Bonjour à tout le monde ! Désolées pour le retard de la suite de cette fic, mais nous revoilà ! Un grand merci pour toutes vos reviews, ne relâchez pas la cadence, ça nous fait plaisir !

Voici le chapitre 7. Bonne lecture et à bientôt.


Chapitre 7

A peine entré dans l'appartement, Parker s'installa devant la télévision tandis que Booth, après avoir retiré sa veste et roulé ses manches de chemise, se dirigeait vers la cuisine.

Il passa la tête par la porte.

- Désolé, s'excusa-t-il. C'est plutôt le bazar, n'est-ce pas ? Quand Parker est là, je n'arrive plus à ranger. Il me prend tout mon temps.

- Je peux vous aider ?

- A ranger ? Certainement pas !

- Je voulais dire… avec les pizzas, dis-je en le suivant dans la cuisine.

- Il n'y a rien à faire, assura-t-il.

Il fit glisser les cartons sur la table, disposa rapidement assiettes, couverts et serviettes. Aussitôt, Parker s'installa à table.

- Papa, j'ai faim !

- Oui, champion, tiens ! dit Booth en lui tendant une assiette contenant une grande part de pizza.

Parker se précipita sur la pizza et en engloutit une bonne bouchée sous l'œil attendri et amusé de son père.

- Parker, n'oublie pas que nous avons une invité ce soir ! Tiens-toi bien ! dit-il en glissant en une main dans la crinière blonde pour frotter gentiment la tête de son fils.

Quant à moi, je me contentai de regarder la scène en silence, impressionnée, et même un peu jalouse. Booth faisait preuve d'une telle efficacité, alors que moi-même j'appréhendais tant de ne pas savoir m'occuper de mon bébé que je m'étais mise à potasser fiévreusement tout ce qui traitait des enfants et des parents.

Au moins m'étais-je déjà préoccupée de tous les achats indispensables, songeai-je, ce qui me donnait l'impression de ne pas perdre totalement pied. Car, honnêtement, je m'étais sentie plutôt submergée par mes multiples lectures que rassurée. Avec Booth, cependant, élever un enfant ne paraissait pas si insurmontable…

- Vous n'avez pas de femme de ménage ? lui demandai-je.

- J'ai essayé, mais ça ne m'a pas plu. J'avais l'impression qu'on violait mon intimité, et je préfère conserver mon désordre. De toute façon, je n'ai Parker que le week-end, tous les quinze jours. Nous restons entre mecs, et nous passons ces deux jours comme nous l'entendons.

- « Entre mecs », vraiment ?

- Oui, alors vous pouvez imaginer l'état de la maison quand il repart, répondit-il en riant. Mais j'adore ça, ajouta-t-il avec des yeux brillants de joie. Tenez, prenez une part.

Je me servis. Puis je posai la question qui me brûlait les lèvres :

- Est-ce qu'il n'est pas recommandé de lui donner le bon exemple ? Vous savez, pour qu'il apprenne à prendre soin de ses propres affaires et à respecter l'espace vital des autres, ce genre de choses ?

- C'est dans quel livre ? demanda-t-il, l'air amusé.

- Je ne me le rappelle pas. Mais comment savez-vous que je l'ai appris dans…

- J'ai vu les livres, chez vous.

- Ah ? C'est vrai, on ne peut pas les manquer. Il y en a un que vous me recommanderiez plus particulièrement ?

- Encore faudrait-il que j'en lise quelques-uns.

- Vous n'en avez lu aucun ? m'écriai-je, stupéfaite.

- J'en ai ouvert un ou deux après ma séparation avec Rebecca et lorsque j'ai eu Parker en garde pour la première fois. Comme chez vous, ils garnissaient ma table de nuit. J'ai lu deux chapitres du premier, trois du second, et j'ai eu l'impression de parcourir un livre d'horreur. Je n'ai pas dormi de la nuit, tellement j'étais perturbé, culpabilisé et convaincu que j'avais déjà tout raté.

- Vous plaisantez !

- Bon, c'est vrai, j'exagère un peu. Mais, sérieusement, mieux vaut ne pas ouvrir un de ces bouquins. Désormais, je vole sans filet, en écoutant mon instinct. J'en suis plus heureux, et Parker aussi.

- Comment pouvez-vous savoir qu'il est plus heureux ?

Tout en mordant dans ma part de pizza, je regardai Parker, dont les yeux brillaient de plaisir. Ce type de repas était un véritable poison, à en croire ma dernière bible en matière de diététique.

- Je le sais, Bones. Je le sens. Parker est heureux avec moi. Hein, Parker ?

