Hello ! Nous revoilà avec le chapitre 5 ! Merci merci merci pour toutes vos reviews, ça nous fait chaud au cœur, vous êtes nos fidèles lectrices et lecteurs.

Bonne lecture et à bientôt.

PS : Heureuse de te revoir, BB-Krevette !

solealuna : moi non plus, je ne refuserai pas que Booth soit le père de mes enfants ! Hi hi hi !


Chapitre 5

Booth franchit la porte de l'institut Jefferson. Son esprit était partagé en deux.

Devait-il lui parler, afin de dissiper les angoisses de ces moments en tête à tête avec elle ? se demandait-il.

Mais peut-être se faisait-il des idées, et n'existait-il aucune angoisse. Qui sait si elle n'avait pas tourné la page, et tout oublié de ces heures d'intimité ? Elle n'avait jamais reparlé de l'accident.

Il se montrait bien sûr de lui en supposant qu'elle s'en souvenait autant que lui-même, incapable qu'il était d'oublier la force et la vulnérabilité qu'elle avait montrées à cette occasion. Qu'avaient-ils à s'offrir, l'un à l'autre ? Rien.

Non, décida-t-il, mieux valait attendre encore un peu…

Perdu dans ses pensées, il resta immobile sur le seuil, puis il fit demi-tour pour ressortir de l'institut. Pris d'un sentiment qu'il n'aurait pas su dire d'où il venait, il releva la tête et la vit au loin, qui s'approchait de sa voiture.

Le temps qu'il la rattrape, elle serait déjà parti, se dit-il.

Ils ne se verraient donc que lundi, et cela lui semblait bien loin. Trop loin.

J'avais atteint ma voiture quand je me rappelai soudain que j'avais oublié de signer le rapport laissé par Angela !

Non sans un soupir de fatigue et d'exaspération à la pensée que je devais retourner au bureau, je pivotai sur mes pieds, remontant les quelques mètres qui séparaient l'Institut du parking.

Au moment où j'arrivai en vue de l'entrée du Jefferson, j'aperçus la silhouette masculine de Booth qui en sortait.

- Booth ! l'appelai-je aussitôt. Que faites-vous ici ?

Sans plus réfléchir, je m'élançai vers lui, le pris par le bras comme si j'avais peur de le voir disparaître et, ravie, je lui lançai un sourire.

- Bonjour, Bones, murmura-t-il.

- Je suis contente de vous voir ! Vous me cherchiez pour une affaire ?

Dans son costume gris clair, je le trouvais incroyablement séduisant. Comme toujours. Mais aujourd'hui…

- Non, pas d'affaire pour l'instant. Je passai juste vous faire un petit coucou, dit-il tout en se frottant la nuque d'un geste embarrassé. J'avais envie de vous voir, voilà tout.

- C'est gentil.

- Vous partiez ?

- Oui. Je rentre chez moi, je suis épuisée. Le bébé n'arrête pas de bouger. Je dirais que c'est un futur footballeur.

Booth grimaça, puis eut un petit sourire.

- Que diriez-vous d'aller prendre un café au Royal Dînner ? Enfin… si vous n'êtes pas trop fatiguée…

- Non, ça va aller, ça me fait plaisir de partager un peu de temps avec vous. On ne se voit pas beaucoup en ce moment.

- Non, déjà, vous ne pouvez plus m'accompagner, et les affaires sont plutôt calmes. Tant mieux pour… Enfin, vous voyez ce que je veux dire…

- Oui, je comprends, Booth. Allons-y.


- C'est à vous que je me suis confiée. De tous mes petits tracas et mes peines. Après cette nuit, je n'ai pas cherché à vous en parler, et j'ai tout fait pour oublier complètement que votre vie est si proche de la mienne. Au contraire, je…

Ma voix se cassa, et je dus cligner des paupières pour chasser les larmes qui me montaient aux yeux. Ma mémoire ravivait le souvenir du corps de Booth contre le mien. Sa chaleur, son poids, le goût de sa peau, la pression de ses lèvres…

Non sans difficulté, je continuai :

- … je me raccrochais à ces instants parce qu'ils représentaient ce qu'il y a eu de plus simple, de plus rassurant pour moi au cours de cette année. Vous vous souciez de ce que je ressentirais après cette nuit-là ; vous me conseilliez comme si ce qui m'arrivait comptait pour vous ; vous souhaitiez respecter ma vie privée. Mais, en fait, je crois que c'est tout simplement vous que vous protégiez, n'est-ce pas ? Vous vouliez nier cette culpabilité dont vous avez parlé.

