Merci beaucoup pour com's. Une suite ce soir, demain je n'aurai pas le temps de vous la posté alors je prend de l'avance.
Chapitre 10 – Une main tendue
Retour extérieur
Les larmes coulaient doucement sur les joues d'Abby tandis qu'elle écoutait le récit de Gibbs. Elle les sécha du revers de la main et renifla bruyamment
Pour ce dernier également, le fait de repenser à tout ça et de le raconter à son équipe lui avait fait monter les larmes aux yeux, et il lui fallut tout son self-control pour ne pas les laisser déborder.
Il regarda de nouveau vers le bâtiment écroulé en-dessous duquel Tony et McGee se trouvaient toujours coincés, angoissé à l'idée que ses agents pourraient ne jamais en ressortir vivants. Sa propre impuissance pour les aider à sortir de là lui donnait envie de hurler de frustration.
Machinalement, il porta une main sur son bras blessé avant de croiser le regard de Ducky qui saisit aussitôt son intention.
-Tu ne leur seras d'aucune utilité Jethro lui fit doucement remarquer le légiste. Laisse les secouristes faire leur travail, ils savent ce qu'ils font et, quand on les sortira de là-dessous, ils auront besoin de nous pour surmonter cette épreuve.
Sous les gravats;
McGee s'efforçait toujours de faire parler Tony afin que celui-ci ne sombre pas dans l'inconscience car il savait pertinemment que, si tel était le cas, ce dernier risquait fort de ne jamais se réveiller.
Les révélations incroyables de son ami l'avaient retourné. Il n'aurait jamais imaginé l'Italien possédant un passé aussi lourd et tragique. Il se sentait également honoré de la confiance dont celui-ci faisait preuve à son égard en se confiant ainsi à cœur ouvert et il se jura de ne jamais le trahir.
Flash back
En trois jours L'état de Tony s'était encore amélioré et il récupérait à une vitesse qui étonnait même les médecins.
Gibbs se débrouillait pour venir passer un petit moment avec lui tous les jours, même quand il était débordé par le boulot. Même s'il n'y avait encore rien d'officiel, il se sentait déjà légalement responsable du bien-être du jeune garçon et dans son cœur, il l'avait définitivement adopté.
-Tiens, j'ai un petit quelque chose pour toi.
Gibbs déposa une Game Boy avec la cartouche du jeu de Tetris sur le lit du gamin.
-Ça m'a été conseillé par un ami, parce que moi, la technologie, j'y connais rien là-dedans.
-C'est pour quoi faire ça ? Pour m'acheter ? Vous espérez arriver à me tirer les vers du nez avec ça ? demanda Tony avec son agressivité habituelle
-Donc, tu reconnais savoir quelque chose, répondit Gibbs du tac au tac en le regardant droit dans les yeux.
« Merde ! »
Là, il venait de se faire avoir en beautéet du coup il en perdit la parole. C'était rare qu'il soit à court de mots, c'était même la première que ça lui arrivait à vrai dire, il avait habituellement réponse à tout.
Au bout de quelques minutes, Gibbs reprit.
-Non, ce n'est pas pour t'acheter, ni pour te tirer les vers du nez. C'est juste pour que tu aies quelque chose pour t'occuper. Je sais que les journées peuvent être horriblement longues quand on est cloué dans un lit d'hôpital sans pouvoir rien faire.
-Rien n'est jamais gratuit, maugréa Tony entre ses dentsd'une voix sans illusions.
-Je t'assure que si. Je ne veux rien de toi en échange, insista Gibbs, se demandant ce qu'il pourrait bien faire pour prouver à Tony qu'il était sincère. Écoute Tony, je comprends que tu ne veuilles pas témoigner et je l'accepte. Tu n'auras pas à aller au tribunal contre ton gré, même si je pense que tu fais une grosse erreur. Les dommages que tu as subis doivent être punis…on te doit justice.
- Ouais… alors dans ce cas-là, je mérite aussi la prison avec ce que j'ai fait. Et de vous à moi, je préfère nettement la rue à la prison, car ce qu'on m'en a dit, franchement, ça donne pas envie d'y passer du temps.
