Note : Salut. Voici la suite. Bonne lecture ^^ !


Monsieur et madame Schneider étaient restés stupéfaits devant la remarque de leur fils. Mais celui-ci n'avait même pas pris le temps de se soucier de leur réaction et avait filé directement à la chambre de sa sœur Marie avait beau être sur des charbons ardents en ce moment, elle n'en était pas pour autant devenue désobéissante. Karl était donc persuadé qu'elle était allée là où ses parents venaient de l'expédier.

Karl arriva devant la chambre que sa sœur partageait avec sa mère. Il s'arrêta devant le panneau en bois et patienta un instant. Il se demandait comment il allait être reçu. Après le verre de menthe glacée, Marie essaierait-elle de le faire passer par la fenêtre du troisième étage de l'hôtel (le considérant sans nul doute comme le seul responsable de son malheur) ou fondrait-elle en larmes dans ses bras, à bout de nerf et de force ? Il n'y avait pas trente-six moyens de le savoir...Il prit donc une profonde inspiration et toqua à la porte. Après quelques secondes d'attente, il renouvela son geste en disant à voix basse – mais suffisamment fort pour que sa sœur entende : « Marie, c'est moi. Ouvre s'il te plaît... ». Il espérait que les actions conjuguées de s'être déplacé jusqu'ici ajouté au ton résolument conciliant qu'il avait employé inciteraient Marie à lui accorder la faveur d'une audience. Il entendit alors des pas s'approcher invisiblement avant que la porte ne s'ouvre sur sa sœur

Karl fut vraiment désolé de la trouver ainsi. Marie avait les joues aussi rougies par l'émotion que ce qu'elles brillaient des larmes qui y avaient coulé et y coulaient encore. Ses yeux étaient tout gonflés, cerclés par le noir du mascara qui s'était échappé de ses cils à force de les avoir frottés...Karl soupira, dépité. Sans un mot, Marie s'écarta de l'entrée et le laissa passer. Son frère ne put distinctement lire dans son regard ce qu'elle nourrissait à son égard, mais dès lors qu'il avait décidé de monter dans sa chambre pour la retrouver, il avait retiré son costume de casse-pied professionnel pour revêtir celui du grand-frère confident et attentionné qu'il avait toujours été – et dont il était frustré de se voir un peu destitué au profit d'un inconnu...

La porte claqua derrière lui. Karl se retourna et vit Marie, adossée au mur de la chambre, pleurant silencieusement. Il s'en approcha et tendit vers elle ses deux bras dans un geste affectueux. La jeune fille était déchirée entre deux envies : celle de se jeter dans ce cocon de réconfort ou balancer à la figure de cet emmerdeur un coussin suffisamment gros pour l'assommer et l'étouffer par la suite ! Mais elle était davantage en manque de tendresse que de défoulement, et opta sans hésiter pour la première option. Ils se serrèrent dans les bras l'un de l'autre, retrouvant ainsi un peu de leur complicité et soutien mutuel passés. Après quelques instants, Karl lui caressa doucement les cheveux et lui murmura :

- Ça ira Marie...T'inquiète pas. Ça ira...
- Comment veux-tu que ça aille, sanglota sa petite sœur Je vais devoir rester ici jusqu'à ce que l'on parte. Je...je...je ne le reverrai plus !
- Je vais aller leur parler, promit Karl d'un ton décidé. Je vais arranger ça.

Marie se déserra un peu de lui et le regarda tout aussi surprise qu'incrédule. Voilà une proposition qui allait à la totale encontre du comportement que Karl avait manifesté jusqu'à présent. Mais loin de vouloir philosopher sur la question, Marie ressentit un élan d'affection comme elle n'en avait plus eu pour le jeune homme depuis bien longtemps. Cependant...

- Comment veux-tu arranger quoi que ce soit ? demanda-t-elle inquiète. Tu as déjà vu papa retirer une punition ?

A sa grande surprise, plutôt que de le refroidir, cette remarque fit sourire son frère.

- Je dirais plutôt : tu as déjà vu papa donner une punition ? lança-t-il un brin moqueur.
- Karl...soupira Marie, c'est pas drôle.
- J'en fais mon affaire...t'occupe.

