Merci à tous pour vos com. Voilà enfin la suite, je tiens à remercier Cissy pour sa correction. Bonne lecture.

Chapitre 20

Après une très longue nuit, Tony commença doucement à remuer indiquant à son père que celui-ci été entrain de reprendre connaissance.

-Hé comment te sens tu fiston ?

-Je ne sens pas mes jambes, murmura t-il d'une voix rauque.

-La morphine peut inhiber vos mouvements. Vous avez deux sérieuses fractures aux niveaux de vos jambes.

-Je ne veux pas de morphine.

-Comprenez agent DiNozzo que c'est nécessaire. La douleur sera insupportable aussi bien au niveau de vos jambes que de votre thorax.

-Je ne veux pas de morphine ! Soit vous m'enlevez la morphine soit je vire moi même la perfusion.

-Tony sois raisonnable.

-Non, tu sais autant que moi par quoi je suis passé, je ne veux pas revivre ça.

Gibbs soupira en voyant la réelle douleur dans le regard de son fils à l'idée de replonger.

-Enlevez-lui ordonna Gibbs d'une voix sans équivoque.

Le médecin secoua la tête en désapprobation mais s'exécuta.

-Merci.

Trop épuisé et son corps subissant encore les effets de l'anesthésie, il se rendormit.

Un coup bref fut frappé à la porte et Abby pointa son nez dans la chambre.

-Comment il va ?

-Il vient de se rendormir. Il était encore assez groggy par les médicaments, il n'est resté éveillé que quelques instants.

Elle s'approcha du lit et embrassa le front de Tony puis vint s'asseoir prêt de l'ex-marine.

-Et toi, comment tu vas ?

-Moi ça va. Tu as laissé McGee ?

-Oui, il m'a demandé de venir voir comment allait Tony. Il s'inquiète pour lui. Il m'a dit qu'il avait parlé de son passé.

-C'est bien qu'il arrive à avoir assez confiance en quelqu'un pour en parler librement .

Il était tard, une infirmière passa pour vérifier les constantes du blessé et mit gentiment Gibbs et Abby à la porte. Gibbs eut du mal à quitter le chevet de son fils mais obéit tout de même. Il savait parfaitement que celui-ci dormirait toute la nuit. Son fils avait du mal évacuer les anesthésies, même locales, alors une anesthésie générale de plusieurs heures, avec les effets de la morphine sûrement encore présente, il était assuré qu'il dorme encore un bon moment.

Gibbs arriva tôt le lendemain. Tony était déjà réveillé, son plateau déjeuner devant lui.

-Dis moi que tu m'as apporté quelque chose de comestible.

Gibbs rigola.

-Bonjour quand même.

-Bonjour, pap.

-Comment tu vas ce matin ?

-Bien, je sens à nouveau mes jambes et j'arrive à bouger mes orteils.

-Parfait alors.

-Oui, sauf cette nourriture et le cathéter placé dans mes bijoux de famille, j'ai toujours détesté ça.

-Je sais.

-Tiens, je t'ai apporté un capucino et une brioche.

Connaissant Tony, et son aversion pour la nourriture de l'hôpital, l'ex-marine avait prévu le coup

-Mmm, merci.

Tony mangea avec avidité le met que son père lui avait apporté. Le jeune homme se massa le côté : il avait encore un peu mal, et cette douleur lui rappelait de douloureux souvenirs.

-Ça va ?

-...

-Tony?

-Oui, pardon ?

-Je te demandais si tu allais bien.

-Mmm, ça va, juste de vieux souvenirs qui remontent à la surface.

-Quand tu t'es crashé?

-Oui, sauf que ça ne c'est pas vraiment passé comme on te l'a dit.

-Je pensais que tu n'avais pas de souvenirs.

-Ils sont revenus, y a déjà un bout de temps. Je n'en ai juste pas parlé avec toi.

-Et tu veux m'en parler?

-Avec Cool Breez on avait une mission en territoire ennemi, sans soutien, une mission officieuse. Mais ça a mal tourné, on s'est fait prendre par l'ennemi . Ils nous ont tor... interrogés, pendant deux semaines sans qu'on ne sorte rien. Et une ouverture c'est présentée à nous. Cool Breez était plus amoché que moi : j'avais une fracture de la jambe , plusieurs contusions, brûlures… Je l'ai porté et on a volé un engin. On s'est bien sûr faits poursuivre, et on s'est faits descendre, juste après que j'ai eu le temps de lancer un SOS. L'avion s'est crashé et la cavalerie est arrivée à temps. Après, ce qui s'est passé je ne sais pas, je me suis réveillé à l'hosto avec toi à mes côtés.

