Coucou, nous revoilou !:) Un grand merci à mes fidèles lectrices, toujours présentes et prenant toujours un peu de leur temps pour nous laisser une gentille review. Pour les autres, n'hésitez pas à nous laisser un petit mot, ça fait toujours plaisir.
Voici le chapitre 10. Bonne lecture et à bientôt.
Chapitre 10
- Vous savez… Je crois que finalement, je commence à apprécier votre aide, annonçai-je à Booth, une semaine plus tard. Pourtant, je n'y croyais pas !
- Comme quoi, la femme est perfectible, répondit-il, les yeux plissés par un sourire.
- Encore que… j'ai vraiment l'impression de vous faire perdre votre temps.
- En aucun cas, Bones. Je suis toujours heureux de pouvoir vous rendre service.
- Admettons. Mais vous avez tellement à faire…
Il avait d'autres affaires à traiter, et je ne pouvais, en toute honnêteté, exiger davantage de lui. Car il était auprès de moi plus souvent qu'à son tour, au détriment, sans doute, de ses fonctions d'agent du FBI.
- Ne vous occupez pas de ça… Même avec mon boulot et avec Parker à la maison, je suis tout à vous.
Je frissonnai à ses paroles.
Je suis tout à vous…
Je tendis une main vers la fenêtre, par laquelle on apercevait la rue couverte de neige, dans la lumière blafarde de cette veille de Noël. Les épaules rentrées, les passants marchaient rapidement, certainement pressés de rentrer dans leur intérieur douillet et chauffé.
J'avais proposé à Booth de se faire relayer par Angela qui ne demandait pas mieux que de m'aider, je la soupçonnai d'ailleurs d'être un peu jalouse.
Mais en fait, le seul garde du corps, (je l'avais surnommé ainsi pour le faire râler un peu), dont j'appréciais de plus en plus la compagnie, était Booth lui-même, songeai-je.
Et cela pour les pires raisons, comme ce sourire qu'il venait de me faire.
Au cours des dernières semaines, tout s'était bien passé. Ma grossesse poursuivait son cours normalement, sans incident notable.
Il s'agissait de la seconde fois que je me rendais dans la paroisse de Booth, et je me souviens qu'il en était resté bouche bée lorsque je lui en avais parlé. Au début, il avait cru que je moquais de lui, mais j'étais on ne peut plus sérieuse. Avec le miracle qui avait suivi ma FIV, je me devais remercier le ciel pour ce grand bonheur.
Par ailleurs, la question de la sécurité passait pour moi au second plan, car je trouvais dans ce lieu une atmosphère accueillante et chaleureuse où, étrangement, je me sentais bien et détendue.
Ce matin, je m'étais proposée pour m'occuper de la garderie. Booth avait amené Parker. De nombreuses décorations illuminaient la grande salle, dans un coin de laquelle se dressait une crèche. Après la messe, une petite fête était prévue, avec chants traditionnels et la visite du Père Noël pour les tous petits.
S'accroupissant près de son fils, Booth le prit dans ses bras.
- Je voudrais que tu sois sage, dit-il. Je reviens bientôt, d'accord ?
- Je peux venir avec toi ?
- Pas aujourd'hui. Le Dr Bones va jouer avec toi.
- Elle va lire une histoire ?
- Oui, elle a apporté des livres pour toi, répondit Booth en se dégageant de la paire de bras qui l'agrippaient.
Après m'avoir remercié d'un sourire, il quitta la garderie. Je me tournai vers le groupe d'enfants qui me fixaient en attendant que je me décide à m'occuper d'eux. Ils étaient vraiment petits. Seul Parker était le plus grand.
- Asseyons-nous en rond, suggérai-je en m'installant tant bien que mal sur un gros coussin.
Parker s'empressa, imité par une petite Emily, âgée de trois ans, puis de deux autres petits garçons, Jeremy et David. S'ensuivit alors une dispute sur le choix du livre. Parker, Jeremy et David ne prétendaient écouter que des histoires de camions, ce qui ne plaisait pas du tout à Emily qui, elle, voulait des histoires de Père Noël.
Finalement, j'eus l'idée de mixer les deux ingrédients pour le plus grand bonheur des quatre enfants qui m'écoutèrent, ravis.
Ensuite, tandis qu'Emily allait jouer avec une petite copine de son âge, Parker et David entreprirent de les chahuter. Au bout d'un moment, essoufflée mais riant, je finis par les réconcilier et les attirer contre moi pour les embrasser.
Ce fut à cet instant précis que Booth choisit pour réapparaître. Comme prise en flagrant délit, je me mis à rougir.
- Comme vous voyez, il n'y a ni blessés ni morts ! annonçai-je en riant.
- Il ne fallait pas le laisser vous embêter…
- Oh, pas du tout, protestai-je. Je me suis bien amusée. Ça… Ça me fait du bien, j'en suis sûre.
Pourquoi diable me regardait-il ainsi ?
A peine me posai-je la question qu'il me décocha un sourire entendu, et, s'écartant légèrement, laissa entrer d'autres parents.
- C'est l'heure de la fête ! annonça une maman.
- La fête ! La fête ! entonnèrent en chœur les enfants.
Je demeurai immobile, indécise.
N'était-il pas un peu triste que la fête des enfants de la paroisse constituât ma seule opportunité de passer un moment joyeux, riche de cris et de rires des gamins ? pensai-je.
Mais je n'étais pas encore maman, et n'avais donc pas ma place ici.
- Je devrais sans doute m'en aller dis-je un peu à contrecœur, sans m'adresser à personne en particulier.
Mais Booth, qui la rejoignait pour discuter de leurs projets pour les jours suivants, l'entendit et perçut aussitôt la nuance de regret qu'elle avait laissé échapper.
