Coucou!!! Nouveau chapitre en ligne!
Un grand merci à tous ceux qui m'envoient leurs encouragements par review! Ca fait très plaisir de voir que vous appréciez toujours autant cette fic.
Petit message pour Real or not : Je te promets que la prochaine fois que je poste ce sera la suite d'Impression. Je sais que tu l'attends de pied ferme!
Petite dédicace pour ma bibiche Antocyane : Je suis désolée j'ai oublié de la mettre sur le chapitre précédent, j'avais ma mère pendue au téléphone qui ne me lachait pas alors j'ai un peu zappé... C'est toi qui m'a inspiré la robe de marié de Severus quand je t'ai demandé 'Quelle couleur?' sans te dire pourquoi je m'en servirai... Alors je rends à César ce qui appartient à César! Gros bisous!!!
On m'excusera, j'espère, d'être un peu OOC sur le petit-déjeuner mais je ne les supporte pas à l'anglaise, j'ai essayé pourtant quand j'ai séjourné dans le pays mais je peux vraiment pas… Rien qu'à l'idée de devoir avaler des saucisses ou des œufs le matin au saut du lit… Brrrr… Du coup les leur seront typiquement français !
Warning : lemon léger! Don't like, don't read!!
Bonne lecture!
Chapitre 6
Severus l'abaissa doucement sur les couvertures avant de parcourir son visage de petits baisers aériens. Il s'empara tendrement de ses lèvres au premier gémissement, léchant avec une insistante délicatesse sa lèvre inférieure jusqu'à ce qu'Harry lui permette obligeamment l'entrée. Sa langue partit explorer la tiède caverne, jouant malicieusement avec sa consoeur. Harry ne se battit pas pour la dominance, heureux d'être réclamé ainsi par son compagnon. Lorsque le besoin vital de respirer se fit trop présent, Severus rompit le baiser, laissant ses lèvres glisser le long de la mâchoire de son mari. Il descendit embrasser la peau douce et tendre de son cou puis entreprit d'aspirer et de mordiller la chair blanche à l'endroit le plus sensible, gratifiant Harry d'un superbe suçon, le marquant comme sien.
Il délaissa son cou pour retirer la chemise de son Veela, laissant une traînée de baisers brûlants de sa clavicule à son téton droit dont ses lèvres gourmandes s'emparèrent avidement. Ses doigts trouvèrent son jumeau et commencèrent à l'agacer méthodiquement. Il mordilla le petit bouton de chair qu'il avait aspiré et le relâcha à la brusque inspiration que cette action sollicita. Il donna de doux petits coups de langue pour l'apaiser puis répéta ses gestes du côté gauche. Harry gémissait sans arrêt, complètement perdu dans son monde de plaisir. Severus s'acharnait sur le torse de son mari, traçant de ses doigts diaboliques des arabesques complexes sur son abdomen. Il y fit lentement descendre sa bouche, insistant sur chaque point sensible, glissant sa langue mutine dans son nombril. Harry s'arqua, tentant de profiter au maximum de cette langue experte.
Severus, sans cesser ses explorations buccales, déboutonna le pantalon du jeune homme et le lui retira avec quelques difficultés, celui-ci ayant clairement des petits soucis à focaliser son esprit sur le simple fait de soulever les hanches. Quand il y parvint, Severus se pencha davantage sur le corps offert de son Veela et saisit l'élastique de son boxer noir, déformé par son érection, à pleines dents pour le faire glisser le long des jambes magnifiques de son mari. Il considéra quelques secondes le sexe fièrement dressé devant lui et fut poussé à agir par un miaulement de protestation sauvage de l'homme allongé sous lui. Il enroula doucement ses doigts autour de la hampe tendue et vint titiller le gland du bout de la langue. Un pauvre petit couinement plaintif lui répondit. Satisfait, il referma les lèvres sur la colonne de chair dure mais pourtant si douce…
Harry se réveilla en sursaut, entortillé dans ses draps souillés.
Encore ce rêve…
Enfin… Le rêve n'était pas toujours identique mais il n'en pouvait plus de voir toutes les nuits un Severus onirique lui faire tendrement l'amour alors que l'homme ne lui avait pas adressé la parole depuis une semaine. Depuis le matin suivant leur nuit de noces…
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Flashback
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Se trouvant seul dans le lit froid, Harry se leva et se prépara pour la journée.
Il s'est sûrement levé tôt pour faire joujou avec ses potions, va ! Même si ça fait vraiment très tôt… À peine 6h du mat !
Il prit le temps de se délasser sous une bonne douche bien chaude qui apaisa quelque peu ses courbatures et les tiraillements divers qui assaillaient son corps.