- C'est vrai, reconnut-il enfin à voix basse.

Booth prit conscience, au plus profond de lui-même, qu'en s'abstenant de lui parler de l'accident au cours de ces six derniers mois, il avait commis une des erreurs les plus grossières de sa vie. Pourtant, il avait cru agir au mieux, pour elle comme pour lui. Mais, ce soir, face à elle, il comprenait à quel point il se trompait.

- Je savais que nous en parlerions un jour, expliqua-t-il, mais je ne voulais pas que ce soit dans ces conditions. Je ne savais pas vraiment ce que ces moments passés ensemble signifiaient pour vous. J'essayais juste de vous donner un peu de…

Il s'interrompit car le portable de Bones sonna.

- Brennan.

Elle parla quelques instants, puis raccrocha.

- C'était Hodgins. Continuez.

- Je vous disais que je vous donnais un peu de temps, reprit-il d'une voix sourde. Je n'ai pas voulu être un poids pour vous, à vous demander toutes les cinq minutes comment vous vous sentiez, je sais que vous êtes forte. Que vous avez déjà vécu... ça. Mais j'étais là quand même. A attendre que vous soyez prête à en parler.

En vérité, elle avait raison sur la plupart des points. De manière émotionnellement parlant, oui, il se protégeait, et il tentait de nier ses sentiments.

Un rempart ? Mais de quel rempart avait-il besoin ? pensa-t-il, soudain.

Il connaissait la réponse. A sa profonde consternation, l'ardeur sensuelle qui les avait enflammés lors de l'attente des secours dans la mine ne s'était pas dissipée. Peut-être que la peur de vivre leurs derniers instants avait alors contribué à garder leur étreinte dans sa mémoire.

Quelle qu'en fût la cause, un peu plus tôt, le simple contact de la main de Bones sur son bras l'avait bouleversé de désir.

- C'est gentil de votre part, Booth, mais voyez-vous, je vais avoir le bébé, je suis seule. S'il y a bien une chose dont j'ai besoin en ce moment, c'est d'une amitié avec quelqu'un que j'apprécie.

- Moi ? demanda-t-il avec un demi-sourire.

- Vous, lui répondis-je en lui rendant son sourire.


Booth me raccompagna jusqu'à mon appartement. J'étais très fatiguée et plusieurs fois, je sentis que mes jambes menaçaient de se dérober sous moi. Dans la voiture, tandis qu'il conduisait, j'avais appelé mon père pour le prévenir que je ne pourrais pas lui rendre visite, ce soir, comme prévu, à cause d'un léger problème de santé.

- Ma chérie, tu vas bien ?

- Je vais bien et le bébé aussi, mais je suis très fatiguée et je n'ai pas faim. Je te promets de venir une autre fois, quand j'irai mieux.

- Fais attention à toi, Tempe, je m'inquiète pour toi. Repose-toi et je t'appellerai demain.

- Ne t'inquiète pas et encore désolée. A demain. Je t'embrasse.

Puis j'avais raccroché en poussant un soupir.

- Il est déçu. Et il s'inquiète trop pour moi. Je ne suis pas en sucre. Je fabrique juste un bébé. Il a plusieurs milliers d'années, les femmes enceintes étaient...

- C'est normal, Bones, c'est votre père et il s'inquiète pour vous, m'interrompit Booth.

- Il ne devrait pas. Et vous non plus.

Arrivés devant la porte, je me retournai vers mon partenaire.

- Merci de m'avoir raccompagné, Booth.

- De rien. Vous avez de quoi manger, chez vous ?

- Largement de quoi. Mon frigidaire est plein, grâce à Angela. Elle a toujours peur que je meure de faim, dis-je en riant. J'ai des provisions pour au moins un régiment. Tout va bien, je vous assure.

- Très bien. Alors je vais vous laisser vous reposer.

- Vous ne voulez pas entrer prendre un dernier café ?

- Je ne voudrais pas vous déranger.

- Si je vous le propose, c'est que ça ne me dérange pas.

- Vraiment ?

- Vraiment.

- Dans ce cas, c'est pas de refus. Je n'ai pas eu ma dose de caféine, aujourd'hui.

- Attention, vous allez devenir accro, dis-je en souriant.

- Je crois que c'est déjà fait.

