Coucou tout le monde, aux anciennes et aux nouvelles lectrices et aussi lecteurs bien sûr ! Un grand merci pour toutes vos reviews qui nous ont fait super plaisir et qui ont salué en beauté notre retour en ligne !
Bon, assez bavardé, voici tout de suite le chapitre 12. Bonne lecture et à bientôt !
Chapitre 12
Une demi-heure plus tard, nous entrions dans l'appartement de Booth, puis dans le salon, où un grand feu brûlait dans la cheminée. Booth posa Parker devant, et le garçon tendit ses mains vers les flammes.
- Parker est un brave garçon, fis-je remarquer tout en enlevant ma parka.
- Oui, il est sympa, reconnut Booth d'un ton détaché.
Mais ensuite, il arbora un sourire si fier que je me moquai de lui.
- Comme s'il n'était pas la huitième merveille du monde à vos yeux, Seeley Booth !
- Bon, d'accord, il est très sympa.
Il aida Parker à retirer sa combinaison.
- Tu me fais un chocolat, papa ? s'enquit celui-ci en regardant son père.
- Dans deux minutes, bonhomme.
Une fois son chocolat avalé, Parker s'allongea sur le tapis avec sa console de jeu portable, puis finit par s'endormir.
- Il va dormir longtemps ? demandai-je.
- Je le laisse un peu comme ça, c'est Noël, puis j'irai le coucher. Je… je voudrais parler avec vous.
- De quoi ?
- Je voudrais parler de ce que je vous ai dit hier, quand je vous ai demandé de partir. C'était… très grossier de ma part, et je voulais vous demander de m'excuser.
- Si c'est vrai, pourquoi l'avez-vous dit ?
Le fixant, je le vis hésiter. Après un silence pesant, il finit par dire :
- Je ne sais pas.
Et il afficha une expression si fermée que je compris que je ne devais pas insister.
- Faites-le moi savoir quand vous le saurez, lui dis-je tout en lui cachant ma déception.
- Oui, murmura-t-il, les yeux fixés sur le feu.
Puis il releva la tête et, d'une voix basse, ajouta :
- Bones, je vous le dirai quand j'aurai compris pourquoi ce que je ressens pour vous me fait si peur. Pour le moment, il faudra vous contenter de « Je ne sais pas »…
- D'accord, dis-je en haussant les épaules, comme si ça n'avait pas d'importance.
Le problème étant que tout ce qui concernait Seeley Booth comptait de plus en plus pour moi, et qu'il ne servait à rien de lutter.
- Bones, vous m'entendez ? Allo ? cria Booth dans le téléphone, pour essayer de couvrir le bruit des galopades des garçons dans le couloir.
- Pardon ? C'est vous, Booth ? demanda sa partenaire, à l'autre bout de la ligne.
- Oui, c'est moi ! Oh bon sang ! Excusez-moi, dit-il en fermant la porte de la cuisine d'un coup de pied. Ce sont les garçons… Parker a invité deux copains d'école et ils courent dans tout l'appartement !
Le bruit baissa suffisamment pour qu'il puisse entendre l'éclat de rire de sa partenaire.
- Parker est pardonné, Booth. C'est un ange, et je l'adore.
L'intonation un peu rauque trahissait la sincérité de Bones, et Booth, ému, fut saisi d'un sentiment qu'il préféra ne pas analyser sur-le-champ.
Alors, non sans mal, il se rappela la raison de son appel.
- Je serai un peu en retard pour venir vous chercher, c'est la raison de mon appel. Rebecca ne peut pas arriver avant 19 heures pour récupérer Parker.
- Vous pouvez annuler, si vous voulez, proposa-t-elle aussitôt.
- Non, je serai là. Je vous accompagne à la soirée que le Jefferson organise pour le nouvel an, et je me ferai un plaisir de vous suivre pas à pas, de vous surveiller de près, et de vous faire passer la pire soirée de votre existence. Mais je ferai mon devoir, je vous ramènerai entière chez vous !
Bones se mit à rire, ce qui lui procura une satisfaction ridicule.
Lorsqu'elle lui ouvrit la porte, à 19 h 15, Booth resta figé sur place, ébloui. Elle portait une longue robe noire moulante, à fines bretelles, recouverte d'un voile de dentelle couleur cannelle qui en dessinait doucement les contours. Ses épaules nues suscita aussitôt en lui l'envie irrésistible d'y poser ses lèvres pour en goûter la douceur.