Il sortit de la salle de bain et considéra la chambre à la lumière du jour. C'était une belle pièce, spacieuse, décorée dans des tons ocre et terre, à la fois relaxants et chaleureux. Le mobilier était de bois clair, de bonne qualité mais sans ostentation. Harry ouvrit la grande armoire qui se tenait contre le mur opposé au lit et y trouva toutes ses affaires, pliées et bien rangées.
Uniquement ses affaires.
Une boule dure se forma dans sa gorge et il déglutit tant bien que mal pour tenter de la faire disparaître. Pourquoi n'y avait-il que ses vêtements dans cette armoire ?
Il attrapa les premières fringues qui lui tombèrent sous la main et s'habilla en quatrième vitesse. Il sortit à toute allure de la chambre pour se retrouver dans un corridor beige, doux et lumineux, et réaliser soudainement qu'il ignorait totalement la taille de la maison et encore plus sa disposition spatiale. Son mari ne lui avait pas fait visiter la veille. Comment allait-il se repérer là-dedans ? Il tilta tout à coup : ses affaires étaient rangées et il ne l'avait pas fait donc elfe de maison ! Ah oui mais encore fallait-il savoir son nom pour l'appeler…
Alors qu'il était perdu dans ses pensées, s'interrogeant sur le nom dont Severus Rogue aurait bien pu gratifier un innocent petit elfe, ce dernier apparut.
- Le Maître vient déjeuner ?
- Hmmmm ? Quoi ? demanda Harry, inconscient de la présence de la minuscule créature à ses côtés.
- Le petit-déjeuner Maître.
- Qui es-tu ? demanda le jeune homme avec un sursaut quand il s'aperçut que la voix était réelle.
- Tiny, Maître.
- Ravi de te connaître, Tiny. Appelle-moi Harry, tu veux bien ?
- Oh non, Maître ! s'exclama l'elfe, horrifié. Le Maître est le Maître !
Voyant que Tiny allait commencer à s'assommer à grands coups de murs bien solides, Harry s'excusa et lui dit que, dans ce cas, Maître Harry serait parfait. Le petit elfe se rasséréna et le conduisit à la salle à manger où le petit-déjeuner était servi. Harry mémorisa le trajet assez facilement. La maison semblait relativement grande mais il ne s'agissait pas non plus d'un manoir labyrinthique comme celui des Malfoy.
La salle à manger était une pièce de belle taille, dans les tons blanc et jaune poussin, ce qui la rendait très claire bien que d'un abord un peu froid. Le mobilier était plus sombre que celui de sa chambre et créait une harmonieuse disparité avec les murs pâles. Le jardin, très fleuri, était visible à travers les hautes fenêtres à la française et semblait inviter à paresser sur la pelouse.
Severus était assis à la table massive autour de laquelle la famille de Ron au grand complet tiendrait aisément. Harry vint s'asseoir en face de lui, très mal à l'aise. Puisque son mari ne levait pas les yeux de la Gazette, Harry en déduit qu'il était autorisé à se servir et il attaqua son repas. Il s'arrêta cependant vite de manger, la boule qu'il avait dans la gorge l'empêchant de profiter des délicieuses tartines préparées par Tiny. Il tenta à nouveau de la faire passer en avalant une gorgée de thé.
Du thé vert.
Pas du tout son favori, surtout pas si tôt le matin.
Devant ses infructueux efforts, il se résigna à poser la question qui le hantait depuis qu'il avait ouvert les yeux :
- Pourquoi est-ce qu'il n'y a que mes vêtements dans l'armoire ? murmura-t-il si bas que Severus cru avoir rêvé.
- Parce qu'il s'agit de votre chambre, bien sûr, répondit-il de sa voix perpétuellement froide.
La boule dure tomba au fond de son estomac, glacée.
Severus replia son journal comme si de rien était et sortit nonchalamment de la pièce.
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Fin du Flashback
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Harry ne comprenait pas pourquoi cela lui faisait si mal. Ce n'était pas comme s'il voulait partager sa chambre avec son mari, non ? Et pourtant… Pourtant, il se sentait de plus en plus mal, seul et complètement ignoré. Certes il ne tenait pas à avoir son professeur sur le dos toute la journée, mais il avait l'impression d'être en trop ici, comme avec les Dursley.
Un peu comme… Comme si son compagnon était plus heureux sans lui.
Il sentait vaguement le lien en temps normal. Tout ce qu'il exprimait était une diffuse sensation d'amertume… Mais, à chaque fois qu'il croisait par mégarde son époux au détour d'un couloir, il ressentait avec une terrible acuité un violent sentiment de malheur mêlé d'impuissance. Il passait toujours au moins une bonne heure à pleurer comme une madeleine, le nez enfoui dans son oreiller, après ça.
