Karl avait regagné l'hôtel bougon en compagnie d'un Genzô amusé par tout le malheur du monde que son ami semblait porter sur ses épaules. Et ça n'était pas fini...A peine arrivé dans le hall de l'hôtel, Karl se fit interpeller par son père qui discutait avec un membre du staff de l'équipe à l'une des tables du petit salon, et qui donnait vue sur l'entrée. Le jeune homme s'immobilisa aussitôt et regarda son père se lever de table et s'avancer vers lui en haussant les sourcils, l'air visiblement surpris.
- Où est ta sœur ?
- Elle est...elle est restée avec ses amis, répondit simplement Karl après un instant d'hésitation.
- Comment ça : « elle est restée avec ses amis » ? répéta Franck Schneider visiblement contrarié par la réponse. Je croyais que vous deviez rester ensemble ?
- Papa, soupira Karl, ça va ! Je te rappelle qu'elle a 17 ans ! Avant de rentrer, elle a voulu passer par le stade pour voir...pour voir un entraînement et moi non, c'est tout.
Karl et Genzô s'échangèrent alors un regard éloquent que Schneider père ne jugea pas utile de relever. Il préféra se concentrer sur un autre point.
- Encore ! s'exclama-t-il. Mais elle va finir par faire une overdose de football cette gamine, ironisa-t-il.
Karl s'abstint cependant de tout commentaire et regarda son père avec une certaine condescendance.
- Quoi qu'il en soit, poursuivit Franck Schneider sévère, quand tu nous dis à ta mère et moi que tu accompagnes ta sœur en ville, nous comptons sur toi et surtout, nous partons du principe que ce n'est pas pour la lâcher avant même d'être rentré !
- Quoi ? s'étrangla Karl. Comment ça « la lâcher » ?
- Comment appelles-tu ça ? C'est bien toi qui tu nous as dit : « Si ça peut vous rassurer, je l'accompagne... » et là-dessus tu rentres tranquillement les mains dans les poches alors que ta sœur est toute seule en ville !
- Hé ! se défendit Karl, elle n'est pas toute seule en ville ! On a passé tout l'après-midi ensemble et là, elle se trouve au lycée avec le même groupe de jeunes qu'elle fréquente depuis qu'on est arrivé ! Tu crois quoi ? Que je l'aurais laissée seule si ça craignait ?
Son père soupira d'insatisfaction puis jeta un œil à Genzô qui afficha aussitôt un air confiant en espérant détendre un peu l'atmosphère.
- Bon, on en reste là. Mais la prochaine fois, tâche simplement de faire ce qu'on attend de toi.
Sans ajouter un mot, Franck Schneider tourna les talons et s'apprêta à rejoindre l'homme qui l'attendait toujours assis à la petite table, et qui n'avait rien manqué de la discussion « dynamique » entre l'entraîneur et son fils. Quant à Karl, il commençait à virer furieusement au rouge brique et Genzô ne savait que trop bien pourquoi. Alors que son ami passait son temps à râler que sa sœur « fréquentait » quelqu'un - et qu'il se conduisait avec elle telle une duègne - , alors qu'il avait là une magnifique occasion de tout balancer et peut-être, en fonction de ce qu'il aurait pu dire et comment il l'aurait dit, mettre un terme prématurément à cette relation qui n'en était pas encore une, il avait préféré ne rien dévoiler et rester loyal envers sa petite sœur qu'il protégeait beaucoup trop mais aimait encore davantage.
Le japonais posa un bras compatissant sur les épaules de son ami, lui sourit et l'entraîna vers les ascenseurs lorsque monsieur Schneider revint à la charge :
- J'espère que tu lui as dit de ne pas rentrer trop tard au moins ? lança-t-il sur un ton sans équivoque.
- Oui-papa ! articula clairement Karl avec une colère froide qu'il essayait de maîtriser tant bien que mal, sans prendre la peine de se retourner.
