Coucou tout le monde!
Ce chapitre arrive enfin après deux bonnes semaines de retard sur mes prévisions... Je n'ai pas eu le temps de le relire le week-end de la semaine passée comme je l'avais prévu. Je l'ai finalement relu hier soir mais je n'ai pas eu le courage de reprendre ensuite toute la mise en page puisque ffnet me fais toujours tout sauter...
Je sais que j'ai accumulé un joli retard dans mes réponses aux reviews mais promis, je vais répondre à tous ceux dont j'ai l'adresse ou qui se sont identifiés le week-end prochain. Je précise cependant qu'il est inutile de me demander quelle est ma fréquence de publication sans me laisser de moyen de répondre. Je profite donc de ce point pour redire que ma reprise d'une activité professionnelle intense ne me permet plus de respecter un planning aussi serré que par le passé. Je poste donc désormais quand un chapitre est prêt, sans me préoccuper de dates.
Je vous préviens tous dès maintenant que le chapitre d'après prendra probablement un peu de temps à écrire, vous comprendrez pourquoi en arrivant à la fin de celui-ci. ^_~
Petit mot spécial pour Alex : Bonne chance pour ton projet! Je crois qu'il t'en faudra, avec une bonne dose de ténacité...
Petit clin d'œil à Antocyane : Je sais que tu vas tout particulièrement reconnaitre certains passages... J'espère qu'ils te plairont! Bisoussss
Chapitre 22
Ministère de la Magie, chambre d'accusation n° 7, mardi matin, 9h00.
Harry regardait tranquillement autour de lui, quelque peu blasé par l'architecture gothique qu'il connaissait bien pour avoir déjà visité les entrailles du bâtiment. Il n'avait jamais mis les pieds dans cette salle précise mais il découvrit qu'elles se ressemblaient toutes à un degré remarquable : sombres, glauques, en pierres suintantes et décorées de chaînes rouillées.
Le paradis selon Argus Rusard.
L'enfer du tétanos et de la tuberculose selon tout bon médecin.
La cour n'ayant pas encore fait son entrée, Harry savait qu'il pouvait tuer le temps en toute innocence et son regard vagabonda sur les bancs des spectateurs, notant la présence d'une série de reporters qu'il aurait certainement un mal considérable à éviter à la fin de l'audience, Rita Skeeter en tête. Devant eux se tenaient une bande sorciers très remontés et totalement inconnus d'Harry, portant banderoles et pancartes 'Respect des traditions !' ou encore 'Qu'on Embrasse les ennemis de l'Amour !', que Severus identifia comme des défenseurs des traditions sorcières.
Harry tourna à ces mots un visage inquisiteur vers son compagnon qu'il serrait de près – bien plus qu'il n'était convenable pour un lieu public mais il s'en moquait. Il n'était pas assis sur ses genoux alors personne n'avait rien à dire ! – et le léger roulement d'yeux qu'il reçut en retour lui appris à quel point son mari trouvait ridicule de fonder des sociétés de défense civiles. Après tout, chacun voit midi à sa porte et est amené à prendre ses responsabilités.
Se blottissant davantage contre Severus, le Veela poursuivit son investigation. Tout à l'avant, de l'autre côté de la pièce, se tenaient les Weasley, presque au grand complet. Seul manquait Ron que personne n'avait pu extraire de son dortoir, pas même Minerva McGonagall. D'après ses dires, les rideaux du lit du jeune homme étaient restés obstinément fermés, insensibles à tous les charmes et sortilèges qu'elle avait pu leur lancer. Le renfort de Flitwick n'avait guère aidé, le petit sorcier s'avérant tout aussi incapable de défaire ce que Ron avait mis en place.
Pour une fois, Harry avait vu une certaine admiration pour le rouquin passer dans le regard froid de son professeur de métamorphose. Il était si courant que Ron ne fasse pas l'effort d'utiliser correctement sa magie que l'on en oubliait parfois qu'il était loin du Cracmol. Personne ne savait quel sort il avait appliqué sur les tentures de son lit mais une chose était sûre : ce sort était puissant.
Cette exception mise à part, le reste de la famille était présent pour le procès de Ginny, avec des mines plus ou moins de circonstance. Molly semblait prête à éclater en sanglots à tout instant et avait cherché refuge dans les bras d'Arthur qui paraissait surtout être épuisé si les cernes noires qui soulignaient ses yeux étaient une indication.
Bill avait posé un jour de congé et était venu avec sa femme. Tous deux avaient l'air désapprobateur, Fleur d'autant plus qu'elle était partiellement vélane.
Charlie avait quitté la Roumanie pour l'occasion et ne paraissait pas d'humeur très joyeuse. Les actes de sa sœur le blessait d'autant plus qu'il n'avait jamais caché une certaine attraction pour la gente masculine et il s'était d'ailleurs présenté en compagnie de la dernière personne qu'aurait attendu Harry : Marcus Flint, l'ancien capitaine de l'équipe de Quidditch de Serpentard. A en juger par leur langage corporel, ces deux-là étaient bien plus proches que de simples vieux camarades de classe, ce qu'à la connaissance d'Harry ils n'avaient jamais été.
Percy avait réalisé l'insurmontable effort de descendre de son bureau exigu pour venir s'enterrer dans une salle d'audience, prenant soin d'embarquer avec lui la moitié de ses dossiers. Il s'était stratégiquement placé à côté du seul candélabre disponible et consultait fiévreusement des montagnes de notes diverses sur un sujet peu passionnant si Harry pouvait en croire l'intitulé du dossier, encore lisible malgré la distance. Qui s'intéressait à la durée de stockage des ailes de fées sauvages entre le processus de broyage et le conditionnement, je vous le demande ?
Les jumeaux faisaient acte de présence mais passaient tant de temps en messes basses qu'Harry doutait qu'ils soient concentrés sur le procès de leur sœur. Leur dernière invention devait être au centre des débats. Ils jetaient fréquemment un coup d'œil inquiet en direction de Severus et le Veela se demanda bien ce que son mari avait pu leur faire pour qu'ils se montrent si frileux. Sûrement n'avait-il pas été tendre lorsqu'il avait requis le maximum d'informations sur la potion qu'ils avaient préparée pour Ron… Ce qui aurait jadis exaspéré Harry le fit sourire car il se sentait tout à coup conforté dans la confiance qu'il plaçait en son compagnon. L'empressement que Severus avait montré à se débarrasser de la nuisance qu'avait représentée un Ron sous influence avait eu pour seul but de passer davantage de temps avec lui et Harry s'en félicitait.
Passant à son propre côté de la salle, Harry remarqua encore une faction de sorciers préoccupés par la sauvegarde des traditions et une cohorte tout aussi impressionnante de journalistes. Ne s'attardant pas sur ce qu'il considérait comme des importuns, le Veela fixa son attention sur Dumbledore, seul professeur avec McGonagall à avoir fait le déplacement. Il était évident que l'école ne pouvait pas fermer toute une journée à cause d'un procès qui serait très certainement vite expédié si l'on en croyait les précédents mais la présence du directeur de l'établissement et de la directrice de Maison de l'inculpée était requise si les faits s'étaient produits dans l'enceinte de l'école, ce qui était le cas.
Dumbledore semblait triste, l'éclat scintillant n'étant nulle part présent dans ses yeux bleus. Les actes de Ginny le décevaient apparemment beaucoup et Harry supposait qu'il n'aimait pas devoir expulser un élève de Poudlard, quelles que soient les circonstances.
McGonagall paraissait pour sa part profondément outrée, ses lèvres fines si serrées qu'elles ne formaient plus qu'une ligne vaguement rosée. Elle prenait visiblement l'attaque de Ginny envers Severus comme un affront personnel et n'avait pas l'air encline à la clémence.
Non loin des deux professeurs se tenait Lucius Malfoy, imposant dans une robe de sorcier dernier modèle de velours bleu nuit aux délicates broderies et boutons d'argent. Tout en lui respirait l'aisance et le commandement même si Harry savait pertinemment que l'homme n'était pas présent en sa qualité d'avocat mais simplement comme témoin. Il n'avait guère eu le choix car une fois Hermione informée de la nécessité de manquer au minimum une demi-journée, voire une journée entière, de cours pour que le tribunal puisse recueillir son témoignage, elle avait refusé tout net de se déplacer malgré le regard de chien battu que lui avait opposé Sirius.
En parlant de Sirius d'ailleurs, Harry lui trouvait mauvaise mine. Son père adoptif avait l'air fatigué. Pas cette air épuisé que l'on arbore aisément après une semaine de travail intensif non, mais cet air un peu déphasé qui vient avec la préoccupation. Le Veela n'était pas parvenu à coincer l'animagus la veille lorsqu'il était venu remettre les convocations en main propre et il n'avait pas eu l'occasion de lui parler depuis qu'ils avaient pris place dans la salle d'audience. Résultat : il ignorait totalement ce qui empêchait si visiblement son père de dormir du sommeil du juste.
Harry crut apercevoir Rémus se glisser dans le fond de la salle mais avant qu'il ne puisse en avoir le cœur net, un greffier se racla bruyamment la gorge et annonça l'entrée des membres du Magenmagot, interrompant net le fil de ses pensées. Comme tout le monde se levait en salutation et signe de déférence, le jeune Veela en fit autant. Le conseil des vénérables sorciers entra bientôt et se hâta à petits pas arthritiques vers la rangée de fauteuils préparés pour eux, fauteuils si profonds qu'il était miraculeux qu'ils puissent jamais s'en extraire à la fin de la séance. Un seul resta vide, celui qu'aurait dû occuper Dumbledore s'il n'avait pas été partie prenante dans cette affaire.