Là-dessus, il se dégagea complètement de l'étreinte de sa sœur et la regarda gravement.

- En attendant, ajouta-t-il, toi, arrange-toi pour te tenir un peu tranquille.

Marie manqua s'étouffer. Quel culot il avait de lui dire ça après tout ce qu'il lui faisait vivre impunément ! Mais trop reconnaissante des efforts qu'il s'apprêtait à faire pour elle, elle se contenta de le regarder de travers en affichant une moue boudeuse.

- Bien, chef, dit-elle sarcastique.

Karl parut satisfait. Il s'avançait vers la sortie, tendant une main vers la poignée, lorsque Marie l'interpella.

- Dis-moi, au fait, commença-t-elle d'un air suspicieux faisant se retourner Karl, qu'est-ce que tu vas me demander en échange ?

Son frère masqua sa surprise et prit l'air de réfléchir à la question – il se demanda néanmoins d'où les filles pouvaient tenir qu'un homme ne faisait jamais ce genre d'action par pur bénévolat.

- Et bien...dit-il pensif. Je pense que je te demanderai simplement de porter un micro-émetteur ainsi qu'une caméra cachée en permanence sur toi.

Trop gros pour être vrai, Marie éclata de rire devant l'air goguenard de Karl.

- Mais non ! ajouta-t-il. Simplement que tu fasses attention à toi et que tu me supportes encore un peu.
- Ouais, marmonna Marie, c'est déjà pas mal. Et vas te changer ! Tu sens la menthe et tu colles, se moqua-t-elle après avoir constaté les effets d'un sirop de menthe séché sur le tee-shirt de son frère.
- Ingrate ! lâcha Karl avant de quitter la pièce sur un dernier sourire de sa sœur


Une fois la porte refermée, Marie alla s'asseoir sur le lit. Elle replia ses jambes qu'elle encercla de ses bras et posa sa tête sur ses genoux. La visite de son frère lui avait manifestement donné de l'espoir. C'est vrai que lorsqu'il s'agissait de Karl, elle avait l'impression que rien n'était impossible. Mais au fur et à mesure que les minutes passèrent, seule dans cette chambre trop calme pour la distraire, elle commença à cogiter, à se poser d'innombrables d'interrogations...Et si elle était allée trop loin ? Que ses parents ne veuillent pas revenir sur leur décision ? Elle était tellement désireuse, tellement impatiente de savoir...

Pendant ce temps, Karl était redescendu au rez-de-chaussée de l'hôtel dans l'intention d'y retrouver ses parents pour avoir une petite discussion avec eux. Il commença par les chercher à la piscine, mais n'y trouva que Genzô qui, depuis son départ, s'était rhabillé et attendait patiemment que son ami revienne, allongé sur son transat.

- Alors...? l'interrogea le japonais lorsqu'il fut arrivé à sa hauteur.
- Boff, souffla Karl avec un geste de la main éloquent. Je vais essayer de parler avec mes paternels pour voir si y'a pas moyen d'arranger la sauce. Tu sais où ils sont ?

Le japonais haussa les épaules.

- Pas loin, certainement. Ils n'ont pas vraiment trainé ici après que tu ais filé, expliqua-t-il. A mon avis, ils ont dû aller prendre un verre histoire de se remettre de leurs émotions, ajouta-t-il en arborant un grand sourire.
- Tu veux aller prendre un bain ? proposa Karl en pointant la piscine du pouce avec un air très sérieux.

Genzô le remercia pour son offre, mais préféra l'accompagner plutôt à l'intérieur de l'établissement.

Les deux garçons n'eurent pas à chercher bien longtemps - les parents de Karl s'étant effectivement installés à une table du petit salon, autour d'un café, et semblaient désormais adsorbés dans une conversation dont Karl n'eut aucun mal à deviner le sujet.

- Je t'attends ici, l'informa alors Genzô en désignant une petite table placée dans un recoin de la salle. Je ne pense pas que ma présence soit indispensable...
- Ouais, murmura Karl. Souhaite-moi bonne chance...

