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Voici le chapitre 13. Bonne lecture et à bientôt.


Chapitre 13

Toute la soirée, j'avais eu comme unique préoccupation d'observer les recommandations de mon partenaire et ami.

Je m'étais promis de m'amuser, mais pas avant d'avoir adressé quelques mots à chacun.

Mais, à l'instant où j'avais jugé avoir accompli consciencieusement et du mieux que je pouvais avec mon nouvel état d'esprit, mon devoir, j'avais été déçue de constater que Booth ne me suivait plus. C'était stupide, mais j'en avais éprouvé aussitôt une grande impression de solitude. Depuis le trajet en voiture, il ne m'avait plus taquinée, mais j'appréciai aussi le Booth vigilant et silencieux. A cet instant, je le préférais, même ; car, autour de moi, tout le monde papotait et riait, ou bien me posait des tas de questions sur mon travail et mes recherches. En comparaison, j'aimai qu'il fût discret, reposant et rassurant.

Cependant, à la fin du dîner, lorsqu'il se fut contenté d'une ou deux remarques anodines, j'avais été si certaine qu'il continuerait à me surveiller que mon cœur s'était serré à l'avance.

Aussi, quand il m'avait proposé de danser, je fus heureuse qu'il exauce mon vœu. Oui, j'avais envie de danser avec lui.

Avec des gestes un peu gauches, nous gagnâmes le centre de la piste de danse.

Alors que je mettais ma propre maladresse à ma grossesse avancée, je me demandai quelle raison justifiait celle de Booth. Il était fort possible qu'il ne m'eût proposé de danser qu'à contrecœur. Par politesse, peut-être, ou…

Booth me prit doucement par l'épaule et la taille, sauf que, comme je n'avais plus de taille, sa main finit par glisser jusqu'au creux de mes reins. Instinctivement et ressentant l'énorme besoin d'un contact, je me blottissais doucement contre lui.

Je me sentais bien dans le creux de ses bras, rassurée, réconfortée, en sûreté et minuit arriva bien trop vite. Les musiciens achevèrent de jouer un slow langoureux, et le chef d'orchestre annonça :

- Mesdames, messieurs, le compte à rebours ! Dix, neuf, huit…

Je tournai la tête pour regarder Booth. Je scrutai son visage à quelques centimètres du mien. Il avait des cils longs et fournis, qui soulignaient l'éclat sombre du regard qu'il posait sur moi. Celui-ci était indéchiffrable.

- Quatre, trois, deux…

- Nous allons trinquer à la nouvelle année, Bones. N'est-ce pas ?

- Oui...

- Bonne année !

Nous nous enlaçâmes, puis nos verres s'entrechoquèrent.

- Bonne année, Bones, une bonne santé pour vous et le bébé. Plein de bonheur aussi.

- Merci, Booth, à vous aussi. Plein de bonnes choses pour vous et Parker.

- Maintenant, je vais vous ramener chez vous, dit-il.

- Non.

- Bones, vous êtes debout depuis des heures, vous êtes pâle et je suis là pour assurer votre sécurité. Je vous ramène chez vous.

- Vous n'avez pas profité de la soirée, vous n'avez fait que me suivre et me surveiller ! Restons encore un peu.

- Bones, je...

- J'ai encore envie de danser avec vous, Booth !

- Ce ne serait pas une bonne idée. Il y a beaucoup de raisons pour que je m'abstienne.

- Je veux les entendre.

- Vous les connaissez.

- Rappelez-les moi ! Il n'y en a pas une qui me revienne, ce soir.

- Nous sommes dans une situation comparable, vous et moi, et cette situation n'est pas l'idéale, vous le savez puisque c'est vous qui en avez décidé ainsi.

- Peut-être que nous avons évolué. Je veux évoluer, pour ma part. J'en ai assez de cette existence où tout est planifié, où je m'impose à la fois les buts et les moyens de les atteindre. Je veux faire autre chose de ma vie.