Ginny fut ensuite amenée dans la salle, lourdement entravée par des chaînes, et conduite jusqu'à la chaise de bois brut destinée aux prisonniers. Les entraves lui furent ôtées et lorsqu'ils parvinrent à la faire asseoir – ce qui ne fut pas sans mal car elle se débattit, ne cessant que lorsqu'un mouvement plus ample de sa part l'amena à se rapprocher involontairement d'Harry qui gronda immédiatement en resserrant sa prise sur Severus – les menottes magiques qui ornaient les accoudoirs et les pieds du siège entrèrent en action et l'immobilisèrent. La jeune rousse fixa alors son regard terne sur une toile d'araignée pendant lamentablement d'une chaîne rouillée, quelque part au dessus de la tête des journalistes.
Ce fut une petite sorcière replète et ressemblant fort Ombrage, le rose excepté, qui prit la parole dans la pièce désormais silencieuse. Elle débita d'un ton asthmatique un couplet certainement traditionnel sur le Magenmagot et la justice, avant de faire appeler Sirius à témoigner par le greffier.
L'Auror s'avança, étrangement solennel dans sa longue robe rouge, et alla s'installer dans le siège réservé aux témoins, très semblable à celui des accusés, les menottes en moins. Il présenta brièvement l'affaire et avala la goutte de Véritasérum qui lui était proposée avant que le membre du Magenmagot qui officiait comme juge ce jour-là ne débute son interrogatoire.
Un sorcier un peu tassé mais qui avait jadis dû être de grande taille, au visage buriné par de longues années passées à travailler en plein air et aux fortes lunettes entreprit de poser à l'animagus une série de questions bien précises, vérifiant point par point la véracité de l'exposé de Sirius. Harry ne put s'empêcher de noter que son père faisait l'impasse sur le motif de son départ précipité de Poudlard, le jour où il avait recueilli les dépositions. Les signes étaient légers mais distincts et aussi bien Severus que le juge n'avaient pas manqué de les voir.
Dans un souci de loyauté envers le corps des Aurors et de protection des informations relatives à d'autres affaires, ceux-ci ne prenaient qu'un tiers de la dose recommandée de Véritasérum en cas d'interrogatoire. Mais une dissimulation quelconque ne devait apparemment pas avoir sa place dans un procès impliquant Harry car le juge poussa plus avant.
- Pourquoi êtes-vous parti si tôt, Auror Black ?
- Mon mari m'a appelé, admit finalement Sirius après une brève lutte contre la potion.
- En plein milieu de la matinée ? Y avait-il un motif grave ? Quelque chose de suffisamment important pour gêner votre investigation ?
- Oui et non, répondit l'interpellé, visiblement soulagé que le Véritasérum ne l'oblige pas à en dire davantage.
Le juge cessa là ses questions mais l'avocat de Ginny ne se priva pas pour s'engouffrer dans la brèche. Il n'avait que peu de chances d'obtenir quoi que ce fut pour sa cliente et, bien qu'il ne soit pas convaincu de l'intérêt de la relâcher, il souhaitait au moins influencer suffisamment le Magenmagot pour ne pas la voir condamner à mort. Une distraction non professionnelle ne valait pas grand-chose mais il ne perdait rien à essayer.
- Je vais me faire l'avocat du diable, Auror Black, mais veuillez être plus précis. Pourquoi votre mari vous a-t-il appelé ? s'enquit-il mielleusement.
- Pour m'annoncer une nouvelle personnelle.
- D'après les recherches de la défense, vous vous êtes montré très peu concentré ces derniers jours mais vous soutenez que cela n'a pas influé sur votre travail ?
- Oui. Les dépositions étaient prises et seuls manquaient pour cette procédure quelques documents qui ont tous été rédigés et soumis aux autorités compétentes dans les délais impartis.
- Donc cette nouvelle ne vous a pas perturbé ?
- Si.
- Nous pouvons tous comprendre que, pressé de retourner au chevet de votre mari malade, vous ayez quelque peu hâté la procédure. N'est-ce pas plutôt ce qui s'est produit ?
- Je n'ai pas hâté la procédure et mon mari n'est pas malade… il… il est enceint.
La dernière phrase était sortie péniblement, hachée, expulsée malgré la volonté de Sirius entre ses dents serrées. Elle fut suivie par le raclement d'un banc vivement repoussé, parfaitement audible dans le silence qui s'était installé. Rémus se tenait près de la porte, livide, ses yeux d'or étincelants.
Durant un instant, ils se regardèrent dans les yeux à travers la salle puis le lycanthrope se détourna et quitta les lieux, claquant la porte à la volée derrière lui.
L'avocat de Ginny, mal à l'aise d'avoir étalé ainsi aux yeux de tous la vie privée de Lord Black, déclara immédiatement qu'il n'avait plus de question et l'antidote fut administré à Sirius. Le pauvre homme ne pouvait bien évidemment pas deviner de quelle nature était cette annonce personnelle mais il se sentait néanmoins fautif et se promit d'envoyer un mot d'excuse à Rémus Lupin ainsi que de prévoir un cadeau pour la naissance du futur héritier. Il n'avait pas envie de faire de la famille Black son ennemie, d'autant moins que le Sauveur en personne y appartenait, même si cela n'était que par adoption.
Sirius bondit sur ses pieds et partit en courant sur les traces de son mari, un 'Moony !' lancé à pleins poumons retentissant dans le hall avant même que la porte ne soit refermée.
Harry, tombant littéralement des nues, ne vit pas les réactions diverses que la nouvelle avait provoquées.
Il ne vit pas Severus verdir, ou Dumbledore reprendre son exaspérant scintillement.
Il ne vit pas McGonagall pâlir à l'idée d'un futur petit Maraudeur hantant les couloirs de Poudlard, ou les jumeaux sourire jusqu'aux oreilles en pensant à toutes les farces qu'ils pourraient enseigner à cet enfant dès le berceau.
Il ne vit pas Rita Skeeter gratter furieusement son parchemin, un petit rictus malsain plaqué sur les lèvres, ou Ginny rêvasser, toujours aussi peu réactive.
Non, il ne s'aperçut de rien.
Il allait devenir grand frère.
Square Grimmauld, 9h37.
Rémus marchait de long en large dans la bibliothèque, furieux, expédiant périodiquement le premier objet à portée de sa main au sol pour se calmer les nerfs. Il savait bien que cela ne l'avançait à rien, si ce n'est à devoir aller faire du shopping, mais il ressentait le besoin de détruire. Le loup grondait en lui de l'humiliation qu'il avait subie dans cette salle d'audience et la colère devait s'extérioriser d'une façon ou d'une autre.
L'arrivée de Sirius ne passa pas inaperçue et Rémus lui balança un lourd volume relié en cuir de dragon – L'histoire des sorciers Cathares, mythes et légendes d'un trésor disparu – au visage. La vivacité de l'animagus lui permit d'esquiver partiellement le coup mais il ne put se dégager totalement de la trajectoire du projectile qui frôla sa joue, laissant une douleur cuisante dans son sillage.
- Tu ne pouvais pas t'abstenir de m'humilier ? C'était trop te demander ? Je viens au procès pour Harry, pour qu'il se sente soutenu, et toi tu…
- Moony, j'ai essayé de ne rien dire ! Qu'est-ce que tu voulais que je fasse ? Que je saute sur cet avocat pour l'assommer et qu'il arrête de me poser des questions ?
- Vu la dose de Véritasérum pour les Aurors, tu pouvais choisir de ne rien dire !
- Ça ne fonctionne pas de cette manière et tu le sais parfaitement, Rémus. Le dosage réduit me permet de ne pas répondre avec précision à une question mais la compulsion reste présente et pour peu que l'interrogateur persiste, je finis par devoir lui dire, que je le veuilles ou non. S'il avait tenté d'en savoir davantage sur une affaire en cours, le juge l'aurait arrêté pour ne pas nuire à l'enquête mais puisque c'était personnel, il n'y avait aucun recours légal pour l'empêcher de continuer.
- Un faible humain geignard, voilà tout ce que tu es ! Incapable de résister cinq petites minutes à une potion. Pffffffff… Tu ne mérites pas de descendance.
Rémus se détournait pour quitter la pièce, dédaigneux, lorsque Sirius le plaqua au sol, fauchant habilement ses jambes et immobilisant immédiatement les bras de son mari avant que celui-ci n'ait le temps de le projeter violemment contre un meuble ou un mur pour se défendre de l'agression.
Sirius savait que ce n'était pas Rémus qui parlait mais Moony. Le loup percevait comme l'ultime disgrâce que son état vienne à être connu de tous. Une remise en cause publique de sa dominance. Sa réaction était compréhensible mais restait néanmoins douloureuse pour l'animagus. Jamais encore personne ne l'avait considéré comme faible avant ce jour. Il était doté d'une confortable puissance magique, pas autant qu'Harry certes, mais il demeurait néanmoins un sorcier puissant. Sa richesse et l'ancienneté de sa famille lui assuraient une influence bien supérieure à ce qu'un simple Auror pouvait espérer même après toute une vie d'honneurs. Il ne s'estimait pas complètement dénué d'intelligence, quoi que puisse en penser Rogue, et se savait d'une apparence plus qu'agréable. Il ne possédait pas une grande expérience des enfants, soit, mais il savait qu'il n'était pas le dernier homme sur Terre que l'on envisagerait pour engendrer une descendance. Alors il refusait de perdre son mari ou son futur enfant pour une question aussi triviale que l'arbre hiérarchique de dominance chez le lycanthrope !