Les deux garçons reprirent ensuite leur marche et Genzô proposa d'aller se défouler un peu au baby-foot.
- Je te remercie, répondit Karl sarcastique, malgré ce que l'on vient de voir, je n'ai pas le goût du martyre...
Il est vrai que Karl n'avait jamais réussi à battre son gardien à ce jeu et il craignait fort qu'une nouvelle déculottée soit de trop pour son égo en cette fin de journée.
- Qu'est-ce que tu veux faire alors ? demanda Genzô qui se sentait l'âme secourable d'un Saint Bernard.
- Je crois que je vais aller piquer une tête, dit Karl en désignant la piscine de l'hôtel d'un mouvement de tête au travers des baies vitrées situées sur leur gauche, et derrière lesquelles le bassin était exposé. J'ai urgemment besoin de me rafraîchir !
Cinq minutes plus tard, après qu'ils aient fait un bref passage par leur chambre pour se changer, Karl et Genzô installaient leur drap de plage sur deux des chaises longues qui bordaient la piscine.
- Tu le crois ça ? ne put se retenir Karl qui semblait plus se parler à lui-même qu'au japonais. Quand je m'en mêle, je m'en prends plein la tête...ou plutôt plein les oreilles, modifia-t-il amer, et quand je ne m'en mêle pas, je m'en prends plein la tête aussi ! Non, mais sérieux ! maugréait-il toujours en s'avançant vers le bord du bassin après être passé par la douche.
- Je crois que le mieux, c'est que tu ne t'en mêles plus, lui conseilla pour la énième fois Genzô.
Karl se tourna vers lui et lui lança un regard navré.
- Ouais, je crois bien que t'as raison...Mais j'aurais l'œil quand même...
- Ah ! Ah ! Ah ! rigola Genzô qui était venu se poster à côté de lui, t'es vraiment impossible. Dis-moi, lui demanda soudain le japonais très sérieusement, tu sais nager au moins ?
- Bien sûr que je sais nager ! répondit Karl offusqué. Quelle question stupide !
- Et bien va prendre un peu la température de l'eau dans ce cas !
Et avant même que son cerveau n'impose à ses membres de réagir face à l'attaque, Karl s'était retrouvé au milieu du grand bassin sous l'air exaspérant et satisfait de son ami qui l'avait lâchement poussé...
Loin de se douter de la droiture dont son frère venait de faire preuve pour elle, Marie avait assisté au dernier entraînement du week-end de la Tohô en toute rêverie.
Assise sur son banc, elle avait écouté, amusée, Kumiko et Kazuki parler avec un tel enthousiasme de leur rencontre avec les musiciens que ça en devenait presque hystérique. En parlant d'hystérie, Marie n'avait pu ignorer, tout comme les jours précédents, le petit groupe d'étudiantes qui continuait inlassablement à tantôt glousser, tantôt hurler, à l'intention du capitaine de l'équipe. D'un côté, rien n'avait changé depuis ce jour où Takeshi et Marie avaient discuté ensemble pour la première fois au bord de ce terrain. Mais d'un autre, la présence régulière de cette jolie blonde aux entraînements, qui venait même lorsque le Bayern n'était pas là et qui était arrivée ce jour-là en compagnie du capitaine de la Tohô, fut perçue très différemment par les uns et les autres, et une rumeur disant qu'elle ne venait en réalité que pour « le petit technicien » (comme on avait surnommé Takeshi) commença à circuler et se répandre dans tout le lycée. Au grand dam de ses admiratrices, on prétendait même que Takeshi prenait plaisir à tout cela et que les deux passaient également du temps ensemble en dehors des entraînements...C'était certainement la raison pour laquelle les spectateurs et spectatrices regardèrent désormais Marie avec un air étrange où l'animosité ne perçait que chez les inconditionnelles qui se demandaient forcément ce que Take-kun pouvait bien lui trouver ? Et les choses ne s'en retrouvaient que plus pimentées lorsque le joueur ne pouvait se retenir de regarder trop souvent en direction du banc longeant le terrain, comme pour s'assurer que Marie s'y trouvait toujours. Un bref mais clair rappel à l'ordre de son entraîneur, qui lui envoya un ballon sur la tête en hurlant que s'il ne se concentrait pas davantage les entraînements se dérouleraient alors à huit-clos, suffit à Takeshi pour faire la part des choses et se concentrer sur sa séance...