Genzô lui sourit et s'installa. Un serveur, semblant surgir de nulle part, apparut soudain devant lui et lui demanda sa commande tandis que le japonais observait plutôt son ami se rapprocher suffisamment près de la table de ses parents pour que ceux-ci remarquent sa présence. Ils tournèrent la tête vers leur fils, qu'ils ne furent qu'à moitié surpris de trouver là, et Genzô put voir madame Schneider tirer une chaise pour qu'il puisse s'assoir avec eux. Genzô fronça les sourcils, la partie commençait.


- Alors ? commença Franck Schneider un peu sèchement, vous vous êtes un peu calmés tous les deux ?

Au moins, ils ne perdraient pas de temps en palabres inutiles.

- Papa, soupira Karl qui chercha de suite l'attendrissement, tu ne crois pas que tu y es allé un peu fort ?
- Mais enfin Karl, répondit plutôt sa mère, tu as vu comment elle se comporte ces derniers temps ? On ne peut rien lui dire, elle se donne en spectacle...
- Mais..., tenta de la couper Karl.
- Est-ce que tu sais que juste avant de venir te rejoindre à la piscine, continua la femme en faisant fit de son intervention, nous venions de lui demander de se calmer ? Et qu'elle nous avait promis de le faire ? Belle démonstration !
- Si elle n'arrive pas à se conduire comme une jeune fille de son âge, indiqua doctement Franck Schneider qui récupéra ainsi le relais de son épouse, nous la traiterons comme une personne qui ne marche qu'aux punitions. C'est le plus simple.
- Hé! s'exclama Karl stupéfait. On parle de Marie là ! Depuis quand elle se comporte comme une délinquante ou autre chose ?

Il fixa ses parents et attendit leur réaction, mais ils ne dirent rien.

- Elle a toujours été nickel cette fille, poursuivit-il. Et là, à la première petite incartade, vous êtes sans pitié !
- Mais Karl, si on la laisse faire maintenant, ça va prendre des propor...
- Elle a compris, assura Karl qui coupa au vol sa mère. Elle sait qu'elle n'aurait pas dû agir comme ça, mais... elle était fatiguée et assez contrariée, poursuivit-il avec des yeux de cocker. Ne me dites pas que ça ne vous est jamais arrivé ?

Ses parents se consultèrent silencieusement du regard.

- Bon, en déduit Karl. Donc vous savez très bien que ce n'est pas parce qu'on pète une fois un plomb qu'on devient ingérable ou insortable en permanence.
- Peut-être, admit son père, mais nous, précisa-t-il en s'incluant avec sa femme, nous sommes des adultes, et Marie n'a que dix-sept ans. On n'a pas du tout les mêmes réactions ou la même maturité à cinquante et à dix-sept ans !
- Ah! s'exclama Karl en croisant les bras, l'air contrarié. Faudrait savoir : c'est une adulte qui s'est conduite un peu à la légère ou c'est une gamine incapable de peser le pour et le contre ? Y'a trente secondes vous m'avez dit que l'aviez punie parce que...
- Karl ne commence pas, le prévint gentiment son père.

Pour être son père justement, mais aussi son entraîneur au quotidien, Franck Schneider était très bien placé pour savoir jusqu'où son fils pouvait pousser l'analyse et relever les incohérences. Se laisser entraîner sur un tel chemin par le jeune homme était du suicide quand on cherchait à avoir le dernier mot avec lui. Ah pour ça, Marie s'était trouvée un excellent avocat !

- Et puis d'abord, s'intéressa soudain madame Schneider en vrillant dangereusement le regard de son fils - qui sentit dès lors le coup tordu arriver. Qu'est-ce que c'est que cette réflexion que tu nous as faits tout à l'heure avant de partir comme un voleur ? « Nous n'avons jamais été amoureux » ? Ça veut dire quoi ? Marie a un petit-ami ? Ici ?

Karl soupira de plus belle. Qu'est-ce que les parents pouvaient être fouineurs ! Surtout qu'il avait la désagréable impression qu'il ne s'agissait pas d'inquiétude mais plutôt de pure curiosité. Cependant, conscient qu'il fallait les ménager, il consentit à lâcher deux ou trois informations...Il regarda sa mère – évitant soigneusement l'air significatif de son père, qu'il ne pouvait néanmoins que trop bien comprendre.