Sa position de compagnon d'un alpha faisait automatiquement de lui un bêta bien qu'il ne soit en rien un loup-garou et, foi de Padfoot, il allait prouver à son mari qu'il entendait tenir son rang et qu'il ne se laisserait pas si aisément congédier.
- Où penses-tu aller comme ça ? Tu laisses le loup prendre le dessus, tu m'insultes et tu crois que je vais laisser couler ? Je ne suis pas faible et s'il faut te le prouver, ainsi soit-il !
- Me prouver quoi ? Tu te crois de taille à me soumettre peut-être ?
- Un solide coup de rein plus tard, Rémus avait déstabilisé son mari qui s'affala sur le sol à ses côtés, amenant presque le lycanthrope sur lui dans son refus de lâcher ses poignets.
- Et maintenant que vas-tu faire ? s'enquit Rémus en s'installant à califourchon sur les hanches étroites de l'animagus, bloquant ses bras le long de ses flancs. Te dégager et me donner une fessée ? J'attends de voir…
Il ponctua ses paroles d'un léger coup de rein et se demanda s'il faisait bien lorsque son corps réagit à la friction. Sa colère d'entendre Sirius annoncer sa grossesse devant témoins, dont de nombreux journalistes, son indignation devant les excuses que lui fournissait son mari pour expliquer l'inexcusable, la surprise et la hargne qui avaient accompagné sa chute, tous ces sentiments cédaient place à une excitation certaine. Encore un peu sonné par son contact brutal avec le sol, Sirius ne se débattait que faiblement comparativement à la force qu'il avait employé quelques secondes plus tôt et sentir le bêta en bonne voie de soumission était un aphrodisiaque puissant pour l'organisme débordant d'hormones de Rémus.
Et ces délicieuses robes rouge qui donnaient à la peau de l'animagus cette teinte caramélisée…
Le loup toujours très présent vit là l'opportunité d'asseoir sa domination sur le bêta, un bêta puissant, quoi qu'il ait pu en dire, et extrêmement désirable. Il relâcha soudainement les bras de Sirius pour ouvrir la robe, faisant sauter les boutons en tous sens dans la pièce et déchirant le tissu pourtant renforcé de l'uniforme de son mari.
Le torse nu qui l'accueillit lui fit émettre un grondement sourd et vibrant. Penser que Sirius se baladait ainsi, sans chemise, toute la journée au milieu de tous ces collègues pour la plupart masculins le rendait presque jaloux. Et s'il venait à tâcher ou déchirer ses robes, hein ? Après tout le métier d'Auror pouvait être salissant et dangereux !
- Tu ne sortiras plus sans chemise sous ton uniforme ou je me verrais obligé de castrer tout ton service, ordonna-t-il en s'emparant à nouveau des poignets de Sirius qui avait instinctivement relevé les mains lorsque le tissu avait cédé.
Il plaqua les bras encore entourés par les manches de la robe rouge sur le sol, à hauteur du visage de l'animagus et se pencha pour mordiller un mamelon. Un couinement étranglé lui répondit.
- Compris ? demanda-t-il en appuyant davantage son bassin contre celui de Sirius.
Il ne pouvait se méprendre sur la délicieuse bosse qu'il faisait naître sous le pantalon réglementaire de l'Auror. Ce constat ne fit qu'exacerber le désir qu'il avait de renforcer ses droits sur son mari et il attaqua sauvagement le cou et les épaules de Sirius sans attendre la réponse, mordant, aspirant, embrassant, léchouillant, jusqu'à ce que le dernier représentant masculin de la lignée principale des Black ne soit plus à même de formuler une pensée cohérente.
Sirius ne savait pas tellement à quel moment il avait irrémédiablement perdu le contrôle de la situation mais il ne maîtrisait plus rien. Il avait eu l'intention de prouver à son lycanthrope de mari qu'il était parfaitement capable de tenir son rôle de bêta, qu'il était digne d'avoir un enfant de Rémus et il s'était retrouvé au sol, gémissant et s'arquant contre le poids dominateur de son compagnon en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.
Il n'avait vraiment pas assuré mais il s'en moquait royalement pour peu que Rémus poursuive ce qu'il avait commencé. Il serait courbaturé de partout et endolori une fois ses muscles refroidis mais quelle importance ?
Ministère de la Magie, chambre d'accusation n° 7, pendant ce temps.
La commotion produite par la révélation de Sirius s'étant finalement dissipée à grand renfort de 'Un peu de calme, s'il vous plait !' criés d'une voix forte par le greffier avec l'aide opportune d'un Sonorus, Lucius avait pu témoigner. Il s'était exprimé avec une ferme précision et un ton sec qui laissaient entendre à tous le profond mépris que lui inspirait Ginevra Weasley et avait produit sur les membres du Magenmagot une forte impression.
Dumbledore lui avait succédé et avait exposé les mesures qui seraient prises par l'école en dépit de la décision du conseil sorcier, ainsi que la volonté d'Harry Potter de ne pas se présenter devant la cour. La salle toute entière s'était tournée comme un seul homme en direction du jeune Veela serré contre son compagnon, l'air lointain.
Harry n'avait pas réagi malgré sa hantise d'être le centre d'attention, son cerveau ne parvenant pas à enregistrer la déclaration de Sirius. Bien sûr, il savait que les loups-garous pouvaient tomber enceints et que les deux hommes avaient des relations intimes mais il s'était pour il ne savait quelle raison toujours imaginé que Sirius était le dominé. En outre, il n'arrivait pas à digérer le fait qu'aucun des deux ne l'avait averti de la bonne nouvelle auparavant. Ils le savaient depuis pratiquement une semaine !
Quoi qu'il doive bien admettre que Sirius n'avait pas l'air particulièrement heureux, réflexion faite. C'était peut-être là ce qui préoccupait l'animagus au point qu'il ne semblait pas avoir dormi depuis plusieurs jours mais Harry ne voyait là-dedans aucune logique. Pour autant qu'il puisse en juger, Sirius et Rémus n'étaient pas opposés au fait d'avoir des enfants. Il avait toujours cru qu'ils en voudraient au moins un, bien à eux et non pas adopté sur le tard comme lui. Alors pourquoi paraissaient-ils tous deux malheureux ?
Un léger coup de coude dans les côtes le fit sursauter et il fusilla Severus du regard, prêt à s'indigner, lorsque la voix du juge lui parvint :
- Mr Rogue ? Je sais que vous êtes jeune marié mais certainement vous reconnaissez le patronyme de votre époux ? s'amusa l'homme qui l'appelait pour la quatrième fois.
- Euh… oui ?
Comparativement à la voix ample et assurée du sorcier membre de Magenmagot celle d'Harry ressemblait à un couinement de mulot nez à nez avec un Fléreur.
- J'ai dûment noté votre refus de témoigner et je ne le conteste pas mais je souhaiterais néanmoins avoir votre avis sur cette affaire, si cela ne vous ennuie pas. Vous pouvez rester à votre place et vous ne prendrez pas de Véritasérum, cela vous convient-il ?
- Oui.
Harry n'était pas très sûr de savoir où cela allait le mener.
Si seulement sa voix pouvait avoir plus de force… Il se faisait vraiment l'impression d'être un jeune garçon n'ayant pas encore mué tant les paroles qu'il émettait étaient étranglées.
Mais quelle idée aussi de le faire parler en public !
- Très bien. S'il faut en croire les rumeurs, vous avez été très ami avec l'accusée, quel est, à ce jour, votre sentiment vis-à-vis de Miss Weasley ?
- Il est hors de question qu'elle approche mon compagnon !
- Je m'en doute, Mr Rogue, je m'en doute. Je voulais dire : lui conservez-vous une certaine affection ? Vous sentez-vous concerné par ce qui lui arrive ?
- Non.
Le mot s'échappa de ses lèvres avant même qu'il ne réalise qu'il s'agissait de la plus pure vérité. Ginny pouvait bien mourir aujourd'hui pour ce qu'il en avait à faire. Bien sûr, il en serait désolé pour Arthur et Molly, et pour le reste de la famille Weasley, mais il ne ressentait rien d'autre qu'une totale indifférence pour la rouquine qui s'était avérée une bonne amie par le passé.
Et curieusement il ne s'en sentait pas le moins du monde coupable.
- Estimez-vous qu'elle doive mourir ?
- Je m'en fiche. Je crois que si Severus et Lucius n'avaient pas fait en sorte que je la lâche, je l'aurais sûrement tuée. Mais je ne désire pas particulièrement son décès. Je veux juste ne plus jamais la voir.
- Je vous remercie, Mr Rogue, pour ces précisions. Professeur Rogue, si vous voulez bien vous donner la peine de vous asseoir à la place du témoin, je vais procéder à votre interrogatoire.
Severus se leva souplement et s'avança vers le siège en question lorsqu'un grondement peu amène l'arrêta. Il se retourna partiellement, suffisamment pour avoir à nouveau son mari dans son champ de vision mais pas assez pour quitter le point précis sur lequel il s'était immobilisé.
Dans sa volonté d'obéir à la requête du Magenmagot, il s'était rapproché de Ginny.
Et Harry le voyait d'un très mauvais œil, l'éclat dur et métallique qui illuminait son regard n'étant pas bon signe.
A la décharge du conseil sorcier, il n'y avait pas eu de procès pour ce genre de motif depuis bien longtemps et personne n'avait songé que le témoin devait nécessairement passer tout près de l'accusé pour se rendre à la place désignée. Ils avaient vu des témoins et des victimes faire un détour pour ne pas trop approcher le prévenu, ou bien cracher sur l'accusé, ou encore se jeter sur le prisonnier menotté, mais jamais un spectateur n'avait ouvertement grogné son déplaisir avec dans le regard cette petite flamme qui promettait souffrances et tourments.
