Chapitre 2 : Une rancune bien tenace
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« Et on fait quoi maintenant ? »
Il y eu comme un gros vide suite à cette question qui pourtant semblait la plus cohérente. Tandis qu'Hijikata restait toujours béat, Kondo, qui se demandait qui à part lui pouvait bien jouer le sale rôle du Shinsengumi, annonça à l'assemblée :
« - Nous sommes d'accord sur le fait que le mieux est d'aider Toshi à retrouver la mémoire.
- Pour ma part, dit Okita, je pensais qu'il serait amusant d'user de cette nouvelle personnalité pour lui tailler une nouvelle réputation puis ensuite lui offrir la honte de sa vie quand il reprendra ses esprits.
- C'est vrai que ça pourrait être marrant, rigola Heisuke qui réfléchissait déjà à quoi faire de ce quoi restait du démonique vice-capitaine.
- Sôji ! Heisuke ! S'indigna Kondo.
- Nous n'avons pas le temps de nous amuser, dit alors le sérieux Saito. Pensons plutôt à comment s'y prendre pour aider le vice-capitaine à se souvenir de nous et de qui il était.
- Bon, et bien allons-y. Mais c'est dommage, sembla se résigner Sôji. »
Personne ne comprit ce que voulait dire Okita, et ils comprirent encore moins quand le capitaine de la première division vint se poster derrière Hijikata et leva sur lui son katana. A noter qu'il n'avait pas dégainé son arme. En outre, c'était plus le fourreau qui menaçait de casser la tête du brun plutôt qu'une lame pour la trancher. Kondo agita ses bras, ne sachant que faire pour arrêter son disciple qui semblait avoir complètement perdu la raison :
« - Sôji, mais qu'est-ce tu fais ?
- Mais c'est évident, je vais lui donner un choc à la tête semblable à celui qu'il a reçu. De cette manière, il retrouvera la mémoire. C'est connu ! Dit Okita le plus naturellement du monde, persuadé de sa théorie.
- N'existe-il pas un moyen moins brute ? Demanda Saito à présent lui aussi paniqué.
- C'est vrai, approuva Heisuke, si Hijikata-san se réveille avec deux bosses et une migraine, il va être encore plus exécrable que jamais.
- Mais on a n'a pas le choix, c'est la seule solution, justifia encore Okita qui voulait vraiment frapper Hijikata avec son fourreau.
- J'ai plutôt l'impression que Sôji rêve de frapper Hijikata-san depuis un bon moment déjà, déduit Sanosuke. Regardez cette détermination dans son regard.
- Loin de moi cette idée, répliqua l'homme aux yeux verts avec un faux air innocent. Je ne pense qu'au bien de notre précieux vice-capitaine.
- Attendez Okita-san, osa enfin intervenir Chizuru, je suis sûre qu'il y a une autre solution. Ne frappez pas Hijikata-san
- C'est vrai ça, n'usons pas de violence sur nos frères d'arme. Il y a déjà assez de sang qui coule de nos mains. Sôji, range cette arme, ordonna Kondo. »
Okita qui ne voulait absolument pas désobéir à son capitaine remit son katana en place dans sa ceinture, non sans un grand regret. Lui qui pensait s'amuser un peu avec Hijikata dans cet état, tout ses désirs tombaient à l'eau.
Le dit Hijikata qui jusque là restait plus ou moins muet, impressionné par tout ce monde qui le regardaient tantôt avec compassion et tristesse, tantôt avec malice, osa enfin demander :
« - Qu'allez-vous faire de moi ?
- Rassure-toi Toshi, dit Kondo en posant une main sur son épaule, on va s'occuper de toi. Bientôt, tu seras de nouveau de retour parmi nous.
- Sôji a bien dit qu'un choc semblable pourrait le faire redevenir comme avant ? demanda Shinpachi.
- J'ai dit pas de violence, gronda le capitaine.
- Non mais, pas forcément besoin de violence. Il faut un choc, de n'importe quelle origine que ce soit.
