Chapitre 12: Soutien d'un ami

Flash back

Ducky attendit que les portes se soient refermées avant de se tourner vers Tony en relevant un sourcil, exprimant ainsi sa désapprobation silencieuse. Le jeune garçon se contenta de hausser les épaules mais ne dit rien et le légiste décida de changer de sujet. Ça ne servait à rien de buter le jeune garçon, mieux valait le caresser dans le sens du poil.

-J'ai beaucoup de travail et je ne vais pas avoir beaucoup de temps à te consacrer aujourd'hui, Anthony, l'informa-t-il. Mon assistant a appelé pour m'avertir qu'il avait la grippe et ne pouvait pas venir, et j'ai une autopsie urgente à pratiquer. Oh mais j'y pense, depuis tu veux assister à une autopsie, c'est l'occasion ou jamais ! Ça te dirait de remplacer mon assistant et de me donner un coup de main ?

Tony lui fit un grand sourire et hocha la tête avec enthousiasme. Il allait enfin assister à sa première autopsie et en plus, il allait pouvoir participer !

-Par contre, le prévint Ducky, la théorie et la pratique sont deux choses complètement différentes. Si jamais tu sens que tu ne peux pas supporter la vue d'un corps autopsié, n'aie pas peur de me le dire, je comprendrais parfaitement, lui assura le légiste. Tu pourras toujours aller t'installer dans mon bureau en attendant que j'ai terminé, d'accord ?

Tony hocha de nouveau la tête.

-D'accord, Ducky.

-Très bien. Alors, la première chose à faire est de te trouver une blouse et un tablier propres. Je devrais avoir quelque chose à ta taille par ici, dit Ducky en se dirigeant vers un placard d'où il retira une blouse et un tablier qu'il déplia avant de les tendre à Tony. Tiens, ça devrait faire l'affaire.

Moins de dix minutes plus tard, Tony était prêt. En plus de la blouse et du tablier, il avait également enfilé une large visière de protection pour protéger son visage des éventuelles éclaboussures. Il vint se placer à l'opposé de Ducky de l'autre côté de la table d'autopsie et retint un frémissement d'impatience quand ce dernier tendit la main pour retirer le drap qui recouvrait le corps de la victime.

Le soir venu, Gibbs redescendit à la morgue pour venir récupérer son protégé.

-Où est-il ? demanda-t-il à Ducky quand il trouva la salle d'autopsie vide, à l'exception de son ami.

-Il vient de partir aux toilettes, l'informa le légiste.

-Ça va, la journée s'est bien passée ? Il ne t'a pas fait tourner en bourrique ?

-Non, pas du tout. Le jeune Anthony est un garçon absolument charmant, répondit Ducky.

-Mmmhh, ce n'est bien qu'avec toi alors, marmonna Gibbs en affaissant les épaules avec découragement. Il se montre absolument infect avec moi la plupart du temps…

-Donne-lui encore un peu de temps, Jethro, dit Ducky en posant une main réconfortante sur son épaule. Ça fait combien qu'il est chez toi, trois mois ?

-Ouais, trois mois...

-Il est encore en train de te tester pour voir où sont tes limites. Tu es la personne qui détientlégalement l'autorité sur lui maintenant, c'est un comportement normal de sa part, mais ça va finir par lui passer.

- Que Dieu t'entende, Ducky ! Il y a des jours où j'ai envie de tout laisser tomber… Pourtant, je me suis vraiment attaché à ce gosse, je sais que sous ses airs bravaches, il a un bon fond. J'aimerais juste qu'il m'accorde enfin sa confiance.

-Ça viendra, je te l'assure. S'il ne se plaisait pas chez toi, tu crois qu'il serait encore là à l'heure actuelle ?

-Je ne sais pas…

-Oh si, tu le sais parfaitement. Nous savons tous les deux que vivre dans la rue ne lui fait pas peur… et qu'il sait parfaitement comment se procurer de l'argent… dit Ducky en lui faisant un petit sourire triste avant de changer de sujet. Quoiqu'il en soit, je dois dire qu'il a le cœur solide ce gamin. Je suis étonné de l'aplomb avec lequel il a assisté à l'autopsie, il m'a même aidé…

-Il a quoi ? le coupa Gibbs, oubliant soudain ses déboires relationnels avec Tony au profit de ce que venait de lui annoncer Ducky. Tu l'as laissé assister une autopsie ? Non mais ça va pas la tête ? Il a à peine quinze ans et demi ! À cet âge-là, on n'assiste pas à des autopsies !

-Calme-toi, Jethro, tout s'est bien passé. Et puis dans un mois et demi il aura 16 ans

-Ce n'est pas une raison !

-Écoute, le raisonna Ducky, je me suis aperçu qu'Anthony éprouvait une véritable passion pour la médecine légale. Depuis le début, il me pose des tas de questions très pertinentes sur le sujet et est toujours avide d'en apprendre plus. Il a même insisté plusieurs fois pour que je le laisse assister à une autopsie. Du coup, aujourd'hui il était là, et j'avais cette autopsie très urgente à faire et mon assistant était absent. Alors, je lui ai proposé de m'aider tout en le prévenant avant que, s'il ne se sentait pas de le faire, ce n'était pas une obligation, il avait toujours la possibilité d'aller attendre dans mon bureau que j'ai terminé.

-Et ? interrogea Gibbs, soudain curieux de savoir comment Tony avait réagi.

-Et bien… j'avoue que je pensais qu'il allait me rendre son petit-déjeuner, comme tous les nouveaux qui assistent à leur première autopsie et qu'il allait me dire que finalement, la médecine légale n'était pas trop son truc, mais non. Franchement, il m'a surpris, il n'a même pas sourcillé une fois et je dois même ajouter qu'il m'a bien aidé.

-Oui, ce gamin a du cran, admit Gibbs avec un petit sourire

Les portes s'ouvrirent alors et Tony entra dans la salle d'autopsie.

-Me revoilà, Ducky ! Et je te promets que je ne suis pas allé me vider l'estomac en cachette dans la cuvette des toilettes, dit-il avant de s'immobiliser en voyant que Gibbs était présent.

Son sourire et son air ouvert disparurent aussitôt et il reprit son masque maussade et boudeur, celui qu'il portait toujours en présence de Gibbs. Ce dernier ne put s'empêcher de sentir ses tripes se serrer devant cette réaction.

« Pourquoi est-ce que tu es amical envers Ducky et aussi méfiant envers moi ? Je te prouve pourtant depuis trois mois que je ne veux que ton bien. »

Il ravala cependant sa rancœur et le léger sentiment de jalousie qu'il ne pouvait s'empêcher de ressentir envers Ducky et garda un visage impassible.

-Ah, tu es là ! Parfait, on va pouvoir y aller, dit-il d'un ton neutre.

Ils dirent au revoir à Ducky et quittèrent la morgue sous le regard soucieux du légiste.

Ce dernier connaissait suffisamment bien son ami pour savoir que, malgré son air indifférent, il était blessé par l'attitude de Tony à son égard. De même qu'il était persuadé que le jeune garçon, malgré son attitude hostile envers son tuteur, s'était sincèrement attaché à lui.

« Pff, ces deux là sont de vraies têtes de mules. Si seulement ils pouvaient un peu laisser leur stupide fierté de côté et se parler à cœur ouvert… »

Fin flash back.