- Peut-être serait-il plus indiqué que vous regagniez votre siège, Professeur Rogue. La séance est suspendue pour un quart d'heure, le temps pour Mr Rogue de reprendre ses esprits.
Chemin de Traverse, 10h02.
Hésitation.
Ennui.
Crainte.
Aucun de ces sentiments n'était coutumier à Draco Malfoy en temps normal mais les circonstances étaient exceptionnelles.
En toute bonne foi, il ne devrait pas même se trouver là.
Il avait profité de l'absence de McGonagall pour s'échapper de Poudlard au lieu de se conformer à la règle qui voulait qu'il participe aux deux heures d'études qui remplaçaient le cours du strict professeur de métamorphose. Il ne s'était pas attardé à Pré-au-lard, sachant par avance qu'il n'y trouverait pas ce qu'il cherchait, et s'était engouffré dans la cheminée des Trois Balais. Il avait une mission à accomplir, une mission qui ne tolérait plus le moindre retard.
Il devait trouver une alliance.
Mais Merlin quel casse-tête !
Il avait pris sa mère à part ces derniers jours pour tenter de comprendre ce qu'une femme pouvait attendre d'un bijou aussi symbolique mais il n'en avait pas retenu grand-chose. Il ne pensait pas que les envolées lyriques de Narcissa sur la signification cachée des pierres soient primordiales dans ce cas. Bien qu'ayant lui-même été élevé dans cette ambiance symbolique depuis son plus jeune âge, Draco n'y prêtait pas une attention débordante et il était à peu près certain qu'Hermione Granger n'était pas femme à s'extasier devant la parfaite rondeur d'une perle juste parce qu'elle symbolisait la fidélité. Elle serait plutôt du genre à plaindre l'huître qui avait donné naissance au joyau ou à s'enquérir de l'origine sanglante d'un diamant au lieu d'en admirer l'éclat éternel.
Et puis qu'aimait-elle ?
Il considérait d'un œil vitreux l'étalage de bagues diverses qui parsemait la vitrine du bijoutier le plus chic de l'endroit – Chez Carbo Fortunasticks, orfèvrerie d'exception – et désespérait. Dans un choix si large de montures, de pierres, d'ornements et de gravures, comment un homme sain d'esprit pouvait-il sélectionner quoi que ce soit ? Il n'était pas sans savoir que la magie veela se chargerait de personnaliser l'anneau au-delà de ce qu'il pouvait imaginer mais il n'en restait pas moins qu'un gentleman ne pouvait pas se présenter devant sa future épouse sans bague.
En outre – uniquement par souci de complexité et pour cause d'esprit féminin contradictoire, il en était persuadé ! – l'anneau choisi devait être convenable et adapté aux goûts de sa promise !
Comment diantre un pauvre garçon de dix-sept ans était-il sensé s'en sortir dans ces conditions ? Draco aurait toujours pu demander à son père de quelle manière il avait géré la crise lorsqu'il avait épousé Narcissa mais il savait déjà que Lucius s'était contenté d'utiliser les anneaux nuptiaux traditionnels de la famille. La mère de Lucius étant morte très jeune, Abraxas avait remisé les alliances redevenues de simples bandes d'or blanc dans leur écrin après l'enterrement de sa compagne et les avait conservées jusqu'au jour du mariage de son fils.
Mais Draco ne pouvait pas faire de même. Ses parents étaient toujours bien vivants et portaient naturellement leurs alliances. Il préférait qu'il en soit ainsi bien sûr, mais quelque part, il aurait goûté à la simplicité de ne pas avoir à dénicher la perle rare, la bague parfaite.
Soupirant et terrorisé, il entra dans la boutique.
La vendeuse, penchée sur l'article de fond au combien passionnant 'Nouveauté lingerie : le charme effet galbé haute tenue de la nouvelle marque flashy/fleurie Tournicotton est-il à la hauteur de vos espérances ?' de la Gazette du jour, ne daigna pas lever les yeux lorsqu'il toussota discrètement et lui lança une vague salutation d'une voix dolente, cornant la page de ses doigts inoccupés.
- Que puis-je faire pour vous-euh ?
- De toute évidence, je cherche un bijou, répliqua vertement Draco, agacé par la nonchalance absolue dont cette fille faisait preuve. Il l'imaginait presque faisant éclater de grosses bulles de cette pâte moldue, le buggle gum, et cela le hérissait.
- Que cherchez-vous-euh ? demanda-t-elle d'un air blasé mais calculateur, battant des cils avec affectation dès lors qu'elle eut enfin levé les yeux de l'article pour le détailler de haut en bas. Nous avons de très belles gourmettes-euh, très masculines-euh, en maille forçat-euh, ou de très élégantes chaînes-euh, très viriles-euh.
- Un jeu d'alliances.
- Il faut voir ça avec Mr Fortunasticks-euh. Mr Fortunasticks ? Ce garçon cherche une bague-euh.
Le ton nettement plus sec de la greluche apprit à Draco qu'il avait misé juste. Cette chose essayait bel et bien de lui mettre le grappin dessus. Il y a quelques mois, il ne l'aurait probablement pas découragée, prenant ce qu'elle avait à offrir pour passer le temps mais désormais ce genre de considérations était hors de question. Une plante en pot vaguement décorative n'arriverait jamais à la cheville de sa compagne et toute tentative de harponnage devait être détournée avec conviction car l'obstination bornée s'avérait fréquemment être la marque de fabrique de ces créatures superficielles.
- Merci Eloise. Pourriez-vous vous occuper de cette cliente ? lui intima le gérant de la boutique en lui désignant de ce signe de tête discret des commerçants une sorcière grassouillette qui soupirait lourdement devant une vitrine verrouillée. Je me charge de Monsieur.
La vendeuse s'éloigna en balançant les hanches d'un mouvement qu'elle espérait visiblement lascif, laissant à regret son magasine sur le comptoir et ne parvenant pas entièrement à plaquer sur son visage le sourire de complaisance que sa profession appelait. Son ennui profond était parfaitement palpable et la respectable matrone fronça les sourcils devant l'accueil dont elle fut gratifiée. Draco se détourna et fixa son attention sur le sorcier qui gérait apparemment le commerce.
- Vous désirez donc une bague, Monsieur, si j'ai bien saisi ? s'enquit ce dernier.
- Plus précisément, je désire me procurer un jeu d'alliances pour mon mariage.
- Veuillez me suivre, Monsieur. Nous serons plus à l'aise dans le petit salon que nous réservons aux jeunes mariés pour découvrir ce joyau.
Draco se retrouva rapidement installé dans une salle lambrissée couverte de présentoirs en velours sombre, assis dans un confortable fauteuil, une tasse de thé attendant sagement son bon plaisir sur la table qui lui faisait face.
- Je sais d'expérience que le choix d'une alliance peut être déconcertant pour le fiancé. Il est notoirement difficile de savoir ce qu'une femme désire mais un portrait esquissé de son caractère pourrait m'aider à vous conseiller.
- Je ne pense pas qu'elle soit très attirée par un modèle grandiloquent. Elle ne prête guère attention à tout ce qui n'est pas un livre pour être parfaitement honnête avec vous.
- Un modèle d'une grande simplicité mais empli de classe, donc, conclut le bijoutier en griffonnant quelques notes sur un parchemin. Quelle est sa couleur préférée ?
- Euh… Je n'en ai aucune idée à vrai dire, admit Draco, réalisant tout à coup qu'il était loin de connaître sa compagne aussi bien qu'il aurait pu le croire.
Ils avaient discuté de maintes choses depuis qu'ils savaient qu'ils se marieraient mais tant de lacunes persistaient encore. Comment avait-il pu ne jamais lui demander quelle était sa couleur favorite ou bien le plat qu'elle préférait manger ? Pourquoi n'avait-il pas prêté davantage l'oreille aux discussions enflammées entre Hermione et Narcissa le samedi précédent, chez le tailleur ? Il ne se rappelait pas avec précision de ce que Hermione avait choisi. Il lui semblait vaguement que le bleu prédominait mais rien n'était moins sûr.
- Voilà qui est ennuyeux. Un mariage arrangé sans doute ?
- Non mais ce n'est pas si différent je pense, répondit distraitement Draco. Peut-être le bleu…
- Une idée de la nuance favorisée ? Entre l'opale et le saphir, la gamme est très large.
- Pas tellement non.
- Je vais voir ce que je peux vous proposer, Monsieur.
Draco passa une interminable demi-heure à se voir promené d'un écrin à l'autre comme un chiot qui cherche le bon buisson pour se soulager et la lassitude se fit rapidement sentir. Tous les modèles lui paraissaient ou bien trop simples, tellement qu'il n'oserait pas les mettre au doigt d'une clocharde, ou bien trop alambiqués pour quelqu'un du tempérament d'Hermione. En désespoir de cause, il demanda au gérant s'il était possible de faire faire un modèle unique pour le samedi suivant.
- Mais bien entendu, Monsieur. Décrivez-moi ce que vous souhaitez et je vais le croquer. Une fois l'esquisse validée, les anneaux devraient être prêts pour jeudi ou vendredi. Ce service est plus cher, évidemment, que l'achat d'un modèle existant.
- Parfait, je pourrais donc venir les chercher ce vendredi. L'argent n'a aucune importance mais sachez cependant que plus vous salerez la note et moins le résultat aura le droit à l'imperfection. Je verrais plus quelque chose comme ça… déclara-t-il en s'emparant du parchemin du bijoutier et en commençant à griffonner.