Et toutes les nuits, le Veela rêvait que son compagnon le câline et lui fasse l'amour très tendrement, lui susurrant qu'il l'aimait dans le creux de l'oreille.
Il ne comprenait pas ce qui se passait et personne ne l'aidait. Il avait fini par découvrir le salon lors d'un après-midi d'exploration et avait été fou de joie de voir une cheminée, pensant qu'il pourrait appeler à l'extérieur et peut-être voir ses pères ou ses amis, mais l'habituelle corbeille de poudre de cheminette n'était nulle part et il n'osait pas demander à Tiny de lui en apporter, n'étant pas sûr de ce que son mari ferait s'il l'apprenait. Il lui avait dit avant le mariage qu'il serait libre d'aller et venir mais pas qu'il pourrait faire tout ce qu'il voudrait dans la maison. Il lui aurait bien posé la question mais Severus restait systématiquement cloîtré dans son laboratoire au sous-sol toute la journée, et ne lui adressait de toute manière pas la parole lors de ses rares apparitions.
Il n'y a pas d'issue… Je le rends malheureux… Il est plus heureux quand je ne suis pas là…
Sur ce train de pensées cataclysmiquement déprimantes, Harry se leva et se rendit au sous-sol, en pyjama. Il y avait là une petite pièce à peine plus grande qu'un placard, couverte du sol au plafond de rayonnages surchargés de potions diverses et variées.
La réserve de son mari.
Il ouvrit la porte et se mit à la recherche d'une potion précise.
**********
Severus finissait un tout nouvel opus d'une potion sur laquelle il travaillait depuis de nombreuses années. Il pensait avoir enfin trouvé la solution cette fois. La co-habitation avec Potter lui paraissait plus simple que ce à quoi il s'était attendu. Le gosse ne débarquait pas sans arrêt dans son laboratoire et ne l'assommait pas avec son bavardage insipide. Il le croisait rarement dans les corridors ou à table et cela lui convenait à la perfection.
Au moment où il versait le contenu du chaudron dans les fioles prévues à cet effet, il sentit l'alarme de sa réserve s'activer. Son elfe n'y entrait jamais sauf si Severus lui demandait expressément de lui apporter une potion bien spécifique. Il n'y avait que Potter dans la maison. Il lui avait pourtant dit, avant la cérémonie, de ne pas aller fourrager dans son laboratoire ! La réserve en faisait bien évidemment partie ou est-ce que le cerveau du Gryffondor était encore plus inexistant qu'il ne le pensait ?
Il laissa ses fioles en plan et se dirigea vers sa réserve personnelle de potions.
La porte était ouverte et un filet de lumière s'échappait de l'ouverture. Il poussa doucement le bâtant et demanda d'une voix de velours glacée :
- Que pensez-vous faire dans ma réserve Potter ?
- Euh… Je cherchais une Potion de Sommeil. J'ai des difficultés à m'endormir, mentit Harry, baissant la tête, rouge jusqu'à la racine des cheveux de s'être fait surprendre. Il ne voulait pas que Severus puisse voir ses yeux et lire le mensonge en lui, pas plus qu'il ne souhaitait lui laisser voir à quel point le ton de sa voix lui faisait mal, ou l'emploi de son nom de famille.
- De ce côté, vous auriez obtenu un sommeil éternel, Potter. Les fioles de Potion de Sommeil sont ici.
Severus s'empara d'une fiole et guida son mari hors de la pièce. Il le poussa presque jusqu'à sa chambre, l'obligea à se coucher et lui fit avaler la potion. Puis il sortit, non sans placer sur le lit et la porte des sortilèges de surveillance pour savoir à quel moment le gamin se réveillerait ou essayerait de sortir.
Il se rendit pensivement jusqu'au salon et s'installa dans son fauteuil favori, à gauche de la cheminée.
Il ne comprenait pas ce gosse. Il lui laissait une chambre pour lui seul, le laissait libre de ses mouvements – tant qu'il ne s'approchait pas de son sacro-saint laboratoire – et ne lui imposait pas sa présence. Pourtant il semblait dépérir… Le retrouver en train de fouiner dans la section poison de sa réserve n'était certainement pas une bonne chose non plus… Il avait besoin de conseils… Et vite !
Il se leva et ouvrit un petit coffre en bois de rose délicatement ouvragé sur le manteau de la cheminée et prit une pincée de poudre. Il la jeta dans les flammes et, s'agenouillant devant l'âtre, cria :
- Lucius !
Il réitéra son appel une bonne demi-douzaine de fois avant qu'une tête blonde, sans la moindre mèche de travers, n'apparaisse dans les flammes.
- Severus ? Que se passe-t-il ?
- Viens, je t'expliquerai.
- Laisse moi le temps de m'habiller et j'arrive.