- Où veux-tu en venir ? »
Shinpachi, tout fier de son idée, ne se fit pas attendre pour l'exposer aux autres. Aussi il attrapa Chizuru et tira sur son kimono, la rapprochant d'Hijikata et colla ses lèvres à celles du démon du Shinsengumi. Les deux protagonistes écarquillèrent les yeux tandis que les autres poussèrent un cri de stupéfaction, effectuant même un mouvement de recul. Il n'y avait que Shinpachi qui souriait bêtement, persuadé qu'un choc pareil allait rendre la mémoire à Hijikata, ajoutée à cela l'incroyable capacité de Chizuru de guérir les coeurs d'autrui.
Mais sa confiance eut vite fait de s'envoler quand les deux concernés se séparèrent. Hijikata avait toujours la même tête d'ahuri qui ne comprend rien à la vie et Chizuru, rouge comme une pivoine, déguerpit à toute vitesse de la pièce dans laquelle ils se trouvaient tous en couinant quelque chose comme « C'était mon premier… ».
Encore une minute de silence, le temps que chacun se remettent de ce qu'ils venaient de voir, et les commentaires quant à cette scène ne tardèrent pas à fuser :
« - Par tous les Dieux.
- Que c'est horrible !
- Ca c'est du violent.
- Je me demande si l'idée de Sôji n'était pas moins brute.
- Shinpachi, épargne-nous ça !
- Maiiiis, c'est moi qui voulais donner son premier baiser à Chizuru, chouina encore Heisuke.
- C'est parce que tu n'es pas assez entreprenant Heisuke, dit Shinpachi. Il va falloir que tu grandisses encore, gamin.
- Shinpachi-san, dit alors Okita, il fallait quelque chose qui choque Hijikata, qui le dégoûte tellement que son système nerveux en alerte se remettrait en marche et lui rende la mémoire. Et là, tu as fait l'inverse. Pauvre Chizuru-chan, elle ne méritait pas ça.
- Sôji, c'est beau cette considération que tu as pour le vice-capitaine, constata Saito.
- Cela a peut-être surpris Hijikata-san, mais ça ne veut pas dire que ça en a été désagréable pour lui. L'idée était bonne, pourquoi ne pas réessayer mais avec l'un de nous cette fois, proposa Sanosuke. »
Cette proposition fut suivi d'un "Hein" général des autres. Mais après réflexion, Okita et Shinpachi trouvaient cette idée amusante. Tandis qu'Heisuke chouinait encore, Saito, lui s'était fermé comme une huître. Sôji mit alors une main sur l'épaule de ce dernier comme pour l'encourager :
« - Hajime-kun, cet honneur te revient, décréta alors Okita.
- Pourquoi moi ? s'écria Saito qui avait fait un mouvement de recul.
- Tu n'as pas envie d'aider Hijikata-san à retrouver la mémoire ?
- Bien sûr que si, mais je n'oserai souiller le vice-capitaine.
- Saito-kun, dit alors Kondo abasourdi par les paroles du capitaine de la troisième division, Toshi a déjà embrassé bien des femmes et pas des plus honorables par moment. Je pense que tu peux y aller l'esprit tranquille.
- Tu vois, Kondo-san a toujours raison, l'encouragea encore Okita
- Mais…
- Ce jeune garçon avait des lèvres bien douces, dit enfin Hijikata qui passait ses doigts sur ses lèvres. »
Tous se tournèrent à nouveau vers l'amnésique, réalisant qu'il venait de prendre Chizuru pour un garçon. Il était vrai qu'à la base, Chizuru se devait de se faire passer pour un homme, et Hijikata qui avait été un des premiers à découvrir qu'il s'agissait d'une fille s'était complètement fait duper cette fois-ci, ce qui amena Okita à la conclusion suivante :
« - Je crains que ce n'est pas que la mémoire, le cerveau entier est atteint.
- Sôji ! S'indigna une fois de plus Kondo des remarques impudentes de son cadet.
