Coucou tout le monde!
Voilà ce chapitre est enfin arrivé!!! Avec une nouvelle histoire (que je n'écrirais pas tout de suite, rassurez-vous!) qui me trotte gentiment dans la tête, les conditions n'étaient pas idéales pour une rédaction rapide!
Mais j'y suis tout de même arrivée!
Bonne lecture!!
Chapitre 16
Le Terrier, 6h45.
- Tu pars bien tôt ce matin… Une urgence ? s'enquit Molly lorsqu'elle vit son mari expédier son petit-déjeuner, avalant sa tasse de café cul sec, sans prendre le temps d'y répartir le sucre d'un vigoureux coup de cuiller, et ne mangeant rien.
- J'ai reçu un billet d'Hermione hier soir. Elle a besoin d'un conseil magique pour ses fiançailles avec le jeune Malfoy, répondit distraitement Arthur en enfilant sa robe de sorcier.
- QUOI ? Elle… elle…
Molly, stupéfaite, ne trouvait plus ses mots et lâcha son torchon, considérant son époux bouche bée.
- Et tu ne m'a rien dis ?!
- Mollynouchette, tu dormais déjà. Je n'ai pas voulu te réveiller…
- Je viens avec toi ! s'exclama-t-elle d'un ton sans réplique.
- Mais Molly, il n'y a aucune raison pour que…
- Cette pauvre petite va avoir besoin de soutien et ce n'est pas toi qui va le lui apporter, l'interrompit l'autoritaire mère de sept enfants. Tu n'as jamais été très doué pour ce genre de chose. Une présence féminine est indispensable dans cette circonstance.
Arthur regarda sa femme détacher son tablier et recoiffer brièvement ses cheveux, renonçant à se disputer avec elle à ce propos. Il savait d'avance qu'il n'obtiendrait pas gain de cause et ne tenait point à se trouver déjà énervé et d'une humeur passablement maussade devant les Malfoy. Autant conserver son calme jusqu'au dernier moment…
Il passa dans le salon et attendit près de la cheminée que sa femme soit prête. Il était inutile de partir en avance, elle ne ferait que le suivre en ronchonnant et exprimerait ses sentiments négatifs au moment le plus inopportun pour bien lui faire comprendre qu'elle n'était pas satisfaite.
Il aimait son épouse, sans réserve, mais elle avait parfois le don de le prendre à rebrousse-poil…
**********
Bureau d'Albus Dumbledore, 6h49.
- C'est très gentil de me permettre d'attendre Mr Weasley dans votre bureau, Professeur, sembla s'excuser une Hermione très nerveuse qui se tortillait sur sa chaise depuis son arrivée.
- Mais c'est tout naturel, Miss Granger ! s'exclama joyeusement le vénérable sorcier, glissant son troisième bonbon au citron du matin entre ses lèvres. Une petite tasse de thé pour patienter ? Un bonbon ?
- Non merci.
Hermione avait été très surprise de recevoir, très tôt, un hibou requérant sa présence dans le bureau directorial. Elle avait tout d'abord cru avoir fait quelque chose de répréhensible dont elle n'avait pas souvenance puis, réfléchissant, avait conclu qu'elle n'avait rien à se reprocher mais qu'Arthur Weasley avait du demander au professeur Dumbledore l'autorisation d'utiliser sa cheminée pour venir la conseiller.
La jeune femme était atrocement stressée et n'avait pratiquement pas dormi de la nuit. Elle aurait eu besoin d'Harry à ses côtés pour alléger son tourment mais le petit Veela n'était guère lève-tôt et se reposait sûrement encore quelque part dans les cachots. Ron ne pouvait lui être d'aucun secours, non pas qu'il le désire. Il semblait, depuis la veille, prendre un malin plaisir à la faire culpabiliser alors qu'il était responsable tout autant qu'elle de la distance qui s'était installée entre eux et que, quoi qu'il advienne, personne ne pouvait se mettre entre un Veela et sa compagne, pas même cette dernière.
Elle fut tirée de ses pensées par l'âtre qui s'illumina soudainement de vert, laissant apparaître la silhouette rousse et dégarnie de Mr Weasley qui sauta prestement de côté pour ménager une place à la sorcière replète qui le suivait. Molly eut tôt fait de secouer les rares cendres qui avaient élu domicile sur sa robe et se précipita sur Hermione, les bras tendus.
- Hermione, ma pauvre petite !! Comment te sens-tu ? Je suis venue de te soutenir dans cette épreuve…
- Molly, ma chère, laissez donc Hermione respirer, s'immisça Albus devant le visage d'Hermione qui bleuissait à vue d'œil et l'air désemparé d'Arthur qui ne savait comment maîtriser le tempérament flamboyant de sa femme. Je vous offrirais volontiers une tasse de cet excellent thé au citron mais vous êtes attendus et mieux vaut ne pas arriver en retard et donner une mauvaise impression à la future belle-famille de Miss Granger.
Le vieux sorcier se leva et précéda la petite troupe vers les appartements mis à disposition des Gouverneurs de l'école. Il les laissa devant le tableau d'un dragon majestueusement enroulé autour d'une sphère d'argent et regagna son bureau, préparant une liste mentale de pâtisseries pour accompagner son thé matinal.
**********
Appartements temporaires de Lucius Malfoy, même heure.
- Draco, assied-toi. Creuser une tranchée dans le tapis ne t'aidera en rien, je t'assure, déclara gentiment Narcissa à son fils qui allait et venait le long de la cheminée, le teint pâlichon, se tordant les mains.
Lucius avait envoyé un mot à sa femme pour la tenir informée des événements et l'avait trouvée le matin – et qui plus est affreusement tôt – sur le pas de la porte, frappant calmement pour qu'il la fasse entrer. Elle avait balayé sa surprise d'un revers de main, lui laissant entendre qu'il était de son devoir de mère d'être présente et qu'il se trompait lourdement s'il s'imaginait pouvoir la faire repartir.
- Je ne peux pas, Mère…
- Draco… l'avertit placidement Lucius.
La voix de son père ne prêtait guère place à interprétation et le jeune Veela obéit, s'échouant dans un fauteuil en soupirant. Que se passerait-il si sa compagne ne voulait pas de lui ? Il n'avait jamais été ne serait-ce que poli avec elle. Il l'avait insultée, maltraitée et moquée pendant six ans. Six longues années qu'il ne pouvait espérer effacer d'un coup de baguette.
