Coucou tout le monde! Me revoilà!

Je sais, j'ai été très longue à poster ce chapitre mais les circonstances ne se prêtaient pas à l'écriture... Je m'excuse d'avoir mis autant de temps.

Warning : lemon! Que ceux qui n'apprécient pas les relations intimes entre deux superbes spécimens de la gent masculine tournent les talons! Bonne lecture pour tous les autres!!


Chapitre 5

Harry se résigna à se lever malgré l'heure bien trop matinale pour émerger de ses couvertures en pleines vacances estivales. Il était d'une humeur massacrante et avait extrêmement mal dormi. Il avait passé la plus grande partie de la nuit à réfléchir sur les événements de la veille et avait fini par s'écrouler, sans réponse, épuisé.

Seulement pour se réveiller quelques heures plus tard, cauchemar oblige.

S'il n'y avait que cela !

Les cauchemars étaient récurrents depuis des années, il y était habitué. De plus, ils commençaient à s'estomper un peu. Non, le problème venait de sa réaction, parfaitement inappropriée. Alors que les images sanglantes désertaient lentement son esprit, le visage de son professeur de potions s'était imposé et une furieuse envie d'aller dans sa chambre se blottir contre lui l'avait tenaillé. La partie consciente de son cerveau avait vainement tenté de contrôler le reste de son être, lui hurlant mentalement qu'il fallait avoir complètement pété les plombs pour s'imaginer obtenir un quelconque réconfort de ce bâtard graisseux de Rogue. Mais le Veela en lui n'écoutait rien. Il se souvenait du bien-être douillet qu'il avait ressenti à se trouver entre les bras de son compagnon et ne souhaitait qu'une seule chose : recommencer là, maintenant, tout de suite ! Il lui avait fallu utiliser toute sa volonté pour ne pas ouvrir la porte de sa chambre et partir dans le couloir. Il s'était recouché mais le sommeil l'avait fuit.

Voilà pourquoi il descendait à la cuisine prendre son petit-déjeuner - dont il n'avait même pas envie – à 7h30, après avoir dormi péniblement en tout et pour tout à peine trois misérables heures.

Sirius et Rémus étaient déjà installés à la table, discutant à voix basse.

- Salut Harry ! s'exclama Sirius, un peu trop joyeux à son goût.

- Salut, répondit-il, morose.

Rémus vint le prendre dans ses bras pour le saluer et l'installa sur l'une des chaises disponibles.

- Tu as bien dormi ? demanda gentiment le loup garou après quelques minutes tendues, espérant sortir Harry de son mutisme.

- Non.

- Tu sais, si tu as besoin de parler…

Sirius ne put pas terminer sa phrase avant que la colère de son fils ne lui explose en plein visage :

- Je ne veux pas en parler ! Personne ne comprend rien de toute façon !

- Harry, s'il te plait, calme toi. Il faudra au moins que tu en parles à Rogue.

La réplique de son père le laissa quelques secondes la bouche ouverte à gober les mouches avant qu'il ne reprenne ses esprits et quitte la pièce en claquant brutalement la porte derrière lui.

Rémus, qui s'était levé pour essayer de retenir Harry, frappa son mari derrière la tête.

- Quel besoin avais-tu de lui dire ça ?

- Moony, il faut bien qu'ils en discutent ! Connaissant Rogue, il va partir dès le mariage terminé et emmener Harry avec lui. On ne pourra plus tenter d'arranger les choses. Tu étais de mon avis hier soir. Harry est terrifié, ça va pas s'arranger tout seul ! C'est pas cet abruti qui va venir lui parler de lui-même !

- Je sais mais la manière dont tu lui as dit…

- Oui bon d'accord… Je suis pas diplomate… Mais c'est une chose qu'on ne peut pas faire pour lui comme le reste.

Il gesticula en direction d'un amas de catalogues qu'ils étudiaient avec Rémus avant qu'Harry ne fasse son entrée.

- Fais quelque chose, Moony !!

- Hein ?!? Et qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Que je les enferme tous les deux dans un placard à balais avec une pile de catalogues de robes de mariés et que je prie très fort pour que, entre deux discussions techniques sur l'utilisation du fils d'argent dans les surpiqûres du bas des manches, ils papotent joyeusement de leur nuit de noces ?

- Vu comme ça, évidemment…

- Je parlerai à Harry cette après-midi. Il va aussi falloir convaincre Severus que le dialogue est nécessaire et je pense qu'il va renâcler.

- M'en occupe.

- Tu es sûr ?

- Mais oui.

- Si c'est pour lui hurler dessus… En toute bonne foi, je suis pas sûr que ça aide Harry, rétorqua un Rémus perplexe.

- Je te promets de ne lui crier dessus que s'il refuse de m'écouter. Je veux juste mettre les choses au clair avant qu'il m'embarque Harry chez lui et qu'on ne le voit plus autant.

- Mouais…

La petite moue dubitative et presque boudeuse de son mari fit craquer Sirius qui l'attrapa vivement par le bras, l'entraînant sur ses genoux. Rémus s'effondra sur son homme en laissant échapper le son le plus indigne qu'il soit pour un lycanthrope : il couina.

