense que notre situation actuelle n'est pas le moment idéal pour vous crier dessus. Mais ce baiser, ça ne se reproduira plus, Booth. C'était une erreur. Un accident. Certainement dû au confinement que nous ressentons. Il fallait mieux y mettre fin.
Booth pensa en lui-même que, pour lui, ce n'était pas une erreur, ni un accident. Ce baiser, il en avait envie depuis longtemps. Mais il ne l'embrasserait plus. Comme elle le souhaitait. Il ne voulait pas qu'elle s'éloigne de lui. Elle portait son enfant et voulait être près d'elle tout au long de sa grossesse.
Mais en ce qui le concernait, il n'oublierait jamais ce baiser.
Soudain, il se mit à rire. Il repensait à tout ce dont ils avaient parlé avant ce baiser. Aux phrases tumultueuses lâchées par Bones, aux quelques mots que lui-même avait laissé échapper.
- Pourquoi riez-vous ? demandai-je, étonnée de l'entendre rire, même s'il me semblait que c'était un rire nerveux.
- Parce que, lorsque vous vous réveillerez demain matin dans un lit d'hôpital, vous regretterez tout ce que vous m'avez confié ce soir.
Il essaya de trouver une façon de dire les choses, à la fois moins abrupte et plus honnête.
- Il arrive que l'on regrette d'avoir dévoilé ses pensées. Ça peut faire du mal. Moi aussi, je suis gêné de certaines choses que j'ai pu vous dire ce soir.
- Je ne regretterai rien. J'avais besoin de dire tout ça à quelqu'un. Le bébé comme le reste. Ça me rongeait depuis trop longtemps.
- Au sujet du bébé, peut-être. Mais quant au reste…
Il décida de changer de sujet, la conversation prenant un virage tortueux.
- Comment va votre bras ?
A peine eut-il prononcé ces derniers mots que Booth se reprocha de l'alarmer inutilement. Mais apparemment, Bones ne le prit pas comme ça, car elle répliqua calmement :
- Ça va. Je crois que ça ne saigne plus. C'est douloureux, mais je sais gérer la douleur.
Il eut un petit sourire. Sa partenaire ne changerait jamais. Elle était ainsi et le resterai jusqu'au bout. Fière jusqu'au bout des ongles. Elle serait toujours à la hauteur, il en était persuadé.
- De toute façon, il est devenu insensible, ajouta-t-elle, mais vous ne pouviez rien faire de plus que ce que vous avez déjà fait.
- Très bien. Parlons d'autre chose.
- De quoi ?
- Quel est votre plat favori ?
- Mon plat favori ? Pourquoi voulez-vous parler de mon plat favori ?
- Parce que nous devons parler pour passer le temps et surtout pour ne pas commencer à paniquer. Alors, Bones, quel est votre plat favori ?
- Je ne panique pas, Booth. Lors de mes voyages à l'étranger, j'ai déjà subi des situations beaucoup plus dures que celle que nous vivons actuellement. Paniquer serait complètement irrationnel d'autant plus qu'on va certainement nous sortir de là d'ici peu de temps. C'est vous même qui l'avez dit.
- Bones, s'il vous plaît...
- Pourquoi, vous paniquez vous ? Ça m'étonne de vous. Je ne l'aurai pas cru.
- Bones, je ne panique pas, OK ? Comme vous, j'ai ai déjà vu et vécu des moments plus durs que ça. Et puis j'adore parler de nourriture.
- Bon, comme vous voudrez, dis-je en poussant un soupir. J'adore la soupe de pois cassés aux lardons, avec plein de céleri et de carottes. Avant sa disparition, ma mère nous en faisait souvent durant l'hiver. Russ, lui, n'aimait pas ça, il grimaçait toujours devant son assiette. Mon père disait toujours qu'on ne peut pas dire « on n'aime pas ça, tant qu'on y a pas goûté ».
