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Chapitre 18 : fin du calvaire ?

-Apportez vite deux civières ! entendirent-ils soudain un des secouristes crier.

Toute l'équipe se leva comme un seul homme et se précipita vers l'endroit d'où était venu le cri, mais ils furent maintenus à distance par un membre de l'équipe de sécurité. Ils regardèrent donc de loin les renforts arriver avec les civières et les firent s'affairer pour extraire les victimes qu'ils avaient retrouvées de leur prison de béton.

Enfin, au bout d'un moment qui leur parut interminable, ils virent les deux civières revenir. Abby ne put retenir un hoquet d'horreur quand elle s'aperçut que l'une d'entre elles transportait un corps entièrement recouvert d'un drap blanc.

Le sang de Gibbs ne fit qu'un tour et, faisant fi du garde qui lui bloquait le passage, il se précipita vers eux. Il ravala sa salive et souleva d'une main tremblante le drap sous lequel reposait le corps sans vie. Tony ? McGee ?

Il ne put retenir un soupir de soulagement quand il s'aperçut que ce n'était ni l'un, ni l'autre. Il se dirigea ensuite vers le deuxième brancard, un peu rasséréné. L'homme qui y gisait portait un masque à oxygène qui masquait partiellement son visage, mais il le reconnut néanmoins aussitôt.

-Ce ne sont pas nos hommes annonça-t-il à l'intention des secouristes. Celui-là est en état d'arrestation. On était à sa recherche quand tout a sauté.

Un des secouristes avertit aussitôt les autres que les recherches devaient continuer car les deux agents fédéraux étaient toujours coincés là-dessous. Gibbs retourna d'un pas lourd vers l'endroit où l'attendaient Ducky, Ziva et Abby.

-Ils vont les trouver Jethro lui assura Ducky avec confiance en posant une main réconfortante sur son épaule.

-Je l'espère murmura Gibbs d'une voix désespérée. Je ne peux pas perdre mon fils, je ne supporterai pas la mort d'un autre enfant.

À cette déclaration, Abby et Ziva les regardèrent avec surprise.

-Oui les informa Ducky, Jethro a fini par adopter Tony. Il est officiellement son père.

Flash back :

Cela faisait déjà neuf mois que Tony vivait chez Gibbs. Après les nombreux affrontements qui avaient marqué le début de leur cohabitation, les deux hommes avaient peu à peu appris à se connaître et à s'apprivoiser. Maintenant, Tony commençait à laisser doucement tomber les barrières qu'il avait érigées autour de lui pour se protéger. De plus, l'école militaire lui faisait à priori un bien énorme et il rentrait avec plaisir chez son tuteur à chacune de ses perms. Petit à petit, il guérissait les blessures de son passé et prenait confiance en lui grâce, en grande partie, aux encouragements qu'il recevait de Gibbs qui croyait fermement en lui

Il était justement en route pour l'une de ses permissions et son bus allait bientôt arriver à la gare routière de Washington où il allait pouvoir passer une semaine avec l'homme qui l'avait sauvé de la galère.

Gibbs faisait les cents pas avec impatience dans la gare routière. Bon sang ! Il avait une sainte horreur d'attendre, mais le car de son protégé avait plus d'une heure de retard. Un grave accident sur l'autoroute, impliquant plusieurs véhicules, avait fortement ralenti la circulation.

L'annonce qu'il attendait depuis un bon moment se fit enfin entendre : le car de Tony venait d'arriver à destination. Il regarda le long véhicule venir se garer sur l'emplacement qui lui était réservé, ouvrir ses portes et laisser descendre sa foule de passagers.

Il essaya de repérer Tony et fut étonné, quand il le vit enfin apparaître, de voir à quel point le jeune homme avait changé en à peine un mois. En effet, celui-ci avait énormément grandi et devait faire maintenant pratiquement la taille de Gibbs. Et surtout, grâce à l'entrainement physique intensif qu'il suivait à l'école, il était devenu beaucoup plus massif. Il avait maintenant de larges épaules ainsi qu'un torse et des bras musclés que l'on devinait parfaitement malgré le pantalon et la veste de treillis qu'il portait. Il était vraiment devenu un homme et n'avait plus rien à voir avec l'adolescent dégingandé qu'il avait laissé à cette même gare, un mois plus tôt.

