Coucou à tout le monde ! Toujours un très grand merci pour vos reviews ! Pardon pour ce délai assez long que nous avons eu pour mettre en ligne ce nouveau chapitre, mais Saurimonda n'était pas disponible.

Donc, voici le chapitre 9 ! Bonne lecture et à bientôt !


Chapitre 9

Finalement, j'avais préféré m'occuper du dîner, plutôt que de commander un repas à l'extérieur. Je préparai une salade tandis que Booth surveillait la cuisson des steaks.

- Mon père se fait tant de souci pour moi que nous allons devenir fous tous les deux. Vous savez, Booth, je n'aime pas me faire materner, ce n'est pas du tout mon genre. Avec Angela, je me sens comme... infantilisée, avec sa façon de me traiter comme si j'étais malade. Elle aimerait que je passe toutes mes soirées chez elle, sinon les nuits.

- Hodgins ne serait peut-être pas d'accord, dit-il en riant légèrement. Je reconnais qu'elle en fait beaucoup.

- Elle essaie de bien faire, je le sais. Notre amitié a eu des hauts et des bas, mais nous nous connaissons depuis longtemps.

- Continuez de vous battre. C'est très bien.

Je hochai la tête, avant de m'employer à dresser la table. Je posai des sets en lin brodés sur la table, plaçai avec soin les serviettes assorties sur de grandes assiettes en porcelaine, et disposai enfin verres en cristal et couverts en argent. Je ne m'aperçus du regard de Booth posé sur moi que lorsque j'eus terminé.

- Quoi ?

- Vous avez vraiment dû trouver mon appartement horriblement négligé, l'autre jour, fit-il remarquer.

- Ça ne me demande qu'un petit effort, et le résultat en vaut la peine, me défendis-je, avant de pincer les lèvres. Si vous voulez savoir la vérité, j'aime recevoir, ce qui m'arrive rarement et c'est pour ça que j'aime bien faire une jolie table quand j'ai des invités.

- Si vous voulez la vérité, répondit-il d'une voix douce, je m'en étais rendu compte.

- Ah…

Nos regards se croisèrent. Booth esquissa un sourire, et, malgré moi, je le lui rendis.

C'est si agréable, d'une certaine façon, qu'un homme me comprenne, pensai-je.

- Mais ce n'était pas une critique, assura Booth. Continuez ainsi, si ça vous plaît. Et vous avez raison : garder cette maniaquerie que vous avez, cette conscience professionnelle. J'aime beaucoup ça. Pour ma part, je suis flatté.

- Quelquefois, je crois pourtant que ça me tue. Quand je parviens à me laisser aller, c'est tellement plus agréable. Sincèrement, Booth, j'aime beaucoup votre appartement. Surtout, justement, son côté décontracté…

- Et si vous me déléguiez une partie de ce contrôle superflu, afin de garder votre énergie pour… la naissance du bébé, par exemple ?

La sonnerie du micro-ondes tinta, et une odeur délicieuse d'haricots verts s'échappa. Je sentis l'eau me venir à la bouche. Tenaillée par la faim, je rendis les armes et hochai la tête.

- D'accord, vous avez gagné. Je vous délègue le problème de m'apporter votre aide. Vous la traiterez comme vous le jugerez nécessaire.

- Vous avez pris la bonne décision. J'en suis heureux.


Mon expertise sur un squelette s'était terminée tard, et, en ce vendredi soir, dix jours avant Noël, Booth devait me ramener chez moi, ma voiture étant bloquée chez le garagiste pour un problème de démarrage.

J'étais en train d'enfiler mon manteau quand il entra dans mon bureau. Il se tenait là, dans un de ses costumes sombres et un chaud manteau en lainage qui ne parvenait pas à dissimuler la largeur de sa carrure. Je le vis jeter un coup d'œil à sa montre et compris ce qui le tourmentait.