Une fois sorti des vestiaires où les joueurs s'étaient douchés et changés, Kumiko, Kazuki, Marie et Takeshi se réunirent pour la dernière fois de la journée au portail du lycée, là où ils croisèrent bon nombre de collègues qui leur jetèrent des regards curieux, pour se souhaiter une « bonne soirée ». Il ne faisait aucun doute que le japonais et l'allemande auraient apprécié pouvoir passer encore un peu de temps ensemble...peut-être seuls...peut-être pas. Il est des instants que l'on souhaite mais que l'on serait pourtant incapable de planifier tant ils nous submergent d'émotions rien que par la pensée...Mais il était tard de toute façon et Marie devait rentrer de suite après l'entraînement. Une mince consolation : pouvoir se revoir dès le lendemain et le jour d'après...
Trop de bonnes choses s'étaient passées aujourd'hui pour que la jeune allemande soit attristée par cette séparation. Ce fut donc l'air aussi rêveur qu'absent qu'elle arriva à l'hôtel, où tout comme son frère, elle fut stoppée, mais là, non-pas par son père, mais par ses deux parents qui semblaient l'attendre dans ce hall apparemment propice aux réunions de famille.
Au premier coup d'œil, Marie comprit que quelque chose clochait. L'air inhabituellement grave et sévère qu'affichaient son père et sa mère ne lui inspirait rien de bon et lorsqu'elle les vit venir à sa rencontre sans changer d'expression, ses craintes n'en furent que confirmées. La seule chose qu'elle ignorait encore, c'était le motif de leur attitude. Incapable de la deviner, elle préféra laisser venir pour éventuellement répondre ensuite. Désormais en face-à-face à deux contre un, Marie afficha un air le plus serein possible (ce genre de situation de forçant pas non-plus à l'épanouissement).
- Ton après-midi s'est bien passé ma chérie ? commença sa mère avec un air de « trop poli pour être honnête ».
- Heu...oui, répondit Marie méfiante.
Fidèle à sa stratégie, la jeune fille n'en dit pas plus et attendit en regardant d'un air interrogateur mais poli ses parents.
- Est-ce trop te demander de nous expliquer pour quelles raisons tu n'es pas rentrée avec ton frère ? poursuivit son père.
- Et bien...je suis allée assister à un entraînement avec mes amis après être allée en ville... et Karl n'est pas venu avec nous...alors il est rentré sans moi, expliqua Marie en continuant de se demander si c'était du lard ou du cochon.
Son père souffla bruyamment tel un buffle et regarda sa femme.
- Et qu'est-ce que cet entraînement avait de si important pour que tu ne respectes pas ce qui était convenu ? questionna sa mère.
- Rien de particulier, mentit Marie. Je voulais simplement rester encore un peu avec mes amis, c'est tout.
- Dans ce cas, si « c'est tout », nous te serions très reconnaissant à l'avenir de t'en tenir à ce qui a été décidé au départ.
- Mais enfin, je ne vois pas où est le mal ? protesta Marie. Vous me laissez bien y aller seule, je ne vois pas où est la différence avec « en rentrer seule ». Le chemin est le même dans un sens ou dans l'autre vous savez ! rétorqua-t-elle avec une légère insolence.
- Hé ! On se calme jeune fille ! Pas de ce ton là avec nous, la prévint sa mère.