- Hijikata-san, chouina encore Heisuke, vous dîtes ça exprès pour me dégoûter encore plus.
- Heisuke, tu n'as qu'à l'embrasser toi à Hijikata-san. Comme ça, Chizuru et toi pourrez repartir sur des bases similaires.
- Hein !
- Ca suffit, plus personne ne s'embrasse, ordonna Kondo. Proposez d'autres solutions qui ne consistent pas à donner un choc.
- Une place dans un établissement pour déments ? Proposa Okita en riant.
- Sôji ! Tu vas arrêter avec tes bagues de mauvais goûts.
- Ah, dit alors Saito, j'ai peut-être quelque chose. »
Tous portèrent alors leur attention sur le capitaine de la troisième division qui sortit de dans son kimono des petits sachets de poudre. Sanosuke comprit immédiatement de quoi il s'agissait et soupira :
« - Saito, ne me dit pas que c'est…
- Si, Ishida Sanyaku ¹.
- Je t'ai dit que c'était de la médecine de charlatan.
- Je suis sûr qu'elle peut guérir le vice-capitaine, autant pour son amnésie que pour sa blessure à la tête.
- Saito-kun, c'est gentil de te soucier ainsi de Toshi, mais je ne suis pas sûr que…
- Douteriez-vous de la merveilleuse médecine du vice-capitaine ?
- … Bon, tu peux lui donner, ça ne coûte rien.
- L'occasion peut-être de lui faire comprendre que cette poudre ne sert à rien, dit Sanosuke. »
Bien entendu, la soit disante poudre miraculeuse n'eut aucun effet sur Hijikata qui garda sa tête d'ahuri paumé, et ce même avec l'insistance de Saito qui disait qu'il fallait attendre que le produit fasse effet.
Kondo qui n'en pouvait plus de cette situation se leva et déclara alors :
« Très bien, je ne vois plus qu'un seul moyen de lui rendre la mémoire »
Et la minute suivante, voilà qu'Hijikata se retrouvait dans le dojo du quartier général, un boken ² dans les mains qu'il ne tenait pas correctement, et l'air encore plus ébahi que d'habitude :
« - Et je suis censé faire quoi avec ça ? Demanda le brun qui ne comprenait pas où voulait en venir celui qui se nommait Kondo.
- Nous allons faire un petit duel Toshi, expliqua le capitaine qui tenait lui aussi un sabre en bois. Tu ne t'en souviens peut-être pas, mais tu excelles dans le maniement du sabre.
- N'est-ce pas un peu trop risqué capitaine ? demanda Saito toujours inquiet.
- Je suis sûr qu'en combattant, sa mémoire reviendra en même temps que ses attaques et défenses qui sont encrées au fond de son subconscient. Toshi a toujours aimé le kendo, c'est physique chez lui.
- Kondo-san, je peux vous remplacer et combattre Hijikata-san ? Demanda alors Okita tout plein d'entrain.
- Non Sôji, le but n'est pas de le démolir mais de lui rendre la mémoire ³.
- Zut, pesta le capitaine de la première division.
- Sôji, tu en veux tant que ça à Hijikata-san ? demanda alors Sanosuke interloqué par le mal qu'il voulait faire à Hijikata.
- Quand je suis arrivé au Dojo Shiekan à neuf ans, j'étais son bouc émissaire. On va dire que j'ai une petite rancune envers lui
- Je vois.
- Petite mais tenace, pensa Shinpachi. »
Kondo fonça sur Hijikata pour l'attaquer, mais n'allant pas trop vite non plus dans le cas où sa théorie ne fonctionnerait pas. Le brun ne bougeait pas d'un iota et si on en jugeait le boken qu'il tenait dans ses mains et qui tremblait, on pouvait clairement deviner que ses réflexes n'étaient pas revenus avec l'attaque de Kondo. Au contraire même, alors que le capitaine ne se trouvait plus qu'à deux mètres de lui, il lâcha l'arme en bois et déguerpit à toute jambe du dojo en criant un :
« - Non, je ne sais pas me battre.
