Bonjour bonjour tout le monde ! Heureuses de vous retrouver toujours si fidèles à notre fic ! Merci infiniment pour toutes vos reviews si motivantes.
BB-Krevette : merci pour ta dédicace sur ta fic « Sacrifices », ça fait plaisir !
Voici le chapitre 8 ! « Bones » lecture et à bientôt !
Chapitre 8
- Plutôt haut de gamme, votre club, fit remarquer Booth en observant le hall d'entrée entièrement vitré, qu'ornaient de magnifiques plantes exotiques en pots.
- Il offrait les cours de gymnastique que je recherchais quand je me suis inscrite, lui expliquai-je. Depuis, j'ai découvert qu'il proposait aussi des activités pour les futures mamans.
- Et au point de vue sécurité ? demanda-t-il en retournant autour de lui, les sourcils froncés, à l'affût du moindre problème extérieur.
Un vrai chevalier, un grand protecteur. Trop à mon goût. Je poussai un soupir d'agacement.
- C'est sérieux, Booth. Il faut montrer sa carte de membre à l'hôtesse d'accueil, dans le hall.
- Très bien. Alors, on y va…
Je l'observai tandis qu'il gravissait rapidement devant moi les marches d'un pas souple. Il portait la tenue décontractée qu'il adoptait quand il n'avait pas son costume d'agent spécial du FBI. Une tenue qui soulignait la solidité et la largeur de sa silhouette.
Contrairement à ce que je redoutais, après notre conversation de la soirée de samedi où je lui avais fait part de mes intentions quant à lui et au bébé, ou peut-être grâce à elle, l'atmosphère entre nous s'était allégée. Je pensais qu'il avait enfin réellement tout compris suite à mes paroles et qu'il s'était enfin fait une raison.
Aussi je me sentais plus dynamique et plus joyeuse, ce jour-là, qu'au cours des mois précédents. Je me sentais comme libérée d'un poids, enfin tranquille d'esprit.
Vraiment tranquille d'esprit ? songeai-je.
En fait, je devais me l'avouer, mais il me manquait quelque chose depuis ce soir-là. Mais quoi ?
Non, en fait, il ne devait rien me manquer. Je devais me faire des idées.
Dès son arrivée, ce lundi matin même au Jefferson, avec une nouvelle affaire de squelette découvert dans une vieille baraque abandonnée, Booth n'avait pas perdu de temps en bavardages, et moi, qui prisais l'efficacité plus que tout, j'avais apprécié. L'échange de questions et de réponses entre lui et moi, aussi rapide qu'un match de ping-pong, m'avait rassuré et donné l'impression de maîtriser la situation.
Mais c'est bien plus tard, bien après tout ça, que je me rendis compte que je m'étais trompée.
En début de soirée, fidèle à la mission confiée par mon père, il avait décidé de m'accompagner à mon club de gymnastique.
Et maintenant, il était là, en train de discuter avec la réceptionniste, laquelle était tout sourire avec lui tandis que je m'approchai d'un distributeur de boissons dans lequel je décidai de prendre une bouteille d'eau minérale.
- On m'a donné une carte d'invité pour essayer un cours, dit-il en se rapprochant de moi, souriant. J'ai de la chance, non ? Vanessa était ravie que j'envisage de devenir membre du club.
- Vanessa, hein ?
- Oui, elle m'a donné son prénom et de ne pas hésiter de lui demander tout ce dont j'avais besoin, si nécessaire. J'ai dû montrer mon insigne. Mais, en gros, il suffit de se montrer poli, d'être vêtu correctement, et même si je suis un super agent spécial du FBI, elle ne voit en moi qu'un client potentiel…
- Ne me demandez pas d'arrêter mes cours, s'il vous plaît, dis-je soudain en me tournant vers lui brusquement. Ils me font du bien, et je me suis fait deux amies qui accoucheront elles aussi en janvier. Nous prévoyons de…
- Bones, je ne vais pas vous demander d'arrêter, dit-il d'un air surpris. Et puis d'abord, pourquoi le ferais-je ?
- Pour faire plaisir à mon père qui craint pour la santé du bébé.
