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Voici le chapitre 6. Bonne lecture et à bientôt.


Chapitre 6

Le lendemain matin, je me levai en pleine forme. J'avais passé une bonne nuit, sans cauchemar, sans revoir, une fois encore, le plafond de la mine qui me tombait dessus, comme toutes les nuits depuis l'accident. Je me sentais une âme à faire plein de bonnes actions.

La première : rendre visite à mon père.

Je l'appelai aussitôt et nous convînmes d'une heure pour le déjeuner.

Après un bon petit déjeuner composé de biscottes, céréales, beurre, confiture et jus d'orange, je me glissai sous la douche. Je me savonnai énergiquement tout en chantant et le bébé eut l'air d'apprécier car il se mit à gigoter dans tous les sens.

J'enfilai une de mes robes de grossesse, puis j'étais en train d'attraper mon sac et mes clés de voiture quand il me vint soudain une idée.

J'attrapai mon téléphone portable et composai le numéro de Booth. A l'autre bout, la sonnerie retentit plusieurs fois sans réponse. J'allai raccrocher quand j'entendis enfin la voix ensommeillée de mon partenaire.

- Booth...

Suivie d'un énorme bâillement.

- C'est moi. Je vous réveille ?

Silence.

- Booth ? Vous vous êtes rendormi ?

- Bones ? Mais vous êtes folle ? Vous avez vu l'heure qu'il est ?

Je jetai un coup d'œil rapide à la pendule de la cuisine.

- Hé ben, il est 10 heures.

- On est samedi, Bones, et le samedi, je dors toute la matinée. Alors là, oui, vous m'avez réveillé.

Et puis soudain je sentis un changement dans sa voix, comme un début de panique.

- Vous avez un problème ? Qu'est-ce qui se passe ? C'est le bébé ?

- Non, Booth, tout va bien, lui répondis-je en riant. Je suis en pleine forme, le bébé aussi, et à la maison, tout va bien. Décompressez ! Je voulais simplement vous demander un petit service.

- Ah bon ? Hé bien, je préfère ça. Alors, allez-y, qu'est ce que vous voulez me demander ?

- J'aimerai que vous m'accompagniez chez mon père pour le déjeuner.

- Quoi ? Mais je…

- S'il vous plait, Booth…

- Mais habituellement, vous y allez seule et je…

- Oui, c'est vrai, mais aujourd'hui, j'ai très envie que vous m'accompagniez. Je ne vous dirai pas pourquoi, j'en ai envie, c'est tout. Je penche pour les hormones.

A nouveau, le silence à l'autre bout de la ligne.

- Booth ?

- Vous tenez vraiment à ce que je vous accompagne ?

- Oui oui, j'y tiens vraiment. Et si vous acceptez, je vous invite ce soir, pour vous remercier. Je vous ferai à dîner.

- Ah ça, c'est du chantage, Bones. Vous savez que je ne résiste pas à vos petits plats.

- Oui, je sais, dis-je en souriant. Alors ?

- Je suis chez vous dans une heure. Ça ira ?

- Très bien. Je vous attends.

- A tout à l'heure.

- Merci, Booth.

Je raccrochai et reposai mon sac, puis attrapai mon livre de cuisine et me plongeai dedans dans l'espoir de trouver une recette digne du féroce appétit de mon partenaire.


- Agent Booth, je suis content de voir que vous faites honneur à mon repas. Je ne m'attendais pas à votre visite, c'est tout Tempérance de m'amener des invités surprise, mais dans un sens, ça tombe bien. Pendant que vous êtes là, je voudrais vous demander un service.

Nous terminions le déjeuner. Max s'était surpassé. Nous étions en train de boire le café.

- Décidément, ils se sont donné le mot…, bougonna Booth entre ses dents.

- Que dites-vous ? demanda Max.

- Non, rien.

- Je n'irai pas par quatre chemins : je vous demande de vous occuper personnellement de la sécurité de ma fille.

- Papa ! m'exclamai-je en le fusillant du regard.

- Tempérance, je t'ai déjà confié à lui une fois, je te demande me faire confiance et de lui faire confiance. Je veux que tout aille bien pour toi et pour le bébé.

