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Chapitre 6 Confidences

Deux heures plus tard à l'extérieur.

Tout le reste de l'équipe attendait avec angoisse sur les lieux de l'explosion d'avoir enfin des nouvelles des deux hommes toujours portés disparus. Comme ils avaient catégoriquement refusé d'être évacués vers l'hôpital tant que leurs collègues et amis n'auraient pas été retrouvés, ils avaient été placés sous une tente pour éviter qu'ils n'aient trop froid. Seul Vance avait dû repartir, car il devait s'entretenir avec le SecNav au MTAC pour le mettre au courant des dernières évolutions de l'affaire. Abby, quant à elle, s'était précipitée pour les rejoindre dès qu'elle avait appris ce qu'il s'était passé.

Elle se tordait les mains avec détresse en essayant de penser à autre chose qu'à ses deux amis encore coincés sous les décombres et peut-être même morts à l'heure qu'il était.

-Patron, raconte-nous ta rencontre avec Tony, demanda–t-elle finalement en le regardant avec de grands yeux implorants.

Gibbs hésita et parut réticent. Il avait toujours estimé que ce n'était pas à lui de parler de cette partie-là de la vie de Tony. C'était au principal intéressé de décider si, oui ou non, il désirait partager ces moments pénibles, voire tragiques, avec les autres. Il lui semblait que ce serait trahir sa confiance que de le faire à sa place.

-Patron, on en a assez entendu jusqu'à présent pour pouvoir en tirer certaines conclusions lui fit judicieusement remarquer Ziva, elle aussi curieuse d'en apprendre plus sur le passé mystérieux de son collègue.

-Jethro je ne pense pas qu'Anthony t'en tiendrait rigueur. Après ce qu'il s'est passé dans la salle d'interrogatoire, il avait de toute façon l'intention de leur en parler, acheva le légiste pour finir de le convaincre, sachant parfaitement, pour en avoir discuté avec lui, que Tony avait l'intention de s'ouvrir à ses amis et de leur raconter la vérité sur ses années de jeunesse.

Flash-back

juin 93.

Bureau du NIS - 21h30

Il était tard et les agents mettaient une touche finale à leurs rapports après une semaine d'enquête qui s'était révélée aussi compliquée que fatigante.

-Le bleu, prends tes affaires ! On a un cadavre à l'angle de la 12ème et de Maryland avenue !

L'agent Gibbs réprima un soupir et se leva. Ancien marine, il avait intégré le NIS seulement quelques mois auparavant, après la mort de sa femme et de sa fille assassinées pour avoir été les témoins d'un meurtre.

Ils arrivèrent rapidement sur les lieux où la police locale avait déjà bouclé le périmètre de sécurité.

-Agent Franks et voilà l'agent Gibbs, se présenta le plus vieux des deux agents en arrivant, suivi de près par son subordonné qui transportait le matériel.

-Officier Jemot, les salua l'officier de police. Je suis le premier à être arrivé sur le lieu du crime après l'appel téléphonique, mais c'était trop tard. La victime a reçu plusieurs coups de couteau et s'était vidée de son sang. Ses papiers d'identité indiquent que c'était un marine, c'est pour ça qu'on vous a appelés.

-Je voudrais interroger la personne qui a appelé le central, dit aussitôt Franks.

-Ça, ça va être impossible. C'était un appel anonyme et, quand je suis arrivé, il n'y avait plus personne. Il a appelé de cette cabine, on y a relevé des traces de sang et des empreintes assez nettes.

-Très bien. Je veux l'enregistrement de cet appel, envoyez-le directement au QG du NIS. Le bleu, tu fais les photos et ensuite, tu iras interroger les commerçants qui sont encore ouverts à cetteheure, au cas où ils pourraient nous apprendre quelque chose.

-Bien patron.

Le jeune homme se mit aussitôt au travail et prit des photos du corps, de la cabine et des traces de sang au sol, pendant que son supérieur faisait des prélèvements tout en parlant au docteur Mallard, appelé plus communément Ducky et légiste de son état. Ce dernier était d'ailleurs en train de dire qu'il semblait que quelqu'un avait essayé vainement de comprimer l'hémorragie.

Une fois son travail exécuté, il prit son calepin et entra dans le premier commerce le plus proche du lieu du crime.

-Bonsoir, agent Gibbs, NIS.

-Vous êtes là pour le corps ?

-Exact. Avez-vous vu, entendu, ou remarqué quelque chose sortant de l'ordinaire?

