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Chapitre 11 Cohabitation difficile

Mi-juillet

Bureau du psy:

-Tony, tu veux bien nous laisser un moment, s'il te plait ? J'aimerais discuter seul à seul avec Mr Gibbs.

-Ai-je vraiment le choix ? Si vous voulez m'interner, vous pouvez le dire devant moi, vous savez ! Faut vraiment pas vous gêner !

-Tony, il est hors de question d'internement. J'ai juste besoin de parler en privé avec ton tuteur.

-Ouais, c'est ça ! Maugréa-t-il en haussant les épaules.

Il attrapa ses béquilles et se dirigea vers la salle d'attente.

-Je vous en prie, asseyez-vous dit la psy à Gibbs

Depuis maintenant quinze jours, Tony était suivi par une psy à raison d'une séance d'une heure, un jour sur deux.

-Je voulais faire avec vous un petit bilan de ces premières séances avec Tony et, surtout, savoir comment ça se passe chez vous. Je vais vous laisser parler, si vous le voulez bien.

Gibbs laissa échapper un petit rire amer.

-Comme vous devez vous en douter, ça ne se passe pas très bien. Il est continuellement très agressif et sur la défensive. Il ne se laisse pas approcher facilement et refuse toute conversation et toute aide de ma part. Parfois, j'ai l'impression de l'entendre pleurer quand il est seul dans sa chambre… mais si je rentre dans la pièce pour essayer d'en parler, il feint de dormir. J'avoue me sentir complètement désarmé face à cette situation. Pourtant, je peux vous assurer que les situations critiques, ça me connaît et ça ne me fait pas peur.

La psy lui sourit avec un air rassurant.

-Vous avez lu son dossier comme moi, vous connaissez les grandes lignes de son passé. Tony a beaucoup de mal à faire confiance aux adultes et c'est parfaitement normal dans son cas.

Gibbs hocha la tête pour lui faire comprendre qu'il était parfaitement conscient de la situation et de l'état d'esprit de Tony.

- Il a perdu sa mère assez jeune, son père l'a battu, et quand il a pris la décision de fuir, il est retombé dans le même genre de schéma : son proxénète, qui était une autre figure paternelle à ses yeux, s'est lui aussi mis à le cogner et lui a fait subir bien pire… Il se méfie maintenant des gens qui prétendent vouloir l'aider. Il s'attend à ce que vous lui donniez, vous aussi, la seule chose qu'il ait reçue de la part des autres hommes… c'est à dire des coups.

-Je ne vais quand même pas me mettre à le frapper pour lui faire plaisir ! protesta Gibbs avec indignation.

-Non… mais dans la mesure où c'est la seule marque d'affection qu'il ait jamais reçue des hommes l'entourant, votre comportement à son égard le déroute. Il ne sait pas comment réagir et surtout,il ne sait pas s'il peut vous accorder sa confiance… C'est un concept tout à fait nouveau pour lui d'envisager qu'un homme puisse être digne de confiance. D'autant que, jusqu'à présent, la seule personne en qui il ait eu vraiment confiance était sa mère. Sans trahir le secret de ce qu'il a pu me confier au cours de nos séances, il semble que cette dernière était très douce et aimante… mais elle est morte. Je pense qu'il ne veut pas s'attacher à vous parce qu'il a inconsciemment peur de vous perdre également. Il ne veut plus laisser personne pénétrer dans la carapace qu'il s'est forgée pour ne plus être blessé. Il est plus facile de perdre quelqu'un que vous n'aimez pas et qui ne vous aime pas, plutôt que le contraire. Il va falloir vous armer de patience avant de réussir à vous glisser sous sa carapace, mais je suis sûre que, si vous y parvenez, cela aura valu le coup d'attendre. Je peux voir que vous vous êtes réellement attaché à ce gamin, et il finira par s'en rendre compte lui aussi. En attendant, le seul conseil que je peux vous donner, c'est de ne pas le bousculer. Apprivoisez-le en douceur et il viendra de lui-même à vous.

Gibbs resta un moment silencieux à méditer sur tout ce que la psy venait de lui révéler. Même si elle ne lui avait rien dit de spécifique, il avait parfaitement lu entre les lignes et avait compris que ce qu'avait pu subir Tony était encore pire que ce qu'il pensait. Qu'avait bien pu lui faire subir le Tsar, en plus de l'avoir mis sur le trottoir ? Il espérait de tout cœur que Tony lui fasse un jour suffisamment confiance pour lui en parler.