- Et bien disons, limita Karl, que Marie a fait la connaissance de quelques jeunes ici...
- Oui, au lycée où vous vous entraînez, confirma madame Schneider. Et...

Karl soupira, résigné,

- Et...effectivement, il y aurait peut-être bien quelqu'un dans le groupe pour qui elle aurait davantage d'affection que pour les autres...

Il avait dit ça comme il le ressentait, c'est à dire à la mode « aigrelette ». Mais devant les expressions sceptiques de ses parents qui ne semblaient pas vraiment emballés par cette nouvelle, Karl prit sur lui de colorer tout ça en rose bonbon (après tout, si les seules personnes à pouvoir lever l'interdiction de sortie de sa sœur étaient les mêmes à considérer cette relation dérangeante, il avait intérêt à rapidement les faire changer d'avis sous peine de perdre son temps).

- Y'a rien d'extraordinaire vous savez, tenta de les rassurer Karl. Marie a dix-sept ans et ce genre de choses arrive même généralement beaucoup plus tôt que ça ! En plus, on peut pas vraiment dire que de ce côté, elle est été très active jusqu'à présent, fit remarquer Karl.
- Heureusement ! s'exclama son père qui s'étrangla devant le peu d'enthousiasme que semblait manifester son fils devant les piètres performances en matière de conquêtes masculines de sa sœur Il ne manquerait plus que ça, ajouta-t-il indigné. Non pas suffisant de t'avoir déjà toi, lança-t-il acide à Karl.
- Qu'est-ce que ça veut dire ça ? se renfrogna le jeune homme.
- Ça veut dire que si les moyens de contraception n'étaient pas aussi efficaces de nos jours, tu serais sans doute à la tête d'une tribu de plusieurs dizaines d'enfants, lui expliqua sa mère avec un regard perçant qui mit un peu le garçon mal-à-l'aise. Tu sais mon chéri, poursuivit-elle doucereuse, nous ne sommes pas complètement dupes avec ton père. Ce n'est pas parce que nous ne te disons rien, que nous n'en pensons pas moins...

Karl eut un petit sourire coupable mais ne se laissa pas démonter pour autant.

- Hum...oui, bon, passons. De toute façon, c'est pas le problème, dit-il en se raclant la gorge. Et puis justement, ce genre d'analyse devrait vous faire prendre conscience de toute la différence qu'il y a entre Marie et moi. Vous avez le débauché et la sérieuse. Alors laissez-la vivre quand même !
- Mais il ne s'agit pas de l'empêcher de vivre, insista son père. Simplement de marquer le coup en lui...
- ...en lui brisant le cœur, acheva Karl dégoûté.
- Hé! N'exagère pas non-plus ! s'emporta son père.
- Tu es monté la voir dans sa chambre ? Tu as parlé avec elle ? s'énerva légèrement Karl. Vous croyez que c'est le fait de devoir rester à l'hôtel qui la met dans cet état ?

Ses parents ne répondirent pas.

- En la cloitrant ici, vous allez simplement l'empêcher de revoir la personne qui a peut-être jamais autant compté pour elle. Vous croyez vraiment qu'un verre de sirop de menthe balancer à la va-vite mérite ça ?

Gagné ! Ses parents semblèrent gênés, voir égarés. Son père soupira comme un buffle. En effet, Franck Schneider était tiraillé entre la prise de conscience des conséquences disproportionnées d'une telle punition pour sa fille et le fait qu'en la « libérant », il allait ni plus ni moins lui permettre de grandir encore un peu. Incapable de prendre lui-même une telle décision, il se tourna vers son épouse qui semblait elle aussi, en pleine réflexion.

- Qu'est-ce que tu en penses, chérie ? demanda-t-il avec douceur.

Madame Schneider ne répondit pas de suite et se tourna plutôt à nouveau vers son fils. La question qu'elle lui posa ne laissa aucun doute sur le fait qu'elle partageait, à cet instant, les mêmes préoccupations que son mari.