Severus tourna en rond, impatiemment, dans son salon, comme un lion en cage, attendant que Lucius daigne lui faire l'honneur de sa visite. Environ vingt minutes plus tard (qui parurent deux heures à ce pauvre Severus), la cheminée ronfla et un Lucius tiré à quatre épingles émergea gracieusement des flammes vertes.
- Severus. Que me vaut cette invitation à une heure que tout à chacun réserve au sommeil ? Le Seigneur des Ténèbres a-t-il miraculeusement ressuscité d'entre les morts ?
- Si seulement ! Non, c'est bien pire que l'avènement d'un mage noir, aussi fou et mégalomaniaque soit-il. Mais tu as pris tout ton temps…
- Ce n'est pas parce que tu oublies tout souci de bienséance que j'ai égaré mon sens des convenances, répliqua Lucius avec un petit sourire en coin. Il était parfaitement conscient du fait que son ami devait être pour le moins perturbé pour le faire venir à même pas 7h du matin.
- Certes, soupira Severus. Tu prends le petit-déjeuner ?
- Volontiers.
Les deux hommes s'installèrent autour de la petite table qui disparaissait presque entièrement sous l'abondance de plateaux apportés par Tiny pour leur repas. Après avoir dégusté une quantité fort respectable de viennoiseries diverses et de tartines grillées, généreusement beurrées et nappées des plus exquises confitures, les deux amis se renfoncèrent dans leurs fauteuils respectifs et se servirent une dernière tasse de thé pour aider à leur digestion.
- Alors, Severus, quelle urgence nécessitait ma venue à une heure si matinale ?
- C'est fort simple. Je souhaiterais solliciter ton opinion sur un problème que je rencontre.
- Et cela ne pouvait attendre une heure socialement acceptable ?
- Pas vraiment. Je sais que l'information n'a pas transpiré dans les journaux, et quand bien même, au vu de leur fiabilité, il faudrait que je t'explique la situation depuis le départ.
Severus prit une gorgée de son thé pour se détendre. Il n'aimait pas parler de sa vie privée, même à Lucius, et, aussi difficile soit-il de l'admettre, le gosse en faisait partie maintenant.
- Il y a un peu plus de quinze jours, Dumbledore m'a fait appeler dans son bureau pour que je réalise une potion de révélation pour les Veelas. Pour Potter. Je ne veux même pas savoir par quelle infortune j'ai été désigné comme compagnon de ce morveux. Il y a tout juste une semaine, le vieux fou a célébré le mariage. Et ce matin, les murs de protection autour de ma réserve se sont activés. Potter y était entré et fouillait dans mes poisons. Il m'a ouvertement menti en prétendant chercher une Potion de Sommeil. Je lui en ai fait avaler une dose après l'avoir ramené dans sa chambre. Je ne comprends rien au comportement des Veelas et je n'ai nullement l'intention de me faire lapider par l'ensemble de la population sorcière pour avoir laisser leur Sauveur se suicider avec un de mes poisons après m'avoir épouser.
- Je n'aurais pas cru que le rejeton Potter avait suffisamment de sang veela pour entrer en possession de son héritage et donc d'un compagnon…
- Personne ne s'y attendait.
- En effet… Que lui as-tu dit ? demanda brusquement Lucius sur un ton sévère.
- Je te demande pardon ?
- Un Veela ne tentera pas de s'empoisonner à moins d'être excessivement déprimé. Or un Veela ne déprime JAMAIS à peine une semaine après son mariage !! S'il est dans cet état c'est que tu as dit ou fait quelque chose qu'il ne fallait pas. Qu'est-ce que tu lui as dit ?
- Rien.
- Severus, je suis sérieux. Si tu veux éviter la lapidation, tu ferais bien de réfléchir et de me confier ce que tu lui as dit pour qu'il se mette dans un état pareil en si peu de temps. A moins que tu ne souhaites réitérer cet exploit ?
- Rien. Au sens propre du terme. Je ne lui ai pas parlé de la semaine sauf une fois, pour répondre à sa question quand il a demandé pourquoi l'armoire de sa chambre ne contenait que ses vêtements.
- Et tu t'étonnes ???
- Je devrais comprendre quelque chose ?
- Merlin ! soupira Lucius. On est pas sorti du crottin d'hypogriffe !
Severus regarda son ami de longue date comme s'il lui avait poussé trois têtes surnuméraires. Il en fallait beaucoup pour que le Mangemort le plus froid et contrôlé qui soit, qui n'avait pas même un jour gémi sous les Doloris du Seigneur des Ténèbres quelle que soit sa douleur, se mette subitement à jurer comme un charretier de bas étage.