Il finit par se lever lentement, remercia la psy et s'apprêta à aller rejoindre Tony.

-Je le reverrai dans une semaine, l'informa le médecin. J'aimerais lui laisser un peu plus de temps entre chaque séance maintenant, pour qu'il ait le temps de faire le point à chaque fois. Par contre, si vous voyez qu'il y a un quelconque problème, n'hésitez pas à m'appeler et je m'arrangerai pour le recevoir.

-Bien, c'est noté. Merci, docteur.

-De rien, et courage.

Ils échangèrent une ferme poignée de main et Gibbs s'apprêtait à sortir de la pièce quand la psy ajouta

-Monsieur Gibbs, même s'il ne me l'a pas dit de vive voix, j'ai remarqué qu'il vous aimait bien. Il se méfie encore, c'est tout. Oh ! ce serait bien aussi que Tony puisse aller à l'école d'été. Il y a Parker et St Marc qui proposent ces cours. Il a arrêté l'école depuis 18 mois, il doit remettre un pied à l'étrier avant la rentrée des classes. On doit savoir où il en est au niveau de ses acquis et quelle classe il devra intégrer à la rentrée prochaine.

Gibbs acquiesça et la salua de la tête avant d'aller rejoindre Tony.

-Allez, gamin, on y va.

Tony lui lança un regard furieux. Il détestait ça, quand Gibbs l'appelait 'gamin' et ce dernier le savait parfaitement.

Le trajet jusqu'à la voiture se fit en silence. Une fois qu'ils furent installés à l'intérieur, Gibbs se tourna vers lui et prit la parole.

-Mme Klein, aimerait que tu intègres une école d'été, histoire de te re-familiariser avec les cours et savoir où tu en es.

-Je suis obligé ?

-Non, mais je pense que c'est une bonne idée. Puis les cours ne sont que le matin.

-J'ai l'impression que, quoi que je dise, je devrai y aller.

-Tout à fait. Bon on va s'occuper de cette inscription et ensuite que dirais-tu qu'on aille manger une pizza ?

Il savait que c'était le point faible de Tony. S'il l'avait écouté, ce dernier aurait mangé de la pizza matin, midi et soir. Il n'eut aucune réponse de la part de son passager.

Avant de démarrer, il vérifia qu'il avait bien le dossier de Tony – qui lui avait été fourni par le juge des tutelles - dans sa mallette. Il avait pris pour habitude de toujours l'avoir sur lui car il était sans cesse en train de remplir des paperasses pour le jeune garçon et il fallait toujours fournir des tas de justificatifs, du fait qu'il n'était pas son père. Il le feuilleta rapidement jusqu'à ce qu'il trouve ce qu'il cherchait : son dossier scolaire. Il lui serait fort certainement réclamé pour effectuer son inscription. Une fois qu'il se fut assuré qu'il avait tout ce qu'il leur fallait, il prit la direction du lycée le plus proche de son domicile.

Lycée Parker

Ils furent reçus dans le bureau du proviseur et prirent place face à elle. Gibbs lui tendit le dossier scolaire de Tony et attendit pendant que cette dernière le parcourait d'un œil entraîné. Lorsqu'elle eut fini de lire, elle releva la tête et considéra Tony d'un œil pensif avant de ramener son attention sur Gibbs.

-Je vois que son dernier bulletin scolaire remonte à décembre 91. Pour quelles raisons a-t-il autant manqué l'école ?

-Pour des raisons médicales et personnelles, répondit calmement Gibbs sans entrer dans les détails.

Le proviseur haussa un sourcil interrogateur et regarda Tony qui se tenait raide sur son siège avec un air franchement maussade

-Oh…et ces raisons risquent-elles d'être un problème pour poursuivre une scolarité normale?

-Non, affirma fermement Gibbs avant de se tourner vers le jeune garçon. N'est-ce pas, Tony ?

Le gamin ne daigna pas lui répondre et se contenta de lui jeter un coup d'œil en biais.

Le proviseur fronça les sourcils, semblant sérieusement considérer la question de l'admission de Tony dans son établissement. Cependant elle reprit finalement

-Je vais donc tout de suite m'occuper de son inscription, pour cet été, et pour la rentrée prochaine. Les cours commencent le matin à huit heures et finissent à douze heures, du lundi au vendredi. Vous voulez qu'il soit inscrit pour combien de semaines ?