Petit couinement qui se changea bien vite en gémissement sous l'assaut des lèvres de Sirius.

********

Harry opta pour la retraite la plus sûre : la bibliothèque. Personne ne venait jamais le déranger là-bas.

Il s'en voulait un peu d'avoir crié sur ses pères mais ils refusaient de comprendre qu'il ne pouvait pas parler de CA avec Rogue ! Il allait tout simplement se foutre proprement de sa gueule ! Il n'arrivait déjà pas à se remettre du fait qu'il ait pu se sentir à l'aise et en sécurité avec lui… Encore moins à accepter le fait qu'il avait bien failli débouler dans sa chambre en pleine nuit pour qu'il le réconforte et le rassure…

Heureusement que je ne l'ai pas fait, il m'aurait tué sur place… Ou utilisé comme ingrédient de potions, va savoir avec un type pareil ! Pourquoi je suis pas destiné à une gentille petite femme avec qui j'aurais mené une petite vie tranquille et eu des enfants ?? Pourquoi l'ex-Mangemort le plus sadique et dangereux de la planète me tombe dessus ?? Et puis c'est rageant de ne pas pouvoir contrôler son corps… Pourquoi est-ce que j'avais une quasi irrésistible envie d'aller me coller contre lui ?? … Y a bien un bouquin qui parle de ça…

Harry se plongea dans un obscur et épais grimoire et n'en leva pas le nez de la matinée.

*********

Laboratoire de potions, sous-sol, 14h.

Severus était resté enfermé dans son laboratoire depuis très tôt le matin. Il avait décidé qu'un grand chaudron de Potion Calmante était indispensable pour faire face aux trois prochains jours. Pour tout le monde. Potter avait clairement des soucis avec la présente situation et piquait sans cesse des colères de gosse trop gâté, Lupin était complètement à la masse mais le loup était maintenu trop éveillé par les phéromones pour qu'il ne soit pas un danger potentiel, Black semblait prendre les choses avec philosophie, ce qui était des plus déconcertant, mais il restait un Black, donc imprévisible. Quant à Dumbledore, si jamais ce vieux gâteux hystérique et bien pensant osait encore apparaître devant lui, il lui ferait ingurgiter le pire poison qui ait jamais hanté sa réserve, foi de Severus !

Il préparait en parallèle de sa Potion Calmante, un petit chaudron de lubrifiant spécial avec anesthésique léger pour la nuit de noces, lorsque Black fit irruption dans le laboratoire, sans même frapper.

- Tu ne frappes pas avant d'entrer, Black ?

- Je suis chez moi, non ?

- La courtoisie s'applique à tous.

- Bon, oui peut-être… Ce n'est pas le problème. Je peux te parler ?

- C'est ce que tu fais, me semble-t-il.

- Ça va pas être simple, marmotta Sirius dans sa barbe. Je voulais dire, pouvons-nous discuter sans que tu touilles ton chaudron ? reprit-il plus fort.

Severus souffla fort par le nez et se retint de l'envoyer bouler méchamment.

Si le clébard est venu seul jusqu'ici, de son plein gré, et essaye de se monter civilisé, je reconnais que la question peut éventuellement être importante… Contrôle toi Severus.

- Quoi ? demanda Severus froidement.

- Il s'agit d'Harry. Je pense que vous devriez discuter du mariage … et de votre vie après.

- Et pourquoi faire ?

- Je … Vous en avez besoin.

- Je ne vois vraiment pas ce que je pourrais gagner à subir un entretien avec Potter.

- Ne pas te retrouver marié à un gosse traumatisé à vie peut-être ?! cria Sirius.

Ses bonnes résolutions n'avaient pas tenu longtemps. Il faut dire que si Rogue refusait de comprendre à demi mot, il allait lui marteler dans le crâne jusqu'à ce que cela s'imprime.

- Il est traumatisé maintenant ? C'est la dernière nouveauté ?

- Ne joue pas les imbéciles. Les Serpentards sont sensés être intelligents, non ? Alors sers toi un peu de ta cervelle ! La nuit de noces lui fout une trouille bleue et toi tu refuses de comprendre !

- Et pourquoi donc aurait-il une trouille bleue, pour reprendre ton expression ? Ça n'est pas comme s'il débarquait dans un territoire inconnu.

- Si, justement.

- Tu t'imagines vraiment que je vais croire que Sa Majesté Potter est vierge ? Avec le nombre des petites grues qui lui tourne autour à toute heure du jour et de la nuit ? Je ne suis pas bête au point d'avaler l'appât, l'hameçon, la ligne, le bouchon et le pêcheur !

Sirius s'assit sur un pupitre vacant et soupira, tentant de reprendre son souffle et son calme par la même occasion.

- Ça m'a paru bizarre à moi aussi. Mais vu la façon dont il a rougi… Il n'arrive même pas à prononcer le mot 'sexe' alors le faire ! Il est complètement terrorisé à l'idée de devoir coucher un homme, surtout sachant qu'il sera dominé et ce dans trois jours grâce à l'autre shouté aux bonbons ! … Je pense simplement que cette discussion doit avoir lieu entre vous deux. À moins bien sûr que la perspective d'un lien mal établi te sourie… Je veux juste que tout se passe pour le mieux pour lui.