-Pourquoi ils ne sont pas venus vous chercher avant?

-Éviter un incident diplomatique, on n'était pas censés se trouver là . Mais que valent les vies de deux militaires face aux enjeux politiques ?

-Tu as bien fait de ne rien me dire sur le coup, je crois que j'aurai pu leur mettre mon poing au milieu de leurs figures pour avoir joué si impunément avec la vie de mon fils.

-C'est du passé papa. Faut pas revenir là-dessus.

Tony remua cherchant une position agréable.

-Bon sang que j'ai envie de me lever !

-Mais tu n'en as pas le droit.

Deux petits coups frappés à la porte les firent se tourner vers elle.

-Oui.

La porte s'ouvrit doucement et McGee entra dans la chambre.

-Hé McGee! Comment tu vas ?

-Ça serait plutôt à moi de te demander ça : c'est toi le blessé.

-Ça va, merci j'ai connu pire.

-Je vais aller chercher du café, McGee je vous confie Tony.

-J'ai pas besoin de baby-sitter.

-Je te connais : aussitôt que je vais avoir passé la porte tu vas vouloir te lever.

Tony grimaça : son père avait visé juste.

-Je vous ramène un café McGee?

-Heu … Oui patron merci.

-Et moi tu me demandes pas si je veux quelque chose?

-Toi, je sais ce que tu veux.

L'ex-marine sortit de la chambre laissant ainsi un moment d'intimité aux deux collègues.

Un silence pesant se fit, aucun n'osant démarrer la conversation.

Finalement McGee, prit l'initiative de prendre la parole.

-Une chose que tu ne m'as pas dite : comment en es-tu venu à piloter ? Je me pose la question depuis des mois maintenant.

-Oh ! En fait mon instructeur, un type super sympa, était un ancien pilote. Un week-end de permission je ne suis pas rentré parce que Jethro était en France pour le boulot. Alors je suis resté. L'instructeur m'a alors proposé de l'accompagner pour un petit vol de plaisir, et là ça a été la révélation ! Pour moi s'était devenu une évidence : fallait que je devienne pilote. Alors j'ai commencé les vols en simulateur, puis un soir j'ai appelé Jethro pour qu'il me fasse parvenir une autorisation pour que j'apprenne à voler. L'armée me payait ma formation et je leur devais cinq ans de service.

-Il a accepté facilement ?

-Oui. Il m'a demandé si j'étais sûr de moi, et je l'étais. L'instructeurm'a bien appuyé, disant qu'il n'avait pas vu un élève avec un tel talent depuis bien des années.

-Ça te manque pas trop, de ne plus voler ?

-Parfois si. J'ai essayé mais je suis mort de trouille à l'idée ...

Il venait de vendre la mèche.

-Oh, alors c'est vraiment ça qui t'empêche de reprendre.

-Ouais McGignol, mais attention, interdit de le répéter à quiconque .

-Promis.

Un silence agréable retomba entre eux.

-Merci, dirent finalement les deux hommes en même temps, ce qui les fit rire.

-Pourquoi tu veux me remercier ? C'est à moi de le faire. Grâce à toi je suis encore en vie. Si tu ne n'avais pas tenue éveillé, je ne …

-Si ! Tu serais encore là, t'es un homme fort. Ton passé le prouve. A ta place je n'aurais pas survécu à tout ce que tu as dû endurer.

-Tu es plus fort que ce que tu crois.

-Non, pas autant que toi, et je t'envie pour ça.

-Tu m'envies! s'étonna Tony

-Oui. J'ai même été longtemps jaloux de toi, de ta relation privilégié avec le boss, maintenant je comprends mieux pourquoi. J'envie l'enquêteur que tu es.

-Arrête McGee, le coupa Tony, tu n'as pas à m'envier. Je ne suis qu'un simple enquêteur, c'est tout ce que je sais faire. Regarde-toi un peu McGee : tu es un très bon enquêteur, un excellent écrivain même si tu t'inspires de nous. Tu es un frère formidable, un ami fidèle sur qui on peut compter. J'aurais encore plein d'éloges à te faire, Tim. La seule chose qui te manque c'est la confiance en toi. Moi j'ai confiance en toi, je sais que sur une scène de crime je peux mettre ma vie entre tes mains. C'est moi qui t'envie McGee.