-Je pense que tout l'été ne lui ferait pas de mal, donc inscrivez-le pour tout l'été et, si on s'aperçoit que tout roule bien et qu'il n'a pas de retard pour intégrer une seconde alors on verra à éventuellement stopper les cours d'été.

-Comme vous désirez.

-Je peux sortir ? demanda soudainement Tony

-Oui, attends-moi dans le couloir.

Le gamin se leva en marmonnant un au revoir au proviseur.

-Je peux vous demander ce qui est arrivé à ses parents ?

-Sa mère est morte il y a cinq ans, répondit laconiquement Gibbs. Son père est encore en vie, mais il a perdu son droit de garde il n'y a pas longtemps.

-Oh….je vois.

« Non, vous ne voyez rien du tout ! Vous n'imaginez même pas ce qu'il a pu traverser et endurer. Sinon, vous vous enfuiriez en courant et vous refuseriez de le prendre dans votre école » pensa Gibbs en écrivant les différentes informations qui lui étaient demandées.

Les papiers remplis, Gibbs rejoignit un Tony grognon et vraisemblablement nerveux.

- Ça va ? Demanda Gibbs un peu inquiet.

-Ouais, besoin de bouger.

Tony haussa les épaules,

-un peu nerveux de devoir reprendre l'école.

-Tout se passera bien, et je serai là pour t'aider .Bon on y va, tu dois avoir faim. En tout cas, moi oui.

Les cours d'été se passèrent très bien, à la plus grande surprise de l'ex-marine qui s'était attendu à ce que Tony cause des problèmes. Mais non, pas du tout. Le gamin avait même rattrapé tout son retard scolaire, au grand étonnement de tous. Par contre, il ne s'était pas du tout mêlé aux autres gamins de son âge et ne s'était fait aucun camarade.

Pendant que Tony était en cours, Gibbs passait ses matinées au NIS. Le directeur avait été très conciliant et lui avait permis d'aménager son temps de travail jusqu'à la rentrée scolaire. Malheureusement, à son plus grand regret, la relation entre lui et Tony était toujours aussi tendue, voire agressive.

Le jeune homme continuait à aller chez le psy. Il passait aussi régulièrement et de manière aléatoire des tests pour contrôler s'il ne touchait plus à la drogue.

La cohabitation avec Gibbs était loin d'être évidente, Tony restait enfermé dans sa chambre sitôt rentré de l'école pour n'en ressortir que quand l'ex-marine l'appelait pour le repas. Ensuite, il débarrassait la table et faisait la vaisselle, seules tâches que Gibbs lui avait données et qu'il exécutait sans contester. Il parlait très peu et refusait toutes les sorties ou activités proposées par Gibbs. Les seules fois où il pointait son nez dehors, en dehors des heures d'école, c'était pour faire du basket seul dans la cour de la maison. Les fois où Gibbs avait tenté d'intégrer la partie, Tony avait aussitôt arrêté de jouer.

Mi-septembre.

Tony avait repris l'école depuis seulement trois semaines et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça ne se passait pas très bien, pas bien du tout même. Au grand désespoir de Gibbs, qui avait été content que les cours d'été se soient effectués sans anicroche, là c'était tout le contraire Il avait déjà réussi à écoper de deux avertissements, de cinq heures de retenue et se trouvait au bord du renvoi… Il s'était acoquiné avec tous les pires spécimens qui fréquentaient l'établissement et semblait avoir décidé de faire tout son possible dans le but de faire craquer Gibbs.

Vendredi

La matinée était déjà bien avancée et Gibbs était plongé dans la lecture d'un dossier, quand son téléphone sonna. Il décrocha machinalement et porta le combiné à son oreille

-Gibbs.

-Bonjour, Mr Gibbs, ici le bureau du proviseur du Lycée Parker…

Dès qu'il connut l'identité de son interlocuteur, Gibbs se raidit, retint un soupir de découragement et se pinça l'arête du nez entre le pouce l'index. Franks, alerté par son changement soudain de comportement, releva la tête du dossier qu'il était lui-même en train d'étudier et lui jeta un regard acéré.