- Le problème n'est pas là, en rajouta son père qui se mit à parler vite, un peu énervé. C'est une question de principe. Vous deviez aller en ville ensemble et rentrer ensemble. Et sans nous prévenir, vous faites vos petites affaires et vous rentrez un peu quand ça vous arrange. Ton frère, parce qu'il avait envie de faire autre chose, et toi pour aller « encore » à ce lycée. Ça ne pouvait pas attendre demain que tu ailles voir tes petits amis non ? Nous ne somme pas en Allemagne ici Marie ! Nous ne sommes pas à la maison ! Je suis ravie que tu t'y plaises et que tu y fasses de telles connaissances, mais lorsque nous vous demandons quelque chose, comme de rester ensemble, nous nous attendons à ce que, compte tenu de votre âge, vous vous y teniez !
Mais Marie ne retint de la longue tirade de son père que le mot « petit-ami ». Et en même temps qu'un énorme malentendu se mettait en place, un violent sentiment de colère s'empara d'elle. Alors c'était ça en fait ? Ses parents auraient aimé qu'elle confirme tout ce que son « soit disant frère » leur avait déjà racontés ? Mais jusqu'où avait-il pu aller dans sa vengeance pour avoir dû la laisser aller seule au lycée en compagnie de ses amies...de Takeshi, cet après-midi ? Elle n'entendait plus rien. Les paroles que prononçaient ses parents étaient perdues dans un flou lointain et elle dut faire des efforts pour se concentrer sur la discussion présente.
- ...condes après, tu nous demandes d'y aller ! Tu es à prendre avec des pincettes en permanence et tu changes d'avis sans arrêt sans te préoccuper de tout ce que cela peut engendrer, finit sa mère. J'aimerais, nous aimerions, que tu fasses un petit effort dans ton comportement Marie. C'est possible ?
Trop heureuse de pouvoir se débarrasser de ses parents en disant « amen » à tout ce qu'ils lui demanderaient, Marie hocha vigoureusement la tête en signe de bonne volonté et mit ainsi fin à la séance de remontrances.
- Bien. On se voit tout à l'heure pour le dîner, annonça son père en patriarche.
- Où est Karl ? s'empressa de questionner Marie.
- Je crois qu'il est à la piscine avec...Marie !
Mais la jeune allemande n'attendit même pas la fin de la phrase. Sous le regard surpris de ses parents qui se demandèrent quelle mouche l'avait encore piquée, elle filait déjà d'un pas rapide, les poings faits, vers ladite piscine où elle comptait bien mettre les choses au clair une bonne fois pour toute avec Karl-Heinz.
Karl-Heinz qui finissait de se faire sécher aux derniers rayons de soleil de l'après-midi, et qui commençaient à singulièrement perdre de leur chaleur. A ses côté, Genzô faisait un sudoku...
- Tiens, voilà ta sœur, informa le japonais qui constata que son ami, les yeux fermés, n'avait rien remarqué de la récente présence de Marie aux abords du bassin.
- Stop ! décréta l'allemand. Je ne veux rien savoir, chantonna-t-il en faisant mine de se boucher les oreilles, rien du tout...
Malheureusement pour lui, même lorsque Karl tentait de fuir les problèmes, ces temps-ci, ce sont eux qui venaient le chercher. Le bruit de ses pas étouffé par les dalles, Marie parvint à la hauteur des chaises longues sans que son frère ne s'en soit rendu compte. Genzô nota l'air plus que contrarié de Marie et se demanda qu'est-ce qui pouvait susciter chez elle un telle humeur en même temps qu'il hésita à prévenir Karl que sa sœur se tenait devant lui, le foudroyant du regard, tant il était évident que quelque chose de fâcheux allait se passer. Mais cette fois-ci, le japonais n'anticipa pas les choses assez rapidement. Marie qui cherchait à faire expier dans un premier temps son frère de façon brutale, posa son regard sur un verre de sirop à la menthe qui contenait encore suffisamment de glaçons pour laisser supposer que l'eau était froide. Elle se pencha pour prendre le verre, et au moment même où Karl ouvrit enfin un œil, il se prit en pleine figure la boisson aussi sucrée que glacée qui lui fit pousser un cri d'effroi. Genzô en resta muet.
