Bonjour tout le monde ! Heureuses que cette fic vous plaise toujours autant ! Saurimonda et moi y travaillons le plus souvent possible. Merci beaucoup pour toutes vos reviews.

Voici donc le chapitre 4. Bonne lecture et à bientôt.


Chapitre 4

- Ma chérie, il y a un fax qui vint d'arriver pour toi, mais à mon avis, il peut attendre jusqu'à lundi. Si tu voulais bien, simplement, signer ce rapport avant que je parte ?

Je répondis à Angela sans quitter du regard mon écran d'ordinateur :

- Merci, Ange.

Les chiffres menaçaient de danser une sarabande effrénée devant mes yeux fatigués si je relâchais, ne serait-ce qu'une seconde, mon attention.

- Tu t'en vas déjà ? Mais quelle heure est-il donc ?

J'étais arrivée au bureau à 7H30 du matin, et ne l'avais pratiquement plus quitté depuis.

- Il est 18 heures passées…

- Déjà ? Je suis désolée de t'avoir retenue. Tu aurais dû me dire qu'il était si tard ! protestai-je en levant la tête de mon ordinateur, tout en fronçant les sourcils.

- Ce n'est pas un problème, assura Angela. C'est juste Jack qui m'attend, il m'emmène dîner au restaurant et je dois…

- Sauve-toi vite alors, il ne faudrait pas faire attendre le grand entomologiste, dis-je en souriant.

- Ça va aller, toi ?

- Ne t'inquiète pas pour moi, Ange, je vais bien. Je termine ça et puis je rentre chez moi.

- OK ! Mais si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite pas à appeler, Jack m'amènera près de toi en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.

Depuis l'accident de la mine et surtout depuis l'annonce de ma grossesse, Angela se comportait envers moi comme une mère plus que comme une amie.

- A lundi !

- Bon week-end, Angela. Et sois sage !

- Pas trop quand même, dit-elle avec un petit clin d'œil qui en disait long sur l'occupation de son week-end. Repose-toi surtout.

- Oui, maman, répondis-je en souriant.

Quand Angela eut refermé la porte derrière elle, je reportai aussitôt mon attention sur l'ordinateur, mais je fus incapable de me concentrer sur l'écran. Mon bras blessé me faisait mal, comme ça arrivait parfois malgré les séances de massages et de rééducation, et sous l'effet de la douleur, ma vue commença à se troubler. Mon biceps avait été entaillé sur une bonne profondeur et le médecin avait insisté pour que je fasse de la rééducation afin de retrouver tout ma motricité naturelle.

Comme je secouai la tête pour essayer de retrouver une vision normale, je m'immobilisai brutalement en entendant la porte de mon bureau se rouvrir.

Ce n'était qu'Angela dont le visage était empreint d'une curieuse expression, où se mêlaient réprobation, embarras et affection.

- Tu te souviens que tu dînes avec ton père, ce soir ?

- Oui, bien sûr.

- Il t'attend à 19 heures…

- Je sais.

- A la radio, ils ont annoncé des embouteillages sur la nationale 95.

- Je l'appellerai de ma voiture si je risque d'être en retard.

De toute évidence, Angela brûlait d'en dire plus, et elle ne se serait pas gênée, quelque mois plus tôt, avant que je lui annonce ma grossesse. Désormais, même si elle s'inquiétait davantage pour moi, elle gardait pour elle ses remarques.

Tant de choses avaient changé dans ma vie ! J'étais enceinte de sept mois, et le bébé était devenu une nouvelle partie de moi que je m'étais prise à adorer. Je replongeai dans mes souvenirs.


Flash back

Le lendemain de l'accident de la mine, malgré ma blessure, j'avais repris le travail tant bien que mal car mon bras était pratiquement inutilisable. La plaie était vraiment profonde et j'avais dû subir une petite opération sous anesthésie locale. Après examens, il s'était avéré que le bébé allait bien.

