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Chapitre 5 : souvenirs - souvenirs.
Flash-Back:
24 décembre 91
Les coups avaient encore plu ce soir, plus que d'habitude, beau cadeau de noël Ils avaient été plus violents aussi et, cette fois-ci, il avait vraiment eu très peur. Alors, une fois que son « père » s'était affalé dans son fauteuil, complètement inconscient d'avoir trop bu, il monta les escaliers menant à sa chambre, fourra à la va-vite quelques affaires dans un sac à dos, deux ou trois objets auxquels il tenait particulièrement et une photo, l'unique qu'il avait d'elle. Il prit également l'argent qu'il avait planqué. Ce n'était pas grand-chose, tout juste deux cents dollars, et il savait qu'il allait lui en falloir beaucoup plus pour pouvoir tenir. Pour ça, une seule solution : retourner dans le bureau de son père, ouvrir le coffre et prendre le fric qui s'y trouvait.
Le jeune garçon redescendit rapidement les marches et pénétra silencieusement dans le bureau de son père qui, toujours inconscient, cuvait l'alcool qu'il avait ingurgité. Il composa le code secret du coffre-fort, qu'il avait mémorisé à force de voir son père le faire… comme quoi ça avait du bon, des fois, d'être inexistant pour lui : il n'avait jamais prêté attention à ce que son fils pouvait voir le code. À l'intérieur, il trouva 6.700 dollars en petites coupures. Que de l'argent sale, il le savait, mais peu lui importait à cet instant précis. Pour lui, l'argent n'avait plus d'odeur, ni de couleur. Il allait en avoir grandement besoin pour partir d'ici, loin de cet homme… loin de son père. Il entassa les billets dans son sac à dos et referma soigneusement le coffre. Plus tard son père s'apercevrait qu'il avait été ouvert, mieux c'était pour lui.
Il jeta un dernier regard à l'homme toujours inconscient qui ronflait dans le fauteuil et se faufila hors de la maison tout en enfilant son blouson. Dehors il faisait très noir, et surtout très froid en ce début de mois de novembre. Le thermomètre avoisinait déjà les moins six degrés, ce qui était exceptionnel pour la saison, mais les météorologues avaient annoncé un hiver très froid cette année. Il y avait une bonne épaisseur de neige qui recouvrait le jardin du grand domaine. Il se retourna une dernière fois pour regarder le manoir où il avait passé toute son enfance, soit quinze ans de sa vie.
À pieds, il rejoignit la gare routière qui se trouvait à une bonne quarantaine de minutes de là à grands pas et s'acheta un billet pour la capitale. L'employé ne lui demanda pas sa carte d'identité et ne prêta même pas attention au visage tuméfié du jeune garçon, ce qui l'arrangea bien. Il prit place sur un banc dans un recoin de la gare et attendit patiemment l'heure de son autocar. Il y avait 7 longues heures d'attente avant que celui-ci ne prenne la route.
Il trembla et claqua des dents. Même ici, à l'abri dans le hall d'attente chauffé, il faisait froid. Il resserra davantage son blouson autour de son corps grelottant et tira sur ses manches pour essayer de couvrir ses mains et les réchauffer. Il finit par s'endormir d'un sommeil agité, légèrement engourdi par le froid et par la douleur des derniers coups reçus de la main de son père. Aux premières lueurs de l'aube, il se réveilla péniblement et se mit en queue de la file d'attente de ceux qui attendaient déjà pour monter dans le bus. Il ne pouvait s'empêcher de jeter des coups d'œil furtifs autour de lui, craignant de voir un des employés de son père parti à sa recherche, mais rien.
Quand ce fut enfin à son tour de grimper dans le bus, il présenta son ticket au receveur et alla s'installer au fond près de la fenêtre en coinçant son sac à dos entre ses jambes. Quand le car démarra enfin et quitta son emplacement de parking, il ne put retenir un soupir de soulagement.