- Non mais ça va pas ! s'écria Karl qui bondit de sa chaise longue et s'épongea tant bien que mal le liquide vert qui dégoulinait à présent sur son maillot de bain, terminant de le refroidir de partout.
Mais sourde à ses protestations, Marie continuait à le transpercer du regard, sa main tenant toujours serré le verre. Et devant une telle attitude de sa part, Karl ralentit puis arrêta ses mouvements de va-et-viens sur son torse pour la regarder incrédule.
- Pourquoi tu es allé tout raconter à papa et maman !
- Mais tout raconter de quoi ? répondit Karl décontenancé.
- Tu ne peux pas me laisser tranquille et me foutre la paix ?
- Mais je n'ai rien...
- J'en ai assez que tu me pourrisses la vie ! hurla la jeune fille attirant sur eux les regards stupéfaits des quelques clients de l'hôtel qui se trouvaient toujours autour ou dans le bassin.
Alors qu'elle fit un geste laissant supposer qu'elle s'apprêtait à jeter le verre sur son frère, la voix impérieuse de son père retentit.
- Marie !
Monsieur et madame Schneider accoururent vers leurs enfants, l'air furieux.
- Non mais qu'est-ce qui te prend ? s'exclama madame Schneider qui récupéra le verre des mains de sa fille. Tu es complètement folle ma parole !
Mais Marie ne répondit pas et continuait de regarder son frère. Elle avait toujours un air furieux mais des larmes de désespoir commençaient à remplir ses yeux, et de la détresse pouvait peu à peu se lire sur son visage. Celui vers qui elle s'était toujours tournée pour demander de l'aide lorsque ça n'allait pas était celui-là même qui l'avait si gravement blessée aujourd'hui...
- Marie, murmura Karl qui s'avança vers sa sœur, l'air désolé, je te jure que je n'ai rien dit...rien du tout...
- Rien dit de quoi ? s'exclamèrent simultanément leurs parents en les regardant les yeux ronds. Alors ? Qu'est-ce que vous nous cachez tous les deux ?
Marie comprit alors son erreur, ce qui la plongea dans un plus grand désarroi et un profond mutisme. Quant à Karl, il ne risquerait pas de dire quoi que ce soit à ses parents ! Et encore moins maintenant, devant Marie. Autant l'abattre, ça serait pareil.
- Très bien ! s'impatienta Franck Schneider que la frustration rendit particulièrement irritable. Toi ! dit-il à l'adresse de sa fille en faisant un mouvement du pouce, tu files dans ta chambre et tu y resteras jusqu'à ce que l'on quitte ce pays !
Marie en eut un haut-le-cœur Elle plaqua ses mains sur sa bouche et partit en courant dans la direction de sa chambre tout en sanglotant, manquant de peu de bousculer au passage, une personne qui sortait de l'eau. Quelques secondes passèrent durant lesquelles un lourd silence s'installa...
- Vous êtes trop sévères, finit par lâcher Karl d'une voix sourde en regardant ses parents d'un air grave.
- Toi...! commença son père en agitant un index menaçant vers son fils...
- Comment ça « trop sévère » ? le coupa sa femme. Tu as vu un peu comment elle se comporte en ce moment ? Jusqu'où ça va aller si on ne fait rien ?
Karl regarda ses parents presqu'avec pitié. Il enjamba la chaise longue de Genzô qui, malgré sa corpulence, avait réussi l'exploit de se faire oublier durant cette immersion dans la vie de la famille Schneider, enfila rapidement son tee-shirt et leur lança désabusé : « A croire que vous n'avez jamais été amoureux... ».