Il n'avait pas été question que je prenne un arrêt de travail malgré l'insistance de mes collègues et celle de Booth. Je ne me voyais pas rester à la maison toute la journée, à tourner en rond, sans rien faire. Les premiers jours avaient été difficiles, je m'en étais sortie grâce à mon énergie et mon désir de faire correctement mon travail et aussi, je dois le reconnaître, avec l'aide de mon équipe et de Booth. Malgré tout, je faisais attention au bébé.

Pourtant, je n'arrivais pas toujours très fraîche le matin. Les nausées matinales ne me laissaient aucun répit et la moindre odeur de nourriture ou de parfum me soulevaient le cœur.

J'allais toujours sur le terrain avec Booth. L'enquête sur le cadavre de la mine avait été un échec car le squelette avait été enfoui sous des dizaines et des dizaines de kilos de gravats, de boue et de rochers. Mon équipe et celle de Booth avaient tenté de déblayer le terrain, mais sans succès.

Je n'aimais pas rester sur un échec et celui-là en était un sacré.

Booth se comportait avec moi comme auparavant, partenaires et rien d'autre, mais je devinais sous son air de rien qu'il était aux aguets et prêt à parer aux moindres problèmes qui pourraient me nuire, à moi et au bébé. Nous n'avions jamais reparlé des baisers que nous avions échangé.

Je lui avais refusé la paternité, mais malgré que j'ai choisi son don de sperme, don qu'il n'avait fait que pour moi, je ne voulais pas lui imposer ça. Je savais bien qu'il en avait envie, il me l'avait demandé mais lui et moi n'avions aucune relation amoureuse, aucun avenir ensemble. Ce n'aurait pas été juste, ça aurait été complètement irrationnel. Un don de sperme et rien d'autre.

Le lendemain matin après l'accident, après avoir repris le travail, en fin de matinée, il était entré dans mon bureau.

- Bones, il faut que nous discutions sérieusement de vous et du bébé.

- A propos de quoi ? lui avais-je demandé tout en tentant de ranger des dossiers avec mon bras valide. Je vais bien et le bébé aussi. Je croyais que nous en avions discuté hier, dans la mine.

- Oui, nous en avons discuté. Enfin, si peu... Je veux m'investir dans l'éducation de cet enfant, je veux... être un père pour lui... même s'il n'y a aucun lien entre vous et moi... Cet enfant, c'est une partie de moi.

Je m'étais alors tournée vers lui et j'avais découvert un Booth, les larmes aux yeux, complètement retourné.

- Booth, je comprends ce que vous ressentez. Je serai pareille à votre place. Mais cet enfant, ce bébé, je l'ai fait pour moi, rien que pour moi. Jamais je n'aurai pensé que vous voudriez prendre part à sa naissance et à son éducation. Si j'avais su ça que ça vous retournerait autant, jamais je n'aurai fait cette FIV.

- C'est vraiment ce que voulez ? m'avait-il demandé, le regard soudain fermé.

- Oui, c'est ce que je veux. Je suis désolée. J'aimerai que nous n'en parlions plus, sinon ça ne vous fera que du mal.

Je me souviens qu'il m'avait lancé un regard lourd de peine, puis celui-ci s'était fermé complètement et ne s'était jamais réouvert.

- Très bien, Bones, puisque c'est ce que vous voulez, nous n'en parlerons plus. Nous nous bornerons à être de simples partenaires, comme auparavant. Mais, si un jour, vous changez d'avis, ce que j'espère sincèrement, je serai là.

Et il était sorti de mon bureau sans se retourner.

A ce moment-là, j'avais ressenti un pincement au niveau du cœur et un grand vide au fond de moi. Puis j'étais retourné à mon travail.

Une semaine après cette discussion, j'avais décidé d'annoncer à toute l'équipe ma grossesse. Ça ne m'emballait pas trop, mais si je ne leur disais rien, plus les mois passeraient, plus ils se rendraient compte de mon état.