Bien trop rapidement à son goût, un raclement sec vint de la porte, le faisant bondir sur ses pieds, les yeux démesurément écarquillés, comme une petite marmotte débusquée par un renard affamé. Narcissa et Lucius se levèrent également, quoi qu'avec plus de dignité. La première alla se placer près de son fils tétanisé, posant une main rassurante sur son épaule et l'enjoignant à respirer à fond, ce qui sembla apaiser suffisamment le garçon pour que son masque impassible glisse de nouveau sur son visage. Lucius, quant à lui, se dirigea lentement vers le tableau et le fit pivoter lorsqu'il se fut assuré que son fils avait perdu cet air follement déphasé qu'il arborait depuis son entrée dans la pièce, une bonne demi-heure plus tôt.
Hermione Granger, les yeux dilatés et manquant cruellement d'assurance, fut poussée à l'intérieur par Arthur Weasley qui offrit au maître des lieux un petit hochement de tête en guise de salut. Si Lucius fut étonné que la jeune femme ait pris un conseil, il ne le laissa pas paraître. Il haussa simplement un sourcil tandis que Molly passait devant lui sans daigner noter sa présence.
Arthur ne pouvait guère prendre l'initiative de se montrer courtois envers Draco puisqu'ils n'avaient jamais été officiellement présentés. Bien qu'il n'ait en aucune manière appliqué les règles de la bienséance de la haute société dans sa vie quotidienne, Arthur les connaissait parfaitement et une telle faute d'étiquette risquerait fort de faire débuter cette concertation sous de mauvais auspices. Aussi préféra-t-il s'abstenir.
- Lucius, Narcissa, déclara Arthur d'une voix polie, paroles diligentement reprises par sa femme sur un ton étouffé.
Lucius s'avança dans le salon et présenta son fils, recevant en retour une présentation formelle d'Hermione. Les salutations d'usage échangées, ils s'installèrent autour de la table qui portait un copieux petit-déjeuner.
Draco était beaucoup plus calme maintenant que l'odeur apaisante de sa compagne l'enveloppait douillettement. Il n'était pas plus avancé sur les intentions de la jeune femme qu'auparavant mais tout du moins était-elle là. Elle avait l'air aussi perturbée que lui par tout cela et ne semblait pas avoir dormi de la nuit s'il en jugeait par les cernes que le glamour ne parvenait pas à dissimuler totalement. Elle poussait la nourriture d'un bord à l'autre de l'assiette, portant occasionnellement une infime quantité à ses lèvres.
Lorsque la première tasse de thé fut achevée, et seulement à ce moment, Lucius commença la discussion.
- Miss Granger, étant donné que vous avez amené avec vous un conseil, je présume que vous savez quel est le but de cette petite réunion ?
- Vaguement. J'ai étudié soigneusement les Veelas lorsque Harry s'est révélé appartenir à ce peuple mais je n'ai trouvé nulle trace de ce genre de… conversation dans les volumes que j'ai compulsés.
- Il ne s'agit en effet pas du genre d'information que les Veelas aiment à coucher sur le parchemin, mais cela fait partie d'une tradition bien ancrée dans la société sorcière. Nous devons régler certains détails préalablement à l'organisation du mariage à proprement parler, qui, elle, se fera avec vos parents, et éventuellement un conseil s'ils le souhaitent. Vous avez été élevée par des moldus et une remise à niveau en coutumes et traditions sorcières s'impose, de même que quelques cours de maintien… Savez-vous danser ?
Hermione regardait son futur beau-père comme s'il avait perdu l'esprit. Arthur crut bon d'intervenir.
- Hermione, un mariage traditionnel comporte toujours un bal. Il est primordial que tu saches parfaitement danser sur toute chanson susceptible d'être jouée. Cette requête est parfaitement légitime.
- Mais pour Harry…
- Il n'y avait en effet pas de bal, répondit Arthur, mais je doute que cela eut été du goût de Severus…
- Il aurait très certainement tué sur place le premier qui aurait osé proposer une telle idée, s'amusa Lucius. Mais il va sans dire qu'aucun Malfoy ne se marie sans une réception officielle digne de ce nom, ce qui comprend un bal.
- Je présume que je pourrais avoir besoin de quelques cours, reprit Hermione un peu déboussolée, mais vraiment pour le maintien, je…
- Excusez-moi, Miss Granger, l'interrompit doucement Narcissa. Je suis navrée de devoir vous couper la parole mais, avant que vous ne vous emportiez, vous devez savoir que ce que nous qualifions de maintien prend en compte la manière de se comporter en société. Avez-vous déjà participé à un dîner protocolaire ou à une réception ?
- Euh… je ne pense pas, hésita la jeune femme.
- Vous le sauriez si tel était le cas, répliqua Narcissa avec un léger sourire. Voyez-vous, un repas en compagnie de la bonne société sorcière nécessite de respecter certaines règles et une étiquette très stricte, concernant tout autant votre tenue que vos manières. Si vous aviez à l'idée de passer la salière à votre voisin de droite, vous froisseriez affreusement les convives, tout comme si vous preniez la mauvaise cuiller ou vous trompiez de sous-tasse. De même est-il outrancier ou provoquant de porter certaines couleurs en certaines occasions… Nous souhaitons simplement vous permettre d'évoluer dans ce milieu, qui vous est inconnu et dans lequel vous allez être constamment scrutée pour déterminer si oui ou non vous êtes à la hauteur du nom que portez, avec autant d'aisance que possible dans un délai si réduit. Il s'agit d'éléments que votre éducation moldue n'a pas pu vous permettre d'intégrer.
- Bien sûr, mon éducation, siffla Hermione, se sentant rabaissée par la diatribe de la belle blonde et n'appréciant pas une seconde son discours guindé.
- Miss Granger, intervint Lucius assez froidement, vos origines ne sont pas en cause. Je suis persuadé que vous allez en éprouver un choc mais je n'ai rien de particulier contre les moldus, quand bien même je choisis de ne pas les fréquenter socialement. J'ai des intérêts dans plusieurs industries de pointe moldues et ne m'en cache point, même si ce fait n'est pas de notoriété publique. Ce que je réprouve n'est pas l'éducation qui est donnée aux enfants nés de moldus, tout à fait convenable pour le monde dans lequel ils ont vu le jour, non, je suis contre la conception erronée du Ministère selon laquelle ils sont aptes à se fondre dans notre société sans jamais en avoir appris les fondements. C'est à l'origine pour défendre les traditions qui ont formé notre monde qu'un certain groupe dont je faisais partie s'est constitué. Et je ne renie certes pas mon profond respect des anciennes traditions.