Sa partenaire lui décocha un sourire radieux, les yeux pétillants d'un plaisir évident. Comme il s'était attendu à la voir refléter ses propres inquiétudes, Booth ne put s'empêcher de hausser les sourcils, étonné.
- Vous paraissez bien guillerette… Vous avez reçu un autre cadeau de Noël ou quoi ?
- Je me suis raisonnée afin de changer d'attitude, expliqua-t-elle, tout en s'entourant d'un châle de fine laine noire. Cette année sera celle de la naissance de mon enfant, et j'ai l'intention de bien la commencer.
- Vous n'êtes déjà pas du genre à vous laisser abattre…, constata-t-il, tandis qu'elle fermait la porte de l'appartement à clé.
- Je suis têtue et combative, reconnut-elle. Mais vous connaissez la fable du chêne et du roseau, n'est-ce pas ? Le roseau plie la tête sous la tempête, mais ne rompt pas, alors que le chêne, tout droit, est déraciné.
- Vous appréhendez donc d'être déracinée ? s'enquit-il, tout en l'aidant à prendre place dans sa voiture.
Comme chaque fois, Booth sentit son cœur s'emballer aux effluves de parfum qu'elle exhalait. Il devrait être habitué, pourtant. Mais, au contraire, ses sens se mobilisaient un peu plus chaque fois.
- Je souhaiterais simplement être capable de me laisser porter un peu plus par l'existence, expliqua-t-elle. D'autres personnes en sont capables - vous, par exemple -, et je me surprends à les observer pour découvrir leur secret.
- Est-ce que c'est ce que vous faisiez à la fête de Noël de la paroisse ? demanda-t-il, en revoyant soudain l'expression qu'elle affichait alors.
Car, à la réflexion, il avait pu se méprendre sur ce regard scrutateur, cette espèce d'avidité qui lui avait fait peur à ce moment-là.
- Sans doute, acquiesça-t-elle. Simplement, c'est idiot. C'est comme si je prétendais apprendre à jouer du piano en observant un concertiste virtuose. Mais au fait, pourquoi cette question ? On dirait que cela vous a contrarié…
Comme elle lui lançait un regard accusateur, il se mit à rire en levant les mains du volant.
Mais, en vérité, un poids venait de lui être retiré de l'esprit.
Ainsi, se dit-il, si Bones l'observait avec autant de constance, c'était pour apprendre son métier de parent !
Il n'y avait rien d'effrayant là-dedans. Au contraire, c'était même plutôt drôle, car quelles réponses possédait-il ? Aucune !
- Ce n'était pas ma faute, dit-il. Je vous ai posé une simple question sur votre façon de voir la vie.
- Simple, peut-être, mais aussi très personnelle. Le genre à trop faire réfléchir une future maman, surtout un soir de réveillon ! J'ai l'intention de bien m'amuser, ce soir, ne vous avisez pas de l'oublier!
- Quel changement en vous, Bones, je ne vous reconnais plus ! Bon, alors, allons-y ! Vous distraire fait-il partie de mes attributions ?
- Et comment, monsieur l'agent spécial Seeley Booth !
Il lui jeta un coup d'œil en coin.
- Sapristi, docteur Tempérance Brennan, je me demande si je serai à la hauteur !
- Si nécessaire, je vous donnerai quelques conseils pratiques, murmura-t-elle, avant d'éclater de rire.
- J'aurai aussi une ou deux idées à suggérer, dit-il, amusé.
En vérité, cette nouvelle facette de la personnalité de Bones ne l'étonnait pas. Mais, jusqu'alors, les occasions de la voir aussi taquine avaient été trop rares. Il se surprit alors à attendre de cette soirée beaucoup plus qu'il ne l'avait pensé.
La soirée de nouvel an organisée par l'Institut Jefferson était un évènement très important pour tous les membres du personnel, toutes catégories confondues, avec buffet somptueux et orchestre.
Ce fut à Camille et à Tempérance qu'incomba la responsabilité d'accueillir les invités et de veiller au bon déroulement des festivités. Une charge dont elles s'acquittèrent avec grâce et bonne humeur.