Ça y est ! Il partait enfin pour vivre une nouvelle vie qui, il l'espérait, serait meilleure que celle qu'il avait eue jusque là…
fin flash back
Tony s'était arrêté de parler, il s'endormait. Il frissonna : qu'est-ce qu'il faisait froid là-dessous et son corps lui faisait un mal de chien ! Il ne put retenir un gémissement d'inconfort. .
-Tu peux un peu te soulever ? interrogea McGee, voulant soulager son ami.
-Ouais répondit-il, soudainement réveillé par la voix de McGee.
Celui-ci aida Tony à soulever sa tête. Il retira la veste et s'assit sur le sol, la tête de Tony sur ses genoux.
-Ça va comme ça?
-Oui, merci.
McGee posa sa veste sur son corps : lui aussi avait froid. Il frotta ses mains et reposa son regard sur Tony, qui avait fermé les yeux. Il ne fallait pas qu'il le laisse s'endormir, il le savait. Ils ne devaient pas s'endormir jusqu'à l'arrivée des secours.
-Tony, …
-Oui, répondit l'Italien, les yeux toujours fermés.
-Co…comment tu … hésita-t-il
-Vas-y McGee, qu'est-ce que tu veux savoir ? demanda Tony en le fixant avec attention.
-Comment t'es-tu retrouvé sur le trottoir ? Combien de temps as-tu vécu comme ça ?
Flash Back:
juin 93
Une chaleur accablante s'était abattue sur Washington, rendant son travail encore plus difficile que d'habitude. Depuis maintenant dix huit mois qu'il vivait dans la capitale, sa vie était devenue un enfer et il avait perdu toutes ses illusions quant à une vie meilleure. Mais à choisir, il préférait encore cet enfer à celui qu'il avait vécu auprès de son père. Au moins il ne s'attendait pas à être protégé, aimé ou choyé, comme un enfant s'attendait à l'être de la part de ses parents. C'était moins difficile, de son point de vue du moins, d'être maltraité par un parfait étranger que par son propre père.
Même si son père le battait, il avait toujours vécu dans un relatif cocon, avec du personnel pour s'occuper de lui. Se retrouver soudain livré à lui-même dans une grande ville inconnue n'avait pas été facile, surtout à son âge. Il était innocent et naïf, et il n'avait pas tardé à le payer. À peine une semaine après son arrivée, il s'était fait agresser par une bande de jeunes voyous qui lui avaient volé tout son argent. N'ayant plus un sou en poche, et du coup plus d'endroit où dormir, il n'avait pas eu d'autre choix que de passer sa première nuit dehors. Cette première nuit avait été suivie de plusieurs autres. Il avait appris à se trouver des endroits relativement sûrs pour dormir ainsi qu'à se protéger du froid à l'aide de cartons et de vieux journaux. Il en avait également été réduit à devoir faire la manche pour pouvoir espérer se mettre quelque chose dans le ventre et ne pas mourir de faim.
Après deux semaines passées à ce régime-là, il avait croisé la route d'un homme qui s'était montré gentil avec lui. Il lui avait dit de l'appeler le Tsar, c'était le surnom qu'on lui donnait au vu de ses origines russes. Il lui avait surtout promis qu'il pouvait le sortir de la galère, qu'il pouvait lui fournir le gîte et le couvert… et même un bon boulot. Au bout d'un mois, il avait perdu toute sa naïveté et, instinctivement il savait qu'il faisait une énorme bêtise. Mais il mourait de faim et de froid et il savait qu'il ne pourrait pas continuer longtemps à ce régime-là. Il avait donc accepté l'aide de ce bon samaritain. Les premiers jours, ça avait été, et il avait presque cru s'être trompé sur le Tsar. Ce dernier lui avait filé un peu d'argent, un toit et de quoi manger. Mais, dès qu'il avait repris un peu forme humaine, il l'avait mis sur le trottoir en lui disant que c'était comme ça qu'il devait le rembourser.