Hermione compris l'allusion et réfléchit rapidement, mettant en perspective ce qu'elle savait de la guerre, ce qu'Harry lui avait récemment confié sur l'homme qui se tenait de l'autre côté de la table, grignotant une tranche de brioche recouverte d'une épaisse couche de confiture de prunes, et ce que son instinct lui dictait. Elle n'avait pas confiance, non, mais était prête à offrir à Lucius le bénéfice du doute.
Pour l'instant.
Molly passa un bras autour de ses épaules pour la soutenir silencieusement alors que Narcissa reprenait la parole.
- Il n'était nullement dans mes intentions de vous froisser, Miss Granger. Je pensais simplement vous proposer de vous enseigner ce qui vous sera indispensable pour le mariage. Je peux aisément rester ici jusqu'à la date que nous fixerons avec votre famille pour la cérémonie, et vous initier à notre mode de vie pendant des périodes libres de votre emploi du temps.
- Votre offre est très généreuse, Narcissa, répondit Arthur avec un petit signe de tête. Hermione, tu devrais y réfléchir.
Il n'était pas courant que la future belle-mère se propose d'aider en personne la jeune femme qui allait lui ravir son enfant. La plus en vue des deux familles donnait ses termes et laissait à l'autre le soin de gérer les contraintes qui lui étaient imposées. Sous-entendu : les représailles seraient terribles en cas de manquement.
Les Malfoy faisaient preuve d'humanité, ce qui n'était pas sans surprendre Arthur. La famille, et tout ce qui s'y rattache, avait toujours été l'un des points névralgiques des Sang Purs. Elle passait avant tout le reste.
Même la fierté.
Mais dans le cas des Malfoy, il ne s'était pas attendu à une application aussi sincère de ce principe.
- Draco vous a plus d'une fois décrite comme une jeune personne avide de connaissances, déclara Lucius d'une voix dans laquelle perçait un certain amusement. Je vous assure que nous n'avons pour but que de vous faire découvrir une partie de notre culture qui vous permettra de vous sentir plus en adéquation avec la place que vous allez dorénavant occuper dans la haute société.
Hermione hésitait un peu.
Pas sur le fait de se retrouver seule avec Narcissa Malfoy pour des cours particuliers de… Merlin seul sait quoi exactement… Non, curieuse comme une belette, elle avait déjà commencé à intégrer des heures supplémentaires dans un planning atrocement surchargé. Ce qui l'ennuyait dans tout cela était de commencer à voir cette famille sous un jour inattendu.
Harry lui avait expliqué que Lucius l'avait beaucoup aidé à comprendre le monde sorcier, ce qui se passait dans sa tête, entre lui et Severus. Hermione avait simplement intégré cette information et l'avait considérée comme une entraide de plus ou moins bonne grâce entre deux ressortissants de la même race.
Elle savait que Lucius était, tout du moins partiellement, poussé par l'envie de sauvegarder le prestige de son nom qu'une union avec une née-moldue ne pouvait qu'entacher, Veela ou non.
Cependant…
Rien ne les obligeait, lui ou sa femme, à suggérer de passer du temps à lui enseigner quoi que ce soit. Il devait exister des tuteurs privés que l'on pouvait embaucher pour l'occasion. Ou ils auraient très bien pu se décharger de cette corvée sur Molly qui lui tapotait gentiment la main sous la table.
Soit, mauvaise idée.
A chaque fois que Ron mentionnait une coutume quelconque, c'était toujours son père qui la lui avait enseignée, et non sa mère. Sans compter que la réaction de la sorcière rousse au mariage d'Harry avait été franchement négative… Elle n'était pas persuadée que Molly tienne plus que cela aux vieilles croyances, en tout cas pas sans un tri rigoureux entre ce qu'elle jugeait convenable et le reste.
Elle avait l'impression que les Malfoy faisaient en sorte que tout se passe pour le mieux et cela même était troublant.
Réalisant que tout le monde attendait sa réponse, la jeune femme sortit de ses pensées et, jetant un regard vers Draco qui fixait obstinément son assiette à laquelle il n'avait guère touché, parla d'une voix posée, aussi diplomatiquement que possible.
- Je serais ravie d'en apprendre davantage sur les coutumes ancestrales des grandes familles sorcières, ainsi que tout ce que vous jugerez nécessaire pour mon… intégration dans la sphère que je serais amenée à fréquenter. J'ai toujours regretté que le pendant sorcier des cours d'étude des moldus n'existe pas. Il est vrai que la plupart des élèves possède au moins un parent sorcier mais pour les autres… Il y a malheureusement une limite au savoir que les livres peuvent apporter.
- C'est un point sur lequel je me bats contre Albus Dumbledore depuis de nombreuses années mais je ne désespère pas de lui voir entendre raison, déplora Lucius.
- Je croyais que vous refusiez l'accès à Poudlard des nés-moldus ? demanda aussitôt Hermione sur un ton plus accusateur qu'elle ne l'avait estimé.
- Je considère comme une erreur d'accepter dans cette institution des élèves qui n'ont pas la plus petite notion du monde magique. Ils devraient soit se voir dispenser le minimum d'information dans le cursus de Poudlard, soit suivre au préalable des cours pour ne pas débarquer ici comme des strangulots hors de leur mare par temps de sécheresse. Il est délétère aussi bien pour eux que pour notre société que cette situation perdure. Ceci étant clarifié, pouvons-nous poursuivre ?
- Bien entendu, Lucius, déclara Arthur, interrompant Hermione alors qu'elle ouvrait la bouche pour protester.
La jeune femme se rencogna dans son siège, résistant à l'envie de faire la moue. La conversation prenait un tour intéressant et, bien sûr, on l'empêchait de la continuer… Elle se fit la réflexion que si elle épousait Draco Malfoy, elle aurait de nombreuses années devant elle pour discuter politique avec son beau-père et se calma, focalisant son attention sur les deux hommes en pleins pourparlers.
- … un rendez-vous chez le tailleur officiel de la famille pour refaire sa garde-robe, termina Lucius.