-Pourtant ma vie n'a rien de trépident.

-Non, c'est vrai, mais tu as ce que j'ai toujours voulu : une famille qui t'aime, de vrais amis, une enfance normale.

-Tu as aussi une famille qui t'aime : tu fais quoi de Gibbs ?

-Je sais qu'il m'aime comme un fils, il est le père que je n'ai jamais eu et que j'aurais toujours aimé avoir. Mais ce n'est pas vraiment la même chose. Toi tu sais d'où tu viens, tu as un passé familial. Moi je ne sais rien, ma mère a trompé son mari et me voilà, le fruit d'un adultère.

-Elle l'a peut-être vraiment aimé.

-Je n'en sais rien. Ma mère à toujours été un mystère.

-Tu sais, si ton père biologique a été ou est encore dans la navy, on peut le retrouver, grâce à la base de donnée ADN.

-Non, je ne suis pas prêt pour ça, et il y a Gibbs, je ne peux pas lui faire ça. Mais merci de taproposition.

Gibbs revînt à ce moment là. Il sentit tout de suite qu'il avait coupé les deux hommes dans une conversation lourde. Il ne dit rien et tendit à chacun une boisson.

McGee resta encore un moment et s'excusa auprès des deux autres hommes, il avait un rapport à faire, et voulait rassurer ses parents qui avaient été prévenus qu'il avait été blessé.

-Dis moi, tu as des nouvelles de Lucas?

-Oui et de très bonnes. Figure-toi qu'on a retrouvé sa grand-mère. Elle n'était pas morte, ses parents avaient juste coupé les ponts. Il est allé vivre elle, et ses parents ont été mis en prison : son beau-père pour coups et blessures et sa mère pour négligence et non assistance à personne en danger.

-Super ! Je suis content pour lui.

NCIS, quelques heures plus tard.

Abby remonta au troisième, elle voulait déposer les conclusions d'une recherche faite pour un des agents du bureau. A cette heure-ci, elle pensant que les bureaux seraient vides et fut étonnée de voir McGee au sien .

-Qu'est ce que tu fais encore là ? demanda-t-elle, intriguée.

-J'avais besoin de faire une recherche, et je n'ai pas les autorisations requises chez moi.

-Et qu'est ce que tu recherches?

-Je ne cherche plus, j'ai trouvé.

-Quoi?

-Qui est le père biologique de Tony.

-Tony est au courant ?

-Non.

-Et ?

-Et ouah! Regarde par toi même.

La jeune femme vint se placer près de son ami et lut le contenu du dossier, les yeux écarquillés.

-Tu ne lui dis rien. Si à un moment ou à un autre il nous demande d'entreprendre des recherches, on lui transmettra le dossier.

Le lendemain.

Gibbs, comme la veille, était arrivé tôt pour être avec son fils. Il lui avait apporté un petit déjeuner qu'il avait préparé plus tôt le matin.

-Tu sais , tu n'es pas obligé de rester comme ça avec moi, je vais rester encore au moins deux à trois semaines ici.

-Tu me fous à la porte ?

-Non, c'est pas ça, tu le sais bien. J'apprécie d'être avec toi, mais tu as d'autres choses à faire que de rester avec ton fils .

-Je fais ce que j'ai à faire.

Deux coups frappés à la porte les coupèrent dans leur conversation.

-Bonjour Mr DiNozzo.

-Bonjour, Docteur Klein. Je vous présente mon père. Papa, Dr Klein mon chirurgien orthopédiste. .

-Je comprends pourquoi tu ne veux plus de moi, elle est très belle, murmura t-il à l'oreille de son fils. mais assez fort pour que la jeune femme puisse entendre.

-Papa !

-Comment allez vous ce matin? demanda-t-elle en faisant semblant de rien avoir entendu.

-Bien.

-Bon parfait, alors je vais demander à papa poule de vous laisser et nous deux nous allons voir où en sont vos jambes .

-Cette fois-ci c'est pas moi qui te mets à la porte, papa poule.

-Fous-toi de moi toi ! Tu ne perds rien pour attendre.

