Bonjour à tous ! Wow ! Je remercie tous ceux qui ont laissés des reviews ça me fais énormément plaisirs de savoir que tant de personnes aime cette histoire et surtout ça m'encourage pour la suite ! Voici le deuxième chapitre en espérant qu'il vous plaira !
Disclaimer : Twilight et tous ses personnages ne m'appartiennent pas mais reviennent de droit à S. Meyer. Je ne fais que donner libre cours à mon imagination.
Je vois mes rapides années
S'accumuler derrière moi,
Comme le chêne autour de soi
Voit tomber ses feuilles fanées.
Mon front est blanchi par le temps ;
Mon sang refroidi coule à peine,
Semblable à cette onde qu'enchaîne
Le souffle glacé des autans.
Mais ta jeune et brillante image,
Que le regret vient embellir,
Dans mon sein ne saurait vieillir
Comme l'âme, elle n'a point d'âge.
C'est ta main qui sèche mes pleurs,
Quand je vais, triste et solitaire,
Répandre en secret ma prière
Près des autels consolateurs.
Comme deux rayons de l'aurore,
Comme deux soupirs confondus,
Nos deux âmes ne forment plus
Qu'une âme, et je soupire encore !
Souvenir - Alphonse de Lamartine
:: Chapitre Deux – La Ville dans la Brume ::
Chanson: Song to the Siren – This Mortal Coil
Le soleil n'était pas encore levé lorsque l'avion atterrit à l'aéroport international de Portland. De longues nappes de brouillard glissaient sur le sol de la piste d'atterrissage, projetant ses ombres fantomatiques balayées par les pas précipités des passagers, pressés de regagner le hall de l'aéroport, échappant ainsi à la morsure du froid de ce mois de novembre. Bella suivit la longue file de voyageurs et s'engouffra dans le hall immense intensément éclairé. La chaleur réconfortante atténua la brûlure du froid sur ses joues.
Elle était épuisée et n'avait pas fermé l'œil durant les six heures de vol. Des tas de questions tourbillonnaient dans sa tête. A plusieurs reprises, elle avait faillit faire demi tour et ne pas monter dans l'avion, mais la curiosité avait été la plus forte. Il lui avait fallut une semaine après la lettre d'Alice pour se décider à acheter un billet pour Portland. Profitant des vacances universitaires, elle avait prétexté une visite à sa mère pour atténuer la curiosité de Mr Robert, la trouvant particulièrement distraite dans les jours suivant la fameuse lettre.
La possibilité de revoir Carlisle l'excitait et la terrifiait en même tant. Elle avait toujours eu beaucoup d'affection pour lui, bien que les moments passés en sa présence n'aient jamais eut lieu en dehors de la présence d'Edward, ses nombreux voyages aux urgences mis à part. D'un côté, renouer avec un membre de la famille Cullen signifiait faire remonter des souvenirs douloureux et prendre le risque de faire plusieurs pas en arrière. Elle avait mis tellement de temps à refermer toutes ses blessures et à accepter le fait que les Cullen appartenaient à une réalité autre que la sienne. Son rêve de faire partit de leur monde s'était envolé avec Edward et replonger tête la première dans ce monde, presque quatre ans plus tard, l'angoissait. Plus que tout, elle craignait de se rendre compte qu'elle n'avait absolument pas tourné cette page de son existence mais qu'elle n'avait fait que l'enfouir quelque part. Mais d'un autre côté, Carlisle – Alice mis à part – était le membre de la famille qu'elle savait ne pas avoir à craindre de revoir. Le patriarche des Cullen avait toujours fait preuve de gentillesse et de compréhension à son égard. Sans doute n'avait-elle pas à avoir peur de sa réaction. Il ne montrerait jamais d'animosité à son égard, elle en était certaine. Bella avait mis un certain temps à comprendre qu'Edward l'aimait malgré ce qu'il avait clamé ce jour là dans les bois. Il l'avait quittée pour la protéger d'un monde qu'il jugeait néfaste pour elle. Les nombreuses nuits qu'elle avait passée à fixer le plafond de sa chambre lui avait fait réaliser que son affection n'avait jamais changé mais que son départ ne représentait qu'un sacrifice de plus de la part du vampire. Cela n'apaisait en rien la douleur de l'abandon mais permettait de remettre les choses en place.