- Un trousseau classique comprenant la robe de mariée, 4 robes de soirée pour les réceptions, 3 robes de sorcière pour les sorties en journée, un ensemble de détente, une tenue de cheval ainsi qu'une tenue de sport, 2 tenues d'intérieur pour les réceptions informelles et l'assortiment coutumier de vêtements et sous-vêtements dont une jeune sorcière a besoin dans sa vie quotidienne, je suppose ? s'enquit Arthur, écrivant dans le même temps les requêtes de Lucius sur parchemin.
- En effet.
- Peut-être devrions-nous aussi inclure deux uniformes neufs pour Poudlard… marmonna Mr Weasley, sa plume grattant le vélin. Des limitations quant aux tissus ou aux couleurs ?
- Les Malfoy ne portent pas de jaune, clair ou sombre, pour des raisons évidentes. L'or est également prohibé. Toute autre couleur en harmonie avec le teint de la personne concernée est acceptable, à l'exception du blanc et des différentes nuances de rose dont le port est strictement réglementé par nos règles de bienséance. Le coton n'est pas favorisé s'il n'est pas sous forme de taffetas ou de mousseline et ne peut dans ce cas convenir qu'aux tenues décontractées à condition qu'il soit de qualité supérieure. Les sous-vêtements sont obligatoirement de soie ou de satin, la décoration étant laissée libre.
- Prenez-vous en charge le coiffeur pour la cérémonie ?
- Mon coiffeur personnel se fera une joie de porter assistance à Miss Granger pour ce grand jour, acquiesça Narcissa.
- Récapitulons : des cours de maintien et traditions, assurés aimablement par Lady Malfoy, des cours de danse, assurés par un instructeur privé dont le choix est laissé à la famille Granger pour peu qu'il soit à même de lui enseigner toutes les danses sorcières traditionnelles, un trousseau sorcier classique dont j'ai noté le détail et les exceptions, à commander chez le tailleur choisi par la famille Malfoy, un exemplaire des règles inhérentes de la famille Malfoy sera remis à Miss Granger dès la signature du contrat prénuptial et sera à observer en toutes circonstances, la famille Malfoy prendra en charge tous les frais relatifs à la cérémonie, laquelle se déroulera au Manoir Malfoy sous 18 jours à compter de ce jour, y compris le coût du trousseau et du coiffeur pour Miss Granger. Miss Granger restera libre de poursuivre ses activités militantes concernant la S.A.L.E. mais devra promettre de ne pas libérer un seul elfe de maison, qu'il s'agisse de ceux du Manoir Malfoy ou bien de ceux qui gèreront sa future propriété si les époux décident de vivre ailleurs qu'au Manoir Malfoy. Restent à déterminer : la date exacte du mariage ainsi que tous les détails de la cérémonie, les invités présents du côté de la mariée, le montant de la dot offerte par la famille Granger…
- Une dot ?!? s'exclama Hermione.
- Mais bien sûr ! Il est impensable qu'un Sang Pur se marie sans dot, ma chère, déclara gentiment Narcissa. C'est une tradition incontournable.
- Mais… mais… il y a longtemps que cela n'est plus pratiqué en Angleterre et…
- Hermione, ma chérie, il faudra que tu préviennes tes parents à ce propos, la coupa Molly. La dot est indispensable mais sa nature reste négociable. Je suis sûre qu'un compromis pourra être trouvé qui sera bénéfique pour tous. La dot est généralement une aide pour le jeune couple, d'où son aspect immuable, mais en entrant dans la famille Malfoy, il est évident que tu ne manqueras jamais de rien, aussi une tractation est-elle parfaitement envisageable.
Lucius acquiesça d'un petit signe de tête. Il avait remarqué la très claire note d'envie un peu amère dans la voix de Molly Weasley. Les Prewett avaient jadis été une famille fortunée et son mariage avec un homme honorable mais dépourvu d'ambition n'était très nettement pas ce qu'elle avait envisagé jeune fille. Elle en avait visiblement conçu un certain ressentiment, bien qu'il n'y ait aucun doute sur l'amour qu'elle portait à son mari.
L'aristocrate détourna son regard gris acier de la sorcière rousse pour le poser sur la Gryffondor à la chevelure indomptée, grimaçant mentalement devant la masse ébouriffée qui donnerait des palpitations au coiffeur féru d'esthétisme élégant de sa compagne. La jeune femme n'était pas laide mais ne savait pas se mettre en valeur, défaut qu'il lui faudrait impérativement corriger dans les plus brefs délais. Il lui faudrait également apprendre à dissimuler un minimum ses émotions où elle ne naviguerait pas bien longtemps dans les eaux troubles et agitées dans lesquelles évoluaient les Malfoy. Elle avait un air totalement ahuri plaqué sur le visage, sidérée qu'une dot soit requise.
- Je… je vais leur en parler, murmura-t-elle d'une petite voix. Ses parents menaient une vie aisée, à l'abri du besoin mais rien qui puisse rivaliser avec les Malfoy. Ils ne pourraient jamais offrir quoi que ce soit qui soit à la hauteur de la noblesse attendue dans les hautes sphères de la société sorcière et Hermione commença à s'inquiéter des répercussions que cela pourrait avoir sur sa famille, sachant que les contrats sorciers n'étaient pas de ceux que l'on rompait.
- Ne vous en effrayez pas. Nous discuterons de tout cela avec vos parents, la rassura quelque peu Lucius.
Draco gardait le nez opiniâtrement baissé vers son assiette. Il n'osait pas relever la tête pour voir l'air abasourdi que sa compagne devait certainement arborer. Il ne ferait que rougir bêtement. Autant ne pas se donner en spectacle… Il n'avait de toute façon rien à dire dans la présente discussion, et si les parents de Granger avaient été des Sang Purs, elle n'aurait pas eu davantage l'autorisation d'ouvrir la bouche. Il se contentait de respirer à pleins poumons le parfum délicieux de la jeune femme, une odeur fraîche et fruitée, soulignée par une pointe de l'arôme si particulier des vieux parchemins.
- Il faudra encore s'entendre sur la position officielle que prendra la famille Granger dans la société sorcière et de l'opportunité de convier les parents d'Hermione aux réceptions annuelles, reprit Arthur comme si l'interruption n'avait jamais eu lieu. Ainsi que sur leur implication dans la vie de leurs futurs petits-enfants, si descendance il y a. Autre point : quel métier désires-tu exercer, Hermione ?