- Désolée, Booth, mais l'expertise s'est éternisée, dis-je sur un ton d'excuse. Mais pourquoi êtes-vous encore là ?

- Parce que j'ai promis de vous ramener chez vous, voilà pourquoi je suis encore là, à faire le pied de grue. Bones, une promesse est une promesse, chez les Booth.

- Alors, dites-moi… Où devriez-vous être, à cette heure-ci ? lui demandai-je, tout en devinant que le problème concernait son fils.

- J'ai promis à Parker de l'emmener voir les illuminations de Noël, dit-il en enfonçant ses mains dans les poches de son manteau. Je sais parfaitement qu'il s'en souviendra. A sept ans, il a déjà de la suite dans les idées.

- Ne me dites pas qu'il croît encore au Père Noël ?

Il se passa une main dans les cheveux, avant de m'expliquer :

- Non, bien sûr que non. Je lui ai expliqué que c'était une légende, il a très bien compris. Il m'a même dit qu'il s'en doutait un peu. L'avantage, maintenant, c'est que je peux lui acheter ses cadeaux de Noël dans qu'il commence à me poser des questions sur le père Noël et la distribution des cadeaux.

- Il n'a pas été trop déçu quand même ?

- Non, Parker est un enfant extrêmement intelligent pour son âge. Et je dis pas ça parce que c'est mon fils.

Je lui souris tout en enfilant mes gants.

- Vous en êtes sûr ?

- Mais j'ai envie de lui faire ce plaisir ce soir. D'autant que la maîtresse d'école leur aura sans doute parlé des illuminations toute la journée. C'est le problème, quand on vit tout seul…

- Je suis désolée. Vous auriez dû y aller, tout simplement.

Booth ne répondit pas. Je ne m'attendais d'ailleurs pas à ce qu'il le fît. Je le connaissais de mieux en mieux, au niveau de sa vie privée, depuis trois semaines qu'il m'assurait une garde rapprochée. Il aurait fallu une urgence autre que des illuminations de Noël pour qu'il abandonnât son poste.

- Et si nous allions le chercher tout de suite ? lui proposai-je. Ensuite, vous me déposerez à mon appartement, et ainsi, il vous restera toute la soirée avec Parker, pour voir vos illuminations.

Booth me considéra un instant, le front soucieux.

- S'il vous plaît, ne discutez pas, dis-je, d'un ton qui, sans doute, acheva de le convaincre.

- O.K., faisons comme ça.

Tout en parlant, il se dirigeait à grands pas vers l'ascenseur. Et je dus courir pour le rattraper, lourde et endolorie de la tête aux pieds.


La nuit était claire et froide, mais le chauffage, dans la Crow Vic, maintenait une température confortable. A l'arrière, Parker finissait de croquer les sablés de Noël que son père lui avait donné, et une bonne odeur de biscuits flottait dans l'habitacle.

Booth remonta lentement les rues, signalant les plus belles décorations avec des « Oh ! » enthousiastes.

- Regarde cette maison, Parker ! Tu as vu le traîneau ? Et les lutins ?

Je n'osai pas vraiment me joindre à leurs exclamations.

J'étais là comme qui dirait par... accident, et n'appartenais pas à la famille, me dis-je.

Au bout d'un moment, toutefois, Booth se tourna vers moi pour me dire d'un ton affectueux :

- Merci pour tout, Bones. C'est encore mieux que prévu, avec vous à mes côtés.

- Je… je vous en prie, Booth, murmurai-je d'une voix soudain étranglée.

Moi aussi, je me sentais heureuse près de lui. Mais le moindre mot ou geste gentil me mettait les larmes aux yeux. Ma grossesse me rendait émotive, ces derniers temps, et je fus heureuse de la relative obscurité qui régnait dans la voiture.

- Regarde, Parker ! dit Booth en reportant son regard sur la route. Tu as vu ce beau sapin ?

De nouveau, il guettait les plus beaux ornements afin de les signaler à son fils, avec une constance identique à celle qu'il déployait dans son travail.