- Et la vôtre, Bones, il craint pour la vôtre aussi.
- Ouais... En tout cas, merci !
- Entrons. Je ne voudrais pas vous ramener trop tard chez vous.
Il m'accompagna jusqu'à l'entrée des vestiaires et resta là, semblant attendre quelque chose.
- J'aimerai bien me changer, Booth, mais si vous restez là, les bras ballants attendant je ne sais quoi, vous risquez de me voir toute nue d'ici très peu de temps. Allez m'attendre à la cafeteria, ils font de très bons cafés. J'en ai pour une heure. Je vous y rejoins dès que j'ai fini le cours.
A l'expression « toute nue », Booth se sentit tout retourné. Déjà, en voyant tout à l'heure le cours d'aérobic se dérouler derrière le comptoir d'accueil, il n'avait pu s'empêcher de fantasmer aussitôt sur le corps arrondi de Bones moulé dans un de ces justaucorps colorés. « Toute nue » était juste l'étape suivante, et son imagination n'éprouvait aucune difficulté à la franchir.
Puis, tout en buvant son café, assis confortablement à une table, son regard se portant sur la rue animée, il se rappela leur conversation de samedi soir et la douleur qu'il avait ressenti lorsqu'elle lui avait bien fait comprendre qu'elle ne voulait absolument pas de lui comme père de son enfant. Il se souvenait parfaitement des paroles qu'elles avaient prononcées, la façon qu'elle avait eu de lui dire. Sèche et déterminée à la fois. Comme à son habitude. Quand elle avait quelque chose dans la tête, rien ne pouvait la faire changer d'avis. Malgré les paroles qu'il lui avaient dites. Son désir de s'occuper de l'enfant. Un enfant qui était une partie de lui.
Alors il s'était dit qu'il n'avait plus aucune chance avec elle et s'était fait une raison. Une raison douloureuse, mais il n'avait pas le choix. Il ne fallait plus qu'il insiste auprès d'elle, au risque de perdre son amitié. Une amitié qui lui était trop précieuse pour la perdre.
Alors il avait ravalé sa tristesse, sa désillusion et sa rancœur pour être le plus agréable possible avec elle. Mais il reconnaissait que c'était un combat difficile.
Puis il se dit, pour se remonter le moral, qu'avec le temps, les choses pourraient changer en sa faveur et qu'elle allait se rendre enfin compte qu'elle avait besoin de lui. Pour élever leur enfant.
Il se sentit soudain plus serein, le cœur plus léger, en pensant à un avenir qui n'était peut-être pas si mauvais que ça.
Également, à mesure qu'il l'accompagnait dans ses occupations quotidiennes de future maman, il se rendait compte qu'il prenait de plus en plus de plaisir à être près d'elle, en tant qu'ami prêt à l'aider si nécessaire, que en tant que partenaire professionnel, qui était déjà une situation très sensible.
Mais allait-il parvenir à assurer correctement ce nouveau job, compte tenu du fait que Bones y était réticente ?
Devant ma porte, je me retournai vers Booth. Un peu trop vite certainement car je ressentis comme un vertige.
Alors qu'il s'empressait de la soutenir, Booth sentit aussitôt cette accélération familière de son pouls, provoquée par le moindre contact avec sa partenaire. Comme hypnotisé, il ne pouvait détacher ses yeux du visage de Brennan.
Moi, de mon côté, j'étais nettement troublée par le contact de ses mains sur mes épaules.
- Ça va, Booth, dis-je en passant une main légèrement tremblante sur mon front.
- Où sont vos clés ? Je vais ouvrir la porte.
Elle avait pâli, et ses pupilles un peu dilatées exprimaient la fatigue qui la gagnait.
- Je crois que vous avez surestimé votre capacité à en faire trop.
- Je vais bien, Booth, je vous assure !
- Vous voyez ? Vous vous surestimez encore ! Bones, vous êtes enceinte de 7 mois, ne l'oubliez pas !
Je levai le menton, avançai d'un pas et soutins le regard qui me sondait.
- Non, répondis-je. Je ne l'oublie pas !