- Tu n'es pas un criminel mais une victime, Tony. Tiens-le toi bien pour dit ! Tout ce qui t'est arrivé n'est pas de ta faute, on t'a obligé à le faire. Tu n'as pas eu d'autre choix !
- Je ne suis pas une victime ! N'est victime que celui qui veut l'être !
Retour extérieur;
-Tu es devenu son tuteur! S'exclama Abby avec incrédulité.
-Oui et je peux t'assurer que ça n'a pas été facile tous les jours soupira Gibbs.
-Je le confirme, déclara le vieux légiste. Le jeune Anthony était un adolescent particulièrement révolté et difficile.
- D'un autre côté, avec tout ce qu'il a subi, c'est un peu normal, fit remarquer Ziva. C'est même étonnant qu'il soit parvenu à surmonter tout ça pour devenir ce qu'il est aujourd'hui, ajouta-t-elle avec une admiration non feinte.
Avec tout ce qu'elle venait de découvrir sur le passé de son collègue, son opinion à son sujet avait changé du tout au tout et elle éprouvait maintenant un profond respect pour lui.
-Oui, ça a toujours été un battant acquiesça Gibbs avec un petit sourire de fierté toute paternelle.
Flashback:
Après une montagne de tracasseries bureaucratiques, et malgré les mises en garde de Franks qui ne cessait de lui répéter qu'il faisait une connerie monumentale, il avait enfin réussi à obtenir les autorisations faisant officiellement de lui le tuteur légal du jeune Anthony DiNozzo.
Il était passé à l'hôpital pour annoncer la nouvelle à ce dernier et, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne l'avait franchement pas bien pris. Il avait vociféré et protesté mais Gibbs avait fini par lui dire qu'il n'avait pas le choix : c'était ça ou le centre de redressement. Gibbs avait réussi à faire passer ses délits pour des délits mineurs - heureusement que le juge pour enfant était un homme conciliant et réfléchi – et il s'était porté garant pour le jeune homme mais, au moindre faux-pas de la part de ce dernier, il serait attendu au tournant.
Le jeune garçon devait sortir de l'hôpital le lendemain, laissant le temps à Gibbs de préparer un minimum l'arrivée de celui-ci, pour qu'il se sente un peu à l'aise dans sa nouvelle demeure.
Avec l'aide de Ducky, qui lui avait aussitôt apporté son soutien, contrairement à Franks, il alla faire quelques emplettes. Il acheta de la nourriture bien sûr, car il était de notoriété publique que les ados dévoraient et que ses placards étaient plutôt vides, vu qu'il n'était quasiment jamais chez lui, surtout depuis la mort de sa femme et de sa fille. Il y avait trop de souvenirs dans les murs de sa maison et la douleur était encore trop vive… Il acheta aussi quelques vêtements basiques, une paire de baskets et des affaires de toilette. Il prit aussi une petite télé pour la mettre dans la chambre de Tony et Ducky l'aida à choisir également quelques livres.
Ce n'était pas grand-chose, mais au moins cela ferait comprendre à Tony qu'il était le bienvenu dans sa maison.
C'est sans un mot que Tony suivit Gibbs hors de l'hôpital. Il était toujours aussi furieux que le juge pour enfants l'ait confié à la garde de cet homme, ce flic de la marine. Il ne voulait pas être de nouveau sous la coupe d'un homme qui trahirait sa confiance à la première occasion… enfin, façon de parler parce que le mot « confiance » ne faisait plus partie de son vocabulaire depuis bien longtemps.
Gibbs, sentant les ondes de colère qui émanait du jeune garçon, décida sagement de ne pas tenter d'engager la conversation et le trajet jusque chez lui se fit dans un silence tendu. Quand il se gara enfin dans son allée, il aida Tony à s'extirper de la voiture et entreprit ensuite de lui faire faire le tour du propriétaire.
- Je te laisse t'installer dans ta chambre, lui dit-il finalement. Pendant ce temps, je vais aller me prendre une douche et ensuite, on passera à table.
Tony se contenta de hocher la tête sans le regarder et Gibbs sortit de la pièce.