- Severus, je te concède que tu ne l'as pas rejeté ouvertement et c'est la seule raison pour laquelle il n'est pas encore mort. Ignorer son Veela est sûrement le summum de la cruauté. Il en vient à penser que son compagnon serait plus heureux sans lui et il se trouve que son seul et unique but dans la vie est de rendre heureux ledit compagnon. En ne lui adressant pas la parole de la semaine, en l'évitant comme la peste - ce que je suis convaincu que tu as fait - et en faisant chambre à part, tu lui as parfaitement fait comprendre que sa présence n'était pas souhaitée et, au mieux, tolérée comme on tolère un chien qui a fait ses besoins sur un tapis persan hors de prix. Il a décidé d'agir et d'essayer de te rendre heureux quand même par le seul moyen qu'il avait à sa disposition : disparaître définitivement de ta vie. Comme il ne peut vivre sans toi…
- Non-sens. Il a été limpide comme le cristal lorsqu'il m'a précisé qu'il souhaitait le moins de contacts possible.
- Severus, s'il te plait, retire tes œillères pendant quelques minutes. Cesse de considérer la situation en te basant sur tes vieux préjugés à l'égard du garçon et écoute moi. Tu m'as fait venir ce matin parce que je suis un Veela alors laisse moi t'expliquer comment les choses fonctionnent pour ma race.
- Soit, grommela un Severus renfrogné.
- Très bien. Quelqu'ait pu être ta relation avec Potter auparavant, il est un Veela avant tout. Il a un besoin viscéral que tu t'occupes de lui, que tu le bichonnes. Evidemment vu le côté plutôt … tendu de vos interactions précédentes, on peut s'attendre à ce qu'il soit très confus à ce propos. Il est persuadé de te détester - ou tout du moins d'avoir pour toi un sentiment qui s'en rapproche – et pourtant il ne peut pas s'empêcher de vouloir que tu sois présent et gentil avec lui. Et cela date probablement d'avant le mariage. Même s'il ne l'a pas compris à l'époque, le lien a du commencer à le pousser vers toi dès qu'il est entré en possession de son héritage. Cela n'a fait que s'intensifier depuis. Il meurt probablement d'envie de venir se blottir dans tes bras dès que quelque chose l'ennuie pour que tu le rassures, et je ne te parle pas des rêves qu'il doit sûrement faire la nuit.
- Des rêves ?
- Oh oui. Les Veelas sont réputés pour quatre choses : être d'une jalousie possessive envers leur compagnon, leur être entièrement dévoué, être très sensuels et avoir les rêves érotiques les plus intenses qui soient, conclut Lucius avec un petit sourire très Serpentard.
- Potter m'a clairement fait comprendre qu'il n'était pas homosexuel et qu'il était hors de question que je pose la main sur lui après la consommation du mariage. Il devrait s'estimer heureux que je ne lui impose pas ma présence puisqu'il ne la désire visiblement pas.
- C'est un gamin complètement perdu, Severus ! Avoue qu'apprendre qu'on est un Veela et se retrouver marié à son professeur de potions, qui lui a, au demeurant, toujours bien fait sentir qu'il ne l'appréciait pas même un peu, en à peine quinze jours, est relativement difficile analyser sainement, même pour un Serpentard. Tous les instincts du Veela sont réveillés et ils ne correspondent pas ce que sa raison lui dit. Si tu ne l'aides pas à faire la part des choses, tu vas te retrouver veuf d'ici peu. Et sans le moindre doute enfermé à Azkaban pour meurtre sur la personne du Sauveur.
- Je ne suis pas affectueux par nature et je doute de jamais le devenir.
- Je sais. Je ne te demande pas d'être tout sucre, tout miel avec ton mari. Mais les Veelas passent souvent pour d'incurables romantiques. Ils ont besoin qu'on leur montre de l'affection. Ils ne vivent que pour cela après tout. Je pense qu'il faut que tu recolles les chaudrons cassés le plus vite possible. Essaye de lui montrer qu'il compte un peu pour toi.
Devant le regard courroucé que lui envoya son vieil ami, Lucius ne put se retenir d'éclater de rire :
- Allons, s'il ne comptait pas, ne serait-ce qu'un peu, tu l'aurais laissé prendre la première fiole de poison venue, Severus, et tu ne m'aurais jamais demandé conseil. Tu le sais aussi bien que moi. Si l'idée de t'ouvrir un peu à lui te fait peur, dis-toi qu'il est sûrement terrorisé à cette perspective et que, quoiqu'il arrive, il ne pourra jamais te trahir.
- Je sais qu'il ne veut pas de moi et qu'il ne le voudra jamais. Qui le voudrait ?