J'ouvris la porte, entrai dans le couloir, puis le laissai passer.

- Faites comme chez vous, je vais préparer le café.

- Je vais vous aider, dit-il en retirant sa veste.

- OK, si vous voulez. Tenez, sortez les tasses, elles sont…

- Je sais où elles sont, Bones.

En riant, je préparai la cafetière d'où se mit à sortir très rapidement une bonne odeur de café chaud. Dans mon ventre, le bébé gigotait et donnait des coups de pied.

Allait-il aimer le café, lui aussi ? Comme son père ? songeai-je en souriant légèrement.

- Je peux utiliser votre salle de bain ? demanda Booth.

- Oui, elle est…

- Je sais aussi où elle se trouve.

- Je vois que mon appartement n'a plus de secret pour vous.

- Hé non !

Alors qu'il s'approchait de la salle de bain, Booth aperçut une pièce dont la porte était entrouverte. Pris d'un étrange sentiment, il s'approcha et poussa légèrement le battant.

La chambre du bébé. Ce qu'il vit lui serra le cœur.

Alors que la naissance n'était prévue que dans deux mois, tout était prêt, depuis le berceau garni de ses draps pastel jusqu'au paquet de couches posé sur la table à langer flambant neuve. Des livres pour enfant garnissaient une étagère, et des peluches, encore sous plastique, s'alignaient sur un fauteuil. Booth aurait parié que la commode regorgeait de grenouillères et de brassières allant du premier au troisième âge.

Tout évoquait l'image d'une femme s'efforçant de tout préparer au mieux pour la venue de l'enfant. Leur enfant.

Non, corrigea-t-il en son for intérieur, son enfant. Pas le mien pour elle. Mais pour moi, c'est le mien.

Avançant lentement dans la petite chambre, Booth aperçut une pile de livres posés sur les rayonnages d'une minuscule bibliothèque. Curieux, il les feuilleta rapidement, les uns derrière les autres. Ils traitaient tous de la grossesse et des soins aux enfants. Il découvrit également une cassette vidéo d'exercices pour future maman ainsi que quelques manuels de diététique à l'usage des bébés et des mamans.

En fait, Bones avait peur, très peur ! s'avisa-t-il soudain.

Sa mère était morte depuis plusieurs années, pensa-t-il, immobile dans la trop parfaite nursery. Et l'enfant qu'elle portait avait pour père un agent du FBI, dont elle ne voulait pas la paternité. Bones, en tant que future maman, bénéficiait du soutien affectif de ses collègues et du sien, mais elle était quand même effrayée, malgré l'apparence contraire qu'elle montrait.

Aussi s'imposait-elle de décrocher, avec les félicitations, un diplôme de super maman, avant même la naissance de son bébé. Comme pour contrecarrer ses pensées négatives qu'elle avait eues sur son refus d'avoir des enfants, il y a plusieurs années de ça.

C'était triste… poignant, même, songea-t-il en mesurant combien cela en disait long sur le refus de sa partenaire de s'écouter, sur sa solitude, sur sa détermination.


Il resta à ses côtés, buvant doucement leur café, jusqu'à ce qu'il voit qu'elle clignait des yeux, résistant au sommeil.

- Il faut que je rentre, maintenant, dit-il. Vous irez voir votre père demain ?

- Oui, acquiesça-t-elle avec un hochement de tête décidé.

Soulagé par cette détermination, il respira plus librement.

- Dormez bien et n'allez pas travailler demain, c'est le week-end. Juste la visite à votre père. Le reste de votre temps, repos. Promis ?

- Oui, promis, patron, dit-elle en riant. A vos ordres.

Il s'approcha d'elle.

- Bonne nuit, Bones. On se voit lundi ?

- Oui. Même si vous n'avez pas d'affaire, passez me faire un petit bonjour, je suis toujours heureuse de vous voir.

- Moi aussi. Un câlin ?

Comme elle hochait la tête, il la prit dans ses bras et la serra contre lui. Le corps de Bones lui parut bien changé. Normal quand on attend un bébé. Son ventre se tendait contre lui, aussi ferme qu'un ballon.

Était-il décent de trouver aussi attirante une femme enceinte ? se demanda-t-il soudain.

Parce qu'elle portait son enfant ? Quelle place y avait-il, dans son existence, pour cette femme et son enfant et pour l'attirance qu'il éprouvait pour elle ? Une petite place ou bien… aucune ?


A suivre...