- Vous avez toujours su obtenir ce que vous vouliez. Alors, Bones, que voulez-vous de nouveau dans votre vie ? Je vous ai proposé mon aide pour élever notre enfant... euh... je veux dire votre enfant et vous l'avez refusé. Alors, qu'attendez-vous de moi ?

Oui, qu'attendais-je exactement de lui ? Qu'est-ce que je voulais exactement ?

Je ne sus que répondre à part :

- Très bien. Ramenez-moi chez moi.


Une fois à mon appartement, je fus bien obligée de laisser entrer Booth.

En théorie, ça ne posait pas de problème. Au cours des dernières semaines, il était toujours entré pour boire un dernier café.

Mais ce soir, c'était différent. L'atmosphère était lourde de la conscience que nous avions l'un de l'autre. En silence, Booth buvait son café, et je l'observai.

A la fin, n'y tenant plus, je me rebiffai.

- Mais enfin, Booth, qu'est-ce qui vous arrive ?

- Rien. C'est plutôt à vous de demander ça ! Je ne vous reconnais plus !

Je pinçai les lèvres, agacée de le voir faire preuve d'une telle obstination. Après avoir posé sa tasse vide sur la table basse, il se leva, enfila son manteau et se dirigea rapidement vers la porte de l'appartement. Le suivant, je butai contre lui, au moment où il se retournait vers moi pour dire quelque chose.

- Oh ! Excusez-moi, balbutia-t-il en s'écartant comme s'il s'était brûlé. Je ne vous ai pas fait mal au moins ?

Je le vis tendre instinctivement les bras pour me retenir, et ce rapprochement manqua nous être fatal. Nos corps, nos lèvres étaient si proches...

Non, il fallait résister, rien de bon ne sortirait de ça..., songeai-je.

Puis son téléphone cellulaire se mit à sonner. Poussant un soupir, il prit la communication.

- Booth.

Il écouta son correspondant.

- Où ça ? … Très bien, j'arrive tout de suite.

Il raccrocha et reporta son regard sur moi, la mâchoire serrée.

- Désolé, Bones, je dois y aller. Il y a eu un meurtre et on me…

- Allez-y.

- Je…

- Non, taisez-vous et allez-y, ils vous attendent.

Tout en parlant, je le poussai vers la sortie, ouvrais la porte et refermai derrière lui, en poussant un soupir tremblant, tandis que je m'appuyai contre le battant de la porte.


- Ma chérie, je viens prendre de tes nouvelles, dit Angela en entrant dans mon appartement tandis que je refermai la porte. Hier soir, tu étais toute pâlotte... Tu en fais trop, à mon avis, n'oublie pas que tu accouches bientôt.

Elle s'installa dans le canapé.

- Oh, arrête, je suis une grande fille, Ange, j'ai l'impression entendre Booth. Vous vous êtes donné le mot, tous les deux ?

- Non. Simplement, on se préoccupe de ta santé et de celle du bébé. Encore heureux que tu ais pris ton congé maternité.

- Pourtant le travail me manque.

- Ça, je l'aurais parié ! Bon, je suis venue ici pour te parler sérieusement.

- Me parler de quoi, Ange ? dis-je en la fixant.

Tandis que je disais ça, une petit sonnette d'alarme tinta dans mon esprit. Je devinai que je n'allais pas particulièrement apprécier cette discussion. Malgré tout, je m'installai sur le canapé, à ses côtés, plus ou moins prête à entendre la tirade de ma meilleure amie.

- Tu ne devines pas ? dit-elle. De toi, de Booth et du bébé.

Et voilà. La sonnette d'alarme sonna encore plus fort.

- Ange, nous en avons déjà parlé à plusieurs reprises et je n'ai pas envie de revenir là-dessus. Ma décision est prise depuis longtemps.

- Booth est malheureux. Et toi aussi.

- Je vais très bien, je ne suis pas malheureuse et Booth savait très bien à quoi il s'engageait quand il a fait ce don de sperme pour moi. Nous en avions parlé.