Square Grimmauld, sur le sol de la bibliothèque, aux environs de 11h.
Rémus ouvrit un œil, se sentant en bien meilleure forme que ces derniers jours, le loup enfin apaisé quoique encore présent. Le soupir de soulagement qu'il allait laisser s'échapper se coinça dans sa gorge lorsqu'il constata que le confort de sa position n'était dû qu'au fait que Sirius était son coussin.
Les événements de la matinée lui revinrent soudainement à l'esprit et il se crut malade. Son estomac tangua violemment et il retint à grand-peine son petit-déjeuner alors que ses yeux d'or prenaient la mesure de l'état de son mari. Sirius dormait encore, le visage paisible et le corps marqué d'innombrables suçons, griffures et morsures que Rémus n'avait pas vraiment souvenir d'avoir laissé. Alors qu'il contemplait ce qu'il nommait déjà en son for intérieur un désastre, Sirius s'éveilla et glissa un bras languide autour de sa taille, se collant davantage contre lui.
- L'idéal serait de parvenir jusqu'au lit la prochaine fois. Je n'ai plus vingt ans, tu sais, se moqua gentiment l'animagus.
Il préférait en rire plutôt que de culpabiliser son loup alors qu'il avait pris dans leurs ébats un plaisir certain. Bien évidemment, il le regretterait dès qu'il essaierait de se lever, il le savait. Le tiraillement qui avait fusé dans son postérieur lorsqu'il s'était rapproché de Rémus en était une preuve suffisante mais il pouvait bien endurer quelques courbatures si cela devait ramener son compagnon à de meilleurs sentiments. Après tout, Rémus se montrait rarement si passionné et si fougueux tant il essayait de maintenir le loup sous contrôle.
- Je suis désolé. Je ne voulais pas… Je crois que je ferais bien de partir. Et d'entamer une procédure de divorce…
- Rémus, qu'est-ce qui te prend ? exigea de savoir Sirius, relevant vivement la tête à l'énoncé de son mari.
- Je… Je suis impardonnable.
Sirius n'aimait décidément pas l'éclat vitreux qui voilait le beau regard ambré et exotique de son compagnon et il prit les rennes de cette conversation abracadabrante. Il ne savait pas où le lycanthrope voulait en venir mais cette mention d'un divorce ne lui plaisait nullement et son mari avait tout intérêt à l'oublier sur le champ !
- Certes tu es impardonnable. Pour l'excellente raison que tu n'as rien à te faire pardonner.
- Mais je t'ai…
- Pris un peu sauvagement sur le sol de la bibliothèque en professant le plus grand mépris pour mon petit confort mais je ne vois pas ce que tu aurais à te reprocher. J'étais parfaitement consentant bien qu'un peu surpris au départ.
- Mais je…
- Tu m'as marqué pour la deuxième fois, je sais. Je comprends qu'il soit difficile pour Moony d'accepter une grossesse et qu'il ait saisi l'occasion d'affirmer sa domination.
- J'étais brutal ! s'écria soudainement Rémus.
- Oui, mais pas dans le mauvais sens du terme. Un peu de spontanéité n'est pas nocive. Mon dos s'en souviendra sûrement pour quelques jours mais le plaisir…
Sirius se tut, perdu dans la réminiscence des coups de reins puissants de son mari maltraitant sa prostate. Rémus n'avait pas vraiment pris garde à lui offrir du plaisir cette fois, veillant principalement au sien, mais son absence de circonspection avait largement pallié à ce fait. Il n'avait pas encore réalisé avant ce jour à quel point Rémus retenait et canalisait sa force physique lorsqu'ils faisaient l'amour. Il allait lui laisser le temps de se remettre émotionnellement de tout cela mais se promettait de requérir un peu moins de contrôle de soi et un peu plus de vigueur dès qu'il sentirait le loup-garou prêt à l'entendre.
- Non, ça ne devrait pas être bestial… Je…
- Tais-toi à la fin, le sermonna Sirius en encadrant le visage de son mari de ses mains avant de voler ses prochaines paroles à même ses lèvres.
Lorsque l'oxygène ne fut plus qu'une création mentale onirique et que Rémus se fut parfaitement détendu, Sirius le relâcha.
- Il faut que nous retournions au Ministère. Il se fait tard et j'espère que nous n'avons pas manqué le verdict.
Rémus opina distraitement, pas encore totalement revenu sur terre. Sirius s'appuya sur son épaule pour se relever, ne dissimulant pas sa grimace lorsque sa chair protesta, et se dirigea lentement vers la porte, la démarche quelque peu incertaine. Il s'arrêta une main sur le chambranle et précisa un point qu'il avait laissé passer dans la chaleur du moment :
- Pour ta gouverne, sache que mon absence de chemise est uniquement due au fait que tu as inconsidérément squatté la chambre pendant plusieurs jours.
Rémus regarda le dos éraflé de son compagnon disparaître dans le couloir et sourit.
Ministère de la Magie, chambre d'accusation n° 7, 11h30.
Le juge de ce procès, respecté membre du Magenmagot parvenu au sommet de la hiérarchie sorcière après sa découverte résolument fortuite mais primordiale des habitudes d'accouplement du Horglup sauvage alors qu'il n'était encore qu'un jeune jardinier, transpirait à grosses gouttes. Personne ne lui avait jamais dit qu'il était si difficile de gérer un Veela possessif et d'humeur plus que maussade !
L'ennui était que le droit sorcier était très strict sur ce point : un témoignage devant le Magenmagot ne pouvait se réaliser que depuis le siège des témoins et l'accusé devait impérativement être présent dans la salle durant toute la durée du procès, assis et enchaîné dans le siège approprié, sous peine d'irrecevabilité des témoignages. Le prévenu avait le droit fondamental de voir son accusateur et présider un procès dans lequel l'une des victimes était le très célèbre Survivant pour le voir annuler sur un vice de forme aurait été la fin de sa carrière. Il se serait vu contraint de démissionner pour sauver la face mais personne ne l'aurait ensuite jamais embauché et il y aurait eu fort à parier que ses vieux jours n'eussent été misérables.
Il avait passé le quart d'heure de pause qu'il avait accordé à réfléchir à une manière convenable de faire parvenir Severus Rogue jusqu'au siège qu'il devait occuper pour témoigner sans avoir sur les bras un Veela hystérique et prêt à tuer la prévenue dans la salle sans que personne ne puisse l'en empêcher. Peu de solutions lui étaient apparues et aucune ne le satisfaisait car toutes impliquaient l'utilisation de la magie à des degrés divers, or le recours à un sortilège n'était pas autorisé car potentiellement dangereux lorsqu'on le couplait à l'absorption de Véritasérum, la potion n'étant pas un modèle de stabilité.
Il était revenu dans la salle guère plus avancé qu'au départ et le regard intense que Harry Potter fixait sur le corps immobile de Ginevra Weasley ne lui disait rien qui vaille. Visiblement, le jeune Veela ne s'était nullement détendu durant cet intermède et la simple perspective de laisser son compagnon passer à quelques mètres de la rouquine était suffisante pour le contrarier. Il avait finalement estimé que le mieux serait encore de s'ouvrir de la difficulté au Veela, que celui-ci lui indique quelle façon de procéder lui convenait. Au vu des circonstances, cette légère entorse protocolaire serait certainement passée sous silence et ne prêterait pas trop à conséquences.
Harry Potter avait exigé d'accompagner son compagnon jusqu'à la chaise et de rester avec lui durant toute la durée de l'interrogatoire, refusant d'admettre qu'il pouvait tout aussi bien surveiller Ginny depuis sa place et le juge avait bien dû s'incliner. Les déclarations du professeur Rogue avaient été très simples et concises. L'avocat de Miss Weasley n'avait pas osé questionner l'homme sur un plan personnel comme il l'avait fait avec l'Auror Black, d'une part parce qu'il n'avait pas vraiment motif de le faire et d'autre part parce que, même sous Véritasérum, le professeur Rogue demeurait impressionnant. D'autant plus lorsqu'un Veela jalousement possessif veillait sur la salle comme un aigle du haut de son aire.
Au professeur de Poudlard succédait désormais le psychomage qui avait évalué le cas de Ginevra Weasley. L'homme était arrivé en retard, échevelé et hors d'haleine, marmottant quelques mots d'excuses à propos d'une urgence et demandant à ce que son témoignage ne prenne pas plus de vingt minutes puisqu'il était attendu à Sainte Mangouste pour un avis complémentaire sur le cas précis qui l'avait mis dans l'embarras. Il avait ensuite entamé une oraison technique interminable à laquelle personne outre lui ne comprenait goutte.
Comme toujours avec les experts, les seuls moments qui valaient la peine d'être écoutés étaient l'introduction et la conclusion, aussi le juge n'avait-il pas tenté de suivre l'exposé du praticien, réservant son oreille attentive pour ses recommandations finales et surveillant le Survivant du coin de l'œil, tamponnant occasionnellement son front et ses joues d'un mouchoir de baptiste pour éviter que la sueur ne lui dégouline dans les yeux.
Il se faisait trop vieux pour une telle agitation ! Si la prochaine fois qu'il devait présider tombait sur un cas plus compliqué ou plus dangereux qu'une petite vieille ayant glissé sur le dallage d'une boutique, il se ferait porter pâle.