Et de pardonner.
Mais à présent, il était trop tard pour reculer, et d'ici quelques heures, elle se trouverait en la présence de Carlisle Cullen. Elle n'avait pas beaucoup de solutions pour procéder. Sans surprise, elle n'avait pas trouvé son adresse. Elle irait donc le trouver au Legacy Emanuel Hospital.
Elle se dirigea vers un stand de restauration rapide tout en se frottant les mains et commanda un café et deux petits pains à la cannelle. Elle n'avait pas mangé depuis hier midi et son estomac criait famine. Elle ajouta du sucre et de la crème à son café, saisit ses petits pains et se dirigea vers la sortit pour essayer de trouver un taxi. Elle avait loué une chambre au Thriftlodge Portland Central et payé deux nuits d'avance. Elle ne savait pas exactement combien de temps elle resterait ici mais deux nuits et trois jours lui semblait largement suffisant pour rencontrer Carlisle.
Le taxi la déposa quelques minutes plus tard en lui assurant que l'hôpital se trouvait à peine à un kilomètre en voiture. La jeune femme lui demanda d'attendre quelques instants, le temps qu'elle récupère les clés de sa chambre et y dépose son sac de voyage. Le bâtiment ressemblait à n'importe quel motel à bas prix, destiné aux voyageurs ne désirant pas s'attarder. Composé de deux étages, des portes d'un vert pâle s'alignaient parfaitement et donnaient à l'endroit une atmosphère carcérale. Mais les lieux semblaient propres. Elle traversa la petite cour recouverte de gravier et entra dans un hall d'accueil aux néons jaunes. Derrière le comptoir, une petite femme replète lui sourit gentiment. Après avoir remplit les papiers nécessaires, montré sa carte d'identité, retiré ses clés et déposé son sac, Bella regagna son taxi.
Son souffle se fit plus lourd à mesure qu'elle se rapprochait de sa destination. La voiture tourna et s'arrêta le long de la North Gantenbein Avenue, à l'entrée du parking de l'hôpital. La jeune femme prit quelques minutes pour maîtriser son souffle et sauta du taxi, serrant son sac contre elle. Elle paya sa course et s'engagea le long du trottoir vers l'entrée. Le soleil faisait maintenant une timide percée à mesure que la nuit reculait. Aucun nuage ne semblait obstruer le ciel et elle se demanda un instant s'il s'agissait d'une de ces journées où les vampires restaient cachés pour éviter les rayons du soleil.
Traversant les portes automatiques, elle fut assaillit par des odeurs d'antiseptiques et d'eau de javel. Plissant le nez, elle se dirigea vers le comptoir d'accueil. Les lieux semblaient plutôt calmes pour une salle des urgences, une jeune femme assise dans un coin fixait le mur d'en face, les yeux vides. A l'opposé, une femme de ménage arrosait un ficus et remettait en place les quelques magazines posés sur la table basse.
Bella porta son attention sur l'infirmière assise derrière le comptoir, remplissant des fiches d'admission. S'appuyant sur le bord, la jeune femme toussota poliment pour faire connaître sa présence.
« Je peux faire quelque chose pour vous ? » Demanda l'infirmière sans relever la tête.
« Je voudrais voir le Docteur Cullen, j'ai cru comprendre qu'il travaillait ici. »
L'infirmière cacha à peine sa petite exclamation de dérision mais ne regarda toujours pas Bella et elle se demanda un instant combien de personnes par jour réclamaient le Docteur Cullen. Sa voix se fit légèrement moqueuse. « Vous avez rendez vous ? »
« Non, mais c'est une de mes connaissances, je voudrais simplement le voir, je n'abuserais pas de son temps »
« Sans rendez vous, je ne peux rien pour vous Miss. De toute façon le docteur Cullen ne commence sa garde que cette après midi. »
Bella sentit une vague immense de fatigue la submerger et elle eut une soudaine envie de s'asseoir dans une des chaises de la salle d'attente et de fermer les yeux. Elle espérait en finir au plus vite.