-Je vous appelle à propos d'Anthony Doërti-DiNozzo. Je vous informe qu'il a…

La suite de la phrase se perdit un peu dans le brouillard tandis que Gibbs luttait pour garder son calme. Il retint sa respiration un instant, le temps de se maîtriser, avant de répondre à son interlocuteur.

-Très bien, madame, merci d'avoir appelé. J'arrive dès que je peux.

Il raccrocha et se prit la tête entre les mains.

« Bon sang, mais qu'est-ce que je vais faire de toi Tony ? »

-Encore des ennuis avec ce gamin ?grogna Mike de son bureau

-Ouais, soupira Gibbs. Il vient d'être expulsé pour la journée pour s'être montré insolent envers un professeur.

-Pfff, ricana Franks. C'est pourtant pas faute de t'avoir prévenu que tu n'aurais que des emmerdes avec ce gosse. Bon, allez, va récupérer ta mauvaise graine et après, reviens ici. Je ne peux pas me permettre de me dispenser de tes services, on a du boulot avec cette enquête. Je sais qu'il aime bien Ducky, alors tu n'auras qu'à le laisser à la morgue en revenant, j'ai pas envie d'avoir cette tête à claques sous le nez toute la journée !

Franks et Tony avaient éprouvé une répulsion mutuelle dès le début et se détestaient cordialement. Si Tony, de son côté, se contentait d'éviter de se trouver en présence de l'agent du NIS et n'en parlait jamais, Franks, quant à lui, ne se gênait pas pour dire à son subordonné ce qu'il pensait de son protégé…et il s'agissait rarement de termes élogieux.

Gibbs avait décidé d'ignorer l'animosité entre les deux hommes. Il avait déjà suffisamment de problèmes comme ça, pas la peine d'en rajouter une couche se disait-il.

Sans un mot, il se leva, attrapa sa veste et se dirigea vers l'ascenseur. Une demi-heure plus tard, il se garait sur le parking des visiteurs du lycée Parker.

Bureau du proviseur

Quand il pénétra dans le bureau du proviseur, il découvrit Tony assis sur une chaise en face du bureau avec une expression maussade et fermée sur le visage.

Quand elle le vit, le proviseur se leva de son fauteuil pour le saluer avant de lui indiquer un siège près de Tony. Gibbs s'assit en silence et attendit que le proviseur prenne la parole, ce qu'elle ne tarda d'ailleurs pas à faire.

-M. Gibbs, comme ma secrétaire vous en a déjà informé, le jeune Anthony ici présent s'est, une fois de plus, distingué par son insolence. Il a insulté un de ses professeurs car ce dernier lui a fait une remarque. Je me vois dans l'obligation de le renvoyer pour le reste de la journée à titre de sanction. J'ai décidé de lui laisser une dernière chance, donc je ne lui mettrai pas d'avertissement, pour cette fois. Cependant, je tiens à vous rappeler qu'il en a déjà reçu deux et que le prochain entraînera son renvoi définitif de cet établissement.

-J'ai bien compris, madame, et je vous remercie pour votre clémence. Je vais avoir une discussion avec Tony afin que ceci ne se reproduise plus, dit Gibbs en se levant pour prendre congé.

Le proviseur hocha la tête et se leva pour les raccompagner jusqu'à la porte. Gibbs donna une petite tape sur l'épaule de Tony pour lui indiquer de se lever et ce dernier obéit sans protester. Gibbs salua le proviseur en la remerciant encore et Tony marmonna un 'Au revoir et merci' entre ses dents avant de suivre Gibbs d'un pas traînant. Son plâtre lui avait été retiré la semaine précédente et il avait entamé une rééducation intensive de sa jambe. Il faisait des progrès fulgurants et, même s'il boitait encore de façon prononcée, il se déplaçait de nouveau presque normalement.

Ils se dirigèrent vers la voiture de Gibbs et retournèrent vers les bureaux du NIS. L'ambiance dans la voiture était glaciale et Gibbs se retint difficilement pour ne pas exploser. Ils atteignirent le parking du NIS sans avoir échangé un seul mot et Gibbs descendit de la voiture en claquant violemment sa portière. Tony, sentant la fureur de son tuteur, fit profil bas et le suivit en silence vers l'ascenseur.