- … c'est donc pourquoi je demande solennellement au Magenmagot de bien vouloir considérer Miss Weasley comme incapable de comprendre son châtiment. Je requiers, en tant qu'expert psychomagique, qu'elle soit placée dans une cellule de sécurité minimale dans la section appropriée d'Azkaban, où elle pourra recevoir les soins que nécessite son état. Je ne requiers aucune durée minimale ou maximale d'incarcération dans ce cas précis, la patiente pouvant parfaitement rester dans cet état de catatonie toute sa vie.
- Merci Psychomage Jester, déclara le juge, raccrochant expertement les wagons. Avez-vous des questions, Mr Checker ?
- Aucune, répondit l'avocat de Ginny.
- Vous pouvez disposer, conclut le juge avec un signe de tête en direction du psychomage.
Il appela ensuite le greffier qui se tourna vers l'assistance.
- Le Magenmagot va désormais délibérer et énoncer la sentence. Veuillez quitter la salle.
Poudlard, les cuisines, 11h45.
Draco chatouilla la poire représentée sur le tableau qui fermait l'accès aux cuisines et entra, espérant se réchauffer au coin du feu pendant que les elfes lui prépareraient une tasse de thé et un sandwich. La pluie drue qui avait commencé à tomber à Londres peu après qu'il ait quitté la bijouterie l'avait trempé jusqu'aux os et il ne pouvait se permettre d'être vu ainsi puisqu'il n'était pas sensé avoir mis un pied hors de l'école de toute la matinée. Les sorts de séchage restaient d'une efficacité limitée si l'on ne voulait pas abîmer le tissu ou s'arracher la peau et Draco n'avait vraiment pas l'intention de ressembler à une écrevisse durant sa nuit de noces à cause d'un sortilège malheureux. La chance ayant justement décidé d'aller convoler avec la fatalité, le blondinet réalisa immédiatement qu'il n'était pas seul dans la pièce.
Ronald Weasley se trouvait assis à la longue table de bois qui accueillait les plats avant qu'ils ne soient expédiés dans la Grande Salle, semblant chipoter dans l'assiette qui reposait devant lui.
Ce seul fait perturba Draco.
La belette semblait toujours enfourner davantage de nourriture qu'il ne pourrait jamais en digérer et se plaignait en permanence d'avoir faim, jamais il ne poussait un aliment d'un bord à l'autre de l'assiette ! Non pas que les habitudes alimentaires d'un Weasley préoccupassent foncièrement Draco tant qu'il était hors de portée des postillons, mais il savait qu'Hermione n'apprécierait pas qu'il néglige l'un de ses amis quelques jours avant le mariage. Il ne voulait pas risquer de la voir de mauvaise humeur le jour de leur Union.
- Weasley. Tu sors enfin de ton dortoir ?
- Malfoy !
Le rouquin s'était levé brusquement, son visage s'empourprant déjà alors qu'il criait le nom de Draco, puis il sembla se dégonfler comme un soufflé raté et se rassit mollement devant son assiette.
- Qu'est-ce que tu veux ? demanda-t-il ensuite bien plus posément, sur un ton lourd de lassitude.
- Simplement me réchauffer et manger quelque chose. Je ne pensais pas te trouver ici.
- Il ne pleut pas.
- Je sais.
- Alors pourquoi es-tu mouillé ?
- Parce que je suis sorti. A Londres, précisa-t-il avant que Weasley ne lui objecte que la pelouse du château était parfaitement sèche.
- Que désirez-vous jeune Maître ? pépia un elfe, une tâche de farine ornant son nez bulbeux.
- Une tasse de thé et un sandwich aux aiguillettes de dinde, sans mayonnaise.
- Tout de suite, jeune Maître !
- Sorti pour quoi faire ? reprit Weasley d'un ton soupçonneux, décidant qu'il était plus judicieux de ne pas faire remarquer au Serpentard qu'un sandwich à la dinde sans mayonnaise ne présentait pas le moindre intérêt gustatif.
Il était clair que le rouquin se moquait pas mal des allers et venues de Draco mais que sa disparition momentanée de l'enceinte de Poudlard l'intriguait. Evidemment, il en concluait immédiatement qu'il cherchait à mal. Typique.
- Je me marie samedi.
- Et ? … Oh ! La bague. Je me serais volontiers passé de cette information.
- Tu as insisté pour savoir pourtant, répliqua Draco sans réelle aménité alors qu'il venait s'asseoir en face du Gryffondor. Il ne tenait pas vraiment à se mettre Weasley à dos alors qu'il était invité au mariage.
Son sandwich apparut dans une assiette devant lui, accompagné d'une petite théière et d'une tasse. Draco commença par se servir du thé, se demandant quand Weasley allait craquer et lui poser la question qu'il avait si visiblement sur le bout de la langue. Le rouquin ouvrait et refermait la bouche sans rien dire, semblant à chaque fois se raviser. Draco n'était pas du genre à forcer des confidences, surtout venant d'une personne qu'il ne comptait pas dans son cercle d'amis, aussi dégusta-t-il sa tasse de thé, se réchauffant progressivement. Weasley le laissa manger tranquillement, émiettant une boule de pain de son côté, jusqu'à ce qu'il n'y tienne plus et soupire profondément avant de prendre la parole.
- Tu as déjà… … Non oublie.
- J'ai déjà quoi ? s'enquit Draco sur ce ton presque distrait qui poussait souvent son interlocuteur à en révéler davantage que ce qu'il avait initialement prévu.
- Tu vas épouser Hermione.
- Oui.
- Et tu as… comment dire…
- Non je n'ai pas couché avec elle et je suis outré que cette idée te soit venue, déclara le blondinet d'une voix plate.
- Encore heureux ! Mais ce n'est pas du tout ce que je veux dire ! Je… Pourquoi tu as déjà… avec un garçon si tu épouses une fille ?
Lorsqu'il réalisa que ces mots provenaient bien de sa propre bouche, Weasley rougit violemment, faisant concurrence au plumage de Fumseck, avant de pâlir drastiquement. Il cacha son visage entre ses mains de dépit et de honte alors que Draco le regardait, un sourcil levé, les lèvres légèrement entrouvertes.
- Le contact de Blaise t'aurait-il autant affecté que les rumeurs le disent ?
- QUOI ? NON !
- Tu nies un peu trop bruyamment pour être crédible, Weasley. Mais pour répondre à ta question, oui, j'ai déjà essayé avec un homme par le passé par curiosité. Ce n'est pas réellement mon truc alors je me suis ensuite cantonné à la gente féminine. Le destin a voulu que ma moitié soit une femme mais, dans le cas contraire, je pense que je me serais contenté d'un homme. Ce n'est pas en embrassant un garçon une fois que tu peux savoir si tu apprécies ou non la compagnie d'un homme. Un baiser masculin est peut-être un peu plus vif, un peu plus exigeant que celui d'une fille mais le caractère de chacun y joue un rôle non négligeable.
- Mais je… je ne veux pas…
- Si tu ne veux pas, tu ne veux pas. Si tu es suffisamment aventureux pour tester et voir par toi-même ce qu'il en est au lieu de répéter les paroles de ta mère comme un stupide perroquet, tu trouveras probablement quelqu'un d'assez désespéré pour être intéressé.
- Ehhh ! protesta Ron, sorti de sa torpeur chouineuse par l'abrupte vérité des paroles de Draco.
- Je ne vois vraiment pas pourquoi c'est à moi que tu as posé cette question, je suis loin d'être le seul à avoir eu une aventure homosexuelle dans ce château. Mais cependant, au vu de ma situation avec Hermione, je vais te donner un conseil : tente l'expérience une fois, avec quelqu'un en qui tu peux avoir confiance, et tu verras bien. Si les rondeurs féminines te manquent et que tu sens qu'une relation avec un homme ne te manquera pas, tu sauras à quoi t'en tenir. Si tu apprécies le moment sans plus, tu sauras qu'en cas de disette affective, tu auras une solution de repli. Et si tu préfères finalement un homme à une femme, tu le sauras de suite.
Draco vida sa deuxième tasse de thé pour faire descendre le sandwich et se leva pour se rendre dans son dortoir et changer de vêtements. Ils avaient fini de sécher mais ils demeuraient froissés, rêches, et les traces de boue ne pouvaient mentir sur son escapade.
Alors qu'il allait ouvrir le tableau de l'intérieur, il fit une pause et adressa quelques mots à Weasley, ne pouvant résister à l'envie de le perturber davantage.
- Au fait, je ne te conseille pas de tenter le coup avec Seamus. Il sait très bien ce qu'il fait mais il est d'une taille plus que généreuse et le lendemain peut être légèrement douloureux…
Ministère de la Magie, chambre d'accusation n°7, 11h45.
Rémus et Sirius se frayèrent un chemin parmi la masse de journalistes et de sorciers bien-pensants pour rejoindre les bancs les plus à l'avant de la salle, près d'Harry. Ils eurent juste le temps de s'asseoir que le greffier annonçait d'une voix forte :
Les vénérables membres du Magenmagot sont prêts à rendre leur verdict. Que l'accusée soit ramenée et que son avocat se lève.
L'homme se leva nerveusement, jetant à la dérobée des petits coups d'œil incertains en direction du jeune Veela, semblant craindre tout à la fois son tempérament et la possibilité de lui déplaire. Sa position n'était pas aisée. Avocat peu renommé malgré un talent certain, cette affaire était pour lui une aubaine, une occasion unique de se faire connaître. A la condition express de ne pas trop bien défendre sa cliente rigoureusement indéfendable, ce qui n'avait aucune chance de jamais se produire au vu de la situation, sans pour autant jeter l'éponge.
Un équilibre délicat qui devait permettre d'obtenir la satisfaction de tous.