- Laisse-le en juger, Severus. Laisse-le te connaître au moins. Comment veux-tu qu'il ait envie de passer du temps avec toi autrement que ce que son instinct lui dicte si tu ne lui parles même pas ? Je ne sais pas si tu es au courant, mais il existe un lien perceptible entre un Veela et son compagnon qui rend le Veela capable de sentir les émotions de sa moitié. L'évolution actuelle de votre relation est mauvaise et je pense que votre lien est très faible mais il doit quand même être capable de ressentir tes sentiments violents. Je te conseille de faire attention à brider tes émotions négatives, surtout quand tu es près de lui. Un Veela a toujours tendance à s'estimer être la source de tout ce qui arrive à son compagnon. Cela risquerait de le perturber plus qu'il ne l'est déjà.
- Je ne suis pas doué pour tout cela, lâcha froidement Severus.
- Pour cacher tes émotions ? Si. Pour les révéler par contre…
- Tu… tu n'accepterais pas de lui parler ? demanda Severus, presque timidement. Entre Veelas…
- Moi ? Merlin, je ne pense pas que ce soit la meilleure idée… Je ne le connais pas et une chose est sûre, il ne me fait pas confiance. Pourquoi ne pas demander à la fille Granger de lui expliquer ? Si ce que Draco et toi m'avez dit à son sujet est fondé, elle a probablement lu tous les grimoires possibles et imaginables ayant ne serait-ce que le plus petit rapport avec les Veelas.
- Je suis actuellement surpris qu'elle n'ait pas déjà débarqué ici avec armes et bagages pour lui donner des cours sur le sujet…
- Peut-être n'a-t-il pas osé lui demander de venir ? s'enquit Lucius.
- Je lui ai pourtant dit qu'il pouvait aller voir qui il voulait et qu'il pouvait inviter ses amis pour peu que je sois prévenu.
- Pose lui la question. Cela fera un bon début de conversation pour vous deux !
Severus le regarda vraiment de travers cette fois.
- Tu sais que la situation ne s'arrangera pas d'elle-même, Severus. Invite la fille ou ses parents pour qu'il puisse parler de ses angoisses avec quelqu'un en qui il a confiance et prouve lui qu'il compte pour toi. Parle lui. Expliquez vous. Et puis, fais de petites choses pour lui… Je ne sais pas moi… Console le s'il se sent mal, apporte lui le petit-déjeuner au lit, discutez en faisant le tour du jardin… Ce genre de choses. Ca n'a l'air de rien mais cela t'aidera à installer cette relation sur des bases un peu plus saines, et surtout plus durables.
- Ca ressemble beaucoup à une cour en bonne et due forme de mon point de vue… grommela Severus.
- Tu ne l'as pas courtisé avant de l'épouser, non ? Je me trompe en pensant que tu ne serais pas contre le fait de l'avoir parfaitement consentant dans ton lit ?
- Je… Non.
Il n'avait jamais pu mentir à Lucius. Il chérissait bien trop cette amitié pour cela. Oui, bien sûr, il voulait son mari dans son lit et même plus. Il savait que les Veelas étaient sensés tomber amoureux de leur compagnon mais il n'arrivait pas à admettre que qui que ce soit puisse un jour l'aimer, lui. Il avait vingt ans de plus que son jeune époux et il ne risquait pas de concourir pour un prix de beauté, pas plus que pour un prix d'amabilité non plus d'ailleurs. Alors qu'Harry, lui, était magnifique, gentil, et très apprécié de tout le monde.
- Tu sais ce qu'il te reste à faire : séduis le !
Severus soupira fortement :
- Ca va pas être simple…
- J'en doute en effet… Bien que la conversation ait été passionnante, j'ai plusieurs rendez-vous ce matin. Je vais devoir te laisser, conclut Lucius, se levant souplement.
Contrairement à ses habitudes, le blond prit brièvement Severus dans ses bras pour l'assurer de son soutien avant de repartir d'où il était venu. Juste avant d'entrer dans la cheminée, il lança un dernier commentaire :
- Oh Severus, arrête de l'appeler Potter. Tu l'as épousé, je te le rappelle.
Lucius disparut enfin.
*************
Salon, 9h30.
Le séduire… Pfffuuu ! Une paille !! Il en a de bonnes lui ! Enfin…. Tout d'abord organiser la venue de l'autre Miss-je-sais-tout…
Severus dut de nouveau se lever pour passer un nouvel appel par cheminée, pour le Terrier cette fois. Il eu quelques difficultés à parler à Granger sans rien révéler aux parents Weasley qui semblaient refuser tout net de le laisser avoir une quelconque discussion avec qui que ce soit sans avoir pu s'enquérir de l'état de santé d'Harry auparavant. Ses années d'espionnage intensif n'avaient jamais été aussi utiles que depuis qu'Harry avait 17 ans. Même le Seigneur des Ténèbres dans ses plus mauvais jours ne l'avait pas fait autant transpirer…
Il parvint finalement à obtenir qu'Hermione vienne prendre la communication.