C'est même un très bel homme, songea Gibbs avec une fierté toute paternelle en regardant Tony récupérer son sac dans la soute à bagages et le jeter sur son épaule en se redressant. Et, d'après les regards enflammés que lui jetaient toutes les filles qui se trouvaient autour de lui, il n'était pas le seul à partager cette opinion.

Tony, qui scrutait les alentours à sa recherche, venait justement de le repérer et se dirigeait vers lui en souriant.

-Comment vas-tu ? lui demanda le jeune en parvenant à sa hauteur

-Très bien merci, et toi ?

-Ça va ! Mais je ne suis pas mécontent d'être enfin arrivé. Le trajet a été horriblement long et ennuyeux, surtout quand on a les jambes coincées contre la banquette de devant et qu'on ne peut pas bouger.

-Alors rentrons vite à la maison. Tu vas aller te prendre une bonne douche pour te débarrasser de tes courbatures pendant que je préparerai le repas.

Ils se dirigèrent vers la voiture de Gibbs en discutant de tout ce qui c'était passé, aussi bien pour l'un que pour l'autre, au cours du mois qui venait de s'écouler.

Un bon quart d'heure plus tard, ils arrivèrent à la maison. Tony monta rapidement jusqu'à sa chambre pour y déposer son sac avant de prendre le chemin de la salle de bains. Pendant ce temps-là, comme promis, Gibbs prépara le souper tout en réfléchissant à la manière dont il allait aborder une certaine question concernant Tony et qui était très importante à ses yeux.

-Je peux t'aider ? demanda Tony quand, douché et vêtu de propre, franchit le seuil de la cuisine.

Gibbs était tellement absorbé par ses réflexions qu'il ne l'entendit même pas.

-Jethro ? insista Tony, légèrement inquiet devant le manque de réaction de son tuteur, en lui posant une main sur l'épaule.

Brusquement tiré de ses pensées, celui-ci revint à la réalité, tourna son regard vers le jeune homme…et éclata aussitôt de rire.

-Dis-moi, tu as pris combien de centimètre exactement en un mois? Je crois que, demain, des courses vont s'imposer constata-t-il en voyant que le pantalon de Tony lui arrivait nettement au-dessus des chevilles et que son t-shirt était plus que serré.

Ils mangèrent dans une atmosphère détendue tout en discutant chaleureusement puis, Tony se chargea de faire la vaisselle pendant que Gibbs partait prendre une douche.

Quand il eut finit dans la cuisine, Tony alla s'installer devant la télé et s'empara joyeusement de la télécommande. C'était peut-être la chose qui lui manquait le plus à l'école militaire, ne pas pouvoir regarder la télévision le soir dans sa chambre. Il trouva un match de baseball sur la chaine de sport et commença à suivre l'action quand il fut dérangé par la sonnerie du téléphone. Gibbs n'étant toujours pas redescendu, il se leva et alla décrocher le combiné qui se trouvait sur le bureau. Il commença à discuter tout en consultant distraitement les papiers qui se trouvaient devant lui.

-C'était qui ? demanda Gibbs en pénétrant dans la pièce quelques secondes plus tard.

-...

-Tony ?

Lentement, le jeune homme se retourna pour lui faire face, tenant un épais dossier dans la main. Il semblait complètement sonné et regarda son tuteur avec des yeux incrédules.

-Oh…murmura Gibbs en voyant ce qu'il tenait.Ben voilà, depuis tu te demandais comment aborder le sujet, problème résolu ! Je… je voulais justement t'en parler, ce soir.

- …

-Je… j'aimerais que tu deviennes mon fils Tony, je voudrais officiellement t'adopter.

-…

Devant le manque de réaction et d'enthousiasme du jeune homme, Gibbs commença à se sentir franchement mal à l'aise. Finalement, peut-être qu'il aurait dû lui en parler avant d'entamer les démarches. Peut-être que ce n'était pas une si bonne idée que ça de vouloir lui faire la surprise. Peut-être qu'il s'était complètement planté en pensant que cela ferait plaisir à Tony de devenir officiellement son fils. Peut-être…

-Je dois dire que je ne m'attendais vraiment pas à ça. Tu veux vraiment que je devienne ton fils ?