- Mais…

- Agent Booth, quelle est votre décision ? Je veux une réponse, qu'elle soit négative ou positive.

Max Keennan parlait avec le débit pressé et catégorique d'un homme qui sait ce qu'il veut.

- Eh bien… j'apprécie votre confiance, assura Booth et…

- Papa, je n'ai pas besoin d'un chaperon ! Je peux très bien me débrouiller toute seule.

- Hé, je ne suis pas un chaperon ! s'exclama Booth en la regardant de travers.

Ce matin-là, elle semblait si calme et sereine dans une autre de ses ravissantes tenues de grossesse que c'était à peine si on remarquait ses traits fatigués.

- Quand vous dites « vous occuper personnellement de la sécurité de ma fille », de quelle occupation parlez-vous ? demanda Booth en fronçant les sourcils.

- De celle qu'un futur père pourrait avoir. Après tout, VOUS êtes le père de cet enfant. Au fait, vous en avez parlé, tous les deux ? Tempérance, Booth est le père de ton enfant, et même si ce n'est pas de façon naturelle que vous l'avez fait, il doit avoir un droit de paternité

- Papa..., grognai-je.

- Mr Keennan, je...

- Bon, ce n'est pas encore à l'ordre du jour, à ce que je vois. Espérons que ça viendras. Agent Booth, je veux que ma fille est un homme pour la protéger, l'aider dans ses démarches de future maman, la rassurer, lui apporter votre amitié et votre soutien, continua Max sans nous écouter. L'accompagner à l'hôpital le jour de l'accouchement. Il faut que vous soyez près d'elle à chaque seconde.

- Une femme serait mieux pour assurer cette mission, déclara Booth. Elle serait bien plus qualifiée que moi. Angela Montenegro, par exemple. C'est la meilleure amie de Tempérance.

Il s'attendait à ce que Max marquât au moins quelques secondes de réflexion, mais celui-ci n'hésita pas.

- Non, agent Booth, c'est vous que je veux. Demandez à Angela, si vous l'estimez nécessaire, mais je vous demande de vous occuper personnellement de la sécurité et du bien-être de ma fille. Car je sais qu'elle peut se montrer très très têtue lorsqu'elle le veut !

- A qui le dites-vous…, bougonna à nouveau Booth entre ses dents.

Contrairement à ce que j'attendais, les deux hommes ne rirent pas.

- Je vous appelle demain, agent Booth. Réfléchissez bien à ma demande.

- D'accord, Max, répondit Booth en grimaçant.

Le malaise que je ressentais s'intensifia dès que la porte de l'appartement se fut refermée derrière nous. J'aurais préféré ne pas me trouver là, d'une part ; et puis la demande de mon père ne me rappelait que trop la nuit de l'accident.

- Je commence à en avoir vraiment assez ! m'écriai-je.

- De quoi ?

- D'être traitée comme… comme…

- Comme une femme qui est enceinte de plus de sept mois et qui vit seule ?

- Non ! J'en ai assez d'être traitée comme une gamine à qui on ne parle pas de ce qui la concerne, parce que certains ont décidé qu'elle n'est pas… pas quoi ? Suffisamment intelligente ? Suffisamment forte pour prendre sa vie en main ? Ça va cesser, Booth, et dès maintenant !

Je plantai mon regard dans celui de mon partenaire.

- Je suis sérieuse. Je suis assez grande pour nous prendre en charge, moi et le bébé. OK ?

- Eh bien, c'est bon à savoir, murmura Booth.

- Je ne plaisante pas !

- Moi non plus. Je le répète, c'est bon à savoir.

- Pourquoi ? demandai-je, un peu méfiante.

- Parce que cette information m'est utile. Elle me prouve, primo, que vous n'avez pas peur et que vous possédez suffisamment de combativité pour vous investir dans votre rôle d'anthropologue judiciaire et de future maman. Secundo…

Comme il s'arrêtait, l'air soudain préoccupé, je le relançai :

- Quel est le secundo ?

- Excusez-moi, mais je suis censé aller chercher Parker chez Rebecca, je l'ai en garde ce week-end, et nous avons encore tellement de choses à voir… On pourrait le faire en dînant ?

- A l'extérieur ? Avec votre fils ?