- Lui, lui, lui ! Toujours lui ! On s'en fiche de ce que je vais devoir subir !

- Là n'est pas la question. Mieux cela se passera pour lui et mieux cela sera supportable pour toi. Après tout, c'est toi qui va devoir vivre avec un Veela malheureux et d'une jalousie extrême si le lien n'est pas scellé avec un minimum de confiance.

- Quelle importance ? Je ne me fais aucune illusion sur mon prétendu mariage. L'Union doit être consommée sinon il mourra, mais je ne suis pas assez fou pour croire que je porterai à nouveau les mains sur lui après ça.

- Je ne vois pas pourquoi. Les Veelas sont réputés pour être très câlins après tout, répondit Sirius, honnêtement surpris.

- Laisse tomber, Black, ça ne te regarde pas de toute façon.

- Si tu veux. Mais tu parles à Harry. Aujourd'hui.

Sirius se glissa hors du laboratoire. Il était intrigué par le comportement de Rogue mais il choisit de ne pas insister. Forcer les choses était un réflexe chez lui mais là… il valait mieux laisser le Maître des Potions tranquille. Le braquer n'était assurément pas la bonne solution pour le bien-être d'Harry.

**********

Bibliothèque familiale des Black, 14h.

- Harry, je peux te voir un instant ? demanda Rémus, en ouvrant la porte de la bibliothèque. Il savait que son fils était venu se réfugier là après la très courte apparition dont il avait gratifié ses pères au repas de midi.

- Qu'est ce qu'y a Rémy ?

- Je sais que ce que Siri t'a dit ce matin t'embête. Tu veux bien m'expliquer pourquoi ?

- Écoute, je ne peux pas parler de ça avec lui. Je ne veux pas.

- Pourquoi ?

- Quoi, tu veux un dessin ? Il va se moquer de moi et, tout ce que je vais y gagner, c'est de m'humilier.

- Harry, je sais que Severus n'est pas quelqu'un avec lequel il est facile de s'entendre. Il est froid, sarcastique et vous ne vous appréciez pas. Cela dit, je pense que, pour que votre vie commune soit tolérable pour vous deux, il vaudrait mieux parler de certaines choses avant qu'elles ne puissent mal tourner. Si tu avais de l'expérience, nous n'aurions pas cette conversation parce que le fait de devoir coucher avec lui ne te plairait peut-être pas et tu serais peut-être un peu effrayé, mais tu n'aurais pas une peur panique rien qu'à l'idée de le faire. Je suis persuadé que, dans tes grimoires, tu as dû voir que le lien a besoin d'un minimum de confiance pour s'établir.

- Oui, murmura Harry, un peu perdu et plus très sûr de lui.

- Nous sommes tous conscients que tu ne vas pas lui faire confiance du jour au lendemain, mais si tu pouvais au moins être rassuré sur le déroulement de la nuit de noces, je suis sûr que cela aiderait. Il y a aussi des détails de votre vie à régler, comme l'endroit où vous vivrez par exemple.

- Hein ? Tu… tu veux dire que je vais partir ?? paniqua Harry.

- Harry, je doute que Severus ait très envie de vivre ici. Il a sûrement une maison où il vit quand il n'enseigne pas à Poudlard.

- Mais, je veux pas partir…

- Le Veela ne supporte pas de s'éloigner de son compagnon. S'il part et que tu ne le suis pas, tu seras malheureux. S'il reste alors qu'il n'en a pas envie, c'est lui qui sera malheureux et toi avec, par extension.

- Je n'ai pas le choix encore une fois, murmura le jeune homme, amer.

- Tu dois en parler avec Severus. Comment veux-tu obtenir un quelconque compromis sur quelque point que ce soit si vous ne dialoguez pas ?

Rémus prit doucement son fils adoptif dans ses bras. Ses yeux verts, brillants et paniqués, plongèrent dans ceux d'ambre de son père et il articula difficilement :

- D'accord. Je … j'essayerai de lui parler…

Rémus n'ajouta rien, se contentant de réconforter le garçon.

**********

Laboratoire de potions, sous-sol, 16h.

Un petit coup discret et hésitant à la porte.

Un soupir à peine audible de la part de l'homme penché sur son chaudron.

Nous y voilà.

- Entrez Potter.

- Professeur Rogue ? Je… je peux vous parlez ?

La voix du garçon tremblotait pitoyablement et son volume ne dépassait pas le chuchotement.

- Puisque tout le monde dans cette maison semble enclin à estimer cette conversation aussi urgente qu'indispensable, je pense que nous allons devoir procéder. Asseyez-vous Potter.

D'un souple mouvement de baguette, Severus conjura deux fauteuils moelleux en velours vert sombre avec une jolie table basse ouvragée supportant un service à thé fumant, agrémenté d'un plateau de cookies dorés.

- Servez-vous. Je vous assure que rien n'est empoisonné.