En fait, j'appréciai son aide chaque jour davantage.

S'il était un homme sur lequel j'aurai pu m'appuyer, pensai-je en l'observant avec une intensité douloureuse, Booth eût été celui-là. C'était tentant… tellement tentant…

Mais mon esprit finit par se rebeller, et je me rappelai que je devais assumer seule ma situation !

- Comment sont les Noëls, chez vous ? demandai-je, afin de m'obliger à détourner le cours de mes pensées.

- Somptueux ! répondit-il avec un large sourire. Ma mère aime bien sortir le grand jeu, assorti de petits extras comme ce que nous faisons ce soir.

- Il y a longtemps que je n'étais pas allée voir les illuminations. C'est très beau.

- Oui. Moi aussi, j'avais laissé tomber. Mais, depuis la naissance de Parker, je me rends compte que c'est le genre de chose qui tisse des liens. Le point de vue change quand on a un enfant…

- Je le suppose.

- Et vous ?

- Il changera sans doute, puisque tout le monde le dit. J'essaie d'être prête, afin de minimiser le choc. Mais à vrai dire, ça m'effraye.

- Non, vous vous en tirerez très bien. Et, en fait, je faisais allusion à vos Noëls anciens. Avant que vos parents ne disparaissent...

- Oh… Eh bien, ils sont très… calmes, maintenant. Ma mère était comme la vôtre, cependant. Elle adorait soigner tous les détails.

- Elle vous manque ?

- Je… Oui, elle me manque, avouai-je, après avoir inspiré profondément.

Je vis que Booth jetait à sa montre un de ces coups d'œil aigus et rapides que je connaissais bien maintenant. Il paraissait ne jamais perdre la notion du temps, et ne consulter sa montre que pour confirmation.

- Vous devriez me ramener maintenant, lui dis-je.

- Que diriez-vous de venir prendre un chocolat chaud à la maison ?

- Je ne veux pas vous déranger.

- Non, vous ne nous dérangez pas et je crois que Parker serait content.

Il fit une petite pause puis reprit :

- Et moi aussi, ajouta-t-il avec un petit sourire.

- C'est gentil, Booth, mais je me sens très fatiguée, ce soir. C'aurait été avec plaisir, mais là, voyez-vous, je ne rêve que de mon lit et d'une bonne nuit de sommeil. Une autre fois, peut-être…

- Comme vous voulez, répondit-il, son sourire s'effaçant aussitôt. Je crois que je vais faire comme vous.


Un quart d'heure plus tard, Booth se garait devant mon immeuble. Il contourna aussitôt la voiture pour venir ouvrir ma portière, tandis que je luttai pour me redresser. Il agissait toujours ainsi, sans ostentation. Il se trouvait simplement présent, et il me tendait la main pour me tirer hors de la voiture.

Plus je prenais du poids, plus j'appréciais qu'il m'aide.

Saisie par le froid de la nuit, je résistai à l'envie de me blottir contre lui.

- Inutile de m'accompagner, lui dis-je. Il n'y a que deux marches avant l'entrée.

- Je regarderai d'ici. J'aurais tant aimé que nous prenions ce chocolat chaud…

- Moi aussi.

Les battements du cœur de Booth s'accélérèrent. Un baiser était suspendu entre eux, aussi fragile, aussi beau qu'un flocon de neige, et prêt, comme lui, à fondre dans l'instant.

Mais, alors qu'il se penchait vers elle, Booth se heurta au ventre rond, tendu sous le manteau de lainage noir, et cette barrière, tant psychologique que physique, rompit le charme.

- Nous nous reverrons lundi, Bones. Merci de vous être montrée si compréhensive, pour les illuminations.

- C'est moi qui dois vous remercier pour m'avoir offert cette si jolie récréation.

Et, comme de nouveau, les larmes me montaient aux yeux, je m'empressai de passer devant lui pour entrer dans mon immeuble.


A suivre...