Restait à savoir ce que le principal intéressé en penserait…
- Le Magenmagot a revu les témoignages présentés aujourd'hui et est prêt à livrer sa conclusion, déclara solennellement le juge après avoir discrètement toussoté pour s'éclaircir la gorge. Miss Ginevra Weasley a commis un crime horrible en tentant sciemment de nuire au compagnon d'un Veela. Ce simple fait est normalement passible du Baiser du Détraqueur lorsque le Veela n'a pas lui-même achevé le criminel. Cependant, étant donné les évidences psychomagiques prouvant l'absence de conscience que l'accusée aurait de son châtiment et l'absence de ressentiment vindicatif de la part de Mr Rogue, ce tribunal a décidé de suivre les requêtes du psychomage Jester. La prévenue sera incarcérée dans une cellule spécialisée d'Azkaban dans laquelle elle recevra les soins minimaux indispensables à sa survie, et pour une durée non compressible de 10 ans au terme de laquelle son état de santé mentale sera réévalué. Si son état s'avère ce jour compatible avec la vie en société et si Mr Harry Rogue y consent, l'accusée pourra être relâchée sous surveillance et effectuer un travail d'intérêt public, bénévole et encore à déterminer, pour une durée également non compressible de 10 ans, potentiellement reconductible en fonction de l'évolution de son état de santé et de son comportement.
Le juge se tut et l'enfer éclata.
Poudlard, dortoir des Gryffondors, en début d'après-midi.
Ron n'arrivait tout simplement pas à digérer et pensait bien ne jamais pouvoir encore ingurgiter quoi que ce soit pour le restant de son existence. Peut-être n'aurait-il pas dû affirmer à l'elfe qui s'était enquis de sa santé après le départ de Malfoy qu'il se sentait bien…
D'un autre côté, il se sentait barbouillé et mal à l'aise en permanence depuis qu'il avait avalé cette potion de Rogue. Il était très tenté de tout mettre sur le dos de son professeur de potion, décrétant haut et fort qu'il l'avait empoisonné, mais il avait le plus grand mal à concevoir sa vie sans la présence d'Harry et une petite voix lui soufflait que son ami risquait de définitivement couper les ponts avec lui s'il s'en prenait de la sorte à son mari. En désespoir de cause, Ron ne pouvait guère faire autre chose qu'essayer de comprendre ce qui s'était produit ainsi que ses propres réactions.
Il avait failli sortir de sa réclusion forcée pour demander à Harry des précisions sur sa relation avec Rogue, pensant que cela pourrait éventuellement l'éclairer un peu de savoir comment son ami avait abordé les premiers temps de son mariage, mais il n'avait finalement pu s'y résoudre. L'idée à elle seule que Rogue puisse être un être sexué le perturbait bien plus qu'un baiser de Blaise Zabini !
Peu accoutumé à réfléchir des heures durant pendant plusieurs jours, il avait bientôt ressenti le besoin de s'aérer mais pointer le bout de son nez dans le château était dangereux. Il avait encore besoin de temps avant de pouvoir affronter le regard des autres et les quolibets qui ne manqueraient pas de jalonner son chemin pour avoir harcelé sans vergogne un Serpentard, sans compter que croiser un professeur l'obligerait à retourner immédiatement en cours. Que l'on ne s'y trompe pas, il ne se cloîtrait pas par pure fainéantise – encore que l'absence d'horaires et d'enseignants plus ou moins grincheux dans son quotidien soit un net progrès en ce qui le concernait – mais pour pouvoir penser à son aise, ce qu'il n'était jamais à même de faire durant les cours, ses professeurs l'endormant quasiment tous en trois phrases.
Il avait finalement décidé de se rendre aux cuisines pendant midi, heure à laquelle il avait la parfaite assurance de n'y trouver âme qui vive. Bien que n'ayant pas vraiment faim, il avait néanmoins demandé de quoi entretenir son estomac et retournait l'une après l'autre dans sa tête des pensées déjà éculées par deux jours de triturage de méninges intensif.
Il n'avait pas prévu qu'un Draco Malfoy ruisselant ferait apparition.
Il n'avait pas prévu l'absence de morgue et d'acidité dans la voix plutôt lasse du Serpentard.
Il n'avait pas prévu que cette vieille bribe de rumeur remonte soudainement à la surface de sa mémoire. Ce point que jamais le blondinet n'avait pris la peine de nier. Cette histoire que tous avaient sûrement oublié sauf lui. Ce récit d'une aventure homosexuelle dans la vie purement hétérosexuelle du Prince des Serpentards.
Ron se fichait royalement des personnes que Malfoy avait accueillies entre ses draps avant que son héritage ne se fasse connaître. Il ne s'en était pas plus préoccupé à l'époque où la rumeur avait pris vie qu'à un autre moment.
Sauf qu'un point précis l'avait marqué : comment avait-il pu se laisser aller à un tel acte d'une part, et d'autre part comment avait-il géré ce fait lorsqu'il était revenu vers la gente féminine ?
Ron ne demandait pas mieux que d'aller oublier sa mésaventure zabinienne dans les bras d'une petite Poufsouffle compatissante et peu farouche mais il ne parvenait pas à ne serait-ce qu'imaginer ce qu'il pourrait bien dire une fois en face de la fille. Et si elle lui riait au nez ? Si elle lui rétorquait d'aller retrouver Zabini ? Que ferait-il alors ?
Toutes ses insécurités, ses angoisses et ses doutes remontant simultanément, la question qu'il voulait poser sans jamais la poser avait jailli de ses lèvres.
Merlin pourquoi avait-il posé cette question précise à Malfoy ?
Non seulement la réponse ne lui avait pas plu mais la remarque faussement innocente du petit blond l'avait fait verdir sur place au grand dépit des elfes qui s'étaient immédiatement inquiétés de la qualité de leur nourriture. Ron savait que Seamus mangeait à tous les râteliers et il tâchait d'ignorer cette réalité autant qu'il était possible mais que l'incarnation même du Gryffondor selon Ron aille découcher avec un Serpentard, il ne s'en remettait pas !
Comment allait-il survivre au mariage d'Hermione dans des conditions pareilles ?
Rien qu'à l'idée que son imagination fertile prenne le dessus sur les remparts barricadés de son sens de la censure, il se sentait mal. Il ne voulait pas que l'image de Draco Malfoy gémissant sous le corps de Seamus ne flashe devant ses yeux en pleine cérémonie.
Il ne s'arrêta pas pour analyser les motifs de l'embarras qui naîtrait de cette situation et ferma les yeux, soupirant mentalement qu'il faisait un bien mauvais fils.
Square Grimmauld, au même moment.
- C'était vraiment très gentil de ta part de nous inviter à déjeuner, Sirius, mais si tu pouvais t'expliquer à présent… déclara Harry alors que son père adoptif lui versait une tasse de thé à la violette, accompagnée d'une part de tarte aux pommes dorée.
Non pas qu'Harry soit si pressé de se débarrasser de ses pères, il était ravi de profiter un peu de leur présence, mais il avait besoin d'un moment d'intimité avec Severus après les émotions du procès. Ce n'était pas le besoin impérieux qu'il avait ressenti après l'attaque de Ginny mais il ne pouvait cependant repousser cette envie viscérale de son compagnon pendant encore bien longtemps. Plus vite Sirius abordait les choses sérieuses, plus vite le Veela allait retrouver la chaleur douillette des bras de son mari stoïquement assis à ses côtés.
- Je sais que je ne t'ai pas parlé de la grossesse de Rémus et je suis navré que tu aies dû l'apprendre de cette manière mais la situation était assez précaire ces derniers jours, commença l'animagus en servant Severus qu'il n'avait pu éviter d'inviter avec Harry, politesse oblige.
Il était mal à l'aise d'évoquer des problèmes si personnels devant son ennemi d'enfance mais il n'avait guère le choix, d'autant plus que celui-ci n'avait pas hésité à le convier avec Rémus en sa demeure au début de son mariage à Harry, lorsque les circonstances l'avaient exigé. Il supposait qu'il ne pouvait pas décemment le snober désormais que les rôles étaient inversés.
- Je crains d'avoir été quelque peu… difficile lorsque j'ai appris… ma grossesse, intervint Rémus. Je… Ce n'est pas facile pour moi de me trouver dans cette situation. Je ne suis d'ailleurs toujours pas entièrement convaincu que tout aille pour le mieux.
- J'ai toujours cru que tu voulais des enfants, demanda innocemment Harry.
- Bien sûr ! Mais…
- Mais Moony a vu comme une remise en cause de sa virilité de mâle alpha le fait d'être enceint, acheva pour lui Sirius. Je ne voulais pas annoncer une telle nouvelle sans que Rémus ne soit présent et n'ait l'air un tant soit peu heureux de l'événement.
Au vu de la rougeur gênée qui enflammait les joues et le cou du lycanthrope, Harry comprit que le loup avait empêché Rémus de se réjouir tranquillement avec son mari et qu'il s'en sentait singulièrement coupable. Apparemment la situation s'était débloquée entre le moment où ils avaient tous deux quitté la salle d'audience et le verdict. S'il en jugeait par la légère grimace que Sirius ne pouvait retenir lorsqu'il s'asseyait, Harry pensait savoir de quoi il s'agissait et refusait d'en connaître davantage. Il était heureux que la tension qui avait affecté le couple ait disparu mais il vivait beaucoup mieux en ignorant les modalités de cette amélioration.
- Toutes mes félicitations, déclara Severus d'une voix sèche. Je vais pouvoir planifier ma retraite.
- Pardon ? s'entrucha Harry sur son ultime morceau de tarte, projetant des miettes de tous côtés.