Elle eut du mal à cacher la lassitude dans sa voix. « Pourriez-vous alors lui passer un message et mes coordonnées, j'ai fait un long voyage pour le voir. »
L'infirmière eut un tic d'impatience.
« Je suis désolé Miss, mais ce n'est pas un centre d'appel ici mais un hôpital. Si vous voulez voir le docteur Cullen prenez un rendez-vous. »
Bon, de toute évidence, elle tournait en rond. Il fallait donc tenter le tout pour le tout.
« Pour tout vous dire, je suis Bella Swan, la nièce de sa défunte femme. »
La réaction de l'infirmière ne se fit pas attendre. Elle releva brusquement la tête en fixant Bella les yeux écarquillés, comme si elle venait d'entendre la plus croustillante rumeur de cet hôpital.
« Oh ! Le Docteur Cullen était marié ? Et sa femme est morte ? Mon Dieu je ne savais pas ! »
Oups … Désolé Carlisle …
« En effet. J'ai retrouvé quelques affaires à elle restées chez moi et je me suis dit que le Docteur Cullen aimerait les récupérer. »
« Oh oui je comprend. Vous savez je ne peux pas vous divulguer son adresse ni son numéro mais je peux prendre vos coordonnées et les lui transmettre » Elle secoua la tête, une lueur rêveuse dans les yeux. « … Quelle tristesse ! Un homme si gentil, perdre sa femme. Un homme comme lui ne devrait pas rester seul … »
Bella retint un sourire. Ce n'était un secret pour personne que Carlisle provoquait un attrait particulier parmi la gente féminine. Elle supposait que maintenant qu'elle avait lâché la nouvelle de la mort d'Esmée, l'information allait se rependre comme une traînée de poudre. Rien que le simple fait de savoir Carlisle veuf ne ferait qu'ajouter à son charme et renforcer l'idée de ces femmes dans l'hôpital qu'elles pouvaient être celles qui lui fallait pour le consoler.
Pauvre Carlisle …
Bella écrivit rapidement son nom et les coordonnées du motel. L'infirmière lui promit de faire passer le message dès l'arrivée du docteur. Maintenant, elle n'avait plus qu'à attendre. Sachant que Carlisle n'aurait connaissance de sa présence que dans l'après midi, la jeune femme décida de se rendre en centre ville pour essayer de s'occuper et de tromper la fatigue. Il n'était pas question de dormir maintenant.
Elle n'eut aucun mal à trouver le chemin vers une des rues du centre ville et quelques minutes plus tard, elle franchit la porte d'un Starbucks et se commanda un capuccino. Buvant une gorgée délicieusement parfumée, Bella tenta de faire le point sur la situation. Elle n'avait absolument aucune idée de l'histoire dans laquelle elle s'embarquait. Un mauvais pressentiment lui soufflait qu'elle n'était qu'au commencement d'une affaire bien plus dangereuse qu'elle n'y paraissait. Les paroles nébuleuses d'Alice n'auguraient rien de bon. Cette impression qu'un danger la guettait au tournant déclencha un frisson dans son dos et elle eut pendant quelques secondes l'envie furieuse de fuir cette ville, de fuir l'Oregon et de rentrer à New York, dans son petit appartement et de reprendre sa vie paisible.
Elle ne trouva pas le courage de se lever. Elle désirait revoir Carlisle. Plus qu'elle ne voulait se l'admettre d'ailleurs. Elle n'avait qu'une envie, qu'il prenne contact avec elle. Il y avait peu de chance que le médecin élude sa tentative de prendre contact, ce n'était tout simplement pas son genre. Carlisle était une personne respectueuse.