- Vous n'en avez pas envie ? demanda-t-il.
Il y avait de la tristesse dans le regard qu'elle leva vers lui, et il dut lutter pour ne pas lui demander ce qui n'allait pas chez elle. S'occuper de Bones à titre personnel était une chose, s'inquiéter de ce qu'elle ressentait une autre, qu'il redoutait et à laquelle il refusait de succomber.
De nouveau, je me sentis troublée.
- Oh… Je me disais que ce genre d'expérience m'aiderait peut-être, plus tard…
- Personnellement, je crois qu'avec les enfants, on apprend plutôt sur le tas. Cela dit, vous pouvez rester. Vous êtes la bienvenue, Bones.
- Je pourrais peut-être...
Je regardai autour de moi. Il y avait beaucoup d'animation, les enfant qui couraient, qui jouaient, des parents qui s'occupaient.
- ... aider à quelque chose ?
- Sûrement !
Je hochai la tête, avant de me diriger vers Dorothy Miller, la responsable des animations. Elle m'indiqua la cuisine, dans laquelle les gens déposaient des plats qu'ils avaient préparés.
Booth suivit Bones des yeux.
Il ne put s'empêcher de la contempler, tant il la trouvait belle. Ses cheveux châtains, aujourd'hui relevés en queue de cheval, dégageaient sa nuque gracieuse. Elle portait un ensemble de lainage souple, vert foncé, et le caleçon soulignait la forme toujours parfaite de ses jambes.
Le désir qu'il s'efforçait de réprimer depuis trois semaines lui enflamma de nouveau le ventre. Pourtant, de toutes ses forces, il essayait de ne voir en Bones qu'une partenaire et une amie dont il assurait l'aide, si elle en ressentait le besoin. A ce titre, il connaissait les noms de ses relations les plus habituelles, l'adresse de ses restaurants préférés, ainsi que celle des boutiques qu'elle fréquentait. En toute conscience, il aurait dû s'en tenir là.
Mais il connaissait d'elle bien plus que ça. Pire : plus il en apprenait, plus la personnalité complexe de sa partenaire attisait sa curiosité. Malgré ces cinq années de partenariat, il en découvrait d'elle tous les jours et il n'avait qu'une envie : en connaître encore plus. Beaucoup plus.
Elle se montrait courageuse et raisonnable face à sa grossesse, et anxieuse face à son futur rôle de maman ; elle menait sa vie professionnelle avec une maîtrise parfaite, tout en paraissant très vague en ce qui concernait son avenir personnel ; elle était capable de rire de ses taquineries, alors qu'il voyait des larmes briller dans ses yeux la seconde suivante.
Un plateau de petits gâteaux entre les mains, elle évoluait avec une certaine aisance au milieu des groupes, puis, soudain, il la vit rougir et bredouiller lorsque quelqu'un lui posa une question sur son bébé.
Comme si elle avait senti que Booth l'observait, elle leva les yeux vers lui, et puis, très vite, détourna la tête.
Mais le regard qu'elle venait de lui lancer le pétrifia. Un regard de femme qui sait ce qu'elle veut et qui chasse l'homme qu'elle mettra dans son lit et dans vie.
Qu'est-ce que Bones attendait donc de lui ? se demanda-t-il. Une femme ne regardait pas un homme de cette façon si elle avait obtenu ce qu'elle désirait, ou si elle ne désirait rien. Alors, de quoi s'agissait-il ? Bones semblait pourtant rejeter toute intimité entre eux avec autant d'acharnement que lui-même. Il assurait sa sécurité aussi bien que possible, en respectant les limites qu'elle-même avait fixées.
Dans ces conditions, que voulait-elle ? décida-t-il finalement.
Il ne savait plus que penser. Elle jouait peut-être avec lui. Elle s'amusait de lui, de ses sentiments paternels, de son puissant désir d'être le père de leur enfant ? Qu'avait-elle répondu à cette femme qui lui avait posé une question sur le bébé ? Et pourquoi avait-elle rougi avant de se tourner vers lui ?
Bon, ne plus penser à tout ça, il verrait plus tard avec elle. Mais il était sûr et certain qu'il ne laisserait pas l'attitude curieuse et limite insultante de sa partenaire se passer ainsi. Ils allaient avoir une véritable conversation. Mais pour l'instant, l'heure n'était pas ça.
Il serra les dents et s'approcha de son fils.
- Parker ?
Prenant l'enfant par la main, ils allèrent admirer la crèche, ainsi que le sapin de Noël.
Puis vint l'heure de manger. Booth laissa Parker choisir ce qui lui plaisait, et il ne tarda pas à être barbouillé de chocolat jusque dans les cheveux. Puis ce furent les chants, et, enfin, arriva le Père Noël.
Quand il parvint enfin à prendre le chemin de la salle de bains avec Parker, il ne s'attendait pas à surprendre de nouveau le regard de sa partenaire posé sur lui. Ce regard qui le mettait si mal à l'aise et en colère.
- Vous devriez peut-être y aller, lui conseilla-t-il, avec une froideur voulue, mais bien plus marquée qu'il ne l'eût souhaité.
La réaction ne se fit pas attendre : Bones eut un mouvement de recul et le fixa avec de grands yeux étonnés.
Certes, elle lui fit alors tellement de peine qu'il temporisa en lui souhaitant un joyeux Noël, mais il s'éloigna en sachant pertinemment qu'il passerait les fêtes avec l'impression d'être un parfait goujat. La traiter ainsi le rendait malade, mais il agissait pour le mieux, il en était certain. Il n'avait aucun engagement d'aucune sorte et il voulait le lui faire savoir pour éviter tout malentendu.
A suivre...