Gibbs arrêta le robinet d'eau et tira le rideau de douche. Il se sécha rapidement et s'enroula une serviette autour de la taille. Puis, il se dirigea vers sa chambre pour aller enfiler un bas de survêt et un t-shirt. Une surprise de taille l'attendait sur place.
-Je peux savoir ce que tu fiches ici ? demanda t-il quand il découvrit Tony debout devant son lit.
-Ben quoi ? C'est bien pour ça que vous m'avez fait venir, pas vrai ? demanda Tony en claudiquant vers lui.
Quand il arriva à sa hauteur, il tendit une main et dénoua la serviette de Gibbs avant que celui-ci n'ait le temps de réagir.
-Il faut bien que je paye mon 'loyer'.
Il allait s'emparer du sexe de Gibbs quand ce dernier retrouva soudainement ses esprits et lui saisit fermement le poignet pour le repousser.
-Arrête ça tout de suite, tu m'entends ?
-Ce n'est pas ça que vous vouliez en me prenant chez vous ?
Tony semblait presque désemparé que ses avances soient repoussées. Il était devenu tellement habitué de n'être qu'un objet sexuel destiné à assouvir le plaisir des autres qu'il ne comprenait à la limite même pas que quelqu'un ne cherche pas à l'utiliser.
-Non, absolument pas ! Les mineurs ne m'ont jamais branché et encore moins les hommes ! lui répondit sèchement Gibbs. Alors ne t'avise plus jamais de faire ce genre de chose, c'est compris ?
Gibbs se pencha pour ramasser sa serviette et la renoua autour de sa taille avant d'ordonner à Tony de sortir de la pièce. Quand Gibbs fut de nouveau habillé, il ressortit de sa chambre pour aller préparer le dîner. En remontant le couloir, il vit que la porte de la chambre de Tony était grande ouverte et que ce dernier était assis sur son lit avec un air abattu. Il frappa un léger coup sur le battant et pénétra dans la pièce sans attendre d'y être invité.
-Je suis désolé de t'avoir crié dessus, ce n'était pas mon intention… c'est juste que tu m'as surpris dit-il tout en s'asseyant aux côtés du jeune garçon. Si j'ai voulu te prendre chez moi, c'est pour te donner une chance de t'en sortir, pour t'éviter le centre de redressement et te prouver que tu peux encore accorder ta confiance aux hommes, qu'ils ne se sont pas tous des salauds. Je sais que la vie ne t'a pas fait de cadeau jusque-là et je comprends ta méfiance, mais je te promets que ça va changer. Je n'attends rien de particulier de toi, tu n'as pas à me 'remercier' physiquement. Tout ce que j'espère, c'est qu'un jour tu m'offres ta confiance, mais seulement quand tu seras prêt... Je ne suis pas pressé, prends tout ton temps.
Il se leva et posa sa main sur l'épaule de Tony qui tressaillit malgré lui.
-Allez viens, on va préparer à manger. De quoi as-tu envie ? Je ne suis pas un grand chef mais je cuisine quand même mieux que ce qu'on a pu te servir à l'hôpital, lui assura-t-il en souriant
Tony n'ouvrit pas la bouche et suivit silencieusement Gibbs jusqu'à la cuisine. Il prit place sur une chaise, posa ses béquilles contre la table et sembla se plonger dans de profondes réflexions. Gibbs ne se donna pas la peine de soutenir une conversation, sentant bien qu'il n'aurait pas de réponses, et entreprit de préparer un plat de pâtes à la carbonara.
Quand ce fut prêt, il posa une assiette devant Tony, s'installa face à lui et commença à manger.
-Je pensais que demain, on pourrait aller acheter ce qui te manque, suggéra-t-il
-...
-Ensuite, on pourrait peut-être aller se manger une pizza ou quelque chose dans le genre. Je suppose que tu aimes tout ce qui est fast-food, comme tous les jeunes…
-...
Gibbs soupira intérieurement, la partie était franchement loin d'être gagnée. Ça risquait de lui prendre un sacré bout de temps avant de parvenir à abattre quelques-uns des murs épais dont Tony semblait s'être entouré. Mais il ne doutait pas un seul instant qu'à force de patience et de persévérance il parviendrait à finalement atteindre le jeune garçon.