-Toshi, attends, reviens.
- Kondo-san, dit alors Okita avec une voix suspecte, vous avez vu ce que je viens de voir, ce que nous tous venons de voir.
- Sôji, tu as l'air bizarre, dit Shinpachi qui recula légèrement.
- Hijikata-san vient de s'enfuir au décours d'un duel. Même amical, ce genre de comportement est inadmissible ici au Shinsengumi.
- Sôji, tu ne penses tout de même pas…
- SEPPUKU, cria le capitaine du premier escadron en dégainant son sabre et en s'élançant à la poursuite d'Hijikata.
- Ouah, attends Sôji. »
Kondo s'élança à la poursuite de son disciple tandis que les autres restèrent dans le dojo, encore complètement abasourdis par le comportement on ne peut plus inhabituel d'Hijikata. Comportement qui au fond donnait une allure comique à cet homme en temps normal si sérieux et grincheux.
Alors que Saito était complètement désemparé, Hijikata étant son modèle, Heisuke boudait encore de s'être fait voler le premier baiser de Chizuru. Shinpachi était complètement effondré de rire au vu de la tournure que prenaient les choses tandis que Sanosuke dit encore la chose la plus pertinente :
« - Vous croyez que Sannan-san pourrait faire quelque chose ?
- Même la miraculeuse Ishida Sanyaku n'a eut aucun effet. Quel autre remède pourrait venir en aide au vice-capitaine ?
- Sano-san a raison, approuva Heisuke. Sannan-san est le plus intelligent de nous tous, il a même réussi à guérir son bras invalide, il pourra sans doute aider Hijikata-san.
- Euh Heisuke, l'histoire du bras invalide de Sannan-san et sa guérison n'est pas un exemple en soi.
- Je refuse que le vice-capitaine devienne un rasetsu.
- Mais je ne parlais pas d'Ochimizu ou de quelconque autres potions. Allez voir Sannan ne nous coûtera rien. Proposons cela aux autres.
- Si Hijikata-san est toujours de ce monde. Sôji avait l'air bien motivé pour lui ouvrir le ventre, dit Heisuke
- Je savais Sôji un brin machiavélique, mais ça dépasse largement ce que j'en pensais. Il vaut mieux être son allié que son ennemi, termina Shinpachi. »
C'est ces entrefaits que les autres samourai quittèrent le dojo dans l'espoir d'y retrouver Hijikata et en un seul morceau. Ce qu'ils ne savaient pas, c'est que les murs ont des oreilles, et qu'une personne bien curieuse les observait depuis tout ce temps.
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¹ Je rappelle que la poudre Ishida Sanyaku est un médicament synthétisé par la famille d'Hijikata et qui consistait soigner les plaies, contusions et autres affections physiques. Ce n'est pas clairement énoncé dans l'anime, mais dans le drama cd, et on le voit aussi dans certaines images, Saito est absolument persuadé que cette médecine est miraculeuse, la meilleure qui puisse exister et qu'elle peut tout guérir. Il y croit dur comme fer, en porte toujours sur lui comme un trésor et Sanosuke n'a de cesse de lui dire que cette poudre ne sert à rien, ce qui en soi est un peu vrai.
² Un boken est un sabre en bois, utilisé dans le Kendo ou l'Iado
³ Okita était connu pour être un maître impitoyable, et de ce fait, beaucoup ne voulait pas s'entraîner avec lui.
Note de l'auteur : Merci d'avoir lu
J'ai été bien inspirée pour ce chapitre, d'où le fait que je le poste aussi vite. Je ne garantie pas qu'il en sera de même pour les autres, il faut aussi que je m'occupe de mes autres fics. J'espère qu'il vous a plu, mais perso, je me suis bien amusée à l'écrire. Il y avait d'autres choses que je voulais développer, mais ça commençait à faire un chapitre trop long, et mon but est de faire des chapitres légers et une histoire légère. Donc quitte à faire un ou deux chapitres supplémentaires, je préfère favoriser des chapitres plus courts.