- Pourquoi ?
- Certaines familles interdisent à leurs membres, même par alliance, de pratiquer certains sports ou de s'engager dans certaines voies jugées inconvenantes…
- Et bien… en fait… je ne sais pas encore exactement…
- Dans ce cas, prends garde lors de ta lecture du contrat définitif à la section se référant aux métiers autorisés pour l'épouse. Je ne doute pas qu'il existe quelques restrictions à ce sujet, Lucius.
- Certes. Tout comme dans votre famille, si je ne m'abuse, Arthur.
- C'est vrai ? s'étonna Hermione.
- Oui, répondit Molly avec une pointe d'acrimonie. Par tradition, les épouses Weasley ne travaillent pas, sauf cas exceptionnels, selon l'évaluation du chef de famille et dans les limites exclusives définies par le contrat.
- Oh…
- C'est une vieille clause du contrat de mariage, expliqua Arthur dans un soupir. Je ne peux pas la retirer ou la modifier, même avec la meilleure bonne volonté. Je prends en charge les affaires courantes qui peuvent se présenter puisque je serai le prochain chef de famille mais, à l'heure actuelle, ma grand-tante Malfada tient ce rôle, malgré ses 167 ans, et soutient mordicus que la place d'une femme est à son foyer.
- Hermione, ma chérie, quand tes parents pourront-ils venir à Poudlard pour les détails du mariage ? demanda Molly, plus pour distraire la future mariée du présent détournement de la conversation que par réel intérêt. Il était évident qu'ils seraient là sous peu quoi qu'il advienne. On ne mariait pas sa fille tous les jours.
Lucius aurait bien insisté sur ce point pour mettre en lumière l'hypocrisie dont les Weasley faisaient preuve vis-à-vis de leur statut, clamant ne pas s'en préoccuper mais conservant nombre de règles antédiluviennes que même les Malfoy n'appliquaient plus, mais il y renonça, ne souhaitant pas risquer de se mettre la susceptible Gryffondor à dos avant même les fiançailles signées. Il n'avait jamais empêché Narcissa de travailler si tel était son souhait et cette clause archaïque avait été rayée des contrats nuptiaux de sa famille depuis environ un siècle.
- J'ai prévu de leur envoyer un hibou ce matin. Je ne connais pas leur emploi du temps mais je présume qu'ils pourront être là demain…
- Je m'assurerais auprès du directeur que tous les moyens nécessaires soient mis à leur disposition, intervint Lucius.
- Merci, murmura Hermione, un peu sonnée par tout ce qu'elle avait à intégrer. Dire qu'elle n'avait pas pu prendre de notes !!
- Il va être l'heure de votre premier cours, je crois, remarqua innocemment Narcissa en considérant la pendule.
Hermione regarda sa montre et bondit.
- Merlin !! Je suis en retard !!! Il faut encore que je remonte dans la tour Gryffondor prendre mes affaires !
- Hermione ! la rappela Mr Weasley.
- Oui ?? demanda-t-elle d'un ton pressant.
- Je vais mettre mes notes au propre et préparer le contrat préliminaire, si cela vous convient, Lucius ?
Ayant reçu un signe de tête affirmatif, Arthur poursuivit :
- Préviens-moi de l'arrivée de tes parents et je viendrais au rendez-vous, documents en main, pour que les préparatifs puissent continuer. En attendant, tu peux commencer à prendre des leçons sous la tutelle de Narcissa si tu le souhaites, cela n'engage à rien. Etant donné les circonstances, je pense que ton professeur comprendra parfaitement que tu sois légèrement en retard. Nous allons t'accompagner.
Il n'y avait pas lieu de débattre avec le ton inhabituellement ferme d'Arthur, aussi Hermione attendit-elle, réfrénant à grand-peine un tortillement peu courtois. Elle réalisa soudainement que, perdue dans sa probable infraction notoire du règlement intérieur de l'école, elle en avait totalement oublié la politesse et se serait enfuie sans même un mot pour ses hôtes. Rougissante, elle leur fit ses adieux et s'excusa platement pour avoir failli partir si vite. Narcissa se fendit exceptionnellement d'un sourire indulgent et promit à la jeune femme terriblement gênée de lui envoyer un hibou dans la journée pour planifier les premières heures d'apprentissage des traditions.
Dès la porte refermée derrière les visiteurs, Draco poussa un soupir déchirant.
- Allons, dragon, ce n'est pas parce que je n'ai pas mentionné la moindre rencontre entre vous qu'elles n'auront pas lieu, s'amusa Lucius.
- Mais, la coutume…
- Les coutumes se contournent lorsque cela s'avère nécessaire. Tu ne crois tout de même pas que j'ai accepté de ne pas voir ta mère pendant notre période de fiançailles, aussi brève fut-elle ?
- Oh…
- Nous trouverons bien une solution acceptable. Il eut été inconvenant d'aborder le sujet devant Miss Granger ou son conseil mais, dans les faits, rien de t'empêche de passer régulièrement quelques minutes avec ta compagne, pourvu qu'une personne de confiance se trouve à portée de voix. Nous ne pouvons risquer que tu t'oublies…
Draco rougit violemment et balbutia quelques paroles inaudibles avant de se sauver sous le regard attendri de ses parents.
**********
Pendant ce temps, dans les couloirs, en direction approximative de la Tour Gryffondor.
Molly semblait ne pas pouvoir s'empêcher de réconforter Hermione alors même que celle-ci ne lui demandait rien. Elle aurait préféré avoir la possibilité de réfléchir tranquillement à tout ce qui s'était dit ce matin plutôt que de subir le déploiement des inquiétudes de mère poule couveuse de la sorcière. Elle lui était reconnaissante de sa présence mais un peu de calme eut été le bienvenu.
- Une dot… murmura-t-elle, toujours pas remise de l'archaïsme que pouvait présenter le monde sorcier sous certains aspects.
- Lucius a été plus que raisonnable… musa Mr Weasley.
La réflexion d'Arthur fit bondir la jeune femme.
- Raisonnable ?? En quoi est-il raisonnable de sous-entendre que je suis mal élevée, d'exiger une dot alors même qu'ils sont bien plus riches que mes parents ne pourraient jamais le rêver ?