- Merci, piaula le jeune homme, qui avait posé tout juste une demi fesse sur le siège qu'il avait choisi.

Ce ne fut que lorsque Potter se trouva un peu plus enfoncé dans le fauteuil et pourvu d'une tasse de thé vert à la menthe fort et bien sucré, que Severus s'installa et daigna ouvrir la bouche. Il était évident que, même si le gamin avait rassemblé son courage pour venir le chercher dans son antre, il n'allait certainement pas entamer les hostilités.

- J'ai cru comprendre que vous aviez certains doutes quand à ce mariage ?

- Euh… Ben c'est-à-dire que… enfin pas le mariage en lui-même… encore que avec une femme je dis pas mais…

- Cessez votre baragouin !

Harry se ratatina dans le fauteuil, surpris par l'éclat et un peu inquiet. Cela n'avait déjà pas été facile de venir alors si la chauve-souris lui hurlait dessus…

Severus se pinça fortement l'arête du nez et respira à fond avant de reprendre :

- Pourriez-vous juste une fois essayer d'articuler une phrase complète que je puisse espérer comprendre ?

- Je… je n'ai jamais pensé que je pourrais être marié avec un homme. Je croyais que j'allais épouser une gentille fille, avoir des enfants et un chien, comme tous le monde, quoi.

- Mis à part pour la 'gentille fille' qui est clairement hors de propos, le reste n'est pas forcément inenvisageable. Il me semble me souvenir que les Veelas mâles ont la possibilité de porter des enfants, non ?

- Je ne veux pas porter d'enfant !! explosa Harry. Je suis un homme à la fin ! Je suis pas sensé tomber enceint, ni …

Harry s'arrêta brutalement en plein milieu de sa phrase, rouge comme une écrevisse. Il trouva tout à coup le sol de pierre merveilleusement fascinant.

Pfffou… S'il n'est pas fichu de terminer une seule phrase, on est encore là dans dix ans…

- Ni écarter les cuisses, Potter ?

- Espèce de sale…

- Je vous déconseille vivement de finir cette insulte, menaça Severus d'une voix veloutée totalement atone. Je suis parfaitement au courant des rumeurs qui circulent sur mon compte à Poudlard, tout comme je connais tous les surnoms affectueux dont j'ai été affublé, alors ne vous donnez pas cette peine. Je suis beaucoup de choses mais quoique vous puissiez penser à mon sujet, je ne suis certes pas un violeur et je ne prends pas mon plaisir à déflorer mes étudiants. Quelles que soient vos angoisses à ce sujet, elles sont sans fondement en ce qui me concerne. Et pour votre information, il n'y a rien de dégradant à écarter les cuisses, bien au contraire.

- Qu'est ce que vous en savez, hein ? marmonna Harry, extrêmement mal à l'aise avec le sujet actuel.

- Contrairement à vous, je n'ai rien contre les hommes.

- Vous … vous…

- Toujours aussi clair, Potter, se moqua Severus. Mais oui, je suis homosexuel et, jusqu'à aujourd'hui, aucun de mes partenaires ne s'est jamais plaint. Bien que cela ne me ravisse absolument pas, nous allons être contraints à passer le reste de notre vie ensemble alors autant faire en sorte que cette nuit de noces, à laquelle nous ne pourrons échapper, soit la moins désagréable possible pour vous comme pour moi, ne croyez-vous pas ?

- Je vois pas comment ce serait agréable, grommela le jeune homme pour lui-même.

Severus, grâce à ses années d'expérience en temps qu'espion, avait développé un sens de l'ouie particulièrement fin et entendit cette remarque.

- Je vous assure, Potter, qu'il est tout à fait possible d'éprouver énormément de plaisir avec un homme. Maintenant, il est indéniable que la première fois est quelque peu inconfortable, tout du moins au départ. J'ai pris la liberté de préparer une potion qui limitera au maximum votre inconfort.

Un peu rassuré par le fait que son professeur se préoccupe un tant soit peu de son confort, Harry se détendit légèrement et laissa son regard errer sur son futur mari. Celui-ci but une gorgée de thé et la vue de ses lèvres fines, brillantes et humides, lui fit joyeusement perdre les pédales. Il dut se faire violence pour ne pas envoyer valser sa tasse et se précipiter sur les genoux de Severus. Il mourrait d'envie de se nicher contre lui, d'enfouir son nez dans son cou, là où il pourrait s'enivrer de son odeur épicée et masculine, caresser doucement sa peau soyeuse, goûter cette chair pâle et si tentante…

Severus, se sentant observé, fixa son regard dans celui d'Harry et, l'intensité avec laquelle ses yeux d'onyx le transpercèrent, fit tourner la tête du jeune homme qui se noya dans leur profondeur. Quand Severus, mal à l'aise devant les émeraudes qui menaçaient de lui faire perdre tout contrôle, toussota, Harry piqua un fard et baissa la tête si vite que son cou craqua.

Un étrange silence, lourd d'incompréhension et de non-dits, plana sur la pièce.