- Je n'ai jamais été d'accord pour ce don. Je n'y ai vu que des problèmes. Pour lui et pour toi et je ne me suis pas trompée. Brennan, il a changé d'avis, c'était à parier et c'est normal. Tu portes son enfant, bon sang, et même si vous ne l'avez pas fait amoureusement dans un lit comme tout le monde, ce que j'aurai bien sûr préféré, ce bébé est autant son enfant que le tien ! Vas-tu enfin comprendre ça ? Il est prêt à assurer la paternité, il en crève d'envie et toi tu le rejettes ! Est-ce que tu t'imagines le mal que tu lui fait ? Sans lui, tu ne porterais pas cet enfant !

- Ange, je ne...

- Écoute-moi, Brennan, je vais te laisser réfléchir à tout ce que je viens de te dire si tu t'obstines à te comporter ainsi, même après la naissance du bébé, tu vas perdre Booth.

- Non, Booth a dit qu'il sera toujours là pour moi.

- Pas cette fois-ci, ma chérie... Pas cette fois-ci.

Après son départ, je m'allongeai sur le canapé, les paroles d'Angela tournant et tournant sans cesse dans mon crâne. Elle n'y avait pas été de main morte dans ses mots et je devais admettre que certains de ceux-ci avaient fait mouche. Je savais bien que je faisais du mal à Booth en refusant sa paternité, je me souvenais de l'expression de tristesse sur son visage lorsque je lui avais dit, mais quelque chose en moi s'y refusait. Quoi, je ne savais pas... La peur de trop m'attacher à lui s'il venait à s'occuper de l'enfant autant que moi ? Ça, je crois que c'était déjà fait. Angela avait-elle raison en disant que j'allai perdre Booth si je maintenais ma décision ?

J'espérai bien que non et ça me faisait peur. Je ne voulais pas le perdre, je voulais qu'il reste mon partenaire et mon ami. Alors, que devais-je faire ?


- Booth, il y a une chose que vous pouvez faire pour moi…

- Dites-moi quoi. Je le ferai.

Nous étions attablés à notre table habituelle, au Royal Dînner.

- Je veux organiser une fête.

- Quoi ?

- Il faut inviter toute l'équipe.

Au fur et à mesure que je parlai, je voyais que Booth commençait à comprendre où je voulais en venir.

- Pour se souhaiter la bonne année ! Et pour fêter la future naissance du bébé ! Une babyshower !

- Une quoi ? demanda Booth en me fixant avec des yeux ronds.

- Vous êtes père et vous ne savez pas ce qu'est une « babyshower » ?

- Eh ben non, Bones. Je ne sais pas de quoi vous parlez !

- Je ne suis pas encore mère et je sais ce qu'est une « babyshower ». Vous voyez que ça sert de lire des livres !

- Très bien ! Alors, allez-y, expliquez-moi ce qu'est une « barbieshower » !

- Pas une barbieshower, Booth, une « babyshower », dis-je en riant. Ça consiste à fêter la maman « avant » le jour J, admirer ses jolies rondeurs, l'entourer et surtout la gâter.

- Vous êtes sûre de vouloir faire ça ? demanda-t-il d'une voix dubitative.

- Oui, je suis sûre de vouloir faire ça.


Booth ne savait pas qui se montrait le plus bruyant des garçons ou des filles de l'équipe du Jefferson : les garçons rassemblés devant l'écran de télévision (il avait apporté sa propre télé car Bones n'en possédait pas encore) dans la chambre d'amis de Bones ou les femmes qui déballaient les cadeaux avec beaucoup de rires et d'exclamations.

- Si vous voulez un peu plus de bière, proposa-t-il aux garçons.

La mi-temps du match venait de se terminer, aussi ne s'attira-t-il que des remerciements distraits, les hommes étant totalement absorbés par le jeu.

Booth sortit de la pièce. Passant dans la cuisine, il aperçut un plateau de canapés salés et il en profita pour chiper une mini pizza et un canapé au saumon, puis il quitta la cuisine, la bouche pleine, comme l'homme affamé qu'il était toujours.

Alors qu'il se dirigeait vers le salon, la voix de Brennan lui parvint. Comme d'habitude, la voix familière de sa partenaire lui alla droit au cœur.

