Chapitre 6 : Fruit défendu.
-Mello ! J'y vais d'abord ! D'accord ? Ne traîne pas trop ! Informa le brun près de la porte de la salle de bain.
- Oui, je me dépêche. Je serais là en cours, promis !
- Et surtout. Fait attention.
Le brun fut légèrement amusé d'entendre sa dernière phrase en écho. Il quitta la maison avec sa sacoche. Il avait laissé un plan à Mello, il n'aurait donc aucun problème à trouver l'école.
La bâtisse était d'ailleurs très grande. Blanche, avec un grand jardin à l'intérieur. Ca promettait d'être enrichissant comme année. Cependant, il fut accueillit avec un regard noir dans la salle des professeurs. Il y avait très peu de femme qui enseignait. Ironique pour une école de jeune fille.
Et il voyait bien que la plupart des enseignants avaient entre trente et cinquante ans. Certains avaient peut-être encore leur chance d'espéré pouvoir ravir le cœur d'une de ses jeunes demoiselles. Mais pour la plupart, c'était peine perdue. Alors lui qui arrivait du haut des vingt-deux ans, on pouvait comprendre qu'il ne veuille pas de nouveau « fauves » dans leur terrain de chasse.
-Vous êtes le nouveau professeur ? Questionna un jeune homme de trente ans, cheveux châtains et yeux verts. Je suis Timothy Spall, enchanté. J'ai oublié votre nom c'est…
-Lucas Grey !
- Enchanter, encore une fois. Je suis prof de Math aussi, mais dans l'inférieur. Si vous avez besoin d'aide, n'hésitez pas ? D'accord ?
L hocha la tête. La sonnerie des cours retentit bientôt et le détective se déroba pour aller dans sa salle de cours. Il commençait avec la dernière classe. La plupart des filles avaient entre dix-sept et dix-neuf ans. Certaines semblaient bien heureuses de voir un prof si jeune. D'autres n'en avait justement que faire.
Il tâchait tout du moins de donner le cours comme il pouvait. Il se mêlerait ensuite aux professeurs et descellerait qui pouvait bien être ce tueur/violeur. Mais il avait un problème auquel il n'avait pas songé. Les professeurs, hormis Timothy, ne voulaient pas l'approcher. Ou plutôt, ils le tenaient exclus de leur groupe.
-Ne t'inquiète pas Lucas, je peux t'appeler Lucas hein ? Ils se rapprocheront de toi bien assez tôt. Et tu prieras, justement, pour qu'ils te laissent tranquille ! Moi, je préfère être loin d'eux. Je pense qu'il faut se méfier de tout le monde. Même adulte, ils peuvent encore avoir des langues de serpents ! Assura Timothy.
- Tu dois avoir raison. Mais j'aimerais quand même pouvoir discuter avec des gens.
- Eyh, je suis là Lucas ! Les autres on s'en fout. Et si tu as de la chance, peut-être qu'une jolie élève s'intéressera à toi !
- Et alors ? Les relations entre élèves et professeurs ne sont pas permises ! Releva judicieusement L à voix base.
Timothy rigola. Il lui donna une tape dans le dos et se pencha à son oreille.
-C'est bien vrai. Mais si on le fait discrètement. Ces pauvresses ont le droit de rencontrer des hommes non ? La plupart vivent au pensionnat. Leur vie ne doit pas être très joyeuse. Tu ne penses pas ?
- Je suppose que si. Mais je ne suis pas du genre à avoir quelconque relation avec mes élèves.
- Ca c'est ce que tu dis maintenant ! Assura le châtain avec un sourire. Je te laisse, je vais aller préparer mon prochain cours !
L hocha la tête. Et lui dit qu'il allait vraisemblablement l'imiter. L'autre professeur de Mathématique lui sourit avant de quitter la salle des professeurs. Le détective ne tarda à l'imiter. Remarquant le regard amer de ses collègues. Il devait rassembler des informations sur eux, mais il devait d'abord parfaitement se fondre dans la masse, ce qui semblait impossible sur l'heure.