Merlin ! Je n'ai pas pensé ça ! Non, c'est pas possible… c'est Rogue enfin ! Et pis c'est un homme ! Non, non, non… je n'ai pas rêvé d'aller lui caresser le cou… Je deviens fou…

J'ai la berlue ou ce gamin m'a regardé comme si j'étais une part de forêt noire recouverte de chantilly ? Non mais qu'est-ce que tu racontes, Severus ?? Un peu de sérieux, que diable ! Une overdose de phéromones combinée avec les fumées de potions… oui, voilà c'est ça. J'ai des hallucinations…

Finalement, Harry se lança :

- Rémus m'a dit que je devrais … partir … après le … la cérémonie.

- Que voulez-vous dire ? demanda Severus d'une voix glacée, tentant de reprendre le contrôle de lui-même.

- Il … il dit que … que je devrais aller chez vous. Que vous ne voudrez pas rester ici…

- Il est hors de question que je reste dans cette maison, confirma un Severus sans appel.

- C'est bien ce que je pensais, murmura le jeune homme d'une toute petite voix désespérée.

- Ne faites pas cette tête-là ! Personne ne vous demande de monter sur le bûcher que je sache ! Il n'est pas dans mes intentions de vous enfermer dans un coin. Rien ne vous empêchera de venir ici ou d'aller voir vos amis tant qu'ils ne débarquent pas chez moi, sans prévenir, comme un troupeau d'hippogriffes en rut.

Sans qu'il sache pourquoi, l'emploi du terme 'chez moi' perturba Harry. Il se sentit bizarrement désappointé et un peu blessé.

Ridicule ! Pourquoi serais-je déçu qu'il considère sa maison comme chez lui ? C'est normal, non ? … Ca devrait être chez nous pourtant… Arrrggghhh ! C'est pas vrai ! Voilà que je commence à dire 'nous' ! Pffff comme si pouvait exister !

- Je … j'aurais le droit de sortir ?

- Evidemment, répondit Severus, haussant un sourcil interrogateur. A quoi donc vous attendiez-vous ?

- Ben je …

- Vous sautez aux conclusions, comme à votre habitude. Mis à part mon laboratoire personnel, dans lequel, en bonne catastrophe ambulante que vous êtes en potions, il sera absolument hors de question que vous posiez un pied, je ne vois pas en quoi je devrais restreindre vos mouvements.

- Vraiment ?

Le regard un peu surpris et plein d'espoir d'Harry fit frissonner le maître des cachots de Poudlard. Il en vint à se demander s'il n'y avait pas quelque chose qu'il ignorait sur ce gamin, après tout. Il repoussa cette pensée à la fois dérangeante et inappropriée.

- Bien sûr. Je ne pense pas être un monstre quoique que les élèves puissent croire.

- C'est pas ce que je voulais dire ! Je… Désolé. Je … ça m'angoisse, c'est tout.

- Y aurait-il un autre point qui vous dérangerait ?

- Ben je …Pour Poudlard, je… j'irai où ? Je devrai suivre vos cours ou je ne pourrai pas ?

- Je présume que cela nécessitera un peu d'organisation… J'en discuterai avec le directeur.

- D'accord… Je…crois que je vais y aller.

Harry se leva et s'enfuit presque de la pièce, laissant un Severus intrigué et pensif dans son fauteuil.

************

Samedi, 23h, résidence de Severus Rogue.

Et voilà.

Il était marié.

Il baissa les yeux et considéra encore une fois la bague à son doigt. Lorsqu'il l'avait vue la première fois, elle n'était qu'une simple bande de platine sans ornement, ni fioriture. Maintenant que le lien était créé, elle était devenue plus complexe, s'était ornée de pierres précieuses. Elle avait pris l'apparence d'un serpent aux yeux émeraude et aux écailles parsemées de diamants, enroulé sur lui-même. Sa chaîne, l'emprisonnant plus sûrement qu'un Imperium. Il n'avait pas vu celle de son mari après la cérémonie. Avait-elle également subi une transformation radicale ?

Il faut dire que tout cela était un peu flou dans sa tête… Il se rappelait Dumbledore lui disant qu'il pourrait continuer les potions pour sa septième année et qu'il était de coutume qu'un Veela reste auprès de son compagnon donc qu'il vivrait avec Severus dans ses appartements. Il l'informa également du fait que, bien que ses amis ne puissent être là pour la cérémonie elle-même, ils viendraient dès qu'elle serait terminée. Hermione l'avait serré dans ses bras, compatissante, tout en lui assurant que tout irait bien, que les Veelas étaient toujours heureux et que cette union était sacrée. Ron était horriblement gêné, rouge jusqu'à la pointe des oreilles, et ne savait ni où se mettre ni quoi faire ou dire. Ginny avait explosé en sanglots et il avait fallu toute la puissance de l'ouragan Molly pour l'empêcher de frapper Harry à qui elle persistait à hurler les mots 'traître' et 'lâche' à la figure tout en insistant sur le fait qu'il lui était destiné, à elle, et à personne d'autre. Les jumeaux avaient vu là une occasion inespérée de pouvoir – qui sait ? – obtenir un soutien pour certains produits qu'ils ne pouvaient commercialiser faute de stabilité dans la potion qu'ils avaient inventée. Molly et Arthur s'étaient excusés du comportement de leur fille après s'être débarrassé de sa trop encombrante présence et avaient tenté de rassurer de leur mieux le jeune marié.