Un mouvement soudain sur la gauche la tira de ses réflexions. Elle balaya la pièce des yeux, mais il n'y avait rien d'anormal. Un couple d'adolescent se tenant la main par-dessus la table et discutait discrètement devant deux grands bols de chocolat. Les autres tables étaient inoccupées. Malgré le calme apparent, la jeune femme sentit la chair de poule recouvrir son corps. Elle stoppa sa respiration et écouta attentivement chaque son dans le café. Des micros diffusaient une musique étouffée, un écran plat plastronné au mur diffusait un match de Baseball et derrière le comptoir une jeune serveuse lavait des tasses.
Tout était parfaitement normal.
Bella libéra doucement son souffle et avala une grande gorgée de café. Levant les yeux, elle faillit s'étouffer.
La table en face d'elle, vide l'instant d'avant, était occupée par un homme qui la fixait.
Simplement, le mot « homme » ne s'appliquait pas à la créature devant elle, car il ne fallut qu'un quart de seconde pour que Bella reconnaisse les traits à la beauté parfaite des vampires. D'une carrure imposante, il la toisait avec calme, une moue moqueuse étirant ses lèvres parfaites. Sous une masse de cheveux bruns, la peau pâle luisait doucement sous la lumière tamisée de la pièce. Sa forte mâchoire aux angles réguliers était étrangement serrée, trahissant la tension sous ce sourire malicieux. Mais ce ne fut pas son visage magnifique qui coupa le souffle de la jeune femme, mais ses yeux.
Des yeux écarlates.
Bella cligna plusieurs fois des yeux, comme éblouit par le soleil. Ouvrant à nouveau les paupières, elle trouva la table en face d'elle de nouveau vide. Le vampire avait disparut. Regardant fébrilement autour de la pièce, rien n'avait bougé, ni changé. La serveuse fixait l'écran de télé d'un air ennuyé et les deux adolescents étaient maintenant occupés à s'embrasser passionnément.
Bella délaissa sa boisson et se précipita dehors. Qu'est ce qu'un vampire faisait dans un café si ce n'était pour se repérer une proie ? Ses yeux rouges étaient bien trop repérables et aurait attiré l'attention. Il aurait été aisé de les cacher derrière des lunettes de soleil. A moins que …
Son sang se glaça. Tout ça était intentionnel. Le vampire avait voulut lui montrer ses yeux, lui dévoilant qui il était. C'était bien elle qu'il fixait. Il était là pour elle. Pour quelle obscure raison, elle n'en avait aucune idée. La seule chose qu'elle retenait était qu'elle était maintenant la proie d'un vampire.
Une fois de plus.
Elle se mit à réfléchir à toute vitesse. Si un vampire l'avait pris pour cible, il fallait absolument éviter tout les lieux isolés et quand elle pensait isolé, elle voulait dire les lieux non bondés. Connaissant l'habilité des vampires en chasse, quelques personnes seulement ne représenteraient pas un obstacle entre un lui et sa proie. Regagner le motel était plus que risqué mais la jeune femme savait qu'il y avait de forte chance que Carlisle l'y rejoigne et il était certainement le seul à pouvoir la protéger.
Sa montre indiquait 10h30. Il était encore horriblement tôt et Carlisle ne savait même pas qu'elle était là. Elle n'avait pas le choix. Il devait retourner à l'hôtel le plus tard possible. En attendant, il fallait qu'elle trouve un lieu suffisamment peuplé pour décourager un vampire. Une galerie commerciale ferait certainement l'affaire.
Quelques heures plus tard, Bella ne pensait pas que son cœur puisse battre plus vite. Elle était quasiment certaine que le chauffeur de taxi pouvait la voir trembler dans le rétroviseur. Si c'était le cas, il ne fit aucun commentaire et roula silencieusement jusqu'au Thriftlodge Portland Central. Revenir seule dans ce coin partiellement isolé était du suicide mais Bella ne voyait pas d'autres solutions. Elle n'aurait que quelques heures à patienter avant l'arrivée de Carlisle et elle serait à nouveau en sécurité.