- Professeur Rogue ? Bonjour. Il y a un problème avec Harry ?
- Bonjour Miss Granger. En effet, il y a un problème. Rien de grave mais son instinct de Veela semble poser quelques difficultés à Potter. Pourriez-vous venir dans l'après-midi ? Je vous expliquerai plus en détail à ce moment-là, requit Severus avec sa froideur coutumière.
- Bien entendu, professeur. Donnez-moi l'adresse et je serais chez vous à 16h, si cela vous convient.
Severus lui communiqua les informations nécessaires puis retourna s'asseoir dans son fauteuil favori, profondément perdu dans ses pensées.
***********
Résidence de Severus Rogue, 11h15.
Severus fut brutalement tiré de sa méditation par les alarmes qu'il avait placées sur son mari.
Potter. Encore ? Il devrait encore dormir pourtant…
Il se leva à regret de son fauteuil confortable pour se rendre dans la chambre du jeune homme. Il poussa la porte et découvrit son mari remuant violemment sous les couvertures et hurlant, à deux doigts de tomber du lit sous l'emprise d'un cauchemar apparemment tout sauf sympathique. Il s'approcha et, sans prendre le temps de contourner le lit à baldaquin pour atteindre le côté sur lequel le garçon reposait, il se pencha au-dessus du matelas pour secouer la forme prostrée et geignante.
Alors que Severus hésitait à utiliser le nom de famille du jeune homme - la voix de Lucius résonnant dans ses oreilles - , celui-ci se réveilla et, perdu entre les brumes à demi dissipées de son rêve sanglant, le Veela reconnut son compagnon. Avant que Severus n'ait pu esquisser le plus petit mouvement d'orteil, il se retrouva les bras pleins d'un jeune Veela paniqué qui nicha instantanément son visage au creux de son cou, ses mains s'ouvrant et se fermant convulsivement sur sa robe comme les pattes d'un chat. Le pauvre professeur manqua de s'étaler fort inélégamment en travers du lit, sur son Veela. Il tenta de se redresser et d'adopter une position un peu plus digne mais son mari poussa un petit miaulement pitoyable et se serra davantage contre lui, de peur qu'il ne se dégage et ne l'abandonne. Severus soupira intérieurement et passa un bras autour de son Veela pour pouvoir bouger et soulager son dos dont la courbure forcée s'avérait, en cet instant, des plus douloureuses. De ce fait, il finit assis sur le lit, enlaçant son mari blotti tout contre lui. Le Veela sentait bien, enfin. Entre les bras chauds et accueillants de son compagnon, il était rassuré. Son odeur, masculine, épicée, le réconfortait et sa peau douce, si douce… Il mourrait d'envie de l'embrasser, de le goûter du bout de la langue, juste là dans le petit creux à la lisière du col de sa robe noire…
La sensation était des plus agréables pour Severus également mais il n'en restait pas moins que Potter avait réussit à se réveiller plus de deux heures trop tôt, étant donné la quantité de Potion de Sommeil que Severus lui avait fait ingurgiter. Il décida de ne pas bouger mais d'obtenir tout de même le fin mot de l'histoire. Il ne savait pas trop par où commencer cela dit…
- Quel était ce cauchemar ?
- Rien, marmotta vaguement une toute petite voix, le commentaire de son compagnon avait brisé l'harmonie du moment et il était un peu gêné maintenant.
- Je ne dirais pas ça… Vous auriez dû dormir encore deux bonnes heures avec cette potion.
Harry se dégagea des bras de son mari et, gardant la tête basse, se retint de répondre que la potion avait peut-être un problème et pas lui. Il n'était pas judicieux d'attaquer son mari sur sa profession, surtout pour une fois qu'il venait le consoler. Enfin… Presque.
- Pourquoi m'avoir réveillé ?
- Parce qu'on réveille les gens qui cauchemardent, en règle générale. Pour que le rêve s'arrête. Pourquoi ? Personne ne vous a jamais réveillé de l'un d'eux auparavant ?
- Comment… ? Comment vous savez que j'en ai régulièrement ? s'exclama Harry en relevant brusquement la tête.
- Vous avez participé à la guerre avec un énorme poids sur les épaules et avez vu plus d'horreurs que bien des adultes. Il est naturel de faire des cauchemars après ce genre d'événements.
- Je… J'en fais souvent. Ce n'est pas grave. J'ai l'habitude. Comment avez-vous su ? Je place toujours des sorts de silence.
Severus haussa un sourcil à cette information. Mettre des sorts de silence sur son lit n'était pas chose anodine et pourtant lui en parlait comme d'un match de Quidditch... Il ne pensait pas qu'il obtiendrait une réponse à ce sujet en pressurant le gamin maintenant. Sa réaction au fait qu'il l'ait réveillé était déjà suffisamment intrigante… Comme si… Comme s'il avait peur de déranger…
Surprenant.