Il avait pleuré, l'avait supplié, en lui disant qu'il n'avait jamais eu de relations sexuelles, qu'il ne connaissait rien à ça, qu'il ne pourrait jamais le faire. Le tsar avait rigolé et lui avait dit que ce n'était pas un problème, qu'il allait le dépuceler. Il l'avait brutalement jeté sur le lit et lui avait arraché son pantalon. Il s'était débattu comme un beau diable mais il ne faisait pas le poids. Bien qu'il soit grand pour son âge, le Tsar le dépassait d'une bonne tête et surtout, c'était une montagne de muscles. Il l'avait violé sans merci, le pénétrant sans préparation, ni douceur. Puis, une fois qu'il avait atteint son plaisir, il l'avait laissé seul roulé en boule, blessé au plus profond de son être, en lui disant avant de sortir que le problème de sa virginité était réglé.
Le Tsar était revenu le lendemain, et avait recommencé et, encore plus brutal que la veille, il l'avait forcé à lui faire une pipe et une autre. Sa journée et sa nuit avaient été un véritable enfer.
Pour le mettre encore plus sous sa coupe, le Tsar l'avait drogué à son insu jusqu'à ce qu'il devienne accro et dépende de lui pour avoir sa dose. Et petit à petit, il avait fini par se prostituer mais également à dealer pour le compte du Tsar et il pensait que son avenir était désormais tout tracé pour lui : il ne parviendrait plus jamais à se sortir de la rue.
Fin du Flash back.
Instinctivement Tony se frotta le bras, là où se trouvaient autrefois les traces provoquées par l'aiguille qu'il utilisait pour ses shoots.
-Me regarde pas avec des yeux pareils McGoo, tu vas finir par t'énucléer.
-Euh…dé…désolé balbutia McGee, tellement sidéré par le récit de Tony qu'il en était à court de mots. Il avait du mal à s'imaginer quelle avait pu être l'enfance, et surtout l'adolescence, de son collègue. Il était tellement habitué à le voir rempli de confiance en soi, parfaitement à l'aise dans sa peau, toujours en train de se vanter et d'arborer des vêtements de marque qu'il en avait déduit que ce dernier avait eu une enfance privilégiée et confortable. S'apercevoir que la réalité était tout autre le faisait se sentir légèrement coupable de ne pas avoir cherché à regarder plus loin que les apparences.
-Tu n'as pas à être désolé Tim, tu n'y es pour rien. Et je t'interdis de parler de ça dans ton prochain livre, ajouta-t-il sur un ton taquin, malgré sa douleur, pour essayer de détendre l'atmosphère. Il ne voulait en aucun cas que le fait que ses collègues connaissent maintenant la vérité sur son enfance pourrie fasse qu'ils le traitent différemment. McGee comprit aussitôt le désir de Tony et réagit en conséquence, revenant à leur manière d'interagir habituelle
-Pff, mes bouquins ne parlentmême pas de vous !
-McGee, on n'est pas des investigateurs pour rien ! perso, ça ne me gêne pas que tu te sois inspiré de nous pour écrire tes histoires, enfin surtout de moi. Après tout, c'est le sex-appeal de l'agent Tommy qui a fait tout le succès de tes livres… Je pense même qu'on devrait te demander de nous reverser une partie de tes droits d' …..
-Cours toujours DiNozzo, le coupa McGee en se mettant à rire de bon cœur avant de s'interrompre brutalement
-Oh merde ça fait mal ! siffla-t-il en portant une main à ses côtes. Une douleur vive et diffusée irradiait tout son côté droit, lui coupant presque le souffle.
-Ça va aller ? s'enquit aussitôt Tony en le regardant avec une légère inquiétude
-Ouais, c'est bon, ça va. Il faut juste que je me rappelle qu'il faut mieux que j'évite de rire pendant quelques temps grommela McGee une fois que la douleur commença à s'estomper.
Il s'adossa de nouveau contre le mur, la tête de Tony toujours calée sur ses genoux, et essaya de leur trouver une position relativement confortable. Puis, frissonnant légèrement de froid, il entreprit de continuer à faire parler ce dernier afin d'éviter qu'il ne s'endorme. Silencieusement, il pria pour que les secours ne tardent pas trop à les retrouver car il sentait que les forces de Tony déclinaient de plus en plus. Il doutait qu'il tienne encore longtemps s'il n'était pas rapidement pris en charge.