« Ça fera 10 dollars miss. »
Bella sursauta et essuyant la sueur sur son front. D'une main tremblante, elle retira un billet et le tendit au chauffeur. Murmurant un adieu, elle se dirigea vers sa chambre, les jambes flageolantes. Arrivée au pied de l'escalier, elle poussa un gros soupir et piqua un sprint jusqu'à sa chambre, la N°8. Elle ouvrit fébrilement la porte et la claqua derrière elle, la respiration saccadée. Elle mit plusieurs minutes à se calmer. Lorsqu'elle fut en mesure d'entendre autre chose que le battement de son sang le long de ses tempes, elle regarda autour d'elle. Il s'agissait d'une chambre simple en forme d'octogone, une petite cabine de douche et un lavabo encastrés dans le coin gauche. Un lit au pardessus vert bouteille occupait presque tout le reste de l'espace.
Bien qu'elle sache que se s'était particulièrement inutile face à un vampire, elle s'assura que la porte était verrouillée. D'un pas lourd elle s'approcha du lit et se roula en boule en position fœtale. Dormir n'était pas la chose la plus judicieuse à faire mais elle était tellement épuisée qu'elle ne pouvait pas lutter plus longtemps.
Malgré sa peur, elle s'endormi immédiatement.
Deux sensations bien distinctes lui parvinrent en même temps la plaçant dans un état de semi conscience. Sous son poids, elle percevait la douceur et la chaleur de la couverture. Elle se sentait bien et n'avait qu'une seule envie, replonger dans le sommeil profond auquel elle avait été arrachée. Elle enfouit un peu plus son visage dans l'édredon et soupira d'aise. Petit à petit, elle fut consciente d'un courant d'air frais qui se baladait autour d'elle. Se concentrant sur cette sensation de fraîcheur, elle sentit des doigts glacés déplacer quelques mèches de cheveux de son visage.
Elle se redressa d'un bon, les yeux écarquillés de peur et le cri qu'elle poussa s'étouffa contre une paume plaquée sur sa bouche. Elle essaya de se dégager mais un bras solide s'enroula autour de sa taille, plaquant ses bras contre son corps pour l'empêcher de se débattre.
« Shhh Bella. Tout va bien, c'est moi. C'est Carlisle. Calmes toi. »
Les paroles murmurées d'une voix douce mirent quelques secondes à remonter jusqu'à son cerveau. Elle tourna légèrement la tête, la main froide toujours sur sa bouche. La vue du visage parfait de Carlisle lui fit monter les larmes aux yeux. Il la fixait avec inquiétude.
« Si je retire ma main, tu promets de ne pas crier ? Tu n'as rien à craindre Bella. »
Elle acquiesça vivement et aussitôt libre, elle se jeta en avant et enroula ses bras autour de son cou, éclatant en sanglot. Toute la tension de ces derniers jours et la peur qui lui tenaillait le ventre se déversa comme un ras de marée et elle ne pu s'empêcher de s'accrocher à lui. Après quelques secondes de surprise, Carlisle l'enlaça à son tour, lui frottant le dos. Il attendit patiemment qu'elle se calme, murmurant dans ses cheveux.
Bella n'aurait pas su dire combien de temps elle resta ainsi, dans ses bras mais elle n'était pas pressée de s'écarter. Carlisle lui accorda encore quelques secondes de réconfort avant de la repousser gentiment pour la regarder. Les yeux brouillés de larmes, la jeune femme contempla avidement son visage. Elle ne fut aucunement surprise de voir qu'il n'avait absolument pas changé. Ses traits si parfaits, encadrés par des cheveux blonds proprement placés en arrière de son crâne, reflétaient toujours ce calme et cette douceur qu'elle aimait tant. Il ne parlait pas, lui laissant l'initiative. Il se contentait de la fixer intensément, paraissant lui aussi s'imprégner des changements dans son visage.
Elle rougit subitement, initiant un rire affectueux de la part de Carlisle. La jeune femme lutta pour trouver sa voix.
« Carlisle … je suis tellement contente de vous voir » C'était l'euphémisme du siècle.
Le vampire sourit, donnant une caresse affectueuse contre son menton.
« Et bien Bella, je dois dire que le sentiment est partagé. Quel n'a pas été ma surprise lorsque l'on m'a annoncé que Bella Swan, la nièce de ma femme souhaitait entrer en contact avec moi. »
Le rougissement s'accentua, se rappelant de l'excuse pitoyable qu'elle avait donnée à l'infirmière. Carlisle la sortit de son embarras en riant doucement.