Lorsqu'il sortit, le brun remarqua que le châtain discutait avec une jeune blonde qui devait avoir entre douze et quatorze ans. Il ne saisit pas la conversation que le professeur invitait son élève à le suivre. Il fronça les sourcils. Peut-être bien qu'il aurait plus simple que prévu. Mais il ne devait pas devenir paranoïaque non plus, Spall pouvait peut-être aider une jeune élève qui s'était perdue. Il ne pouvait se permettre d'omettre aucune hypothèse.
Il ne tarda pas trop après les cours. Préférant rentrer. S'être présenté plusieurs fois avait été gênant voire même ennuyant. Il espérait bien que les jours à suivre seraient mieux. Parce que s'il devait vivre ça tout les jours. Bon, il n'allait pas faire la fine bouche, sur cette enquête, il serait doublement payer et Watari avait eut l'extrême bonté de payer les frais d'enseignement de Mello.
Une fois chez lui, L remarqua bien vite que Mello n'était pas là. Devait-il immédiatement s'inquiéter ? Non, il pouvait bien patienter quelques minutes. Il n'était jamais que seize heures. Peut-être que Mello avait beaucoup de cours où était avec des amis.
Il se rendit dans leur chambre et se laissa tomber dans le fauteuil. Avant de reprendre sa position plus habituelle. Il jeta un regard à la bibliothèque pleine de livres. En avait-il seulement lu la moitié ?
-Je suis là ! Lui cria une voix qui eut don de le rassurer.
Il avait laissé une clé à Mello pour qu'ils ne se voient pas obligé de rentrer en même temps ce qui aurait put refreiner l'enquête.
-Je suis dans la chambre ! Lui dit L en se levant de son fauteuil.
La porte ne tarda à s'ouvrir. Le brun se figea. Mello était légèrement maquillé ce qui rendait ses traits beaucoup plus féminin. Ses cheveux étaient attachés en deux petite couette, sans doute destiné à le féminisé encore plus.
Quand à sa tenue, elle était constituée d'un chemisier blanc assez fin. De long bas de la même couleur et d'une petite jupe plissée noire qui lui arrivait un peu au-dessus des genoux.
-Comment a été votre journée ? Questionna le blond en s'approchant du lit.
L était bien incapable de répondre à cette question toute simple. Un «bien » et c'était fini, non ? Il n'arrivait plus à coordonnée ses idées et il n'arrivait même pas à croire que c'était un gamin qui lui faisait cet effet là.
Sérieux, il devait rester sérieux. Ne pas se laisser décontenancer. Il tourna la tête. Ca pourrait déjà aider ne fus qu'un peu.
-Ca ne va pas ? Questionna Mello en s'approchant de lui.
Le brun remarqua qu'il y avait une délicieuse odeur qui émanait du blond. Son haleine, son odeur corporelle peut-être ? Non ! Ce n'était vraiment pas le moment de penser à ça. Se concentrer sur l'enquête voilà qui était bien.
-Oh mais attends…
- Oui ? S'étonna l'adolescent.
Il avait tendu la main pour la secouer le plus prêt possible des yeux du brun. Instinctivement, ce dernier la lui prit et la serra dans la sienne.
-Tu étais avec Timothy Spall, vers midi, non ?
- Mon prof de Math ? Oui. Il est venu immédiatement me voir. Alors j'ai fait jouer mes charmes. Il m'a conseillé de devenir cheerleaders. Mais ça ne m'intéresse pas du tout.
L regarda le visage du blond et il fit passer ses doigts sur sa joue. Mello se sentit immédiatement mal à l'aise.
-Vous savez que je ne suis pas pour les contacts physiques. Que vous me teniez la main passe encore. Mais…
Mello ne put terminer sa phrase car des lèvres venaient de se coller contre les siennes. Le visage du blond se remplit d'effroi, mais pourtant il ne protesta pas. Même pas lorsque L le renversa sur le lit et passa sa main sur sa cuisse, remontant un peu la jupe.
Le jeune adolescent se surprit même à répondre au baiser. Cela dit, à cet instant là, le détective repris contenance et se leva du lit d'un bond. Il préféra aller « s'asseoir » dans le fauteuil.