Trois semaines plus tard:

Hormis ses jambes, les blessures de Tony appartenaient maintenant au passé. Il allait pouvoir quitter l'hôpital et continuer sa physiothérapie dans un centre sur Washington, recommandait par son chirurgien . Gibbs avait bien remarqué le rapprochement subtil qui s'était opéré au fil des jours entre son fils et le médecin. Il espérait secrètement que cette fille soit la bonne pour le jeune homme qui méritait enfin d'être heureux, de former sa propre famille. Il rêvait depuis un moment que Tony lui donne des petits enfants et fasse de lui un grand -père comblé.

Le temps de sa pleine convalescence, Tony irait vivre chez son père. Il avait encore du mal à marcher, et se déplaçait à l'aide de béquilles ou d'un fauteuil roulant quand il était trop fatigué ou trop endolori sur ses jambes.

-On se revoit dans deux jours. Tu as bien l'adresse ?

-Ouais. On pourrait peut-être se revoir avant, demanda Tony taquin en prenant les mains de la jeune femme dans les siennes.

-Pas possible pour moi, je suis de service à l'hôpital pour ces prochaines 48 heures.

-J'aurai essayé.

Ils s'apprêtaient à s'embrasser quand un toussotement les arrêta net dans leur mouvement. Ils se tournèrent tous deux en se lâchant les mains vers cet intrus qui cassait leur moment.

-Pap, t'es bien en avance.

-Je ne pensais pas que tu serais si réticent que ça à quitter l'hôpital.

-Bon c'est parti alors.

Tony se leva de son fauteuil roulant, posa son sac à sa place, et attrapa ses béquilles.

-Je te laisse pousser. Au revoir Docteur et merci, à dans deux jours. Ils se serrèrent la main un peu plus longtemps que nécessaire. Gibbs fit de même et remercia le médecin pour l'aide apportée à son fils ces trois dernières semaines.

Dans la voiture:

-Elle est vraiment belle.

-Oh, oui... euh de qui tu parles ?

-Fais l'ignorant. Vous allez bien ensemble.

-...

-Tu l'aimes ? demanda Gibbs en jetant un coup d'oeil à son fils.

-Oui. C'est la première fois que je ressens quelque chose d'aussi intense pour une femme. Pour la première fois de ma vie, je me dis que je peux me construire un avenir avec quelqu'un.

Gibbs sourit, heureux pour son fils.

-Invite la à venir à la maison.

-Peut-être, pas tout de suite. Pour apprendre à mieux la connaître tu vas devoir attendre.

-Tu as honte de ton vieux père ?

-N'importe quoi. Je … je veux juste profiter d'elle égoïstement. Nous deux c'est tellement récent, je ne sais pas où cela va nous mener. Je préfère juste attendre un peu.

-Ok, je comprends.

-Et la prochaine fois que tu fais exprès de nous couper, je te fous mon poing dans la figure.

-Message reçu, fils.

-Parfait.

Le silence tomba dans l'habitacle tout le reste du trajet. Arrivé devant chez eux, Tony remarqua les voitures garées devant la maison.

-Me dis pas qu'ils ont préparé quelque chose.

-Alors je te le dis pas.

-C'est encore une idée d'Abby ça.

-Je vais t'aider à sortir, tu veux le fauteuil?

-Hors de question que je me déplace dedans en leur présence.

-Ça briserait ta fierté, pensa le père.

-Et tu le laisses dans le coffre, exigea Tony quand son père sortit le sac de voyage de là.

Gibbs ne dit rien mais laissa ledit fauteuil dans le coffre. Il savait parfaitement que Tony n'aimait pas montrer ces faiblesses et le comprenait, car lui-même était pareil.

A peine l'italien avait il franchi la porte qu'Abby lui courut dans les bras, et l'aurait fait tomber si Gibbs n'avait pas été là pour poser ses mains dans son dos.

-Doucement Abby, suggéra Gibbs, puis il signa : il est encore faible sur ses jambes.

La soirée s'était bien passée. Cette démonstration d'amitié avait beaucoup touché Tony. L'équipe n'était pas partie très tard, voyant que leur collègue était encore assez fatigué.

Une fois leurs invités partis, ils s'étaient mis un film, devant lequel le convalescent s'endormit.

-Tu serais mieux dans ton lit.

Tony ouvrit lentement les yeux,

-Sûrement que oui.

Tony se leva péniblement , et grimaça, pris par la douleur.

-Attends je vais t'aider. Tu as mal ?

-Je dois avouer que oui.

-Demain tu reste dans le fauteuil.