« Euh oui, je suis désolé pour ça Carlisle, mais la personne s'est montrée … difficile à convaincre. »
« J'imagine en effet. »
Un silence gêné s'en suivit. Carlisle s'écarta un peu plus et se redressa, s'asseyant sur le bord du lit. Il garda cependant une main sur son épaule.
« Bella … » commença t'il « Surtout ne doutes pas que je sois plus qu'enchanté de te revoir mais pourrais tu me dire la raison qui t'amènes ici ? »
Par quoi était-elle sensée commencer ? Elle avait tellement de choses à lui dire et presque autant de questions. Quelle serait sa réaction en apprenant tout ce qu'il avait amené ici ? Elle n'était pas sûr elle-même de trouver un sens à tout cela.
« Je … il ya a tellement de choses … je ne sais même pas comment … une minute ! Comment êtes vous entrez ? »
Elle était absolument certaine d'avoir fermée la porte à double tours. Carlisle lui lança un regard coupable.
« J'ai bien peur d'avoir à m'assurer que la propriétaire ait de quoi remplacer la poignée de porte et la serrure. Ce n'est pas dans mes habitudes de forcer les portes mais j'ai frappé à plusieurs reprises et tu ne répondais pas. J'étais sûr de te trouver là, j'aurais reconnus les battements de ton cœur à des kilomètres. Quand tu n'as pas répondu à mes appels, je me suis inquiété.»
« Je n'ai pas beaucoup dormi c'est jours-ci et … » elle s'interrompit, se rappelant de sa rencontre avec le vampire le matin même « Carlisle avant que j'explique, je … Il s'est passé quelque chose ce matin … »
Il se raidit immédiatement, la main sur son épaule resserra son étreinte. Elle savait qu'elle avait toute son attention. Expirant doucement elle s'exhorta au calme.
« Ce matin, j'ai croisé un autre vampire » elle leva la main pour l'empêcher de l'interrompre. « Je ne sais pas qui il était, je ne l'ai jamais vu mais … Carlisle, j'ai l'impression que lui savait qui j'étais »
« Qu'est ce qui te fais dire cela ? »
« Je n'en sais rien » répondit-elle frustrée « Vous allez trouvez ça stupide, c'est juste une impression, il me fixait et … j'avais l'impression qu'il se moquait de moi, que la situation l'amusait beaucoup … et puis ses yeux … il ne faisait rien pour les cacher … »
Elle attendit impatiemment la réaction de Carlisle. Il continua de la fixer, la prise sur son épaule devint presque douloureuse. Il était clair qu'il était tendu et essayait de trouver les mots pour la rassurer.
« Et bien Bella » Commença t'il prudemment « je ne trouve rien de stupide la dedans. Tu as toujours fais preuve d'énormément d'intuition. Cette rencontre aurait-elle un lien avec ta visite ? »
Bella eut un rire amer. « Franchement ça ne m'étonnerais pas bien que je n'y ai pas vraiment réfléchis mais maintenant que vous le suggérez … je vais tuer Alice … »
« Alice ? »
La jeune femme ferma brièvement les yeux avant de fixer à nouveau Carlisle. Ses yeux dorés étaient baignés de tant d'émotions qu'elle en eut le souffle coupé. La surprise, l'espoir, le chagrin, la trépidation tout cela se mélangeait et rendait presque impossible de soutenir son regard. Malgré la parfaite maîtrise de ses émotions, Carlisle n'avait jamais rien fait pour les cacher mais à ce moment là, il semblait qu'il ne pouvait même plus les contenir. Au lieu de lui répondre, Bella tira la lettre d'Alice pliée en quatre dans la poche de sa veste et la tendit au médecin. Il s'en saisit avidement la lisant en moins d'une seconde. Lorsqu'il releva les yeux, il semblait à nouveau maître de lui-même mais les émotions étaient toujours là, sous la surface. Il prit une profonde inspiration, parfaitement inutile.