-Oui, plus que tout au monde.

-Moi ? Pourtant je ne suis qu'un mi…

-Arrête de vouloir te dénigrer ! Je suis fier de toi…et je t'aime comme mon propre fils, le coupa Gibbs avec fermeté.

Le regard de Tony se troubla : personne hormis sa mère, ne lui avait jamais dit qu'il l'aimait avec autant de sincérité.

-J'ai une seule condition.

-Laquelle ?

-Je veux porter le nom de ma mère.

-Ça veut dire que tu acceptes ?

-Oui.

Gibbs prit Tony dans ses bras et le serra très fort contre lui. Au début, Tony resta raide face à cette démonstration d'affection à laquelle il était peu accoutumé, mais il se détendit très vite et finit par rendre maladroitement l'accolade.

-Condition acceptée, Monsieur DiNozzo-Gibbs.

-Je suis fier de devenir ton fils.

Fin du flash back

-Vance est au courant ? interrogea Abby.

-Bien sûr, cette information est notifiée dans nos dossiers respectifs, mais il fait comme s'il ne savait pas. De toute façon, il n'y a rien qui interdise qu'un père et son fils travaillent ensemble donc il ne peut rien dire.

Sous les gravats,

L'air commençait à se raréfier et Tony avait finalement perdu la bataille et sombré dans l'inconscience depuis un petit moment. McGee sentait lui aussi qu'il n'allait pas tarder à lâcher prise mais il tentait de toutes ses forces de résister. Finalement, il perdit le combat et sombra lui aussi dans l'inconscience.

À l'extérieur

-Les chiens ont reniflé quelque chose !

Toute l'équipe des secouristes se précipita aussitôt vers l'endroit repéré pour déblayer les pierres et dégager la ou les victimes. Dix minutes plus tard, ils parvinrent enfin à extraire un premier corps inanimé.

Gibbs et son équipe retinrent leur souffle et les regardèrent commencer une tentative de réanimation. Ils étaient trop loin pour voir qui c'était mais furent cependant soulagés quand ils virent qu'un masque à oxygène était mis en place : cela signifiait au moins que la personne était encore en vie. Elle fut hissée sur une civière et transportée par trois secouristes passèrent près de l'équipe du NCIS. Ils reconnurent tous immédiatement McGee.

-Comment va-t-il ? demanda aussitôt Abby en posant une main sur son ami.

-Il est toujours en vie. Il a un peu manqué d'oxygène mais, mis à part ça, il ne semble pas souffrir de blessures trop graves. Un médecin va l'examiner de suite pour établir un diagnostic plus précis.

-Et pour mon autre agent? S'enquit Gibbs d'une voix tendue.

-Il est toujours bloqué et semble dans un état plus grave. Une colonne en béton et de gros gravats lui recouvrent entièrement le bas du corps. Ce qui est le plus délicat, c'est que la poutre maintient un bloc de béton juste au-dessus de sa tête. On est arrivés jusqu'à eux en se faufilant par le côté mais il va nous falloir retirer tous les blocs de pierres avant de pouvoir le sortir de là. Ça va prendre des heures.

-Est-il conscient ?

-Non. Un médecin est descendu pour le prendre en charge et le mettre sous oxygène en attendant que nos gars parviennent à l'extirper de là.

-Je veux aller auprès de lui, c'est mon fils.

-Bien, je vais vous laisser descendre, mais il faut d'abord vous trouver un casque. Et, si on vous demande de partir, il faut que vous me promettiez d'obéir sans discuter. La structure est assez instable et cela peut devenir dangereux.

-Très bien acquiesça Gibbs sans discuter les conditions.

Une fois équipé, l'ex-marine se glissa prudemment auprès de son fils en prenant bien soin de ne pas déranger les opérations de secours. Il fut soulagé de constater que ce dernier avait repris connaissance, ce qui était déjà un bon signe, c'est du moins ce que Gibbs voulait croire. Le médecin s'activait autour de lui et un masque à oxygène lui recouvrait la bouche.

- Tony, je suis là fiston ! ça va aller, accroche-toi Comment te sens-tu? Murmura-t-il doucement.