-Non, désolé. Je ne me suis rendu compte qu'il se passait quelque chose que lorsque j'ai entendu les sirènes des voitures de police. À cette heure-ci, je fais du ménage, je remets de l'ordre dans les rayons et je ne fais pas très attention à ce qui se passe dehors. Vous savez, le quartier n'est pas super bondé à cette heure, c'est le moment de creux. Le monde arrive un peu plus tard, vers les 23H. Mais là, c'est une toute autre population que celle de la journée…

-C'est à dire ?

-Des mecs qui vendent leurs corps, des travelos ou des vendeurs de drogues, rien que de la racaille si vous voulez mon avis. Tiens, ça me fait penser que j'ai vu le gosse passer vers 21 heures. Il s'est arrêté ici pour acheter quelques capotes et des boissons énergisantes. Ça m'a même étonné, car d'habitude il n'arrive pas aussi tôt, il est plutôt là vers les 22 h. Peut-être que lui a vu un truc, il fait toujours du tapin dans ce coin-là, dit-il en désignant l'endroit où avait eu lieu le meurtre.

-Vous pouvez m'en dire plus sur lui ? demanda aussitôt Gibbs, les sens en alerte

-Voyons… je ne saurais pas vous dire exactement son âge, mais je ne lui donnerais guère plus de 20 ans. Il doit bien faire dans les un mètre soixante dix peut-être un peu plus, pas bien gros, les cheveux châtains et les yeux verts, plutôt beau gosse quoi. Il traîne dans le quartier depuis une bonne année, je l'ai déjà vu dealer aussi.

-Rien d'autre ? Pas de signe particulier ? Quelque chose qui pourrait nous aider à le retrouver ?

-Non, désolé, rien de spécial mais… je peux vous dessiner le gosse si vous voulez. Je suis très physionomiste et, sans me vanter, j'ai un très bon coup de crayon. Je me suis même taillé un certain succès avec mes caricatures, vous savez….

-Ça m'aiderait bien, le coupa Gibbs avant qu'il ne continue à s'étaler sur ses talents de dessinateur

L'homme prit une feuille et un crayon et se mit à dessiner. Gibbs dut admettre qu'il ne lui avait pas menti car, en deux ou trois coups de crayon, il lui fit un portrait du jeune garçon. Gibbs plia la feuille pour la glisser dans sa poche et le remercia de sa collaboration. Il alla ensuite interroger les autres commerçants encore ouverts qui lui confirmèrent tous avoir déjà vu le jeune homme sur le dessin, preuve que ce dernier était ressemblant. Un autre commerçant lui désigna même l'hôtel, enfin si on pouvait appeler ça un hôtel, où le jeune garçon avait pour habitude de faire ses passes.

Le réceptionniste coopéra à contrecœur, franchement pas ravi de voir un flic débarquer chez lui, mais il admit finalement que le jeune venait régulièrement plusieurs soirs par semaine, mais qu'il ne l'avait pas vu ce soir là. Non, il ne connaissait pas son nom et la chambre qu'il occupait était payée cash le premier de chaque mois. Gibbs ne parvint pas à lui soutirer davantage de renseignements et il comprit que ce n'était pas la peine d'insister. Le réceptionniste lui avait dit tout ce qu'il savait. Il lui donna même la clé de la chambre mais il n'y avait absolument rien dedans permettant d'identifier le jeune. Pas d'affaires personnelles, rien. La pièce ne servait à l'évidence qu'à faire des passes anonymes mais elle n'était pas occupée en dehors de ça.

Quand il eut fini de faire le tour des témoins éventuels, Gibbs rapporta les éléments qu'il avait récolté à son supérieur qui lui ordonna de trouver ce jeune garçon en qualité de suspect potentiel.

L'apparition de la police dans le quartier avait fait disparaître la faune qui le peuplait habituellement à la nuit tombée et Gibbs décida de revenir un peu plus tard, après que la zone ait été rendue au public. Effectivement, moins d'une heure après que le dernier uniforme ait disparu, la rue recommença à se remplir de prostitués, de dealers et de leurs clients.

Gibbs commença à déambuler et à poser des questions en montrant le dessin du suspect, mais les gens n'étaient pas très bavards. Il finit cependant par tomber sur un jeune prostitué dont la langue se délia quand il lui tendit quelques billets. Il réussit à apprendre que le garçon s'appelait Tony et qu'il ne traînait pas que dans ce quartier. Il lui arrivait aussi de tapiner sur Madison drive, Rock Creek Park ou Franklin Park. Mais que bien sûr, que c'était ici son lieu habituel.

Quand il retourna enfin au QG, tard dans la nuit, il fit son rapport à Franks qui lui dit ensuite de rentrer chez lui pour dormir.

- Tu reviens à la première heure demain. Tu iras dans les autres coins que ce type a pour habitude de fréquenter. Je pense que c'est notre gars…

Fin du flash back