- Non, ce serait plus pratique chez moi. Nous pourrions prendre des pizzas au passage. Je suis désolé. Ce n'est pas l'idéal, mais je vais devoir passer pas mal d'heures supplémentaires pour m'occuper de vous, alors que je suis déjà…

- C'est bon, me dépêchai-je de dire. Cela ne pose pas de problèmes. Votre fils en priorité. Moi, je n'ai pas besoin d'aide.

En le voyant aussi préoccupé, j'avais compris que, même si Rebecca et lui n'avaient pas été vraiment heureux, il aimait sincèrement son fils.

Pendant les presque cinq années de partenariat que nous avions partagées, je n'avais que peu pensé à Booth en tant que père. Je voulais soudain le découvrir dans ce rôle, et ce d'autant plus que moi-même, par ma grossesse, me sentais de plus en plus impliquée par les responsabilités parentales et recherchai un modèle auquel me raccrocher.

- Vous n'avez pas à vous excuser, ajoutai-je. Que vous ne vouliez pas négliger votre fils est tout à fait normal, et puis j'adore la pizza. Nous avons encore beaucoup de choses à nous dire, n'est-ce pas ? Et je n'ai pas envie de les bâcler. Alors prenons notre temps sans pour autant négliger Parker…

C'était l'attitude que j'adoptais vis-à-vis du bébé. Je refusai de me laisser abattre. Je m'étais endurcie pendant tous ces mois de grossesse et j'étais déterminée à être une mère et un père pour l'enfant que je portai.

- Je vous emmène ? demanda Booth, me tirant de mes réflexions.

- Oui.

Je croisai le regard scrutateur qu'il posait sur moi, et rougis.

- Je trouve que vous montrez beaucoup de courage. Bon, on y va ?

J'aurai voulu l'interroger sur cette fin de phrase inachevée, mais déjà il se dirigeait vers la voiture.

Que croyait-il savoir de mon état d'esprit ? me demandai-je. Et dans quel domaine pensait-il que je doutais ?

Apparemment, il n'était pas encore prêt à partager toutes mes pensées.


Parker est vraiment un garçon adorable.

Il accueillit son père avec une joie certaine. L'enfant devait aimer sa mère, mais il adorait son père. Cela se voyait à son sourire et à son comportement.

Dans la voiture, le père et le fils fredonnèrent, mais, quand Booth se gara pour aller chercher des pizzas, Parker se mit à me parler de ses parents respectifs. Puis soudain, il changea de sujet et me posa une question à laquelle je ne m'attendais pas de sa part.

- Docteur Bones, est-ce que vous aimez mon père ?

Je tournai vivement la tête vers lui. Il me fixai, attendant une réponse.

- Hé bien, je..., commençai-je, ne sachant pas comment j'allai me sortir de là.

- Le bébé que vous allez avoir, il est bien de mon père, hein ?

J'eus un hoquet de consternation. Comment savait-il ça ? Booth lui en avait-il parlé ?

Comme il me semblait mature d'esprit, je décidai de lui répondre franchement.

- Oui, Parker, cet enfant est celui de ton père, mais nous avons décidé que je l'élèverai seule.

- Alors pourquoi il m'a dit qu'il adorerait être son papa, mais qu'il ne fallait surtout pas que je vous le dise ? Pourquoi vous ne voulez pas qu'il soit son papa ? J'aimerai bien avoir un frère ou une sœur !

Oh, Booth, quand est-ce que vous apprendrez à fermer votre bouche ?

Que pouvais-je répondre à ça ? Moi-même, je ne savais plus très bien où j'en étais avec Booth.

Je me demandai si je me comportais comme il fallait avec Parker. Parler de tout ça avec lui était-il bien raisonnable ?

Je n'avais aucune habitude des enfants, et j'aurai volontiers pris des cours pour combler mes lacunes s'ils en existaient.

- Parker, je..., commençai-je à dire, mais à cet instant Booth revint à la voiture, chargé de deux cartons.

- Yes, des pizzas ! cria Parker avec un tel enthousiasme que je me retournai sur mon siège pour le regarder.

Il avait les yeux de son père, des cheveux bouclés – tous blonds - et un éclat de rire communicatif. Il paraissait heureux et aimé. Surtout aimé.


A suivre...