-Je suis navré. Je ne sais pas ce qui m'a prit…te volé ton premier baiser comme ça.
- J'aurais nettement préféré que ça soit mon premier baiser.
- Pardon ? S'étrangla L.
- Vous savez bien où est-ce que vous m'avez trouvé !
- Tu m'avais pourtant dit que tu n'avais jamais…
- Bien sûr. On…ils n'ont jamais été jusque là. Mais ils ne se gênaient pas pour mettre leur main partout, pour m'embrasser.
- Jusqu'où ? Se permit de demander L.
- Plus loin que ça. Certains me déshabillait totalement et me reluquait pendant des heures. D'autres ont mêmes essayés…d'aller plus loin.
- Tu laissais faire ça ? S'outra le brun.
Mello ramena ses jambes contre son torse, faisant glisser la jupe et déglutir difficilement le détective face à la vision de son culotte, pour bien faire, et à tout ce qui lui traversait par la tête.
Il n'aimait pas ses pratiques mais il sentait qu'il aurait bien besoin d'aller voir celles qu'ont paient. Ca le remettrait alors dans son état normal, enfin.
-Qu'est-ce qu'elle te faisait ? Questionna L.
- Elle, à part les coups, rien. C'est juste que j'avais le « choix ». Soit je les laissais me toucher avec le droit très spécial de les arrêter à ce niveau là parce que j'étais jeune, soit elle me mettait à la porte. Et elle gardait ma sœur bien sûr. Alors il n'y a pas de choix. J'avais cinq ans. Le choix se résumait en bref à la vie ou à la mort. Sur le coup, j'ai préféré vivre ! Expliqua Mello en tirant sur les élastiques mauves avant de les jetés sur le lit.
Il se passa la main dans les cheveux d'un air gêné.
-Tu veux ? Questionna le brun en écartant les bras.
Le blond le dévisagea avant de se lever. Il s'approcha de lui et posa sa tête contre son épaule. Gentiment, L l'attira à lui et posa ses pieds à terre pour le laisser grimper sur ses genoux. Il devait virer complètement fous pour agir de la sorte. Surtout quand il sentit la tension passer dans son bas-ventre en le serrant contre lui.
-Ca te dit de te faire livrer une pizza ? Questionna le brun.
- On devrait manger sain non ?
- Je comptais te laisser commander et sortir. J'ai besoin de prendre un peu l'air. A moins que tu tiens absolument à cuisiner. Je n'ai pas faim.
- Ca c'est parce que vous vous empiffrez de cochonnerie !
- C'est toi l'adolescent non ? Releva L.
Mello s'efforça de sourire. Le brun le serra un instant contre lui avant de le poser au sol. Il se leva et se rendit directement à la porte.
-Fais ce que tu veux ! Mais quand tu auras mangé, lave-toi et va te coucher.
- Il n'est que dix-sept heures, je pourrais regarder la télé ?
- Bien sûr.
L ouvrit la porte puis tourna la tête vers le gamin.
-Question !
- Oui ? S'étonna le blond.
- Tu répondais aux baisers de ces pervers ?
- Non. Pas du tout. A vrai dire, c'était la première fois. Et ça ne me dérange pas… Répondit le blond.
- Tu ?
- Depuis la première fois que je vous ais vu… j'ai éprouvé quelque chose pour vous. Je ne l'explique pas, et je ne l'expliquerais sans doute jamais. Je ne sais pas si je peux être « amoureux » à douze ans.
- Mais tu n'as pas vraiment la maturité d'un gamin de douze ans.
- Parce que je suis surdoué ?
- Parce que tu as vécu des choses que d'autres non pas vécu, bien trop tôt. Je te laisse maintenant. Dit le brun avant de quitter la pièce, laissant un petit blond surpris.
Le détective laissa de l'argent sur la table dans le salon et il se rendit dans les rues de Londres en espérant trouver quelqu'un. Il ne rentra qu'après quelques heures. Les lumières étant éteintes, il alla à tâtons jusqu'à la salle à manger qu'il alluma. Il trouva sur la table un reste de pizza. Bien sûr le petit n'avait pas put tout manger. Il se fit chauffer deux parts dans le micro-onde et mit le reste au frigo.