Suivie comme son ombre par Booth, Bones alla d'un groupe à l'autre, adressant quelques mots en particulier à chacun, et manifestant un nouvel intérêt qu'il ne lui connaissait pas pour les personnes inconnues qu'on lui présentait.
Tout en admirant sa nouvelle personnalité, Booth finit par se sentir un peu exclu des préoccupations de sa partenaire.
Certes, se disait-il, elle se devait de bavarder un peu avec tous les invités… Mais fallait-il vraiment qu'elle ne se tourne vers lui que pour lui dire :
- Booth, vous pouvez aller au buffet quand ça vous tente, vous savez…
Ou pire :
- Booth, si vous voulez danser, ne vous gênez pas. Vous n'êtes pas obligé de m'accompagner partout. Je me sens parfaitement bien.
- Je veille à ce que vous ne vous surmeniez pas, dit il en s'efforçant de garder une voix calme.
- Je ne me surmène pas.
- Vous ne vous êtes pas encore assise une seconde, et vous n'avez pratiquement rien mangé.
- Je mangerai plus tard, quand j'aurai vu tout le monde.
- Si le buffet n'a pas été dévalisé, et s'il vous reste assez d'énergie pour tenir une fourchette. Bon sang, Bones, vous êtes enceinte de huit mois et demi !
- Je me sens très bien, affirma-t-elle, avant de repartir vers d'autres invités.
Booth s'adossa à un mur, et la suivit des yeux tandis qu'elle continuait à se mêler à la foule.
- Alors, Booth, comment ça va ? demanda Angela en s'approchant de lui au bras d'Hodgins. Vous tenez le choc ? Brennan est en forme ce soir, n'est-ce pas ?
- Oui, très en forme, elle est infatigable. Je ne l'ai jamais vu ainsi. Elle est méconnaissable.
- Qu'est-ce que vous lui avez fait pour qu'elle est tant d'énergie ? demanda Hodgins avec un petit clin d'œil.
- Rien, à ma connaissance. Oh, arrêtez, Hodgins, avec ce regard qui veut en dire long. Entre Bones et moi, il n'y a rien et il n'y aura jamais rien. Puisqu'elle en a décidé ainsi. Elle et le bébé s'en sorte très bien sans moi.
Il y avait une grosse pointe d'amertume dans sa voix. Et pour cause.
- Courage, Booth, dit Angela en posant une main réconfortante sur son bras, je sais que tout va s'arranger, je le sens. Parole d'Angela Montenegro. Je lui parlerai et elle devra m'écouter. Soyez patient et vous serez récompensé.
- Si vous le dites, Angela, mais mon courage et ma patience sont limités.
Son regard se porta à nouveau sur sa partenaire.
S'était-elle même rendu compte qu'il ne la suivait plus ? Apparemment, oui, puisqu'une vingtaine de minutes plus tard, elle revint vers lui.
- Je suis libre pour manger, maintenant, dit-elle. Vous voulez venir avec moi ?
- Juste pour m'assurer que vous vous asseyez.
- Hé, c'est justement pour ça que je le fais. Pour vous permettre de vous asseoir enfin !
- Eh bien, euh…
Il ne trouva rien de plus à dire.
Que lui arrivait-il donc ? s'interrogea-t-il.
Il ne se reconnaissait plus. Pourtant, d'ordinaire, il n'était pas à court de mots lorsque le besoin s'en faisait sentir ; et il ne se comportait pas non plus comme un mufle qui se contente de surveiller son amie dans un silence pesant.
Si Bones remarqua cette morosité, elle n'en laissa rien paraître et fit honneur au repas diététique qu'elle s'était composé.
- Vous n'en avez pas assez des légumes grillés et des salades sans assaisonnement ? finit-il par marmonner avant de regretter aussitôt sa mauvaise humeur.
Trop occupé à se maudire, il n'entendit même pas la réponse de Bones. Une minute plus tard, il lâchait quelque chose d'aussi rabat-joie à propos de la musique. Puis, ne se supportant plus, il finit par proposer :
- Vous ne voudriez pas danser, par hasard ?
- J'avais peur que vous ne vous décidiez jamais, répondit-elle.
Comme elle se penchait vers lui avec un sourire sur les lèvres, elle lui offrit, sans s'en douter, une vue plongeante sur son décolleté.
Pour Booth qui rêvait depuis des semaines de revoir ces courbes voluptueuses, le spectacle tourna à la torture…
A suivre...