Fût-ce l'appel inconscient de ces yeux agrandis de fatigue ou la frustration générée par leur trop bref contact quelques minutes plus tôt… ? Booth fut incapable de résister au désir de la prendre dans ses bras et de la serrer contre lui, tout en fermant les yeux, heureux de ce doux contact.
Et soudain, à sa grande surprise, elle posa ses lèvres sur les siennes. Elle l'enlaça par le cou pour l'attirer plus près d'elle, et s'empara de sa bouche avec une exigence qu'il fut heureux de satisfaire. Il la sentit frémir tout contre lui.
- Je veux vous protéger, Bones, chuchota-t-il, chaviré par le soupir de plaisir qu'elle laissait échapper. Je veux m'occuper de vous.
- Non. Embrassez-moi, c'est tout…
Il obéit sans se faire prier.
Soudain, il la sentit se figer et reculer loin de lui. Secouant la tête, elle laissa retomber ses mains, qu'elle posa sur son ventre en un geste protecteur. Puis ses mains retombèrent, inertes, le long de son corps.
Elle avait raison, malheureusement, songea Booth, soudain dégrisé.
- Désolée, mais je n'aurais jamais dû vous embrasser. Je ne sais pas ce qui m'a pris. Nous n'avons pas besoin de ce genre de complication, finit-elle par dire. Nos corps pensent différemment, mais ils ont tort.
- Pourquoi ont-ils tort ? demanda-t-il.
- Parce que nous ne ressentons rien l'un envers l'autre. C'est mon état actuel, mes hormones, qui m'ont fait agir de la sorte. C'était un accident, c'est tout. N'allez pas vous imaginer que je veux une relation avec vous, ni pour moi ni pour mon bébé.
- Bones…
Mais je continuai de secouer la tête, continuai à mentir, refusant de succomber à ce désir physique indéniable qui nous jetait dans les bras l'un de l'autre - un désir si trompeur avec ses promesses de plaisir et d'oubli qu'il ne pourrait rien en sortir de bon.
- Si vous avez l'intention d'argumenter, repris-je, répondez d'abord à une question.
- Laquelle ?
- Quel crédit accordez-vous à ma réaction, et à la vôtre ?
- Aucun, répondit-il. Je n'avais pas l'intention d'argumenter, d'ailleurs, parce que vous avez raison. Je ne suis pas sûr de trouver en moi la certitude que demande une vraie relation. Et je ne sais pas si j'aurai le courage de chercher à donner tout ce que je n'ai pu offrir lors de ma relation avec Rebecca.
- Je comprends…, dis-je. Quand on a essayé avec quelqu'un et que ça n'a pas fonctionné, on est gagné par la lassitude.
- Quelquefois, ce serait plus facile si nous pouvions agir comme certains animaux, non ? Si, après avoir partagé beaucoup de choses cette nuit-là, nous pouvions nous séparer sans un regard en arrière. Au lieu de cela, nous cherchons à tout prix à lui trouver une signification. Mais vous avez raison, c'est impossible. Et nous ne le supportons pas, ce qui rend la situation d'autant plus pénible que nous travaillons ensemble et que nous devons passer du temps ensemble. Je suis désolé. Je n'aurais pas dû vous embrasser, tout à l'heure.
- Oui, repris-je, accablée par le détachement qu'il montrait soudain. Vous n'auriez pas dû et moi je n'aurais pas dû vous embraser.
- Je vous rappelle que c'est vous qui me l'avez demandé. Maintenant, je comprends mieux pourquoi. Je m'abstiendrai, à l'avenir.
- Ça vaudrait mieux !
Et ce disant, je me détournai pour lui dérober mon regard et lui signifier que l'incident était clos.
Gêné, Booth reprit un ton professionnel.
- Vous étiez très pâle, tout à l'heure. J'ai bien peur que cette grossesse ne finisse par vous miner, dit-il. Il est 18 heures, et j'ai une réunion ce soir. On pourrait peut-être commander quelque chose pour dîner, et décider du niveau d'aide dont vous avez besoin. Qu'en pensez-vous ?
Je hochai la tête en silence, trop épuisée pour protester.
A suivre...