-Tu n'aimes pas ? demanda-t-il en désignant l'assiette de Tony avec sa fourchette
-Si, c'est pas mauvais… mais j'ai pas vraiment faim.
Puis, sans ajouter un mot, il reposa ses couverts, se leva, récupéra ses béquilles et s'apprêta à quitter la pièce.
-Je peux savoir où tu vas ? l'interpella Gibbs
-Dormir, je suis crevé.
Gibbs le laissa filer, non sans lui avoir d'abord signifié que le minimum était de demander la permission de sortir de table. Le médecin l'avait bien prévenu que le manque d'appétit et l'effet de satiété rapide était normal dans sa situation. Même s'il s'était remarquablement bien remis de ses blessures physiques, il lui restait encore un long chemin à parcourir jusqu'à sa guérison complète. Principalement pour panser ses blessures psychologiques et pour renoncer définitivement à la drogue.
Après avoir terminé son repas, tout nettoyé et prit bien soin de fermer le verrou de la porte d'entrée, Gibbs monta directement dans sa chambre.
En passant, il s'arrêta pour donner un coup d'œil dans la chambre de son protégé et découvrit que celui-ci s'était endormi tout habillé sur le lit avec la lumière allumée. Le marine pénétra silencieusement dans la pièce et alla prendre un plaid dans l'armoire pour en couvrir le jeune garçon.
-Je te promets que tout va bien se passer maintenant, tu vas pouvoir vivre une vraie vie d'ado.
Il quitta la chambre en éteignant la lumière. Il ne savait pas pourquoi il s'était si rapidement attaché comme ça à ce garçon. Malgré l'appréhension de ce qu'allait devenir sa vie avec ses nouvelles responsabilités, il savait qu'il avait fait le bon choix.
Il alla se coucher et passa une nuit assez agitée se réveillant à chaque léger bruit suspect, car il craignait que Tony ne profite de son sommeil pour disparaître à nouveau.
Le lendemain :
Huit heures du matin et Tony n'était toujours pas réveillé. Gibbs lui prépara un petit-déjeuner qu'il posa sur un plateau avant de monter dans sa chambre.
-Tony, le petit-déj est prêt annonça-t-il d'une voix forte en entrant dans la pièce
Le gamin ronchonna avant d'émerger doucement de dessous la couverture complètement ébouriffé.
-Il est trop tôt grogna-t-il en se frottant les yeux.
-Il est huit heures du matin lui fit remarquer Gibbs.
-Ouais, c'est bien ce que je dis, c'est foutument trop tôt !
-Huit heures est une heure plus que tardive pour se lever. Il va falloir apprendre à reprendre une vie normale avec des horaires normaux.
-Ouais, et où est la normalité dans tout ça?
-Tony, ta vie va changer du tout au tout ici. Tu vas pouvoir vivre la vraie vie d'un garçon de ton âge.
Sans plus de façons, Gibbs posa le plateau garni d'un bon petit-déj sur les genoux de Tony,
-Et ça va commencer par un vrai déjeuner : lait, céréales, tartines, jus de fruits.
-Je suppose que je dois vous remercier.
-Pour ce matin ce ne sera pas nécessaire, et arrête avec le vouvoiement. Tu peux m'appeler Gibbs ou Jethro, et surtout tu me tutoies. Tu m'avales tout ce petit-déjeuner et tu n'oublies pas tes médicaments. Une fois que tu seras lavé et habillé, on ira faire quelques courses : vêtements, chaussures, livres… enfin tout ce dont tu as besoin. On peut aussi passer acheter une nouvelle tapisserie.
-Pourquoi se donner tout ce mal pour moi ? Je n'en vaux pas la peine.
-Je ne suis pas d'accord avec toi. Mange et va te laver, on part dans une demi-heure.
Ils avaient passé la journée à acheter ce dont Tony avait besoin : vêtements, chaussures, nécessaire de toilette. Ils étaient aussi passés chez le coiffeur. Ils s'étaient arrêtés pour le repas et surtout pour que Tony se repose. Bien qu'en meilleure forme, il s'était vite fatigué. Ils étaient ensuite rentrés et, à peine assis sur le canapé, Tony s'était endormi.