Et incontestablement déplaisant.
Il reviendrait sur ce point plus tard. Il ne pensait pas que Potter lui fasse assez confiance à l'heure actuelle pour aborder avec lui un thème aussi privé. Lui ne le ferait pas. Il opta pour sa seconde possibilité : répondre à la question.
- J'ai placé sur vous des sorts d'alerte après vous avoir vu en train de farfouiller dans mes poisons.
- Euh… , fut tout ce qu'Harry parvint à faiblement articuler. Il détourna vivement le regard et pria très fort pour que son mari laisse tomber ce sujet.
- Pas la peine de détourner les yeux. Je n'ai pas l'intention de laisser mon mari s'empoisonner ainsi. Il est clair que nous avons tous les deux des difficultés avec cette … relation. J'ai demandé à Miss Granger de venir cette après-midi. Je pense que vous serez plus à l'aise avec elle pour parler qu'avec moi. Je suis d'ailleurs fort surpris que vous n'ayez pas sollicité sa présence et ses conseils plus tôt. Elle sera là vers 16h.
- Merci, murmura doucement Harry, honnêtement étonné que son compagnon ait pris cette peine.
Severus savait que Potter ne lui dirait rien. Il estima qu'il avait fait beaucoup d'efforts en une matinée et qu'un peu de détente dans son laboratoire serait la bienvenue. Il informa son mari qu'il ne déjeunerait pas puisqu'il avait une potion sur le feu et partit.
Harry resta seul, assis en tailleur sur son lit. Il ne comprenait pas très bien, encore une fois. Son mari était venu le secouer pour qu'il sorte d'un cauchemar, l'avait gardé contre lui quand il s'était agrippé alors qu'il aurait très bien pu le repousser, avait contacté Hermione pour lui mais il repartait comme si de rien était dans son laboratoire ?? Harry secoua mollement la tête, perplexe. Se pourrait-il que son compagnon trouve quand même un certain intérêt à sa présence ?
***********
Résidence de Severus Rogue, 16h précise.
Hermione émergea de la cheminée dans un salon confortable, aux couleurs chaudes.
Inattendu…
- Miss Granger.
- Professeur.
- Du thé ?
- Avec plaisir.
Installés exactement comme avec Lucius le matin même, Severus entreprit de relater brièvement les faits.
- Pourquoi ne m'a-t-il pas appelée au lieu de foncer tête baissée dans une réserve de poisons ?! Il sait bien que je serais venue aussitôt !
- Je l'ignore. Je n'ai pas voulu le pousser ce matin à son réveil. Ses cauchemars ont l'air relativement violents et, bien que je sois Serpentard, il existe des moments où presser son avantage est préjudiciable à long terme.
- J'ai l'impression que vous tenez à lui, professeur, affirma Hermione avec un petit sourire amusé.
Le regard noir qu'elle reçut en retour suffit pour lui faire perdre son sourire. Elle opta pour le repli stratégique et prit une gorgée de thé aux fruits noirs bien fort pour se donner contenance. Elle reposa sa tasse sur le plateau puis se leva et annonça :
- Je devrais aller le voir.
- Tiny !
Le petit elfe transplana immédiatement dans le salon.
- Oui, Maître ?
- Conduis Miss Granger chez Potter, s'il te plait.
- Oui, Maître, tout de suite.
Tiny se tourna vers Hermione, dans l'expectative. Tout en notant la politesse avec laquelle Rogue s'adressait à son elfe, elle soupira devant l'inefficacité de la S.A.L.E. et se prépara à suivre le serviteur jusqu'à l'endroit où se trouvait son meilleur ami.
- Professeur, si je puis me permettre… Vous devriez essayer d'appeler Harry par son prénom, il apprécierait.
Hermione se sauva à la suite de la minuscule créature qui avançait à toute vitesse dans les couloirs. Elle ne tenait pas le moins du monde à voir comment son professeur avait pris sa remarque.
Tiny s'arrêta devant une lourde double porte en chêne, ornée de serpents en fer forgé.
- Maître Harry est là, Miss.
- Merci Tiny.
Hermione poussa la porte avec quelques difficultés mais parvint à entrer pour trouver Harry menaçant d'être englouti par une marée de livres, grimoires, rouleaux de parchemins et autres opuscules.
- Harry !
- Eh Hermione !
Elle vint le prendre dans ses bras et le serra très fort pendant quelques instants avant de reculer, les mains sur les hanches, très semblable à Molly Weasley, et de le sermonner :
- Harry James Potter-Black !! Qu'est-ce que tu allais faire dans une réserve de poisons ?!?!?