Ses pères s'étaient occupés de tout pendant ces trois jours. Ils lui avaient choisi une robe en satin d'un blanc immaculé avec de discrètes broderies argentées le long du col et des poignets et l'avaient aidé à se préparer, ce qu'il n'aurait jamais eu le courage de faire seul. Ils avaient organisé la cérémonie et empaqueté ses affaires pour son départ à l'issue de la fête. Ils l'avaient écouté, dorloté et soutenu autant que possible, et Sirius s'était éloigné pendant quelques instants vers la chambre qu'ils avaient alloué à Rogue, probablement pour le mettre en garde une dernière fois avant de revenir pour emmener Harry dans le jardin, vers l'autel. Il se souvenait vaguement avoir entendu Dumbledore parler, les serments sans doute. Sirius était à ses côtés comme témoin et Rémus tenait ce même poste pour Severus.

En réalité, il se rappelait vraiment de seulement deux choses : d'une part, la tenue de la créature des cachots, Severus Rogue, l'avait estomaqué. Imaginer un jour voir son professeur de potions dans un tout autre vêtement que ses sempiternelles robes noires ne lui avait pas même effleuré l'esprit. Pour lui, il était acquis que Rogue viendrait devant l'autel comme la chauve-souris tournoyante qu'il imitait si bien. Mais non. Il s'était présenté dans une robe de sorcier en soie d'un bleu nuit flamboyant, fermée par de minuscules boutons de nacre et ornée de délicates arabesques dorées qui naissaient à l'encolure pour descendre jusqu'à ses pieds. Il avait également fait un effort de coiffure et noué ses cheveux, propres et scintillants, en catogan sur la nuque. La robe était bien plus ajustée que les épaisses horreurs tourbillonnantes qu'il portait habituellement à longueur d'année et Harry s'était surpris à se dire que celui-ci ne semblait pas avoir un corps repoussant… Avant de se gifler mentalement avec une certaine violence pour oser penser une telle chose d'un homme, et peu importe qu'il soit sur le point de l'épouser !

D'autre part, il ne savait que penser du baiser…

Il était terrifié quand Dumbldore avait annoncé à Severus qu'il pouvait embrasser le marié mais cela avait été si différent de ce à quoi il s'attendait… Franchement. Severus l'avait embrassé tendrement, presque avec révérence. Ses lèvres étaient douces et tièdes et il ne s'était ni pressé, ni attardé. Pour un peu, Harry aurait eu l'impression que ce baiser revêtait une certaine importance pour Severus. Mais il devait se faire des illusions, jamais son professeur n'accorderait la moindre signification à une toute petite chose comme lui, une sale bestiole qui venait envahir son territoire sans prévenir… Oh oui, Severus n'avait pas semblé être contrarié par le fait que son mari allait devoir vivre chez lui, mais allez savoir avec un Mangemort-espion ! Cacher ses émotions et ses pensées était tellement ancré dans cet homme qu'il ne savait probablement plus où il avait jeté la clé de la double porte blindée anti-effraction qui les protégeait. Il devait bien se l'avouer, ce baiser avait créé l'union, provoquant la transformation de la bague et réveillant complètement le Veela. Il voulait que ce moment ait un sens pour son compagnon. Sinon… Non. Ne pas penser à ça.

Harry retira sa robe de marié ainsi que ses sous-vêtements et se glissa dans le lit à baldaquin, entre les draps de soie d'un grenat profond, essayant de mettre son cerveau en pause.

*********

Severus se passa un peu d'eau fraîche sur le visage.

La journée avait été épuisante. Devoir supporter la majeure partie du clan Weasley après avoir été obligé d'épouser Potter, même s'il ressemblait à un ange tombé du paradis dans cette robe blanche, était difficile à avaler. En outre, la tenue d'un ridicule extravagant d'Albus lui avait collé une migraine… Avait-on idée de venir officier à un mariage en robe de sorcier d'un jaune canari aveuglant, décorée (si l'on peut dire !) par d'innombrables cœurs pourpres voletant stupidement en cercles ?? Certes il devait concéder à Molly que son dîner était excellent, mais ce bruit incessant ! Il avait dû prestement se munir d'une fiole de Potion Calmante quand il avait assisté au début de crise de nerfs de la petite dernière et pratiquement lui enfoncer de force dans la gorge avant qu'elle ne daigne cesser de hurler comme une corne de brume au beau milieu du salon du Square Grimmauld. Une fois la peste rouquine enfermée dans une chambre à l'étage, il avait bu une forte dose de potion contre la migraine et prié Merlin avec insistance pour qu'il daigne lui permettre de survivre à la soirée. Son souhait avait été partiellement exaucé dans le sens où personne n'eut l'idée saugrenue de proposer un bal comme il est coutume dans un mariage sorcier. Son pauvre cerveau malmené n'aurait jamais pu résister s'il avait dû danser un slow avec Potter, il aurait pris ses cliques et ses claques et se serrait fait la malle au joyeux pays des Londubat.