En reconnaissant sa voix, Tony essaya de porter la main à sa bouche pour retirer le masque. Gibbs comprit aussitôt que son fils désirait lui dire quelque chose et avança la main pour le soulever légèrement.

-Je…je ne… sens…rien…du tout haleta-t-il d'une voix rauque.

Gibbs lança un regard inquiet au médecin en train de prodiguer les premiers soins à Tony. Ce dernier non plus n'avait pas l'air d'aimer ce qu'il venait d'entendre.

-Il faut qu'on le sorte de là au plus vite, sinon on va le perdre, murmura-t-il à un des pompiers en charge de dégager son patient.

Puis, se tournant vers Gibbs, il lui demanda de tout faire pour maintenir son fils éveillé.

Après plus d'une d'heure de travail acharné, il fut enfin possible de soulever la poutre. Tony oscillait entre conscience et inconscience.

-Agent DiNozzo, nous allons soulever la poutre. Dès qu'elle sera suffisamment levée on vous tirera de là-dessous. Si vous pouvez vous pousser avec vos jambes faites-le.

-Ok.

Un secouriste se plaça derrière Tony ses bras sous ses aisselles près à le tirer en douceur.

A peine la colonne fut elle soulevée de quelques centimètres qu'un hurlement de douleur s'échappa de la bouche du blessé qui perdit aussitôt connaissance.

Aussitôt, les secouristes arrêtèrent tout mouvement. Un coup d'œil sous la colonne révéla qu'une tige métallique avait traversé le gilet en kevlar et empalé le jeune homme.

Avec beaucoup de prudence et le matériel adéquat, les secouristes parvinrent finalement à sectionner la partie de la tige sortant du corps de Tony afin de pouvoir le dégager.

Comme ils ne savaient quels dommages avait pu subir sa colonne vertébrale, ils le mirent dans un matelas coque et posèrent des atèles à ses deux jambes. Une fois qu'il fut parfaitement immobilisé en toute sécurité, ils l'évacuèrent par hélicoptère jusqu'à l'hôpital de Bethesda.

Hôpital de Béthesda,

Ils attendaient tous depuis plusieurs heures d'avoir des nouvelles de Tony. Ils avaient pris leurs quartiers dans la chambre de McGee, que les médecins avaient voulu garder en observation pour la nuit.

Enfin, un médecin franchit la porte de la chambre où était rassemblée l'équipe pour leur faire un compte-rendu. Des visages pareillement inquiets se tournèrent vers lui.

-Il est en vie les rassura-t-il aussitôt, mais son état reste très préoccupant. Il a perdu beaucoup de sang et ses deux jambes sont fracturées, la droite est d'ailleurs bien abîmée. On espère qu'avec les antibiotiques que nous lui donnons, la gangrène ne s'installera pas. Comme il est resté coincé très longtemps sous cette poutre qui bloquait sa circulation, nous avons déjà dû lui retirer des chairs nécrosées. Mais nous avons bon espoir qu'il se remette : il est jeune et en bonne forme physique, ce qui est un gros avantage. Il a également des contusions multiples mais sans gravité qui s'estomperont avec le temps.

-Et pour son foie?

-On a dû retirer la partie du foie qui a été la plus touchée par cette tige métallique, mais tout va rentrer dans l'ordre. Le foie est composé de deux lobes. Chez votre fils, c'est le plus gros des deux qui a été touché, l'autre est parfaitement intacte. Cet organe a un atout majeur, c'est qu'il se régénère de lui-même. Dans quelques semaines, il devrait s'être parfaitement reconstitué et plus rien n'en paraîtra.

-Bon, donc tout ça, ça veut dire qu'il va s'en sortir sans séquelles ? demanda Abby d'une voix anxieuse.

-Normalement.

-Je veux le voir,

-Bien sûr Mr Gibbs, suivez-moi, je vais vous accompagner jusqu'à sa chambre.

-Dis à Tony qu'on l'aime et qu'on est avec lui, lui dit Abby quand il quitta la pièce.

-Compte sur moi

Après une discussion houleuse avec le personnel soignant et l'intervention de Ducky en sa faveur, Gibbs fut autorisé à rester près de son fils pour le veiller. Après avoir enfilé une blouse bleue et un masque, il s'installa à son chevet et lui prit la main.