Salle d'autopsie

Quand les portes de la cabine s'ouvrirent au niveau de la morgue, il emboîta le pas à Gibbs et franchit les doubles portes coulissantes de la salle d'autopsie. Il aimait bien venir ici. En fait, quand Gibbs ne voulait pas le laisser seul chez lui, lorsqu'il n'avait pas cours, c'est ici qu'il passait le plus clair de son temps parce que Franks ne le voulait pas dans ses pattes. Ce qui l'arrangeait d'ailleurs bien parce qu'il ne pouvait pas le blairer non plus, donc moins il le voyait, mieux il se portait.

Ducky se montrait toujours gentil avec lui, lui offrant toujours une tasse de thé et des gâteaux, répondant à toutes ses questions avec bonne humeur et patience, lui expliquant toutes les ficelles du métier de légiste criminel. Intérieurement, le légiste espérait que le gamin suivrait son exemple et, qu'un jour ils puissent bosser ici tous les deux. Il aimait bien le môme, et le gamin avait l'air de bien l'aimer aussi.

Tony éprouvait une fascination presque morbide pour tout ce qui touchait à la mort et la vue de cadavres, loin de l'effrayer ou de le dégoûter, attisait plutôt sa curiosité. Ducky lui avait d'ailleurs promis qu'un jour, il le laisserait assister à une autopsie et lui expliquerait comment il faisait pour déterminer les circonstances de la mort d'une personne.

Le légiste était justement en train d'étudier des radiographies accrochées au mur lumineux et un corps recouvert d'un drap blanc était allongé sur une des tables d'acier. Quand il entendit les bruits de pas, il tourna la tête vers eux et sourit en les saluant

-Bonjour Jethro, bonjour Anthony. Tiens, tu n'as pas cours aujourd'hui ?

Ducky était la seule personne qui pouvait l'appeler Anthony sans que cela le dérange car d'habitude, dès que quelqu'un l'appelait comme ça, il l'envoyait systématiquement sur les roses et lui disait de l'appeler Tony.

-Non ! répondit Gibbs à sa place sur un ton énervé. Monsieur vient juste de se faire expulser pour la journée. Il a encore insulté un enseignant !

-C'est un gros con. Il fallait que quelqu'un se décide à le lui dire répliqua Tony d'une voix butée

-Anthony Dominic Doërti-DiNozzo ! Aboya Gibbs en le fixant d'un regard glacial.

C'était très rare que Gibbs lui hurle dessus et encore plus qu'il l'appelle par son nom entier. À vrai dire, ça n'était arrivé qu'une fois et Tony ne put s'empêcher d'être encore impressionné par l'aura de puissance et de danger qui émanait de son tuteur à l'instant même. Instinctivement, il sut qu'il valait mieux qu'il la mette en veilleuse pour le moment plutôt que d'affronter la colère de Gibbs. Il baissa donc les yeux et se tint tranquille.

Gibbs ramena son attention sur Ducky, qui était resté silencieux à observer la scène, et soupira

-Duck, ça ne t'ennuie pas de garder un œil sur lui, le temps que j'aie fini de bosser ? Je ne veux pas le laisser seul.

« Dieu sait quelle autre connerie il pourrait encore faire… » Continua-t-il silencieusement avant de reprendre à voix haute.

-Et Franks ne veut pas de lui en haut…

-Mais bien sûr, il n'y a pas de problème, Jethro. C'est toujours un plaisir de passer du temps avec le jeune Anthony, dit Ducky en souriant au jeune garçon.

Ce dernier releva légèrement la tête et lui rendit timidement son sourire. Il n'y avait que Ducky qui lui disait qu'il aimait passer du temps avec lui, et ça lui réchauffait le cœur.A ce moment, Gibbs se tourna de nouveau vers lui et il rebaissa vivement la tête.

-Tâche de te tenir à carreaux et écoute Ducky, lui ordonna-t-il avant de tourner les talons et de repartir vers l'ascenseur pour retourner bosser.

Fin flash back:

Retour extérieur :

-Heureusement que tu étais là à l'époque, je ne suis pas sûr que j'aurais tenu le coup sans toi, avoua Gibbs au légiste quand il eut terminé son récit.

-Tu t'en serais très bien sorti, avec ou sans moi l'assura Ducky.

-Mais avec toi, il avait moins de problèmes. Il ne te tenait pas tête et ne s'opposait pas systématiquement à tout ce que tu disais.

-C'est normal, je n'avais pas le même statut que toi. J'étais juste un ami pour lui…alors que toi tu représentais l'autorité.