Il avait dû subir encore toutes les félicitations des amis de Potter avant de pouvoir se retirer. Les jumeaux Weasley, dont il reconnaissait qu'ils étaient dotés de plus qu'un demi-cerveau, avaient étonnamment semblé enthousiastes pour il ne savait quelle raison. L'insupportable Miss-je-sais-tout-Granger lui avait paru sincère bien qu'un peu anxieuse. Molly et Arthur avaient été la politesse incarnée car, bien qu'ils ne soient pas dans les meilleurs termes, ils croyaient au caractère unique des unions veelas, comme toutes les vieilles familles de sang pur. Leur fils, dernier membre de l'Infernal Trio, avait vaguement marmotté deux mots inintelligibles entre ses dents serrées, le visage rouge brique et soufflant comme un âne constipé.

Quand il avait pu prendre la cheminée avec son mari tout nouvellement acquis, il l'avait emmené dans sa chambre et s'était cloîtré dans la salle de bains attenante. Il ne souhaitait rien de mieux que se reposer maintenant, mais il devait encore sceller définitivement cette union s'il voulait éviter de tuer son jeune époux. Le sac à puces lui avait déjà fait la leçon juste avant la cérémonie : 'Ne lui fait pas de mal'.

Voilà tout ce qu'il avait dit.

Severus s'était attendu à des hurlements, des injures, voire des menaces.

Mais non.

Rien de tout cela.

Juste ces quelques petits mots anodins.

Leur sens pesait lourd dans son esprit en cet instant. Après tout, il n'avait jamais défloré personne et encore moins quelqu'un qui le détestait !

Il regarda son alliance.

Elle a pris une forme étrange. Je me demande… Bon le griffon, je comprends mais le serpent qui lui sort de la gueule ??

Il ne saisissait pas.

Un griffon aux ailes déployées, sa tête sertie de deux beaux onyx, de minuscules rubis saupoudrés dans les plumes de la majestueuse créature, et un serpent aux yeux émeraude qui émergeait de ses mâchoires.

Non, tu te poseras des questions existentielles plus tard ! Pour le moment, prend cette fichue fiole de lubrifiant et va t'occuper de ton mari ! C'est sûrement la seule fois où tu pourras le toucher, alors arrêtes de procrastiner, ne t'attarde pas sur les préliminaires, ce n'est pas le moment de s'attacher, et fait en sorte d'en profiter !

Severus soupira lourdement, pris une grande respiration et sortit la fiole de lubrifiant de la poche de son pantalon noir. Il retira sa robe de marié déboutonnée et la plia soigneusement avant d'ouvrir la porte et de quitter la salle de bains.

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La chambre était plongée dans la pénombre. Il n'y avait que deux bougies d'allumées, à l'extrémité opposée de la pièce par rapport au lit.

Habituée à la semi obscurité perpétuelle de ses chers cachots, la vision de Severus n'en était pas le moins du monde perturbée. Il distingua aisément une masse tremblotante sous les couvertures.

Il s'approcha calmement, posa la fiole sur la table de nuit, puis se déshabilla en tentant de faire le moins de bruit possible. Cela dit, le léger froufroutement du tissu sembla faire redoubler l'agitation de la boule de draps.

Nu, il se glissa aux côtés de son mari visiblement peu rassuré.

- Il n'y a pas de crainte à avoir, murmura-t-il tout doucement d'une voix soyeuse.

Constatant que les mots n'aidaient en rien, il décida de passer à la vitesse supérieure. Il posa délicatement la main sur l'épaule du jeune homme tremblant et, laissant ses doigts glisser sur sa colonne vertébrale en une caresse aérienne, lui chuchota tout bas à l'oreille :

- Détends toi et n'écoute que ton plaisir…

Il embrassa la nuque de son époux et tandis que ses mains partaient toutes deux à la découverte de ses flancs, sa bouche se délecta de la peau veloutée et crémeuse son dos. Il lécha, suçota, mordilla chaque renflement de vertèbre, descendant toujours plus bas, laissant son passage une traînée de petites marques rosées. Les muscles durs, ciselés par le Quidditch, roulaient et frémissaient sous ses doigts et il se laissait entraîner à penser qu'il pourrait éventuellement s'habituer à partager son lit…

N'y pense même pas ! Pourquoi diantre voudrait-il de toi ??

Il était gêné dans son exploration par la position d'Harry, qui, gisant sur le côté, ne lui permettait pas l'accès qu'il souhaitait.

Il ne fallu cependant à Harry pas bien longtemps pour corriger cette erreur et pour se laisser glisser sur le ventre. Le Veela, bien qu'un peu inquiet, s'était détendu dès que son compagnon avait posé le bout du doigt sur lui. Ne sachant que faire, il se laissait entièrement guider et, jusqu'ici, s'en serait félicité si sa capacité cognitive n'était pas morte et enfouie six pieds sous terre.

Sa respiration commençait à se faire laborieuse alors que les mains talentueuses du Maître des Potions entreprenaient de masser ses fesses avec application. Sa langue gourmande s'attardait à titiller sans relâche les petites fossettes qui surmontaient les deux globes de chair tendre et musclée.