« Très bien Bella. Il me semble avoir un certain nombre d'explications à te donner. Mais avant tout, il faut te mettre à l'abri. Si comme tu le dis, ce vampire en à réellement après toi, tu n'es pas en sécurité ici. Combien de temps à tu prévu de rester à Portland ? »
« J'ai payé la chambre pour deux jours. Les vacances universitaires se terminent dans une semaine. »
Il réfléchit pendant une demi-seconde.
« Bon. De toute façon, il est hors de question que tu restes ici. Ma maison sera certainement plus sûr qu'ici où tu es vulnérable. Si tu veux bien me suivre … »
Il se leva et lui tendit la main. Bella hésita.
« Carlisle, avant j'aimerais que l'on parle de certaines choses, je … »
« Je comprends Bella » Dit-il patiemment « Tu auras toutes les réponses que tu souhaites mais maintenant n'est pas le moment. »
Elle fronça les sourcils. Voilà que ça recommençait. Les vampires ordonnaient et elle, faible humaine était bien obligée de plier l'échine.
« Mais … »
« Bella, je t'en prie … quand tu poseras tes questions, je ne te promets rien d'autres que la vérité mais pour l'instant, j'ai besoin que tu me fasses confiance. Tu me fais confiance ?»
Il la regarda droit dans les yeux sans fléchir et elle fut tentée de fermer les yeux. Il était dangereux de se laisser aller à contempler un vampire. Leur charme était leur arme la plus puissante et malgré sa détermination à obtenir des réponses, elle se sentit fléchir.
« Bien sûr Carlisle. J'ai confiance en vous. »
« Viens » Sourit-il en lui tendant la main. Elle l'a saisit et se laissant entraîner dehors, saisissant son petit sac de voyage au passage.
Alors qu'elle descendait l'escalier, la sonnerie de son portable retentit. Ils stoppèrent net.
« Allo ? »
« Vous êtes Miss Isabella Swan ? » Demanda une voix grave.
« Oui c'est exact »
« Je suis l'agent Galeotti, police de New York. L'université de New York m'a transmis vos coordonnées. Vous travaillez bien à mi-temps pour Mr Robert, à la librairie Mansfield shop ? »
Une boule glacée se forma dans son estomac. Carlisle la fixait, tendu. Il pouvait parfaitement entendre la conversation.
« Oui c'est exact »
« Bien. J'aurais souhaité vous poser quelques questions, nous sommes passés à votre appartement mais vous étiez absente. »
Elle lutta quelques secondes pour trouver sa voix.
« Oui, je suis en déplacement pour voir un ami mais … puis je savoir ce qu'il se passe ? »
« Votre employeur à été retrouvé mort à sa boutique Miss Swan. » Bella jeta un regard horrifié à Carlisle qui ressemblait plus que jamais à de la pierre tant il était figé.
« Comment … mais comment cela est-il arrivé ? »
« Je regrette Miss, je n'ai pas le droit de vous donnez de détails. Sachez seulement qu'il s'agit d'un meurtre. »
La situation ne pouvait être pire …
A Suivre …
Voilà ! J'espère que vous avez apprécié et que vous n'avez pas trouvé le chapitre trop long. L'histoire commence doucement mais les choses vont s'accélérer à partir du chapitre 3 qui sera écrit du point de vue de Carlisle ! Il est déjà rédigé et a été très dur pour moi car c'est un exercice périlleux de vois les choses sous Carlisle POV. De plus, il s'agit pour Bella et lui-même de renouer le contact après un long bout de temps en plus de tout ce qu'il s'est passé ! Je ne sais pas ce que vous en pensez mais j'ai trouvé que dans les livres de S. Meyer, il manquait un bout de conversation entre les Cullen et Bella et que les comptes n'avaient pas réellement été réglés ! Bien que Bella ne leur en tienne pas rigueur pour leur absence il me semble que ça aurait été bénéfique de crevé l'abcès entre eux avant la scène du vote à la fin du deuxième livre.
Dites moi ce que vous avez pensé de ce chapitre et à bientôt pour le chapitre 3 !