- Humm… Il ne faudrait pas m'en promettre, à l'heure qu'il est.
- Et vous ? A part les macaronis au fromage ?
Il devina qu'elle souriait.
- Mes plats préférés ? Tout ce qui est interdit aux moins de trois ans !
- Quoi ?
- C'est juste que lorsque que Parker est né, j'ai passé mes week-ends de garde à mouliner de la purée ou de la compote.
- C'est compréhensible, alors.
- Mes vrais plats préférés, c'est les macaronis au fromage, les sushis et la nourriture chinoise. Mais ça, vous le savez déjà.
De nouveau, ils discutèrent longuement pendant ce qui leur sembla être des heures, de tout et de rien. Avec Bones, les sujets de discussions étaient plutôt restreints. A part l'anthropologie et les voyages à l'étranger.
Alors, il la brancha sur les sports, la nourriture, sujets qu'il adorait aborder, et puis le cinéma. Elle s'y prêta avec un enthousiasme nouveau. Certainement le contexte de leur situation présente. Pour l'un comme pour l'autre, évoquer ces sujets, leur prouvait que le monde extérieur existait encore.
D'autres grincements métalliques, et des cris lointains leur parvinrent. Après une très longue attente, une petite lueur sembla naître dans l'obscurité, comme si une petite partie de la sortie du tunnel avait été dégagée.
Booth cria de nouveau, et, cette fois, quelqu'un répondit.
- Courage, on est là, on arrive ! entendirent-ils avec une joie et un soulagement inexprimables. Est-ce que vous êtes blessés ?
- Ma partenaire est blessée au bras ! cria Booth.
Après avoir posé plusieurs questions, l'homme, qui s'appelait Kyle, les rassura du mieux qu'il put.
- Nous n'en aurons plus pour longtemps. Nous allons remettre les machines de déblaiement en marche, leur expliqua Kyle. Comme nous ne pourrons plus vous entendre, nous les arrêterons de temps à autre pour voir comment vous allez. Essayez d'économiser votre oxygène.
Soudain, assourdi par le ronflement des moteurs, Booth eut comme une révélation et souffla à l'oreille de sa partenaire :
- Écoutez, Bones, je ne peux pas fuir ! C'est mon enfant ! Si je ne peux pas être impliqué, je ne veux pas que vous ayez ce bébé !
- Que se passe-t-il, Booth ?
- Je ne peux pas le faire. Écoutez, je dois être impliqué. Si je suis le père, alors... Je dois être le père.
Elle accusa le choc sans rien dire, et après quelques secondes de silence :
- Vous ne pouvez pas me demandez ça.
- Pourquoi pas ?
- Nous ne somme pas mariés. Ça ne serait pas honnête.
Pas honnête ? Pas honnête ? C'était bien elle qui avait dit ça ? songea-t-il.
- Après tout ce que vous m'avez dit sur vous ce soir ? Alors, pour l'enfant ?
- Ce ne serait pas honnête, répéta-t-elle, comme un robot, puis sa voix se brisa légèrement. Je ne veux pas entendre ça. Alors, je n'aurai pas ce bébé.
- Non. Non, je ne veux pas que vous avortiez. Il n'en est pas question.
Il décida de ne pas insister. Il essaya de se rapprocher d'elle, mais elle s'éloigna.
- Si je regrette ce que j'ai dit, c'est à moi d'en décider. Je ne vous ennuierai plus avec mon envie de paternité. Gardez le bébé, je vous en prie, Bones.
Comme des larmes lui piquaient soudain les yeux, il fut envahi par le terrible besoin de lui ouvrir son cœur. Mais il se mordit la lèvre avec une telle force que le sang y perla.