Severus dévoila doucement l'intimité de son mari, ne voulant pas l'effrayer. Il caressa légèrement cette vallée du pouce, dessinant de petits cercles autour de son anus. Voyant que son geste ne stressait pas le jeune homme qui avait commencé à geindre tout bas, il osa y passer lentement la langue, descendant jusqu'à la peau si douce derrière ses bourses. Puis il remonta, avec une lenteur agonisante, sollicitant moult gémissements, et glissa sans prévenir celle-ci dans l'intimité du garçon.

Surpris par cette sensation aussi extraterrestre qu'inattendue, Harry poussa un petit cri étranglé et s'arqua sous la caresse. Satisfait de sa réaction, Severus approfondit le contact, émerveillé par l'étroitesse de son mari. Lorsque l'une de ses mains s'aventura à délicatement palper les testicules du jeune homme, celui-ci gémit fortement et vint de lui-même rechercher son toucher.

Terriblement excité par les petits couinements d'Harry, Severus estima qu'il se devait de passer aux choses sérieuses où il risquait de s'embarrasser péniblement.

Il se retira et sourit au geignement plaintif de protestation que son geste provoqua. Il prit la fiole de lubrifiant et s'en enduit généreusement les doigts. Il cercla patiemment l'intimité du garçon de l'index avant de glisser doucement en lui. Harry se raidit instantanément sous l'intrusion. Severus remua un peu le doigt, détendant quelque peu l'anneau de chair. Lorsqu'il sentit les muscles se relaxer, il amorça un léger mouvement de va-et-vient qui fit revenir Harry à son précédent état de masse décérébrée et gémissante. Il en profita pour insérer un deuxième doigt. Harry geignit de douleur et Severus glissa son autre main entre le corps de son mari et le matelas pour se saisir du sexe négligé du jeune homme et entreprit de le caresser pour le distraire de la gêne occasionnée par sa préparation. Quand la douleur s'éloigna et qu'Harry recommença à apprécier le traitement que Severus lui faisait subir, celui-ci détendit lentement ce muscle vierge et débuta de petits mouvements de ciseaux jusqu'à ce qu'il puisse insérer un troisième et dernier doigt dans le corps de son mari. Harry cria franchement de douleur cette fois et il fallu de longues minutes d'attentions délicates de Severus envers une protubérance très sensible pour que son plaisir refasse surface. Harry commençait à venir au contact des doigts de son mari et Severus le pensa prêt. Il retira ses doigts et reçu en échange un miaulement indigné. Il rit doucement et souleva le jeune homme pour qu'il se tienne sur ses coudes et ses genoux, lui écartant les jambes. Il s'enduisit de lubrifiant et se positionna en face de l'entrée de son mari. Il le pénétra aussi doucement qu'il le put, et même avec une préparation attentive et son lubrifiant spécial, il vit bien la douleur du garçon.

Harry papillonnait sur un joli nuage rose et floconneux au pays des Bisounours quelques secondes auparavant et là, il venait de redescendre brutalement sur terre. La sensation de la langue de Severus dans son intimité avait été merveilleuse, le premier doigt s'était avéré plus gênant que vraiment douloureux, les deux suivants avaient fait mal mais c'était resté supportable. Le Veela en lui était plus que prêt à être réclamé par son compagnon, mais ça… Il avait la nette impression d'être écartelé de l'intérieur. Comment diantre voulait-on faire entrer quelque chose d'aussi large ? Bon c'est sûr, il ne savait pas du tout de quelle taille pouvaient être les attributs de Severus mais quand même ! Une main baladeuse s'empara de sa hampe dont l'enthousiasme était quelque peu retombé et reprit ses doux va-et-vient. La douleur décrut et Harry se relâcha petit à petit. Il fut bientôt à nouveau gémissant sous les doigts de son mari et Severus lâcha son sexe pour se saisir des hanches étroites du jeune homme. Il se retira doucement pour mieux de renfoncer dans le délicieux fourreau brûlant et moite. Il heurta la prostate de son Veela du premier coup et Harry cria de plaisir, arquant inconsciemment davantage le dos pour que Severus puisse aller plus profondément en lui. Rapidement, Severus trouva son rythme et fit crier son mari de plus en plus fort. Son étroitesse le rendait complètement fou et il savait qu'il ne tiendrait pas longtemps. Ses mouvements devinrent plus amples, plus puissants, et anarchiques. Sa main revint s'enrouler autour du désir tendu du jeune homme et Harry ne tarda pas à se répandre sur la main de son mari en criant. Ses muscles se resserrèrent spasmodiquement, arrachant un grognement rauque à Severus qui éjacula violemment dans le corps souple et frémissant de son Veela.

Ils s'écroulèrent sur le lit hors d'haleine. Severus se dégagea doucement de son mari et roula sur le côté pour ne pas l'écraser sous son poids.

Harry se blottit dans la chaleur son compagnon. Il bailla fortement et s'endormit dès que sa tête toucha l'oreiller.

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6h du matin.

Harry se réveilla.

Courbaturé.

Seul.