Alors sous un prétexte concernant une nouvelle enquête, je les avais réunis dans mon bureau. Ils s'étaient tous présentés, Camille, Hodgins, Wendell, Angela, se regardant les uns les autres, se demandant certainement ce que j'allai bien pouvoir leur annoncer. Je me souviens de leur air hébété à l'annonce de la nouvelle. Et je ne parle pas de leur air encore plus ahuri lorsque je leur avais dit que le bébé était de Booth. Bien sûr, j'avais dû leur expliquer que nous ne l'avions pas fait de façon naturelle, mais que j'avais fait une FIV.

Pour leur annoncer la nouvelle, j'avais demandé à Booth d'être là, mais il avait refusé.

- Bones, m'avait-il dit, je suis le père sans être le père de cet enfant. Vous l'avez décidé ainsi. C'est votre choix, ce n'est pas le mien. Ma place auprès de vous, à ce moment-là, n'est donc pas vraiment utile ni judicieuse.

Sa décision m'avait un peu ébranlée, mais je le comprenais. J'avais refusé son désir de paternité et il ne faisait que me le rappeler.

Ainsi, comme je l'avais souhaité, nous avons continué à travailler ensemble et à être de bons partenaires, à faire du bon boulot, à nous retrouver devant un verre après chaque fin d'enquête. Jamais plus, nous n'avons reparlé de l'avenir du bébé. Simplement, il prenait, comme tout bon partenaire, des nouvelles de ma santé, de ma grossesse et du bébé, mais ça s'arrêtait là.

Fin du flash back


Donc, voilà où nous en étions à ce jour, 7 mois après. Je n'allais plus sur le terrain avec Booth. Le médecin me l'avait strictement interdit, sous peine de faire une fausse couche.

Alors, Booth passait me voir régulièrement au Jefferson pour prendre de mes nouvelles. Nous prenions un café au Royal Dînner, nous discutions de tout et de rien, mais jamais il ne fit plus aucune allusion au bébé. Je savais très bien ce qu'il en pensait, mais je n'en parlais pas et lui non plus.

Booth se chargeait donc, seul, des missions sur le terrain. De temps en temps, Hodgins l'accompagnait. Ces enquêtes avec lui me manquaient. Terriblement. J'avais besoin d'action et j'étais obligée de rester là, à me ménager. A examiner des squelettes en veux-tu en voilà, à boire des litres de café (pas vraiment bon pour le bébé, m'avait dit mon médecin en fronçant les sourcils) et à manger pour deux. Bref, l'action me manquait.

Et supporter Angela qui me traitait comme si j'étais en sucre, prête à me casser en deux au moindre choc.

Avec un soupir, je fermai mon ordinateur et ramassai mon sac, tout en me demandant ce que j'allais bien pouvoir raconter à mon père. En fait, je n'étais même pas certaine de vouloir me rendre chez lui. Certes, il était heureux de me voir comme à chaque fois que j'allais lui rendre une visite, mais j'aurai préféré rester seule.

Je comprenais son inquiétude, face à mon état de santé. Mais que penserait-il si je lui disais que c'était surtout le souvenir des étreintes de Booth qui hantaient mon esprit ? Bien sûr, l'accident avait eu lieu six mois auparavant, bien sûr que je ne voulais pas d'une relation avec lui, bien sûr que je ne voulais pas de lui comme père de mon enfant, mais malgré toutes mes décisions, le souvenir en restait si vivace que je ne parvenais pas à tirer un trait dessus, malgré tous mes efforts.

Je n'arrivai pas à oublier la chaleur du corps de Booth, ni, surtout, la façon dont nous nous étions embrassés.

Maintenant, après tous ces mois passés, nous n'avions jamais reparlé de l'accident et je crois que ça commençait à me miner l'esprit. En était-il de même pour lui ? Ressentait-il ce besoin d'en parler ? D'en parler tous les deux ?

Je ne lui avais jamais tendu la perche, et lui non plus. C'était comme si, entre nous, cet accident n'était jamais arrivé. Et pourtant, il avait été bien réel. Mon bras en portait une cicatrice à vie.

Aujourd'hui, j'avais besoin de lui parler de l'accident.

Aujourd'hui, je pensais beaucoup à Booth, et beaucoup plus que je ne le souhaitais.


A suivre...