Il avait envie de s'épancher auprès de Bones, comme il l'avait déjà fait une fois, quelques années auparavant. Il ne lui avait jamais avoué que Rebecca l'avait obligé à devenir père, elle l'avait mis devant le fait accompli. Et malgré ça, elle avait refusé de l'épouser. Pourtant, il ne regrettait pas la naissance de Parker, il était fou de son fils. Alors, il l'avait élevé, moitié moitié avec Rebecca. Car, pour lui, le véritable sens de l'honneur ne consistait pas seulement à accomplir son devoir, mais aussi à ne pas s'en vanter ensuite.
Et puis, comment reconnaître qu'il avait été très mal avisé de renouer une relation amoureuse avec Camille, la nouvelle patronne de Bones !
Certes, quand il l'avait revue, lors de cette nouvelle enquête, il avait tout de suite compris que Camille le trouvait toujours aussi séduisant. Il avait tout à fait conscience de la séduction qu'il exerçait malgré lui sur la gent féminine. Mais bizarrement, depuis qu'il travaillait avec Bones, il n'appréciait plus les femmes qui lui montraient trop ouvertement de l'intérêt. Rebecca, tout d'abord, avait souhaité reprendre une relation basée sur le sexe, puis ce fut Camille, et ce jour-là, il avait essayé de l'ignorer.
Jusqu'à cette soirée. Ce soir-là, ils avaient dîné ensemble, bu un petit peu plus que d'habitude, et puis ils s'étaient retrouvés au lit. Combien il regrettait ce qui s'était passé ! A la suite de cette « erreur », Camille se l'était, à nouveau, totalement approprié et il s'était laissé embobiné.
Mais depuis, les choses avaient bien changé. Beaucoup changées.
- D'accord, Booth. Je garderai cet enfant. Mais ne me parlez jamais plus de paternité.
Booth soupira.
Le bruit des machines s'arrêta, et je crus voir de la lumière filtrer parmi le tas d'éboulis qui bloquait la sortie.
Sans doute les lieux de l'accident étaient-ils fortement éclairés afin de faciliter la tâche des sauveteurs, songeai-je, pleine d'espoir.
Et en effet, la voix assourdie de Kyle nous parvint :
- Ça va ? Nous sommes presque prêts à vous faire sortir.
- Ça va, assura Booth.
- Dr Brennan ?
- Oui, je suis là.
Nous commençâmes à sentir les vibrations des engins qui dégageaient la sortie du tunnel. Puis un ordre retentit, et le bruit des machines cessa de nouveau.
Après un laps de temps que j'eus du mal à évaluer, j'entendis un violent bruit, et, soudain, la clarté fut telle que je dus fermer les yeux, aveuglée.
Je tentai d'ouvrir les yeux, mais la clarté des projecteurs m'empêcha de distinguer autre chose que de vagues silhouettes.
Plusieurs voix s'entremêlèrent :
- Agent Booth, Dr. Brennan, dépêchez-vous de sortir, nous ne sommes pas sûrs que le tunnel tienne bien longtemps !
Nous nous mîmes à courir et une fois sortis de la mine, des sauveteurs se précipitèrent sur nous.
- Avez-vous perdu connaissance à un moment ou à un autre ?
- Non, répondit Booth.
- Moi non plus.
- Pouvez-vous essayer de boire ça ?
- Oui. Merci.
Mes yeux commençaient à s'habituer à la lumière des éclairages.
- Nous avons une ambulance pour vous, agent Booth. Tout ira bien.
- Je ne suis pas blessé. Réservez-la pour le Dr Brennan. Elle en a plus besoin que moi.
- Il faut d'abord que vous soyez examiné.
- Examinez-moi ici, alors. Je dois aller prendre des nouvelles de mon fils.
- Dr. Brennan, on vous emmène à l'hôpital. Votre plaie n'est pas belle, il vous faut un traitement antibiotique et des points de suture.
- Je dois vous dire que je suis enceinte. Je vous en prie, faites qu'il n'arrive rien au bébé.
- Raison de plus pour nous dépêcher. On va déjà vous faire une première injection dans l'ambulance.