- Oui, papa, j'chuis bien avec toi, répondit-il, la bouche pleine, et auchi avec maman. Che peux ravoir de la pizza, s'il te plaît ?

- La vérité sort de la bouche des enfants, Bones, dit Booth en souriant.

- Vous plaisantez encore...

- Oui. Je plaisante.

- Mais vous pensez que je suis trop rationnelle.

- Mais non ! dit-il en tendant la main pour effleurer affectueusement ma joue.

Ce fut une caresse brève, légère, et presque paternelle ; mais elle fit courir une onde chaude tout le long de mon bras et fit battre mon cœur un peu plus vite.

- Vous n'êtes pas trop rationnelle. Vous êtes dans une situation difficile, et c'est votre façon de réagir.

- Je ne suis pas dans une situation difficile, Booth. Cette situation, je l'ai voulu. Cette grossesse, je l'ai voulu. Je me sens bien dans mon corps et dans ma tête.

- Vraiment ?

- Vraiment.

- Vous savez, moi, je me débrouille comme je peux, je ne prétends pas avoir toutes les réponses. Sincèrement, je crois que vous devriez être plus relax !

- Relax ? répétai-je, avant de sourire. Il existe probablement un livre là-dessus, non ?

- Sans doute, acquiesça-t-il en riant. Sinon, je pourrais peut-être l'écrire. Riez, détendez-vous, savourez l'instinct présent, faites du mieux que vous pouvez, aimez-le… Surtout, aimez-le, répéta-t-il doucement.

Une seconde, je crus voir briller une larme dans ses yeux.

- Je l'aime, dis-je en posant une main sur mon ventre. Ça, je m'y emploie déjà.

- Papa, je peux sortir de table ! s'exclama soudain Parker en s'essuyant la bouche avec sa serviette en papier.

- Oui, vas-y, bonhomme !

- Je peux regarder la télé ?

- Humm... Je préfèrerai que tu ailles dans ta chambre, champion. Le Docteur Bones et moi avons à parler en privé.

- Vous allez parler du bébé ?

- Parker, je t'accompagne à ta chambre et...

- Oh, papa, dis-moi, de quoi vous allez parler, hein ?

Booth tourna son regard noisette vers moi.

- Je vous laisse un peu, je reviens. Ensuite, nous pourrons discuter.

- D'accord. Je vais débarrasser.

Il tenta de m'en dissuader, bien sûr. Et bien sûr, je n'en tenais pas compte.

Je regardai le père et le fils qui s'éloignaient tout en chahutant. Je souris.

Était-ce un avant-goût de ce qui m'attendait ? me demandai-je tout en nettoyant la table du repas. Ou est-ce que je prendrai une nourrice qui s'occuperait de tout ?

En fait, j'hésitai. Certes, je ne voulais pas renoncer à ma carrière d'anthropologue judiciaire, d'autant que je souhaitais continuer à travailler au Jefferson avec mon équipe et avec Booth. Mais je me refusai aussi de ne voir mon enfant que le soir, juste le temps de lui souhaiter une bonne nuit.

Je me demandai encore si je parviendrai à concilier ces exigences contradictoires, lorsque Booth revint dans le salon.

- Parker est dans sa chambre, annonça-t-il. Mais sachant que vous êtes là, j'ai peur de le voir réapparaître très bientôt. Il vous aime beaucoup, vous savez. Bon, un café, Bones ? dit-il en frappant dans ses mains.

- Avec plaisir.

Je m'installai dans le canapé et l'observai tandis qu'il préparait le café. Il avait vraiment de l'allure. Même en manches de chemise, occupé à vaquer à des activités domestiques, il gardait cette allure dégingandée et sexy qui semblait innée chez lui et qui lui allait si bien. J'étais vraiment fière et heureuse de l'avoir pour partenaire.

Alors qu'il s'apprêtait à apporter le plateau de café, nous vîmes Parker faire irruption dans le salon, les cheveux ébouriffés, un sourire radieux sur le visage.

- Qu'est-ce que je vous avais dit ! s'écria Booth en riant.

- Alors, vous avez discuté ? demanda le gamin en nous regardant à tour de rôle. Mon papa va être le papa du bébé ?

- Dis donc, champion, tu t'attends à ce que je sois transporté de joie de te voir ici ? dit Booth sur un ton qu'il voulait ferme.

- Vous l'êtes, Booth, constatai-je en me mettant à rire à mon tour. N'essayez pas de le nier, je le vois. Vous êtes toujours heureux d'avoir votre fils avec vous, le plus souvent possible !