- Il aurait pu requérir bien davantage, déclara Mr Weasley, profitant d'une respiration à la fin de ce discours débité avec la vitesse d'une mitraillette. Il demande à ce que tu puisses paraître en société sans jeter le discrédit immédiat sur sa famille, ce qui se comprend parfaitement. Il aurait pu imposer une ceinture de chasteté pour s'assurer que tu n'irais pas batifoler de droite et de gauche pendant que tu le peux encore, ou bien ordonner que tu subisses un examen médical approfondi pour vérifier l'état de ta virginité et éventuellement une revirginisation si le résultat ne le satisfaisait pas. Ou encore te commander d'arrêter tes études, voire t'empêcher d'exercer un métier après l'obtention de ton diplôme, ce qu'il n'a apparemment pas l'intention de faire. Non, il s'est avéré très raisonnable, je le répète.
Hermione pâlit en entendant ces mots. Que qui que ce soit puisse décider ainsi de sa vie sans qu'elle ne puisse protester lui semblait tout à la fois si dénué de sens et si affreusement réactionnaire…
Lucius Malfoy ne l'avait cependant pas fait… Elle aurait cru qu'il ne se priverait d'aucun des avantages que sa position lui offrait…
Peut-être…
Peut-être aimait-il vraiment sa famille…
- Qu'est-ce qu'une revirginisation exactement ? demanda-t-elle cependant d'une voix blanche.
- Un rituel magique constitué d'une diète bien précise, différente selon chacun, accompagnée ou non, le cas échéant, d'une intervention médicomagique qui restaure la magie de la personne qui s'y soumet dans son état originel, expliqua Arthur.
- Je sais que c'est difficile et que tu n'aimes pas encore ton futur mari, Hermione, mais ça devrait venir et dis-toi qu'en dépit de tout cela, c'est un bon mariage, un mariage honorable, murmura Molly, glissant un bras autour des épaules de la jeune femme.
- Molly ? s'interrogea son mari. C'est bien la première fois que je t'entends considérer l'honorabilité d'un mariage.
- On ne peut pas dire qu'aucun de nos enfants ait fait un mariage digne de ce nom, déplora-t-elle. Je pensais que Ginny, elle, rattraperait cette catastrophe mais Harry a, Merlin sait pourquoi, éprouvé ce besoin d'être un Veela soumis !
- Rien ne te prouve que Ginny ne fera pas un bon mariage, protesta Arthur, oublieux des quelques élèves qu'ils croisaient épisodiquement.
- Ah oui ? Et où vois-tu un bon parti qui nous soit accessible ?? Harry est pris – et j'espère sincèrement qu'il est heureux dans cette étrange relation même si je reste convaincue que Ginny lui aurait mieux convenu que Severus –, le jeune Malfoy va épouser Hermione – ne le prend pas mal, ma chérie, ce n'est pas contre toi, c'est une constatation. Qui reste-t-il ? Sirius s'est marié un peu avant l'été…
- Tu n'aurais tout de même pas eu l'idée saugrenue de jeter ta fille dans la gueule du loup si Sirius n'avait pas officialisé sa relation avec Rémus ?!? s'écria Arthur, scandalisé.
- Et pourquoi pas ? Il est le seul héritier de la fortune des Black et fort bel homme, ce qui ne gâche rien. Il est plus âgé certes mais vingt ans ne représentent pas un obstacle majeur pour un sorcier…
- Molly !!!! Il n'y a rien de plus dangereux que de tenter de s'interposer entre une créature magique et son compagnon ! Rémus l'aurait déchiquetée !! Et quand bien même le loup-garou en lui eut été maîtrisé, tu aurais sacrifié le bonheur de ta fille pour un 'bon mariage' ?
- Allons, on ne parle pas de la marier à un Mangemort… Sirius est un homme bien, il ne lui aurait pas fait de mal…
- Je n'arrive pas à croire que tu puisses penser en ces termes, marmotta un Arthur atterré, passant sans répit sa main droite dans ses cheveux fins.
- Oh, je sais bien que je rêve. Nous n'aurons jamais les moyens de payer une dot convenable à notre fille. Harry s'en fiche et n'aurait jamais fait de difficultés sur ce point. Les rares bons partis existant, comme peut-être Blaise Zabini ou le jeune Nott, sont bien trop traditionalistes pour ne pas y attacher de l'importance. Non, Ginny devra tout comme moi faire un mariage moins considéré.
La dernière phrase que Molly prononça ne devait normalement pas être entendue d'Arthur ou de qui que ce soit, mais, tout murmurée qu'elle fut, son mari la comprit parfaitement.
- Tu… tu… Tu ne voulais pas m'épouser ? demanda-t-il douloureusement.
- Ce n'est pas ça… J'ai été élevée dans la perspective d'un grand mariage avec un membre d'une famille puissante et cela me paraissait la plus normale et la plus souhaitable des vies. Puis les biens qui restaient dans la famille furent perdus et mon père fut dans l'impossibilité d'organiser un mariage digne de ses ambitions. Il savait que les Weasley étaient une ancienne famille très honorable, bien que fort pauvre, ce qui plaçait leurs attentes en matière de dot à sa portée, et pensait que me marier avec le fils aîné de la branche principale permettrait de redorer quelque peu le blason familial. Il croyait que tu aurais l'ambition qui avait toujours manqué à ton père. Je l'ai cru également. Cela n'a pas été facile pour moi lorsque j'ai compris que tu ne souhaitais nullement regagner ta place dans la haute société. Quelque part, je crois que je t'en veux toujours. Cela ne m'empêche pas de t'aimer, bien sûr, mais ce n'était pas ce que j'attendais quand nous nous sommes mariés.
- Je… Pourquoi tu n'as pas attendu après Sirius ou James si tu tenais tant à épouser un héritier ?
La voix d'Arthur exhudait une dureté inhabituelle et Molly s'en voulu d'avoir articulé cette malheureuse phrase assez fort pour qu'il la perçoive. Elle n'avait vraiment pas l'envie de blesser son mari. Les premières années avaient été difficiles et elle avait encore parfois des bouffées de colère et de rancœur devant cet état de fait, mais elle avait appris à sincèrement aimer cet homme simple. Elle ne voulait pas le faire souffrir.
- Arthur, je… Ils étaient bien trop jeunes et mon père n'aurait jamais eu les moyens de financer un tel mariage. J'étais un peu amère au début mais cela s'est dissipé avec le temps.