Quand le plat fut chaud, il mangea rapidement avant de laisser l'assiette dans l'évier. Il aurait tout le temps de faire cette vaisselle demain. Il ne faisait pas très responsable, mais tant pis.
Il jeta un coup d'œil à la pièce et alluma la lumière du couloir d'en haut. Il ferma celle de la salle à manger et grimpa en silence jusqu'à la salle de bain. Il se lava en silence, ne voulant pas réveiller le petit qui devait faire de beaux rêves.
Enfin fin prêt, il entra dans la chambre mais se figea dans son geste. La lumière du couloir se reflétait sur le visage d'ange du blond. Et L ne put s'empêcher de le trouver terriblement magnifique bien que moins mature que d'habitude. Mais bon dieu, qu'est-ce qui lui arrivait ?
Il avait pourtant assouvit ses besoins. Il pensait sérieusement à avoir besoin d'aller voir un psy très prochainement. Il était illogique de trouver un enfant si attirant. Il s'approcha du corps assoupi du petit et posa un baiser sur ses lèvres entrouvertes. S'il avait eut son âge, il se serait permis les pires folies pour le conquérir. Il aurait même été jusqu'à lui procurer son amour. A lui montrer qu'il était la prunelle de ses yeux.
Mais un enfant bon sang. Ils avaient dix ans d'écarts. Et si dans quelques années ça semblerait insignifiant, il n'empêchait que sur l'heure c'était un gamin de douze ans et que le poids des années était très lourd.
Il devait se calmer. Et pour se faire, le mieux était encore d'aller dormir dans le divan-lit du salon. Il pourrait appeler un des orphelins qu'il avait jadis côtoyé à la Wammy's pour lui demander son soutiens. L'un ou l'autre avait bien dut finir psy.
Sous cette bonne idée il se coucha pour être réveillé au matin par l'odeur du petit-déjeuner de Mello. Ses rêves lui avaient d'ailleurs semblé insupportables parce que plein d'image qu'il n'y aurait pas dut y avoir.
Il devait relativiser, pendant ces deux semaines, ça avait semblé aller avec le gamin lorsqu'il ne s'attardait pas trop à trop le regarder. Mais là, il ne pouvait rien faire.
-L ? Il faudrait vous lever. Il va bientôt être l'heure d'aller à l'école !
Le brun ouvrit un de ses yeux cernés qu'il posa sur le blond avant de le refermer rapidement en remarquant qu'il portait la tenue qui avait déchaîné ses pulsions.
-C'est bien que tu ne t'aies pas fait de couettes ! Grommela le détective.
- Je pense aussi. Allez levez-vous ! Moi j'ai déjà mangé, alors je vais filer ! Je vous ai déjà sortit des vêtements.
L fit alors une chose qu'il aurait sans doute dut éviter plus que tout au monde. Il se redressa en ouvrant les yeux et attrapa le blond par la taille. Il l'attira contre lui et s'arrêta à ce moment là. Il devait rester lui, malgré ce qu'il pensait de l'enfant, il ne pouvait pas se laisser aller. Il était L bon sang, tant pis pour les amours, encore plus de ce genre là.
Il remarqua que le gamin le toisait de ses grandes orbes bleues pareille à un lac calme mais gelé. Il semblait attendre quelque chose, mais il n'arrivait pas à décrypter si c'était un bon point ou un mauvais point. Peut-être l'assimilait-il à un de ses hommes qui lui avait brisé sa vie trop tôt.
Le brun s'apprêta à relâcher le blond, n'ayant décidément pas le cœur de lui faire du mal même involontairement lorsque des lèvres se collèrent sur les siennes. Les lèvres chaudes et douces de Mello.
Le baiser avait été bref et chaste mais L ne pouvait expliquer pourquoi son cerveau semblait s'être totalement déconnecté. Il relâcha le blond qui lui lança un « C'est une mauvaise idée de glander » avant qu'il n'entende la porte claqué et que ses idées se remirent en place.