- Tu le connais ce garçon ?
- Oui, je l'ai rencontré plusieurs fois, reconnut Karl.
- Et tu en penses quoi ?

Oh la! Il sembla à Karl que sa réponse conditionnerait le verdict de ses parents. Bon, après tout, il avait déjà prévenu Marie que s'il obtenait gain de cause, elle aurait à supporter sa présence – et elle avait parfaitement compris ce que cela signifiait...Alors comme Karl n'aimait pas perdre son temps,

- C'est un gentil garçon, dit-il sobrement. Il jouit d'une assez grande popularité. Apparemment il est sérieux...Après, je ne suis pas sorti avec lui, s'excusa-t-il sarcastique.

Ce qui fit sourire sa mère mais n'eut pas vraiment le même effet sur son père.

- Gentil, populaire...énuméra Franck Schneider sceptique. Généralement, ce genre de qualité à plutôt tendance à attirer du monde, remarqua-t-il. Et niveau...petites-amies...? C'est pas un collectionneur au moins ?
- Pas des dires de ses plus proches amis, informa Karl. Ni d'après ce que Genzô m'en à dit. Vu qu'ils se voient en équipe nationale, il le connait quand même un peu...

Karl savait que citer le japonais en référence, lui, modèle de droiture que monsieur et madame Schneider auraient apprécié que leur fils prenne en exemple, était un argument de poids.

- Ah! Mais attends, dit soudain madame Schneider le regard illuminé. Ce n'est pas le petit jeune dont on a parlé un soir à table ? Et qui joue aussi dans l'équipe du lycée où tu vas t'entraîner ?
- Oui, c'est lui, confirma Karl, soulagé de voir une ombre de sympathie se poser sur le visage de sa mère.

Mais ne voyant toujours rien venir en matière de conclusion, Karl décida de s'investir davantage.

- Franchement, vous croyez que je viendrais plaider sa cause si, en ayant passé l'après-midi avec lui et en l'ayant vu se comporter avec « ma » sœur, il y avait eu le moindre semblant de problème ?

Ses parents furent surpris de cette intervention. Non pas de l'avoir vu venir les rejoindre - Karl et Marie s'étant toujours serrés les coudes en cas de problème - mais davantage de le voir autant prendre à cœur une amourette de sa sœur De plus, ils avaient intérêt à bien réfléchir avant de commenter cette réflexion, car ils savaient que Karl n'apprécierait pas, mais alors pas du tout, de voir son jugement mis en doute sans une argumentation qui tienne la route.


Finalement, et à sa grande joie, après quelques instants de silence, Karl vit enfin ses parents s'échanger un petit regard qui acheva de les mettre d'accord, avant que sa mère ne se charge de lui annoncer que :

- Très bien, tu as gagné. Nous lui levons la punition. Mais attention ! Il n'y aura plus d'autre écart toléré.

Karl en bondit de sa chaise.

- Merci, dit-il du fond du cœur en ne pensant qu'au sourire que Marie allait retrouver. Je file le lui dire !
- Non non, le stoppa sa mère avec une douce autorité. Si tu le permets, j'irais moi-même le lui dire.
- Ouais, pouffa Karl, histoire d'en remettre une petite couche hein ?
- Continue comme ça et c'est toi qui va te retrouver consigné dans ta chambre, le prévint son père.
- Ah! ah! se moqua Karl sans complexe. Avec notre prochain match demain, tu serais bien en peine de le faire !
- Tu veux parier que même à ton âge, je t'enferme dans ta chambre pour n'en sortir que pour aller t'entraîner et jouer ?

Son père était trop sérieux et encore trop sous le coup de l'émotion pour que Karl le titille davantage. Il préféra donc baisser les armes et retourner, soulagé, auprès de Genzô qui avait, entre-temps, pu boire deux thés. Le japonais ne lui demanda rien – pudeur asiatique oblige. Mais dans la mesure où il n'y avait pas eu d'effusions et qu'il avait vu Karl le rejoindre avec son petit sourire satisfait, il ne pouvait douter que tout s'était finalement arrangé. Et le regard que lui lança madame Schneider lorsqu'elle passa devant eux, ne fit que confirmer sa pensée...