- Il est hors de question que je tente d'inculquer les bases de la confection des potions à la progéniture de deux Maraudeurs, lui répondit Severus en brossant machinalement la manche de sa robe noire sur laquelle un fragment de pâte feuilletée avait eu l'audace de se poser. Je refuse d'être tenu pour responsable du désastre que cela ne manquera pas d'occasionner à l'avenir.
- Et moi qui comptais te demander d'être son parrain… se moqua gentiment Rémus, visiblement plus à l'aise lorsqu'il ne parlait pas directement de sa grossesse et qu'il ne s'adressait pas à Sirius.
Harry s'interrogea brièvement sur le comportement quelque peu ambivalent du loup-garou mais parvint rapidement à la conclusion que ce fait était lié à celui qu'il voulait déjà ignorer et il repoussa cette pensée hors de son cerveau, se concentrant plutôt sur Severus qui répondait.
- Les circonstances seraient entièrement différentes en ce cas, bien que cela ne m'empêcherait en rien de quitter Poudlard, affirma le directeur de Serpentard.
Harry considéra avec attention son compagnon, déchiffrant posément les paroles qu'il venait de prononcer. Il commençait à pouvoir lire entre les lignes lorsque Severus s'exprimait et il ne percevait dans ses mots qu'une acceptation voilée. A la manière dont Rémus regarda son compagnon, le Veela sut que le loup-garou avait également saisi la nuance tandis que Sirius restait comme à son habitude oublieux de tout ce qui ne lui était explicitement épelé.
Rémus se promit de réfléchir à ce point en temps voulu et de convaincre Sirius par tous les moyens à sa disposition si jamais il décidait de donner suite et que ce fait s'avérait nécessaire. Pour le moment, s'il en jugeait par la manière dont le Veela et son compagnon semblaient tendre l'un vers l'autre, leur entente s'était améliorée au-delà de ses espérances et le moment était venu de contacter l'agent de voyage de Sirius.
Poudlard, à la lisière de la Forêt Interdite, 17h59.
Aucun signe de Ronald Weasley depuis dimanche et sa course effrénée à travers le château.
Et maintenant, il se languissait de le voir de nouveau.
Il se faisait parfois l'impression de se conduire comme un parfait idiot mais il ne pouvait contenir ses sentiments. Il n'était pas amoureux au point de trouver chaque détail de la personne de Ron Weasley charmant, surtout pas sa manière de se tenir à table, mais le geste inconscient que faisait le rouquin pour s'ébouriffer les cheveux lorsqu'il ne comprenait pas quelque chose ou bien lorsqu'il était mal à l'aise ne manquait jamais de faire battre son cœur un peu plus vite que de coutume.
Il arrivait toujours à le croiser au moins une fois par jour en dehors des repas et pouvait alors profiter à loisir et à distance de sa présence. Mais plus depuis deux jours. Il avait entendu dire que McGonagall en personne n'avait pu l'extraire de son lit ce matin même.
Comment pouvait-il espérer faire un mouvement en direction de l'insupportable Gryffondor si celui-ci ne quittait pas le lit ?
Ce fut à cet instant précis, alors que le soleil l'éblouissait de sa réflexion sur la surface du lac, que l'épiphanie survint.
Le mariage.
Weasley serait certainement présent au mariage d'Hermione Granger et de Draco Malfoy ce samedi étant donné ses liens étroits avec la fiancée. Il ne savait pas si lui aurait accepté de se rendre au mariage de son ex petite amie si rapidement après leur rupture, eusse-t-il jamais eu une petite amie, mais en bon Gryffondor, Ronald Weasley ferait certainement ce qu'il était convenable de faire.
Une fois au Manoir Malfoy, il aurait toute une journée pour tenter quelque chose.
Il trouverait bien…
Londres, Chemin de Traverse, le vendredi suivant à 16h tapantes.
Draco se tenait devant la boutique, tétanisé.
Et si la bague d'Hermione n'était pas terminée ?
Et si finalement le résultat ne lui plaisait pas ?
Et si le design n'était pas ce qu'il avait prévu une fois matérialisé ?
Et s'il avait fait le mauvais choix ?
Il demeura ainsi cinq bonnes minutes devant la vitrine, ne se dandinant pas d'un pied sur l'autre mais tout juste, un petit air désespéré emplissant son regard d'argent. Puis dans un sursaut soudain, il franchit les quelques mètres qui le séparait de la porte d'entrée et pénétra dans la bijouterie. La vendeuse qu'il avait eu l'infortune de rencontrer lors de sa précédente visite était juchée sur le comptoir de verre, les jambes croisées et un magazine à la main. Il scanna rapidement l'ensemble de la boutique mais ne vit nulle part le gérant qui avait pris sa commande au début de la semaine.
Il se résigna de mauvaise grâce à affronter la fille et son numéro de Witches ! criard qui promettait monts et merveilles quant à la qualité et à l'efficacité d'une potion dépilatoire en fiole unidose, produit à la pointe de la recherche le mois dernier semblait-il. Soupirant mentalement, il se planta devant la vendeuse et attendit. Elle ne daigna pas davantage que la première fois lever le nez de son torchon imprimé et Draco dut prendre les choses en main :
- Je viens prendre une commande.
- Attendez un instant-euh, demanda-t-elle sur un ton qui tenait plus de l'ordre que de la requête, souhaitant visiblement achever la lecture de son article comparatif 'Minijupe vs. short : les couturiers à dédaigner'.
Draco n'avait nulle patience et certainement pas envie de perdre son temps alors que le mariage approchait à grands pas mais il se voyait contraint de jouer les potiches décoratives pendant qu'une idiote s'absorbait entièrement dans la comparaison de shorts si courts qu'ils méritaient de l'avis du Veela l'appellation de ceintures. Sa seule option consistait à la frapper jusqu'à obtenir une réponse mais il n'était pas persuadé de la pertinence de cette mesure. Il se racla bruyamment la gorge, tapant deux fois du pied pour rappeler la fille à l'ordre.
- Mais quoi-euh ? Vous voyez bien que je suis occupée-euh.
- Vous êtes sensée travailler. Je ne viens que prendre un coffret contenant deux alliances et je disparais à jamais de votre vie, comme de ce magasin dans lequel je ne remettrais les pieds sous aucun prétexte fusse-t-il la dernière bijouterie du pays, vous pouvez en être sûre !
- Mr Malfoy ? s'exclama le gérant qui émergeait du petit salon d'exposition pour les futurs mariés. Que puis-je faire pour être agréable ?
- Simplement me fournir ce que je vous ai commandé.
Draco avait conscience d'employer un ton trop sec vis-à-vis de l'homme, qui n'était somme toute pas responsable de son accès de mauvaise humeur, mais s'il y avait bien une chose qu'il détestait par-dessus tout, c'était de se voir snober comme le dernier des pèquenauds surtout par une personne qui se devait professionnellement de se montrer attentive à ses désirs.
- Mais bien sûr, Monsieur. Je vous apporte cela de suite.
Le regard que le propriétaire avait lancé dans la direction de sa vendeuse – laquelle avait providentiellement levé les yeux en entendant sa voix – avant de passer dans ce qui devait être l'atelier à proprement parler était tout à fait parlant. Il n'appréciait pas le moins du monde de perdre une clientèle aussi prestigieuse, capable de lui rapporter beaucoup d'argent, et il y avait fort à parier que la jeune femme allait prendre un savon dès que les clients auraient déserté les lieux.
- Voici, Monsieur, déclara presque obséquieusement l'homme en revenant avec un écrin large et plat. J'espère que tout sera à votre convenance.
- Il vaudrait mieux. Envoyez la facture au Manoir Malfoy.
Draco partit sans même avoir ouvert la boîte, impatient de retrouver l'air libre de la rue. Il était à peu près certain que le directeur de la boutique n'aurait pas la courtoisie de proposer une ristourne en guise de geste commercial mais il espérait néanmoins qu'il aurait la décence de ne pas saler la note en pensant qu'il n'aurait plus jamais l'occasion de faire affaire avec la famille Malfoy. Bien sûr, il n'aurait pas tort. Draco vivant, aucun membre de sa famille n'irait jamais plus dans cet endroit mais il était dangereux de tenter d'arnaquer un Malfoy car il pourrait bien décider de ne pas le laisser poursuivre son entreprise en paix si l'envie lui en prenait.
Une chose était certaine en revanche, si l'homme s'attendait à voir son nom apparaître dans les journaux comme le designer de la bague, il rêvait. L'immense remue-ménage qu'avaient occasionnés la sentence de Ginny Weasley et l'annonce de la naissance future d'un héritier de la famille Black mourrait enfin de sa belle mort, les sorciers britanniques ne retenant finalement que le fait que la seule fille Weasley ne risquait plus de nuire à personne avant bien longtemps, et tous les regards seraient tournés vers la cérémonie du lendemain au manoir en attendant la venue au monde effective de l'enfant de Lord Black. Ce serait lui faire trop d'honneur que de citer son patronyme. Autant que Draco s'en sente concerné, il pouvait bien tomber dans l'oubli le plus total.
Il retourna à Poudlard aussi rapidement qu'il le put et se faufila prestement dans sa chambre, échappant de peu à Goyle qui passait justement dans le couloir conduisant à la salle commune de Serpentard.
Il jeta sa cape plus ou moins en direction du bureau et s'assis sur son lit, l'écrin entre les doigts. Il prit une profonde inspiration avant de se lancer et d'en ouvrir le couvercle d'une main tremblante. Il considéra longuement les deux bagues reposant sur le velours délicat et prononça pour lui seul son verdict :
Parfait.