- Oh, Angela, c'est magnifique ! disait-elle. Merci ! Tu as toujours le chic pour trouver des cadeaux !

Du côté de la chambre d'amis, un chœur assourdissant d'exclamations et jurons divers souligna une occasion ratée de but. Lui-même aurait bien suivi le match, mais il ne s'agissait pas de sa priorité, aujourd'hui.

Il était 18 heures, tout le monde était parti, et seule subsistait de la fête une grande corbeille emplie de jolis cadeaux.

J'étais en train de réunir tous les cadeaux que j'avais reçus de mes amis, pour ça, j'avais été comblée. Une poussette ultra-moderne trônait dans un coin de l'appartement avec tous les accessoires indispensables, un trousseau complet naissance et trois mois comportant des petits vêtements adorables, mixtes car comme je l'avais souhaité depuis le début de ma grossesse, je ne voulais pas connaître le sexe de mon bébé à naître, des petits chaussons et chaussures, etc... Bref, tout ce qu'il fallait à une future maman pour s'occuper dignement de son bébé.

Je m'apprêtai à tout prendre dans mes bras quand je vis Booth s'approcher de moi et me prendre les paquets des mains.

- Laissez, Bones, je vais vous aider. Vous avez l'air épuisé.

- Épuisée, moi ? Vous voulez rire, Booth, je ne me suis jamais senti aussi bien dans ma peau. J'ai été gâtée plus que je ne l'espérai, je suis donc une femme heureuse, dis-je en lui lançant un grand sourire.

En fait, ce sourire devint plutôt une grimace alors que je me redressai lourdement. Mon dos me faisait terriblement souffrir. Le poids du bébé commençait sérieusement à peser sur ma colonne vertébrale.

- Aie ! gémis-je sans le vouloir.

- Ça va, Bones ? dit-il en se précipitant sur moi. Vous voyez, je vous l'avais dit : vous avez trop forcé aujourd'hui. Bon sang, vous accouchez bientôt, ne l'oubliez pas ! Il faut vous ménagez.

- Et alors ? Il ne faut pas pour ça me traiter comme si j'étais en sucre ! Je vous l'ai dit, je me sens bien. Simplement, mon dos me fait un peu souffrir, c'est normal au stade où j'en suis. Ne vous inquiétez pas pour moi.

- Bon, comme vous voudrez. Où dois-je poser tout ça ? demanda-t-il en désignant les nombreux paquets.

- Dans la chambre du bébé. Je rangerai tout ça demain.

- OK, on y va.

De ses deux bras, il prit le maximum de paquets, en laissa quelques-uns que je pris moi-même et je le suivis dans la chambre. Il déposa doucement les paquets sur le sol, près du lit d'enfant, les empilant consciencieusement.

Je le regardai faire, le sourire aux lèvres. Je vis que son regard se portait avec tendresse sur les vêtements, les grenouillères, les petits chaussons. Il glissa même deux doigts dans une paire de petits chaussons en laine et s'amusa à les gigoter dans tous les sens.

- Regardez, Bones, si c'est pas mignon. Votre bébé va être adorable dans cette grenouillère qu'il tendait devant lui.

Tandis qu'il se tournait, ses yeux se fixèrent dans les miens. Ce que j'y vis me fit chavirer. Dans les yeux de Booth, je découvrais un amour immense pour un bébé, un enfant... son enfant... Son enfant dont je refusai toujours qu'il soit le père légal.

Je respirai un grand coup et mon cœur se mit à battre plus fort. Je fermai un instant les yeux, puis les rouvrais pour découvrir que Booth avait reposé le vêtement et qu'il s'était approché de moi. Très près de moi. Mon cœur s'accéléra encore. Nos lèvres étaient si proches. Beaucoup trop proches.

- Booth, je..., dis-je en tentant de détourner la tête.

- Chut, Bones, ne dites plus rien..., murmura-t-il en emprisonnant doucement mon menton.

Alors, doucement, irrésistiblement, nos lèvres se joignirent...


A suivre...