- Quelle heure est-il ? Ma montre est cassée.
- Minuit. Vous êtes restés un sacré bout de temps là-dedans.
- Oui, je sais.
- Allez, Bones, en route pour l'hôpital.
- J'y vais, Booth, j'y vais.
- Dr. Brennan, Booth ! Enfin vous voilà de nouveau parmi nous ! Vous nous avez fait une sacrée peur, tous les deux ! s'écria Hodgins en approchant rapidement vers nous. Ça va ?
- Ça va, Hodgins ! Le Dr. Brennan doit partir à l'hôpital rapidement. Elle est blessée, répondit Booth.
- Ouh, vilaine blessure !
- Jack, retourne au labo et rassure tout le monde. Je serai là demain matin.
- Je ne pense pas, mademoiselle, lança l'infirmier qui palpait mon bras, ce qui déclencha une violente douleur qui me força à serrer les dents. Vous allez, à mon avis, devoir vous arrêter un peu. Votre bras va être invalide quelques jours.
- Je ne vous demande pas votre avis. Je n'ai rien de cassé, c'est juste une grosse plaie, c'est tout. J'ai du travail qui m'attend à l'Institut, ma présence est nécessaire.
- Bones, vous ferez ce que le médecin vous dira. Maintenant, grimpez dans cette ambulance ou je vous y porte moi-même.
Lui lançant un lourd regard, je montai dans l'ambulance et m'installai, bon gré mal gré, sur le brancard qui me tendait les bras. J'avais horreur de me sentir ainsi, j'étais mal à l'aise.
Tandis que l'infirmier préparait mon injection, je vis Booth monter à son tour dans l'ambulance.
- Bones, comment ça va ? dit-il en prenant ma main et en la pressant entre les siennes.
- Ça va, j'ai connu pire, lui répondis-je en retirant ma main.
L'infirmier prit mon bras blessé et procéda à l'injection. Puis il appliqua un pansement rapide sur mon bras, sûrement en attendant mieux.
- Voilà, c'est bon. Je vous ai également donné des calmants. Allongez-vous.
- Ça ira. Je n'ai pas besoin de m'allonger, et je suis calme.
- Maintenant en route pour l'hôpital ou on va vous recoudre et faire tous les soins nécessaire. Votre bras est salement amoché, mais ça devrait aller. Nous devons aussi voir l'état du bébé. Je pense que vous resterez pour la nuit. Vous pouvez l'accompagner, si vous voulez, dit l'infirmier en s'adressant ensuite à Booth.
- J'aimerai bien, dit-il en tournant son visage vers moi. Mais je dois appeler Rebecca pour savoir si Parker va bien. En mon absence, elle a dû aller le récupérer à l'école. Je vous promets de passer plus tard. Même si c'est tard, je passerai, je vous le promets.
- Les heures de visite seront terminées, réussis-je à dire d'une voix rendue un peu pâteuse par les calmants.
- Je suis du FBI, je peux aller n'importe où, à n'importe quelle heure, dit-il avec son sourire charmeur.
- Cool…
Autour de nous, les deux infirmiers commencèrent à s'agiter.
- Tout va bien se passer, Bones. Pour vous et pour le bébé. Laissez-vous soigner et tout ira bien. D'acc ?
Je poussai un soupir d'agacement. Il semblait me prendre pour une petite fille.
- Ne me prenez pas pour une gamine, je sais parfaitement ce que je dois faire. Je m'inquiète plus pour le bébé que pour moi. Si je fais tout ça, l'hôpital, c'est surtout pour lui. Je veux être rassuré sur son état.
- Alors, à tout à l'heure, Bones.
Soudain très fatiguée, je m'allongeai sur le brancard.
- A tout à l'heure, Booth.
Il descendit de l'ambulance et la regarda s'éloigner, toutes sirènes hurlantes, emportant sa partenaire.
A suivre...