Toujours riant, Booth me regarda.

- Allez-y, fusillez-moi ! C'est pour ça que je n'ai jamais pu prendre ces livres au sérieux.

- Vous pouvez m'expliquer ?

- Non seulement les enfants ne réagissent jamais comme ils le devraient, mais moi non plus. Je devrais être censé le gronder, là. Mais regardez comme il est heureux ! Il pense qu'il a accompli une chose formidable.

Il serra son fils contre lui, tout en lui frottant le crâne.

- Vous suivriez les conseils du livre, à cet instant ? demanda-t-il.

- Non, avouai-je en riant de nouveau. Vous avez raison, j'en serais incapable.

- Parker, tu peux nous laisser maintenant ?

- D'accord, répondit le gamin en soufflant. Tu peux m'accompagner, papa, je voudrais te dire quelque chose ?

- Je peux vous laisser, proposai-je, tout en redoutant, bizarrement, qu'il ne me prît au mot.

- Non, Bones, je vais voir ce qu'il veut, je le couche et je reviens. Attendez-moi tranquillement.

En les regardant s'éloigner une nouvelle fois, je sentis mon cœur se contracter, sans que je puisse définir l'émotion que j'éprouvai.

J'attendais quelque chose de Booth, sans même savoir quoi, compris-je enfin. De la sagesse ? Un soutien, qui sait ? Pourtant, je ne devais pas y songer et m'assumer seule, sans l'aide de quiconque. Et surtout pas de Booth.

Malgré ce que voulait mon père. Malgré ce que voulait Booth.

Je repensai à ce qu'avait dit Parker un peu plus tôt, dans la voiture. Booth voulait être le père de cet enfant, ça, je le savais déjà. Mais moi ? A deux mois de la naissance du bébé, qu'est-ce que je voulais ?

Booth revint et s'installa à côté de moi sur le canapé. La question que je lui posai, alors, n'aurait pas pu être pire.

- Pourquoi tenez-vous tellement à être le père de cet enfant ?

J'eus l'impression de le voir tressaillir.

Il prit une profonde inspiration, avant de murmurer :

- Bon sang, pourquoi a-t-il fallu que je dise ça à Parker ?

Il se passa une main nerveuse dans les cheveux.

- Je... je suis désolé que Parker vous ai dit ça. Ça n'aurait jamais dû arriver, dit-il. Notre relation est fondée sur... l'amitié et la confiance. Notre partenariat est tout ce qu'il y a de plus fort. Si notre relation n'avait pas été aussi forte, je ne vous aurai rien demandé… Mais là...

Une fois de plus, il secoua la tête. Nos yeux se rencontrèrent, et se soutinrent longuement.

- Pour être franc avec vous, oui, j'adorerai être le père de cet enfant. Et vous le savez déjà, Bones. J'adorerai le voir naître. J'adorerai lui donner le biberon. J'adorerai lui faire prendre son bain. J'adorerai lui chanter une berceuse pour qu'il s'endorme paisiblement. J'adorerai voir son premier sourire, ses premiers pas...

- Booth... Je vous ai dit... Je ne veux pas que vous vous engagiez là-dedans, je ne veux pas que vous vous sentiez obligé de quoi que ce soit vis à vis de moi et du bébé. Cette grossesse, c'est mon choix, ce n'est pas le votre. Je ne veux rien vous imposer.

- Je sais, Bones, je sais... Mais... je voulais que vous sachiez vraiment ce que je ressens vis à vis de ce bébé...

Alors que je le fixai tandis qu'il parlait, je vis ses yeux devenir rouges et embués.

A cet instant, je me pris à me détester pour ce que je lui faisais endurer. Mais ma décision était prise et rien ne me ferait changer d'avis.

- Il faut que je rentre, maintenant, dis-je soudain. Je vais appeler un taxi.

Je me levai du canapé et il fit de même.

- Bones, je vous promets, après ce soir, que nous ne parlerons plus jamais de ce que je vous ai dit. La balle est dans votre camp, maintenant. Réfléchissez-y.

- Ne me dites pas ça, Booth. Surtout pas, dis-je en secouant la tête. Je ne veux pas que notre partenariat soit menacé. J'ai besoin de vous. J'ai besoin de votre amitié.

Une nouvelle fois, je le vis se raidir.

- Désolé de ne pouvoir vous raccompagner, Bones, mais Parker a besoin de moi et c'est ce qu'il y a de plus émouvant au monde, non ? murmura-t-il. Ça compense toute le reste...

La gorge serrée, je me contentai de hocher la tête, avant de prendre congé.


A suivre...