Elle ne disait pas entièrement la vérité bien sûr mais elle ne voulait pas aggraver la situation. Arthur ne prononça plus un mot, si ce n'est un au revoir hâtif à Hermione alors qu'elle bifurquait, gênée et perplexe, vers la tour Gryffondor, tandis qu'eux se dirigeaient vers le hall.
**********
Appartements de Severus et Harry, cachots, 6h30.
Severus s'éveilla doucement dans la faible lumière des bougies qui s'allumaient magiquement à 6h30 tous les matins pour le réveiller, un poids confortable sur sa poitrine. Il fallut une bonne demi-seconde à son cerveau embrumé pour comprendre que la tête aux cheveux ébouriffés qui le chatouillaient appartenait à son petit Veela, de même que le bras qui entouraient lâchement sa taille et que la jambe qui s'était Merlin sait comment glissée entre ses cuisses.
Il sourit légèrement et, glissant une main caressante dans l'épaisse chevelure d'ébène qui reposait sur son torse, se demanda très sérieusement comment ce gamin arrogant et exaspérant avait pu creuser si vite son chemin sous sa peau, envahissant son cœur. Il devait cela dit reconnaître qu'Harry était plus un jeune homme extrêmement méfiant et en manque d'affection qu'une diva faisant caprice sur caprice comme il l'avait précédemment cru. Il n'aurait jamais pensé s'attendrir ne serait-ce qu'une picoseconde devant le fils de James Potter… Ses doigts s'emmêlaient d'eux-mêmes dans les mèches souples et le petit brun commença à émettre un rauque son de gorge ressemblant à s'y méprendre à un ronronnement.
Harry se blottit davantage dans la chaleur qui l'entourait, poussant sa tête contre la main qui le papouillait alors qu'il enfouissait son nez dans la soie merveilleusement tiède de la peau de Severus qui lui servait d'oreiller vivant. Inconsciemment, il remonta la jambe, se collant contre le corps immobile.
Severus retint difficilement un gémissement lorsque, simultanément, Harry raffermit la prise qu'il exerçait sur son flanc et fit glisser sa cuisse le long de la sienne, pressant son érection matinale contre sa hanche. Sa main jusqu'alors inoccupée vint se nicher au creux des reins de son chaton, effleurant délicatement les muscles dessinés par le Quidditch, traçant lentement sa colonne vertébrale.
Severus le sentit bientôt frissonner à chaque frôlement, creusant les reins lorsque sa main descendait le long de son dos. Il déposait par moment de petits baisers dans la chevelure sauvage, s'attirant des ronronnements plus prononcés.
Nul ne pouvant longtemps rester insensible à pareil traitement, Harry finit par entrouvrir vaguement les yeux, baillant à s'en décrocher la mâchoire.
- Bonjour, susurra Severus.
- Hmm ?? Bonjour, balbutia Harry, levant difficilement la tête en direction de son compagnon qui lui apparut très flou.
Severus ne résista pas à la vision de son Veela clignant des yeux comme une chouette brusquement réveillée en plein jour, ses lèvres roses encore ouvertes. Il pencha la tête et s'en empara, faisant passer tendrement sa langue sur la lèvre inférieure légèrement rebondie d'Harry, élicitant un petit geignement plaintif qui dirigea instantanément son sang dans les régions méridionales de son corps. Il approfondit le baiser, se glissant souplement dans la caverne tiède du jeune homme, attirant la langue timide hors de son repaire pour un doux duel.
Harry baignait dans un monde cotonneux empli de plaisir, heureux d'abandonner la dominance du baiser à son compagnon et d'y répondre avec fièvre, obéissant à l'instinct depuis trop longtemps contrarié qui lui intimait de renforcer le lien. Le Veela et lui n'étaient pour une fois pas en conflit, son esprit rationnel l'ayant déserté à la seconde où les lèvres soyeuses du maître des potions avaient ravies les siennes. Il ne sembla pas s'apercevoir du mouvement de ce dernier alors qu'il l'allongeait sur le dos au milieu des oreillers moelleux. Le poids de Severus sur lui, sa langue qui explorait sans vergogne son palais, ses mains incroyablement talentueuses qui parcouraient ses flancs sous le tissu de son pyjama, laissant sur leur passage une traînée de chair de poule sur sa peau, concourraient à lui faire perdre le peu de capacité mentale qui lui restait.
Severus déboutonna lentement les pans du haut de pyjama de son jeune époux, ne le laissant pas respirer pour autant, et les écarta pour gagner un accès illimité au torse mince mais sculpté du Veela. Il rompit finalement le baiser et s'accorda un bref instant pour contempler son œuvre. Harry avait la respiration hachée, les joues rougies par le plaisir, les lèvres encore entrouvertes et enflées, les yeux à demi fermés ne laissant apparaître qu'une ligne d'un vert éclatant à travers les longs cils noirs.
Tout simplement parfait…
Refusant de perdre son avantage en permettant au petit Veela de reprendre ses esprits, Severus s'attaqua à la chair tendre de son cou, aspirant et mordillant la peau veloutée, créant une nuée de suçons sur la gorge offerte. Il prêta une attention toute particulière à la jonction du cou et de l'épaule, zone apparemment très sensible pour Harry s'il en jugeait par les moult couinements et soupirs qu'il provoqua. Ses doigts fins ne restaient pas inactifs et avaient entreprit de torturer gentiment les mamelons rosés, les amenant lentement à durcir, avant de les flatter l'un après l'autre du bout de la langue. Harry se tortilla sous lui, se cambrant et écartant les cuisses sans même s'en rendre compte, faisant glisser Severus entre ses jambes.
Leurs corps s'alignèrent, érection contre érection, les faisant tous deux crier. Alors que Severus poursuivait ses soins dévoués sur le torse et le ventre plat de son Veela, les petites mains d'Harry vinrent se perdre dans la chevelure douce de son compagnon, ses doigts s'emmêlant dans les mèches noires. Si Harry avait été capable de formuler une seule pensée cohérente au milieu de son délire sensuel, il aurait certainement remercié tous les dieux existants pour le fait que Severus se lave les cheveux tous les soirs en rentrant après ses cours, se débarrassant efficacement de la graisse qui ne manquerait pourtant pas de revenir dès le lendemain à cause des relents nocifs de ses potions.
Severus ne reçut pas la moindre protestation lorsqu'il souleva légèrement les hanches du jeune homme, faisant glisser tout en même temps le pantalon de pyjama et le boxer de coton noir qu'il dissimulait le long de ses jambes à la délicate musculature. Reprenant sa place entre celles-ci, Severus déposa une multitude de petits baisers sur son ventre et à l'intérieur de ses cuisses frissonnantes, entraînant pléthore de gémissements incohérents. Il décida de ne pas torturer son Veela davantage et fit courir délicatement le bout de sa langue de bas en haut sur la hampe dressée devant lui. Les mains d'Harry se crispèrent un peu douloureusement dans ses cheveux mais il n'y prit pas garde alors que sa langue glissait amoureusement sur le gland gonflé et sensible. Harry cria sourdement – réveillant probablement quelques Serpentards dans le feu de l'action – et donna un coup de reins ce qui persuada Severus qu'il était autorisé à poursuivre. Il referma les lèvres autour de la verge impatiente et commença un lent mouvement de va-et-vient, caressant les veines saillantes de la langue.
Harry geignait et couinait sans discontinuer, les doigts emberlificotés dans la chevelure du maître des potions, tandis que celui-ci mettait ses mains à contribution. La gauche remonta titiller les mamelons durcis alors que la droite descendait cajoler les bourses, puis plus bas, taquiner le périnée et dessiner de petits cercles autour de l'intimité du Veela. Severus savait qu'il pourrait le prendre à cet instant sans que le garçon ne proteste tant celui-ci était déconnecté de la réalité, mais il ne souhaitait pas qu'il lui en tienne ensuite rigueur et retourne dormir sur le canapé. Il opta pour la sagesse – et la frustration – et se contenta d'insérer doucement son doigt dans l'étroite ouverture, tâtonnant à la cherche de sa prostate. Le feulement ravi qu'il perçut lorsque son doigt roula sur une petite proéminence lui indiqua qu'il avait trouvé ce qu'il recherchait et il la massa sans répit.
Stimulé de toutes parts, Harry ne tint plus longtemps et, dans un cri, éjacula puissamment dans la bouche divinement chaude qui l'entourait. Ses mains retombèrent, molles, le long de ses flancs. Severus avala le liquide amer et relâcha son chaton alangui, s'allongeant à côté de lui et s'emparant tendrement de ses lèvres sans approfondir le baiser. Il n'était pas sûr que son mari soit prêt à sentir le goût de sa propre semence sur sa langue, aussi se contenta-t-il d'aspirer doucement sa lèvre inférieure, la faisant progressivement gonfler.
Les yeux d'Harry s'ouvrirent lentement juste devant les siens et le sentiment soudain qui traversa ses orbes émeraudes fut limpide pour son compagnon : le Veela avait senti sa frustration et s'en voulait. Avant que Severus n'ait pu protester sous quelque forme que ce soit que voir son mari éperdu entre ses bras était parfaitement suffisant, une petite main tremblante se posa sur son torse aussi légèrement qu'un moineau sur une jeune pousse. Il lécha gentiment la lèvre qu'il retenait prisonnière pour marquer son assentiment et Harry commença à l'effleurer délicatement du bout des doigts, refermant les yeux.
L'exploration éthérée de son chaton menaçait de rendre Severus complètement fou. Il frissonnait sous les attouchements aériens et soupira presque de soulagement lorsque les doigts inquisiteurs glissèrent le long de ses abdominaux, toujours plus bas. Harry frôla plus d'une fois l'élastique de boxer de soie vert sombre de son compagnon mais la main fine recula, hésitante. Sans rompre son encourageant baiser, Severus prit la direction des événements et se débarrassa vivement de l'exaspérante pièce de tissu avant d'emmêler ses doigts à ceux de son Veela, les refermant autour de son sexe. Il grogna doucement, avalant dans le même temps le petit cri de surprise d'Harry qui avait ouvert la bouche sous la sienne. Severus fit glisser leurs deux mains jointes sur sa virilité, sentant son chaton prendre de l'assurance au fur et à mesure des va-et-vient. Il finit par le laisser poursuivre son examen en solitaire et retira sa main, libérant ses lèvres et se coulant davantage contre le petit corps chaud de son mari, profitant de ce qui lui était offert.
Son excitation étant à son comble, il ne fut guère long avant de jouir dans un grognement guttural et de se répandre sur la main d'un Harry rougissant.
- Dés…
- Ne commence pas à t'excuser, chaton, susurra Severus de sa voix veloutée et légèrement rauque de passion, attirant le Veela dans ses bras. Te faire plaisir m'aurait parfaitement suffit, tu n'avais pas à te sentir coupable de quoi que ce soit.
Alors qu'Harry allait de nouveau protester, Severus le fit taire d'un baiser qui le laissa tout étourdi et hors d'haleine.
- J'espère que tu n'envisages pas, pour ce soir, de regagner le canapé, aussi confortable soit-il...
Avec un petit sourire serpentard, le maître des potions se leva et se dirigea vers la salle de bains, signifiant doucement à son mari qu'il était temps de se lever, laissant un jeune homme languide et perplexe sur le lit.
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Magasin Farces et Attrapes pour Sorciers Facétieux, sous-sol.
George, penché sur un petit chaudron fumant, souriait sadiquement.
Il avait enfin mis au point une surprise pour son jeune frère, de quoi lui faire comprendre que d'autres points de vue que celui, conservateur, de leur mère existaient en ce monde.
Il allait devoir contacter Harry et lui dire quoi faire de ce précieux breuvage… Mieux valait ne pas impliquer Severus. L'homme restait après tout un professeur très à cheval sur le règlement.
Il saisit une fiole de verre, charmée pour être incassable, sur l'étagère derrière lui et la remplit du liquide incolore. Il la dissimula dans l'un des tiroirs du bureau qui occupait un angle de la pièce et sortit un morceau de parchemin sur lequel il se mit bientôt à scribouiller furieusement.
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Quelque part dans Poudlard.
Ginny jubilait.
Elle avait enfin trouvé ce qu'elle cherchait.
Si avec ça Harry ne quittait pas la chauve-souris, elle deviendrait dégnomeuse de jardin professionnelle !!
Merlin merci, Binns planait toujours tellement qu'il ne lui avait pas demandé pourquoi elle voulait ce passe pour la Réserve. Deux ou trois murmures indistincts sur les sorcières de Salem et les bûchers de l'Inquisition, et il lui avait remis le parchemin tant convoité sans autre question.
Il ne lui restait qu'à trouver le moment propice…
